Animation 1, Divers, Mythologie

LES SORCIÈRES À L’OPÉRA

De tout temps, les sorcières ont occupé une bonne place à l’opéra, depuis le Didon et Enée (1689) de PURCELL jusqu’aux Diables de Loudun (1969) de PENDERECKI.

Parmi les plus marquantes figurent, outre celles de Didon et Enée déjà citées, la sorcière Alcina de l’Orlando furioso (Roland furieux) de l’ARIOSTE, et ses nombreuses adaptations dans le monde lyrique (Orlando furioso (1727) de VIVALDI, Alcina (1735) de HAENDEL,…)

Purcell Didon & Enée SorcièresCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on trouve encore la présence de sorcières dans le Macbeth de VERDI, ou la Naïna de Ruslan et Ludmila (1842), le premier opéra russe, écrit par GLINKA, le père de la musique russe. Il y a aussi la sorcière mangeuse d’enfants de Hansel et Gretel (1891) d’HUMPERDINCK.

Humperdinck Hansel und GretelCliquez sur l’image

Dans le folklore russe, la figure de la Baba Yaga peut être assimilée à celle d’une fée ou d’une sorcière. On en trouve une dans Les Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, dans le morceau La cabane sur des pattes de poule.

moussorgski Tableaux d'une exposition Baba YagaCliquez sur l’image

En 1900, dans Rusalka (1900) de DVORAK, c’est Jezibaba la sorcière qui aide l’héroïne à entrer dans le monde des humains, puis qui la maudit quand elle refuse de tuer le prince qu’elle aime, mais qui l’a rejetée.

Dvorak Rusalka JezibabaCliquez sur Jezibaba

Et pour le XXe siècle, on trouve la Fata Morgana (la Fée Morgane) dans l’Amour des trois oranges (1919) de PROKOFIEV, ainsi que les Diables de Loudun déjà cité.

Et comme vous commencez à me connaître, j’adore l’univers du dessin animé, je ne peux donc pas résister à vous mettre l’Apprenti sorcier de Paul DUKAS, extrait du Fantasia de DISNEY, où l’on voit Mickey serrer la main du chef d’orchestre STOKOWSKI.

Divers, Nature, Shakespeare

LES QUATRE SAISONS (1) : L’HIVER.

Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui

Stéphane Mallarmé, Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Aujourd’hui c’est l’hiver qui commence, au jour le plus court de l’année et à partir duquel les jours vont rallonger jusqu’à l’été. À cette occasion, j’ai imaginé une série de 4 billets qui illustreront les 4 saisons. Voici le premier.

Évidemment, quand on dit 4 saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI. (Si on disait 4 saisons et nourriture, on penserait aussitôt « pizza », mais ça, je le laisse à d’autres blogueurs. 😉)

Vivaldi l'hiver 1Cliquez sur l’image

Avant Vivaldi, PURCELL avait déjà évoqué un génie du froid dans son King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song OrlinskiCliquez sur le génie du Froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur, qui se remémore différentes étapes de sa vie avant d’avoir des hallucinations (Drei Nebensonnen) puis de croiser sur sa route un étrange vieillard qui vient le chercher, mais pour aller où (Der Leiermann) ?

… Wunderlicher Alter, mit dir soll ich gehn?
Merveilleux vieillard, avec toi dois-je aller?

Schubert Winterreise der LeiermannCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust chante le changement de saison (Le vieil hiver a fait place au printemps).

Berlioz Damnation le vieil hiverCliquez sur l’image

Dans l’opéra Snegourotchka (la Fille de neige) (1881) de RIMSKI-KORSAKOV, l’héroïne se trouve être la fille de l’Hiver et du Printemps, menacée de mort par le soleil. Son sort est proche de celui de Rusalka puisqu’elle part vivre chez les humains, et finit par déclarer son amour à l’un d’entre eux, et là, paf ! un rayon de soleil apparaît et la fille de neige s’évanouit.

Autre présence de l’hiver dans l’opéra Jenufa (1903) de JANACEK. Dans cet opéra dont le sujet aurait pu être vériste s’il avait été italien, l’héroïne Jenufa a conçu un enfant en dehors des liens du mariage. L’existence de cet enfant caché ruine les projets de mariage entre Jenufa et son fiancé officiel, ce pour quoi la future belle-mère enlève l’enfant et le jette dans la rivière gelée. Au printemps suivant, on retrouve au moment du mariage le cadavre du bébé gelé lors de la fonte des neiges, révélant le scandale au grand jour.

