Contes et légendes, Mythologie

DRACULA, ET AUTRES VAMPIRES

Dracula, de Bram Stoker, est sans doute le plus connu des romans de vampires. Pourtant, publié en 1897, ce roman n’est que l’aboutissement d’un long processus s’étant opéré au XIXe siècle, et issu du roman gothique anglais.

L’un des premiers romans « vampirique » est le Vampire (1819) de Polidori. Polidori était un jeune médecin attaché au service de Lord Byron, et il était avec celui-ci et Mary Shelley en Italie lors du fameux « concours » d’histoires macabres. La participation de Mary Shelley à ce concours a été son roman Frankenstein (1818).

En tant que texte fondateur de la littérature vampirique, le Vampire n’a pas tardé à être adapté à l’opéra par Marschner, avec Der Vampyr (1829). Cette même année, une autre adaptation a été faite par Von Lindpaintner.

Marschner der Vampyr ouvertureCliquez sur l’image

Dès 1820, Charles Nodier adapte ce roman pour en faire un mélodrame en français sur une musique de Piccini.

En 1854, c’est un autre texte fondateur du roman gothique, le Moine de Lewis, que Scribe adapte pour Gounod avec sa Nonne sanglante. Le caractère vampirique de cette nonne est clairement indiqué avec « Cette religieuse fantomatique aux vêtements tachés de sang qui inflige au héros des baisers vampiriques ».

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la Nonne sanglante aux baisers vampiriques

Après la parution du Dracula de Stoker, la carrière des vampires est entrée durablement dans notre culture, et on ne compte pas le nombre d’adaptations, au cinéma notamment, de ce mythe.

En 2002 Pierre Henry, l’inventeur de la musique électroacoustique revisite certains thèmes wagnériens avec Dracula, ou la lumière troue le ciel.

Henry Dracula épisode 1Cliquez sur l’image

Cette pièce a elle-même été revisitée par le jeune et brillant Othman Louati et Augustin Muller en 2017, qui ont orchestré certains des passages enregistrés sur bande magnétique par Henry.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

(Source principale : la remarquable introduction d’Alain Morvan au volume Dracula, et autres écrits vampiriques de la bibliothèque de la Pléiade, 2019.)

Mes opéras préférés, Mythologie

HERCULES, de HAENDEL (1744)

Hercules a été écrit par Haendel en 1744, et créé sans succès à Londres début 1745.

Techniquement parlant, Hercules de Haendel est, comme l’était Semele, un oratorio, et pas un opéra. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire une présence du chœur renforcée, avec un effectif plus conséquent, se rapprochant, par exemple, de cet autre chef-d’œuvre qu’est le Messie (Messiah).

On a heureusement pris l’habitude au XXxe siècle de donner Hercules en représentation à l’opéra. Le scénario est inspiré des Trachiniennes, de Sophocle, et raconte comment Déjanire, la femme d’Hercule jalouse de la princesse Iole, va faire mourir son mari.

L’histoire commence alors qu’Hercule est parti au combat, pour se venger d’Eurytos, roi d’Oechalie, qui lui avait promis sa fille Iole comme prix d’un concours et n’avait pas tenu sa promesse. Hercule a ravagé le royaume d’Oechalie et a fait prisonnière Iole. Pendant ce temps en Thrace, son peuple et sa femme Déjanire sont sans nouvelle du héros.

Acte I : Une conseillère de Déjanire déplore l’inconsolable chagrin de celle-ci, persuadée que son mari Hercule est mort au combat. Les oracles consultés confirment cette mort, mais Hyllus, leur fils, ne veut pas les croire. Il veut partir à sa recherche, encouragé par le peuple quand Lichas annonce le retour d’Hercule. Celui-ci arrive avec des captifs, dont Iole, la fille d’Eutyros qu’Hercule était parti combattre. Sa grande beauté ne manque pas d’intéresser Hyllus ! Se trouvant face à Hercule, Iole revoit et revit la mort de son père.

Haendel Hercules My father Ah methinks I seeCliquez sur Iole

Hercule annonce que le temps des combats est fini, laissant la place au temps de ses amours avec Déjanire

Acte II : Iole chante sa nostalgie d’un bonheur simple, tandis que Déjanire est persuadée qu’Hercule la trompe avec la trop belle jeune fille.

