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littérature, Oulipo, Poésie

« À UNE DAME CRÉOLE », de BAUDELAIRE

Après La Musique de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de cet auteur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales que m’inspirent ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc À une dame créole, écrit pour sa maîtresse Jeanne DUVAL.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Bizet les Pêcheurs de Perles Je crois entendre encore (Alagna)Cliquez sur le ténor

 

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Rameau Hippolyte et Aricie Que tout soit heureux sous les lois (Diane)Cliquez sur l’image

 

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

 

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

 

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur le toréador

Citations:

Et de palmiers : BIZET, les Pêcheurs de perles, « Je crois entendre encore » (caché sous les palmiers)

comme une chasseresse : RAMEAU, Hippolyte et Aricie. À la fin de cet opéra, Diane la chasseresse se réjouit de ce que tout se termine bien (Que tout heureux sous les lois…)

la Seine : LULLY, Alceste, dans le prologue de cet opéra, la nymphe de la Seine déclare à Louis XIV qu’il est son héros !

grands yeux noirs : Bizet, Carmen, dans l’air Toréador, un œil noir le regarde.

Et en bonus pour ces yeux noirs, une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation pour accéder au bonus surprise

Compositeurs

Mikhaïl GLINKA (1804 – 1857)

Né le 1er juin 1804 en Russie, fils d’un capitaine de l’armée russe, Mikhaïl GLINKA est considéré comme étant le « père de la musique russe ».

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Il commence le violon et le piano à l’âge de dix ans. À treize ans, on l’envoie en pension à Saint-Pétersbourg. Il y rencontre Alexandre POUCHKINE, avec qui il restera ami jusqu’à la mort de celui-ci.

De santé fragile, il fait un séjour pour se soigner en Italie de 1830 à 1833. Il perfectionne son art musical et, rencontrant BELLINI et DONIZETTI, il prend conscience de la différence entre la musique du Sud, plutôt insouciante, et la musique russe, plus sombre. Il songe à ce que pourrait être un opéra russe.

Il poursuit ses études musicales à Berlin de 1833 à 1834 et, de retour en Russie, il se décide à écrire une musique inspirée des airs populaires russes. Il met en chantier Ivan Soussanine ou Une vie pour le tsar, qui est représenté en 1836.

(Opéra et politique : sous le régime soviétique, l’opéra Une vie pour le tsar a repris le titre original de Ivan Soussanine, car il n’était pas question de glorifier le régime tsariste.)

Glinka Une Vie pour le tsar ouvertureCliquez sur la partition de l’ouverture

Glinka Une Vie pour le tsar finalCliquez sur le chœur final

En 1837, Glinka est nommé Maître de la Chapelle Impériale, poste dont il démissionne en 1839.

En 1844, il rencontre BERLIOZ à Paris, qui écrit des articles élogieux sur sa musique. Il écrit Rouslan et Ludmila (1842) d’après une œuvre de son ami Pouchkine. Ce second opéra connaît moins de succès que le premier, qui glorifiait la dynastie des tsars.

Glinka Russlan et Ludmilla OuvertureCliquez sur l’ouverture

Glinka Russlan et Ludmilla scène persanneCliquez sur la scène persanne

Glinka Russlan et Ludmilla FinalCliquez sur la fermeture

En 1845 – 1847, il voyage en Espagne, où il écrit deux ouvertures ibériques.

Glinka Nuit d'été à MadridCliquez sur la deuxième ouverture ibérique (Nuit d’été à Madrid)

Il influence le compositeur DARGOMISKY (1813 – 1869) [Esméralda (1839), d’après Victor HUGOLa roussalka (1855), d’après Pouchkine, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le festin de Pierre, d’après le Don Juan de Pouchkine, et qui sera terminé par CUI et RIMSKY-KORSAKOV]

En 1855, il rencontre BALAKIREV, en qui il reconnaît son successeur musical.

Glinka meurt à Berlin le 15 février 1857.

En tant que « père de la musique russe », il faut noter son influence sur le Groupe des cinq (Balakirev, MOUSSORGSKI, Cui, BORODINE, Rimski-Korsakov).

