Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Paul VERLAINE (1844 – 1896)

« De la musique avant toute chose, et pour cela préfère l’impair » (Art poétique)

Paul VERLAINE naît à Metz le 30 mars 1844.

Son père était militaire, d’où les nombreux déménagements de la famille pendant la jeunesse de Paul. Sa mère, qui avait fait deux fausses couches, adorera son fils et lui passera tout. Ses parents adopteront aussi une cousine orpheline, Élisa, qui sera le premier amour du jeune homme.

En 1851, Verlaine père démissionne de l’armée avec le grade de capitaine, et la famille s’installe à Paris où Paul suit ses études dans une pension privée et au lycée Condorcet. Peu intéressé par les études, il semble plus attiré par certains de ses jeunes condisciples.

Il publie son premier recueil de poésie, les Poèmes saturniens, à l’âge de 22 ans, en 1866. On peut y lire une certaine influence baudelairienne.

Brassens Chanson d'automneCliquez sur la Chanson d’automne

À l’occasion de cette sortie, un jeune poète, un certain Mallarmé, lui écrit pour lui signifier l’admiration qu’il porte à ses poèmes.

Délaissant ses études, Verlaine fréquente les cafés littéraires, et commence à boire (beaucoup) d’alcool, notamment de l’absinthe, boisson qui, selon les procédés de fabrication de l’époque, recélait du méthanol, un alcool attaquant le cerveau.

Dans le groupe des Vilains Bonshommes, lié aux Parnassiens, il fait la connaissance de Charles de Sivry, un compositeur ami de Chabrier avec qui ils ont des projets d’opérettes, Vaucochard et Fils 1er et Fisch-ton-Kan. Et c’est de Sivry qui présentera sa sœur Mathilde à Verlaine. Plus étonnant encore, après la commune, de Sivry se retrouva emprisonné, et en prison c’est lui qui donnera l’adresse de sa mère pianiste à un garde national qui cherchait un professeur de piano pour son fils. Ce fils s’appelait Claude Achille Debussy, et fait partie des nombreux compositeurs qui ont déposé de la musique sous les vers de Verlaine.

Inquiet pour l’avenir de son fils, Verlaine père le fait entrer en 1864 comme employé de bureau à l’Hôtel de ville de Paris. Entretemps, son amour de jeunesse, Élisa s’est mariée à un riche industriel sucrier. En 1869, il publie le recueil Fêtes galantes, inspiré par une exposition de peintres du XVIIIe siècle qui avait eu lieu au Louvre.

Fauré Clair de LuneCliquez sur l’image

Debussy Colloque sentimentalCliquez sur le Colloque sentimental

Après la mort de son père, Verlaine continue de vivre chez sa mère qui le pousse à se marier avec Mathilde, de neuf ans sa cadette. Le mariage se fera en 1870 et ils auront un fils, Georges, en 1871. Son amour pour Mathilde inspirera plusieurs poèmes de la bonne Chanson, recueil qui paraîtra en 1871 après la guerre de 1870 et la Commune.

Hahn l'Heure exquiseCliquez sure l’Heure exquise

En 1871, justement, Verlaine reçoit une lettre qui bouleversera sa vie. Un jeune homme de Charleville, Arthur Rimbaud, lui écrit qu’il souhaite quitter sa ville de province où il s’ennuie mortellement pour rejoindre la capitale. Après quelques hésitations, Verlaine l’invite à Paris. Cette rencontre est capitale tant il retrouve chez le jeune homme de 17 ans des idées qu’il porte en lui depuis longtemps. Dès lors, il se désintéresse de sa jeune femme pourtant enceinte. Verlaine et Rimbaud partent ensemble en Angleterre et en Belgique. Un jour, Verlaine tirera un coup de feu sur Rimbaud, ce qui lui vaudra une condamnation à deux ans de prison. Les poèmes écrits pendant cette période figurent dans les Romances sans paroles (1874).

Fauré SpleenCliquez sur l’image

En prison, Verlaine retrouve la foi catholique de son enfance et compose le recueil Sagesse (1880).

Boulanger (Nadia) un grand Sommeil noirCliquez sur le grand Sommeil noir

À sa sortie de prison, il retrouve brièvement Rimbaud qui lui confie le manuscrit des Illuminations, que Verlaine fera imprimer quelques années plus tard.