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wearsCliquez sur l’image

Lichas observe la montée de la jalousie chez Déjanire, alors qu’Hyllus se désespère face à l’indifférence d’Iole, qui n’éprouve aucune sympathie pour le fils de celui qui a tué son père. Hyulle se défend en rappelant le pouvoir universel de l’amour.

Haendel Hercules Jealousy Infernal PestCliquez sur l’image

Pendant qu’Hercule doit faire respecter les rites liés à sa victoire, Déjanire confie à Lichas une tunique destinée à son mari. C’est la tunique de Nessus, une des victimes d’Hercule, tunique qui imbibée de son sang est censée ramener la fidélité dans le cœur de son mari.

Acte III : Lychas raconte qu’Hercule, ayant revétu la tunique offerte par sa femme, a été empoisonné par ce vêtement.

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chiefCliquez sur l’image

Il est mort dans d’atroce souffrances, en maudissant Déjanire et sa vengeance. Il demande à son fils de mourir sur un bûcher au sommet du mont Oeta.

Quand on informe Déjanire de l’arrivée d’Hercule à l’Olympe, elle se rend compte qu’elle est responsable de la mort de son mari et sombre dans la folie.

Haendel Hercules Where shall I flyCliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Tant de malheur suscite la pitié de Iole.

haendel Hercules My breast with tender pity swellsCliquez sur Iole prise de pitié pour Déjanire

Jupiter décrète alors l’union d’Iole et d’Hyllus ! Le peuple se réjouit de cette fin heureuse.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur le peuple se réjouissant de cette fin heureuse

(Source principale : le DVD/Blue Ray du spectacle de l’Opéra de Paris en 2004).

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Divers, Mythologie

AUBES ET AURORES (AU PETIT MATIN…)

« – Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
– Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

Giraudoux : Électre

Après le billet consacré au crépuscule du soir, en voici un consacré au crépuscule du matin, encore appelé aube ou aurore.

Éos, déesse grecque de l’aurore était sœur d’Hélios (le soleil) et de Séléné (la lune). On la trouve dans un mythe souvent mis en musique, celui de Céphale et Procris, et ce dès 1694 avec la tragédie lyrique d’Élisabeth Jacquet de la Guerre, puis dans le premier opéra écrit en russe par l’Italien Araja en 1755, et en 1773 dans l’opéra de Grétry et encore en 1934 dans l’opéra de Krenek.

céphale et procris jacquet de la guerre

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céphale et procris araja

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La Khovantchina de Moussorgski commence à l’aube quand une patrouille de soldats se rémémore avec joie les massacres qu’ils ont fait la veille.

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

Dans Tosca (1899) de Puccini, au début du 3e acte, on entend un extraordinaire concert des cloches de Rome qui sonnent pour saluer le lever du jour. Juste après, Cavaradossi, le héros condamné à mort, chante l’air  » E lucevan le stelle  » (un des grands airs du répertoire), dans lequel il se souvient des bons moments passés sous les étoiles auprès de son amante Flora Tosca.

tosca acte 3

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Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (2e série)

Après une première série d’étoiles brillant à l’opéra il y a un an, je vous en propose une seconde série.

Dans Orlando Furioso (1727) de VIVALDI, Angelica répond à Médor son bonheur d’être avec lui (Air : Andromède , fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée.Chiara al pari di lucida stella.)

Andromède était la fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée. CORNEILLE écrira en 1750 une tragédie qui sera mise en musique par DASSOUCY. Cette musique aujourd’hui perdue avait été précédée par l’Andromeda liberata de MANELLI, dès 1637.

Manelli Andromeda liberataCliquez sur l’image

À la fin de Castor et Pollux de RAMEAU (1754), Jupiter ému par le comportement des jumeaux leur assure l’éternité en leur réservant une place dans le ciel.

Propulsons-nous d’un siècle dans le temps et retrouvons GOUNOD et son Roméo et Juliette (1869) avec le fameux air de Roméo « Ah, lève-toi, soleil ! ».

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleil

En 1877, CHABRIER écrit l’opéra-bouffe l’Étoile.

Chabrier l'Étoile Couplets du palCliquez sur l’image

En 1880, le tout jeune DEBUSSY écrit sa mélodie Nuits d’étoiles

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image

Passons à présent au XXe siècle, avec Peter Grimes de BRITTEN.