De Une vie pour le Tsar vont découler Le Prince Igor de Borodine, Boris Godounov, de Moussorgski, Ivan le Terrible de Rimsky-Korsakov jusqu’à La guerre et la Paix de PROKOFIEV. De Rouslan et Ludmila découleront Kitège et Le coq d’or de Rimsky-Korsakov, jusqu’à L’amour des trois oranges de Prokofiev.

Glinka est l’exact contemporain de Mendelssohn (1809 – 1847), ce qui se perçoit bien dans son style musical.

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE INVITE MOZART CHEZ VOUS DU 9 AU 13 FÉVRIER !

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Voici le programme MOZART pour la période allant du 9 au 13 février 2021.

Mardi 9 février Don Giovanni

Mozart don Giovanni Or sai, chi l'onore (Wien 2015)Cliquez sur Dona Anna

Mercredi 10 février la Clemanza di Tito (la Clémence de Titus)

Jeudi 11 février Le Nozze di Figaro (les Noces de Figaro)

Mozart Les Noces de Figaro Sull'aria (Ponnelle)Cliquez sur Suzanne et la comtesse

Vendredi 12 février Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte bande annonce (Wien 2015)Cliquez sur Papageno

Samedi 13 février Die Entführung aus dem serail (l’Enlèvement au sérail)

Mozart L'Enlèvement ai sérail Martern aller Arten (Vienne 2020)Cliquez sur l’image

littérature, Mes opéras préférés

DIALOGUES DES CARMÉLITES, de POULENC (1953 – 1955)

Opéra mystique

Dialogue des Carmélites

Bernanos – Poulenc

Dialogues des Carmélites a été écrit par Georges BERNANOS en 1948 pour servir de scénario à un film, d’après une pièce écrite entre les deux guerres par une Allemande, le film ne se fera finalement pas. Bernanos meurt peu de temps après, et le manuscrit reste dans ses papiers. Retrouvé après sa mort, il est adapté pour le théâtre, et créé en Allemagne en 1951. C’est en 1953 que Francis POULENC a l’idée d’en tirer un opéra, qu’il compose de 1953 à 1955. L’œuvre est créée à la Scala de Milan début 1957, avant que d’être créée à Paris quelques mois plus tard.

Le pitch : Pendant la Révolution, une jeune fille de la noblesse s’engage au Carmel. Malgré sa crainte de la mort, elle rejoint ses consœurs à l’échafaud.

Poulenc Dialogue des Carmélites de muntCliquez sur l’image

Premier Tableau : À l’hôtel particulier de la famille de la Force, peu avant la Révolution française. Le fils de la famille, le Chevalier, demande à son père, le marquis de La Force, où est sa sœur Blanche. Le père lui annonce son intention de marier Blanche à un ami du Chevalier, Roger de Damas. Blanche entre à ce moment dans le salon, et dit la crainte quelle vient d’avoir en traversant la foule dans son carrosse, alors que la révolte commence à gronder. Elle sort d’une cérémonie religieuse chez les Sœurs de la Visitation. Elle se retire dans sa chambre. Entendant un cri, le Baron va voir ce qui se passe. Blanche lui annonce son intention d’entrer au Carmel.

Deuxième Tableau : Quelques semaines plus tard, au parloir du Carmel de Compiègne, la supérieure interroge Blanche sur ses motivations à entrer au couvent. Elle lui explique que la règle des religieuses est de prier pour les autres. Elle demande à Blanche si elle a choisi son nom de carmélite. Blanche répond : sœur Blanche de l’Agonie du Christ. Quelque temps plus tard, Blanche est reçue comme postulante. Elle discute avec sœur Constance à qui elle reproche de trouver la vie amusante. Sœur Constance lui révèle qu’elle a le pressentiment que leurs destins sont liés, et qu’elles mourront ensemble.

À l’infirmerie, Mère Marie et le médecin sont au chevet de la Prieure, qui se meurt. La prieure recommande Blanche à mère Marie, et lui dit qu’elle a choisi Blanche, à cause de son nom de carmélite qui est celui qu’elle-même avait choisi en entrant dans les ordres. Quand commencent les râles de l’agonie, Blanche, attirée par les cris, se dirige vers l’infirmerie. La prieure lui demande de s’approcher et lui réserve ses derniers mots, lui confiant sa peur de mourir. Plus tard, la Prieure morte, les religieuses doivent veiller le corps. À un moment, restée seule, Blanche s’enfuit. mère Marie, qui était à la porte, la gronde pour son manque de courage, avant de la consoler.

