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MUSIQUE ET MATHÉMATIQUES – 1 – L’HARMONIE : LES ACCORDS ET LES GAMMES

Dans l’antiquité, à l’époque de Pythagore, la musique était une branche des mathématiques. Et la musique était harmonieuse parce qu’elle était mathématique !

Pythagore semble être le premier à avoir théorisé le rapport entre la longueur d’une corde que l’on fait vibrer, et la hauteur du son qu’elle émet en vibrant, sa fréquence. Pour étudier ce phénomène, les pythagoriciens ont inventé un instrument, le monocorde, soit une boîte (de résonance) et une corde dont on pouvait faire varier la longueur tout en la pinçant.

(merci France Musique pour l’image)

Et là, banco ! si on appuie sur le milieu de la corde, on obtient un son plus aigu, mais étrangement harmonieux par rapport au son d’origine. Normal, on joue l’octave, soit une note qui vibre exactement au double de la fréquence originale. Vous pouvez faire l’expérience vous-même si vous avez une guitare, mais un simple élastique tendu entre deux points peut aussi faire l’affaire.

Si vous fixez votre point au quart de la corde, vous obtiendrez encore une note plus aiguë, l’octave de l’octave, soit une note qui vibre quatre fois plus vite que l’originale.

Jusqu’ici, j’ai résonné, avec les pythagoriciens, comme si la note vibrait avec une fréquence pure, une fréquence unique (par exemple, dans notre système musical actuel, la convention que le la des musiciens soit fixé à 440 hertz. Mais dans la nature, les choses sont plus compliquées, et un corps qui vibre le fait avec sa fréquence propre, dite fondamentale, mais aussi avec plein de fréquences supplémentaires, telles que la tierce ou la quinte.

La tierce (majeure) est la note qui vibre avec un rapport de 5/4 par rapport à la fondamentale. La quinte est une note qui vibre avec un rapport de 3/2 par rapport à la fondamentale. On la trouve très facilement en appuyant notre corde ou notre élastique au 2/3 de sa longueur.

En jouant la fondamentale, la tierce majeure et la quinte, on obtient un accord dit parfait. Comme il est naturellement présent dans tous les corps vibrants, nos oreilles sont habituées à l’entendre, même si on n’a aucune connaissance de la musique. On l’entend partout dans la nature, et donc, il nous semble naturel. Beaucoup de musiques, savantes ou populaires, sont bâties sur un tel accord.

Pythagore et ses élèves avaient également trouvé la quarte, soit la note que l’on obtient en appuyant au 3/4 de notre corde vibrante. À partir de ces notes de base, et avec l’aide du calcul des rapports (rappelons que Pythagore était un des plus grands mathématiciens de son époque), ils ont déduit la gamme, constituée de douze notes permettant d’aller d’une fondamentale à son octave. Ainsi, dans la notation musicale telle qu’on l’apprend à l’école, on arrive à cette gamme en do majeur, composée de 6 tons, ou douze 1/2 tons.

(ici : do – ré = un ton, ré -mi = un ton, mi – fa = 1/2 ton, fa – sol = un ton, sol – la = un ton, la – si = un ton et si – do = 1/2 ton).

Cliquez et chantez la gamme avec Julie Andrews

Les choses évoluèrent peu pendant plusieurs siècles, et il faudra que Descartes se penche sur le problème des résonances et de l’harmonie dans son Musicae compendium. Ce livre inspirera Rameau qui achèvera de théoriser les rapports entre la fréquence fondamentaloe d’une corde qui vibre et ses différents harmoniques dans son Traité de l’Harmonie réduite à ses principes naturels. Il y écrit « La musique est une science physico-mathématique; le son en est l’objet et les rapports trouvés entre différents sons en sont l’objet mathématique. Sa fin est de plaire et d’exciter en nous diverses passions. »

Je vous disais plus haut qu’on trouvait ces accords et ces harmonies parfaites dans beaucoup d’œuvres. Je vous propose ici le motet de J.-S. Bach Lobet den Herrn, alle Heiden, qui commence par une belle montée « fondamentale, tierce, quinte, octave » sur o-o-o-o (avant de se compliquer un peu) !