En 1875, Verlaine est professeur à Londres avant de rentrer en France, où il enseigne dans un collège de jésuites. Il se prend d’affection pour un de ses jeunes élèves, Lucien. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Londres, avant de s’installer chez les parents de Lucien. La mort de celui-ci en 1883 bouleversera Verlaine qui écrira plusieurs poèmes que l’on trouve dans le recueil Amour.

Verlaine rentre à Paris en 1882 et renoue avec le milieu littéraire. En 1884, il publie son essai sur les Poètes maudits ainsi que le recueil Jadis et naguère, dans lequel on trouve son fameux « Art poétique » (De la musique avant toute chose, et pour cela préfère l’impair…).

Mais son alcoolisme est toujours là, provoquant chez lui des épisodes de grande violence, il ira même jusqu’à essayer d’étrangler sa mère. Après un nouveau séjour en prison, Verlaine finira dans la déchéance, presque clochard, et meurt de pneumonie le 8 janvier 1896 à Paris à l’âge de 51 ans.

Malgré son côté « asocial » ses talents de poètes ont été reconnus par les siens, et il a porté le titre de « prince des poètes », titre que portera Mallarmé après sa mort.

Les poèmes de Verlaine ont abondamment été mis en musique, notamment par Fauré, Hahn, Debussy ou encore de nos jours Graciane Finzi.

(Source principale : Henri TROYAT – Verlaine – Flammarion 1993.)

Écrivains

Pierre LOTI (1850 – 1923)

Pierre LOTI est un écrivain français, né à Rochefort le 14 janvier 1850 et mort à Hendaye le 10 juin 1923.

De son vrai nom Julien VIAUD, il fait des études classiques avant d’entrer à l’école Navale en 1867. Dès lors, sa carrière d’officier de marine le mène à naviguer partout autour du globe, une expérience qui nourrira ses livres.

En 1872, lors d’une escale à Tahiti, la reine lui donne le nom d’une fleur tropicale, la loti. C’est le nom qu’il adoptera pour signer ses récits de voyage et ses romans. C’est de cette époque que date son premier roman autobiographique, le Mariage de Loti, qui sera porté à la scène par Reynaldo HAHN, sous le titre l’Île du rêve (1898).

Hahn l'Île du rêve Ô pays de Bora-BoraCliquez sur l’image

En 1877, en Turquie, il rencontre Hatice, une belle jeune femme qui appartenait au harem d’un dignitaire turc, et avec qui il vivra une grande histoire d’amour.

C’est en 1881 qu’il publie son premier roman sous son nom de plume : le Roman d’un spahi. Ce roman fera l’objet d’une transposition à l’opéra par Lucien LAMBERT en 1897.

Lors d’un voyage au Japon en 1885, signe un contrat de mariage avec une jeune japonaise, valable un mois et renouvelable. Au bout de quelques mois, il quitte le Japon, et sa femme. Il relatera cette histoire dans Madame Chrysanthème, livre qui sera porté à la scène par André MESSAGER en 1893,

Messager Madame Chrysanthème Le jour sous le soleil béniNe cliquez pas sur l’image

et surtout par PUCCINI dans son fameux Madame Butterfly (1904).

En 1886, il signe un autre de ses grands succès, Pêcheur d’Islande, qui inspirera un opéra à Guy ROPARTZ en 1891.

Ropartz Pêcheur d'Islande la Mer d'IslandeCliquez sur l’image

1886 est aussi l’année de son mariage avec Jeanne FRANC de FERRIÈRE. Ils auront deux enfants, dont un mort-né.

En 1891, il entre à l’Académie française.

En 1894, il rencontre une jeune femme d’origine basque, qui deviendra sa maîtresse et lui donnera quatre enfants. Cet attachement au Pays basque lui fournira la matière d’un autre de ses succès, Ramuntcho (1897), qui sera adapté au théâtre par Loti lui-même, en 1908. La musique de scène est signée Gabriel PIERNÉ.

Pierné RamuntchoCliquez sur Gabriel Pierné

Après sa mise à la retraite de la marine nationale, il partage son temps entre la France et l’Orient.

Pierre Loti meurt le 10 juin 1923 à Hendaye.

