Compositrices, histoire

CLÉOPÂTRE

Cléopâtre, dont on connaît la vie par Plutarque, donne l’image d’une des plus anciennes femmes fatales de l’histoire. Grande amoureuse, à la vie un peu sulfureuse, il n’est pas étonnant que les musiciens se soient attachés à mettre de la musique à ses pieds.

Cléopâtre, reine d’Égypte, est née à Alexandrie en 69 av. J.-C. Quand César (Jules) débarque dans cette ville en -48, elle s’offre à lui. Pendant une croisière fastueuse sur le Nil, ils font un enfant, Césarion. Puis César rentre à Rome, et appelle Cléopâtre à ses côtés en -45.

Une partie de cette partie de la vie de Cléopâtre nous est narrée par Haendel dans son Jules César en Égypte.

Haendel Jules César Se pieta di me sentiCliquez sur le nez de Cléopâtre

Après l’assassinat de Jules César en -44, son successeur Antoine fait venir Cléopâtre, et tombe à son tour sous son charme. Il la suit en Égypte où il passe l’hiver -41 -40. Antoine reparti à Rome, Cléo s’arrange pour faire mourir ses frères et sœurs et ainsi garder seule le pouvoir.

Antoine reviendra en Égypte vivre avec Cléopâtre, répudiera sa femme Octavie, mais ne se mariera pas avec Cléopâtre. Ils auront pourtant trois enfants ensemble.

Antony and Cleopatra (Antoine et Cléopâtre) est une pièce de Shakespeare qui relate, à sa façon, cette période de la vie de notre héroïne. Elle servira de trame à pas mal d’œuvres lyriques.

Quand Octave (rival d’Antoine) se présente devant Alexandrie, Cléo fait courir le bruit de sa mort. Désespéré, Antoine se donnera la mort. Elle essaiera ensuite de séduire Octave, mais n’y réussissant pas, elle se donnera la mort, à l’âge de 39 ans.

Avec la cantate Cléopâtre, plus connue sous le nom de la Mort de Cléopâtre, qu’Hector Berlioz n’obtiendra pas le grand prix de Rome en 1828. Il devra attendre l’année suivante pour obtenir, enfin, ce grand prix.

Berlioz la mort de CléopâtreCliquez sur Véronique « Cléopâtre » Gens

Théophile Gautier écrira la nouvelle Une nuit de Cléopâtre, qui sera adaptée à l’opéra par Victor Massé en 1885.

En 1909, Mel Bonis écrit dans ses Femmes de légende la pièce Cléopâtre.

Bonis CléopâtreCliquez sur l’image

Massenet aussi s’est frotté à Cléopâtre avec un « drame passionnel » qui porte ce nom (1914) sur un livret de Louis Payen.

Massenet Cléopâtre J'ai versé le poisonCliquez sur l’image

Et en 1920, c’est Florent Schmitt qui écrit une musique de scène pour la pièce de Shakespeare.

Schmitt Antoine et CléopâtreCliquez sur l’image

Et plus près de nous, Kamel Ouali a écrit une comédie musicale sur le personnage de Cléopâtre.

(Source principale, pour la partie historique : Dictionnaire des personnages, Laffont-Bompiani, collection bouquins Laffont, 1960).

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Compositrices, Oulipo

Kaija SAARIAHO (1952-2023)

image Saariaho

© Priska Ketterer

Kaija Saariaho, qui vient de disparaître, est née le 14 octobre 1952 à Helsinki.

Elle commence à apprendre la musique à l’âge de six ans, à l’école.

Après des études à l’académie des Beaux-Arts d’Helsinki, elle s’oriente vers la musique.

Kayja Saariaho se marie à 18 ans avec un architecte. À 24 ans, elle entre à l’académie Sibelius d’Helsinki où elle aura comme camarade d’études le compositeur et chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen.

En 1980, elle se rend à Darmstadt où elle découvre la musique spectrale française avant de venir travailler à l’IRCAM à Paris. Elle s’installe donc à Paris où elle vit depuis 1982.

En 1986, elle crée Lichtbogen, une commande du ministère de la Culture. En 1987, c’est Io, et Nymphéas, cette dernière œuvre inspirée par Monet.

Saariaho LichtbogenCliquez sur l’aurore boréale (Lichtbogen)

En 1988, elle écrit avec son conjoint Du cristal…

Saariaho du Cristal...Cliquez sur du Cristal

En 1994, Kaija Saariaho compose un concerto de violon, Graal Theatre, d’après l’œuvre de Jacques Roubaud.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur Graal Theatre

En 1996 elle compose, pour la chanteuse Dawn Upshaw, Château de l’âme.