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Le triton, ou diabolus in musica, est composé de trois tons entiers. Il a longtemps été interdit, car étant la musique du diable. Bien entendu, ce tabou a disparu avec le temps et on trouve un très bel exemple de triton dans l’air « Maria » de West Side Story de Bernstein.

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Les accords « de base » ont été pendant des siècles les seuls recommandés pour l’écriture de la musique, mais au fil du temps, et l’oreille des musiciens s’accoutumant à ces accords, les plus audacieux des compositeurs se sont lancés dans leurs œuvres sur des accords auparavant interdits, car jugés trop dissonants. Il semblerait que ce soit Liszt qui ce soit le premier débarrassé du corset de la tonalité, dans sa bagatelle appelée, justement, « sans tonalité », c’est-à-dire qu’il n’y a plus dans cette œuvre de note de référence, de fondamentale, sur laquelle toutes les autres notes s’appuient. Vingt ans après Liszt, le Viennois Arnold Schönberg théorisera cette égalité entre les douze sons de la gamme, en créant le dodécaphonisme (dodéca = 12).

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(Source : même si cela fait longtemps que j’ai envie d’écrire sur ce thème Musique et mathématiques, je dois mentionner ici la série de podcasts que France Musique diffuse cet été.)

Retrouvez ici le deuxième article sur les mathématiques et la musique, consacré à la mesure et à la décomposition du temps.

Mes opéras préférés

LA SERVANTE MAÎTRESSE, de PERGOLÈSE (1733)

La Servante maîtresse (la Serva padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733. Un intermezzo, ou intermède, est une petite pièce qui était jouée à Naples pendant l’entracte d’un opéra sérieux (opera seria).

La reprise à Paris de cette œuvre en 1752 servira de prétexte à la querelle des Bouffons, qui opposera les tenants du chant italien, défendu par Rousseau, Diderot et Grimm et du chant français, défendu par Rameau.

La querelle des Bouffons. Déclenchée à l’occasion d’une représentation de la Servante maîtresse de Pergolèse en 1752, elle oppose les partisans du drame lyrique français, respectueux de l’harmonie chère à Rameau et ceux de l’opéra-bouffe italien, valorisant la mélodie. Elle est alimentée par Rousseau, auteur de l’opéra le Devin du village (1752), qui n’a pas apprécié les critiques de Rameau. Il décrète que le français n’est pas une langue faite pour le chant, à l’inverse de l’italien. La querelle des Bouffons marque la limite entre l’opéra baroque et l’opéra classique.

En 1754, il y eut une nouvelle série de représentations, en français, avec notamment madame Favart dans le rôle principal.

Le pitch : Un vieux garçon, Uberto, est fatigué de la tyrannie exercée par sa servante, Serpina (Zerbine). Il charge son valet Vespone (rôle muet) de lui trouver une femme qui lui soit soumise. Serpina compte bien se faire épouser. Elle annonce son mariage avec un certain capitaine Tempête, et en fait une description telle qu’Uberto, qui a un faible pour elle, demande à le rencontrer. Vespone joue le rôle de Tempête et Serpina informe Uberto que le capitaine demande une dot énorme. Il n’accepte de renoncer au mariage que si c’est Uberto qui épouse la servante. Uberto accepte ce mariage et Serpina passe ainsi du statut de servante à celui de maîtresse.

Acte I : Uberto, qui vient de se réveiller, est en colère parce que sa servante Serpina est en retard pour lui porter la tasse de chocolat avec laquelle il commence habituellement la journée (Air : « Aspettare e non venire ») et parce que son serviteur, Vespone, ne l’a pas encore rasé.

Cliquez sur Uberto

Il envoie Vespone chercher Serpina et elle se présente, prétendant en avoir assez, demandant que bien qu’étant une servante, elle soit respectée et traitée comme une vraie dame. Uberto perd patience et demande à Serpina de changer d’attitude (Air : « Sempre in contrasti »).

