littérature, Oulipo, Poésie

« COLLOQUE SENTIMENTAL », de VERLAINE

Après Don du poème, de Mallarmé, voici un autre poème traité à la sauce Oulipo : Colloque sentimental, de Verlaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux formes ont tout à l’heure passé.

Cliquez sur le parc solitaire et glacé

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux spectres ont évoqué le passé.

Cliquez sur l’image

– Te souvient-il de notre extase ancienne ?

– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

Cliquez sur l’image

– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.

– Ah, les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !

– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Cliquez sur l’image

Tels ils marchaient dans les avoines folles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Cliquez sur le champion du monde de piano

Citations musicales :

Dans le vieux parc : Dvorak Rusalka. À l’acte II, Rusalka, humiliée par l’attitude du prince qu’elle aime, se réfugie dans le parc du château. Son père, l’ondin, la rejoint et pleure sur le triste sort de sa fille.

Deux spectres : Saint-Saëns Danse macabre.

notre extase : Berlioz les Troyens « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »

le ciel noir : Berlioz les Nuits d’été « au Cimetière »

la nuit seule : Chopin Nocturne n° 8 opus 27 n° 2

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez sur le bonus surprise mystère
littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« DON DU POÈME », de MALLARMÉ (1868)

Après Au seul souci de voyager de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Aujourd’hui, un poème du début de sa carrière d’écrivain, contemporain de son Hérodiade, et qui porte en lui un certain nombre de thèmes récurrents dans la poésie de Mallarmuche.

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée* !

Cliquez sur l’image

Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor,


L’aurore se jeta sur la lampe angélique.

Cliquez sur l’image

Palmes ! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.

Ô la berceuse, avec ta fille et l’innocence

Cliquez sur la berceuse

De vos pieds froids, accueille une horrible naissance :
Et ta voix rappelant viole et clavecin,

Cliquez sur l’image


Avec le doigt fané presseras-tu le sein

Cliquez sur l’image

Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour des lèvres que l’air du vierge azur affame ?

(* Idumée, le pays d’Édom, c’est-à-dire le pays d’Hérodiade.)

citations musicales :

l’enfant d’une nuit : Ravel Pavane pour une infante défunte.

angélique : Berlioz les Nuits d’été « Au cimetière ».

la berceuse : Monteverdi, le Couronnement de Poppée – berceuse « Oblivion soave ».

viole et clavecin : J.-S. Bach, Sonate pour orgue et clavecin BWV 1029.

presseras-tu le sein : Berlioz Nuits d’été « le Spectre de la rose ».

Et retrouvez ici le poème « mis en musique » suivant : Colloque sentimental.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« AU SEUL SOUCI DE VOYAGER », de MALLARMÉ (1898)

Après Tombeau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Probablement le dernier poème écrit par Mallarmuche, Au seul souci de voyager est un hommage au navigateur Vasco de Gama écrit pour un recueil publié à l’occasion de 400e anniversaire de l’ouverture de la route des Indes.

Au-delà de l’aspect formel de l’hommage, on y retrouve des thèmes chers à Mallarmé, qui fait le parallèle entre l’aventure du navigateur et le cheminement intérieur du poète.

Au seul souci de voyager

Outre une Inde splendide et trouble

Cliquez sur les Indes splendides

– Ce salut soit le messager

Du temps, cap que ta poupe double

Comme sur quelque vergue bas

Plongeante avec la caravelle

Cliquez sur l’image

Écumait toujours en ébats

Un oiseau d’annonce nouvelle

Cliquez sur l’oiseau d’annonce nouvelle

Qui criait monotonement

Sans que la barre ne varie

Cliquez sur la barre qui ne varie

Un inutile gisement

Nuit, désespoir et pierrerie

Cliquez sur les djinns dans la nuit

Par son chant reflété jusqu’au

Sourire du pâle Vasco.

Citations musicales :

Une Inde splendide : Rameau les Indes galantes « les sauvages ».

la Caravelle : Milhaud Christophe Colomb.

La barre ne varie : Wagner le Vaisseau fantôme « Mit Gewitter Und Sturm Aus Fernem Meer »

Nuit, désespoir : Fauré les Djinns.

Un oiseau d’annonce nouvelle : Saint-Saëns le Déluge « la Colombe ».