Troisième Tableau : Blanche et sœur Constance tressent une croix de fleurs pour la tombe de la Prieure. Elles parlent de leur conception de la mort.

Poulenc Dialogue des Carmélites Pensez à la mort de notre chère MèreCliquez sur Sœur Constance

La nouvelle Prieure a été nommée. Ce n’est pas mère Marie, mais sœur Marie de Saint-Augustin, une fille de fermiers qui s’exprime en proverbes et en citations, avec un gros bon sens populaire.

Poulenc Dialogue des Carmélites Mes chères fillesCliquez sur la mère supérieure

Elle a reçu une lettre de son évêque, qui demande que les postulantes reçoivent le voile. Mère Marie pense que c’est trop tôt pour Blanche, mais la Prieure insiste pour que l’on obéisse à l’évêque. (Suit la scène, muette, de la prise de voile).

Poulenc Dialogue des Carmélites METCliquez sur l’image

Au parloir, un délégué de la municipalité et le notaire du couvent vont faire l’inventaire des biens de la communauté, qui doivent être remis à disposition de la Nation. Après cet inventaire, les sœurs discutent de leur avenir. On voit que les idées de la révolution ont pénétré au sein du Carmel, entre les filles de paysans, de bourgeois, et de la noblesse.

Le Chevalier vient chercher Blanche, pour la faire partir à l’étranger, sur ordre de leur père. Blanche refuse de quitter le Carmel.

Poulenc Dialogue des Carmélites Oh ne me quittez pasCliquez sur Blanche et le Chevalier

Des citoyens viennent fouiller le couvent, à la recherche d’or, ou de « jeunes filles séquestrées par leur famille ». Mère Marie tient tête au commissaire qui voudrait faire sortir Blanche du couvent.

Quatrième Tableau : La prieure lit devant l’assemblée le décret suspendant les vœux des sœurs. Blanche souhaite néanmoins prononcer ses vœux en secret, mais la Prieure refuse.

Les révolutionnaires entrent dans le couvent et pillent les objets sacrés. La prieure convoque Blanche pour l’inciter à quitter le couvent, craignant que son manque de courage ne lui permette d’affronter la situation, mais Blanche refuse encore.

Le jour du Vendredi saint, l’aumônier arrive pour célébrer une messe clandestine, et annonce qu’il reviendra pour Pâques. Le jour de Pâques, l’aumônier ne vient pas. S’ensuit une discussion sur la peur et le courage. Mère Marie suggère que, pour compenser l’absence du prêtre, les sœurs donnent leur vie en martyre. La prieure déclare que c’est à chacune de se prononcer sur le martyre. Suit une discussion sur l’attitude que chacune imagine tenir face à ce martyre à venir. Seule Blanche, effrayée et en retrait, ne participe pas. Au-dehors, on entend le bruit des trompettes et des canons. L’aumônier, en fuite, entre, les bénit, et franchit le mur pour se cacher. La foule entre, et on lit le décret d’expulsion qui frappe les religieux et les religieuses, leurs biens devant être mises en vente au profit de la Nation.

Mère Marie demande aux sœurs de se prononcer par vote sur l’adoption du martyre. On craint que seule Blanche ne vote contre. Finalement, seule sœur Constance a voté contre, pour ne pas abandonner Blanche, mais elle change finalement son vote pour qu’il y ait unanimité. Blanche s’enfuit.

Cinquième tableau : À l’Hôtel de la Force arrive un sans-culotte. C’est l’ancien cocher qui vient prévenir Blanche que son père a été arrêté et qu’il faut aller le délivrer.

À la Conciergerie, les révolutionnaires surveillent les nobles enfermés. On appelle le Marquis de la Force. Le cocher est venu avec Blanche expliquer comment les révolutionnaires ont libéré Blanche du couvent où son père l’avait fait enfermer. Blanche remercie ses libérateurs. Blanche et son père sont relâchés par le tribunal.