Cliquez sur Serpina, Uberto et Vespone

Serpina se plaint à son tour de ne recevoir que des reproches malgré les soins continus qu’elle offre à son maître et lui ordonne de se taire.
Uberto se fâche et décide de prendre une femme pour avoir quelqu’un qui puisse être capable de contrer sa servante impertinente. Il ordonne donc à Vespone d’aller à la recherche d’une femme à épouser et demande qu’on lui apporte les vêtements et le bâton pour qu’il puisse sortir. En réponse, Serpina lui dit de rester à la maison parce qu’il est tard et lui dit que, s’il ose sortir, elle l’enfermera dehors. Une vive querelle s’engage, qui s’est évidemment déjà produite d’autres fois, au cours de laquelle Serpina demande au maître de la prendre pour épouse, mais Uberto refuse résolument (Duetto : « Lo conosco a quegli occhietti »).

Cliquez sur Uberto et Serpina

Acte II :

Serpina a convaincu Vespone de l’aider à épouser Uberto, en lui promettant une bonne place. Vespone se déguise en capitaine Tempête et attend d’entrer en scène.

Serpina annonce à Uberto qu’elle a trouvé un mari, un soldat appelé Capitaine Tempête. Uberto est frappé par cette nouvelle. Il tente de cacher son émoi en se moquant de la servante, mais laisse échapper qu’il a une certaine affection pour elle et qu’elle lui manquera. Serpina, se rendant compte qu’elle est proche de la victoire, donne le coup de grâce en utilisant la carte de la pitié, et lui demande de ne pas l’oublier et de lui pardonner si elle a parfois été impertinente (Air : « A Serpina penserete »).

Cliquez sur Uberto et Serpina

Serpina demande à Uberto s’il veut rencontrer son mari et celui-ci accepte, à contrecœur. Serpina sort chercher son fiancé. Uberto, seul, s’interroge. Il se rend compte qu’il est amoureux de Serpina, mais que selon l’étiquette un noble ne peut pas se marier avec sa servante (Air : « Son imbrogliato già »).

Cliquez sur Serpina et Uberto

Il est interrompu dans ses pensées de Serpina et Tempête. Uberto est jaloux. Le Capitaine Tempête ordonne à Uberto par la bouche de Serpina de lui payer une dot de 4 000 scudi faute de quoi le mariage n’aura pas lieu et ce sera Uberto qui devra l’épouser à sa place.
Uberto proteste mais Tempête se fait menaçant et Uberto finit par accepter de prendre Serpina pour épouse. Vespone révèle sa véritable identité mais le maître, maintenant satisfait de la façon dont les faits se sont déroulés, lui pardonne. L’ouvrage se termine par la phrase qui explique le titre de l’histoire : Et je suis devenue une servante déjà maîtresse.

Cliquez sur le duo final
Compositeurs

Johann Christian BACH (1735-1782)

Johann Christian Bach (en français Jean-Chrétien Bach) est né le 5 septembre 1735 à Leipzig. Son père, Jean-Sébastien Bach, a connu quelque notoriété dans le monde musical. Jean-Chrétien est son dix-huitième enfant (le onzième des treize enfants que J.-S. a eu avec sa deuxième femme Anna-Magdalena), et son plus jeune fils. À sa naissance, Jean-Sébastien avait alors 50 ans, et il lui restait 15 ans à vivre.

Naturellement, Jean-Chrétien bénéficie de l’enseignement de son père, mais de tous ses frères et sœurs, c’est lui qui connaîtra la carrière la plus cosmopolite ! À la mort de son père, le jeune Jean-Chrétien est recueilli à Berlin chez son grand frère, Carl Philipp Emmanuel, qui complète son apprentissage du clavecin et de la composition.

En 1754, Jean-Chrétien part en Italie où il découvre la musique italienne. Il se fait appeler Giovanni et se rend à Bologne pour suivre les cours du padre Martini. Sa musique y perd en germanité au profit d’une certaine italianité. Si cette période est marquée par des œuvres de nature religieuse, il commence néanmoins à s’intéresser au genre maître en Italie, l’opéra.

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À 25 ans, il est nommé organiste de la cathédrale de Milan, même s’il doit pour cela changer de religion !

En 1761, Jean-Chrétien compose son premier opéra, Artaserse.

