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Écrivains, littérature, Mythologie

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) 1 -L’ILIADE

image Homère

« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)

En fait on ne sait pas si l’aède Homère a réellement vécu. La tradition lui attribue pourtant deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Iliade raconte la fin de la guerre de Troie alors que l’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.

De par leur portée archétypale, ces deux œuvres ont inspiré un grand nombre de compositeurs, et ce dès Monteverdi, le fondateur du genre opéra, qui a écrit en 1640 le Retour d’Ulysse dans sa Patrie d’après l’Odyssée. J’y reviendrai dans l’article sur l’Odyssée.

Parmi les nombreux personnages de l’Iliade, la plus connue est certainement Hélène (dite Hélène de Troie). Hélène était la fille de Léda, issue de ses amours avec Zeus métamorphosé en cygne pour la séduire. C’est donc aussi la sœur des jumeaux Castor et Pollux. Femme du roi Ménélas, elle fut enlevée par Pâris, ce qui déclencha la guerre de Troie. On la retrouve dans l’opérette la Belle Hélène d’Offenbach.

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur l’image

Autre héros qui apparaît dans l’Iliade, Enée combat Diomède et est protégé par sa mère Aphrodite. À la fin de la guerre de Troie, il se réfugie sur le mont Ida, puis part en Italie avec la reine Didon, mais c’est une autre histoire. C’est l’Enéide, racontée par Virgile.

Enée a inspiré Berlioz dans son opéra-fleuve Les Troyens.

Berlioz les Troyens nuit d'ivresseCliquez sur l’image et frissonnez !

Le personnage d’Achille a été mis en musique par Lully et Colasse en 1688 dans Achille et Polyxène. Achille était un héros qui, offensé par Agamemnon, se retire du combat, laissant les grecs mourir. C’est à la mort de son ami Patrocle qu’il se décide à revenir au combat, où il tuera Hector.

Lully Colasse Achille et Plyxène ouvertureCliquez sur l’ouverture

On retrouve Achille une cinquantaine d’années plus tard dans Achille et Déidamie (1735) de Campra.

Campra Achille et Déidamie Timbales et trompettesCliquez sur l’image

Achille est aussi le héros de Achille à Syros de Métastase, mis en musique par Caldara, par Corselli, par Gassmann et par Sarro.

Caldara Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

Gassmann Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

C’est aussi un des personnages secondaires de l’Iphigénie en Aulide (1774) de Gluck.

Et si vous voulez une petite surprise, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez une petite surprise

(Sources principales : Dictionnaire des personnages, collection Bouquins Laffont, 1999 et Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard 1992.)

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

NABUCCO, de VERDI (1841)

Nabucco est un des premiers succès de Verdi. Achevé en 1841 et créé en 1842 à la Scala de Milan, son côté patriotique a fait de Verdi le porte-parole de la révolte contre l’occupant autrichien, le fameux chœur « Va pensiero » devenant vite un hymne pour les partisans de la liberté. Parmi les chanteuses de la création figurait Giuseppina Strepponi, qui deviendra plus tard la maîtresse de Giuseppe Verdi, puis sa femme.

Le pitch : Roméo et Juliette à Babylone. Ismaël, neveu du roi des Hébreux et Fenena, fille de Nabuchodonosor, roi de Babylone, s’aiment, mais les deux peuples sont en guerre.

Acte I : Dans le temple du roi Salomon, à Jérusalem. Alors que les troupes de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, menacent la ville, les Hébreux supplient leur seigneur de leur venir en aide. Zaccaria, le grand prêtre, a pris en otage Fenena, la fille de Nabucco, et compte s’en servir pour faire la paix avec les Babyloniens.

Ismaël, le neveu du roi des Hébreux, vient annoncer que les Babyloniens arrivent et que rien ne semble pouvoir les arrêter. Zaccaria exhorte les Hébreux à aller les repousser.

Verdi Nabucco Come notte a sol fulgenteCliquez sur Zaccharia et les Hébreux

Ils sortent, laissant Ismaël et Fenena seuls. Fenena rappelle à Ismaël qu’elle l’avait fait libérer de Babylone. Les deux jeunes gens, qui s’aiment, s’apprêtent à prendre la fuite quand arrive Abigaïlle, qui prétend être une fille adultérine de Nabucco, avec une troupe de Babyloniens déguisés en Hébreux. Abigaïlle, qui est amoureuse d’Ismaël se dit prête à sauver les Hébreux s’il laisse tomber Fenena. (Trio : Io t’amava).

