Mes opéras préférés

MANON de MASSENET (1883)

Manon est, avec Werther, un des opéras les plus populaires de MASSENET. Il lui donne l’occasion de déployer son génie lyrique avec des airs comme « Adieu notre petite table » et « Ah fuyez douce image » ou les duos Nous vivrons tous les deux ou « N’est-ce plus ma main que cette main presse ».

Écrite sur un livret d’Henry Meilhac entre 1881 et 1883, l’œuvre est créée en 1884 à l’Opéra-Comique. Elle est tirée du roman de l’Abbé Prévost La véritable histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut paru en 1731. Cet opéra a connu le succès dès sa création. Ce roman avait déjà était adapté par SCRIBE pour D.F.E. AUBER en 1856, et le sera encore par PUCCINI en 1893.

Acte I : Dans la cour d’une hostellerie, le vieux Guillot et Brétigny appellent l’hôtelier pour festoyer avec trois jeunes galantes. Pendant ce temps, Lescaut, un soldat, attend sa cousine Manon pour la conduire au couvent. Le coche arrive et les passagers descendent, se plaignant des désagréments du voyage. Manon paraît et Lescaut et Manon font connaissance.

massenet manon je suis encore tout étourdieCliquez sur Manon

Puis Guillot, voyant la jeune fille, cherche à la séduire. Restée seule, Manon, songeuse, compare la vie de luxe et de plaisir des trois jeunes femmes et la vie austère qui l’attend au couvent (Air : « Voyons, Manon, plus de chimère »). Arrive le chevalier des Grieux. Au premier regard, il tombe amoureux de Manon, qui elle tombe sous le charme de des Grieux. Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris (Duo : « Nous vivrons à Paris tous les deux »). Quand Lescaut et Guillot reviennent, Manon est partie.

Acte II : Des Grieux et Manon sont installés dans une chambre à Paris. Des Grieux écrit une lettre à son père où il lui demande l’autorisation d’épouser sa fille. Ils la lisent ensemble (Duo : « On l’appelle Manon »).

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Lescaut arrive pour sauver l’honneur de sa famille, accompagné de Brétigny habillé en soldat. Celui-ci prévient Manon que le père de des Grieux veut faire enlever son fils (Quatuor). Si elle laisse faire cet enlèvement, il veillera à ce qu’elle vive toujours dans le luxe. Manon cède. Restée seule, elle dit adieu à leur bonheur passé (Air : « Adieu, notre petite table »).

massenet manon adieu notre petite tableCliquez sur Manon

À son retour, des Grieux évoque le bonheur de vivre avec Manon (Air : « En fermant les yeux »). On frappe à la porte. Des Grieux va ouvrir, et il est enlevé.

Acte III : Lors d’une fête au Cours-la-Reine, Lescaut dépense sans compter pour la femme qu’il aime (Air : « À quoi bon l’économie »). Les « élégantes » paraissent, parmi lesquelles Manon au bras de Brétigny, son nouvel amant (Airs : « Je marche sur tous les chemins », suivi de « Profitons bien de la jeunesse »).

massenet manon je marche sur tous les cheminsCliquez sur Manon

Une conversation surprise entre Brétigny et le comte des Grieux lui apprend que le chevalier veut entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Manon cherche à savoir auprès de des Grieux si son fils pense encore à elle. Guillot, qui espère toujours séduire Manon, fait venir à la fête le ballet de l’Opéra, mais Manon décide de partir chercher le chevalier à Saint-Sulpice, persuadée qu’il ne peut l’avoir oubliée.

À Saint-Sulpice, où l’abbé des Grieux est devenu la coqueluche de ces dames par ses sermons, le comte essaye de dissuader son fils de prononcer ses vœux, mais en vain (Air : « Épouse quelque belle fille). Pourtant, sa prière montre qu’il doit lutter contre le souvenir de Manon.

massenet manon ah fuyez douce imageCliquez sur des Grieux

L’arrivée de Manon, qui vient lui demander pardon, le trouble. Il cherche à résister, mais finit par céder devant son charme (Air : « N’est-ce plus ma main »).