Retour chez les religieuses, qui ont également été « libérées » par les révolutionnaires, rendues à la vie civile. L’aumônier informe la Prieure et mère Marie que le marquis de la Force a été guillotiné. Mère Marie décide d’aller chercher Blanche pour la reconduire à Compiègne.

À l’Hôtel de la Force, mère Marie et Blanche ont une conversation sur la peur et sur le mépris de soi-même. On vient chercher Blanche pour faire les courses. À son retour, elle croise dans la rue des révolutionnaires portant une tête sur une pique. Elle se réfugie derrière une porte cochère avec d’autres passants. Une vieille dame qui est là lui apprend qu’à Compiègne, ils ont arrêté les religieuses du Carmel. Tremblante, Blanche va retrouver mère Marie pour lui donner la nouvelle. Celle-ci dit qu’il faut aller les rejoindre, mais Blanche s’enfuit à nouveau.

À la prison, les sœurs sont rassemblées. Elles discutent de l’attitude à tenir devant le  tribunal. La prieure dit qu’elle les représentera toutes. Quelqu’un évoque le cas de Blanche, et sœur Constance dit qu’elle est persuadée que celle-ci reviendra, à cause de son pressentiment.

Le tribunal les a toutes condamnées, y compris mère Marie par contumace. Les sœurs s’avancent une à une vers l’échafaud, chantant le « Salve Regina » puis le « Veni Creator ». Au fur et à mesure qu’on entend le couperet tomber, le chant se fait plus ténu. Quand il n’en reste plus qu’une, une nouvelle voix se fait entendre, et on voit Blanche s’avancer vers l’échafaud. Soudain, sa voix se tait, comme l’ont fait les autres.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES ARTISTES D’ORIGINE AFRO-AMÉRICAINE CHEZ VOUS (Partie 2) – Semaine du 8 au 14 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 8 au 14 février 2021.

Cette semaine, le MET continue avec ses stars d’origine afro-américaines. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 8 février WAGNER Das Rheingold (L’Or du Rhin)

Wagner Rheingold bande annonce (Met 2012)Cliquez sur la bande-annonce de ce spectacle avec Eric Owens

Mardi 9 février VERDI Ernani

Verdi Ernani Oh de'verd'anni miei (MET 1983)Cliquez sur Sherrill Milnes

Mercredi 10 février ROSSINI Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville)

Rossini Il Barbieri di Seviglia Di Si'Felice innesto (MET 1988)Cliquez sur Kathleen Battle

Jeudi 11 Février Verdi Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un Ballo in maschera (Met 1991)Cliquez sur Harolyn Blackwell

Vendredi 12 février Glass Akhnaten

Glass Akhnaten (Met 2019)Cliquez sur la bande-annonce avec J’Nai Bridges

Samedi 13 février BERLIOZ Les Troyens

Berlioz Les Troyens (MET 1983)Cliquez sur Jessye Norman

Dimanche 14 février Wagner Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner die Walküre O hehrstes Wunder (MET 1989)Cliquez sur Jessye Norman (et Hildegarde Behrens)

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a nexte ouike pour les mises en scène de ZEFFIRELLI.

Agenda Ironique, Fantaisie

FAFNER DANS LA VILLE ÉTRANGÈRE

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de Février 2021, A.I. dont le cahier des charges se trouve ici :

Hydres et chimères (Agenda ironique de février) ‹ In the Writing Garden ‹ Reader — WordPress.com

Pour faire simple, le narrateur doit être un dragon venant s’emparer de l’objet de sa convoitise, mais importuné par un moins que rien venu lui en contester la jouissance.

Le dragon doit alors se débarrasser du fâcheux, mais sans se servir de l’arme galvaudée des dragons qui consiste à calciner ses adversaires !

Ceux qui connaissent mon appétence pour la musique dite classique, voire pour l’opéra, m’auront vu venir avec mes gros sabots, mon héros s’appellera Fafner !