Britten Peter Grimes Now the great bearCliquez sur Peter Grimes

De 1971 à 1974, MESSIAEN écrit son œuvre des Canyons aux Étoiles, inspirée par un voyage en Utah.

Messiaen des Canyons aux étoiles les Ressuscités et le chant de l'étoile d'AldébaranCliquez sur l’image

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

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Mes opéras préférés, Mythologie

CASTOR ET POLLUX, de RAMEAU (1737 puis 1754)

Troisième opéra de Jean-Philippe RAMEAU, Castor et Pollux est une tragédie lyrique écrite en 1737, sur un livret de Pierre-Joseph BERNARD. Cette œuvre a connu un grand succès. Rameau l’a révisé en 1754, à la fin de la querelle des bouffons.

Le pitch : Nous sommes à Sparte, en présence de deux frères, les jumeaux Castor et Pollux, fils de Jupiter et de deux sœurs, Télaïre et Phébé, filles du soleil. Pollux et Télaïre doivent se marier, mais Télaïre aime secrètement Castor, qu’aime également Phébé. Phébé craint que sa sœur ne renonce à son mariage avec Pollux au profit de Castor, et c’est ce qui arrive grâce à Pollux, dont l’amour filial l’emporte sur son amour de Thélaïre. Phébé se sert de Lyncée, un ennemi de Sparte, pour tuer Castor. Phébé propose à Télaïre de se servir du pouvoir qu’elle a sur les enfers pour aller y chercher Castor, à condition que Télaïre renonce à Castor. Pollux déclare que c’est à lui de persuader son père de faire revenir Castor à la vie. Jupiter finit par accepter à la condition que Pollux prenne sa place chez les morts. Quand Castor apprend le sacrifice de son frère, il refuse, mais Pollux lui annonçant que Télaïre refuse de vivre sans lui, il finit par accepter.

Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur accorde à tous deux l’immortalité, et une place dans le ciel.

Acte I : Pollux est sur le point de se marier avec Télaïre. Phébé, sœur et rivale de Télaïre auprès de Castor, en veut à celui-ci de lui préférer Thélaïre. Elle craint que Pollux ne renonce à son mariage avec Thélaïre au profit de Castor.

Télaïre entre, exprimant ses regrets (Air : « Éclatez, mes justes regrets »). Par son mariage avec Pollux, elle va perdre Castor. Celui-ci vient lui faire ses adieux. Amoureux de Télaïre, il s’efface devant son frère Pollux. Pollux, ému par leurs tendres aveux, demande à Castor de rester. Il lui cède et Télaïre, et sa couronne.

Rameau Castor et Pollux Non, demeure, CastorCliquez sur l’image

Castor chante son bonheur (air : « Quel bonheur règne dans mon âme »). Mais Lyncée, guidé par Phébé, attaque le palais pour enlever Télaïre. Castor tombe sous les coups des assaillants. La foule demande à Pollux de le venger. Pollux revient avec son armée, libère Télaïre et frappe Lincée.

Acte II : Le peuple pleure la mort de Castor (Chœur : « Que tout gémisse »).

Rameau Castor et Pollux Que tout gémisseCliquez sur l’image

De chagrin, Télaïre, fille du soleil, renonce à la lumière de son père. (Air : « Tristes apprêts, pâles flambeaux »).

Rameau Castor et Pollux Tristes apprêts, pâles flambeauxCliquez sur Télaïre

Phébé paraît. Grâce au pouvoir qu’elle a sur les enfers, elle peut ramener Castor au monde des vivants, à condition que Télaïre renonce à son amour. Télaïre accepte. À ce moment paraît Pollux, avec la dépouille mortelle de Lyncée. Il demande à Télaïre si elle se sent vengée. Elle lui répond que la vengeance ne console pas son amour perdu, et que Phébé va aller chercher Castor aux Enfers. Pollux refuse. C’est à lui de plaider auprès de son père Jupiter le retour de son frère. Après une danse, un héraut chante la gloire des héros (air : « Éclatez, fières trompettes »).

Rameau Castor et Pollux Éclatez fières trompettesCliquez sur le héraut

Acte III : Pollux se rend au temple de Jupiter pour y porter son offrande (Air : Présent des dieux).

