littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (QUATRAINS 6 A 10)

Après la première tranche du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la deuxième tranche, soit les quatrains 6 à 10. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer
, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur le poème de la mer

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur le chœur final de Peter Grimes

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

Wagner Parsifal finalCliquez sur l’image

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

pour avoir la suite dubateau ivre, cliquez sur les quatrains 11 à15.

Citations musicales :

Le Poème de la mer : Chausson Poème de l’amour et de la mer.

un noyé pensif parfois descend : Britten, Peter Grimes. À la fin de cet opéra, Peter Grimes, le marin qui pense trop, part se noyer dans la mer.

l’alcool : Poulenc Alcools sur des poèmes de Guillaume Apollinaire.

Un peuple de colombes : Wagner Parsifal « final ». À la toute fin de Parsifal, une colombe apparaît dans les cieux et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Celui-ci devient alors le roi chargé de garder le Saint-Graal.

drames très antiques : Dans le prélude du Couronnement de Poppée, de Monteverdi, la Fortune et la Vertu se disputent pour savoir qui d’entre elles gouvernera les humains. Mais Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. N’est-ce point là le résumé du drame le plus antique qui soit ?

La circulation des sèves : Dans Like Flesh, de Sivan Eldar, l’étudiante se transforme peu à peu en arbre, et la compositrice traduit de manière impressionnante cette circulation inouïe de la sève.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAM

Cliquez ici pour avoir la troisième tranche (quatrains 11 à 15).

Compositrices, Oulipo

Kaija SAARIAHO (1952-2023)

image Saariaho

© Priska Ketterer

Kaija Saariaho, qui vient de disparaître, est née le 14 octobre 1952 à Helsinki.

Elle commence à apprendre la musique à l’âge de six ans, à l’école.

Après des études à l’académie des Beaux-Arts d’Helsinki, elle s’oriente vers la musique.

Kayja Saariaho se marie à 18 ans avec un architecte. À 24 ans, elle entre à l’académie Sibelius d’Helsinki où elle aura comme camarade d’études le compositeur et chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen.

En 1980, elle se rend à Darmstadt où elle découvre la musique spectrale française avant de venir travailler à l’IRCAM à Paris. Elle s’installe donc à Paris où elle vit depuis 1982.

En 1986, elle crée Lichtbogen, une commande du ministère de la Culture. En 1987, c’est Io, et Nymphéas, cette dernière œuvre inspirée par Monet.

Saariaho LichtbogenCliquez sur l’aurore boréale (Lichtbogen)

En 1988, elle écrit avec son conjoint Du cristal…

Saariaho du Cristal...Cliquez sur du Cristal

En 1994, Kaija Saariaho compose un concerto de violon, Graal Theatre, d’après l’œuvre de Jacques Roubaud.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur Graal Theatre

En 1996 elle compose, pour la chanteuse Dawn Upshaw, Château de l’âme.

Saariaho Château de l'âme 1 la lianeCliquez sur Château de l’âme

C’est encore avec Dawn Upshaw qu’elle créera, en 2000, son premier opéra l’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf. Il sera créé au Festival de Salzbourg sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’Amour de loin

En 2006, elle crée l’oratorio La Passion de Simone, d’après la vie de Simone Weil sous l’occupation. Cette même année, elle écrit son second opéra Adriana Mater, une commande de l’Opéra de Paris, toujours sur un livret de Maalouf.

Saariaho la Passion de SimoneCliquez sur la Passion de Simone

En 2010, c’est Émilie et en 2016 Only the sound remains.

Saariaho Only the Sound remainsCliquez sur Only the Sound remains

Enfin, son dernier opéra Innocence est créé en 2021 au festival d’Aix-en-Provence.

Saariaho Innocence (bande annonce)Cliquez sur la bande-annonce d’Innocence

En 2022, Kaija Saariaho entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Elle meurt d’un cancer à Paris le 2 juin 2023, à l’âge de 70 ans.