Saariaho Château de l'âme 1 la lianeCliquez sur Château de l’âme

C’est encore avec Dawn Upshaw qu’elle créera, en 2000, son premier opéra l’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf. Il sera créé au Festival de Salzbourg sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’Amour de loin

En 2006, elle crée l’oratorio La Passion de Simone, d’après la vie de Simone Weil sous l’occupation. Cette même année, elle écrit son second opéra Adriana Mater, une commande de l’Opéra de Paris, toujours sur un livret de Maalouf.

Saariaho la Passion de SimoneCliquez sur la Passion de Simone

En 2010, c’est Émilie et en 2016 Only the sound remains.

Saariaho Only the Sound remainsCliquez sur Only the Sound remains

Enfin, son dernier opéra Innocence est créé en 2021 au festival d’Aix-en-Provence.

Saariaho Innocence (bande annonce)Cliquez sur la bande-annonce d’Innocence

En 2022, Kaija Saariaho entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Elle meurt d’un cancer à Paris le 2 juin 2023, à l’âge de 70 ans.

(Sources principales : France Musique et Wikipedia, plus deux ou trois choses que je connais de Kaija Saariaho.)

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Compositeurs

Joseph HAYDN (1732-1809)

image Haydn

Franz Joseph HAYDN est né le 31 mars 1732 à Rohrau, en Autriche.

Aîné du trio Haydn, Mozart, Beethoven, il représente avec eux le classicisme viennois. Compositeur prolifique, il laisse derrière lui 104 symphonies, 83 quatuors à cordes, de la musique de chambre, des sonates pour piano, 13 opéras et de la musique religieuse.

Le petit Joseph (il a vite laissé tomber le Franz) apprend la musique à l’école, puis part à Vienne en 1740 pour chanter dans la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de cette ville. Il y reste une dizaine d’années, mais son côté farceur, ainsi que la mue de sa voix, l’en fait renvoyer en 1749.

Il se retrouve alors seul à Vienne, où il vivote en donnant des leçons ou en jouant dans différents orchestres. Il devient secrétaire du compositeur Nicola Porpora auprès de qui il prend des leçons. C’est grâce à son voisin Métastase qu’il a connu Porpora. Joseph commence à écrire ses propres œuvres. Bien des années plus tard, en 1779, il mettra en musique l’Isola disabitata de Métastase.

Haydn l'Isola disabitata OuvertureCliquez sur l’image

De riches mécènes commencent à lui passer commande pour différentes pièces musicales, comme des quatuors. En 1757, il compose ses premiers quatuors à cordes, genre dont il fixe la forme. Il tombe amoureux d’une de ses élèves, Thérèsa Keller, mais celle-ci étant destinée au couvent, il se résout à se marier avec sa sœur Maria-Elena Theresia. (Ils n’auront pas d’enfants.)

En 1760, Haydn entre au service du prince Estherazy comme vice-maître de chapelle. Le prince, grand amateur de musique, a son propre orchestre et Haydn doit composer pour lui. Au décès du prince, en 1762, le frère de celui-ci prend la succession et, trouvant le château trop petit, se fait construire un palais plus grand et comportant une salle d’opéra, où l’on donne une représentation chaque jour ! Haydn doit alors fournir des pièces musicales à la demande (de son employeur.)

En 1766, à la mort du premier maître de chapelle, Haydn prend sa place, et il a la lourde tâche de diriger deux opéras et deux concerts par semaine, tout en assurant la gestion de l’orchestre. Il se fait ainsi leur porte-parole en 1772 quand il écrit, pour signaler au prince qui prolonge son séjour à Estheràza que les musiciens veulent rentrer chez eux, la symphonie n° 45 les Adieux à la fin de laquelle les instrumentistes, les uns après les autres, quittent la salle pour ne plus laisser que le chef d’orchestre et son premier violon.

Haydn les AdieuxCliquez sur les Adieux

En 1777, il écrit Il Mondo della Luna, d’après Goldoni.

Haydn il Mondo della LunaCliquez sur l’image

Même s’il reste en Autriche, les œuvres de Haydn commencent à être appréciées un peu partout en Europe, à Londres comme à Paris ou en Espagne. Ainsi, en 1785, il écrit pour Paris six symphonies.

Contemporain de Mozart (1756-1791), il a l’occasion de jouer avec lui des quatuors, et Mozart reconnaîtra la dette qu’il a envers Haydn en ce qui concerne l’écriture pour quatuor.