Rameau Castor et Pollux Présent des dieuxCliquez sur l’image

Le grand-prêtre fait sortir la foule, car Jupiter va paraître. Jupiter et Pollux restent seuls. Pollux le supplie de faire revenir Castor, mais Jupiter refuse d’enfreindre les lois de l’enfer. Pollux insiste, Jupiter lui dit que pour faire revenir Castor, Pollux doit prendre sa place en enfer, et perdre ainsi son immortalité. Pollux est prêt à se sacrifier pour le bonheur de Castor et Télaïre, mais Jupiter pour le mettre à l’épreuve veut lui montrer ce qu’il perd. Hébé, déesse de la jeunesse entre, accompagnée des « plaisirs célestes ». Hébé veut enchaîner Pollux avec ses plaisirs, mais Pollux résiste et part.

Acte IV : Phébé est à l’entrée des enfers. Elle invoque les esprits magiques, pour combattre les monstres qui en défendent l’entrée. Mercure arrive, accompagné de Pollux. Ils s’unissent pour combattre démons et furies (Chœur : « Brisons tous nos fers »), et Mercure et Pollux entrent, alors que Phébé reste à l’entrée.

Rameau Castor et Pollux Brisons tous nos fersCliquez sur le chœur des enfers

Aux Champs Élysées, Castor est accompagné des ombres heureuses, qui charment son séjour (Air : « Séjour de l’éternelle paix »).

Rameau Castor et Pollux Séjour de l'éternelle paixCliquez sur Castor

Pollux paraît, les faisant fuir, effrayées. Pollux déclare qu’il vient prendre la place de Castor. Castor commence par refuser le sacrifice de son frère, mais celui-ci lui dit que Télaïre l’attend, et qu’elle mourra s’il ne revient pas. Castor accepte de quitter l’enfer, mais pour un jour seulement, et jure qu’aucune aurore ne le verra au séjour des mortels.

Acte V : Castor est auprès de Télaïre. Il veut redescendre aux enfers et lui fait ses adieux. Télaïre ne comprend pas pourquoi il la quitte. Jupiter fait entendre son tonnerre. Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur réserve une place au ciel : la constellation des Gémeaux.

(Source principale : l’enregistrement fait à Amsterdam en 2008, sous la direction de Raphaël PICHON, paru en DVD chez Opus Arte.)

P.S. et si vous demandez ce que devient Phébé, eh bien elle n’a que le sort qu’elle mérite, elle meurt !

P.P.S. Si vous vous demandez pourquoi, parmi les jumeaux Castor et Pollux, l’un était immortel et pas l’autre, c’est qu’ils étaient les fils issus de l’union de Leda, la femme du roi de Sparte, et de Jupiter, métamorphosé en cygne pour séduire celle-ci. Léda a eu deux œufs de cette union, de l’un sont sortis Castor et Clytemnestre, les enfants mortels et de l’autre Pollux et Hélène, les enfants immortels ! Sacré Jupiter, va !

Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

Et si vous voulez relire les aventures de Lucky Luke en musique, c’est ici.

Mes opéras préférés, Mythologie

SÉMÉLÉ, de HAENDEL (1743-1744)

Sémélé de HAENDEL est un objet hybride, un opéra déguisé en oratorio, datant de 1743. En 1743, Haendel avait arrêté d’écrire des opéras pour se tourner vers l’oratorio, qui traite de sujets plus religieux, ne pouvant être montrés au théâtre. Dès 1741, il avait écrit son fameux Messie (Messiah). Pourtant, en 1743, quand on lui propose le sujet de Sémélé, tiré des Métamorphoses d’OVIDE, il en tire un opéra qui, joué pendant le carême de 1744, c’est-à-dire à une époque de l’année où les théâtres étaient fermés aux œuvres profanes, sera présenté comme un oratorio.

Le texte de Sémélé est écrit en anglais, et non en italien comme pour la plupart des livrets de Haendel. Et surtout, nous disposons d’un véritable chœur d’oratorio, plus fourni que les chœurs classiques d’opéra, chœurs qui étaient souvent chantés en coulisse par les artistes qui n’étaient pas sur scène à ce moment-là.

