Contes et légendes, Mes opéras préférés

LA CENERENTOLA (1816 – 1817), de ROSSINI

Opéra écrit en 24 jours par ROSSINI, sur le thème populaire du conte Cendrillon de Charles PERRAULT. C’est le vingtième opéra écrit par Rossini, alors qu’il n’était encore âgé que de 24 ans.

Le pitch : La jolie Angelina (vous saviez que Cendrillon s’appelait Angelina ?) vit avec son beau-père, don Magnifico, et ses deux belles-sœurs. Le prince Ramiro va donner un bal pour choisir sa future femme. Il échange son costume avec son valet Dandini et quand ainsi déguisé, il vient chercher, il tombe amoureux de Cendrillon (et réciproquement). Au cours du bal, Cendrillon déguisée a les faveurs du prince, au grand désespoir de Magnifico et ses deux filles. Quand il se déclare, Cendrillon lui confie un de ses deux bracelets avant de partir et lui dit que s’il l’aime, il saura bien la retrouver.

Le prince retrouve Cendrillon et décide de faire d’elle son épouse.

Par rapport à la Cendrillon de MASSENET, il y a donc quelques différences. Ainsi la belle-mère est remplacée par un beau-père, la pantoufle de verre par un bracelet (dont on ne nous dit pas la matière), et la marraine la fée par Alidoro, le précepteur du prince.

Acte I : Dans la maison où Cendrillon vit avec son beau-père et ses deux demi-sœurs, celles-ci se préparent pendant que Cendrillon chante une vieille chanson d’amour (Air : « Una volta c’era un re ».) On sonne : c’est Alidoro, le précepteur du prince, qui vient déguisé en mendiant demander la charité. Les deux sœurs veulent le chasser, mais Cendrillon lui fait l’aumône. On sonne à nouveau, ce sont des envoyés du prince Ramiro qui annoncent qu’il viendra chercher les sœurs pour le bal du soir, où le prince choisira la plus belle pour en faire sa femme. Don Magnifico, le père, paraît. Il raconte un rêve dans lequel il voyait ses affaires s’améliorer, et où ses filles lui donneraient des petits rois en descendance (Air : « Miei rampolli femminini ».)

Rossini la Cenerentola miei Rampolli femmininiCliquez sur don Magnifico

Ramiro arrive, dans les vêtements de son valet Dandini. Quand Cendrillon le voit, paf ! c’est le coup de foudre (Duo : « Un soave non so che ».) Il cherche les filles du baron, et Cendrillon lui explique que ce ne sont que ses demi-sœurs. On entend celles-ci donner des ordres à Cendrillon. Ramiro annonce à Don Magnifico l’arrivée du prince. C’est le valet Dandini dans les habits du prince qui vient inviter les sœurs au bal (Air et ensemble :  « Ecco Dandini… Scegli la sposa ».)

Rossini la Cenerentola Come un'ape ne' giorni d'aprileCliquez sur Dandini

Les sœurs partent au bal, en laissant Cendrillon. Celle-ci voudrait y aller aussi, mais son beau-père refuse à celle qu’il présente comme une simple servante. Alidoro arrive à son tour. Il vient chercher la troisième fille de la maison, mais Magnifico lui déclare qu’elle est morte (ensemble : Nel volte estatico). Alidoro, toujours déguisé, annonce à Cendrillon que ses vilaines sœurs seront punies et, lui dévoilant son identité, il l’invite au bal (Air : « Là del ciel nell’arcano profondo ».)

Rossini la Cenerentola Là del ciel nell'arcano profondoCliquez sur Alidoro et Cinderella

Chez le prince, Dandini fait croire à Magnifico que ses affaires sont bien engagées. Il l’envoie à la cave en lui disant que s’il est capable de boire 30 bouteilles, il le nommera sommelier. Les deux sœurs se disputent les faveurs de Dandini. Un chœur nous apprend que Magnifico a bu les 30 bouteilles et qu’il est encore debout. Il sera donc sommelier du prince (Chœur : Conciossiacosacché).