En 1782, Haydn écrit sa version de l’Orlando furioso d’après l’Arioste : Orlando Paladino.

Haydn Orlando Paladino FinalCliquez sur l’image

En 1784, c’est le tour de la Jérusalem délivrée du Tasse avec Armida.

Haydn ArmidaCliquez sur l’image

En 1786, Haydn écrit un de ses chefs-d’œuvre religieux, l’oratorio les Sept dernières paroles du Christ en croix.

Haydn les sept dernières paroles du Christ en croixCliquez sur l’image

En 1790, le prince meurt à son tour, et son fils prend sa place, mais celui-ci, ne goûtant guère la musique, licencie son orchestre. Haydn part à Vienne. Là, il reçoit une proposition pour une série de concerts à Londres et, en 1791, il a l’occasion d’y jouer ses symphonies. Il écrit pour Londres quelques symphonies, dites londonniennes, dont la célèbre symphonie n° 94, surnommée la Surprise.

Haydn Symphonie 94 la SurpriseCliquez sur la surprise

Lors de son retour à Vienne, Haydn s’arrête à Bonn où Beethoven lui présente ses premières œuvres. Haydn accepte de le prendre comme élève.

En 1794, Haydn est de retour à Londres, où il écrit encore six nouvelles symphonies.

L’année suivante, il revient définitivement à Vienne. Face au danger apporté par Bonaparte, Haydn compose l’hymne autrichien. Impressionné par les oratorios de Hanedel entendus à Londres, il se consacre désormais à cette forme musicale, écrivant en 1798 la Création et en 1800 les Saisons, ou encore les Sept dernières paroles du Christ (1786).

Haydn die SchöpfungCliquez sur la Création

Mais Haydn est malade, et la création de ses deux derniers chefs-d’œuvre l’a épuisé. Il ne compose plus guère et Haydn meurt à Vienne le 31 mai 1809, à l’âge de 77 ans.

(Source principale : le dossier de la Philharmonie de Paris qui lui est consacré).

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Compositrices

CLAIRE RENARD, née en 1944.

image Claire Renard

J’ai eu récemment l’occasion de rencontrer la compositrice Claire RENARD lors d’une conférence débat consacrée aux femmes et à la création (littéraire et musicale). J’ai beaucoup aimé son approche, et après avoir pu discuter avec elle, j’ai décidé de lui consacrer ce billet. Après avoir fait quelques recherches, je lui envoyé un projet de billet, qu’elle a eu l’amabilité de relire et de modifier pour mieux faire apparaître la continuité de sa démarche.

Claire RENARD naît en 1944 à Neuilly-sur-Seine.

Elle apprend d’abord le piano avant de rencontrer Pierre SCHAEFFER, le « père » de la musique concrète ou électroacoustique, qui bouleversera sa conception de la musique. Elle entre ainsi au GRM, le Groupe de Recherches Musicales / INA.

Très intéressée par la pédagogie de la musique, Claire Renard écrit en 1982, Le Geste musical, une synthèse de ses expériences dans ce domaine, livre qui sera suivi de le Temps de l’espace en 1991.

En tant que compositrice, ses recherches portent sur les notions conjointes de temporalité et de spatialité, ainsi que sur le statut d’auditeur-spectateur. Cet intérêt pour le rapport geste / son, la spatialité et la lumière (certaines pièces sont écrites pour être écoutées dans le noir, ou sans que l’on voie les instrumentistes), la pousse à travailler avec des metteurs en scène et des vidéastes/plasticiens comme Gustavo FRIGERIO ou Esa VESMANEN ou encore Adalberto MECARELLI.

En 1984, elle fonde l’association PIMC (Pédagogie Informatique Musique et Création) pour mettre en œuvre la particularité de ses projets de situations d’écoute et sa réflexion sur la société dans laquelle elle vit.

Parmi ses créations, son intinéraire est jalonné de pièces-repères :

En 1986, La Vallée close, une pièce – créée par les Percussions de Strasbourg et le Chœur Résonance Contemporaine – où chœurs et instrumentistes sont groupés en 3 pôles différents, afin de créer un effet tournant pour l’auditeur.

En 1988, un concert spectacle à destination des enfants et du tout public, Pour Octave, où la mise en espace sollicite une écoute particulière.

En 1994, Brèves d’été, pièces pensées par rapport à l’endroit où Claire Renard se retire pour composer, en Grèce. À travers un dispositif centré sur voir/ne pas voir, ces pièces sollicitent la relation de l’individu qui est relié à beaucoup plus grand que lui et à un profond mystère. (Vous pouvez entendre Brèves d’été en allant sur son site, dont l’adresse figure à la fin de ce billet.)