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Le succès de cet opéra et des deux autres qui suivent, Catone in Utica (1761) et Alessandro nelle Indie (1762) lui vaut d’être remarqué par des impresarios anglais qui lui commandent des opéras, et il écrit alors des opéras en italien (Orione, Zanaïda) pour Londres, comme l’avait fait quelques années plus tôt son auguste prédécesseur Haendel. En 1762, il se rend en Angleterre pour régler les répétitions, et il s’installe à Londres où son succès est tel qu’il devient maître de musique de la reine Charlotte. Il change encore de prénom pour se faire appeler John.

Avec un violiste de ses amis, Abel, il fonde une société de concert, les Bach-Abel-Concerts, et c’est pour cette société qu’il fait découvrir en Angleterre un tout nouvel instrument, le piano-forte.

En 1764, Jean-Chrétien rencontre le jeune Mozart, alors âgé de 8 ans. Il l’introduit à la cour d’Angleterre et lui donne des leçons de composition. Ils font de la musique ensemble et s’apprécient. Jean-Chrétien fait alors partie de la vie mondaine de Londres et en 1772, il entre à la loge maçonnique des Neuf Muses.

Jean-Chrétien fait deux voyages à Mannheim : en 1772 pour la création de Temistocle et en 1774 pour la création de Lucio Silla. En 1773, il se marie avec Cecilia Grassi, une chanteuse italienne. Ils n’auront pas d’enfant.

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En 1778, Jean-Chrétien se déplace également à Paris, où il écrit Amadis de Gaule, sur un livret de Quinault écrit un siècle avant pour Lully. Il retrouve Mozart à Paris.

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Il retourne alors en Angleterre, mais les goûts ont changé. Il connaît un dernier succès avec la Clemenza di Scipione.

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Jean-Chrétien Bach meurt d’une maladie de la poitrine le 1er janvier 1782 à Londres, à l’âge de 46 ans.

Parmi ses 24 opéras, on peut trouver un Olimpiade, d’après Métastase, un Orfeo ed Euridice et un Cefalo et Procri.

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On lui doit aussi de la musique de chambre, des airs de concert ainsi que des sonates pour clavier.

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(Source principale : le site de la Philharmonie de Paris et l’Encyclopedia Universalis)

Divers

LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DES JO 2024

Peut-être avez-vous regardé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Je n’ai pas pu en profiter en direct, bloqué que j’étais dans un train à cause des actes de sabotage qui ont paralysé la SNCF (au passage, un grand merci à tout le personnel de la SNCF qui s’est mobilisé pour que le trafic reprenne au plus vite), mais heureusement, il est possible de la revoir en différé sur le site de France Télévision jusqu’à la fin de l’année. Waouh, quel spectacle, du jamais vu pour une cérémonie d’ouverture qui est un spectacle plutôt codifié, les délégations navigant sur la Seine, et non pas dans un stade, et le défilé étant entrecoupé de tableaux représentants l’histoire de la France dans sa diversité.

Cette cérémonie avait été confiée à Thomas Jolly, metteur en scène de théâtre et d’opéra (Starmania). Une partie de la musique a été composée par Victor Le Masne, mais beaucoup d’extraits d’œuvres représentatives de la France et de son esprit ont également été joués.

Voici donc les extraits de musique (plutôt) classique qu’on a pu entendre (ou deviner).

Lady Gaga Mon truc en plume.

Offenbach Orphée aux enfers « Galop infernal ».

Claude-Michel Schönberg les Misérables « à la volonté du peuple ».

Chant révolutionnaire interprété par le groupe de métal Gojira et la soprano Marina Viotti « Ah ça ira ça ira ça ira » et « la Habanera » de Carmen de Bizet.

Cliquez sur la conciergerie

La rencontre improbable d’Aya Akamura et de la Garde républicaine.

Cliquez sur Aya Nakamura aux Invalides

Danse macabre de Saint-Saëns.

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Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy

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Jeux-d’eau (sous la pluie) de Maurice Ravel.

Cliquez sur les jeux d’eau (sous la pluie)

Sonate pour piano et violon de Debussy (enfin je crois).

Satie Gymnopédie n° 1.

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Dukas l’Apprenti sorcier.

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la Marseillaise chantée sur le toit du grand palais par Axelle Saint-Cirel.

Cliquez sur Axelle Saint-Cirel

Rameau les Indes galantes « Viens Hymen » chanté par le breakdancer Jakub Josef Orlinsky. Il est à noter que Kajub Josef était avec Marina Viotti dans la production de l’Olimpiade de Vivaldi donnée en juin dernier au Théâtre des Champs-Élysées.