Rossini la Cenerentola conciossiacosacchéCliquez sur l’image

Le prince demande à son valet ce qu’il pense des deux sœurs, et le valet lui répond franchement. Le prince s’étonne parce que Alidoro lui avait vanté les mérites d’une des filles de la maison. Les sœurs demandent à Dandini qui il a choisi. Comme il ne peut se marier avec les deux, il propose que celle qu’il n’aura pas choisie se marie avec son valet, ce qu’elles refusent toutes les deux. Alidoro arrive, avec une femme voilée. Quand l’inconnue enlève son voile, tous sont troublés par sa ressemblance avec la servante de Magnifico et ses filles (chœur et ensemble). Mais c’est l’heure du souper et le prince invite l’assemblée à s’y rendre. L’acte se termine par un de ces finals dont Rossini a le secret.

Rossini la Cenerentola Nel volto estaticoCliquez sur le quintette

Acte II : Restés seuls, le père et les deux sœurs s’inquiètent de la concurrence de cette inconnue qui ressemble tant à Cendrillon. Magnifico révèle qu’il a dilapidé la fortune de Cendrillon, pour acheter des robes à ses filles. Il espère qu’au moins une des deux se casera (Air : « Sia qualunque delle figlie ».) Dandini courtise Cendrillon, mais elle lui répond qu’elle aime déjà son valet. Entendant cela, Ramiro paraît. Pour éprouver son amour, elle lui confie son bracelet, et sort en lui demandant de la retrouver. Le prince fait alors cesser la mascarade. Il fait chasser les sœurs du palais et demande qu’on prépare son carrosse pour partir à la recherche de Cendrillon (Air : « Si, retrovarla io giuro »).

Rossini la Cenerentola Si, ritrovarla io giuroCliquez sur Ramiro

Le père demande à Dandini qui il a choisi, mais celui-ci, après s’être fait prier, finit par avouer qu’il n’est que le valet du prince, provoquant l’indignation de Magnifico.

De retour chez elle, Cendrillon chante une vieille chanson (Air : Una volta c’era un re).

Rossini la Cenerentola Una volta c'era un reCliquez sur Cecilia (Bartoli) Cenerentola

Elle pense à celui à qui elle a donné un de ses deux bracelets, se demandant comment le prince a pu s’enticher de ses folles de sœur. Le père et ses filles rentrent également à la maison, et s’étonnent à nouveau de la ressemblance de Cendrillon avec l’inconnue du bal. Un orage éclate, obligeant Ramiro et Dandini à s’arrêter chez eux. Magnifico demande à Cendrillon d’apporter un fauteuil pour le prince, mais quand les regards de Cendrillon et du prince se croisent, ils se reconnaissent. Tout le monde se demande ce qui va se passer (Sextuor bouffon : « Questo é un nodo avviluppato ».)

Rossini la Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’irrésistible sextuor bouffon (et n’essayez pas de résister)

Le père et la sœur essaient de renvoyer leur servante à la cuisine, mais le prince se fâche contre eux et rend à Cendrillon son bracelet. Cendrillon et le prince chantent enfin leur amour. Alidoro arrive à son tour, et explique aux sœurs le tour qu’il leur a joué, leur conseillant d’accepter leur sort, ce qu’elles font.

Chez le prince, tous chantent le triomphe de la beauté sur l’orgueil. Le prince et Cendrillon paraissent pour les noces et Cendrillon magnanime pardonne à son père et à ses sœurs. Elle chante le bonheur lié à son changement de sort (Air : Non più mesta).

Rossini la Cenerentola finalCliquez sur la Cenerentola dans sa belle robe blanche

(Source: Je me suis principalement servi pour élaborer ce billet du DVD enregistré en 1996 à l’opéra de Houston, avec la Bartoli dans le rôle-titre, paru chez Decca.)

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE PARIS, VILLE-LUMIÈRE, CHEZ VOUS. Semaine du 26 avril au 2 mai.


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 26 avril au 2 mai 2021.

Cette semaine, le MET invite la Ville-Lumière.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Vous pouvez comparer cette sélection du MET à celle que j’avais faite pour mon billet « Elle voulait qu’on l’appelle Paris« .