Renard Brèves d'été

En 1995, sur des textes de Franck-André JAMME, elle compose Col Canto, un drame lyrique qui aborde l’identité et l’itinéraire d’une femme à travers trois âges de son existence. Ce travail sur la mémoire constitutive de l’identité se poursuit avec l’installation la Musique des mémoires (2000) issue de collectes sonores et vocales dans trois villes, Helsinki, Lisbonne et Athènes, et composée sous forme de séquences diffusées dans un dispositif dédié.

En 1997, sur un texte d’E.JABES, elle écrit On ne cesse pas de mourir de ce dit, une pièce chorale sur le racisme.

En 2003, Claire Renard écrit la Muse en son jardin, destinée à l’espace d’un jardin, et conçue autour d’une réflexion sur la finitude et l’infinitude, basée sur un texte de R.M. RILKE.

Renard la Muse en son jardinCliquez sur la Muse en son jardin

En 2006, elle compose Chambre du temps, une installation créée en collaboration avec E. Vesmanen, designer et vidéaste qui imagine des dispositifs d’écoute spécifiques à chacune des sept séquences musicales réparties dans l’espace.

En 2013, Claire Renard écrit l’opéra Orimita, un drame lyrique sur l’intolérance entre les cultures, sur un texte de Janine MATILLON.

Renard OrimitaCliquez sur l’image

En 2017, elle crée … « là où tombe la lumière », une pièce pour Cristal Baschet, contrebasse et percussions.

En 2020, Claire Renard prend la présidence de l’association Plurielles 34, une association promouvant la musique contemporaine écrite par des femmes.

En 2022, elle écrit Qui Que Quoi, pour chœur d’enfants et instruments ainsi que Là où tombe la lumière, une pièce pour erhu (un instrument chinois), violoncelle et piano, dans la continuité de sa recherche sur la mixité des sources sonores.

En 2022, elle crée aussi De sa vie restera une onde, pièce pour lectrice et électroacoustique à partir d’un texte de Ryoko SEKIGUCHI sur la relation entre voix en direct et voix enregistrée.

(Source principale :le numéro 30 de la revue Lisières, consacré à Claire Renard [novembre 2019]. Les passages ici surlignés sont extraits de cette revue).

Et pour en savoir (beaucoup) plus sur Claire Renard et écouter certaines de ses musiques, dont Brèves d’été, vous pouvez visiter son site à l’adresse suivante : http://www.clairerenard-pimc.fr/index.php/fr/

Cinéma, Compositrices

Germaine TAILLEFERRE (1892-1983)

image Tailleferre

Germaine TAILLEFERRE est née le 19 avril 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris. (Son nom de famille était Taillefesse, mais elle a préféré en changer).

Elle commence l’étude du piano avec sa mère à l’âge de deux ans et écrit ses premières pièces musicales à cinq ans. Mais dans le milieu bourgeois de sa famille, il n’est pas convenable pour une femme de s’adonner à la musique, et son père refuse qu’elle entre au Conservatoire.

C’est pourtant ce qu’elle fait en 1904, avec la complicité de sa mère. Elle obtient sa médaille de solfège en 1906 (à 14 ans, donc.) En 1912, elle y rencontre Darius Milhaud, Georges Auric et Arthur Honegger.

Elle fréquente les milieux artistiques parisiens et rencontre Apollinaire et Marie Laurencin. En 1917, elle fait la connaissance de Picasso et Modiglianai et c’est chez eux que début 1918 est donné le premier concert des « nouveaux jeunes », comprenant aussi Francis Poulenc (qu’elle appelait « Poupoule ») et Louis Durey. Au programme était donné Jeux de plein air de Germaine Tailleferre, une œuvre pour deux pianos qu’elle jouait avec Erik Satie.

En 1920, un critique musical renomme le petit groupe « Groupe des six » par analogie au célèbre « Groupe des cinq » russe. En 1921, elle participe à la création des Mariés de la Tour Eiffel, une œuvre collective pour laquelle elle écrit « Quadrille » et « la Valse des dépêches ».

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur la toile de CHAGALL

En 1921 encore, elle écrit pour son ami Jacques Thibaud sa première Sonate pour piano et violon, sonate qui sera créée l’année suivante par le duo Cortot Thibaud. En 1923, elle écrit le ballet le Marchand d’oiseaux.

Tailleferre le Marchand d'oiseauxCliquez sur l’image

Germaine reçoit des conseils de composition de la part de Ravel et a séjourné plusieurs fois à Hendaye chez son aîné. En 1924, elle écrit l’adagio pour violon et piano.

