L’air favori de Bianca Castafiore, dans les Aventures de Tintin et Milou d’Hergé et le fameux Air des bijoux extrait du Faust de Gounod, et commençant par « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir ».
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Mais quel autre usage fait-on des miroirs à l’opéra ?
Pauline Viardot nous a laissé dans ses mélodies ce Miroir (« Oh Vénus éternelle »).
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Alors que Debussy nous propose ces Reflets dans l’eau,
Dans l’opéra quelque peu ésotérique de Straussla Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten), la femme sans ombre ne peut évidemment pas se regarder dans un miroir.
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Plus près de nuit, c’est Boulez qui appelle dans sa Sonate n°3 un mouvement « miroir ».
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Dans Tommy des Who, la mère excédée de voir son fils se regarder dans le miroir sans s’occuper d’elle finit par briser le miroir.
Ce mois-ci, c’est Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) qui organise l’Agenda Ironique. Et qu’est-ce que je demande, me demandé-je, ce mois-ci, eh bien voilà :
Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Quand j’étais jeune, je collectionnais les mots rares, ceux qui étaient sortis des dictionnaires courants. Et comme les profs de français n’avaient pas réussi à me dégoûter de Baudelaire, de temps en temps je tombais chez ce poète sur de tels mots rares, comme calenture ou dictame. (En fait, je suis injuste quand j’écris cela, car j’ai eu de bons professeurs de français. C’est seulement quand j’ai passé l’oral du bac, sur un poème de Baudelaire justement (« l’Invitation au voyage »), que je suis tombé sur une véritable harpie, qui voulait me faire tuer ce poème en le disséquant dans une analyse mot à mot. (Les harpies étaient des divinités grecques de la vengeance divine, au corps d’oiseau et à la tête de femme. À la différence des sirènes, leur chant n’était pas du tout mélodieux.)
Mais, pour revenir à mes mots rares mémorables, on trouve dans le Vin des amants ce quatrain :
Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain !
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Baudelaire, fumeur d’opium, considère sa drogue comme un puissant dictame. On en trouve un dans « La Pipe » :
Et je roule un puissant dictame Qui charme son cœur et guérit De ses fatigues son esprit.
Ou encore dans l’extraordinaire « Tout entière » :
Quel est le plus doux. » – Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré : » Puisqu’en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré.
Et que dire encore du poème « une Gravure fantastique » inspiré par une gravure de Hayhnes représentant un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, Death on a pale horse.
Cliquez sur le quatuor pour la fin du temps (l’Apocalypse)
Ce spectre singulier n’a pour toute toilette, Grotesquement campé sur son front de squelette, Qu’un diadème affreux sentant le carnaval. Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval, Fantôme comme lui, rosse apocalyptique Qui bave des naseaux comme un épileptique. Au travers de l’espace ils s’enfoncent tous deux,
Aux fêtes, saviez-vous que Baudelaire était ami avec Félix Tournachon, dit Nadar, et que ce dernier a pris de nombreux clichés photographiques de Baudelaire ?
Eh bien, si vous collez les différents portraits de Baudelaire sur le pourtour d’un cylindre que vous ferez tourner autour de son axe, et que vous observez les photos défiler devant une fente que vous aurez pratiquée à cet effet, vous obtiendrez ainsi l’illusion du mouvement, et au passage, vous aurez réinventé le phénakistiscope !
L’Ange exterminateur (The exterminating Angel) est le troisième opéra du compositeur anglais Thomas Adès (né en 1971). Créé en 2016 au Festival de Salzbourg, son argument est tiré du film (presque) surréaliste de Luis Buñuel datant de 1962, film que le compositeur avoue avoir connu et apprécié très tôt. Il a été repris dès 2017 par le MET. Dans cette œuvre, Adès a confié le chant de l’Ange exterminateur (que l’on ne voit jamais) aux ondes Martenot, ce qui donne un contrepoint très intéressant aux parties chantées.
Le pitch : Huis clos dans un intérieur bourgeois.
La musique commence avant même le début du spectacle, par des cloches que l’on entend dans le théâtre.
Acte I : À l’issue d’une représentation de Lucia di Lammermoor, un groupe de bourgeois sont invités à dîner chez Edmundo et Lucia Nobile, un marquis et son épouse. Avant que les invités n’arrivent, les domestiques quittent la maison.