Acte IV : À l’hôtel de Transylvanie, on se livre au jeu et aux plaisirs. Manon arrive avec son chevalier et le pousse à jouer, pour regagner sa fortune dilapidée. Il se laisse entraîner et pendant qu’il joue, Manon chante son amour de l’or et de la vie (Air et trio : « À nous les amours et les roses »). Il réussit à gagner une très grosse somme contre Guillot qui, jaloux, l’accuse d’avoir triché. La police arrive et arrête Manon et des Grieux. Son père intervient pour faire relâcher des Grieux, mais Manon est condamnée à la déportation.

Acte V : Sur la route du Havre, des Grieux et Lescaut attendent le convoi des déportées (Air : « Manon, pauvre Manon »). Lescaut soudoie un sergent pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. Manon s’accuse d’avoir gâché leur amour et implore le pardon du chevalier. Des Grieux cherche à la rassurer, mais Manon est trop épuisée pour fuir avec lui et meurt dans ses bras (reprise lacrymogène de l’air : « N’est-ce plus ma main que cette main presse).

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Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour la Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouvertureCliquez sur Boïeldieu

Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III ou le Bal masqué (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennesCliquez sur l’image

Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de Wagner (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo Boïto, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret La Gioconda (1876) de Ponchielli.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par Meilhac et Halévy, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour Offenbach, Carmen (1875) pour Bizet ou encore Manon (1881) pour Massenet.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

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Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard Strauss et HOFMANNSTHAL. À la mort d’Hofmannsthal, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan Zweig qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

strauss rosenkavalier duo 2e acteCliquez sur l’image

Colette a écrit pour Ravel le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

aliette de laleu librettistesCliquez sur l’image

Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Jean-Baptiste Lully est né à Florence le 28 novembre 1632. Il est venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour).

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Le jeune Lully est chosi en 1946 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

lullt le bourgeois gentilhommeCliquez sur l’image

En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

lully atysCliquez sur l’image

Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

lully armideCliquez sur l’image

Le 22 mars 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

lully te deumCliquez sur l’image

Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la luneCliquez sur le gramophone

(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Lully est le premier des musiciens italiens à être venus exercer leurs talents en France.

Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

DES OPÉRAS POUR LES ENFANTS

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Ainsi, en 1915, César Cui, du Groupe des cinq, écrit le Chat botté d’après le conte de Charles Perrault.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Peu après, Ravel écrit, sur un livret de Colette, l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de Janacek la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renardeCliquez sur la renarde

En 1936 dans le conte musical Pierre et le loup, Prokofiev associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loupCliquez sur Peter USTINOV

En 1938, le Tchèque Hans Krasa écrit Brundibar, un opéra pour les enfants. Cet opéra sera créé en 1943 par les enfants du camp de concentration de Theresienstadt !

Krasa BrundibarCliquez sur l’image

En 1949, Britten qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneurCliquez sur le ramoneur

Poulenc, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babarCliquez sur Babar

Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre pendant la saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony Turnage…

coralineCliquez sur l’image

… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle Aboulker.

les enfants du levantCliquez sur l’image

D’Aboulker, on peut aussi relever Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur l’image

Je parle dans un autre billet des enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de Mozart a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

Et puis si vous voulez faire chanter vos petits enfants, vous pouvez le faire avec le karaoké des comptines !

Retrouvez ici les opéras tirés des contes de Charles Perrault.

Découvrez ici le Grand lavomatique aquatique, le seul opéra écrit pour ukulele :

Le grand lavomatique aquatique

Divers, littérature

QUELQUES BEAUX DUOS

L’avantage de l’opéra par rapport au théâtre, c’est de pouvoir superposer plusieurs voix, alors qu’au théâtre, si deux (ou plus) personnages parlent en même temps, c’est la cacophonie (voir la fin de la Cantatrice chauve de IONESCO).

cantatrice chauve massinvquez sur la cantatrice

Après un premier billet sur les duos d’amour (au XVIIIe siècle), je vous propose un autre billet de duos, mais qui ne sont pas des duos d’amour cette fois.