Le pitch : Sémélé, fille de Cadmus et sœur d’Ino, aime Jupiter. Cadmus veut la marier à Athamas, qu’aime Ino. Junon jalouse se débarrasse de Sémélé avec l’aide de Somnus. Ino peut alors se marier avec Athamas tandis que Jupiter extrait du corps calciné de Sémélé le fruit de leur amour : Bacchus.

Acte I : Sémélé, sur ordre de son père, doit se préparer à son mariage avec le prince Athamas. Elle cache difficilement son désespoir, car elle aime secrètement Jupiter, le roi des dieux. Elle implore Jupiter de lui donner un signe pour savoir quelle conduite tenir. (Air : « O Jove, in pity teach me which to choose ».)

Haendel Sémélé O jove I, pity teach me which to chooseCliquez sur l’image

Athanas la trouvant seule espère que c’est son amour pour lui qui la met dans cet état. Il demande à Hymen de favoriser leur union. (Air : « Hymen, haste, thy torch prepare ».)

Haendel Sémélé Hymen, haste, thy torch prepareCliquez sur l’image

Ino, la sœur de Sémélé est elle aussi désespérée, car elle aime secrètement Athamas.

Cadmos vient annoncer que Jupiter a enlevé Sémélé et l’a emportée dans les cieux. Sémélé est au pinacle du bonheur.

Haendel Sémélé Endless pleasure, endless loveCliquez sur Sémélé

Junon, la femme de Jupiter est jalouse de la nouvelle incartade de son mari. Sémélé aime Jupiter, mais elle souffre de la barrière qu’il y a entre son dieu de mari et elle, simple mortelle.

Haendel Sémélé Where'er you walkCliquez sur Jupiter et Sémélé

Acte II : Junon demande à Iris, sa messagère, où se trouve Sémélé. Iris lui répond qu’elle est dans un palais que Jupiter a fait construire pour elle, palais gardé par deux féroces dragons. Junon invoque Somnus, le dieu du sommeil, pour qu’il l’aide à endormir les dragons et à tromper Sémélé. Somnus commence par refuser, préférant le repos à l’action.

haendel Sémélé Duo Junon SomnusCliquez sur Junon et Somnus

Sémélé s’ennuie pendant les absences du Jupiter et elle prie le sommeil de revenir et lui faire voir en rêve son amant.

Haendel Sémélé O sleep, why dost thou leave meCliquez sur Sémélé

Jupiter revient, et promet à Sémélé un heureux séjour (Air : Where’er you walk).

Haendel Sémélé where'er you walk, cool gales shall fan the gladeCliquez sur Sémélé et Jupiter

Acte III : Junon et Iris essaient de réveiller Somnus qui préfère dormir, mais Junon lui fait miroiter que s’il l’aide, elle obtiendra pour lui l’amour de Pasithéa, son aimée. (Duo Somnus Junon.)

Haendel Sémélé More sweet is that nameCliquez sur l’image

Junon prend l’apparence d’Ino et lui indique que si elle réussit à voir Jupiter sous son apparence divine, elle accédera elle aussi à l’immortalité. Quand Sémélé retrouve Jupiter, elle lui fait promettre sur le Styx, le plus puissant serment qu’un dieu puisse prononcer, qu’elle lui accordera ses faveurs. Fou d’amour, Jupiter promet, et Sémélé lui demande alors de le voir sous son apparence divine. Jupiter la met en garde, mais Sémélé insiste (Air : No, no, I’ll take no less »).

Haendel Sémélé No, no I'll take no less (Battle)Cliquez sur Sémélé qui veut tout faire dans l’excès

Bien entendu, c’est plus que ce qu’une humaine peut supporter, et Sémélé se trouve brûlée par la vision du dieu.

Jupiter se saisit du fruit de leurs amours, et le garde bien au chaud dans sa cuisse jusqu’à la naissance. Cet enfant, c’est Bacchus, le dieu du vin dont le pouvoir est plus grand que celui de l’amour (sic !) Pendant ce temps sur Terre, on célèbre les noces d’Athamas et d’Ino.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Lille en octobre 2022.)

Mythologie

ILS (ELLES) SE SONT BRÛLÉ LES AILES

J’ai eu le bonheur d’assister il n’y a guère aux représentations de Sémélé de HAENDEL à l’opéra de Lille, opéra dans lequel l’héroïne, la mortelle Sémélé, qui aime Jupiter et est aimée par lui, veut voir son amant sous sa forme de dieu. Elle se trouve alors brûlée à la vue du porteur de la foudre divine. La morale de l’histoire, qui est relatée par OVIDE dans le troisième livre de ses Métamorphoses, semble être qu’à vouloir s’élever au-dessus de sa condition, on se brûle les ailes.