Écrivains, Compositrices

HENRICH HEINE (1797 – 1856)

Je vous parlais il n’y a guère de Fanny MENDELSSOHN, cette grande sœur de Félix Mendelssohn, qui a eu beaucoup de mal à développer ses talents de compositrices et à faire publier ses œuvres. Je signalais que parmi les poètes de son temps qu’elle avait mis en musique figurait Heinrich HEINE. Ce n’est pas la première fois que l’on rencontre ce grand poète romantique sur ce blog, aussi ai-je décidé de lui consacrer un billet.

Et pour commencer, écoutons l’opus 1 n° 1 de Fanny, le Schwannengesang (Chant du Cygne) écrit sur un poème de Heine.

Fanny Mendelssohn Schwanenlied (Heine)Cliquez sur l’image

Heinrich Heine, donc, est né le 13 décembre 1797 à Düsseldorf. (La disparition des archives d’état civil de l’époque fait qu’on n’est pas certain de cette date.)

Après quelques tentatives de travail dans la banque de son oncle, il poursuit sans grand succès des études de commerce et de droit. De 1821 à 1823, il étudie à l’université de Berlin, notamment auprès de HEGEL. Même s’il avait déjà écrit plus jeune des poésies, c’est de cette période que datent ses premières œuvres. En 1825, il obtient son doctorat en droit et, pour pouvoir exercer (il était juif), se convertit au christianisme.

En 1824 paraît le recueil qui contient un de ses poèmes les plus connus, la Loreley, qui a fait l’objet d’un grand nombre d’adaptations musicales, notamment par LISZT (1841) et Clara SCHUMANN (1843).

Liszt die LoreleiCliquez sur l’image

Schumann Clara Die LoreleiCliquez sur l’image

En 1827, il publie le recueil le Livre des chants (Buch der Lieder), qui inspirera Robert SCHUMANN dans son Dichterliebe (Les Amours du poète).

Schumaan Robert Dichterliebe op 48 - 1Cliquez sur l’image

En 1831, Heine part pour Paris (en partie parce que ses origines juives en Allemagne lui fermaient beaucoup de portes.) Correspondant d’un journal allemand, il publie une série d’articles sur la situation en France, articles qui seront sévèrement censurés en Allemagne. À cause de cette censure, il s’installe définitivement à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant BERLIOZ, CHOPIN, SAND ou Alexandre DUMAS. Il francise son prénom et se fait appeler Henri.

En 1841, il se marie avec Augustine MIRAT, une ancienne grisette qu’il fréquentait depuis 1834, mais qu’il voulait mettre à l’abri en cas de malheur.

Défenseur de la démocratie, les idées de Heine étaient proches de celles de son lointain cousin Karl MARX ou de Hegel, son professeur à Berlin. Son écriture s’en ressent et il est passé d’un romantisme tardif à une littérature plus engagée.

Il admirait Napoléon, mais celui d’avant le 18 brumaire. Dans sa jeunesse, il avait assisté à l’entrée de l’empereur à Düsseldorf. On en trouve des traces dans son poème Die beiden Grenadiere (les deux Grenadiers), poème qui a été mis en musique par Robert Schumann (en allemand, et citant la Marseillaise) et WAGNER (en français).

Schumann Die beiden GrenadiereCliquez sur l’image

Wagner les deux GrenadiersCliquez sur l’image

Heine a servi de source d’inspiration pour une autre œuvre de Wagner, son Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer). En 1834, Heine écrivit la nouvelle Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski, qui contenait la légende de ce marin errant pour avoir blasphémé durant une tempête. C’est en se souvenant de cette histoire que Wagner a rédigé le livret de son opéra.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur le Vaisseau fantôme

Les dernières années de sa vie le voient alité, car il souffre d’une maladie neurologique qui va en s’aggravant, le rendant presque paralysé. Il meurt à Paris le 17 février 1856, à l’âge de 59 ans.

Heine est certainement le poète ayant suscité le plus de mélodies, aussi n’est-il pas étonnant que tous les grands compositeurs de lieder se soient emparé de son œuvre.