Tailleferre adagio violon pianoCliquez sur l’image

En 1926, elle se marie à un dessinateur américain, et part vivre avec lui à Manhattan. Elle y rencontre Charlie Chaplin, mais son mari, jaloux du sccès de son épouse, refuse qu’elle écrive de la musique pour Chaplin (c’eût été pour le Cirque !). Elle dédie néanmoins son Concertino pour harpe et orchestre à son mari.

En 1927, le couple revient à Paris mais en 1929, le couple se sépare (son ex-mari se suicidera en 1931.) En 1929, elle écrit Six chansons françaises.

En 1931, elle travaille à un opéra-comique, Zoulaina, dont il ne reste que l’ouverture. 1931 est aussi l’année de naissance de son seul enfant, issu de sa liaison avec un juriste qu’elle épousera l’année suivante. Las, une fois encore, son mari n’apprécie guère de la voir composer de la musique. Elle commence à également à écrire de la musique de film.

En 1937, elle travaille avec Paul Valéry pour la Cantate du Narcisse.

Pendant l’occupation, Germaine quitte la France pour les États-Unis. Elle revient en France en 1946.

En 1949, Germaine Tailleferre écrit un ballet, Paris-Magie, et un opéra-comique Il était un petit navire qui ne connaîtra pas de succès.

En 1951 elle écrit la comédie musicale Parfums et en 1953 le ballet Parisiana ainsi que sa Sonate pour harpe.

Tailleferre sonate pour harpeCliquez sur la harpiste

En 1955, elle écrit pour la radio sa Petite histoire lyrique de l’art français : du style galant au style méchant, une commande de Jean Tardieu pour la RTF. Germaine et son mari se séparent et le divorce est prononcé l’année suivante. Germaine se retrouve « libre ».

Tailleferre la Fille d'opéraCliquez sur la Fille d’opéra

En 1957, elle compose l’opéra la petite Sirène sur un texte de Philippe Soupault et un peu plus tard Le Maître sur un texte de Ionesco. Cette même année, Louis Malle fait appel à elle pour la musique de son film Ascenseur pour l’échafaud, mais Miles Davis, à qui Louis Malle avait montré ce qu’il avait tourné improvise en une nuit ce qui sera l’une des musiques de film les plus marquantes.

En 1963, Germaine Tailleferre écrit l’Adieu du Cavalier, un hommage à Poulenc sur un texte d’Apollinaire.

Sur la fin de sa vie, sous l’impulsion de Désiré Dondeyne, le chef de l’orchestre d’harmonie des gardiens de la Paix, elle écrit plusieurs œuvres pour ces orchestres d’harmonie.

Sa dernière œuvre est une commande du ministre de la Culture, le Concerto de la fidélité (1981).

Tailleferre Concerto de la fidélité (pour voix élevée)Cliquez sur l’image

Germaine Tailleferre meurt le 7 novembre 1983 à Paris, à l’âge de 91 ans.

Compositeurs

Olivier MESSIAEN (1908-1992)

image olivier Messiaen

Compositeur français majeur du XXe siècle, Olivier MESSIAEN est né le 10 décembre 1908 à Avignon. Sa mère était la poétesse Cécile Sauvage.

Messiaen passe sa jeunesse à Grenoble et dans le Dauphiné.

Il compose sa première œuvre, la Dame de Shalott, en 1917, à l’âge de neuf ans.

De 1919 à 1930, Messiaen fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il reçoit les prix d’accompagnement au piano, d’orgue, de contrepoint et de composition musicale. En 1930, il écrit sa première œuvre pour orchestre, les Offrandes oubliées.

Parallèlement à ces études relativement classiques, il s’intéresse également à la rythmique hindoue, à la théologie ou encore à l’ornithologie.

Synesthésiste, il « voyait » les accords en couleur.

En 1932, il se marie avec Claire Delbios, une violoniste et compositrice avec qui ils auront un fils. Il compose Thème et Variations comme cadeau à sa femme pour leur mariage, et plus tard, Poèmes pour Mi. Malheureusement pour la jeune femme, des problèmes de santé de plus en plus graves font qu’elle finira sa vie dans un hôpital psychiatrique, où elle mourra en 1959.

En 1936, il fait partie du groupe « Jeune France », avec André Jolivet, Daniel Lesur et Frédéric Baudrier.

En 1940, Messiaen est prisonnier au stalag VIII-A. c’est là qu’il écrit son Quatuor pour la fin du temps, qui sera créé le 15 janvier 1941, avec d’autres musiciens en captivité comme lui.