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une pièce de clavecin (que je n’ai pas réussi à identifier).

John Lennon Imagine interprété par Juliette Armanet.

Cliquez sur le piano en feu

Le spectacle concert s’est terminé par l’allumage de la flamme olympique et l’hymne à l’amour de Piaf interprété par Céline Dion au 1er étage de la tour Eiffel.

Cliquez sur le 1er étage de la tour Eiffel
Oulipo, Poésie

« MARINE », de Paul VERLAINE

Le « poème mis en musique » de ce mois est un poème de Paul Verlaine, Marine.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

L’océan sonore

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Palpite sous l’œil

De la lune en deuil

Et palpite encore,

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Tandis qu’un éclair

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Brutal et sinistre

Fend le ciel de bistre

D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame

En bonds convulsifs

Le long des récifs

Va, vient, luit et clame,

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Et qu’au firmament,

Où l’ouragan erre,

Rugit le tonnerre

Formidablement.

Citations musicales :

L’océan sonore : Britten Peter Grimes « 4 interludes marins »

La lune en deuil : Puccini Turandot « Perché tarda la luna »

Un éclair : Philippe Hersant les Éclairs

Chaque lame, en bonds convulsifs : Wagner, le Vaisseau fantôme « Ouverture »

Rugit le tonnerre : Rameau Platée Orage (Tempête).

Agenda Ironique

MANDARINS ZET MANDARINES (A.I. de l’été 2024)

Cet été, c’est John Duff qui a été désigné pour notre plus grand plaisir pour piloter l’Agenda Ironique. Il est pour ce faire hébergé chez l’ami Tiniak. Et voici donc ses consignes, à l’ami John Duff :

Il y faudra, bien sûr, un bon peu d’ironie, mais surtout ce qui suit, sous le thème générique de LA CHUTE :

  • un mandarin et sa mandarine
  • un personnage en marcel
  • une locution latine (même détournée)
  • les mots : camembert, sinémurien, ouroboros et conchoïdale

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué ici.

Mon histoire commence dans le lointain Orient, encore appelé extrême Orient. Il y a de cela fort longtemps les mandarins zet les mandarines discutaient autour d’une tasse de thé, comme le rappelle très bien l’éminent orientaliste qu’était Maurice Ravel dans son Enfant et les Sortilèges.

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On le sait peu, mais dans la Bohème de Puccini, le peintre Marcello était peintre sur porcelaine, et c’est lui qui a décoré les charmantes tasses qui ont inspiré à Ravel le morceau que vous venez d’entendre. Marcello avait pour habitude pour peindre de s’habiller d’un marcel (c’est de là que vient le nom de cette vêture), et quand il était habillé en pingouin, comme dans l’extrait cidsous, Mimi se faisait fort de le lui reprocher.

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Locution latine, dura lex, fiat lux !

Peut-être vous êtes-vous déjà demandé quels étaient les fossiles mis en musique par Saint-Saëns dans son Carnaval des animaux ? Eh bien, de récentes découvertes en musicologie comparée ont révélé qu’il s’agissait d’acanthoceras rothomagenses, célèbres pour leur aspect conchoïdal. Ces coquillages repliés sur eux-mêmes semblent se mordre la queue, tel l’ouroboros que l’on trouve chez Hergé dans Tintin au Congo quand Tintin, pour se débarrasser d’un redoutable serpent, lui met la queue dans la bouche. Je dois dire que cette scène, quand j’étais petit, me plongeait dans des abîmes de perplexité, me demandant comment tout celà pouvait finir. Est-ce que le serpent allait devenir de plus en plus petit, pour ne plus finir que comme un cercle de rayon nul ?

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Le plus étrange dans tout celà c’est que, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, l’acanthoceras (rothomagenses) ne fait pas partie de l’étage sinémurien, cet étage géologique qui doit son nom à la ville de Semur-en-Auxois, sympathique petite ville où j’ai chanté dans ma folle jeunesse la petite messe solennelle de Rossini.