Dès l’origine de l’opéra, avec l’Orfeo de MONTEVERDI, l’œuvre se termine par un duo entre Orphée et son père Apollon, au moment où Orphée s’apprête à monter aux cieux rejoindre son père. Saliam cantando al cielo.

Dans son Jules César (1724), HAENDEL fait chanter les adieux de Cornelia et de son fils Sesto dans le très beau duo « Son nata a lagrimar ». (Vous pouvez trouver ce même air dans l’article sur la tessiture pour vous permettre de comparer les deux voix d’alto et de haute-contre.)

Cliquez sur l’image

Dans les Noces de Figaro (1786), MOZART écrit un très beau duo (canzonetta sull’aria) pour Suzanne et la comtesse:

les noces de Figaro sull ariaCliquez sur l’image

En 1835, dans Lucia di Lammermoor, DONIZETTI nous propose le duo « J’aurai ton sang » où les deux héros se défient en duel.

lucia di lamermoor duoCliquez sur l’image

Dans le Trouvère (1853) de VERDI, Léonora promet au comte de Luna de se donner à lui s’il accepte de laisser la vie sauve à Manrico, son amour.

il trovatore mira di acerbe lagrimeCliquez sur l’image

En 1862, dans Béatrice et Bénédict, BERLIOZ nous offre le berliozissime « Nuit paisible et sereine » :

berlioz nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

Parmi les classiques des classiques figure le duo « Au fond du temple saint » des Pêcheurs de perles (1863) de BIZET.

bizet au fond du temple saintCliquez sur l’image

Autre grand duo, la barcarolle des Contes d’Hoffmann (1880) d’OFFENBACH.

barcarolle

Et dans Lakmé (1883) de Léo DELIBES, on trouve le ravissant duo des fleurs.

delibes lakmé duo des fleursCliquez sur l’image

Il existe bien évidemment de nombreux autres duos magnifiques comme, par exemple, les adieux de Wotan à sa fille la walkyrie Brünnhilde à la fin de la Walkyrie. Si vous en voulez plus, il suffit de le demander en laissant un commentaire à ce billet.

Divers

LA NUIT (2) : NUITS OBSCURES

La nuit est un moment privilégié où l’absence de jour et de lumière nous donne la possibilité de vivre autrement, loin des regards des autres. Ce moment peut être la Nuit des amants. Mais ce peut aussi être un moment où les forces obscures prennent le pas sur la clarté, et c’est alors la nuit des magiciens, des fantômes ou des sorcières.

L’opéra se prête bien à la description de ces scènes inquiétantes :

Ainsi, dans la Flûte enchantée de MOZART, la reine de la nuit représente le côté obscur de la force, où les notes aiguës qui se succèdent figurent autant de coups de poignard destinés à tuer Sarastro, le rival de la reine.

reine de la nuit dessayCliquez sur la reine de la nuit

Une des premières représentations, et des plus fameuses, est celle de la scène de la Gorge aux loups, de l’opéra romantique le Freischütz de WEBER, où les héros se donnent rendez-vous à minuit pour fondre des balles magiques destinées à remporter un concours de tir. Mais voilà, la septième balle fondue est réservée au diable…

Fresischutz gorge aux loupsCliquez sur l’image

Freischutz Gorge aux loups 2Cliquez sur l’image

En 1833, dans son Gustave III ou le Bal masqué, D.F.E. AUBER place au début du 3e acte une scène où l’héroïne doit, à minuit, cueillir des plantes magiques qui feront disparaître son amour coupable pour le roi.

auber gustave minuitCliquez sur l’image

La Nuit de Walpurgis est un poème du grand GOETHE, mis en musique par MENDELSSOHN. Cette nuit célèbre les fêtes païennes, et est souvent associée à la nuit de sabbat des sorcières.

Mendelssohn La nuit de Walpurgis première partieCliquez sur l’image

Dans son adaptation de Macbeth (1847), c’est évidemment pendant la nuit que VERDI fait apparaître le meurtre du roi par Macbeth et sa femme.

macbeth minuitCliquez sur l’image

À la fin de Rigoletto (1851) de Verdi, c’est de nuit que Rigoletto prévoit l’assassinat du ravisseur de sa fille Gilda, mais par un de ces coups de théâtre que l’on ne voit qu’au théâtre, c’est finalement Gilda qui meurt sous les coups du reître payé pour cet assassinat.