Lundi 26 avril PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème Si, mi chiamano Mimi (MET 2018)Cliquez sur Mimi

Mardi 27 avril LEHAR The Merry Widow (la Veuve joyeuse)

Lehar la Veuve joyeuse (MET 2015)Cliquez sur Hanna et Danilo

Mercredi 28 avril GIORDANO Andrea Chénier

Giordano Andrea Chenier (MET 1996)Cliquez sur André Chénier

Jeudi 29 avril MASSENET Manon

Massenet manon oropesa (MET)Cliquez sur Manon

Vendredi 30 avril VERDI La Traviata

Verdi La Traviata Libiamo (MET)Cliquez sur Germont portant un toast

Samedi 1er mai CILEA Adriana Lecouvreur (Adrienne Lecouvreur)

Cilea Adriana Lecouvreur (MET 2019)Cliquez sur Adrienne Lecouvreur

Dimanche 2 mai Puccini La Rondine

Puccini La Rondine METCliquez sur Ruggero

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike.

Divers

ET DU CHAOS JAILLIRA LA LUMIÈRE

J’aurais pu intituler ce billet « Quand l’obscurité fait place à la lumière », mais ce titre aurait été moins percutant.

Un des premiers airs qui me vient à l’esprit sur ce thème est la cantate Aus der Tiefen rufe ich zu dir (Du fond des ténèbres, je crie vers toi, Seigneur), une des premières cantates de J.S.BACH, datée de 1707.

Bach (Jean-Séb) Aus der Tiefen rufe ich su dirCliquez sur l’image

Quelques décennies plus tard, Joseph HAYDN, dans son oratorio La Création (die Schöpfung) décrit de manière très contrastée le chaos originel duquel Dieu fait surgir la lumière.

Haydn la Création début chaos lumièreCliquez sur l’image

Dans la Flûte enchantée (Zauberflöte), de MOZART, le héros doit vaincre symboliquement l’obscurité pour parvenir à la lumière de la connaissance. À la fin, la reine de la Nuit et Monostatos sont rejetés dans les ténèbres, alors que Pamina et Tamina accèdent à la lumière de la Connaissance.

Mozart Zuberflöte la Flûte enchantée finalCliquez sur la scène finale

Dans Fidelio de BEETHOVEN, les prisonniers célèbrent la lumière quand on les tire de l’obscurité du cachot où ils croupissent.

Beethoven Fidelio O welche lust (MET 2000)Cliquez sur les prisonniers

On trouve un effet semblable au début du dernier mouvement de la 9e symphonie de Beethoven où, après une sorte de chaos orchestral, une phrase lumineuse surgit et prend le dessus (jusqu’à devenir le thème qui sera repris par le chœur dans l’Ode à la Joie, de SCHILLER.)

Beethoven 9e symphonie 4e mouvementCliquez sur l’orchestre et le chœur

Dans son très théâtral Requiem, BERLIOZ crée un effet terrible dans le mouvement « Tuba mirum ». Ce mouvement correspond aux trompettes du jugement dernier, annonçant le Juge suprême qui donnera à chacun la place qu’il aura méritée suite à son séjour sur terre. Il commence donc par les fameuses trompettes, sonnant aux quatre coins de l’église, suivies d’un roulement de timbales crescendo, avant que le chœur n’exprime la lumière du rédempteur effaçant les ténèbres.

Berlioz Requiem tuba mirumCliquez sur le chœur annonçant la lumière surgissant du chaos et des ténèbres

Qu’il me soit permis ici de citer une anecdote vécue dans ma folle jeunesse. Je participais à une production un peu mégalo du Requiem (cf. cliché photographique cidsous, je suis dans le cercle rouge au fond), avec deux cents instrumentistes et sept cents choristes. Derrière le chœur se trouvaient HUIT paires de timbales et le nombre de cuivres qui convenait pour les accompagner, le tout jouant fortississimo. Quand le chœur a commencé à chanter pour s’extraire du chaos, je n’ai RIEN entendu. J’ai regardé autour de moi, ai vu tous ces choristes bouches grand ouvertes, mais pas le moindre son n’arrivait à percer les ténèbres. Le chef a dû se résoudre à demander aux instrumentistes de faire un fortissimo au lieu d’un fortississimo !

requiem

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Publicité

LA MUSIQUE DE VIVALDI DANS LA PUBLICITÉ (La musique dans la pub 4e série)

Après une première série de publicités se servant de la musique classique pour faire vendre des produits, un billet sur l’utilisation par Jean-Paul GAULTIER de l’air « Casta Diva », extrait de Norma de BELLINI, et celui sur le Requiem de MOZART, je vous propose aujourd’hui une petite sélection de publicités s’appuyant sur la musique de VIVALDI, et particulièrement sur ses quatre Saisons.