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Bon, et bien après ces divagations géologico-musicales, il me faut trouver une chute. J’irai la chercher chez le philosphe latin Gracchus confucius, qui n’hésitait pas à dire « Dura Lex, Fiat Lux », ce que l’on doit pouvoir traduire approximativement par « plus dure sera la chute ».

Mes opéras préférés, Mythologie

L’OLIMPIADE, de VIVALDI (1734)

L’Olimpiade de Vivaldi a été écrit en 1734 sur un livret de Métastase déjà porté en musique l’année précédente par Caldara. Ce livret de l’Olimpiade a donné lieu à plus de 60 opéras, par des compositeurs tels que Pergolèse, Galuppi ou Hasse, le dernier étant Donizetti en 1817.

Le pitch : Le roi Clistène a deux jumeaux, un garçon, Philinte, et une fille, Aristea. Un oracle ayant prédit que son fils tenterait de le tuer, Clistène demande à son aide de camp de tuer Philinte, ce que celui-ci ne peut se résoudre à faire. Aristea aime Megacle. Philinte toujours vivant et réfugié en Crête sous le nom de Licida sauve Mégacle, scellant ainsi entre eux une forte amitié. Licida aime Argène, la fille du roi de Crête qui est promise à Megacle, alors qu’elle ne l’aime pas. Le roi Clistène donne sa fille Aristea comme prix au vainqueur des Jeux olympiques. La voyant, Licida oublie Argène et tombe amoureux d’Aristea. Conscient qu’il n’a aucune chance de remporter les Jeux, Licida demande à son ami Megacle de s’inscrire sous son nom pour gagner pour lui la récompense, ignorant que Megacle aime Aristea.

Acte I : Alors que Licida attend Megacle pour l’inscription aux jeux, son précepteur Aminta le prévient qu’il joue un jeu dangereux en essayant de tricher. Il lui demande ce qu’est devenu son amour pour Argene, mais Licida répond qu’il ne l’aime plus.

Megacle arrive et Licida lui expose son plan. Megacle est tout heureux de pouvoir rendre service à son ami. (Air : « Superbo di me stesso« .) Aminta insiste sur les dangers que coure Licida, mais celui-ci ne veut pas entendre parler de malheur (Air : « Quel destrier, che all’albero è vivino ».)

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Pour échapper au mariage que le roi de Crête voulait pour elle, Argene a fui Megacle et suivi Licida en Elide. Elle rencontre Aristea accompagnée de nymphes, et se plaint de ses tourments. Quand elle évoque le nom de Megacle à Aristea, Aristea lui révèle son amour pour Megacle et comment Megacle à dû fuir Athènes car Clistène ne voulait pas de cet amour. Argene lui conseille d’envoyer un serviteur en Crête pour prévenir Megaste et le faire participer aux Jeux dont son amoureuse sera le prix.

Clistene entre en scène. Il a effectué les sacrifices sacrés et les Jeux peuvent commencer. Il dresse la liste des participants, qui sont venus de toute la Grèce. Le dernier inscrit arrive de Crête, il s’agit de Licida. Argene se désole que Licida l’ait oubliée. Aristea demande à son père de différer le début des Jeux, mais Clistène répond que c’est impossible. Il critique les femmes qui sont toujours en train de se plaindre (Air : « Del destin non vi lagnate ».) Aristea dit adieu à Argene, car son devoir est de suivre son père (Air : « É troppo spietato ».) Puis Argene, restée seule, se plaint de l’inconstance des hommes (Air : Piu non si trovano ».)

Megacle et Licida discutent avant les épreuves. Licida révèle son plan, il vaut que Megacle gagne pour obtenir pour lui le prix de la victoire, Aristea. Le cœur de Megacle est comme un arc-en-ciel, partagé entre le serment donné à son ami Licida et son amour pour Aristea.

Aristea rencontre Megacle. Elle cherche à lui faire dire qu’il est là pour emporter les Jeux et le prix de la victoire, mais Megacle, géné, ne sait comment lui avouer qu’il va combattre pour Licida. (Duo : « Ne’ giorni tuoi felici« .)

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Argene et Aristea comparent leurs grands malheurs (Air : « Sta piangendo la tortorella« .)

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Aminta conclut l’acte en chantant que parmi les folies qui agitent le chœur de l’homme, l’amour est bien la plus grande. (Air : « Siam navi all’onde algenti« .)