Parmi les invités figurent Leticia, la cantatrice, Silvia, une duchesse veuve, Francisco, son frère, Blanca, une pianiste, et Alberto, son mari et chef d’orchestre. Beatriz et Eduardo son fiancé, un explorateur, un colonel et un docteur et le senor Russell.
Edmundo lève son verre à la cantatrice, mais Silvia et Francisco se moquent de la « fiancée vierge de Lammermoor ». Tout ce petit monde plaisante et s’amuse. Blanca se met au piano, Leonora flirte avec le docteur qui confie à un des hôtes que Leonora n’a plus que quelques heures à vivre. Quand Blanca a fini de jouer du piano, on demande à Silvia de chanter quelque chose.
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La soirée se termine et quelques invités s’apprêtent à partir. Lucia retrouve son amant, le colonel. Bizarrement, malgré l’heure tardive, personne ne part. Edmundo offre un couchage à ceux qui veulent rester. Eduardo et Beatriz s’apprêtent à passer leur première nuit ensemble.
Acte II : Le lendemain matin, tout le monde se réveille. Silvia raconte un cauchemar qu’elle a fait. Le docteur se rend compte qu’un des invités est à l’agonie. Julio, le maître d’hôtel (le seul domestique à être resté) à qui on demande de servir le petit-déjeuner annonce que les fournisseurs ne sont pas passés. Lucia veut conduire les femmes dans sa chambre pour une petite toilette matinale, mais elles ne parviennent pas à franchir le seuil de la pièce. Bianca s’inquiète pour ses enfants, mais n’arrive pas pour autant à partir.
Julio arrive avec du café, mais Francisco se plaint : il n’y a pas de cuillère à café, seulement des cuillères à thé, et comment pourrait-il touiller son café avec une cuillère à thé ? Julio, qui voudrait retourner à l’office, n’arrive pas lui non plus à franchir le seuil du salon.
Cliquez sur Francisco
Blanca se met au piano et commence une chanson étrange et envoûtante.
Cliquez sur un air étrange et envoûtant
Le soir, Russell est tombé dans le coma, et le docteur n’a pas de médicament pour le soigner. Les invités commencent à avoir peur : il n’y a plus rien à boire et l’extérieur semble les avoir oubliés. Soudain, Russel sort de son coma, soulagé de n’avoir pas été victime d’une « extermination ».
Beatriz ne veut pas mourir au milieu des autres, elle préférerait le faire seule avec son fiancé. Russell meurt pendant la nuit. Le docteur et le colonel cherchent à dissimuler le cadavre pendant qu’Eduardo et Beatriz les observent.
Cliquez sur Blanca, Silvia et Leticia
Acte III : À l’extérieur, une foule se presse devant la maison, surveillée par la police? Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent entrer.
Lucia et Blanca creusent des trous dans le salon pour puiser de l’eau dans les tuyaux de la maison. Les invités se bousculent sans ménagement pour boire. Les relations entre les protagonistes se tendent et Raul accuse Francisco d’avoir une relation incestueuse avec sa sœur.
On commence à s’en prendre à Nobile, disant que tout ce qui se passe est de sa faute. Après tout, n’est-ce pas lui qui a eu l’idée de les inviter chez lui ?
Cliquez sur Lucia et le colonel
Leonora qui souffre de violentes douleurs demande au docteur de l’aider. Dans sa fièvre, elle est prise d’hallucinations et voit une main géante qui cherche à l’étrangler.
Le chef d’orchestre harcèle Leticia, mais détourne les soupçons sur le colonel.
Soudain, Yoli, le fils de Silvia, apparaît avec son précepteur, le père Sanson, et les domestiques disparus.
Edmundo essaye de faire griller de la viande dans son salon. Leonora cherche à accomplir un rituel avec Blanca et Letitia, mais celui-ci échoue. Leonora déclare qu’il faut du sang innocent. On découvre les cadavres d’Eduardo et de Beatriz.
Silvia croit bercer son garçon pour l’endormir et lui chante une berceuse étrange.
Cliquez sur Silvia
Petit à petit, l’idée d’un sacrifice humain se répand dans l’assemblée. Edmundo, l’hôte, est désigné comme coupable. Le docteur cherche à les faire changer d’avis, mais Edmundo se dit prêt pour le sacrifice.