Agenda Ironique, Poésie

L’HOROSCOPE DE NOVEMBRE 2023

C’est chez Carnets Paresseux que ça se passe, et voilà ce qu’il nous demande Carnets Paresseux : https://wordpress.com/read/feeds/16382982/posts/4968656162

Après octobre, vient novembre, et itou l’agenda ironique chemine de chez Laurence jusqu’ici même. Kilucru ? Kiluentrevu ? Kiluprévu ? Justement, je vous propose de faire des prévisions, des voyances, des pronostics, des prédictions, d’entrevoir des possibles, des souhaitables et des évitables, de promettre fortune, argent, richesse, santé, bonheur, espérances et tout le saint-frusquin (mais aussi et symétriquement d’agiter le péril de la malencontre, de la déconfiture, de la chance qui passe sur le trottoir d’en face), bref de rédiger un horoscope, évidemment véridique, exact et irréfutable comme tout horoscope qui se respecte.

Techniquement, il pourra être basé sur la lecture des étoiles et des astres, de la marche de l’ombre des cailloux par terre, du vol des oiseaux ou du tarot ou tout ce que vous voulez, à votre guise, cet horoscope. Et puis quoi plus ? Il devra contenir les mots chevalparapluiesouquenillepingouintubéreuse et Vierzon.

Sous quelle forme, cet horoscope ? Comme vous le souhaitez : quatrain sibyllin, récit épistolaire, chanson, entrelardé au sein d’un dialogue, égosillé par une contraltote soutenue par un ostinato altier ou calligraphié d’une plume bien encrée, et même en forme d’horoscope ; si possible, avec quelques jours du calendrier (c’est le moins, pour un horoscope) et avec un brin d’ironie (idem).

parapluiesouquenille,

J’ai donc choisi la forme « haïkaï sibyllin » pour ma participation à cet Agenda Ironique.

Destin de Carmen

C’est le grand air des cartes

Carreau Pique, la mort

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur Carmen

+ + +

Le destin d’Œdipe :

Les mamelles de Tiresias

Sont celles du devin

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

+ + +

D.F.E. Auber

Arvedson la devineresse

C’est le Bal masqué

Auber Gustave III, ou le bal masqué Acte II scène de la devineresseCliquez sur Arvedson la devineresse

+ + +

Chez Georges Enesco

Œdipe demande à la sphinge

Plus fort que l’destin ?

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

+ + +

Ce chant du destin

pour une contraltote altière

Oui, c’est bien du Brahms

Brahms Schicksallied

Et pour ne pas vous faire passer pour des pingouins vétus de souquenilles, quelques explications sur ces haïkus sibyllins.

Au début du 3e acte de Carmen de Bizet, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour connaître leur avenir. L’une voit l’amour sous les traits d’un bel officier qui l’emporte sur son cheval, l’autre la fortune. Carmen arrive et tire les cartes à son tour. Las, il n’y a rien à faire, elle tire toujours « Carreau, Pique, la mort ! Moi d’abord, ensuite lui, pour tous les deux, la mort ! ».

Les Mamelles de Tiresias, de Poulenc d’après le texte d’Apollinaire. Tiresias est ce devin qui révèle à Œdipe son sort horrible, il a tué son père et couché avec sa mère. Pris d’effroi, Œdipe se crève les yeux.

Dans Gustave III, ou le Bal masqué, de Daniel François Esprit Auber, toute la cour se rend à minuit chez la Arvedson la devineresse, qui a le pouvoir de prédire l’avenir en lisant dans les racines d’une tubéreuse.

Dans Œdipe (encore lui) d’Enesco, notre héros arrive devant Thèbes et veut sauver la ville. Mais il doit répondre à l’énigme de la sphinge : « qui est plus fort que le destin ? ». Œdipe connaissant la réponse, la sphinge est prise d’un rire inextinguible et meurt. Des légendes anciennes prétendent qu’on a enterré son corps à Vierzon.

Dans le Chant du destin, ou Schicksallied, de Brahms, les contraltotes altières ont un rôle important pour nous dévoiler le destin, bien abritées qu’elles sont sous leur parapluie.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (3 – FAURÉ)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de Baudelaire, puis debussysé ce même poème, je vous propose une troisième version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version fauréïsée.

La musique souvent me prend comme une mer !

Fauré l'Horizon chimérique la Mer est infinieCliquez sur l’image

Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Fauré l'Horizon chimérique Je me suis embarquéCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Fauré Nocturne (mélodie)Cliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;

Fauré l'Horizon chimérique Vaisseaux, nous vous aurons aimésCliquez sur l’image


Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Fauré BerceuseCliquez sur l’image

Citations musicales :

me prend comme une mer : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 1 « la Mer est infinie ».