Verdi Nabucco Prode guerrier... Io t'amava !Cliquez sur Ismaël, Abigaïlle et Fenena

Nabucco est entré dans le temple sacré de Jérusalem et veut piller la ville. Zaccaria menace de tuer sa fille Fenena, mais Ismaël s’interpose et arrête son geste. Nabucco livre alors le temple à ses troupes et capture les Hébreux, qui maudissent Ismaël qui a trahi leur patrie en sauvant Fenena. (Quintette : « Mio furor no fui costrette »).

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costrettoCliquez sur l’image

Acte II : Dans le palais de Babylone. Abigaïlle, qui se croyait la fille de Nabucco, découvre qu’il n’en est rien. Nabucco laisse le soin à sa fille Fenena de gouverner Babylone pendant son absence. Abigaïlle est furieuse, d’autant que Fenena fait libérer les Hébreux.

Verdi Nabucco Ben io t'invenniCliquez sur Abigaïlle

Ismaël est convoqué par les prêtres hébreux pour répondre de sa trahison mais Anna, la sœur de Zaccaria, prend sa défense et explique qu’il n’a pas sauvé la vie d’une infidèle, mais d’une Juive, car Fenena s’était convertie au judaïsme.

Verdi Nabucco Tu sul labbroCliquez sur Zaccaria

Abigaïlle arrive et demande la couronne à Fenena, mais Nabucco survient à son tour et s’en empare. Il commence par se moquer du dieu des Babyloniens, Belos, puis du dieu des Hébreux, en menaçant Zaccaria et les siens. Le dieu des Hébreux lui lance un éclair et sa couronne roule au sol. Nabucco devient fou alors que la couronne est prestement récupérée par Abigaïlle.

Acte III : Les jardins suspendus de Babylone. Abigaïlle siège sur le trône et le grand prêtre babylonien veut lui faire signer la condamnation à mort des Hébreux. Elle feint d’hésiter quand arrive Nabucco, le roi déchu. Abigaïlle se moque de lui, et lui demande d’apposer son sceau sur la condamnation des Hébreux, ce qu’il fait, signant par là la mort de sa propre fille Fenena. À Abigaïlle qui lui rappelle qu’elle aussi est sa fille, il lui déclare qu’elle n’est que la fille d’un esclave. Abigaïlle déchire le parchemin qui prouve sa basse extraction et demande aux gardes d’emmener le roi déchu, qui demande une dernière fois la grâce de sa fille Fenena. (Duo : « Di qual onta aggravarsi ».)

Verdi Nabucco Oh, di qual'onta aggravasiCliquez sur Nabucco

Sur les bords de l’Euphrate, les Hébreux pleurent leur patrie perdue (Chœur : « Va pensiero ».)

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le chœur des Hébreux se lamentant sur les bords de l’Euphrate

Zaccaria leur demande d’arrêter de pleurer et leur annonce que le Dieu d’Israël vaincra les idoles babyloniennes.

Acte IV : Dans le palais de Babylone. Nabucco sort d’un cauchemar et entend des cris dans la cour. Il va à la fenêtre et voit sa fille enchaînée. Il appelle alors le dieu d’Israël à l’aide, implorant son pardon. À ce moment, son fidèle Abdallo arrive avec des soldats. Il lui rend son épée royale et lui offre de reconquérir son trône.

Les Hébreux prisonniers traversent les jardins suspendus. Zaccaria exhorte Fenena à mourir en martyre. C’est alors qu’arrive Nabucco, qui ordonne de briser la statue de Belos. Celle-ci tombe miraculeusement toute seule et se brise. Nabucco libère les Hébreux et leur ordonne de construire un temple pour leur dieu.