Messiaen Quatuor pour la fin du temps V Louange à l'Éternité de JésusCliquez sur l’image

Libéré, il est nommé en mai 1941 professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. Il y rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui créera la plupart de ses œuvres pour piano. Après la mort de sa première femme, Messiaen se remarie en 1961 avec Yvonne.

En 1944, il publie les Trois petites liturgies de la présence divine, ainsi que les Vingt regards sur l’Enfant Jésus.

Messiaen Trois petites liturgies de la présence divine Psalmodie de l'ubiquité de l'amourCliquez sur l’image

En 1947, Messiaen est professeur d’analyse musicale puis en 1966 professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il a de nombreux élèves, dont Pierre Boulez, Pierre Henry, Ianis Xenakis ou encore Mikis Theodorakis et Betsy Jolas.

De 1947 à 1949, il écrit sa monumentale Turangâlila-Symphonie, une commande de l’Orchestre symphonique de Boston. Le titre fait référence à deux termes sanscrits Turangâ et Lila, qui pourraient signifier Chanson d’amour, hymne de joie. Il intègre à son orchestre les ondes Martenot, le premier instrument électrique.

Messiaen Turangâlila-Symphonie finalCliquez sur l’image

Dans ses travaux d’ornithologie, il entreprend de transcrire musicalement le chant de tous les oiseaux de France, et de 1953 à 1958, il publie Réveil des oiseaux (1953), Oiseaux exotiques (1955) et son Catalogue d’oiseaux (1956, 1957, 1958).

En 1964, Messiaen honore une commande de Malraux, à la mémoire des victimes des deux premières guerres mondiales, son « Requiem » : Et expecto resurrectionem mortuorum.

Messiaen Et expecto resurrectionem mortuorum 5 Et j'entendis la voix d'une foule immenseCliquez sur l’image

En 1970, il publie encore la Fauvette des jardins dans sa série des oiseaux.

De 1971 à 1974, il écrit des Canyons aux étoiles, une commande d’une mécène américaine lors d’un voyage en Utah.

Messiaen Des Canyons aux étoiles 3 Ce qui et écrit sur les étoilesCliquez sur l’image

En 1983, on crée enfin à Paris son opéra Saint-François d’Assise, commencé en 1975 pour une commande de cette institution.

Messiaen Saint-François d'Assise J'ai peur sur la routeCliquez sur l’image

Olivier Messiaen meurt à Clichy le 27 avril 1992, à l’âge de 83 ans.

(Source principale : le programme de la création de Saint-François d’Assise, plus deux ou trois choses que je connais sur Olivier Messiaen.)

Compositrices

MEL BONIS (1858-1937)

Mel Bonis par Adrian

Mélanie BONIS est née à Paris le 21 janvier 1858. Issue des classes moyennes, elle apprend seule la musique sur le piano qui était chez elle. À 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle a comme professeur César FRANCK et Charles KOECHLIN (et est condisciple de DEBUSSY et Gabriel PIERNÉ). Las, elle tombe amoureuse d’un chanteur, mais sa famille voit cette liaison d’un mauvais œil.

En 1881, alors qu’elle signe son opus 1, un Imprompu, Mel doit quitter et son chanteur, et le Conservatoire, et deux ans plus tard, alors qu’elle a 25 ans, sa famille la marie à un homme deux fois veuf et qui a déjà 5 enfants. Commence alors un tunnel musical de 10 ans, occupée qu’elle est à remplir ses tâches de bonne épouse et de mère de famille. En effet, outre ses cinq beaux-enfants, elle a eu avec son mari trois autres enfants.

Heureusement (!), quelques années plus tard, elle retrouve son chanteur chéri, qui lui fait la cour et la pousse à reprendre la musique. Elle entame une liaison avec lui, et a alors un quatrième enfant, Madeleine, qui n’est pas de son mari. Mel Bonis, imprégnée d’une forte culture religieuse, vit mal cette situation. Elle se fera passer pour la marraine de cette petite Madeleine.

Consciente que son prénom, Mélanie, pouvait poser un problème pour la diffusion et l’exécution de sa musique, elle préférera signer son œuvre Mel Bonis, pour ne pas attirer l’attention sur le fait qu’elle était femme, et ce dès son opus 1.