Soudain, Leticia a une intuition, elle s’aperçoit que chacun se retrouve exactement à la place qu’il occupait au début. Elle demande à la pianiste de rejouer, à la chanteuse de rechanter. Quand celle-ci s’exécute, la situation redevient normale et les convives peuvent enfin se diriger vers le seuil du salon, au son d’un requiem. Mais parviendront-ils à sortir ?
(Source principale : la production de l’opéra de Paris de 2024, et le programme associé.)
Jeanne Thieffry naît le 7 janvier 1886 à Lille. Issue d’une famille modeste, elle manifeste son intérêt pour la musique dès l’âge de 7 ans.
Elle assure sa formation musicale au Conservatoire de Lille : prix de solfège à 11 ans, prix de piano à 15 ans, prix d’harmonie à 18 ans ! Sa première composition, un Andante pour quatuor et piano, date de 1899.
En 1904, Jeanne épouse un peintre, Salomon Clément Robert. Celui-ci se suicide et Jeanne Thieffry se retrouve veuve à 20 ans.
Brillante pianiste, elle se produit à Lille et à Paris, où elle devient l’élève d’Alfred Cortot.
En 1910-1911, elle suit des cours de contrepoint et de fugue à la Scola Cantorum de Vincent d’Indy à Paris, auprès d’Auguste Serieyx.
À la fin de la Première Guerre, Cortot lui propose d’enseigner le piano à l’École normale de musique de Paris qu’il venait de fonder. Elle a ainsi l’occasion de rédiger les Cours d’interprétation d’Alfred Cortot, une synthèse de 15 ans de travail auprès du maître. Ce livre sera salué par de nombreux pianistes, comme le prouve cette lettre de Wladimir Jankelevitch à Jeanne Thieffry. Il sera traduit en anglais, en espagnol et en italien.
Outre ses œuvres pour piano comme Flandre ou un Choral qu’elle dédie à Cortot, Jeanne Thieffry met en musique les poètes qu’elle apprécie, Verlaine, Gautier ou Klingsor ou son compatriote Albert Samain.
En 1923, lors du concert d’ouverture du nouvel opéra de Lille, elle joue Cloches et Carillons, extrait de son œuvre maîtresse Flandre, dédicacée au roi des Belges.
Jeanne doit quitter Paris pour s’occuper à Lille de sa mère malade. Ceci la coupera petit à petit du milieu parisien de la musique.
Parallèlement à son travail de pédagogue, Jeanne anime pendant 30 ans sur Radio Lille l’émission l’Art du piano.
Outre son activité de musicienne, Jeanne Thieffry était également poétesse et peintre.
Ses talents pour la peinture font que ses amis la poussent à quitter la musique pour se consacrer au dessin et à la peinture.
Ses poésies étaient publiées régulièrement dans la Revue septentrionale, le bulletin des Rosati du nord de la France. Jeanne Thieffry obtient la récompense suprême avec la rose d’or des Rosati, en 1946 pour son poème Le Beffroi.
Médaille d’or des Rosati (1946) conservée à la bibliothèque municipale de Lille.
La fin de la vie de Jeanne Thieffry est triste. Oubliée de tous, elle survit grâce aux Petits frères des pauvres et Jeanne Thieffry meurt à Lille le 25 décembre 1970, à l’âge de 84 ans. Sur son acte de décès figure la mention « sans profession » !
(Sources principales : l’exposition de la bibliothèque municipale de Lille, visible jusqu’au 30 mars 2024, et le catalogue de ses œuvres, disponible sur le site internet de cette bibliothèque.)
Et si vous voulez d’autres articles consacrés aux compositrices, cliquez ICI.
Après Colloque sentimental, de Paul Verlaine, voici un autre poème traité à la sauce Oulipo : La halte des heures, d’un autre Paul, Eluard. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)
Immenses mots dits doucement
Grand soleil les volets fermés
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Un grand navire au fil de l’eau
Ses voiles partageant le vent
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Bouche bien faite pour cacher
Une autre bouche et le serment
De ne rien dire qu’à deux voix
Du secret qui raye la nuit
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Le seul rêve des innocents
Un seul murmure un seul matin
Et les saisons à l’unisson
Colorant de neige et de feu
Cliquez sur la blanche neige
Une foule enfin réunie.
Citations musicales :
Grand soleil les volets fermés : PoulencSept chansons « belle et ressemblante ».
Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de mars 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 28 mars, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants.
Allez, je vous laisse avec un petit dragon signé Richard Wagner, et j’attends vos participations.