Pendant que tous louent le grand Jéhovah, deux soldats arrivent avec Abigaïlle, qui s’est empoisonnée. Elle avoue sa faute et demande pardon avant de mourir. (Air : « Su me… morente… esanime… »). Zaccario adresse une prophétie à Nabucco : « en servant Jéhovah, tu deviendras le roi des rois ! »

Verdi Nabucco Su me morente, esanime...Cliquez sur Abigaïlle

(Source principale : les représentations des arènes de Vérone en 1981, et le DVD associé).

Agenda Ironique, Poésie

L’HOROSCOPE DE NOVEMBRE 2023

C’est chez Carnets Paresseux que ça se passe, et voilà ce qu’il nous demande Carnets Paresseux : https://wordpress.com/read/feeds/16382982/posts/4968656162

Après octobre, vient novembre, et itou l’agenda ironique chemine de chez Laurence jusqu’ici même. Kilucru ? Kiluentrevu ? Kiluprévu ? Justement, je vous propose de faire des prévisions, des voyances, des pronostics, des prédictions, d’entrevoir des possibles, des souhaitables et des évitables, de promettre fortune, argent, richesse, santé, bonheur, espérances et tout le saint-frusquin (mais aussi et symétriquement d’agiter le péril de la malencontre, de la déconfiture, de la chance qui passe sur le trottoir d’en face), bref de rédiger un horoscope, évidemment véridique, exact et irréfutable comme tout horoscope qui se respecte.

Techniquement, il pourra être basé sur la lecture des étoiles et des astres, de la marche de l’ombre des cailloux par terre, du vol des oiseaux ou du tarot ou tout ce que vous voulez, à votre guise, cet horoscope. Et puis quoi plus ? Il devra contenir les mots chevalparapluiesouquenillepingouintubéreuse et Vierzon.

Sous quelle forme, cet horoscope ? Comme vous le souhaitez : quatrain sibyllin, récit épistolaire, chanson, entrelardé au sein d’un dialogue, égosillé par une contraltote soutenue par un ostinato altier ou calligraphié d’une plume bien encrée, et même en forme d’horoscope ; si possible, avec quelques jours du calendrier (c’est le moins, pour un horoscope) et avec un brin d’ironie (idem).

parapluiesouquenille,

J’ai donc choisi la forme « haïkaï sibyllin » pour ma participation à cet Agenda Ironique.

Destin de Carmen

C’est le grand air des cartes

Carreau Pique, la mort

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur Carmen

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Le destin d’Œdipe :

Les mamelles de Tiresias

Sont celles du devin

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

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D.F.E. Auber

Arvedson la devineresse

C’est le Bal masqué

Auber Gustave III, ou le bal masqué Acte II scène de la devineresseCliquez sur Arvedson la devineresse

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Chez Georges Enesco

Œdipe demande à la sphinge

Plus fort que l’destin ?

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

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Ce chant du destin

pour une contraltote altière

Oui, c’est bien du Brahms

Brahms Schicksallied

Et pour ne pas vous faire passer pour des pingouins vétus de souquenilles, quelques explications sur ces haïkus sibyllins.

Au début du 3e acte de Carmen de Bizet, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour connaître leur avenir. L’une voit l’amour sous les traits d’un bel officier qui l’emporte sur son cheval, l’autre la fortune. Carmen arrive et tire les cartes à son tour. Las, il n’y a rien à faire, elle tire toujours « Carreau, Pique, la mort ! Moi d’abord, ensuite lui, pour tous les deux, la mort ! ».

Les Mamelles de Tiresias, de Poulenc d’après le texte d’Apollinaire. Tiresias est ce devin qui révèle à Œdipe son sort horrible, il a tué son père et couché avec sa mère. Pris d’effroi, Œdipe se crève les yeux.

Dans Gustave III, ou le Bal masqué, de Daniel François Esprit Auber, toute la cour se rend à minuit chez la Arvedson la devineresse, qui a le pouvoir de prédire l’avenir en lisant dans les racines d’une tubéreuse.

Dans Œdipe (encore lui) d’Enesco, notre héros arrive devant Thèbes et veut sauver la ville. Mais il doit répondre à l’énigme de la sphinge : « qui est plus fort que le destin ? ». Œdipe connaissant la réponse, la sphinge est prise d’un rire inextinguible et meurt. Des légendes anciennes prétendent qu’on a enterré son corps à Vierzon.