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Une nuit sur le mont Chauve, de MOUSSORGSKI.

fantasia une nuit sur le mont chauveCliquez sur l’image

Ce n’est pas dit explicitement dans Le château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK, mais on peut supposer que toute la scène se passe de nuit, quand Judith ouvre une à une les portes du château de Barbe-Bleue pour y découvrir, après des bijoux et des perles, une chambre de torture, et pire encore peut-être…

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Écrivains, Cinéma, littérature, Théâtre

Alexandre POUCHKINE (1799 – 1837)

J’en parlais dans le récent billet sur la Dame de pique, voici un billet sur Alexandre POUCHKINE (1799 – 1837). Ce fils de la noblesse russe, ce romantique russe, né le 26 mai 1799 à Moscou, a beaucoup écrit de contes, nouvelles et pièces de théâtre pendant sa courte vie. Il est mort à Saint-Pétersbourg le 29 janvier 1837 à 37 ans des suites d’un duel d’honneur. Sa femme Natalia fréquentant un officier français, le duel devint vite inévitable. Touché au ventre lors de ce duel, le poète devait décéder deux jours plus tard.

Nombreux sont les opéras qui sont des adaptations de ses écrits.

Le premier compositeur a avoir adapté Pouchkine est Mikhaïl GLINKA, le père de la musique russe. C’était un ami d’enfance de Pouchkine (ils étaient en pension ensemble à Saint-Pétersbourg), et il a mis en musique Rouslan et Ludmila (1837 – 1842), d’après un de ses poèmes épiques.

ruslan et ludmila ouvertureCliquez sur l’image

Son élève DARGOMYJSKI, un autre précurseur de la musique russe, a composé La Roussalka (1856) et Le Convive de pierre (1866 – 1869) d’après deux drames de Pouchkine.

Parmi les monuments mondiaux de l’opéra figure le Boris Godounov (1869 – 1872) que MOUSSORGSKI a composé, d’après Pouchkine.

Mousssorgski Boris Godounov scène du couronnementCliquez sur Boris

TCHAÏKOVSKI a composé ses deux chefs-d’œuvre que sont Eugène Onéguine (1877 – 1878) et La Dame de pique (1890) sur des textes de Pouchkine, et un autre de ses opéras, moins connu, est Mazeppa (1881), adapté d’un poème épique de Pouchkine.

duel onéguineCliquez sur Lenski et Onéguine

L’ami RIMSKI-KORSAKOV a mis en musique Mozart et Salieri (1897), une courte pièce qui fait l’hypothèse que le compositeur SALIERI aurait tué MOZART. C’est de cette pièce de Pouchkine qu’est issu, indirectement, le film Amadeus de Milos FORMAN.

forman amadeusCliquez sur l’image

Rimski-Korsakov a également mis en musique Le Tsar Saltan (1899 – 1900) et Le Coq d’or (1909), d’après des contes écrits par Pouchkine.

rimsky le tsar saltanCliquez sur l’image

Un autre membre du Groupe des cinq, César CUI, a écrit Le Festin en temps de peste (1900) et RACHMANINOV Le Chevalier avare (1904) et Aleko (1892).

rachmaninov alekoCliquez sur l’image

Au XXe siècle, les textes de Pouchkine ont encore inspiré STRAVINSKY avec Mavra (1922) et BRITTEN qui a composé des mélodies pour Galina Vishnevskaïa, la femme de son ami Rostropovitch : The poet’s echo (1965).

briten the poet's echoCliquez sur l’image

littérature, Mes opéras préférés, opéra russe

LA DAME DE PIQUE (PIKOVAYA DAMA), de TCHAÏKOVSKI (1890)

La Dame de pique est un opéra de TCHAÏKOVSKI composé sur un livret de son frère Modeste d’après une nouvelle de POUCHKINE, et créé à Saint-Pétersbourg en 1890. C’est avec Eugène Onéguine un des deux plus connus de ce compositeur, et on y retrouve sa francophilie, notamment avec le chœur d’enfants introductif et avec le personnage de la Comtesse qui se rappelle sa jeunesse à Paris.