Je mets à la voile : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 2 « Je me suis embarqué ».

un vaisseau qui souffre : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 4 « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».

Me bercent : Fauré, Berceuse pour violon et piano.

Retrouvez ici une version beethovénisée de ce même poème.

Divers, littérature, Poésie

IL ÉTAIT UN ROI DE THULÉ

« Il était un roi de Thulé, qui jusqu’au tombeau fut fidèle ».

Récemment, le pianiste et chef d’orchestre Clément Mao-Takacs nous proposait quelques versions musicales de la célèbre ballade du grand Goethe, publiée en 1782. L’idée m’a plu, et il m’a permis de la reprendre pour mon blog.

Après l’analyse comparée de la Damnation de Faust de Berlioz et du Faust de Gounod, voici donc un petit comparatif des versions musicales de cette ballade.

La version la plus ancienne semble être celle d’un certain Seckendorff, puisqu’elle date elle aussi de 1782.

Une autre version, plus connue, est celle de Zelter qui date de 1812.

Zelter Es war ein König in ThuleCliquez sur la version de Zelter

Plus connue encore est celle de Schubert qui date de 1816 (Schubert avait 19 ans !).

Schubert Der König in ThuleCliquez sur la version de Schubert

Bien entendu, cette mélodie a été intégrée par Berlioz dans ses Six Scènes de Faust de 1829, transformées en Damnation de Faust en 1842.

berlioz damnation de Faust roi de ThuléCliquez sur la version de Berlioz

Autre version en français avec celle de Gounod.

Gounod Faust Il était un roi de ThuléCliquez sur la version de Gounod

En 1849, c’est Robert Schumann qui écrit cette pièce pour chœur a capella.

Schumann Der König von ThuleCliquez sur la version de Schumann

Et Liszt en livrera deux versions.

Liszt Es war ein König in ThuleCliquez sur l’une des deux versions de Liszt

En 1867, l’irrévérencieux Offenbach en fera une parodie dans sa Grande Duchesse de Gérolstein.

Offenbach la grande Duchesse de Gérolstein Il était un de mes aïeuxCliquez sur la parodie irrévérencieuse d’Offenbach

En 1908, Samuel Coleridge-Taylor nous en livre une version en anglais (A King there lived in Thule).

Coleridge-Taylor A King there vived in ThuleCliquez sur la version de Coleridge-Taylor

    Et si vous aimez les bonus surprises, cliquez donc sur le cadeau mystère.

    point-dinterrogationCliquez donc sur le cadeau mystère si vous aimez les surprises

    littérature, Oulipo, Poésie

    « LE DORMEUR DU VAL », de RIMBAUD (1870)

    Après avoir fini le Bateau ivre, de Rimbaud, je vous propose de rester encore un peu avec ce poète, avec un autre de ces poèmes parmi les plus connus : le Dormeur du val, écrit alors que Rimbaud n’avait que seize ans !

    (Rappel du principe : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

    C’est un trou de verdure où chante une rivière

    Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

    indes galantes 2Cliquez sur le brillant soleil

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Beethoven Fidelio O welche lust (MET 2000)Cliquez sur l’image

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur l’image

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

    Debussy Préludes les Sons et les Parfums tournent dans l'air du soirCliquez sur le pianiste

    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

    Citations musicales :

    où chante une rivière : Schubert, le Voyage d’hiver « Wasserflut ».

    où le soleil : Rameau, les Indes galantes, « Brillant soleil ».

    un enfant malade : Dans Jenufa de Janacek, la belle-mère de Jenufa profite de la forte fièvre qui cloue l’héroïne au lit pour lui voler son bébé, et le noyer dans la rivière gelée.

    Les parfums : Debussy Préludes « Les sons et les Parfums tournent dans l’air du soir ».

    la lumière : Beethoven Fidelio Chœur « O welche Lust ».

    Agenda Ironique, Maria Callas, Poésie

    EN RENTRANT DE L’ÉCOLE

    Ce mois-ci, c’est Sabrina qui nous guide pour l’agenda Ironique. Le sujet en est :

    Ce mois de septembre étant placé sous le signe de la rentrée scolaire, je vous propose donc de parler d’un souvenir d’école ! Alors, l’école au sens large, ça peut être l’école de Pennac, l’école buissonnière, l’école de la vie, l’école des fans (pourquoi pas) et même, soyons fous, l’école militaire, je ne suis pas sectaire. Ce souvenir sera réel, fictif, douloureux, joyeux, inventé, absurde, drôle ou impétueux, vous choisissez la forme qui vous sied pour nous le partager.Quelques petites contraintes bien sûr car sinon cela n’est pas amusant ! Il faudra pour raconter ce souvenir, incorporer quelques mots à retourner dans tous les sens : rapporteur / pion / colle / ligne / cour (ou cours ou court ou courre ) et rythme ! Ayant un passif dans l’éducation nationale (on a tous nos petits défauts), il faudra s’amuser à détourner au minimum un des fameux sigles qui composent ce joli jargon académique qui fait la joie des professeurs.