DEBUSSY a mis en musique l’hiver dans son Yver vous n’estes qu’un villain extrait des 3 Chansons de Charles d’Orléans. Il a également écrit dans ses préludes « impressionnistes » le n° 6, Des pas sur la neige.

Debussy Yver vous n'êtes qu'un vilainCliquez sur Debussy

Autre compositeur français du XXe siècle à avoir gâté les chœurs avec ses très belles pièces, POULENC a écrit La blanche neige, dans ses 7 chansons pour chœur a cappella.

Dernier avatar de l’hiver, l’adaptation à l’opéra par BOESMANS en 2000 du conte d’hiver de SHAKESPEARE.

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérer que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

P.P.S. : Retrouvez d’autres musiques sur le thème de l’hiver en cliquant sur le lien.

Cinéma, Divers, Poésie, Shakespeare, Woody Allen

LES DOUZE COUPS DE MINUIT

Une fois, par un minuit lugubre, comme je m’appesantissais faible et fatigué
Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié…
Edgar Allan POE (Trad. MALLARMÉ)

Minuit : une journée qui finit, une journée qui commence. C’est l’heure favorable pour le dénouement des actions, ou au contraire pour le début de nouvelles. Aussi n’est-ce pas un hasard si de nombreuses scènes d’opéra se déroulent à minuit.

Dans Le Freischütz (1821) de WEBER, la fameuse scène de la fonte des balles maudites à la Gorge aux Loups se déroule à minuit.

Dans Gustave III (1833) d’AUBER, la devineresse Arvedson donne rendez-vous à l’héroïne Amélie à minuit au pied d’un gibet pour y cueillir une plante maléfique dont les racines la délivreront d’un amour coupable.

Auber Gustave III minuitCliquez sur la pochette du disque

On retrouve l’intrigue de Gustave III dans Le Bal masqué (1859) de VERDI, puisque c’est le même livret de SCRIBE qui a été adapté pour Verdi. La censure qui sévissait en Italie rendant impossible de montrer un régicide sur scène, l’action a été transposée aux Amériques. La devineresse s’appelle alors Ulrica, et Amélie Amélia.

Dans Le Songe d’une nuit d’été (1850) d’Ambroise THOMAS, qui met en scène Falstaff et  la reine Elizabeth I en amoureuse secrète de SHAKESPEARE (sic), on trouve une scène dans la forêt royale de Richmond, avec  un chasseur maudit qui apparaît à minuit. (Air: dans l’ombre de la nuit).

En 1868, dans Hamlet, Thomas fait intervenir le spectre du père du héros à minuit, pour lui demander de venger son assassinat.

Thomas Hamlet le spectreCliquez sur l’image

Verdi était un habitué des douze coups de minuit puisque dans Rigoletto (1851), c’est dans une auberge que se noue le sort de Gilda, la fille cachée de Rigoletto. Celui-ci a commandité l’assassinat du duc à minuit, mais les assassins décident de lui laisser la vie sauve si un voyageur se présente à la porte avant l’heure fatale. Gilda, amoureuse du duc, se sacrifie et entre dans l’auberge où elle meurt sous les coups des reîtres payés par son père.

Verdi Rigoletto scène finaleCliquez sur la scène finale de Rigoletto

Verdi récidive dans Don Carlos (1867), où le héros a rendez-vous à minuit avec Elisabeth de Valois, pour lui déclarer sa flamme. Et dans son dernier opéra, Falstaff (créé en 1892), on joue une farce à Falstaff en lui donnant un rendez-vous galant à minuit dans le parc royal. Mais c’est un coup monté qui l’attend quand sonnent les douze coups de minuit, les villageois déguisés provoquent un sabbat destiné à le punir en lui faisant peur (Air et chœur: Sul fil d’un soffio etesio).

Dans La Chauve-souris (1874) de J.STRAUSS, ce ne sont pas les douze coups de minuit que l’on entend, mais les six coups qui marquent six heures du matin, et qui signifient que la folle fête est terminée.

Dans Midnight in Paris (2011) de Woody ALLEN, on peut entendre la barcarolle des Contes d’Hoffmann, ainsi qu’un french cancan de La Vie parisienne, d’OFFENBACH.

Divers, histoire, littérature

LA RÉVOLUTION FRANCAISE (1)

Puisque Les feuillets du patrimoine a eu l’amabilité de me citer récemment, je me suis dit rendons lui la pareille en rebondissant sur son billet sur la Révolution (ou plutôt sur le « rien » du journal de Louis XVI au 14 juillet 1789). Ceci me permet en outre de tester les liens inter-blogs (j’espère que ça va fonctionner 😀).