(Sources principales : France Musique et Wikipedia, plus deux ou trois choses que je connais de Kaija Saariaho.)

Et cliquez sur le pont d’interrogation pour avoir une bonne surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une bonne surprise

littérature, Oulipo, Poésie

« LE BATEAU IVRE », de RIMBAUD (Quatrains 1 à 5)

Après Tombeau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi parmi mes poèmes préférés. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, le début d’un morceau de bravoure, le Bateau ivre de Rimbaud. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, soit l’équivalent de 1,2 myriapode), je vais le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Les bateliers de la Volga (Rebroff)Cliquez sur l’image

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

indes galantes 4Cliquez sur les Peaux-Rouges

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur l’image

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le tohu-bohu triomphant

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

Marais Alcyone la tempêteCliquez sur l’image

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,

Rossini Guillaume Tell Ah que ton âme se rassure (Jemmy)Cliquez sur l’image

L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Pour avoir le début de la suite, c’est ici : Le Bateau ivre – Quatrains 6 à 10.

Citations musicales :

Les haleurs : Les Bateliers de la Volga.

Des Peaux-Rouges criards : Rameau les Indes galantes – les Sauvages.

Les Fleuves m’ont laissé descendre : Gluck Alceste « Divinités du Styx ».

La tempête: Marin Marais, Alcyone – la Tempête.

tohu-bohus plus triomphants : Wagner les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg final du 2nd acte.

aux enfants la chair des pommes : vous, je ne sais pas, mais moi, quand on me dit enfant + pomme, je pense à Guillaume Tell et à son fils, et donc à Rossini Guillaume Tell air de Jemmy « Ah ! Que ton âme se rassure ».

À suivre…

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« TOMBEAU », de MALLARMÉ (1897)

Après Quand l’ombre menaça de la fatale loi de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, Tombeau, un poème de 1896 et paru en 1897 pour 1er anniversaire de la mort de VERLAINE. Sans (grande) surprise, on retrouve des thèmes déjà abordés dans le Tombeau d’Edgar Allan POE, Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Le noir roc courroucé que la bise le roule

Kubrick 2001 monolithe

Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains

Tâtant sa ressemblance avec les maux humains

Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule

Messager les deux pigeonsCliquez sur l’image

Cet immatériel deuil opprime de maints

Nubiles plis l’astre mûri des lendemains

Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond

Tantôt extérieur de notre vagabond

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur la partition

Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine

À ne surpendre que naïvement d’accord

La lèvre sans y boire ou tarir son haleine

Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

Berlioz la Damnation de Faust Sans regrets j'ai quittéCliquez sur l’image

Citations:

Le noir roc : Requiem de LIGETI, tel qu’on peut l’entendre dans le film 2001, a Space Odyssey de KUBRICK.

Si le ramier roucoule: MESSAGER Les deux Pigeons (d’après la FONTAINE).

notre vagabond : SCHUBERT Wanderer Fantasie (Fantaisie du voyageur)

la lèvre sans y boire : BERLIOZ la Damnation de Faust « Sans regrets j’ai quitté ». Las de vivre, le docteur Faust approche de ses lèvres une coupe de cristal contenant du poison.

littérature, Oulipo, Poésie

QUELQUES HAÏKAÏS WAGNÉRIENS (6e Série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Aujourd’hui, je vous propose quelques haïkaïs wagnériens.

Opéra bateau

Der Fliegende Holländer

De Richard WAGNER.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur le bateau

C’est au moyen-âge

Le Tannhaüser de Wagner

Vénus et la Vierge

Wagner Tannhaüser 2e chœur des pélerinsCliquez sur l’image

Opéra fluvial

C’est l’Or du Rhin (Rheingold)

Wotan – Alberich

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’image

Opéra : la suite

de Rheingoldla Walkyrie

Wotan et Brünnhilde

Wagner la Walkyrie die Walküre Scène finaleCliquez sur Brünnhilde et Wotan

Opéra trop bien !