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Acte II : Alcandro, le confident du roi, vient proclamer le résultat des Jeux. Licida (en fait Megacle) a gagné. Les deux femmes se lamentent.

Clistène veut remettre le prix à Licida, mais celui-ci déclare qu’il n’épousera Aristea que de retour en Crête. En attendant, il demande qu’elle soit confiée à son « serviteur » Egisto (en fait le vrai Licida). En voyant Egisto, le roi se trouble sans qu’il sache pourquoi. Clistène présente le vainqueur à Aristea qui, reconnaissant Megacle, ne comprend plus pourquoi on lui a dit que Licina était vainqueur. Clistene ne comprend pas non plus le trouble qui agite le cœur des jeunes gens (air : « Qual serpe tortuosa« .)

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Megacle demande à Licida de s’éloigner pendant qu’il explique la situation à Aristea. Quand il le fait, Aristea s’évanouit. Licida revient. Megacle se sacrifiant pour son ami lui demande si, Aristea le cherche quand elle se réveillera et demande de ses nouvelles, de lui dire qu’il est mort (Air : « Se cerca, se dice ».) Quand Aristea se réveille, Licida lui révèle que c’est lui, Licida, provoquant sa fureur (Air : « Tu me da me dividi ».)

Après une rencontre entre Argene et Licida, Aminta vient annoncer à son maître que Megacle s’est jeté dans le fleuve pour mourir. Alcandro vient annoncer à Licida que le roi le condamne à l’exil, pour l’avoir trompé sur son identité. Licida veut mourir (Air : « Gemo in un punto e fremo ».)

Cliquez sur Licida

Acte III : Megacle a été sauvé de la noyade par un pêcheur. Aristea veut se donner la mort là où elle croit que son amant a péri. Ils se rencontrent (vivants tous les deux). Alcandro leur raconte que Licida a voulu tuer le roi, mais que celui-ci l’a condamné à mort. Megacle veut aller sauver son ami, mais Aristea propose que ce soit elle qui aille demander la grâce de Licida à son père. Megacle ne peut se résoudre à laisser son ami (Air : « Lo seguitai felice« .)

Cliquez sur Megacle

De son côté, Argene se propose également d’aller sauver celui qu’elle aime encore. (Air : « Per salvar quell’alma ingrata ».)

L’heure du châtiment a sonné. Licida demande à voir une dernière fois son ami Megaste avant de mourir. Clistene accepte, saisi d’une étrange compassion pour cet étranger qui lui rappelle quelqu’un. (Air : « Non so donde viene ».) Au moment du sacrifice, Argene survient et se propose pour mourir à la place de son amant Licida. Pour preuve de ce qu’elle avance, elle présente au roi une chaîne et un anneau que Licida lui a offert en gage de fidélité. Alcandro reconnaît la chaîne que portait Philinte quand il a tenté de le tuer, enfant. Il avoue qu’il n’a pu s’y résoudre et a laissé l’enfant en Crête et confié à Aminta. Licida est donc le fils de Clistène et le frère d’Aristea. À Clistene qui veut quand même faire périr Philinte, Megaste rappelle qu’il n’est pas roi à Olympe et que son pouvoir ne s’y exerce pas ! Il laisse au peuple le soin de juger Philinte, peuple qui le gracie. (Chœur : « Viva il figlio deliquente ».)

Clioquez sur le chœur final

(Source principale : le production du Théâtre des Champs-Élysées de juin 2024, et le programme associé.)

Divers

LES POÈMES SYMPHONIQUES DE RICHARD STRAUSS

Après les poèmes symphoniques de Liszt, je vous propose découter ensemble les poèmes en musique d’un autre grand maître de l’orchestre, Richard Strauss. La plupart de ses pièces ont été écrites dans la première partie de sa vie de compositeur, avant qu’il ne se lance dans le genre opéra.

Le premier est Macbeth (1888), d’après l’œuvre de Shakespeare.

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Viendra ensuite Don Juan (1888-1889).

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De la même époque date Mort et Transfiguration (Tod und Verklarung) (1888-1889).

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Vient ensuite Till l’espiègle (Till Eulenspiegel) (1894-1895).