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Avant Haendel, le mythe de Sémélé avait déjà fait l’objet d’un opéra de Marin MARAIS en 1709.

Marais SéméléCliquez sur l’image

Dès lors, me suis-je donc demandé, y a-t-il d’autres héros qui se sont brûlé les ailes en essayant d’approcher de trop près un monde qui n’est pas le leur ?

Avec de tels prolégomènes, on pense immédiatement au mythe d’Icare. Icare était le fils de l’architecte Dédale, et ensemble ils avaient construit le labyrinthe où était enfermé le Minotaure, une chimère mi-homme mi-taureau. Pour délivrer Ariane livrée au Minotaure, Dédale avait donné à Thésée un fil lui permettant d’entrer dans le labyrinthe, de tuer le Minotaure, puis d’en ressortir en remontant le fil. Làs, Minos, le père d’Ariane, au lieu de les récompenser comme il se doit, les enferma dans le labyrinthe. Dédale eut alors l’idée de se fabriquer des ailes avec de la cire et des plumes. Père et fils purent alors quitter le labyrinthe, mais l’imprudent Icare, ivre de voler dans les cieux, voulut aller plus haut, toujours plus haut, jusqu’à se frotter au soleil qui fit fondre la cire qui tenait ses ailes, et Icare tomba dans la mer.

Ce mythe d’Icare a fait l’objet d’un ballet de la part du chef d’orchestre et compositeur Igor MARKEVITCH, l’Envol d’Icare (1933).

Markevitch L'envol d'Icare la mort d'IcareCliquez sur Igor

Il a également inspiré en 1935 le ballet Icare à SZYFAR et HONEGGER, créé pour Serge LIFAR. Lors de la reprise en 1962 à l’Opéra de Paris, Lifar fit appel à PICASSO pour les décors.

En 1969, c’est l’organiste Jean GUILLOU qui écrira « Icare » dans ses Visions cosmiques, improvisations pour orgue.

Guillou IcareCliquez sur l’image

Plus près de nous encore, en 2006, c’est Alfred SCHNITTKE qui a composé un ballet sur l’Envol d’Icare.

SCHNITTKE l'Envol d'IcareCliquez sur l’image

La troisième figure mythologique dont je vais vous parler est celle de Phaéton, le fils de Phœbus, le soleil. Phaéton ayant emprunté le char du Soleil s’élance dans les cieux, mais il ne réussit pas à en maîtriser les chevaux ailés fougueux et s’approche trop près du soleil, menaçant de faire brûler la Terre entière. Jupiter doit intervenir et frapper Phaéton de son foudre divin pour arrêter la course folle du char et faire que le monde retrouve son ordre. Ce mythe a inspiré LULLY en 1683 dans sa tragédie en musique du même nom.

Lully Phaéton Il me fuit, l'inconstant !Cliquez sur l’image

Il a également inspiré SAINT-SAËNS pour son poème symphonique Phaéton.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur l’image

Agenda Ironique, Mythologie

LE VOYAGE DE MARS

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par l’ornithorynque qui nous propose un voyage vers Mars (ou a Trip to Mars si on préfère).

« Trip to Mars », ou « Le voyage vers Mars » (comme vous préférerez !)

AI 08/2022

Voilà, le récit démarrera de cette photo, et plus exactement de cette baraque foraine … l’époque importe peu, mais deux éléments devront apparaître dans la narration : la baraque et le bonimenteur (homme ou femme) – la suite … est à votre sauce et selon votre ivresse de mots et de voyage.

Cette année, la fête foraine a planté ses chapiteaux sur le champ de Mars. Écoutez ce bonimenteur devant sa baraque faire la réclame pour ses attractions : « Oyez, oyez, bonnes gens, entrez et découvrez la véridique histoire de Mars, le dieu de la guerre et des combats ! Dans ce récit véridique, vous assisterez à des combats homériques, à la naissance de Rémus et Romulus qui fonderont la ville de Rome, et à bien d’autres choses plus surprenantes encore. »

Vénus, la déesse de l’amour et femme de Vulcain, sera amante de Mars, le dieu de la guerre, leur couple représentant symboliquement Éros et Thanatos.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur la bacchanale de Vénus

On associe à Mars la 4e planète de notre système solaire, qui a une couleur rouge, rouge comme le feu, rouge comme le sang. C’est pour cela que les Romains ont donné à cette planète le nom de Mars. Écoutons donc « Mars » extrait de la suite pour orchestre Les Planètes de Gustav HOLST.