Eh oui, on est le 29 février, puisque 2024 est une année bissextile. Alors quels anniversaires peut-on fêter, en ce jour qui ne revient qu’une fois tous les quatre ans, et encore ?
Pour commencer, on peut fêter un joyeux anniversaire à Gioacchino Rossini, naît le 29 février 1792, il y a tout juste 55 ans (rappel, les années se terminant par 00 ne sont pas bissextiles.) Est-ce pour celà que Rossini a su donner un caractère si pétillant à sa musique ?
Je vous propose ainsi d’écouter le duo des chats, dont les paroles sont dues aux célèbres duettistes Havre et Caumartin. Il est d’ailleurs piquant de remarquer que Ludovic Caumartin est lui-même né le 29 février 1833.
Cliquez sur le duo des chats
Sinon, on peut noter qu’en 1828, on a créé la Muette de Portici de D.-F.-E Auber, œuvre qui a donné deux ans plus tard à Bruxelles le signal de la révolution belge, devant aboutir à la création de ce pays.
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En 1836, c’est un 29 février qu’a été créé les Huguenots, de Meyerbeer, opéra qui a lancé les bases du Gof (Grand opéra à la française.)
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Enfin, last but not Liszt, comme disent les musiciens, c’est le 29 février que le dessinateur Christophe a choisi comme date de naissance pour son héros le Sapeur Camember, un ancêtre de la bande dessinée. C’est en l’honneur de ce héros que la seule revue paraissant tous les 29 février porte le titre la Bougie du sapeur.
Vu récemment à l’opéra de Paris qui a exhumé cette partition non jouée depuis près de 190 ans, Beatrice di Tenda (Béatrice de Tende) est le dernier opéra écrit par Bellini pour l’Italie. La faiblesse de son livret (son librettiste, Romani, était trop occupé pour soigner son travail), peut expliquer son échec à Venise où il ne connaîtra que trois représentations. Fatigué par la censure que l’occupant autrichien faisait régner en Italie et blessé par cet échec, Bellini décidera de quitter son pays pour tenter sa chance en France.
Le pitch : À Milan où règne un tyran, Filippo (baryton), la femme de celui-ci, Béatrice (soprano) est aimée d’un révolutionnaire, Orombello (ténor). Filippo n’aime plus Beatrice et lui préfère Agnese (mezzo). Agnese aime Orombello. Se rendant compte que lui ne l’aime pas, elle va par jalousie trahir Orombello et Beatrice pour se rapprocher de Filippo.
On est donc en plein dans le schéma (S+T/B+M) de l’opéra vu par G.-B. Shaw où une soprano et un ténor s’aiment, mais leur amour est contrarié par un baryton et une mezzo.
Acte I : Filippo quitte une fête qu’il donne dans son palais. Il n’aime plus sa femme Beatrice, qui lui a pourtant apporté sa richesse en dot, quand il était encore idéaliste. Il lui reproche de s’intéresser aux beaux jeunes hommes qui constituent les forces vives de son duché. Filippo aime à présent Agnese, une jeune progressiste qu’il entend chanter dans le lointain, accompagnée par Orombello.
Agnese attend près du palais quand arrive Orombello qui cherche Beatrice pour traiter d’affaires. Agnese, qui aime Orombello, fait parler le jeune homme qui finit par lui avouer qu’il aime Béatrice. Jalouse, furieuse, Agnese va se venger.
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Dans ses jardins, Beatrice sait que Filippo va la faire arrêter pour se débarrasser d’elle. Ses femmes de compagnie essaient de lui remonter le moral. Beatrice s’excuse d’être la cause de leurs souffrances et de celles du peuple, victimes de la tyrannie de Filippo qui a oublié les idéaux de sa jeunesse. Elle chante un chant de résistance et de solidarité.
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Quand Filippo entre, Beatrice se retire. Rizzardo, le frère d’Agnese souligne son manque de respect. Agnese apporte à Filippo ce qu’elle présente comme des preuves de la trahison de Beatrice. Filippo ordonne à ses gardes de lui amener sa femme. En larmes, celle-ci lui reproche les années de souffrance que lui a valu sa jalousie. Filippo veut traîner sa femme devant le tribunal pour la faire condamner.