La Révolution française a inspiré directement ou indirectement maints opéras ou sujets d’opéra.

La pièce Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, est considérée comme un préfigurateur de la Révolution. Elle a inspiré notamment le chef-d’œuvre mozartien Les Noces de Figaro. Sur l’aspect prérévolutionnaire, voir l’air « Se vuol ballare… » (Le comte a des vues sur la fiancée de son valet Figaro, qui lui chante [je traduis approximatif : Si le baron veut danser, je saurais l’accompagner à la guitare…])

Mozart Le nozze Se vuol ballareCliquez sur Figaro

Beethoven

Le plus connu des opéras inspirés par la Révolution française est Fidélio (1814), de BEETHOVEN (1770 – 1827). Beethoven était épris de liberté, et les idéaux de la Révolution française avaient une résonance en lui. Aussi choisit-il Léonore ou l’amour conjugal, une pièce française inspirée d’un fait divers de la Révolution, pour sujet de son unique opéra.

Beethoven Fidélio choeur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

À l’époque où il écrivait la première version de Fidélio, Beethoven composait sa 3e symphonie, initialement dédiée à Bonaparte, le sauveur des idées de la Révolution française. Quand il apprend en 1804 que Bonaparte se fait couronner empereur, Beethoven déchire la dédicace, et renomme sa symphonie Héroïque.

Parmi les compositeurs ayant écrit pour la Révolution figure MÉHUL (1763 – 1817), dont le Chant du départ nous est resté. Méhul a composé une trentaine d’opéras, dont Joseph (1807), qui a connu le succès dans toute l’Europe. (Si vous écoutez bien la vidéo du Chant du départ, vous pourrez m’entendre dans le chœur 😀.)

Méhul le Chant du départCliquez sur l’image

Le destin tragique du poète révolutionnaire André CHÉNIER (1760 – 1794) a servi de trame à l’opéra vériste Andrea Chénier (1896) de l’italien GIORDANO.

Enfin, last but not LISZT comme disent les musiciens, il faut noter le poignant Dialogues des Carmélites (1953), de POULENC (1899 – 1963), d’après BERNANOS, qui raconte l’histoire de religieuses qui finissent guillotinées par les révolutionnaires pour n’avoir pas voulu abjurer leur foi. Écoutons la poignante scène finale où les religieuses chantent le Salve Regina en montant à l’échafaud, leur chant s’éteignant petit à petit au fur et à mesure que tombe le couperet de la guillotine.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Retrouvez ici d’autres musiques composées pour la révolution française.

Post-Scriptum : j’allais oublier l’opéra-rock La Révolution française (1973) de Claude Michel SCHÖNBERG, un des plus gros succès de la comédie musicale française.

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Divers

LE VIN, le vent, la vie… (2 LE VIN)

🍾 Champagne ! 🍾

Après le vin, LE VENT, la vie, qui s’intéressait au VENT, intéressons-nous à la consommation de boissons alcoolisées à l’opéra. (Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et qu’il faut savoir l’apprécier et le consommer avec modération.) Voici donc un petit florilège d’airs à boire ou de scènes de tavernes.

Dans l’Enlèvement au sérail (1782) de Mozart, on met un somnifère dans le vin d’Osmin pour endormir le gardien du sérail : Viva Baccho 

Mozart encore, avec Don Giovanni (1787) où le héros invite tout le monde à une fête dans son château (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Mozart Don Giovanni Fin ch'han dal vinoCliquez sur Don Giovanni

Au premier acte du Freischütz (1821) de Weber, Caspar veut faire boire Max pour endormir sa méfiance.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Dans Le Comte Ory (1828) de Rossini, le héros et ses compagnons, déguisés en pèlerines pour entrer dans un couvent, mettent la main sur la réserve de vin.

Rossini le Comte Ory buvons du vinCliquez sur les fausses pélerines

Dans l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le fameux élixir n’est autre que du bordeaux.

En 1837, dans Benvenuto Cellini, Berlioz fait entonner une chanson à boire aux ciseleurs, avant que Cellini ne leur demande un hymne à la gloire de leur corporation (À boire, à boire,… honneur aux maîtres ciseleurs).