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Le plus connu des poèmes symphoniques de strtauss est probablement Ainsi parlait Zarathoustra (1896) (Also sprach Zarathustra) dont le titre est emprunté à Nietzche. Il a servi à Stanley Kubrick pour la BOF de son 2001 Odyssée de l’espace.

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Don Quichotte (Don Quixotte) (1897) d’après Cervantes peut être considéré comme un concerto pour violoncelle eu égard à la place prépondérante donnée à cet instrument.

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Entre 1897 et 1898, Strauss écrit Une vie de héros (Ein Heldenleben).

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Enfin, au soir de sa vie, Strauss reviendra à la forme poème symphonique avec ses Métamorphoses (Metamorphosen) pour orchestre à cordes qui datent de 1945.

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Et pour en savoir plus sur le genre « poème symphonique« , cliquez dessus.

Compositrices

LOUISE FARRENC (1804-1875)

Jeanne-Louise Dumont naît le 31 mai 1804 à Paris, dans une famille d’artistes. Son père, et son frère, étaient sculpteurs.

Louise débute le piano avec sa marraine, avant de prendre des cours avec Moscheles et Hummel, soit à peu près ce qui se faisait de mieux comme professeurs de piano à son époque. Elle suit ensuite des cours d’harmonie auprès de Reicha, professeur au Conservatoire de Paris.

À 17 ans, Louise Dumont se marie avec le flûtiste, compositeur et éditeur de musique Aristide Farrenc, et continue ses cours auprès de Reicha avec l’étude du contrepoint, de la fugue et de l’instrumentation.

En 1826, ils ont une fille, Victorine.

En 1834, Louise Farrenc écrit deux Ouvertures. À la différence d’autres compositrices de son époque, Louise bénéficiera toujours du soutien de son mari (Louise Farrenc était l’exacte contemporaine de Louise Bertin ou Fanny Mendelssohn).

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En 1839, elle aborde la musique de chambre avec son quintette, qui sera suivi de nombreuses autres œuvres, dont un nonette, faisant d’elle un des pionniers de la musique de chambre française du XIXe siècle, et qui lui valent, en 1861 et en 1867 le prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts pour la musique de chambre.

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En 1842, Louise Farrenc est professeur(e) de piano pour la classe des jeunes filles du Conservatoire de Paris. Elle occupera ce poste jusqu’en 1872, allant jusqu’à obtenir l’égalité de son salaire avec celui des professeurs hommes. En 1843, elle accueille sa fille Victorine parmi ses élèves.

En 1845, ses Trente études dans tous les tons majeurs et mineurs sont adoptées officiellement pour l’étude du piano au conservatoire, devenant ainsi un ouvrage de référence !

Si elle n’a pas écrit d’ouvrage lyrique, elle a effectué des réductions ou des variations pour le piano de grands airs d’opéra.

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Louise Farrenc écrit également trois symphonies en 1841, 1845 et 1847, dont la dernière sera jouée par l’orchestre de la société des concerts du Conservatoire (l’ancêtre de l’Orchestre de Paris).

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Louise Farrenc meurt le 15 septembre 1875 à Paris, à l’âge de 71 ans.

Outre son activité de pianiste et d’enseignante, Louise Farrenc travaillera à une grande anthologie des œuvres pour clavier, le Trésor des pianistes, publié entre 1861 et 1872.

(Sopurce principale : Que demander à Clara ?https://www.presencecompositrices.com/compositrice/farrenc-louise/ )

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Divers, Religion

ILS OU ELLES ONT ÉCRIT DES « GLORIA »

Le « Gloria » est un chant religieux consacré, comme son nom l’indique à la gloire de Dieu. Il est naturellement intégré à la messe, sauf à celles de Requiem, mais certains compositeurs ont écrit des Glorias indépendants d’une messe.

Les paroles latines commencent par Gloria in excelsis Deo (Gloire à Dieu au plus haut des cieux). De nombreux compositeurs ont écrit des Gloria, en les incorporant ou non à des messes. Parmi eux :

Claudio Monteverdi

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Antonio Vivaldi

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Jan Dismas Zelenka

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Cécile Chaminade

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Ethel Smyth

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Giacomo Puccini

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Francis Poulenc

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