Dans le Chant du destin, ou Schicksallied, de Brahms, les contraltotes altières ont un rôle important pour nous dévoiler le destin, bien abritées qu’elles sont sous leur parapluie.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (3 – FAURÉ)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de Baudelaire, puis debussysé ce même poème, je vous propose une troisième version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version fauréïsée.

La musique souvent me prend comme une mer !

Fauré l'Horizon chimérique la Mer est infinieCliquez sur l’image

Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Fauré l'Horizon chimérique Je me suis embarquéCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Fauré Nocturne (mélodie)Cliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;

Fauré l'Horizon chimérique Vaisseaux, nous vous aurons aimésCliquez sur l’image


Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Fauré BerceuseCliquez sur l’image

Citations musicales :

me prend comme une mer : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 1 « la Mer est infinie ».

Je mets à la voile : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 2 « Je me suis embarqué ».

un vaisseau qui souffre : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 4 « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».

Me bercent : Fauré, Berceuse pour violon et piano.

Retrouvez ici une version beethovénisée de ce même poème.

Animation 1, Cinéma

MES VOISINS LES YAMADA, de TAKAHATA (1999)

image mes voisins les Yamada

C’est ce mercredi 1er novembre 2023 que sort en salle le Garçon et le héron, dernier film en date du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki. Miyazaki est, avec Toshio Suzuki et Isao Takahata, le fondateur du mythique Studio Ghibli, fondé en 1985. Je voudrais à cette occasion vous parler d’un des « animes » de Takahata, mes Voisins les Yamada (1999), une série de saynètes de la vie familiale au Japon.

La musique de Mes Voisins les Yamada est signée de Akiko Yano, qui mêle à sa musique originale des extraits musicaux classiques, et ce dès le générique de début qui contient quelques mesures du Messie de Haendel.

Takahata mes Voisins les Yamada générique de débutCliquez sur le générique de début

Takahata mes Voisins les Yamada bande-annonceCliquez sur la bande-annonce

La famille Yamada est une famille de Japonais très moyen. Elle se compose de Shige, la grand-mère acariâtre, Matsuko sa fille, mère au foyer, Takashi, le chef de famille qui se voit un peu plus courageux qu’il ne l’est réellement, Noboru, le fils ado, Nonoko, la petite fille qui porte son regard naïf sur le monde, et enfin Pochi, le chien de garde pas très efficace.

Le début du film est consacré à la rencontre et au mariage de Matsuko et Takashi, mariage sur fond de Marche nuptiale de Mendelssohn.

Mendelssohn Marche nuptiale du Songe d'une nuit d'étéCliquez sur l’image

Vient ensuite la naissance des enfants et quelques scènes humoristiques de leur prime enfance.

Quand tombent les premiers flocons de l’année, on peut entendre un détournement de la « Valse des flocons » extraite du Casse-Noisette de Tchaïkovski.

Tchaïkovski Casse-Noisette Valse des floconsCliquez sur petits flocons qui volettent au vent

En fonction de l’ambiance on peut y entendre des extraits de la Symphonie des jouets de Léopold Mozart avec son fameux coucou, pour illustrer la surprise, ou encore le tonitruant 4e mouvement de la première symphonie de Mahler pour illustrer des moments d’une grande intensité dramatique.

Mozart Léopold Symphonie des jouetsCliquez sur le coucou

Mahler Symphonie n°1 4e mouvementCliquez sur l’orchestre, dirigé par… Yamada

On reconnaîtra également ici ou là le nocturne opus 9 n° 1 de Chopin,

Chopin nocturne op. 9 n° 1Cliquez sur le nocturne

l’adagio couramment attribué à Albinoni,

Albinoni AdagioCliquez sur l’adagio couramment attribué à Albinoni

ou encore la marche funèbre de la 5e symphonie de Mahler et un prélude et fugue de J.-S. Bach.

Mahler 5e Symphonie Marche funèbreCliquez sur la marche funèbre

Une des dernières scènes nous permet d’entendre le tube « Que sera sera » chanté par toute la famille Yamada (et enregistré par les membres du studio Ghibli).

Yano Que sera seraCliquez sur l’image

Et pour en savoir beaucoup plus sur cet anime, une seule adresse, celle du site de référence en français Buta Connection.