Berlioz Benvenuto Cellini A boire a boire a boireCliquez sur l’image

On retrouve Berlioz avec La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ et son chœur des buveurs (qui sait quelque plaisante histoire…)

Berlioz la Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le chœur des buveurs

Et Berlioz encore avec Béatrice et Bénédict (1862), où à la taverne les choristes improvisent une chanson à boire (« Le vin de Syracuse »).

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Un des chœurs les plus connus de La Traviata (1853) de Verdi est le toast que porte Alfredo connu sous le nom de Brindisi (libiamo).

Verdi la Traviata LibiamoCliquez sur Domingo, Netrebko et Villazon !

Dans son Hamlet (1868), Ambroise Thomas fait chanter à Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Thomas Hamlet O vin dissipe la tristesseCliquez sur l’image

Dans Boris Godounov (1872), la fin de l’acte I se déroule dans une auberge près de la frontière lithuanienne. Le moine Varlaam pris de boisson y chante son récit de la bataille de Kazan.

varlaamCliquez sur Varlaam

Chaque invité portant un toast, le champagne coule à flots à la fin de la Chauve-souris (1874) de Johann Strauss.

Dans La Périchole d’Offenbach, l’héroïne prise de boisson chante Je suis grise.

Dans le prologue des Contes d’Hoffmann (1881) du même Offenbach, le héros est dans une taverne et ses amis lui demandent le verre à la main de parler des femmes de sa vie.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Dans Werther (1887) de Massenet, au début du IIe acte, les amis du bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus.

La Veuve joyeuse (1905) de Franz Lehar se termine chez Maxim’s où l’on danse et l’on boit, avant que les héros Missia et Danilo ne finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre (mais ça, on s’en doutait depuis longtemps !)

Alban Berg, l’auteur de Wozzeck et Lulu a écrit une cantate sur le vin : Der Wein, d’après Les  Fleurs du mal de Baudelaire.

En 1926, Gershwin nous offre ce « Vodka » dans Song of the Flame.

Gershwin VodkaCliquez sur l’image

Dans la scène du bordel du Rakes’progress (1951) de Stravinsky, Mother Goose fait boire Tom, le héros.

Et enfin, si cet article vous a plu, retrouvez d’autres chansons à boire à l’opéra sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

Post-scriptum, si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous avez bien droit à un bonus mystère :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus mystère

Et si vous vous intéressez au tabac, cliquez sur le lien suivant : Fume fume fume cette cigarette.

Divers

Je me souviens…

Je me souviens est le titre d’un livre de Georges PEREC paru en 1978. J’y reviendrai.

Sur ce thème des remémorations, je vais ici vous parler de quelques souvenirs mémorables liés à l’opéra.

Je me souviens de ma première Walkyrie à Rouen. C’était dans les années 70 et ça devait être mon premier opéra vu sur scène.

Je me souviens de Saint-François d’Assise de MESSIAEN. Mon premier spectacle au palais Garnier quand je suis arrivé à Paris pour y travailler. Un rêve. José van Dam chantant J’ai peur sur la route, Christiane Eda-Pierre dans le rôle de l’ange, Siegmund Nimsgern dans le rôle du lépreux, et le prêche aux oiseaux sous la baguette de Seiji OZAWA.

Je me souviens d’Atys de Lully à la salle Favart, sous la direction de William Christie, qui a contribué à la redécouverte de tout un monde baroque.

Je me souviens du choc éprouvé avec The Turn of the screw de BRITTEN. D’enthousiasme, je suis retourné le voir le lendemain.

Je me souviens de Tristan und Isolde à Bayreuth. Le silence absolu (et dans le noir) d’où émergea de façon si ténue le début du prélude du 1er acte. Et à l’entracte, j’avais pu me glisser en coulisse pour assister au changement de décor.

Je me souviens de la mort de Boris Godounov chantée par Nicolaï Ghiaurov à Garnier, si expressif dans son jeu et son chant qu’il était presque choquant de le voir se relever et saluer après une mort si réussie.

Je me souviens de Rusalka de DVORAK, un spectacle frôlant la perfection (musique, chant, décors, mise en scène, éclairages…)

Je me souviens de Joseph de MÉHUL que j’ai eu le privilège de chanter en juillet 1989 sur les Champs-Élysées. Il y avait dans cette production une petite jeune qui débutait, une certaine Nathalie DESSAY. Elle chantait au milieu du chœur, juste à côté de moi.