Sous l’impulsion de son amant, Mel renoue alors avec la composition. Son œuvre comporte beaucoup de pièces de piano,

Bonis il pleutCliquez sur la pianiste

Bonis Femmes de légende MélisandeCliquez sur Mélisande

mais on y trouve aussi de la musique de chambre,

Bonus Quatuor avec piano finalCliquez sur le très fauréen Quatuor avec piano

Bonis SoirCliquez sur le trio

des mélodies,

Bonis Ave MariaCliquez sur l’image

des pièces symphoniques,

Bonis Trois femmes de légende CléopâtreCliquez sur l’orchestre

ainsi que des pièces pour la jeunesse.

Bonis Album pour les tout petits la PuceCliquez sur l’image

Mel deviendra en 1910 la seule femme à être secrétaire de la Société des Compositeurs !

Son activité musicale se déroulera des années 1890 aux années 1910 environ, avant que l’évolution de la musique ne déroute cette grande post-romantique, qui s’isole alors et retourne à ses préoccupations mystiques.

En 1934, elle écrit le Cantique de Jean Racine, à la mémoire d’un de ses fils mort en 1932.

Bonis Cantique de Jean RacineCliquez sur l’image

Mel Bonis meurt à Sarcelles le 18 mars 1937, à l’âge de 79 ans.

Et si vous avez aimé cette courte biographie de Mel Bonis, retrouvez donc le podcast de la sémillante Aliette de Laleu :

Bonis par AlietteCliquez sur la sémillante Aliette de Laleu

Source principale : le site internet à elle consacré : https://www.mel-bonis.com/FR/Accueil/

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Debussy à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).

Compositrices, Divers

LES PIANOS AQUEUX

Depuis l’invention du piano, il n’est pas rare que les pianistes cherchent à reproduire au clavier les sensations ou impressions laissées par l’eau.

Par exemple CHOPIN, lors de son séjour à la chartreuse de Valdemosa avec George SAND, nous a laissé ce Prélude à la goutte d’eau (le toit de la chartreuse était percé et l’eau tombait dans les pièces) avec son ostinato (mouvement obstiné) figurant la chute des gouttes de pluie.

Chopin Prélude à la goutte d'eauCliquez sur le pianiste

Quittons Chopin l’introverti pour retrouver LISZT l’extraverti qui, pour célébrer l’eau, évoque dans ses Années de pèlerinage les « Jeux d’eau de la villa d’Este ».

Liszt les Jeux d'eau à la villa d'EsteCliquez sur la pianiste

Retournons sous la pluie avec la troisième Estampe de DEBUSSY, « Jardins sous la pluie ».

Debussy Estampes Jardins sous la pluieCliquez sur le pianiste

L’atmosphère évoquée par RAVEL en 1901 se rapproche de celle de Liszt, avec Jeux d’eau.

Ravel Jeux d'eauCliquez sur la pianiste

Les compositeurs n’ont pas le monopole du piano à queue. Parmi les compositrices à qui la pluie a plu, on peut citer Marie JAËLL et ses Jours pluvieux (1894).

Jaell les Jours pluvieuxCliquez sur l’image

Ou encore Mel BONIS avec Il pleut (1913).

Bonis il pleutCliquez sur la pianiste

Et pour faire plaisir à Hélène, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère pour faire plaisir à Hélène

Compositrices, Divers

MON ANNÉE LYRIQUE 2022

En cette fin d’année, je vous propose un petit retour sur les spectacles lyriques que j’ai pu voir en 2022.

L’année a commencé très fort avec la création mondiale de Like Flesh de Sivan ELDAR le 21 janvier à l’opéra de Lille.

Création Like Flesh saluts (1)Cliquez sur les saluts des artistes

Elle s’est poursuivie en février avec La Khovantchina de MOUSSORGSKI le 9 février à Bastille. L’occasion de nous rappeler avec cet opéra que de tout temps, les Russes ont adoré massacrer les Ukrainiens.

Saluts la Khovantchina 2022 02 09Cliquez sur les saluts

J’ai poursuivi avec un classique, Manon de MASSENET à Bastille le 14 février.

Saluts Manon 2022 02 14Cliquez sur les saluts

Il y a eu ensuite la création française du pénible A quiet Place, de Bernstein le 10 mars à Garnier.

A quiet Place 2022 03 10

Retour à Bastille avec Wozzeck de BERG le 24 mars.

Saluts Wozzeck 2022 03 24Cliquez sur les saluts

Il y a eu ensuite le pur enchantement qu’est Le Songe d’une nuit dété de BRITTEN le 6 mai à Lille.

Le Songe d'une nuit d'été 2022 05 06Cliquez sur les saluts

A suivi une version intéressante d’Elektra de STRAUSS à Bastille le 26 mai.

Salurs Elektra 22 05 26Cliquez sur les saluts

Nouvel enchantement lillois avec Sémélé de HAENDEL les 6 et 16 octobre.