Écrivains, littérature, Mythologie

OVIDE (43 av. J.-C., 18 ap. J.-C.)

Le poète latin Ovide naît en 43 avant Jésus-Christ à Sulmone, dans les Abruzzes. Il suit ses études à Rome avant de faire le traditionnel voyage en Grèce. Il vit sous le règne de l’empereur Auguste.

Autour de l’an I, il écrit l’Art d’aimer, un recueil poétique et érotique autour de la séduction et de l’amour. Bafouant les règles de la morale, cet ouvrage déplaît à l’empereur Auguste qui bannit son auteur et l’envoie en exil sur les bords de la mer noire. C’est là qu’Ovide achèvera son autre grande œuvre, les Métamorphoses.

Dans les Métamorphoses, Ovide décrit les transformations (les métamorphoses) célèbres à son époque, en remontant aux origines du monde. Il s’agit de métamorphoses de dieux ou d’humains, décrites dans les mythologies grecques ou latines.

Ovide meurt en exil en 17 ou 18 après Jésus-Christ, à l’âge approximatif de 60 ans.

En tant que compilation des grandes figures de la mythologie, il n’est pas étonnant que ces Métamorphoses aient donné lieu à une incroyable quantité d’opéras ou d’œuvres lyriques.

Le recueil des Métamorphoses est découpé en 15 livres.

J’ai déjà parlé des livres I et II dans mon premier article sur Ovide. Le livre I est consacré à l’origine du monde est aux premiers âges de l’humanité.

falvetti il diluvio universaleCliquez sur l’image

La fin du livre I et le début du livre II nous racontent les malheurs de Phaéton, fils du soleil. Le livre II se poursuit avec le mythe de la nymphe Callisto, une suivante de Diane.

Les livres III et IV ont été abordés dans le deuxième article consacré aux Métamorphoses. Le livre III commence par le destin de Cadmos parti chercher sa sœur Europe, enlevée par Zeus. On y trouve aussi la légende de Sémélé, cette humaine qui s’est brûlée en voulant approcher de trop près Jupiter. Cette histoire a été mise en musique par Haendel.

Haendel Sémélé No no, I'll take no lessCliquez sur Sémélé

Dans le livre IV, outre les innombrables coucheries et jalousies entre dieux et déesses, on trouve la légende de Pyrame et Thisbé, un archétype du mythe moderne de Roméo et Juliette.

J’ai traité le livre VI dans le troisième article consacré aux Métamorphoses.

Steffani Niobe JarrouskyCliquez sur Niobé

C’est aussi dans le livre VI qu’Ovide nous parle des Boréades. L’histoire de ces fils de Borée a donné lieu à un opéra de Rameau.

Dans le livre VII, Ovide aborde la légende de Céphale et Procris, mais aussi celles de Médée ou de Thésée. Cette légende de Céphale et Procris sera portée à l’opéra par Élisabeth Jacquet de la Guerre et par Grétry. C’est aussi le premier opéra écrit en russe, en 1755, par Araja, compositeur italien appelé à la cour de Russie pour y écrire des opéras.

Jacquet de la Guerre Céphale et Procris Funeste mortCliquez sur l’image

Dans le livre VIII, Ovide nous raconte les aventures d’Ariane, du Minotaure et de Dédale et Icare.

Le livre IX est consacré aux différentes aventures du demi-dieu Hercule.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur l’image

Dans le livre X, il nous parle de Pygmalion, mis en musique par Rameau, entre autres compositeurs.

Le livre XII est consacré à la malheureuse Iphigénie.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Le livre XIII nous livre la version d’Ovide du Siège de Troie et des aventures d’Ulysse, ainsi que la légende d’Acys et Galathée et Polyphème.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse

Les aventures d’Enée se trouvent dans les livres XIII et XIV.

Purcell Didon NormanCliquez sur Didon (sans Enée)

Voilà, il y a encore beaucoup de légendes, et d’opéras associés. Et si vous lisiez les Métamorphoses d’Ovide ?

Divers, littérature, Poésie

IL ÉTAIT UN ROI DE THULÉ

« Il était un roi de Thulé, qui jusqu’au tombeau fut fidèle ».