Je me souviens avoir inauguré, dans les chœurs, le Théâtre Impérial de Compiègne, avec Gustave III de AUBER et Laurence DALE dans le rôle de Gustave. (Je me souviens également avoir découvert ce que peuvent être les relations entre un chef d’orchestre et son orchestre, mais ça, je ne peux pas en écrire le détail. En tout cas, ça m’a servi ultérieurement dans les fonctions managériales qu’il m’est arrivé d’exercer.)

Divers

Les histoires d’amour finissent mal… (2)

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Cet adage des Rita Mitsouko s’applique bien aux opéras, qui bien souvent se terminent par la mort de l’héroïne (ou du héros).

Je vais donc vous proposer ici de trouver quelques airs fameux illustrant la mort du héros [pour la mort des héroïnes, voir « Les histoires d’amour finissent mal… (1) « ].mort de don giovanniEn 1787, dans la fantastique scène finale du Don Giovanni de MOZART, la statue du commandeur vient chercher Don Giovanni pour le conduire en enfer.

En 1833, à la fin de Gustave III ou le Bal masqué d’AUBER, Gustave meurt sous les coups de son ministre Ankastrom, alors même qu’il venait de renoncer à son amour pour Amélie, la femme de celui-ci. (Je suis particulièrement heureux de mettre ce final, car je chantais dans les chœurs pour cet enregistrement réalisé lors de l’inauguration du théâtre impérial de Compiègne).

En 1835, à la fin de Lucia di Lammermoor, Edgar se donne la mort quand on lui apprend que Lucia, son amour, est morte.

En 1846, à la fin de la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphistophélès entraîne Faust en enfer dans une chevauchée fantastique.

En 1859, à la fin de Tristan und Isolde de WAGNER, Tristan meurt (avant qu’Isolde ne le rejoigne dans la mort). ghiaurov                                                               Nicolaï GHIAUROV

En 1872, à la fin de Boris Godounov de MOUSSORGSKI, Boris meurt dans une des scènes les plus fortes de l’histoire de l’opéra.

En 1874, dans le Crépuscule des dieux (Götterdammerung) de WAGNER, après la mort de Siegfried, son corps est transporté sur le Rhin, peu avant l’embrasement final et la fin des dieux.

En 1886, Otello meurt sur le corps de sa femme Desdémone quand il comprend qu’il l’a accusée (et tuée) à tort.

En 1957, dans West Side Story les Jets et les Sharks escortent le corps de Tony dans un dernier convoi funèbre.

En 1972, BRITTEN fait mourir Eschenbach du choléra à la fin de son crépusculaire La mort à Venise écrit d’après Thomas MANN.

Enfin, il arrive qu’à l’opéra l’héroïne ET le héros meurent ensemble. Retrouvez ces scènes dans Les histoires d’amour se terminent mal… (3) .

Animation 1, Compositrices, Divers, Fantaisie

LES ONOMATOPÉES

« Ono m’a topé », aurait déclaré John LENNON après sa rencontre avec Yoko. Pour le plaisir, écoutons Imagine !

Si l’on chante beaucoup à l’opéra (c’est un peu le concept, d’ailleurs), on y crie aussi, et les onomatopées n’y manquent pas.

Parmi les précurseurs figure Clément JANEQUIN (1485 – 1558) qui met en musique Les Cris de Paris, le Chant des oiseaux ou encore la Guerre qui imite en musique les bruits de la bataille.

Plus tard RAMEAU mettra en musique le coassement des grenouilles dans sa comédie Platée.

rameau platée grenouillesCliquez sur les grenouilles

Dans l’ébouriffant final (septuor) du 1er acte de l’Italienne à Alger, Rossini fait chanter des onomatopées à chacun des protagonsites (et ça fait Tic tic, Tap tap, Boum Boum, Clac Clac…).

Rossini l'Italienne à Alger Septuor de la fin du 1er acteCliquez sur l’ébouriffant final du 1er acte de l’Italienne à Alger.

Dans Don Pasquale, de Donizetti, le chœur soulignant les péripéties de la journée, chante « Ding ding dong dong ».

Cliquez sur l’image

À la fin de la Damnation de Faust, après la chevauchée fantastique ponctuée des hop hop de Méphisto, BERLIOZ fait chanter aux esprits de l’enfer un pandémonium sur des onomatopées de son invention (has irimiru karabrao…).

WAGNER n’a pas lésiné non plus sur les onomatopées avec le Hoyotoho Heya Heya dans cette autre chevauchée fantastique qu’est la chevauchée des Walkyries.