Mais oui, Tristan und Isolde

L’amour et la mort

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan et Iseult

Opéra mystique

Bravo, c’est le Parsifal

Kundry – Parsifal

Wagner Parsifal Wein und BrotCliquez sur l’image

Vous pouvez retrouver ici la cinquième série de haïkus proposée sur ce blog.

littérature, Oulipo, Poésie

« ALCHIMIE DE LA DOULEUR », de BAUDELAIRE

Après Quand l’ombre menaça de la fatale loi de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi cette fois dans le riche corpus baudelairien.

Aujourd’hui, donc, Alchimie de la douleur de BAUDELAIRE.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

L’un t’éclaire avec son ardeur,

L’autre en toi met son deuil, Nature !

Ce qui dit à l’un : Sépulture !

Dit à l’autre : Vie et splendeur !

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur l’image

Gounod Mors et Vita JudexCliquez sur l’image

Hermès inconnu qui m’assistes

Et qui toujours m’intimidas,

Tu me rends l’égal de Midas,

Le plus triste des alchimistes;

Berlioz damnation sans regretsCliquez sur l’image

Par toi je change l’or en fer

Et le paradis en enfer;

Dans le suaire des nuages

Gounod La Nonne sanglante 2

Je découvre un cadavre cher,

Et sur les célestes rivages

Je bâtis de grands sarcophages.

Messiaen le Banquet céleste

Citations musicales :

Sépulture : VERDI, Aïda, scène finale (« O terra, addio »).

Vie et splendeur : GOUNOD Mors et Vita « Judex »

Les alchimistes : il me plaît de penser que le docteur Faust, ce savant du Moyen-Âge devait être un peu alchimiste. BERLIOZ La Damnation de Faust « Sans regret, j’ai quitté ».

Le suaire : Gounod la Nonne sanglante.

Les célestes rivages : MESSIAEN le Banquet céleste.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« QUAND L’OMBRE MENAÇA DE LA FATALE LOI », de MALLARMÉ

Après le Nuage de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, Quand l’ombre menaça de la fatale loi, un poème de 1883 qui marque un changement de paradigme chez Mallarmuche. De la recherche d’un idéalisme religieux, il passe à la recherche d’un idéalisme poétique. Ainsi le poète passe de l’obscurité (la nuit) à la lumière (l’astre en fête).

Quand l’ombre menaça de la fatale loi

Tel vieux rêve, désir et mal funèbre de mes vertèbres,

Affligé de périr sous les plafonds funèbres

Il a ployé son aile indubitable en moi.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roi

se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,

Puccini Tosca e lucevan le stelleCliquez sur l’image

Vous n’êtes qu’un orgueil menti par les ténèbres

Weill Les 7 Péchés capitaux l'orgueil (Stolz)Cliquez sur l’image

Aux yeux du solitaire ébloui par sa foi.

Oui, je sais qu’au lointain de cette nuit, la Terre

berlioz nuit paisible et sereine

Jette d’un grand éclat l’insolite mystère,

Sous les siècles hideux qui l’obscurcissent moins.

L’espace à soi pareil qu’il s’accroisse ou se nie

Roule dans cet ennui de feux vils pour témoins

Que s’est d’un astre en fête allumé le génie.

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleilCliquez sur l’image

Citations musicales :

Il a ployé son aile : SAINT-SAËNS Le Cygne. On sait que dans l’idéal mallarméen, le poète est souvent comparé à un cygne (un peu comme BAUDELAIRE et son Albatros).

des guirlandes : PUCCINI Tosca « e lucevan le stelle ». ces guirlandes qui brillent dans la nuit peuvent être les étoiles qui percent l’obscurité, comme au début du troisième acte de Tosca, quand au lever du jour, Cavaradossi salue les dernières étoiles.

un orgueil : WEILL Les sept péchés capitaux l’orgueil

cette nuit : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « Nuit paisible et sereine »

un astre en fête : GOUNOD Roméo et Juliette « Ah, lève-toi soleil ! ».