Les quatre Saisons sont un ensemble de quatre concertos à programme représentant chacune des quatre saisons, datant de 1723. Tombés dans l’oubli après la mort de Vivaldi, ils sont redécouverts après la guerre de 1939 – 1945 et connaissent depuis un immense succès.

Le printemps

Vivaldi les 4 saisons le printempsCliquez sur l’orchestre de chambre

pub pour Oscaro

Vivaldi 4 Saisons l'e Printemps pub pour OscaroCliquez sur la pub

ou pour Intersport (défiez Vivaldi !)

Vivaldi 4 Saisons le Printemps pub IntersportCliquez sur l’image

C’est l’été qui a le plus inspiré nos amis de la pub !

Vivaldi les 4 saisons l'étéCliquez sur la violoniste

Pour Opel Astra Élégance.

Vivaldi 4 Saisons l'hiver Opel Astra ÉléganceCliquez sur la ouature

Pour Volvic.

Vivaldi 4 Saisons l'été VolvicCliquez sur le volcan

Pour la FNAC

Vivaldi les 4 saisons l'hiver pub pour la FNACCliquez sur Kamel et Vivaldi

Pour CDiscount

Cliquez sur l’image

le jeu Crescendo de la Française des Jeux (FDJ)

Cliquez sur l’image

ou le « Cum Dederit » extrait du Nisi Dominus pour la Française des jeux

Vivaldi Cum dederit Française des jeuxCliquez sur Alexis

L’hiver : Pub pour Lidl (avec un assez large extrait pour célébrer les fêtes.)

Vivaldi les 4 saisons l'hiver pub pour LidlCliquez sur la bouteille de champagne

En 2024, et à l’occasion des J.O. de Paris, Intersport à diffusé cette nouvelle pub:

Cliquez sur l’image

Et pour vous rappeler que Vivaldi n’a pas écrit que de la musique de pub, je vous propose un petit bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise pour vous rappeler que Vivaldi n’a pas écrit que de la musique de pub

Retrouvez ici une nouvelle série de pubs se servant de la musique de Carmen.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LES AUTORITÉS MORALES CHEZ VOUS – Semaine du 19 au 25 avril


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 19 au 25 avril 2021.

Cette semaine, le MET invite la vertu, la liberté et le pouvoir de l’esprit humain.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 19 avril WAGNER Lohengrin

Wagner Lohengrin duo Elsa Ortrud Acte IICliquez sur Ortrude et Elsa

Mardi 20 avril MOZART La Clemenza di Tito (La Clémence de Titus)

Mozart La Clemenza di Tito Parto, parto (MET 2012)Cliquez sur Sesto

Mercredi 21 avril PUCCINI La Fanciulla del West

Puccini Fanciulla del west poker MetCliquez sur la partie de poker

Jeudi 22 avril VERDI Simon Boccanegra (Simon Bouchenoire)

Verdi Simon Boccanegra (MET 1984)Cliquez sur l’image

Vendredi 23 avril Philip GLASS Satyagraha

Glass SatyagrahaCliquez sur Gandhi

Samedi 24 avril BEETHOVEN Fidelio

Beethoven Fidelio O welche lust (MET 2000)Cliquez sur les prisonniers

Dimanche 25 avril POULENC Dialogues des Carmélites

Poulenc Dialogue des Carmélites METCliquez sur les Carmélites chantant l’Ave Maria

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike pour un rendez-vous à Paris, Ville lumière.

Contes et légendes, Mes opéras préférés

CENDRILLON, de MASSENET (1895 – 1899)

Jules MASSENET, alors au fait de sa gloire, écrit Cendrillon en 1894 – 1895 sur un livret d’Henri CAIN, d’après le célèbre conte de Charles PERRAULT. Cet opéra, réellement comique, est créé en 1899 à l’Opéra-Comique, et rencontre très vite le succès.

Le pitch : Après le remariage de son père, la petite Lucette, dite Cendrillon (vous saviez que Cendrillon s’appelait Lucette ?), vit au service de sa belle-mère et de ses deux belles-sœurs. Le roi organise un bal pour marier son fils et invite toutes les jeunes filles du royaume. Cendrillon est triste de ne pouvoir s’y rendre, mais sa marraine la fée l’aide à une condition, qu’elle soit rentrée à minuit.