    Et pour les plus téméraires, qui souhaitent du rab de devoirs, ajoutez à votre agenda cette petite phrase extraite de ma lecture du moment : « cela donnait le sentiment d’appartenir à une multitude à la fois statique et chatouilleuse » (ça vient de « Personne n’a peur des gens qui sourient » de Véronique Ovaldé).

    Mais c’est tellement mieux esspliqué chez Sabrina, allez y voir !

    Or donc, il me revient qu’étant enfant, ma petite sœur avait appris dans la cour de l’école une belle chanson, où il était question d’école, de lune et des étoiles, et de chemin de fer qui se promenait. Vous l’avez peut-être reconnue, il s’agissait du poème de Prévert, en Sortant de l’école, mis en musique par Kosma. J’ai demandé au grand rapporteur de la poésie ce qu’il disait, ce poème ? La réponse est dans les lignes suivantes :

    En sortant de l’école
    Nous avons rencontré
    Un grand chemin de fer
    Qui nous a emmenés
    Tout autour de la terre
    Dans un wagon doré

    Honegger Pacific 231Cliquez sur l’image

    Tout autour de la terre
    Nous avons rencontré
    La mer qui se promenait
    Avec tous ses coquillages
    Ses îles parfumées
    Et puis ses beaux naufrages
    Et ses saumons fumés

    Bizet Les Pêcheurs de perles Au fond du temple saintCliquez sur l’image

    Puis au-dessus de la mer
    Nous avons rencontré
    La lune et les étoiles
    Sur un bateau à voiles
    Partant pour le Japon
    Et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
    Tournant la manivelle d’un petit sous-marin
    Plongeait au fond des mers
    Pour chercher des oursins

    Wagner Vaisseau fantôme ouverture KarajanCliquez sur le bateau à voiles

    Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur la Japonaise

    Revenant sur la terre
    Nous avons rencontré
    Sur la voie du chemin de fer
    Une maison qui fuyait
    Fuyait tout autour de la terre
    Fuyait tout autour de la mer
    Fuyait devant l’hiver
    Qui voulait l’attraper
    Mais nous sur notre chemin de fer
    On s’est mis à rouler
    Rouler derrière l’hiver
    Et on l’a écrasé
    Et la maison s’est arrêtée
    Et le printemps nous a salués

    Moussorgski Tableaux d'une Exposition la Cabane sur des pattes de pouleCliquez sur la maison qui fuyait (sur ses pattes de poule)

    C’était lui le garde-barrière
    Et il nous a bien remerciés
    Et toutes les fleurs de toute la terre
    Soudain se sont mises à pousser
    Pousser à tort et à travers
    Sur la voie du chemin de fer
    Qui ne voulait plus avancer
    De peur de les abîmer

    Alors on est revenu à pied
    À pied tout autour de la terre
    À pied tout autour de la mer
    Tout autour du soleil
    De la lune et des étoiles
    À pied, à cheval, en voiture et en bateau à voiles

    Messiaen Turangalila Symphonie - 5 - Joie du sang des étoilesCliquez sur la Joie du sang des étoiles

    Peut-être à la lecture de cet article trouverez-vous que tout ceci appartient à une multitude à la fois statique et chatouilleuse, si c’était le cas, j’aurais bien de la chance. Et si un pion me lit et me désapprouve, par pitié, pas d’heure de colle !

    Citations musicales :

    Un grand chemin de fer : Honegger Pacific 231. Dans cet hymne à la modernité, Honegger épouse les rythmes de cette fameuse locomotive, alors que le SNCF (Syndicat National des Cancres en Folie) n’existait pas encore.

    Ses îles parfumées : Bizet les Pêcheurs de perles.

    un bateau à voiles : Wagner le Bateau fantôme.

    Partant pour le Japon : Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

    Une maison qui fuyait : Moussorgski les Tableaux d’une exposition « la cabane sur des pattes de poule ».