Je m’présente, je m’appelle Fafner, j’aimerai bien, réussir ma vie, être aimé-é ! Je suis le frère de Fasolt. Nous étions deux gentils géants gérants d’un petite entreprise de construction qui marchait plutôt bien. Mes problèmes ont commencé quand, avec mon frère, nous avons reçu une grosse commande pour la construction d’une ville destinée à recevoir les héros morts au combat. Notre client était le dieu en chef, un certain Wotan (en emporte le vent) qui voulait l’habiter avec les autres dieux. Mais v’là-t’y pas qu’au moment de nous payer, il y a eu un léger problème. Nous devions recevoir en paiement Freia, la belle-sœur de Wotan. Ça nous intéressait, parce que Freia faisait pousser des pommes qui donnaient la jeunesse à ceux qui les mangeaient. Et rogntudju ! ce scélérat de Wotan n’a pas voulu tenir sa promesse, alors même qu’il tenait sa légitimité de dieu en chef par le respect de sa parole.

Wagner Rheingold FreiaCliquez sur mon frère et moi transigeant pour savoir si on garde Freia ou pas

Bref, on a transigé, et accepté de recevoir en paiement l’Or du Rhin, un trésor volé par un nain lubrique laid comme un pou qui avait abjuré l’amour. Le seul problème, c’est que cet or était maudit, et que celui ou celle qui serait en sa possession s’exposerait à des ennuis terribles. En effet, nous n’avions pas plus tôt été payés qu’une fâcheuse dispute s’en est suivie avec mon frère Fasolt, et que j’ai dû le tuer un petit peu (un petit peu beaucoup même), pour rester seul possesseur de l’or. Dès lors, j’ai pris une forme de dragon, et suis allé veiller sur mon or dans une caverne perdue au fin fond de la forêt.

Wagner Rheingold HAlt, du GierigerCliquez sur la dispute fâcheuse entre moi et mon frère

J’m’ennuie tout seul dans ma caverne. J’irai bien visiter la ville que nous avons construite, mon frère et moi. Walhalla City, qu’elle s’appelle ! Et qui sait, peut-être y rencontrerai-je l’amour. Je me suis donc retransformé en humain et ai pris la route pour Walhalla City. Le gardien, un certain Onésime, m’a fait visiter. Je n’ai rien reconnu. Ils ont fait des aménagements, cette ville m’est devenue étrangère.

D’abord, ils ont transformé le portail d’entrée en arc-en-ciel, deuxièmement, ils ont réservé un coin arboré où Freia cultive ses pommes magiques. Quand je la vois, c’est à me faire regretter de l’avoir abandonnée il n’y a guère en échange de l’or ! Tertio, il y a aussi une sorte d’espèce de caserne sur une esplanade qui n’était pas sur nos plans. C’est là qu’ils logent tous les héros morts au combat. Comme ils viennent des quatre coins du globe, ils s’expriment dans un véritable baragouin pour se faire comprendre. Ils ont appelé ça Esplanade des Invalides.

Mais revenons à mon sujet. Onésime m’a appris que dans ma forêt, il y a une vierge endormie sur un rocher, protégée par un cercle de feu, et qui attend le héros qui viendra la réveiller.

Wagner die Walküre scène du feuCliquez sur le rocher protégé par le feu

À sa description, je me suis senti devenir prince charmant, je l’aime déjà ! Je serai ce héros ! Je suis donc retourné à mon antre, et après un bon repas, me suis octroyé une petite pause postprandiale, avant que de me mettre à la recherche de ma bien-aimée. Eh bien non, pas moyen de se reposer en paix. V’là t’y pas qu’un jeune freluquet, vêtu d’une peau de buffle et à l’haleine méphitique est venu me chercher noise.

Wagner Siegfried Fafner, Erwache, WurmCliquez sur le jeune freluquet

Il avait entendu parler de mon trésor, et entendait me le dérober, ainsi que le nouvel objet de ma convoitise. Mais je ne me suis pas laissé faire, et ai usé de tous les moyens de la dialectique pour l’en dissuader. Comme il avait un cor, je lui ai demandé d’en jouer, et l’ai flatté bassement sur son jeu de cor.

« Hé, bonjour, monsieur Siegfried. Sans mentir, si votre jeu se rapporte à votre peau de buffle, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ».