Acte I : Le rideau se lève à Saint-Pétersbourg, au parc où les gouvernantes emmènent les enfants. On voit ceux-ci jouer les petits soldats, comme dans Carmen de BIZET que Tchaïkovski révérait. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Herrmann. Celui-ci, taciturne, passe ses nuits dans les cercles de jeu, mais sans toucher aux cartes. Herrmann se confie à Tomski : il est amoureux d’une belle et riche inconnue.

Le Prince Eletski se joint à ses amis pour annoncer son mariage. Tout le monde s’en réjouit, sauf Herrmann tout à son désespoir. Alors que Lisa approche avec sa grand-mère, la comtesse, Herrmann reconnaît en Lisa sa belle inconnue. L’air sombre de Herrmann fait peur aux deux femmes qui l’ont déjà remarqué tournant autour d’elles. Tomski raconte une anecdote sur la comtesse. Dans sa jeunesse, elle avait perdu sa fortune au jeu à Paris. En échange d’un rendez-vous galant avec le comte de Saint-Germain, elle avait obtenu le secret de trois cartes gagnantes, qui lui avaient permis de regagner sa fortune. Sourine et Tchékalinski, par plaisanterie, proposent à Herrmann d’obtenir ce secret, mais Herrmann, lui, ne pense qu’à obtenir l’amour de Lisa. L’orage se déchaîne sur le parc.

Dans son salon, Lisa fait de la musique avec ses amies (Duo).

Tchaïkovsky Dame de pique Duo Lisa PolinaCliquez sur le salon de musique

Son amie Pauline chante une chanson mélancolique, puis pour consoler Lisa, un air populaire russe que toutes reprennent en chœur. La gouvernante vient les gronder de la part de la Grand-Mère, disant que c’est l’heure d’aller se coucher. Restée seule dans sa chambre, Lisa confie son chagrin à la nuit. Elle n’aime pas Eletski, c’est vers Herrmann que vont ses pensées. Herrmann apparaît à la fenêtre et lui confie son amour, et son souhait de mourir maintenant qu’il sait qu’elle va se marier avec un autre. Il se cache lorsque la comtesse vient dire à Lisa qu’il est l’heure de se coucher, mais en la voyant, il se rappelle le secret des trois cartes de la comtesse. Il renonce à la mort à laquelle il aspirait pour s’en emparer. Quand ils sont à nouveau seuls, il supplie Lisa qui finit par céder et se donne à lui.

 Acte II : Lors d’un bal, le Prince Eletski s’étonne de la froideur de sa fiancée. Déclarant son amour dans un air plein de noblesse, il dit à Lisa que si elle ne l’aime pas, il est prêt à renoncer à elle pour assurer son bonheur.

dame de pique amour herrmannCliquez sur l’image

Herrmann paraît, obsédé par le secret des trois cartes. Sourine et Tchékalinski poursuivent leurs plaisanteries au sujet des trois cartes de la comtesse.

Suit une très mozartienne pastorale sur le thème de l’amour triomphant de la richesse. Quand Herrmann se trouve face à face avec la comtesse, l’idée des richesses qu’il pourrait obtenir avec les trois cartes le hante.

dame de pique pastoraleCliquez sur l’image

Lisa lui confie une clé qui lui permettra de la rejoindre la nuit dans sa chambre, en passant par celle de sa grand-mère. Il accepte le rendez-vous de Lisa, mais c’est bien le secret de la comtesse qu’il compte ravir.

Herrmann pénètre dans la chambre de la comtesse. Entendant des bruits de pas, il se cache et la vieille dame entre avec ses suivantes. Se remémorant sa jeunesse, elle évoque les réceptions auxquelles elle allait à Paris. (Air de Grétry qui personnellement m’émeut toujours : « Je crains de lui parler la nuit ».)

dame de pique comtesseCliquez sur l’image

Comme elle s’assoupit, elle voit Herrmann se dresser devant elle, qui la menace et lui demande de révéler son secret. Terrifiée, elle meurt sans parler. Lisa entre alors et réalise que ce n’est pas pour elle que Herrmann est venu, mais pour le secret de sa grand-mère.