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Beatrice, seule dans le jardin, pense à son premier mari. Elle se sent si seule. Orombello arrive et lui dit que non, elle n’est pas seule. Un mouvement populaire se prépare contre le tyran, et il lui propose d’en prendre la tête. Il finit par avouer son amour à Beatrice qui, d’abord horrifiée, finit par s’avouer qu’elle aussi aime Orombello. Filippo, caché, a tout entendu et les fait arrêter.
Acte II : Alors que les hommes sortent d’une séance de torture d’Orombello, les femmes leur demandent ce qu’ils ont vu. Ils sont très gênés de dire qu’on lui a crevé les yeux et rompu les os. Sous la souffrance, Orombello a fini par avouer son adultère avec Beatrice.
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Filippo veut croire que ses actes sont faits au nom de la justice. Anichino, le frère d’Orombello l’avertit du soulèvement populaire qui s’annonce. Filippo ordonne qu’on ferme les issues du palais.
Le procès truqué de Béatrice commence. Agnese y assiste sans pouvoir se réjouir du tout qu’ont pris les choses. On fait venir Orombello qui, devant Beatrice, crie son innocence, que ses aveux lui ont été arrachés sous la torture. Beatrice lui chante une chanson tendre, le suppliant de ne pas mourir. Devant cette scène, Filippo commence à être pris de compassion, mais les jurés, qu’il a payés pour faire condamner sa femme, ne veulent pas céder, et ordonne que l’on torture Beatrice à son tour.
Agnese, honteuse, tente de fléchir Filippo mais celui-ci, qui ne pense qu’à elle, lui répond que la couronne de Beatrice lui appartiendra bientôt.
On entend dans les coulisses les cris de Beatrice, qui n’avouera rien. Quand on demande à Filippo de signer la condamnation à mort de sa femme, il ne peut pas. Mais la révolte qui couvait éclate. Filippo signe alors la condamnation de Beatrice.
On fait venir Beatrice brisée, mourante, mais qui se réjouit que des jours meilleurs vont bientôt arriver. Émue, Agnese se précipite et avoue son forfait et demande son pardon. Beatrice ne veut pas lui pardonner. On entend au loin la voix d’Orombello mourant, mais qui a encore la force de chanter la force du pardon. Beatrice pardonne à son tour à Agnese.
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Beatrice meurt.
(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2024 et le programme associé.)
La compositrice Sophie LACAZE naît le 9 septembre 1963 à Lourdes.
Dans une interview (cf. le lien en fin d’article), Sophie raconte qu’un matin, elle avait alors 14 ou 15 ans, elle s’est réveillée en sachant qu’elle deviendrait compositrice.
Elle suit des études scientifiques, obtient son diplôme d’ingénieur à Toulouse tout en étudiant la musique au CNR de cette même ville. Elle entre par la suite à l’École normale de Musique de Paris, d’où elle sort avec un diplôme de composition.
Sophie Lacaze travaille ensuite avec Antoine Tisné, Allain Gaussin et Philippe Manoury avant d’aller étudier à Sienne avec Franco Donatoni et Ennio Morricone. Elle a également suivi les cours de Pierre Boulez au Collège de France. Elle aborde aussi le théâtre musical auprès de Georges Aperghis.
En 1998, lors de son premier voyage en Australie, elle découvre la culture aborigène. En 2002, elle est invitée en résidence à l’Electronic Music Unit de l’Université d’Adélaïde.
Sophie Lacaze a su développer une esthétique musicale personnelle visant à retrouver la vocation première de la musique dans son aspect incantatoire, rythmique ou dansant, tout en portant une attention particulière aux timbres.
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Son œuvre est jouée dans le monde entier et comprend (aujourd’hui) une centaine de numéros d’opus, allant d’œuvres pour solistes ou pour orchestre à des œuvres avec voix ou accompagnées de danses, en passant par 3 opéras.
Sophie Lacaze occupe une place importante dans la défense de la musique contemporaine, créant par exemple le Printemps Musical d’Annecy, en grande partie dédié à la création musicale, festival qu’elle dirigera pendant 5 ans, comme aussi le Festival Turbulences Sonores de Montpellier ou le Festival Musiques Démesurées de Clermont-Ferrand.
Sophie Lacaze attache beaucoup d’importance à la transmission. Ainsi, plusieurs de ses œuvres ont été pensées pour les enfants. Elle a aussi enseigné la composition et l’histoire de la musique à l’Université Paul Valéry de Montpellier pendant une douzaine d’années.