Récemment, le pianiste et chef d’orchestre Clément Mao-Takacs nous proposait quelques versions musicales de la célèbre ballade du grand Goethe, publiée en 1782. L’idée m’a plu, et il m’a permis de la reprendre pour mon blog.

Après l’analyse comparée de la Damnation de Faust de Berlioz et du Faust de Gounod, voici donc un petit comparatif des versions musicales de cette ballade.

La version la plus ancienne semble être celle d’un certain Seckendorff, puisqu’elle date elle aussi de 1782.

Une autre version, plus connue, est celle de Zelter qui date de 1812.

Zelter Es war ein König in ThuleCliquez sur la version de Zelter

Plus connue encore est celle de Schubert qui date de 1816 (Schubert avait 19 ans !).

Schubert Der König in ThuleCliquez sur la version de Schubert

Bien entendu, cette mélodie a été intégrée par Berlioz dans ses Six Scènes de Faust de 1829, transformées en Damnation de Faust en 1842.

berlioz damnation de Faust roi de ThuléCliquez sur la version de Berlioz

Autre version en français avec celle de Gounod.

Gounod Faust Il était un roi de ThuléCliquez sur la version de Gounod

En 1849, c’est Robert Schumann qui écrit cette pièce pour chœur a capella.

Schumann Der König von ThuleCliquez sur la version de Schumann

Et Liszt en livrera deux versions.

Liszt Es war ein König in ThuleCliquez sur l’une des deux versions de Liszt

En 1867, l’irrévérencieux Offenbach en fera une parodie dans sa Grande Duchesse de Gérolstein.

Offenbach la grande Duchesse de Gérolstein Il était un de mes aïeuxCliquez sur la parodie irrévérencieuse d’Offenbach

En 1908, Samuel Coleridge-Taylor nous en livre une version en anglais (A King there lived in Thule).

Coleridge-Taylor A King there vived in ThuleCliquez sur la version de Coleridge-Taylor

    Et si vous aimez les bonus surprises, cliquez donc sur le cadeau mystère.

    point-dinterrogationCliquez donc sur le cadeau mystère si vous aimez les surprises

    Mes opéras préférés

    CAPRICCIO, de STRAUSS (1942)

    Conversation en musique en un acte, livret du chef d’orchestre Clemens Krauss d’après une idée de Stefan ZWEIG. Ce quinzième et dernier opéra de Strauss représente une synthèse de la carrière musicale de Richard Strauss.

    Le pitch : Dans Capriccio, Strauss, et ses librettistes, essaye de répondre à la question « Qui de la poésie et de la musique prend le pas sur l’autre? ». Il se sert d’un poète et d’un compositeur, tous deux amoureux d’une comtesse, pour aboutir à la réponse que le mieux, c’est l’alliance des deux, et que cette alliance, c’est l’opéra !

    Acte I : En 1775 dans un château près de Paris, La Roche, le directeur de théâtre, Flamand le compositeur et Olivier le poète préparent une fête pour l’anniversaire de la comtesse Madeleine. Ils discutent pour savoir qui, de la musique ou du poème, a la prééminence. Madeleine est une jeune veuve, et le poète et le musicien se disputent ses faveurs. Ils écoutent le sextuor de Flamand.

    Strauss Capriccio SextuorCliquez sur le sextuor

    Le directeur de théâtre se prononce en faveur de l’opera buffa. Le comte, le frère de la comtesse, se prononce clairement en faveur du théâtre, et plus particulièrement de l’actrice Clairon. Le directeur revient, la scène est prête, les répétitions peuvent commencer. Ce sera d’abord une pièce musicale, puis une pièce de théâtre, et enfin une surprise du directeur. Clairon, la comédienne, apparaît, saluée par le directeur. Elle commence à lire avec le comte la fin de la pièce, une scène d’amour, que l’auteur vient de terminer. Convaincue par l’interprétation du comte, elle demande au directeur de monter la pièce. À la comtesse qui félicite l’auteur pour la déclaration d’amour finale de sa pièce, l’auteur répond que c’est à elle que cette déclaration s’adresse. Le compositeur veut mettre ces vers en musique, ce qui n’enchante pas le poète, jaloux. Quand le musicien a fini, il chante sa composition à la comtesse, ravie (Air, puis trio : « Kein andres, das mir so im herzen loht »).