Acte III : Après un prologue orchestral, le rideau s’ouvre sur Herrmann lisant une lettre de Lisa, qui lui donne rendez-vous à la nuit pour lui permettre de se disculper de la mort de sa grand-mère. Dans un demi-sommeil, Herrmann revit les événements de la nuit précédente, il croit entendre un requiem, il veut fuir, mais le spectre de la comtesse se dresse devant lui et lui donne la formule des cartes : le trois, le sept, l’as, en lui demandant d’épouser Lisa.

Lisa, qui attend Herrmann, veut croire à son innocence (grand air de Lisa).

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Quand il arrive enfin, il répète machinalement les mots d’amour que Lisa lui dit. Il est obsédé par l’idée d’aller à la salle de jeu. Finalement, tout à son obsession, il repousse Lisa qu’il ne reconnaît même plus. Désespérée, celle-ci va se jeter dans la Neva.

Le prince Eletski arrive au cercle de jeu. Il déclare aux joueurs qui s’étonnent de sa présence qu’il a perdu sa fiancée et qu’il vient pour se venger. Après une chanson légère de Tomski et un chœur des joueurs, le jeu peut commencer. Herrmann arrive et mise sur les cartes révélées par la comtesse et gagne sur les deux premières. Il remet tous ses gains en jeu sur la troisième carte, et le prince Eletski relève le défi. Herrmann joue donc l’as, mais c’est la Dame de Pique qui sort. Regardant cette carte funeste, il croit voir le visage ricanant de la comtesse. Il se suicide et, en mourant, demande pardon au prince. Il croit voir Lisa, implore son amour, et meurt.

Tchaïkovski la Dame de pique scène finaleCliquez sur l’image

Fantaisie, littérature, Premier avril

HAVRE & CAUMARTIN

Qui étaient HAVRE & CAUMARTIN me demandais-je récemment dans mon billet sur D.F.E. AUBER ?

Quelques recherches sur la toile vont me permettre aujourd’hui d’apporter un éclairage sur ces joyeux duettistes.

Daniel François Henri HAVRE est né au Havre (ça ne s’invente pas) le 1er avril 1830 et est mort à Paris en 1897.

Ludovic CAUMARTIN est né à Paris, dans le quartier de l’opéra, le 29 février 1833 et est mort à Paris en 1908.

Ils se rencontrent dans le milieu littéraire des années 1850, et très vite décident de travailler ensemble pour écrire des pièces à quatre mains, soit pour le théâtre, soit pour le genre à la mode, l’opéra-comique.

C’est ainsi qu’ils signent leur première production commune, le Duo des Chats de ROSSINI.

havre caumartin duo des chatsCliquez sur l’image

Si un certain goût de la mystification de leur part fait que leurs œuvres ne sont plus très connues aujourd’hui, ils ont quand même travaillé pour des compositeurs aussi célèbres que GOUNOD, OFFENBACHBIZET ou MASSENET.

Ainsi en 1858, ils écrivent le livret du Médecin malgré lui pour Gounod, mais très vite les critiques découvrent la supercherie et réattribuent le texte d’origine à MOLIÈRE.

gounod médecin malgré lui glouglouCliquez sur l’image

De même, ils proposent à Bizet le livret d’un opéra, les Pêcheurs de poissons, mais celui-ci ne plaît pas, et c’est finalement un autre opéra, sur un sujet proche, que Bizet écrira : les Pêcheurs de perles.

bizet pêcheurs de perleCliquez sur l’image

Enfin, il faut noter que Havre – Caumartin ont également été piratés. Ainsi, écoutez le texte de la Vocalise de RACHAMANINOFF. Il a été intégralement pompé sur un des textes de nos joyeux compères !

rachmaninoff vocaliseCliquez sur l’image

De même pour le texte de la célèbre méditation de Thaïs de Massenet,

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qui a été intégralement repris par John CAGE dans son immortel 4 min 33 s.

Cage 4 min 33 s

(Note à benêts, ce billet a été composé avec toute la rigueur musicologique dont vous me savez capable en vue d’être publié ce 1er avril 2019.)

Écrit le 2 avril 2019 : Vous l’aviez peut-être compris, ce billet est un poisson d’avril, et donc toute la partie musicologique est rigoureusement fausse. Par contre, les vidéos ont été soigneusement choisies pour illustrer mon propos.

La station Havre-Caumartin tire son nom du fait qu’elle se trouve à la croisée du passage du Havre (proximité avec la Gare Saint-Lazare oblige, puisque la Gare Saint-Lazare est la gare qui dessert la Normandie, et que Le Havre est une ville de Normandie), et la rue Caumartin (ne me demandez pas qui était Caumartin, faut pas pousser.)

Compositeurs, histoire

D.F.E. AUBER (1782 – 1871)

Avant que d’être une station de RER, située entre les métros Opéra et Havre-Caumartin, Daniel François Esprit AUBER (1782 – 1871) a été un des compositeurs les plus fameux de son siècle.

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Si la proximité d’Auber avec Opéra est évidente (toutes les rues du quartier Opéra portent des noms de compositeurs ou de librettistes), le lien avec HAVRE et CAUMARTIN l’est moins. Peut-être s’agit-il d’un duo de librettiste, comme MEILHAC et HALÉVY. Si vous avez un avis sur le sujet, merci de me le faire savoir !

(Rajouté le 1er avril 2019, pour tout savoir sur Havre & Caumartin, cliquez sur le lien.)

Né à Caen le 29 janvier 1782, Auber meurt à Paris pendant la commune. Sa famille s’installe à Paris à la Révolution. Le premier professeur d’Auber est Jean-Blaise MARTIN, baryton à l’Opéra–Comique (c’est lui qui a laissé son nom à la tessiture de baryton Martin). En 1802, son père l’envoie à Londres pour y apprendre l’anglais et les bases du commerce. Heureusement, la reprise de la guerre avec les Anglais le renvoie à Paris dès 1803. Il commence alors une carrière de musicien de salon (quatuor à cordes, piano, premier opéra-comique). En 1805, il rencontre CHERUBINI, alors Inspecteur du Conservatoire Impérial de Musique et approfondit son métier auprès de celui-ci pendant trois ans.

Il fait la connaissance du comte de Chimay qui le soutient. Son deuxième opéra-comique Jean de Couvin est donné au château de Chimay en 1812.

En 1819, la mort de son père le force à devenir non seulement indépendant, mais aussi responsable de sa famille. À partir de ce moment, il écrit en moyenne une œuvre lyrique par an. En 1823, il rencontre ROSSINI, venu à Paris pour s’occuper du Théâtre Italien. La découverte de sa musique va changer son style, la rendant plus vivante. Il rencontre également Eugène SCRIBE, l’un des plus importants librettistes du siècle. Ils écriront ensemble trente-sept ouvrages, presque tous des succès.

L’Opéra de Paris lui confie la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf). Notons à propos de La Muette de Portici que le duo « Amour sacré de la Patrie » a donné, en pleine représentation à Bruxelles, le signal de la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

amour sacré de la patrieCliquez sur l’image

En 1829, Auber entre à l’Académie des Beaux-Arts. Parmi les ouvrages qui ont suivi, citons Fra Diavolo en 1830, qui renforce sa renommée.

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Suivront notamment Le Philtre (1831) dont le livret servira à DONIZETTI pour L’élixir d’amour (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), dont le livret servira à VERDI pour Un ballo in maschera (1859) et un Manon Lescaut (1856), avant ceux de MASSENET et PUCCINI.

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En 1842, Auber succède à Cherubini au poste de Directeur du Conservatoire. Dans la deuxième moitié du siècle, les goûts changent et les œuvres d’Auber rencontrent moins de succès. Il meurt le 12 mai 1871, dans les bras d’Ambroise THOMAS qui lui succédera au Conservatoire.

À titre personnel, j’ai un gros faible pour Gustave III, roi de Suède (1833), que j’ai eu la grande chance de chanter à l’Opéra impérial de Compiègne il n’y a guère (tendez bien l’oreille en écoutant les chœurs, vous pourrez m’entendre).

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