Schubert Der DoppelgängerCliquez sur la mélodie de Schubert

Brahms MeerfahrtCliquez sur la mélodie de Brahms

Wolf Wenn ich in deine Augen sehCliquez sur la mélodie de Wolf

Écrivains, littérature

Léon TOLSTOÏ (1828 – 1910)

Léon TOLSTOÏ est un des plus fameux écrivains russes du XIXe siècle. Il est né le 9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana. Il est issu d’une famille de l’aristocratie russe et grandit à la campagne. Sa mère meurt alors qu’il a à peine 2 ans.

Alors qu’il est âgé d’environ 8 ans, sa famille s’installe à Moscou, mais son père meurt d’un coup de sang dans la rue alors que Léon n’a que 9 ans. Il est alors mis sous tutelle d’une de ses tantes, qui elle-même meurt quatre ans plus tard.

À 16 ans, Tolstoï s’inscrit à l’université étudiant les langues orientales, puis le droit, mais il n’a pas réellement de goût pour des études qu’il interrompt rapidement.

Après un passage dans l’armée (il se bat au Caucase), il rédige en 1852 ses souvenirs d’enfance, Enfance, qui connaissent le succès. Enfance est suivi par Adolescence (1854) et Jeunesse (1855).

Après ces succès littéraires, il rejoint l’armée et participe à la bataille de Sébastopol, en Crimée.

Fin 1855, il est envoyé à Saint-Pétersbourg, où il fait la rencontre de TOURGUÉNIEV, qui lui fait rencontrer son cercle littéraire.

Il fait ensuite le tour de l’Europe : France, Suisse, Allemagne, Italie, Angleterre. En 1858, il écrit la nouvelle un Musicien déchu, où il compare les émotions que peuvent apporter la musique ou la littérature.

En 1862, il rencontre Sophie BEHRS, une jeune femme qui avait seize ans de moins que lui, et le (presque) vieil homme solitaire tombe amoureux à 34 ans. Ils se marient en septembre de cette même année.

Ils se retirent alors à Iasnaïa Poliana, et Tolstoï peut se consacrer à l’écriture. Après les Cosaques (1863), il s’attelle à Guerre et Paix, vaste fresque historique qui l’occupera de 1863 à 1869, qui se passe pendant l’invasion de la Russie par les armées de Napoléon. Ce roman a inspiré Woody ALLEN pour son film Guerre et amour.

Prokofiev Guerre et PaixCliquez sur l’image

En 1873, il commence Anna Karénine, roman qu’il terminera en 1877. Sa rédaction a été retardée par une succession de drames familiaux, puisqu’il perd un de ses fils à l’âge de dix-huit mois, et le suivant à l’âge d’un an. Anna Karénine fera l’objet d’un ballet de CHTCHEDRINE.

Chtchédrine Anna KarénineCliquez sur l’image

En 1876, il fait la connaissance de TCHAÏKOVSKI et au cours d’un concert de celui-ci, éclate en sanglots pendant l’andante du Quatuor en ré majeur.

Tchaïkovski Quatuor en ré majeur AndanteCliquez sur le quatuor

En 1879, il se tourne vers un christianisme non violent, ce qui l’amènera à correspondre avec GANDHI ou Romain ROLLAND.

En 1889, il publie la Sonate à Kreuzer, roman sur les rapports hommes / femmes dans le couple, qui reflète des positions que l’on qualifierait aujourd’hui de machistes. Sa femme Sophie qui, en effet, est restée à la maison pour s’occuper des tâches domestiques et élever ses 13 enfants répondra à cette vision par À qui la faute et Romance sans paroles.

Beethoven Sonate à KreutzerCliquez sur l’image

Si le titre est directement inspiré de la Sonate à Kreuzer de BEETHOVEN, œuvre que jouent deux des protagonistes du roman, il a également inspiré le titre du premier quatuor de JANACEK.

Janacek Quatuor n° 1 sonate à KreutzerCliquez sur le quatuor

En 1899, il écrit le roman Résurrection, qui servira d’argument à Albert ROUSSEL en 1903 pour sa première œuvre symphonique.

Roussel RésurrectionCliquez sur l’image

Résurrection fera également l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1904.

Alfano ResurrezioneCliquez sur l’image

Tolstoï meurt d’une pneumonie le 20 novembre 1910, à l’âge de 82 ans.

Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

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Écrivains

Bernard de FONTENELLE (1657 – 1757)

Bernard le BOUYER (ou le BOVIER) de FONTENELLE est né à Rouen le 11 février 1657 et mort à Paris le 9 janvier 1757. À un mois près, il mourait centenaire.

Paradoxe de l’histoire : il fait ses études au lycée Corneille de Rouen (comme moi), alors que le lycée Fontenelle se trouve à à peine 500 mètres de là !

Neveu de Pierre CORNEILLE, il suit les traces de son oncle en suivant des études de droit. Après avoir plaidé (et perdue) une unique cause, il se rend à Paris pour rejoindre son oncle Thomas Corneille qui écrivait pour le Mercure Galant (l’ancêtre du Mercure de France.) Dans son Dialogue des morts, il prend parti pour les modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, ce qui lui vaut l’inimitié de Racine et Boileau.

Il écrit des poésies et des livrets d’opéra : Psyché (1678) et Bellérophon (1679) qui seront mis en musique par LULLY, mais joués sous le nom de son oncle.

Lully Fontenelle PsychéCliquez sur l’image

Bellérophon

Lully - Fontenelle BellérophonCliquez sur l’image

En 1689, il écrit le livret de Thétis et Pélée d’après la légende de la néréide Thétis mariée de force avec le roi Pélée, de qui elle eut sept fils. Seul le plus jeune d’entre eux, le bouillant Achille survivra. Il se rendra célèbre pour son rôle dans la guerre de Troie. Pascal COLASSE écrira la musique de Thétis et Pélée.

Collasse - Fontenelle Thétis et PéléeCliquez sur l’image

En 1691, Fontenelle écrit, toujours pour Colasse, le livret de Enée et Lavinie.

Collasse - Fontenelle Enée et LavinieCliquez sur l’image

1691 est aussi l’année où Fontenelle devient membre de l’Académie française, dont il sera secrétaire perpétuel pendant presque 60 ans.

En 1731, on donne à l’Académie royale de musique la pastorale héroïque Endymion avec une musique de COLLIN de BLAMONT.

Fontenelle meurt à Paris le 9 janvier 1757.

La tragédie Enée et Lavinie a fait l’objet d’un nouvel opéra par Antoine DAUVERGNE, représenté en 1758.

Écrivains, Bande dessinée, littérature, Poésie, Politique, Théâtre

Alphonse de LAMARTINE (1790 – 1869)

Alphonse de LAMARTINE est un poète romantique, écrivain et homme politique français, né à Mâcon le 21 octobre 1790.

Il commence très jeune à écrire de la poésie et, à 21 ans, fait son « voyage en Italie » au cours duquel il rencontre une jeune fille qui lui inspirera plus tard son roman Graziella.

À 21 ans, son père la fait nommer maire de sa commune et en 1814, il fait partie des gardes du corps de Louis XVIII et doit se réfugier en Suisse pendant les Cent jours. Rentré chez lui, il mène une vie de gentilhomme campagnard.

En 1816, pour des raisons de santé, il va prendre les eaux à Aix-les-Bains. Là, il fait la connaissance de Julie CHARLES, une femme mariée atteinte de phtisie galopante. Julie meurt en 1817, et son souvenir inspire à Lamartine son premier recueil de poésie, les Méditations poétiques (1820) qui rencontrent un grand succès. C’est en songeant à elle qu’il écrit un de ses poèmes les plus fameux, le Lac. (« Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence », ou encore « Ô temps, suspends ton vol ».)

Niedermeyer Lamartine le LacCliquez sur le pianiste et le ténor

Il se marie à une artiste peintre anglaise, Mary-Ann et est nommé attaché à l’ambassade de France à Naples. Il publie les nouvelles Méditations poétiques (1823), la Mort de Socrate (1823), et le dernier chant du pèlerinage d’Harold (1825).

Liszt les préludesCliquez sur l’image

C’est dans les nouvelles Méditations poétiques que figure le poème les Préludes, qui inspirera LISZT pour son poème symphonique du même nom.

En 1825, il publie les Harmonies poétiques et religieuses, qui influenceront également Liszt.