    Strauss Capricccio Kein andres, das mir so in Merzen lohtCliquez sur l’image

    C’est au tour du compositeur d’avouer que c’est ses sentiments qu’il a mis dans sa musique. La comtesse avoue qu’elle hésite entre vers et musique, les deux arts étant si intimement liés. Il la supplie de répondre à sa déclaration, mais elle réserve sa réponse pour un rendez-vous qu’elle lui fixe le lendemain. Le comte revient de la répétition, ravie d’avoir « intéressée » l’actrice, mais sa sœur lui dit qu’il ne faut pas confondre amour et admiration. Elle lui explique que le poète et le musicien se sont déclarés, et que ce qui sortira de cette histoire ne peut être qu’un opéra.

    Tout le monde revient au salon. Le comte invite Clairon à souper, mais elle décline l’invitation. Le directeur présente son petit spectacle italien. Clairon rompt avec le poète. La dispute entre poésie et musique redémarre, mais la comtesse tranche pour la tragédie en musique, l’opéra, qui rapproche les deux arts. Le directeur fait entendre un duo de chanteurs italiens, dans lequel Strauss parodie cet art. (duo puis ensemble).

    Le comte propose à l’actrice de la raccompagner à Paris. Le directeur dévoile le programme de son spectacle. Il y aura d’abord une allégorie : la Naissance de Pallas Athénée. Tous se moquent de cette idée dans un joyeux charivari (ensemble). Il y aura ensuite une pièce héroïque : la Chute de Carthage. Les moqueries reprennent de plus belle devant cette conception passéiste du spectacle. Le directeur se défend alors en montrant tout ce qu’il apporte au spectacle par ses mises en scène et ses décors, que ni la musique ni le livret ne sont capables d’apporter. Il se porte en gardien de la tradition devant la médiocrité des compositions contemporaines, en attendant que de nouvelles œuvres de génie voient le jour. (Air : « Hola, ihr streiter in Apoll »).

    Strauss Capriccio Holà Ihr streiter in ApollCliquez sur La Roche

    Tout le monde le félicite de cette profession de foi. La comtesse demande au poète et au musicien de mettre leur art au service du directeur, en composant un opéra. On cherche un sujet, Ariane à Naxos ou Daphné (deux sujets d’opéras déjà traités par Strauss), mais c’est le comte qui a l’idée de raconter leur propre histoire. On se sépare pour la nuit, laissant la place aux domestiques, qui commentent cette journée. Le souffleur, qui s’était endormi dans son trou, en sort et s’étonne de ne trouver plus personne. Le comte accompagnant Clairon à Paris, la comtesse s’apprête à souper seule. Le poète lui fait dire qu’il viendra le lendemain connaître le dénouement de l’histoire. La comtesse se souvient alors qu’elle a déjà rendez-vous avec le musicien. Reprenant le sonnet mis en musique, elle comprend qu’elle ne peut pas choisir (Air : Kein andres, das mir …). Se regardant dans la glace, elle demande à son reflet de l’aider à trouver la fin de l’histoire, si il y en a une qui ne soit pas triviale (air crépusculaire, préfiguration des 4 derniers lieder de Strauss).

    Strauss Mondscheinmusik (Mélodie du Clair de lune)Cliquez sur la « Mélodie du clair de lune »

    Le maître d’hôtel vient annoncer que le souper est servi.

    Strauss Capriccio Scène finaleCliquez sur la scène finale

    Compositrices, Divers

    CONCERT D’INAUGURATION DE L’OPÉRA DE LILLE

    programme inauguration opéra de Lille

    Il y a cent ans, le 7 octobre 1923, l’opéra de Lille ouvrait ses portes avec un grand concert qui faisait la part belle aux gloires locales, Édouard Lalo bien sûr, mais aussi Jeanne Thieffry. C’est ce concert que je vais vous proposer ici de revivre.