Au cours du bal, paf ! c’est le coup de foudre entre Cendrillon et le prince, mais à minuit, elle doit partir, sans avoir pu dire qui elle est.

Rentrée chez elle, et ayant perdu sa pantoufle de verre (ou de vers, ou de vair, ou de vert), elle se désole d’autant plus que sa belle-famille lui fait croire que le prince l’a déjà oubliée. Mais non ! il envoie des messagers dans tout le royaume pour faire essayer la pantoufle à toutes les jeunes filles, et bien évidemment, il n’y a que Cendrillon à qui la pantoufle va.

Acte I : Les domestiques de la maison se plaignent de ce que leur maîtresse est une mégère. Pandolfe, le mari, approuve et regrette le pouvoir que sa femme a sur lui (Air : « Du côté de la barbe ».) Justement, la voilà qui entre, avec ses deux filles Noémie et Dorothée. Elle leur recommande de se faire belles pour le bal du soir.

Massenet Cendrillon Faites vous très belles, ce soirCliquez sur madame de la Haltière et ses deux filles

Quand les filles sont prêtes, le père arrive pour les conduire au bal. Il se fait rabrouer par les trois femmes.

Restée seule, Cendrillon compare le destin heureux de ses sœurs au sien (Air : Ah, que me sœurs sont heureuses [Reste au foyer, petit grillon].)

Massenet cendrillon Ah que mes sœurs sont heureuses (reste au foyer petit grillon)Cliquez sur Cendrillon

Elle s’endort et sa marraine la fée arrive, avec ses sylphes et lutins, qui transforment Cendrillon pour lui permettre d’aller au bal.

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la fée

Elle la dote d’une paire de pantoufles de verre, qui empêcheront ses proches de la reconnaître, et lui recommande de revenir avant minuit.

Acte II : Au palais du roi. Les ministres et les gens de cour cherchent à sortir le prince de la tristesse où il est plongé. Le roi souhaite que le prince choisisse une femme parmi les jeunes filles qui lui seront présentées. Celles-ci font leur entrée (ballet). Vient le tour de Noémie et Dorothée, qui n’ont pas plus de succès que les prétendantes précédentes. Enfin, Cendrillon arrive et charme le prince.

Rossini Cenerentola (MET 2017)Cliquez sur le bal

Il lui demande son nom, mais elle lui répond qu’elle restera pour lui l’Inconnue et que lui sera son prince charmant quand sonnent les douze coups de minuit. Cendrillon part en courant et perd une de ses pantoufles.

Acte III : Cendrillon se retrouve chez elle (Air : « Enfin, je suis ici ») et se remémore sa soirée, son retour dans la nuit, et comment elle a eu peur des statues, blanches dans le noir.

Massenet Cendrillon Enfin, je suis iciCliquez sur l’image

Elle se cache quand elle entend sa famille rentrer. La belle-mère est furieuse de l’attitude du prince qui a osé préférer une inconnue à ses deux filles (Air : Quand on a plus de vingt quartiers [de noblesse].)

Massenet Cendrillon Lorsqu'on a plus de vingt quartiersCliquez sur la marâtre furieuse

Quand son père arrive, Cendrillon se montre pour lui demander comment s’est passé le bal, mais les trois femmes déclarent que le prince, après s’être trompé, a bien compris que l’inconnue qui s’est montrée au bal est une fille bonne à rien, et qu’il l’a déjà oubliée. Devant le désespoir que ces paroles entraînent chez Cendrillon, le père chasse les femmes, et lui dit qu’il reconnaît avoir sacrifié le bonheur de sa fille en se remariant. Il lui annonce qu’il va quitter la ville pour retourner à leur ferme d’autrefois. (Air : « Nous quitterons cette ville où j’ai vu s’envoler ta gaieté ».)

Massenet Cendrillon Nous quitterons cette villeCliquez sur Pandolphe

Quand il est parti, Cendrillon, rejetée par son prince charmant dit qu’elle veut mourir sous le chêne des fées (Air : Seule, je partirai.)