Holst les Planètes MarsCliquez sur l’image

Mars aura pour descendance les jumeaux Rémus et Romulus, nés de ses amours avec la vestale Rhéa Silvia. Les vestales étaient de jeunes femmes chargées de garder le feu sacré dans les temples consacrés à la déesse Vesta.

Spontini la Vestale Feu créateur, âme du mondeCliquez sur l’image

Rémus et Romulus ont fondé la ville de Rome. Par une ironie de l’histoire, c’est le 15 des ides de Mars que Jules César, un des empereurs romains, mourra assassiné. Jules César en Égypte de HAENDEL est resté dans l’histoire de l’opéra. En 1788, l’Italien BIANCHI écrira un autre opéra, moins connu : la Morte di Cesare (la Mort de César).

Bianchi La morte di Cesare Sapro d'ogn'alma audaceCliquez sur l’image

Voilà, j’espère que mon petit voyage sur les traces de Mars vous a plu.

Agenda Ironique, Contes et légendes, Mythologie

LES FÉES SONT D’EXQUISES DANSEUSES

« Les fées sont d’exquises danseuses », tel est le thème proposé par Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) pour l’Agenda Ironique d’avril 2022. Les contraintes étaient de glisser les termes archéoptéryx, palimpseste et calembredaine.

Fidèle à mon habitude, j’ai commencé par me gratter l’occiput en me demandant ce que je pourrais bien raconter sur ce thème très debussyste. J’ai commencé par imaginer un faux sonnet de MALLARMÉ Les purs ongles très haut de l’archéoptéryx, mais foin de calembredaine, j’ai vite renoncé devant l’ampleur de la tâche. N’est pas Mallarmuche qui veut.

J’ai alors repris mon grattage occiputal quand m’est arrivé un message de l’opéra de Lille, au sujet des animations qui auront lieu autour des prochaines représentations du Songe d’une nuit d’été de BRITTEN, et je me suis dit « Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) est une comédie féérique de SHAKESPEARE qui se passe au royaume des fées. Il y a un chassé-croisé amoureux entre deux couples d’humains, chassé-croisé manipulé par Obéron, le roi des elfes et Titania, la reine des fées, avec l’aide de Puck un esprit malicieux qui joue le rôle de Cupidon.

Cette comédie a inspiré bien des compositeurs, à commencer par PURCELL et son Fairy Queen (la Reine des fées).

Purcell the Fairy Queen Now the nightCliquez sur l’image

Vers la fin de sa vie, WEBER est parti à Londres pour écrire, en anglais, Oberon son dernier opéra.

Weber Oberon OuvertureCliquez sur le cor de Puck

L’adaptation la plus connue de la féérie de Shakespeare est sûrement celle de MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène destinée à accompagner les représentations théâtrales. De très nombreux ballets ont été écrits sur cette musique. Quelques musicologues chafouins ont avancé l’hypothèse que l’œuvre de Mendelssohn ne serait qu’un palimpseste de celle de Weber, mais des études plus poussées ont montré qu’il s’agit là d’une légende.

Mendelssohn le Songe d'une nuit dété Chœur des elfesCliquez sur le chœur des elfes

Très intéressant également est l’opéra du même nom que BRITTEN écrira avec l’aide de son ami Peter PEARS en 1960.

Britten a midsummer night's dream final (chœur des fées)Cliquez sur le chœur des fées

Plus près de nous, on peut encore noter El sueño de una noche de verano, une comédie musicale d’Astor PIAZZOLA.

Piazzolla El Sueno de una noche de veranoCliquez sur le bandeoniste

Et puisque cet article vient de la pièce de DEBUSSY les fées sont d’exquises danseuses (si, si, je vous assure), terminons avec Debussy et sa danse de Puck.

Debussy la Danse de PuckCliquez sur Debussy

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