Liszt Harmonies poétiques et religieusesCliquez sur la pochette de disque

En 1830, il se rallie à la Monarchie de Juillet. En 1832, il effectue un voyage en Orient, mais la mort de sa fille Julia (née en 1822) l’affecte profondément.

En 1833, il est élu député de Bergues, dans le Nord. Humaniste profond, il appartiendra à la Société française pour l’abolition de l’esclavage, et militera pour l’abolition de la peine de mort. Lors des élections de 1837, il devient député de Mâcon, siège où il sera réélu en 1842. Entre-temps, en 1836, il publie son roman Jocelyn.

Godard Jocelyn berceuseCliquez sur le ténor

En 1848, il fait partie du premier gouvernement de la 2nde république où, en tant que ministre des Affaires étrangères, il signe le décret abolissant l’esclavage. À la fin de cette année, il est candidat à l’élection présidentielle, mais c’est Louis-Napoléon BONAPARTE qui emporte ce scrutin.

Il cesse alors sa carrière politique pour ne plus se consacrer qu’à la littérature. Il écrit son roman Graziella en 1849, ainsi que des recueils de poésie, des livres d’histoire ou de politique.

Lamartine meurt à Paris le 28 février 1869.

Représentant des romantiques, ses poésies ont été abondamment mises en musique.

BIZET le Grillon

Bizet Lamartine le grillonCliquez sur la partition

BERLIOZ Prière du matin

Berlioz Lamartine Prière du matinCliquez sur la pochette de disque

GOUNOD Au Rossignol

Gounod Lamartine Au RossignolCliquez sur le pianiste et le ténor

SAINT-SAËNS le Matin

Saint-Saëns Lamartine le MatinCliquez sur la pochette de disque

Écrivains, Cinéma, littérature, Woody Allen

Féodor DOSTOÏEVSKI (1821 – 1881)

(c) Adrian Mercure 2021

Féodor DOSTOÏEVSKI est un des plus grands écrivains russes du XIXe siècle. Il est né à Moscou il y a deux cents ans, le 11 novembre 1821. Lors de sa jeunesse dans la Russie tsariste, il fréquente les milieux progressistes, ce qui lui vaut une arrestation et une condamnation à mort, à l’âge de 18 ans. Après un simulacre d’exécution, il est déporté au bagne en Sibérie pour une période de quatre ans. Plus tard, il relatera ses souvenirs dans Souvenirs de la maison des morts. À son retour du bagne, il quitte l’armée (il avait un grade de sous-officier, mais avait été rétrogradé au rang de simple soldat) pour se consacrer à la littérature.

On peut distinguer trois périodes dans son œuvre. Les années romantiques, qui se terminent avec son séjour au bagne, les années où son socialisme est prêt à remplacer Dieu, et enfin le retour aux racines russes et à l’orthodoxie.

Dostoïevski meurt à Saint-Pétersbourg le 9 février 1881.

Ses œuvres principales sont Souvenirs de la Maison des morts (1860 – 1862), Crime et Châtiment (1866), le Joueur (1866), l’Idiot (1868 – 1869), et les Frères Karamazov (1880). La plupart de ces romans ont été adaptés à l’opéra.

Ainsi, Souvenirs de la Maison des morts a été porté à l’opéra par JANACEK sous le titre de la Maison des morts (Z Mrtvého Domu) en 1928.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’image

Dans Crime et Châtiment, le héros, Raskolnikov est un étudiant qui vit dans la misère. Il décide de tuer, presque au nom de la morale, une riche veuve qui prête avec usure de l’argent pour les gens comme lui. Mais, alors qu’il se croyait tout puissant, il doit vivre désormais avec le poids de son crime. Avec ses questions métaphysiques, c’est certainement un des romans de Dostoïevski qui a suscité le plus d’œuvres dérivées, que ce soit au cinéma ou en musique.

En 1942, le compositeur allemand Boris BLACHER écrit un oratorio, le grand Inquisiteur d’après ce roman.

Blacher le grand InquisiteurCliquez sur l’image

Il a aussi fait l’objet d’une adaptation sous le titre Raskolnikov par le compositeur suisse SUTERMEISTER en 1948, d’un ballet de Ronaldo CADEU en 2009,

Cadeu Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

et d’un opéra rock russe en 1984. On trouve ainsi son influence chez Woody ALLEN dans son film Crimes et Délits (1990).