Le prince et Cendrillon, chacun de leur côté, et victimes d’un sortilège qui les empêche de se voir, viennent se plaindre auprès de la fée. (Air et duo : « À deux genoux, je viens à vous ».)

Massenet Cendrillon A deux genoux je viens à vousCliquez sur l’image

Après avoir entendu leurs plaintes (sans se voir), ils se reconnaissent et le prince, ayant appris le nom de son inconnue, déclare qu’il accrochera son cœur sanglant au chêne. Émue, la marraine leur permet enfin de se voir et de se retrouver.

Acte IV : On a ramené Cendrillon, inanimée, chez elle. Son père lui dit qu’elle a déliré, parlant du bal et du prince, qu’elle ne connaît évidemment pas. Ils saluent le mois d’avril et le retour du printemps, quand un héraut annonce que le prince veut faire essayer la pantoufle de verre à toutes les jeunes filles du pays. On assiste donc à un nouveau défilé devant le prince, désespéré, quand enfin Cendrillon arrive avec sa marraine. Cendrillon enfile la pantoufle, et tombe dans les bras du prince !

(Source : je me suis servi principalement du DVD enregistré au Royal Opera House en 2011, avec Joyce DiDonato dans le rôle de Cendrillon, paru chez Erato)

Massenet Cendrillon Bande-annonceCliquez sur la bande-annonce du DVD

Agenda Ironique

CAUSE TOUJOURS, TU M’INTÉRESSES !

Après les Mamelles de Tirésias, ma participation à l’Agenda Ironique de mars 2021, voici « Cause toujours, tu m’intéresses », celle du mois d’avril.

Cause toujours, tu m’intéresses
Tout ce qui cause m’intéresse
Tout ce qui communique m’ennuie

Ce mois-ci, L’Agenda Ironique est proposé par Jean Pierre Lacombe du blog des Arts et Mots . Il nous propose trois tableaux évoquant une rencontre, des dialogues, du langage, de la parole…

Nous pouvons nous en inspirer (un seul ou les trois [je n’en ai retenu que deux]) pour imaginer un récit, des dialogues, un poème, un haiku etc…(l’agenda ironique semble laisser pas mal de latitude à l’inspiration) avec comme contraintes de placer la phrase « cause toujours, tu m’intéresses », et quelques jeux de mots:
Anagrammes, boutades, homophonies voire un marabout ou un trompe-oreilles.
Et puis, tiens, une citation de notre choix à mêler au texte.
Le tout avant le 30 avril, sans dépasser un rayon de 10 km autour de votre stylo, clavier, burin, pinceau, etc.

Cause toujours, tu m’intéresses, Jean-Pierre. Moi ce que je veux, c’est parler musique et littérature, pas peinture ! D’ailleurs, les seuls peintres que je connaisse à apparaître sur la scène de l’opéra, c’est Mario CAVARADOSSI, dans Tosca de PUCCINI, Marcello dans la Bohème du même Pucccini et le peintre qui fait le portrait de Lulu dans l’opéra de BERG.

Puccini Tosca E lucevan la stelle (Kaufmann)Cliquez sur Cavaradossi, le peintre

Il y en a un autre, mais j’y reviendrai à la fin de ce billet.

Au début de l’opéra, le genre ne parlait que des héros ou des dieux de l’antiquité et, petit à petit, les sujets se sont rapprochés de la vraie vie des vrais gens.

Ainsi, dans Orphée et Euridyce (1762 – 1774) de GLUCK, Orphée est allé chercher son Eurydice aux enfers. Il aurait bien dû lui dire « Cause toujours tu m’intéresses » alors qu’elle s’étonnait de son silence. Au lieu de quoi, il s’est retourné et, l’ayant vu, l’a définitivement perdu, n’ayant plus que ses yeux pour pleurer et sa voix pour chanter.

Gluk Orfeo ed Euridice Che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

À partir de la fin du XVIIIe siècle, avec l’adaptation des pièces de BEAUMARCHAIS (Les Noces de Figaro, le Mariage de Figaro) le vrai monde commence à s’inviter sur la scène de l’opéra.

Dans L’Élixir d’amour (1832) de DONIZETTI, le sergent Belcore cherche à séduire Adina, mais celle-ci n’en a cure et semble lui répondre « Cause toujours, tu m’intéresses ».