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En 2009, Sophie Lacaze reçoit le grand prix lycéen Compositeurs, et en 2010 le prix Claude Arrieu de la Sacem pour l’ensemble de son œuvre. En 2023, elle fait partie des 100 lauréates de « Femmes de Culture ».
En 2013, elle crée l’association Plurielles 34, qu’elle présidera jusqu’en 2020. C’est Claire Renard qui lui succédera à la tête de cette association.
Sophie Lacaze travaille en collaboration avec des comédiens et des metteurs en scène, ainsi que des danseurs et des chorégraphes. Parmi eux, Alain carré lui a écrit les livrets de Marco Polo, du Petit Prince, ou de l’Étoffe inépuisable du rêve (création en 2024 au Printemps des Arts de Monte-Carlo).
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Pour vous permettre d’apprécier son œuvre, en voici donc quelques extraits.
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Ou encore l’Espace et la Flûte, sur des poèmes de Jean Tardieu illustrés par Picasso.
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Sophie Lacaze a aussi rendu hommage à Hildegarde von Bingen, comme dans la pièce O Sapientia.
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En 2024 a été créé À la surface de l’eau, sur des poèmes japonais.
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Interview intéressante où Sophie Lacaze s’exprime sur son métier de compositrice :
Si vous avez lu mon article Hergé et l’opéra, vous connaissez déjà la présence de la musique dans l’œuvre d’Hergé, mais aujourd’hui, je voudrais revenir sur l’album les Bijoux de la Castafiore, qui présente le plus de référence à la musique dite classique.
Alors qu’au fil des aventures, le jeune reporter s’est déplacé partout sur Terre, du pays des soviets à l’Amérique, de l’Égypte au Pays de l’Or noir, en passant par l’Amérique du Sud, ou des pays d’un Balkan imaginaire. Il est même allé sur la Lune dans On a marché sur la lune.
Les Bijoux de la Castafiore, une de ses dernières aventures, se passe sans aucun voyage, dans le château de Moulinsart, propriété du capitaine Haddock. Et même pour Haddock, il passe une bonne partie de l’album cloué dans un fauteuil victime d’une entorse qui l’empêche de marcher.
Au début de cette aventure « immobile », Tintin et Haddock se promènent dans les bois quand ils voient un camp de romanichels. Tintin les invite à s’installer dans le parc du château, où ils seront mieux.
Mais une nouvelle tombe, sous la forme d’un télégramme. C’est la Castafiore qui s’invite, avec Igor Wagner, son pianiste, et sa camériste. Le nom d’Igor Wagner ne doit rien au hasard. Il est formé du prénom d’Igor Stravinky et du nom de Richard Wagner.
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La Castafiore, qui n’arrive pas à prononcer correctement le nom Haddock l’affuble d’à peu près plus ou moins ressemblants, dont un très musical Bartok ! Bien entendu, Bianca Castafiore, le rossignol milanais, ne manque pas de chanter le fameux « air des bijoux », extrait du Faust de Gounod.
Cliquez sur le rossignol milanais
La presse locale se fait l’écho de la présence de la cantatrice mondialement connue par ses rôles de Verdi, Rossini, Puccini, Gounid, euh, non Gounod ! Malheureusement, très vite des objets commencent à disparaître, ce qui nous vaut le récurrent « Ciel, mes bijoux » de la Castafiore, chaque fois qu’elle croit les avoir perdus. La police arrive, en la personne des Dupont Dupond. Et comme ils arrivent toujours trop tard, Haddock leur demande s’ils ont fait leur service chez les carabiniers d’Offenbach. Ceci est une allusion à l’opérette les Brigands, d’Offenbach, où les brigadiers chantent « Nous sommes, les carabiniers, la sécurité des foyers, mais par un malheureux hasard, nous arrivons toujours en retard ».
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Une bonne partie de l’album est rythmé par les gammes du pianiste. Parmi les individus qui rôdent autour du château figurent des paparazzis, toujours à la recherche d’un scoop. Et c’est en lisant un journal relatant un concert à Milan où la Castafiore interprétait l’opéra de Rossini la Gazza ladra (la Pie voleuse), que Tintin trouve le fin mot de l’histoire.
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Attention spoiler, si vous ne voulez pas connaître le fin mot de l’histoire, arrêtez votre lecture ici ! Le voleur ne se trouve pas chez les romanichels, ce n’est pas non plus Igor Wagner malgré son comportement louche, c’est tout simplement une pie attirée par tout ce qui brille.