Dans le Coq d’or, RIMSKY-KORSAKOV fait chanter son coq en russe, ce qui nous donne Kikeriki koko koko (alors que chacun sait que le coq anglais fait cock-a-doodle-doo).

tex avery cock a doodle doCliquez sur l’image

Le « Rataplan » du 3e acte de La Force du destin du VERDI est aussi un bon exemple d’onomatopées qui doit être amusant à chanter.

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Sur les conseils de Camille (merci Camille), j’intègre ici la « légende de Kleinzach » et ses clic clac, cric crac, flic flac, extraite des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

kleinzachCliquez sur l’image

D’Offenbach également, il faut citer le final de la Vie parisienne, avec son « Et pif et paf et pif et pouf ».

Offenbach la Vie parisienne pif paf poufCliquez sur l’image

Et en marge de l’opéra, je ne peux résister au plaisir de vous présenter la stripsody de la grande Cathy BERBERIAN. Cathy Berberian, pour qui la musique des Beatles (voir l’intro de ce billet) était de la musique contemporaine, n’a pas hésité à enregistrer un disque de leur musique.

Stripsody qu’il est facile de rapprocher du titre de Gainsbourg Comic Strip (et ça fait Shebam, plop, wizz…).

onomatopéesCliquez sur les onomatopées

Et puisque j’étais il n’y a guère à Bastille pour les Huguenots de MEYERBEER, j’ai sursauté en entendant dans l’air de Marcel du 1er acte Piff, Paff, Pouff (sic).

Divers, Maria Callas

Les histoires d’amour finissent mal… (1)

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Cet adage des Rita Mitsouko s’applique bien aux opéras, qui bien souvent se terminent par la mort de l’héroïne (ou du héros, voire des deux).

Je vais donc vous proposer ici de trouver quelques airs fameux illustrant la mort de l’héroïne (pour respecter la parité, j’ai aussi écrit un billet sur la mort des héros). Malena Ernman                                                                 Malena Ernman

Ainsi, dans Didon et Enée, PURCELL donne à Didon un des plus beaux airs d’adieu à la vie qui soient : When I am laid in earth.

 Anna Netrebko                                                                  Anna Netrebko

Dans Anna Bolena, DONIZETTI fait sombrer dans la folie avant son exécution son héroïne injustement accusée d’adultère et condamnée à mort : Coppia iniqua.

Toujours de Donizetti, dans Marie Stuart, écrit d’après le drame de SCHILLER, Marie adresse une prière avant de mourir sur l’échafaud.

 Maria Callas Otello                                                                   Maria Callas

Et dans son Otello, VERDI fait chanter un sublime Ave Maria à Desdémone, avant que celle-ci ne meure, étranglée par son mari jaloux.

À la fin de Rigoletto, Gilda se sacrifie pour son amant le duc et meurt sous les coups qui auraient dû tuer celui-ci.

 Nathalie Dessay Traviata                                                                  Nathalie Dessay

La mort de Violetta dans La Traviata est une autre occasion pour Verdi d’offrir un de ses airs sublimes dont il avait le secret (prendi quest’é l’immagine).

  Waltraud Meier                                                                  Waltraud Meier

Le « rival » de Verdi, WAGNER n’est pas en reste avec la mort d’Isolde dans son opéra Tristan et Isolde (Liebestod).

À la fin de son Faust, GOUNOD fait chanter à Marguerite condamnée une prière pour aller au paradis : Anges purs, anges radieux.

À la fin de Manon, MASSENET fait mourir Manon dans les bras de Des Grieux, en reprenant un de leurs duos d’amour : N’est-ce plus ma main que cette main presse ?

Dans Pelléas et Mélisande, de DEBUSSY, Mélisande meurt en silence.

À la fin de La Bohème de PUCCINI, Mimi malade revient mourir chez son amant.

Dans Lulu de BERG (terminé par F.CEHRA), Lulu meurt sous les coups de Jacques l’éventreur dans un grand cri.

Le final saisissant du Dialogue des Carmélites de POULENC voit les religieuses du couvent (pendant la Révolution française) marcher à l’échafaud  en chantant un Ave Maria qui s’éteint petit à petit jusqu’à la mort de la dernière d’entre elles, Blanche de la Force.

En 1925, dans l’affaire Makropoulos, Elina meurt en avouant sa lassitude d’avoir vécu si longtemps.

Janacek l'Affaire Makropoulos Acte III FinalCliquez sur l’image

Les hommes aussi meurent à l’opéra. Retrouvez quelques morts d’hommes dans Les histoires d’amour finissent mal… (2).