Polymedia Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

Le joueur est un roman en partie autobiographique, puisque Dostoïevski était un joueur invétéré, qui a perdu beaucoup d’argent pour satisfaire sa passion du jeu. PROKOFIEV s’y est pris à deux fois pour l’adaptation du Joueur, avec une première version en 1916, remaniée en 1927.

Prokofiev le JoueurCliquez sur la bande-annonce

Le prince Mychkine, le personnage principal de L’Idiot, est un être fondamentalement bon, sa bonté confinant même à l’idiotie. À travers Mychkine, Dostoïevski nous dépeint un personnage quasiment christique. L’Idiot a fait l’objet d’un opéra écrit en 2013 par le compositeur russe WEINBERG.

Weinberg l'IdiotCliquez sur l’image

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Dostoïevski à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, illustrer vos cartes de vœux, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

Écrivains

Lord BYRON (1788 – 1824)

(c) Adrian Mercure 2021

George Gordon BYRON, plus connu sous le nom de Lord Byron, est un poète romantique anglais, né le 22 janvier 1788 à Londres et mort le 19 avril 1824 en Grèce.

En musique, c’est un contemporain de WEBER (1786 – 1826) ou de SCHUBERT (1797 – 1828), deux des plus éminents représentants de la musique romantique.

Sa vie scandaleuse, il est libertaire, libertin et bisexuel, le force à quitter l’Angleterre et il part en Italie, puis en Grèce où il participe à la lutte pour l’indépendance. En Italie, il vit quelque temps avec son ami SHELLEY et sa femme Mary, et ce au moment où Mary Shelley écrivait son Frankenstein.

Ses œuvres sont principalement composées de poésie et de théâtre, et son inspiration va du roman gothique anglais au romantisme naissant.

Un de ses poèmes les plus connus est Childe Harold’s Pilgrimage (le Pèlerinage du chevalier Harold), une sorte d’autobiographie décrivant les voyages et les désillusions d’un jeune homme. BERLIOZ en fera une brillante mise en musique dans son Harold en Italie.

Berlioz HArold en Italie marche des pélerinsCliquez sur l’image

Un autre poème, Le Corsaire, a également inspiré VERDI pour son opéra Il Corsaro (1848) alors qu’en 1856, ADAM composera une musique de ballet sur ce même sujet.

Verdi Il CorsaroCliquez sur l’image

Parisina, encore un autre de ses poèmes, a été porté à l’opéra par DONIZETTI en 1833.

Mazeppa a fait l’objet d’une mise en musique par Carl LOEWE entre 1828 et 1832 alors que The lament of Tasso, d’après la vie du TASSE, a inspiré Franz LISZT pour son poème symphonique Tasso, lamento e triumfo (1849).

Liszt Tasso, Lamento e TrionfoCliquez sur l’orchestre

Son œuvre théâtrale a également inspiré moult compositeurs. En premier lieu le drame Manfred avec Robert SCHUMANN en 1848 et avec TCHAÏKOVSKI en 1885.

Schumann Manfred ouvertureCliquez sur l’orchestre

Verdi encore a écrit I due Foscari (1844) d’après la pièce les deux Foscari.

Même NIETZCHE, qui était également compositeur, s’y est mis avec sa Manfred méditation (1872) d’après l’œuvre de Lord BYRON

Nietzche Manfred meditationCliquez sur les pianistes

On peut encore noter que le personnage même de Lord Byron a inspiré à Agosti Charles un opéra, LByron – un été sans été – créé en 2011.

La seule enfant légitime de Lord Byron est Ada LOVELACE, connue pour avoir inventé le codage algorithmique. C’est en son honneur qu’a été donné, dans les années ’80, le nom Ada à un logiciel qui se voulait universel.

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Écrivains, littérature

DANTE ALIGHIERI (1265 – 1321)

Dante ALIGHIERI est souvent considéré comme le père de la langue italienne moderne. Il est l’auteur de la Divine comédie, un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

Dante naît à Florence en juin 1265, en plein conflit entre les guelfes (partisans du pape) et les gibelins (partisans de l’empereur). En 1274, il a neuf ans quand il rencontre Béatrice, qui en a dix, dont il tombe amoureux et qui restera son amour virtuel. En 1282, ce sont les Vêpres siciliennes, ce soulèvement sicilien contre la domination française (dont Verdi tirera un opéra).