Wagner Siegfried Combat contre le dragonCliquez sur le jeune freluquet venant me réveiller

La flatterie, ça marche à tous les coups, et il est tombé dans le panneau. Il a décidé de postuler pour l’emploi de premier cor solo dans l’orchestre de l’opéra de Walhalla City, le Festspielhaus comme on l’appelle là-bas, et m’a laissé tranquille. J’ai enfin pu partir à la quête de ma belle endormie.

Wagner Siegfried Fanfare d'appelCliquez sur les cuivres du Festspielhaus

Et ce qui s’est passé après, c’est une autre histoire !

Note 1 : Aucun dragon n’a été blessé ni maltraité pour la rédaction du présent billet.

Note 2 : Pour les ceusses qui voudraient en savoir plus sur l’histoire de Fafner, se reporter aux billets suivants:

Rheingold (L’Or du Rhin)

Die Walküre (La Walkyrie)

Siegfried (Siegfried)

Et Richard WAGNER, si du haut de ton Walhalla tu me vois, pardonne-moi.

Divers

LE CHOEUR DE CHAMBRE SEPTENTRION A BESOIN DE VOUS

Le Chœur de Chambre Septentrion

Dans le cadre du projet de création de son nouveau spectacle musical, le Chœur de chambre Septentrion, basé à Lens dans les Hauts de France, a mis en place un financement participatif pour réaliser une résidence d’artistes qui lui permettra de créer et de finaliser ce spectacle, appelé Vice Versa. et une captation vidéo de ce spectacle à destination des milieux fermés (hôpitaux, EHPAD,…)

Au travers de ce spectacle, le Chœur de Chambre Septentrion vise à faire apparaître des passerelles entre une musique dite « savante » et les airs et chansons qui font partie de notre patrimoine musical.

Voici une présentation de ce spectacle par Victoria DUHAMEL, la metteuse en scène du spectacle.

Duhamel VictoriaCliquez sur Victoria

Ainsi que la présentation par Rémi AGUIRRE ZUBIRI, le directeur artistique.

Aguirre Zubiri RémiCliquez sur Rémi

Au programme, vous pourrez entendre des extraits des Huit Chansons françaises de Francis POULENC.

Poulenc Les TisserandsCliquez sur la partition

Arthur H se réappropriant la première gnossienne de SATIE.

Satie Gnossienne no 1 pour 50 guitaresCliquez sur les 50 guitaristes

Arthur H La Chanson de SatieCliquez sur Arthur H

L’opus 62 de BRAHMS.

Brahms opus 62 RosemarinCliquez sur la partition

Ou encore les ponts jetés entre la musique classique et la chanson par Serge GAINSBOURG.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane

Et bien d’autre choses encore…

Pour tout savoir (ou presque) sur Septentrion, c’est ici : Le Choeur de Chambre Septentrion (wixsite.com)

Vous pouvez les aider à créer ce beau projet en faisant un don : proarti : Vice Versa

Je compte sur vous ! 🙂

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES ARTISTES D’ORIGINE AFRO-AMÉRICAINE CHEZ VOUS – Semaine du 1er au 7 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 1er au 7 février 2021.

Cette semaine, le MET invite ses stars d’origine afro-américaines. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 1er février GERSHWIN Porgy and Bess (normal, par disposition testamentaire des frères Gershwin, il est stipulé que Porgy and Bess ne peut être joué que par des gens de couleur.)

Gershwin Porgy and BEss Bess, you is my woman now (MET 2020)Cliquez sur Bess (Angel Blue) et Porgy (Eric Owens)

Mardi 2 février VERDI La Forza del Destino

Verdi La Forza del destino Pace, mio Dio (MET 1984)Cliquez sur Leonora (Leontine Pryce)

Mercredi 3 février POULENC Dialogues of the Carmelites

Poulenc Dialogue des Carmélites final et Salve Regina (MET 1987)Cliquez sur madame Lidoine (Jessye Norman)

Jeudi 4 février ROSSINI La Cenerentola

Rossini la Cenerentola (MET 2009)Cliquez sur Don Ramiro (Lawrence Brownlee)

Vendredi 5 février MOZART Le Nozze di Figaro

Mozart le Nozze di Figaro Giunse alfin il momento (MET 1985)Cliquez sur Suzanne (Kathleen Battle)

Samedi 6 février STRAUSS Ariadne auf Naxos

Strauss Ariane à Naxos Ein Schönes war (MET 1988)Cliquez sur Ariane (Jessye Norman)

Dimanche 7 février PUCCINI Tosca

Puccini Tosca Vissi d'arte (MET 1988)Cliquez sur Tosca (Shirley Verett)

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike pour une nouvelle série d’opéras interprétés par des afro-américains.

Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 1 – l’ORGUEIL

Je vous l’avais promis dans mon billet « La Ville de Mahagonny et les sept péchés capitaux« . Voici donc le premier des sept billets qui seront consacrés à ces fameux péchés capitaux.

La liste en a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique, et le premier est l’orgueil. (L’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, la paresse.)

Une petite précision, il ne sera pas question dans cet article de l’ego surdimensionné de certaines stars du lyrique (😉), mais de la représentation de l’orgueil dans les opéras.

Dans Platée (1745) de RAMEAU, Jupiter va se servir de l’orgueil de Platée, une nymphe des marais, pour attiser la jalousie et provoquer la colère de Junon.

Rameau Platée Acte I scènes 3 à 5Cliquez sur Platée, persuadée que Cithéron est amoureux d’elle, et attendant qu’il se déclare

À la fin de Cosi fan Tutte de MOZART, Ferrando et Guglielmo s’enorgueillissent d’avoir résisté au piège que leur avait tendu Alfonso et Despinette pour prouver la fidélité de leurs fiancées respectives.

Mozart Cosi fan Tutte Sani e salviCliquez sur Ferrando et Guglielmo

Dans La Cenerentola de ROSSINI (1816) (Cendrillon en français), les deux demi-sœurs de Cendrillon, poussées par leur père, font preuve d’un orgueil monstre en croyant être choisie pour femme par le prince.

Rossini La Cenerentola Sia qualunque delle figlieCliquez sur le beau-père et les deux demi-sœurs

Dans Rigoletto (1851), de VERDI, d’après le Roi s’amuse de Victor HUGO, on assiste à un drame sur fond de vanité et d’orgueil blessé à la cour du Duc de Mantoue.

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Dans Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI (1877), les deux amis Lenski et Onéguine doivent se battre en duel. Leur orgueil est plus fort que leur amitié, et Onéguine tue Lenski.

duel onéguineCliquez sur Lenski et Onéguine

Et dans le ballet Les sept péchés capitaux WEILL et BRECHT, on retrouve bien évidemment l’orgueil (Stolz).

Weill Les 7 Péchés capitaux l'orgueil (Stolz)Cliquez sur l’orgueil

Et voilà, à bientôt pour un autre péché capiteux, la gourmandise !

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 26 janvier au 1er février

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Voici le programme pour la période allant du 26 janvier au 1er février 2021.

Mardi 26 janvier Richard WAGNER SIEGFRIED 

Wagner Siegfried (Vienne 2016)Cliquez sur Mime und siegfried

Mercredi 27 janvier Wagner GÖTTERDÄMMERUNG 

Wagner Crépuscule (Vienne 2016)Cliquez sur l’orchestre

Jeudi 28 janvier Giuseppe VERDI NABUCCO

Verdi Nabucco (Vienne 2021)Cliquez sur Placido

Vendredi 29 janvier Léo DELIBES SYLVIA 

Delibes Sylvia (Vienne 2018)Cliquez sur Sylvia

Samedi 30 janvier Wolfgang Amadeus MOZART DIE ENTFÜHRUNG AUS DEM SERAIL 

Mozart L'Enlèvement ai sérail Martern aller Arten (Vienne 2020)Cliquez sur l’image

Dimanche 31 janvier Giacomo PUCCINI TOSCA 

Puccini Tosca (Vienne 2019)Cliquez sur Floria Tosca

Lundi 1er février – LIVEWolfgang Amadeus Mozart LE NOZZE DI FIGARO

Mozart Les Noces de Figaro Sull'aria (Ponnelle)Cliquez sur Suzanne et la comtesse