Sémélé 22 10 06Cliquez sur les saluts

Encore un opéra contemporain, Freitag aus Licht de STOCKHAUSEN le 8 novembre à Lille.

Freitag aus Licht 2022 11 07

Je n’ai heureusement pas raté l’Armide de GLUCK le 15 novembre à l’opéra comique.

Armide 2022 11 15Cliquez sur les saluts

Et enfin, l’année s’est terminée comme elle avait commencé, par une création mondiale, avec On purge bébé de BOESMANS à la Monnaie (De Munt) à Bruxelles, le 15 décembre. (Vous pouvez encore y aller jusqu’au 29 décembre !)

On purge bébé 2022 12 15

Et cliquez ici pour connaître mon année lyrique 2023.

Compositeurs, Compositrices, littérature

César FRANCK (1822-1890)

image César Franck

César FRANCK est né le 10 décembre 1822 à Liège. Son père rêve d’en faire un enfant prodige, à l’instar d’un Mozart ou d’un Liszt, et le fait entrer à 8 ans au Conservatoire de Liège. César y remporte les grands prix de piano et d’harmonie à l’âge de 12 ans.

En 1835, sa famille vient à Paris, mais il doit attendre d’être naturalisé pour entrer au Conservatoire de cette ville. Ce sera chose faite fin 1837, et en 1838, il emporte un grand prix extraordinaire de piano. Sous la férule de son père, il donne des concerts au cours desquels il rencontre d’autres virtuoses comme Liszt ou Alkan.

Il écrit son opus 1 en 1841 : trois Trios concertants que son père fera publier en 1843.

En 1843, il écrit un opéra, Stradella et l’année suivante Ruth, un oratorio. Son amitié avec Gounod, dont on connaît l’aspect mystique, le poussera à œuvrer dans ce genre de l’oratorio. (Rappel, un oratorio est une espèce d’opéra dont le sujet, tiré de la bible, empêche la représentation sur la scène d’un théâtre.) De ces musiques d’inspiration religieuses, il lui restera le surnom amical de Pater Seraphicus.

En 1846, Franck s’éprend de Félicité, une de ses élèves, ce que son père ne voit pas d’un bon œil. César quitte alors la maison paternelle et deux ans plus tard, en 1848, il épouse Félicité (ils auront quatre enfants, dont deux mourront en bas âge). Entre-temps, en 1846, il avait composé le poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, d’après Victor Hugo. Il reviendra à Hugo avec les Djinns, en 1884. (Il peut être intéressant de noter que ce poème a été écrit un an avant celui de Franz Liszt, qui est pourtant considéré comme étant le créateur du genre.)

Franck Ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Après la création de ce poème symphonique, il écrit les brillantes Variations symphoniques pour piano et orchestre (1885).

Franck Variations symphoniquesCliquez sur le pianiste

En 1856, César Franck devient titulaire des grandes orgues de Sainte-Clotilde à Paris. Une part importante de sa production musicale sera réservée à cet instrument.

En 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique avec Saint-Saëns et Fauré.

Entre 1871 et 1872, il écrit Rédemption, une œuvre hybride entre l’opéra, l’oratorio et le poème symphonique.

Franck RédemptionCliquez sur l’image

En 1872, César Franck dirige la classe d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves, outre Henri Duparc, Ernest Chausson et Vincent d’Indy, on peut aussi citer les compositrices Augusta Holmès et Mel Bonis.

En 1879, Franck achève son oratorio les Béatitudes, sur lequel il a travaillé près de dix ans, et en 1880, il compose son Quintette.

Franck Les BéatitudesCliquez sur l’image

Franck quintetteCliquez sur le quintette

En 1881, il écrit un nouvel oratorio, Rebecca, et un poème symphonique, le Chasseur maudit.

Franck le Chasseur mauditCliquez sur l’image

En 1886, c’est Psyché et la Symphonie en ré mineur.

Franck Symphonie en ré mineur 2ème partieCliquez sur l’image

La même année, César Franck écrit sa Sonate pour piano et violon, qui servira de modèle à Proust pour la Sonate de Vinteuil de la Recherche du temps perdu. Cette sonate est dédiée au compositeur et violoniste Eugène Isaye et lui est offerte en cadeau de mariage.

Franck Sonate piano violonCliquez sur le violoniste et la pianiste

Sur la fin de sa vie, il travaille encore à deux opéras, Hulda et Ghiselle, restés inachevés à sa mort.

César Franck meurt à Paris le 8 novembre 1890, à l’âge de 67 ans.