En 1283, il commence à écrire sa Vita Nova (Vie nouvelle).

Le 8 juin 1290, Béatrice meurt, mais pour Dante, elle restera toujours sa muse.

Autour de l’année 1300, Dante effectue des missions diplomatiques, notamment à Rome.

Entre 1304 et 1321, il écrit la Divine Comédie. Dans cette Divine Comédie, le poète Virgile lui fait descendre les neuf cercles de l’enfer, avant de monter les sept gradins du purgatoire. Arrivé aux portes du paradis, Virgile ne peut plus le guider, et c’est Béatrice qui prend le relais, pour lui faire visiter les neuf sphères du paradis.

Dante Alighieri meurt le 14 septembre 1321 à Ravenne.

Quelques années avant l’invention de l’opéra, Vincenzo Galilei (le père de Galileo Galilei) met en musique les Lamentations d’Ugolin (1586).

Comme les œuvres de l’ARIOSTO (l’ARIOSTE) et de il TASSO (le TASSE), la Divine Comédie a fait partie pendant des siècles des œuvres que le public lettré se devait de connaître et d’avoir lues. Ainsi, au XIXe siècle, Franz LISZT rendra hommage à Dante.

Une première fois en 1837 avec sa pièce pour piano Après une lecture de Dante, qui sera recueillie vingt ans plus tard dans le deuxième volume des Années de Pèlerinage.

Liszt Après une lecture de DanteCliquez sur le pianiste

Une deuxième fois en 1857 avec sa Dante Symphonie.

Liszt Dante-Symphonie AlléluiaCliquez sur l’image

Dans le cinquième chant de l’Enfer, comme il arrive au second cercle (celui de la luxure), Dante nous conte l’histoire de Francesca da Rimini, la fille d’un seigneur de Ravenne mariée à Jean le Boiteux, un jeune homme valeureux mais difforme. Très vite, Francesca se mit à tromper son mari avec le frère de celui-ci, Paul le Beau. Surpris ensemble, ils furent assassinés par Jean. Et c’est en Enfer que Dante nous les présente, mais un enfer étrangement calme, au milieu d’une cour d’autres victimes de l’amour, Sémiramis, Didon, Cléopâtre, Hélène de Troie, Achille, Pâris, Tristan.

Cette histoire a été illustrée musicalement par TCHAÏKOVSKI en 1876,

Tchaïkovski Francesca da RiminiCliquez sur l’orchestre

par Ambroise THOMAS en 1882 dans son opéra Françoise de Rimini

Thomas Françoise de RiminiCliquez sur l’image

par RACHMANINOV en 1906

Rachmaninov Francesca da RiminiCliquez sur l’image

et par ZANDONAÏ en1914.

Zandonai Francesca da Rimini final (MET 1984)Cliquez sur l’image

Une autre histoire évoquée dans l’Enfer est celle de Gianni Schicchi, cet homme roué qui réussit à détourner un héritage à son profit. PUCCINI a écrit un opéra en un acte sur ce thème en 1918.

Pucccini Gianni Schicchi O mio babbino caroCliquez sur l’image

Enfin, au chant XXXIII de l’Enfer, Dante nous parle des malheurs d’Ugolin. Ugolin, tyran de Pise, a trahi la cause des gibelins. Une conspiration le renverse et il se trouve en prison avec ses fils et ses petits-fils. Alors qu’ils mouraient de faim, ils le supplièrent de se nourrir de leur chair quand ils seraient morts. Cette légende a été mise en musique par DONIZETTI dans sa cantate Il conte Ugolino qui date de 1826.

Donizetti Il Conte UgolinoCliquez sur l’image

En 2022, Pascal Dusapin a porté la vie de Dante à l’opéra, avec son Il Viaggio, Dante.

Les compositeurs ne sont pas les seuls artistes à avoir été inspirés par l’œuvre de Dante.

Ainsi RODIN et sa monumentale Porte de l’enfer.

Ou encore la série de gravures de Gustave Doré pour la Divine Comédie.

(Source principale : Dante, œuvres complètes, la Pléiade, éditions Gallimard, 1983)

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