    Hymne à l’harmonie de Lavainne

    « Ouverture » du Roi d’Ys de Lalo

    Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

    Concerto de Chaminade

    Cheminade concertini pour flûteCliquez sur la flûtiste

    Aubade du roi d’Ys et air de Carmen de Bizet

    Lalo le Roi d'Ys aubadeCliquez sur l’image

    Cloches graves et carillon de Jeanne Thieffry

    Gopak de Moussorgski

    Moussorgski GopakCliquez sur l’image

    Air de Mireille de Gounod

    Air du Barbier de Séville de Rossini

    Watteau, scène chorale de Carlier

    Près du fleuve étranger de Gounod

    Gounod Près du fleuve étrangerCliquez sur l’image

    Romance de Svendsen

    Svendsen RomanceCliquez sur l’image

    Air d’Hérodiade de Massenet

    Le Cygne de Saint-Saëns

    Saint-Saëns le CygneCliquez sur le Cygne

    « Finale » du Concerto de Goltermann

    Goltermann concerto finalCliquez sur l’image

    Marine et Chant breton de Lalo

    Lalo le Chant bretonCliquez sur Lalo

    Grand air de Margared du roi d’YS

    Duo du roi d’Ys

    « Marche hongroise » de la Damnation de Faust de Berlioz

    Berlioz Marche hongroiseCliquez sur l’image

    Compositrices

    AUGUSTA HOLMÈS (1847-1903)

    Image Augusta Holmès

    Augusta HOLMÈS naît à Paris le 16 décembre 1847 d’un père irlandais et d’une mère anglaise. Elle grandit à Versailles et, grâce à sa mère qui était peintre et poète, fréquente les salons où elle rencontre Rossini, Gounod ou Saint-Saëns. Elle commence par suivre les traces de sa mère (qui ne voulait pas de piano dans sa maison), mais s’intéresse assez vite à la musique. Après la mort de sa mère en 1858, elle peut suivre des cours de piano, ainsi que d’harmonie et de chant. En 1875, elle devient l’élève de César Franck.

    Poussée par son père, elle fait vite merveille dans le milieu mondain, tant par ses talents de musicienne que par sa grande beauté.

    Camille Saint-Saëns lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle Mendès qu’elle a une liaison. Ils auront cinq enfants, trois filles et deux garçons. Les trois filles feront l’objet d’un tableau de Renoir : les Filles de Catulle Mendès.

    Poète et musicienne, c’est tout naturellement qu’Augusta se tourne vers la mélodie. Elle en écrira plus de 130 depuis son premier concert public en 1868 jusqu’en 1902, presque toutes sur ses propres poèmes. Et Liszt et Wagner font partie de ses admirateurs.

    Holmès Trois Anges sont venus ce soirCliquez sur l’image

    Dans le domaine symphonique, elle reçoit le soutien des trois grands chefs d’orchestre que sont Jules Pasdeloup, Édouard Colonne et Charles Lamoureux. Citons notamment les poèmes symphoniques Irlande (1881), Pologne (vers 1881) et Andromède (vers 1883), qui n’ont rien à envier à ceux de Franck ou de Saint-Saëns.

    Homès PologneCliquez sur l’image

    Holmès AndromèdeCliquez sur l’image

    On peut aussi citer son Roland furieux d’après l’Arioste.

    Holmès Roland furieuxCliquez sur l’image

    Augusta écrit aussi des symphonies dramatiques ou lyriques : Lutèce (1877), les Argonautes (1880), Ludus pro patria (1887), ainsi qu’au Pays bleu (1890) sur ses propres poèmes.

    Holmès la Nuit et l'AmourCliquez sur le Virago Orchestra

    En 1895, elle a accès à l’Opéra de Paris avec l’opéra la Montagne noire, écrit en 1885 sur son propre livret.

    Pour l’exposition universelle de 1889, elle compose l’Ode triomphale en l’honneur du centenaire de 1789, qui requiert plus de mille exécutants. Si La Montagne noire a connu les honneurs de la scène, ses autres opéras AstartéLancelot du lac et Héro et Léandre ne seront jamais représentés de son vivant.

    Augusta Holmès meurt à Paris le 28 janvier 1903, à l’âge de 55 ans.

    (Sources principales : les notices de la Philharmonie de Paris, du Palazetto Bru Zane et de Présence compositrices.)

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