    De la lune et des étoiles : Messiaen Turangalila Symphonie – 5 – Joie du sang des étoiles

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    point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère pour en avoir un peu plus

    Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

    VICTOR HUGO (1802-1885)

    Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802.

    En 1822, il épouse Adèle Foucher, avec qui il aura 5 enfants, Léopold (1823), mort à quelques mois, Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830).

    Chef de file du romantisme français, il crée le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par Verdi, avec Ernani (1844). En 1832, c’est le Roi s’amuse, pièce qui sera adaptée à nouveau par Verdi avec Rigoletto (1853).

    Verdi rigoletto La done e mobile

    Cliquez sur l’image

    Hugo fréquente Berlioz, Liszt, Meyerbeer ou encore Delacroix et Sand, et madame Hugo, se sentant délaissée, commence une liaison avec Sainte-Beuve en 1832.

    En 1833, Hugo entame une liaison avec Juliette Drouet, liaison qui durera 50 ans. Il écrit Lucrèce Borgia, qui sera adapté par Donizetti dès cette même année 1833 avec Lucrezia Borgia.

    Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

    Victor Hugo a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise Bertin. Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre-Dame de Paris (1831).

    Bertin La Esmeralda air des clochesCliquez sur Esmeralda

    C’est ce même livret qui servira à Dargomyjsky, un élève de Glinka pour son Esméralda (1839).

    En 1841, Hugo entre à l’Académie française.

    En 1843, l’année où il publie les Burgraves, sa fille Léopoldine meurt à l’âge de 19 ans. Ce drame affectera durablement Victor.

    Victor Hugo était engagé politiquement dans son siècle et en 1848, il est élu député de Paris à l’Assemblée législative. En 1851, il est membre du Comité de résistance contre le coup d’État puis doit se réfugier en Belgique.

    En 1852, il fait paraître Napoléon le petit, et s’installe à Jersey.

    En 1862, il fait paraître les Misérables.

    En 1870, Victor Hugo peut enfin rentrer à Paris, et en 1871, il est à nouveau élu député de Paris. Il perd son fils Charles.

    En 1873, nouvelle disparition avec celle de son fils François-Victor.

    En 1872, c’est Massenet qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de Dumanoir, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que Mendelssohn a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

    Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’image

    Un peu plus tard, Ponchielli adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt Disney. Cette même année, le Russe César Cui créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

    En 1883, c’est la disparition de sa fidèle Juliette Drouet.

    Hugo meurt le 22 mai 1885 à Paris, à l’âge de 83 ans. On lui fait des obsèques nationales, et plus de deux millions de personnes se pressent dans Paris pour suivre son cercueil.

    En 2013, Robert Badinter et Thierry Escaich créent l’opéra Claude, d’après la pièce Claude Gueux, reprenant ainsi le combat de Victor Hugo en faveur de l’abolition de la peine de mort.

    Cliquez sur l’image

    Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, Hugo a écrit des romans et beaucoup de poésie (la Légende des Siècles, les Orientales…) et de très nombreux poèmes de Victor ont été mis en musique, que ce soit par Liszt, Gounod, Fauré, Saint-Saëns… ou Brassens !

    Fauré les DjinnsCliquez sur l’image

    Dans un des poèmes des Orientales (1829), Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

    Ce thème a particulièrement inspiré Franz Liszt, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

    Liszt MazeppaCliquez sur l’image

    Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre d’Hugo figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si VH n’apparaît pas au générique de ce film).

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    littérature, Oulipo, Poésie

    LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 21 à 25)

    Après les première , deuxième, troisième et quatrième tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la cinquième et dernière tranche, soit les quatrains 21 à 25. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

    Aujourd’hui donc, la suite et la fin de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois (Arthur, si tu me lis, pardonne-moi !).

    Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
    Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
    Fileur éternel des immobilités bleues,
    Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

    Milhaud l'Enlèvement d'EuropeCliquez sur l’image

    J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
    Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
    – Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
    Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

    Rimski-Korsakov le Coq d'orCliquez sur l’oiseau d’or

    Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
    Toute lune est atroce et tout soleil amer :

    Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur l’image

    L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
    Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

    Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
    Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

    Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

    Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
    Un bateau frêle comme un papillon de mai.

    Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
    Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
    Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
    Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

    Citations musicales :

    l’Europe : Milhaud, l’Enlèvement d’Europe.

    Oiseaux d’or : Rimsky-Korsakov, le Coq d’or.

    Toute lune est atroce : Berg Wozzeck.

    le crépuscule embaumé : Berlioz, la Damnation de Faust.