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, c’est l’aspiration à la liberté des peuples qui se dessine, avec l’éveil des écoles nationales.

Dans Rigoletto (1851) de VERDI, le héros est un bouffon difforme au service du duc de Mantoue. Les courtisans adoraient se moquer de lui quand il arrivait le matin et le saluait d’un « Bonjour, monsieur courbé » car ils aimaient bien rigoler tôt, les vils courtisans.

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Dans Carmen (1875) de BIZET, tous les hommes voudraient se faire aimer de la belle cigarière (Carmen, sois gentille et au moins réponds-nous), mais Carmen leur répond « cause toujours, tu m’intéresses » (quand je vous aimerai, ma foi je n’en sais rien, peut-être demain, peut-être jamais, mais pas aujourd’hui, c’est certain.)

Bizet Carmen Carmen sois-gentille et au moins réponds nousCliquez sur l’image

Plus tard, le XXe siècle est l’époque du vérisme en Italie, et des avancées de la psychologie dans les livrets, avec JANACEK ou BERG.

Je vous avais promis en début de billet d’un autre peintre, il s’agit de Mathis der Maler (Mathis le Peintre), un opéra d’HINDEMITH de 1935. Si dans une conversation sur Matisse, on vous parle de cet opéra, sachez que le Mathis en question est Matthias GRÜNEWALD, un peintre de la Renaissance contemporain de DÜRER.

Hindemith Mathis der MalerCliquez sur le tableau

Un peu plus tard dans le siècle, dans Tommy (1969), des WHO, le héros Tommy, suite à un choc psychologique subi dans sa jeunesse, est devenu sourd, aveugle et muet. Sa mère aimerait bien entrer en communication avec lui, mais il reste indifférent à ses appels.

The Who Tommy Smash the MirrorCliquez sur l’image

Et pour ceux d’entre vous qui ont eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le cadeau bonus :

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 4 – L’AVARICE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, et la luxure, l’avarice est donc le quatrième péché capital.

L’avarice, c’est ce péché qui consiste à ne pas vouloir se départir de ses biens ou de son argent. À ce titre, on peut dire que l’avare se prive de tout pour ne pas se priver de son argent.

[Il y a de cela fort longtemps, les avares cachaient leur « épargne » dans des bas de laine, et on disait qu’ils faisaient de la contention de cet argent. C’est de là que vient l’expression « un bas de contention pour l’avarice ». (Ce jeu de mots a été homologué par la LDDDJDMP ! 🤣)]

Plus sérieusement, dans notre culture, l’Avare, c’est d’abord Harpagon, le personnage de la pièce de MOLIÈRE datant de 1668. Cette pièce a été mise en musique à plusieurs reprises, par ANFOSSI en 1775, ASTARITA en 1776, ORLANDI en 1801. On peut aussi noter une musique de scène écrite par Maurice JARRE, le père de Jean-Michel.

En 1787, le compositeur italien CAMBIN écrit pour Paris l’opéra bouffon le Tuteur avare.

Avant Molière, SHAKESPEARE avait mis en scène dans le Marchand de Venise (1597) le personnage de Shylock, un riche usurier juif dont l’avidité à recouvrir ses prêts peut être vue comme de l’avarice. Cette pièce a fait l’objet en 1935 d’un charmant opéra de Reynaldo HAHN (1874 – 1947).

Hahn le Marchand de VeniseCliquez sur l’image

Dans l’Or du Rhin (Rheingold) (1854), WAGNER met en scène deux personnages qui perdent tout pour avoir voulu mettre la main sur l’Or du Rhin. Il s’agit des géants Fasolt et Fafner, qui se disputent pour posséder l’anneau magique forgé avec l’Or du Rhin. Pour l’obtenir, Fafner tue son frère Fasolt et va se réfugier dans une caverne, sous la forme d’un dragon qui lui permet de veiller tranquillement (et stérilement) sur son or.

Wagner das Rheingold Fafner und FasoltCliquez sur l’image

En 1836, POUCHKINE écrit Le Chevalier avare, pièce qui sera portée à l’opéra par RACHMANINOV en 1904.

Rachmaninov le Chevalier avareCliquez sur l’image

Et on retrouve évidemment l’avarice dans le ballet Les sept péchés capitaux (1933) de Kurt WEILL.