littérature, Oulipo, Poésie

« CLAIR DE LUNE », de VERLAINE (1869)

Après « Marie » d’APOLLINAIRE, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Clair de Lune », publié dans les Fêtes galantes de Paul VERLAINE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques

Debussy Suite bergamasque Clair de luneCliquez sur le pianiste
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse Mortal, tutto confidaCliquez sur Télémaque et Ulysse

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Beethoven Sonate 14 Clair de lune Adagio sostenutoCliquez sur le pianiste

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Satie DaphénéoCliquez sur le n’oisetier

Et sangloter d’extase les jets d’eau,

Liszt les Jeux d'eau de la villa d'EsteCliquez sur l’image
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Don Giovanni finalCliquez sur l’homme de marbre

Citations musicales :

Masques et bergamasques : DEBUSSY Masques et bergamasques – Clair de lune.

Déguisements : MONTEVERDI Le Retour d’Ulysse dans sa Patrie.

Clair de lune : BEETHOVEN Sonate n°14, dite Clair de lune (1er mouvement adagio sostenuto).

Les oiseaux dans les arbres : SATIE Dapheneo.

Les jets d’eau : LISZT Les jeux d’eau de la villa d’Este.

Les marbres : MOZART Don Giovanni Scène finale.

Et si vous aimez les bonus surprise mystère, cliquez donc sur le gros point d’interrogation.

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littérature, Oulipo, Poésie

« MARIE », de Guillaume APOLLINAIRE (1913)

Après « le Nuage » de Mallarmé, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Marie », de Guillaume APOLLINAIRE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Debussy MasquesCliquez sur l’image

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Berlioz Damnation de Faust chœur des soldats et des étudiantsCliquez sur l’image

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Paradis et Chedid la SeineCliquez sur l’image

Citations musicales :

les cloches : RACHMANINOV les Cloches.

les masques : DEBUSSY Masques.

Des soldats passent : BERLIOZ la Damnation de Faust double chœur des soldats et des étudiants.

Feuilles de l’automne : FAURÉ Automne.

la Seine : Vanessa PARADIS et Matthieu CHEDID la Seine.

Et si ce poème vous plaît, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si ce poème vous a plu

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE NUAGE », de MALLARMÉ

Après En envoyant un pot de fleurs de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Nuage, un autre poème de jeunesse datant de 1859.

Nuage es-tu l’écume

De l’océan céleste au flot limpide et pur ?

Es-tu la blanche plume

Que détacha la brise, en traversant l’azur,

De l’aile d’un des anges ?

Berlioz les Nuits d'été 6 - l'île inconnueCliquez sur l’image

Es-tu, quand nos louanges,

Volent avec l’encens aux pieds d’Adonaï

Bernstein Chichester Psalms Adonaï ro-iCliquez sur le garçon soprano

Le parfum que balance

Dans l’urne en feu, l’enfant devant la croix ravi?

Du ciel ou de la France

As-tu pris ton essor ?

As-tu vu bien des flots, mainte verte prairie ?

As-tu bercé ton ombre au marbre blanc où dort

Du grand sommeil Marie,

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur le tombeau sombre et silenci-eux

Où la brise aux cyprès murmure un chant de mort ?

« Oh : silence, silence !  » alors dit le nuage :

« Je suis l’envoyé du Seigneur.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur l’image

Je porte sur mon sein un blond enfant, de l’âge

Où l’on ne sait pas que l’on meurt.

Je le pris : il dormait sur le sein de sa mère :

L’aile d’un ange est son suaire ! »

Citations :

De l’aile d’un des anges : BERLIOZ Les Nuits d’été, l’île inconnue.

Au marbre blanc où dort : GOUNOD Roméo et Juliette, Salut, tombeau sombre et silencieux

Adonaï : BERNSTEIN, Chichester Psalms, Adonaï ro-i.

L‘envoyé du Seigneur : POULENC Salve Regina.