Weill les sept péchés capitaux l'avariceCliquez sur l’image

Retrouvez ici le cinquième péché capital, la jalousie.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES « IL ÉTAIT UNE FOIS » CHEZ VOUS – Semaine du 12 au 18 avril


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 12 au 18 avril 2021.

Cette semaine, le MET invite les contes de fées (vous savez, ces histoires qui commencent par « Il était une fois » [« Once upon a time »].) La semaine s’ouvre et se ferme par deux versions de Cendrillon, celle de MASSENET et celle de ROSSINI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 12 avril Massenet Cendrillon

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la marraine la Fée

Mardi 13 avril TCHAÏKOVSKI Iolanta et BARTOK Bluebeard’s Castle (Le Château de Barbe-bleue)

Tchaikovski Iolanta Netrebko (MET)Cliquez sur Iolanta

Mercredi 14 avril MOZART Die Zauberflöte (La Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte (MET 2017)Cliquez sur Papageno et Papagena

Jeudi 15 avril HUMPERDINCK Hansel and Gretel

Humperdinck Hansel und Gretel (MET)Cliquez sur Hansel et Gretel

Vendredi 16 avril DVORAK Rusalka

Dvorak Rusalka Song to the moon Opolais (MET 2017)Cliquez sur Rusalka

Samedi 17 avril PUCCINI Turandot

Puccini Turandot Nessun dorma (MET 1987)Cliquez sur Calaf

Dimanche 18 avril Rossini La Cenerentola (Cendrillon)

Rossini Cenerentola (MET 2014)Cliquez sur Cendrillon (La Cenerentola)

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des autorités morales.

Grands chœurs

Johannes BRAHMS (1833 – 1897) – LES GRANDS CHŒURS.

Ce n’est pas parce que BRAHMS n’a pas écrit d’opéra que je vais me priver de parler de lui sur ce blog. Après tout n’est-il pas un de mes compositeurs préférés ?

Né le 7 mai 1833 à Hambourg, Brahms apprend le piano dès l’âge de six ans. Très jeune, il joue dans les cabarets. Il donne son premier concert à l’âge de quinze ans. À vingt ans, il rencontre le violoniste virtuose Joachim, avec qui il se lie d’amitié. C’est Joachim, et Liszt, qui lui conseillent d’aller voir Robert Schumann. La rencontre est fructueuse, et Schumann reconnaît en lui un futur « grand » de la musique. Il se lie donc d’amitié avec le couple formé par Robert et Clara Schumann, et cette relation privilégiée avec Clara durera même après l’internement et la mort de Robert.

Jusqu’ici cantonné au piano, Robert poussera Brahms à écrire pour l’orchestre. Ce sera chose faite avec le premier concerto pour piano, opus 15.

En 1862, il s’installe à Vienne, où il dirigera un chœur. C’est à Vienne qu’il crée en 1868 son Requiem allemand (Ein Deutches Requiem) à l’occasion du décès de sa mère. Après ses quatre Symphonies, ses deux Concertos pour piano, celui de violon et le double concerto, Brahms consacre ses dernières années de compositeur à la musique de chambre.

Mais il y a un genre musical qu’il a pratiqué tout au long de sa carrière, c’est son œuvre chorale.

Quatre chants pour chœur de femmes, deux cors et harpe op. 17 (1860)

Brahms opus 17 Gesang aus Fingal

Ein Deutsches Requiem op. 45 (1857 – 1868)

Brahms ein Deutches Requiem Denn alles fleich es ist wie grassCliquez sur le timbalier

Liebeslieder Walzer op. 52 (1868 – 1869)

Brahms LiebesliederWälzer Nicht Wandle, mein LichtCliquez sur l’image

Rhapsodie pour alto chœur d’hommes et orchestre op. 53 (1869)

Brahms rhapsodie pour alto (K.Ferrier)Cliquez sur l’image

Schicksallied (Chant du destin) opus 54 (1871).

Brahms SchicksalliedCliquez sur l’image

Neues Liebeslieder Walzer op. 65 (1874)

Fest und Gedenspruche (Unsere Vater) (Notre père) op. 109 (1889)

Brahms Fest und Gedenkspruche opus 109Cliquez sur Johannes

Brahms meurt à Vienne le 3 avril 1897, d’un cancer du foie.

Et si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le bonus mystère.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus