Compositrices

Francesca CACCINI (1587 – 1641)

Contemporaine de MONTEVERDI, première femme à avoir écrit un opéra, Francesca CACCINI est née le 18 septembre 1587 à Florence.

Liste de lecture pour Francsca CacciniCliquez ici pour avoir un accès direct à la liste de lecture

Le père de Francesca, chanteur et compositeur, faisait partie de la Camerata fiorentina, un cénacle d’intellectuels visant à retrouver l’art tel qu’il se pratiquait dans la Grèce antique. Il travaillait à la cour des MÉDICIS.

À ce titre, il compose en 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henry IV une pièce musicale chantée, Euridice, sur le même livret que son collègue de la Camerata, Jacopo PERI. C’est à la suite de ces représentations que Claudio Monteverdi « inventera » la forme opéra, avec son Orfeo de 1607.

Pour en savoir un peu plus sur cette époque, vous pouvez cliquer sur le lien « Histoire de l’opéra, les années 1600« .

On connaît de Giulio un très bel Ave Maria, même si les recherches musicologiques récentes ont tendance à l’attribuer à un autre compositeur.

Caccini ave MariaCliquez sur l’image

La petite Francesca apprend de son père la musique : le chant, le clavecin, la composition.

De 1604 à 1605, le père, sa femme et ses deux filles sont invités à Paris par Henry IV et Marie de Médicis, où ils raviront les courtisans, notamment par la qualité du chant de Francesca.

En 1607, elle se marie et entre au service des Médicis au grand-duché de Toscane en tant que musicienne, et a été à une époque la musicienne la mieux payée.

En 1618, elle publie son premier livre de musique : Il primo libro delle musiche a una, e due voci (Le premier livre de musique à une et deux voix.)

Caccini Francesca Maria, dolce MariaCliquez sur l’image

Caccini Ch'amor sia nudoCliquez sur l’image

Caccini Chi desiaCliquez sur l’image

Caccini O che nuovo stuporCliquez sur l’image

Caccini francesca ChaconneCliquez sur la chaconne

Caccini Lasciatemo qui soloCliquez sur l’image

Francesca est restée dans l’histoire de la musique en tant que première femme compositrice d’opéras. En effet, en 1625 elle écrit la liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso de l’ARIOSTE.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur l’image

Elle écrit aussi un Rinaldo inamorato dont la partition est malheureusement perdue.

On ne connaît pas exactement la date de sa mort, probablement survenue après 1641.

Dans mes recherches pour écrire cet article, je suis tombé sur la page suivante (en anglais) très intéressante: https://www.youtube.com/watch?v=DmHhvpbxoNM.

Et si vous voulez encore de la musique de Francesca Caccini, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu de musique de Francesca Caccini.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Écrivains, littérature

DANTE ALIGHIERI (1265 – 1321)

Dante ALIGHIERI est souvent considéré comme le père de la langue italienne moderne. Il est l’auteur de la Divine comédie, un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

Dante naît à Florence en juin 1265, en plein conflit entre les guelfes (partisans du pape) et les gibelins (partisans de l’empereur). En 1274, il a neuf ans quand il rencontre Béatrice, qui en a dix, dont il tombe amoureux et qui restera son amour virtuel. En 1282, ce sont les Vêpres siciliennes, ce soulèvement sicilien contre la domination française (dont Verdi tirera un opéra).

En 1283, il commence à écrire sa Vita Nova (Vie nouvelle).

Le 8 juin 1290, Béatrice meurt, mais pour Dante, elle restera toujours sa muse.

Autour de l’année 1300, Dante effectue des missions diplomatiques, notamment à Rome.

Entre 1304 et 1321, il écrit la Divine Comédie. Dans cette Divine Comédie, le poète Virgile lui fait descendre les neuf cercles de l’enfer, avant de monter les sept gradins du purgatoire. Arrivé aux portes du paradis, Virgile ne peut plus le guider, et c’est Béatrice qui prend le relais, pour lui faire visiter les neuf sphères du paradis.

Dante Alighieri meurt le 14 septembre 1321 à Ravenne.

Quelques années avant l’invention de l’opéra, Vincenzo Galilei (le père de Galileo Galilei) met en musique les Lamentations d’Ugolin (1586).

Comme les œuvres de l’ARIOSTO (l’ARIOSTE) et de il TASSO (le TASSE), la Divine Comédie a fait partie pendant des siècles des œuvres que le public lettré se devait de connaître et d’avoir lues. Ainsi, au XIXe siècle, Franz LISZT rendra hommage à Dante.

Une première fois en 1837 avec sa pièce pour piano Après une lecture de Dante, qui sera recueillie vingt ans plus tard dans le deuxième volume des Années de Pèlerinage.

Liszt Après une lecture de DanteCliquez sur le pianiste

Une deuxième fois en 1857 avec sa Dante Symphonie.

Liszt Dante-Symphonie AlléluiaCliquez sur l’image

Dans le cinquième chant de l’Enfer, comme il arrive au second cercle (celui de la luxure), Dante nous conte l’histoire de Francesca da Rimini, la fille d’un seigneur de Ravenne mariée à Jean le Boiteux, un jeune homme valeureux mais difforme. Très vite, Francesca se mit à tromper son mari avec le frère de celui-ci, Paul le Beau. Surpris ensemble, ils furent assassinés par Jean. Et c’est en Enfer que Dante nous les présente, mais un enfer étrangement calme, au milieu d’une cour d’autres victimes de l’amour, Sémiramis, Didon, Cléopâtre, Hélène de Troie, Achille, Pâris, Tristan.

Cette histoire a été illustrée musicalement par TCHAÏKOVSKI en 1876,

Tchaïkovski Francesca da RiminiCliquez sur l’orchestre

par Ambroise THOMAS en 1882 dans son opéra Françoise de Rimini

Thomas Françoise de RiminiCliquez sur l’image

par RACHMANINOV en 1906

Rachmaninov Francesca da RiminiCliquez sur l’image

et par ZANDONAÏ en1914.

Zandonai Francesca da Rimini final (MET 1984)Cliquez sur l’image

Une autre histoire évoquée dans l’Enfer est celle de Gianni Schicchi, cet homme roué qui réussit à détourner un héritage à son profit. PUCCINI a écrit un opéra en un acte sur ce thème en 1918.

Pucccini Gianni Schicchi O mio babbino caroCliquez sur l’image

Enfin, au chant XXXIII de l’Enfer, Dante nous parle des malheurs d’Ugolin. Ugolin, tyran de Pise, a trahi la cause des gibelins. Une conspiration le renverse et il se trouve en prison avec ses fils et ses petits-fils. Alors qu’ils mouraient de faim, ils le supplièrent de se nourrir de leur chair quand ils seraient morts. Cette légende a été mise en musique par DONIZETTI dans sa cantate Il conte Ugolino qui date de 1826.

Donizetti Il Conte UgolinoCliquez sur l’image

En 2022, Pascal Dusapin a porté la vie de Dante à l’opéra, avec son Il Viaggio, Dante.

Les compositeurs ne sont pas les seuls artistes à avoir été inspirés par l’œuvre de Dante.

Ainsi RODIN et sa monumentale Porte de l’enfer.

Ou encore la série de gravures de Gustave Doré pour la Divine Comédie.

(Source principale : Dante, œuvres complètes, la Pléiade, éditions Gallimard, 1983)

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Dante à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DE LA VARIÉTÉ

Alors que certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs classiques, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs classiques ne dédaignent pas interpréter des airs de variété.

Ainsi Jonas KAUFFMANN dans le Parrain :

Jonas Kauffmann le ParainCliquez sur Jonas

Après qu’elle eut mis fin à sa carrière lyrique, la grande Nathalie DESSAY a continué à chanter et on lui doit des albums consacrés à Michel LEGRAND ou Claude NOUGARO.

Nougaro dessayCliquez sur Nathalie

Le très italien Luciano PAVAROTTI aimait bien chanter Funiculi funicula, un air populaire composé pour l’inauguration du funiculaire du Vésuve.

Funicula funiculaCliquez sur Luciano

Le grand baryton russe Dimitri HVOROSTOVSKY aimait particulièrement les airs populaires russes.

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur Dima

La soprano Cathy BERBERIAN (la femme du compositeur Luigi NONO) a enregistré un album des chansons de BEATLES, à une époque où ce mélange des genres ne se faisait pas encore.

The Beatles I want to hold your hand (Berberian)Cliquez sur Cathy

Roberto ALAGNA, le plus « pipole » de nos ténors, n’hésite jamais à pousser la chansonnette, y compris avec sa fille Malèna.

Alagna besame muchoCliquez sur Roberto

Quant à Montserrat CABALLÉ, elle n’a pas hésité à marier sa voix à celle de Freddy MERCURY pour chanter Barcelone.

Caballé Mercury BarcelonaCliquez sur Freddy et Montserrat

Et qui sait que Placido DOMINGO a chanté BREL en duo avec ZAZ ?

Brel la Chanson des vieux amants (Domingo + ZAZ)Cliquez sur Zaz et Placido

Pour ceux (ou celles) qui en veulent encore, il y a ce cadeau bonus !

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous faites partie de ceux (ou celles) qui en veulent encore

Agenda Ironique, Cinéma

CALME BLOC ICI-BAS CHU D’UN DÉSASTRE OBSCUR

Ceci est ma contribution à l’agenda Ironique de septembre 2021, dont le thème nous a été proposé par Tout l’Opéra (ou presque) (c’est moi). Voici donc le thème, détaillé ici.

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Une légende urbaine prétend qu’en 1968, l’écrivain de S.F. Arthur C. CLARK s’était rendu à Baltimore avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour discuter d’un projet de film d’animation qu’ils avaient ensemble. Passant devant le tombeau d’un de leur héros, l’écrivain Edgar Allan POE, ils se recueillirent devant l’étrange monolithe que les humains avaient déposé sur sa tombe, pour leur tranquillité que son esprit n’en ressorte jamais. C’est alors que l’écrivain fantastique instilla dans leur esprit, l’histoire suivante.

Il y a de cela fort longtemps, avant que l’homme ne devienne l’animal sage et avisé que l’on connaît aujourd’hui, vivait sur Terre une tribu d’hominidés, qui subsistaient comme ils pouvaient en cherchant la rare nourriture qu’ils trouvaient. David Guetteur de Lune était leur « chef ».

La tribu était régulièrement la proie d’un léopard, bestiole contre laquelle ils étaient mal armés. Une nuit, un aboli bibelot d’inanité sonore se fit entendre. Au matin, en sortant de la grotte où la tribu se réfugiait pendant la nuit, ils se trouvèrent en présence d’un calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Kubrick le monolithe (début)Cliquez sur le calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur

David Guetteur de lune fixa alors l’étrange bloc, sans savoir qu’en face, le monolithe le scrutait attentivement. Après ce contact avec une intelligence extraterrestre, David Guetteur eut l’idée de se servir d’os d’animaux pour massacrer ses ennemis. On peut considérer qu’il s’agissait là de l’acte fondateur de la civilisation.

Brel les SingesCliquez sur le grand artiste belge

Mais retrouvons nos amis humains quelques millions d’années plus tard. L’Homme s’est lancé dans la conquête de l’espace, mais v’là t’y pas qu’il a trouvé une anomalie magnétique sur le cratère de Tycho, sur la Lune. En creusant, il a trouvé un étrange monolithe noir qui, lors de son excavation, a émis un mystérieux signal vers Jupiter (pour les habitués de mon blog, je dois préciser que par Jupiter, je ne désigne pas le dieu grec déjà mainte fois mentionné ici, mais d’une planète de notre système solaire).

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’alignement des astres

Il (l’Homme) décide alors d’envoyer une mission tout là-haut, pour trouver la cible de ce mystérieux signal. Deux astronautes sont envoyés vers Jupiter, accompagnés d’un ordinateur doté d’une Intelligence Artificielle, HAL. (Pour le fun, essayez de translater d’une place chacune des lettres du mot HAL, et vous trouverez l’origine du nom de l’ordinateur.)

Les choses se gâtent vite quand l’ordinateur estime que les deux hommes qui l’accompagnent dans sa mission vont plus le gêner qu’autre chose. Il se débarrasse habilement de l’un deux, l’envoyant dans l’espace pour réparer une (fausse) panne qu’il a signalée. Quand le deuxième astronaute voit son collègue passer par le hublot, il décide de sortir pour essayer de le secourir.

Strauss le beau Danube bleu (Kubrick)Cliquez sur l’image d’un célèbre film

Il n’y parvient pas, mais heureusement pour lui, il réussit à déconnecter HAL, carte après carte (et l’on voit alors l’ordinateur perdre la tête, retomber en enfance, avant que de s’éteindre définitivement.)

Le cosmonaute restant poursuit alors son voyage vers Jupiter, où se trouve un autre monolithe en orbite autour de la planète. Comme il s’en approche, il se sent aspiré et part pour un fabuleux voyage dans le temps et dans l’espace. Malheureusement, la communication télépathique entre Poe et Clarke et Kubrick s’est arrêtée là, et on ne comprend donc pas très bien la fin de l’histoire.

En tout cas, cette rencontre ne fut pas vaine, car Arthur C. Clarke a relaté cet événement dans un de ses livres les plus connus, 2001, Odyssée de l’espace (2001, a Space Odyssey), alors que Stanley Kubrick en a tiré un de ses films, portant le même nom.

Agenda Ironique, Mallarmé, Oulipo

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2021

Hop hop hop, on ne bouge plus, on écoute (ou plutôt on lit.)

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a proposé (en second) pour animer l’Agenda Ironique de septembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style (hihihi, tant pis pour vous.)

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

J’ai fait un POC (Proof of Concept) pour tester la solidité de ma proposition en demandant à mon ami Stéphane ce qu’il en pensait, il m’a immédiatement répondu en me proposant deux textes, que je vous livre ici à titre d’exemple.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Aboli bibelot d’inanité sonore.

J’ai donc considéré que le concept était valide et je vous le soumets. Je vous rassure, mon ami Stéph’ sera hors concours, d’autant que ses amphibolies ne sont pas si jolies que ça !

À vos blogs ! 🙂

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire cidsous jusqu’au 26 septembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 septembre.

Mes opéras préférés

DON PASQUALE, de DONIZETTI (1843)

Dernier avatar du bel canto, Don Pasquale de DONIZETTI est une farce créée à Paris en 1843. Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence du cas classique (S+T)/B où une soprano (Norina) et un ténor (Ernesto) s’aiment, mais voient leur amour contrarié par un baryton/basse (Don Pasquale).

Le pitch : Don Pasquale est un vieux barbon qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Acte I : Don Pasquale, un vieux célibataire, se désole de voir son neveu Ernesto préférer une jeune femme sans fortune, Norina, au mariage avantageux qu’il lui propose. Il décide alors de déshériter son neveu et de se marier lui-même. Il demande à Malatesta, son médecin, de lui trouver une femme. Malatesta lui propose Sophronia, sa propre sœur. Sentant monter en lui un feu insolite suite à la description de Malatesta, Don Pasquale laisse éclater sa joie (air : « Un foco insolito »).

Donizetti Don Pasquale Un foco insolitoCliquez sur Don Pasquale

Il convoque alors son neveu pour lui demander une dernière fois d’accepter une jeune fille riche, mais celui-ci refuse à nouveau. Don Pasquale annonce alors à Ernesto qu’alors, c’est lui qui va se marier avec la sœur de Malatesta. Privé d’argent, Ernesto se désole de devoir renoncer à son amour pour Norina (Air [et duo] : « Sogno soave e casto »).

Donizetti Don Pasquale Sogno soave e castoCliquez sur Ernesto

En attendant l’arrivée de Malatesta, Norina lit un roman d’amour qui la fait bien rire. Elle se targue de connaître aussi le secret du regard qui chavire le cœur des hommes (Air : « So anch’io la virtu magica ».)

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)Cliquez sur Norina

On lui apporte un petit mot de billet de la part d’Ernesto qui l’informe du projet de mariage de Don Pasquale, qui le déshérite. Il veut quitter l’Europe. Heureusement, Malatesta arrive à point nommé pour informer Norina de son plan : il lui demande de jouer le rôle de Sofronia, sa sœur, pour faire un faux mariage devant un faux notaire, mettant ainsi Don Pasquale dans leur poche.

Acte II : Ernesto est prêt à partir et exprime une dernière fois son amour pour Norina (Air : Povero Ernesto).

Donizetti Don Pasquale Povero ErnestoCliquez sur ce pauvre Ernesto

Malatesta arrive avec sa « sœur », voilée, pour la présenter à Don Pasquale. Norina joue la vierge effarouchée, tout juste sortie du couvent pour aguicher son futur mari. Elle fait monter la pression amoureuse et quand enfin, elle ôte son voile, Don Pasquale n’en peut plus, il réclame un notaire immédiatement. (Trio : « Via, da brava ».)

Donizetti Don Pasquale Via da bravaCliquez sur Don Pasquale, Malatesta et Norina/Sofronia

Le docteur, qui avait tout prévu fait entrer son faux notaire. Subjugué, Don Pasquale fait mettre dans le contrat de mariage que Sofronia sera la maîtresse de la maison. Mais sitôt le contrat signé, le caractère de la rouée jeune femme change. Elle repousse Don Pasquale, jugé trop vieux pour l’accompagner en ville, et choisit Ernesto, revenu dire adieu à son oncle, pour l’accompagner. Ernesto comprend alors la ruse des deux compères et s’en réjouit, alors que Malatesta joue les étonnés.

Acte III : Dans la maison de Don Pasquale, ou plutôt de Sofronia, le train de vie a changé qui a embauché de nouveaux serviteurs et achète tout ce dont elle a envie. Don Pasquale n’en peut plus et cherche à la retenir quand elle s’apprête à aller au théâtre.

Dans la dispute qui s’ensuite, Sofronia gifle le pauvre Don Pasquale ! Avant de sortir, elle laisse tomber comme par mégarde un billet d’Ernesto lui fixant un rendez-vous la nuit dans le jardin. Don Pasquale cherche l’avis du docteur sur l’attitude à tenir. Après avoir prévenu Ernesto du rôle qu’il aurait à tenir la nuit, Malatesta suggère à Don Pasqual de surprendre les jeunes gens dans leur rendez-vous galant.

La nuit dans le jardin, Ernesto donne la sérénade à Norina, qui lui répond en duo (Duo : « Tornami a dir che m’ami ».)

Cliquez sur l’image

Donizetti Don Pasquale Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Norina (en civil)

C’est le moment où Don Pasquale et le docteur surgissent. Ernesto a le temps de se cacher, mais Norina doit répondre aux deux hommes. Malatesta réussit enfin à convaincre que le seul moyen de mettre fin à cette situation est de marier son neveu à sa Norina. (Trio : « Eccoli : attenti ben ».)

Ernesto revient, Norina révèle sa véritable identité, et Malatesta explique la situation à Don Pasquale qui, bon joueur, pardonne et bénit les deux jeunes amoureux.

Donizetti Don Pasquale finalCliquez sur le final

Et si vous voulez un petit plus, cliquez donc sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez donc sur le cadeau bonus si vous voulez un petit plus

Mallarmé, Oulipo, Poésie

« REMÉMORATION D’AMIS BELGES », de MALLARMÉ

Après La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose « Remémoration d’amis belges », un poème de 1893 en hommage aux poètes belges du cercle Excelsior de Bruges, où Mallarmé avait été invité à donner une conférence en1890.

Les quatrains évoquent la ville de Bruges, sombre et vétuste, alors que les tercets évoquent l’aube, d’où des cygnes surgissant des canaux noirs de la cité prennent leur envol en toute liberté, comme la poésie permet de s’abstraire de la médiocrité de la vie au quotidien.

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve

Toute la vétusté presque couleur encens

Comme furtive d’elle et visible je sens

Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Boulez Pli selon pliCliquez sur l’image

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve

Sinon d’épandre pour baume antique le temps

Nous immémoriaux quelques-uns si contents

Sur la soudaineté de notre amitié neuve

Verdi La Forza del destino Amici in vita e in morteCliquez sur l’image

Ô très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l’aube au défunt canal

Grisar Le Carillonneur de BrugesCliquez sur le carillonneur de Bruges

Avec la promenade éparse de maint cygne

Saint-Saëns Carbnaval des animaux le cygneCliquez sur l’image

Quand solennellement cette cité m’apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Schubert Scwanengesang StändchenCliquez sur l’image

Citations musicales :

Pli selon pli : BOULEZ Pli selon pli, hommage à Mallarmé. Cette œuvre; commencée en 1957 a connu, comme nombre d’œuvres de Boulez plusieurs remaniements, et ce jusqu’en 1990. Elle est construite sur une mise en musique de cinq poëmes de Mallarmé, dont le fameux « Le Vierge le vivace et le bel aujourd’hui« , description d’un malheureux cygne pris dans les glaces à Paris lors d’un hiver très rigoureux.

notre amitié : VERDI La Force du destin, Duo « Amici in vita e in morte ». Dans cet opéra de Verdi, le héros Alvaro sauve son ennemi (sans le reconnaître) sur le champ de bataille. Ils se jurent une amitié à la vie et à la mort.

Bruges : Il existe un opéra de Albert GRISAR intitulé le Carillonneur de Bruges (1852).

de maint cygne : SAINT-SAËNS, le Carnaval des animaux, « le Cygne ».

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit : SCHUBERT Schwanengesang (le Chant du cygne), « Ständchen ».

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 1 – ESCHYLE (- 525, – 456)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.

Contemporain des guerres contre les Perses, Eschyle participe aux batailles de Marathon et de Salamine.

Une légende veut qu’il soit mort en recevant une tortue sur la tête, tortue lancée par un rapace sur son crâne chauve, qu’il avait pris pour un caillou !

Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.

Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.

Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.

En 1941, Honegger écrit une musique de scène pour cette pièce.

L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. Serge Taneïev écrit un opéra, Oresteia, créé à Moscou en 1895.

Taneyev Oresteia (Orestie) OuvertureCliquez sur l’image

L’Orestie sera également adaptée par Darius Milhaud sur un livret de Paul Claudel.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

En 1966, c’est le compositeur grec Xenakis qui met en musique l’Orestie.

Xenakis OresteïaCliquez sur l’Oresteïa

Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.

Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.

Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.

Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques.

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Mes opéras préférés

LES MAÎTRES-CHANTEURS de NUREMBERG, de WAGNER (1867)

Seule comédie composée par WAGNER, le livret a été composé en 1861 – 1862, et la musique de 1862 à 1867. L’œuvre, Die Meistersinger von Nürnberg en allemand, fut créée à Munich en 1868, et dédiée à Louis II de Bavière. Wagner en avait eu l’idée dès la fin de Tannhaüser, en voulant écrire un pendant comique à son drame.

Wagner a mis dans cet opéra toute sa science de la composition musicale, de la célèbre ouverture qui mêle les 5 thèmes principaux, ou de la 1ère scène où il compose un choral d’église digne de JS.BACH au final ébouriffant du 2e acte, que ROSSINI n’aurait pas désavoué, en passant par de très beaux morceaux pour chœur ou pour les solistes.

Paradoxalement, c’est dans cette comédie que Wagner se fait le plus politique, décrivant ses conceptions de l’art nouveau, capable de transcender les règles léguées par le passé, et les difficultés qu’il y a pour la bourgeoisie d’apprécier ces nouveautés.

Le pitch : Le héros principal de cette comédie est Walther, un jeune homme qui veut participer à un concours de chant (l’action se passe au moyen-âge) pour pouvoir épouser Eva, celle qu’il aime. Pour cela, il doit défendre un art nouveau et spontané en se débarrassant du carcan de la Tradition défendue par la guilde des Maîtres-Chanteurs. Il sera aidé par Hans Sachs, autre grande figure de cet opéra, qui tout en étant gardien des règles, sait qu’elles doivent évoluer.

Ouverture : Cinq leitmotivs sont exposés dans l’ouverture, qui commence par l’exposé du thème lourd et pompeux de la guilde des Maîtres-Chanteurs, suivi du thème léger et tendre de l’amour naissant. Viennent ensuite les thèmes de la bannière des Maîtres, de la passion déclarée et de l’ardeur impatiente. L’ouverture se termine par un mélange des trois thèmes Guilde des Maîtres, Bannière des Maîtres et Passion Déclarée exprimant la fusion de l’art savant mais routinier et d’un art nouveau et spontané.

Wagner les Maîtres-chanteurs ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : À l’église Sainte-Catherine, c’est la fin de la messe. Alors que les fidèles chantent un choral, Walther, qui a eu l’occasion de rencontrer Eva chez son père Pogner, cherche à capter le regard de celle-ci. Quand le choral est terminé, il discute avec elle, voulant savoir si elle est déjà fiancée. Magdalena, la nourrice d’Eva, lui apprend que oui, mais que le fiancé n’est pas encore connu. En effet, la main d’Eva sera le prix du concours de chant qui doit avoir lieu le lendemain.

Après la messe, les apprentis préparent le lieu du concours. David, amoureux de Magdalena et apprenti du maître cordonnier Hans Sachs, essaie d’expliquer à Walther les règles du chant. Il fait la comparaison entre son apprentissage de cordonnier et son apprentissage du chant avec toutes les règles qu’il faut connaître et appliquer.

Alors que les apprentis ont fini de dresser la scène, Pogner arrive avec le greffier Beckmesser. Pogner explique qu’il a ajouté une clause au concours, laissant libre choix à sa fille d’accepter le vainqueur du concours comme mari. Cette clause inquiète Beckmesser qui a des vues sur Eva. Walther s’adresse à Pogner, il veut devenir Maître-Chanteur. Quand tous les Maîtres-Chanteurs sont arrivés, leur réunion peut commencer. Hans Sachs propose de joindre le jugement du peuple à celui des Maîtres. Une discussion s’amorce entre les tenants de la tradition qu’ils défendent et le goût du peuple, qui n’a pas été formé aux règles académiques. Pogner annonce à l’assemblée qu’il y a un candidat pour devenir Maître. Interrogé sur sa formation de poète et de musicien, Walther raconte qu’il a appris la poésie dans un livre ancien, et la musique en écoutant les chants de la nature.

Wagner les Maîtres-chanteurs Am stillen Herd (Walter acte I)Cliquez sur Walter

La discussion entre tradition et nouveauté reprend de plus belle. Walther va chanter. Beckmesser tiendra le marquoir. C’est une ardoise sur laquelle il écrit les fautes commises par les candidats. Au-delà de sept fautes, la candidature sera rejetée. Walther commence son chant, mais on entend Beckmesser dans sa loge cribler l’ardoise de coups de craie rageurs. Quand l’ardoise est pleine, il interrompt le chant.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser Walther acte ICliquez sur l’image

Les Maîtres-Chanteurs sont d’accord : le chant de Walther n’obéit pas aux règles établies. Seul Hans Sachs a su entendre, au-delà des fautes formelles, les qualités présentes dans le chant de Walther. Il demande que Walther puisse terminer son chant. Pendant que Walther reprend, Beckmesser annonce les fautes, et les Maîtres-Chanteurs les constatent. À la fin, ils refusent l’entrée de Walther dans leur guilde.

Acte II : Devant l’atelier de Hans Sachs et la maison de Pogner, les apprentis ferment les volets de leurs maîtres. Magdalena demande à David comment s’est déroulée l’épreuve de Walther. Quand elle apprend qu’il a raté son concours, elle rentre chez elle fâchée, laissant David seul. Les apprentis forment une ronde moqueuse autour de lui. Hans Sachs sort de son atelier et fait rentrer David.

Pogner et Eva reviennent de leur promenade du soir et rentrent chez eux. Sachs repense au chant de Walther, si beau malgré ses fautes. Eva ressort et cherche à savoir comment s’est passée l’épreuve. Sachs répond que le manque de qualité du chant de Walther ne lui a pas permis de passer l’épreuve, ce qu’Eva prend pour une critique. Magdalena ressort pour lui demander de la part de son père de rentrer, et l’informe que Beckmesser a prévu de lui donner la sérénade cette nuit. Eva demande à Magdalena de prendre sa place à la fenêtre. Walther arrive à son tour. Eva lui déclare son amour mais Walther reconnaît qu’ayant échoué, il ne peut prétendre à la main d’Eva. Ils projettent de s’enfuir quand au loin, on entend la trompe du veilleur de nuit.

Après le passage du veilleur, Beckmesser arrive pour sa sérénade. Sachs qui travaillait sur le pas de sa porte se met à taper sur la semelle de la chaussure en chantant à pleine voix. Beckmesser essaie de le faire taire, mais la fenêtre d’Eva s’ouvre. Finalement, Sachs accepte de laisser Beckmesser chanter, mais il marquera les fautes en tapant sur la semelle. Furieux, Beckmesser a mal accordé son luth, et quand il entame son chant, celui-ci est rythmé par les coups de marteau de Sachs. Beckmesser, énervé, chante de plus en plus fort. Entendant du bruit, les voisins paraissent à leurs fenêtres et descendent dans la rue. David, reconnaissant Magdalena à la fenêtre, et croyant que Beckmesser lui donne la sérénade, saute dans la rue, brise le luth de son « rival » et ils commencent à se battre. Les voisins en font autant. Les apprentis, puis les compagnons arrivent aussi, et le charivari se généralise. Les femmes criant « au feu » jettent de l’eau sur les belligérants. Quand on entend la trompe du veilleur de nuit, tout le monde rentre chez soi et Sachs fait entrer Walther chez lui. Quand le veilleur de nuit arrive sur la place pour annoncer onze heures, la scène est vide.

Wagner les Maîtres-chanteurs final acte IICliquez sur l’ébouriffant final de l’acte 2

Acte III : Dans son atelier, Sachs discute avec David de la folle soirée de la veille. David pense que Sachs veut remporter le concours de chant pour épouser Eva. En fait, Sachs veut favoriser le sort des deux jeunes gens. Walther arrive, après une bonne nuit passée chez Sachs, pendant laquelle il a fait un songe. Sachs lui dit qu’il a apprécié son chant, même s’il fait peur aux gardiens de la tradition. Pour aider Walther, il lui demande de lui dicter son rêve. Tout en écrivant, il donne des conseils à Walther sur l’art de composer son poème. Quand ils ont fini, ils vont s’habiller pour la cérémonie. Beckmesser, voyant l’atelier vide, s’avance. Il trouve le chant d’amour écrit par Sachs mais, entendant du bruit, le cache dans sa poche. Sachs entre dans l’atelier et se moque de l’aventure subie la nuit précédente par Beckmesser. Beckmesser, furieux, accuse Sachs de vouloir concourir contre lui. Face aux dénégations de Sachs, il sort de sa poche le poème écrit de la main de Sachs. Celui-ci continue à nier vouloir chanter, et va jusqu’à offrir son manuscrit au greffier, qui n’en revient pas.

Beckmesser parti, Eva arrive, vêtue de ses plus beaux atours. Elle se plaint de ses chaussures qui la blessent. Sachs va les réparer. Il feint de ne pas voir David entrer, et se met à chanter la chanson de Walther, en se demandant qui chantera le troisième couplet. Walther enchaîne alors la suite de sa chanson. Sachs reconnaît que c’est là un chant de Maître. Eva, comprenant ce que Sachs a fait pour eux, tombe dans les bras de Sachs en pleurant, tandis que Walther s’approche de lui pour lui serrer la main. David et Magdalena entrent à leur tour, et tous se mettent à chanter pour le succès espéré de David (Quintette).

Wagner les Maîtres-chanteurs quintett Selig, wir die Sonne (quintette acte III)Cliquez sur le quintette

Sur la plaine, les apprentis accueillent les bourgeois des corporations, et les conduisent à leur place pour le concours. Enfin, les Maîtres-chanteurs arrivent en cortège jusqu’à l’estrade. Quand Sachs s’installe, la foule se met à chanter un chant qu’il avait composé autrefois.

Wagner les Maîtres-chanteurs entrée des maîtres acte IIICliquez sur l’image

Ému, Sachs les remercie et lance le concours. Il demande que tout poète ait le droit de concourir librement, puis Sachs désigne Beckmesser pour commencer l’épreuve. Celui-ci, n’ayant pas retenu les paroles, s’embrouille, se trompe, et finit sous les lazzis de la foule. Furieux, Beckmesser prétend que les paroles sont de Sachs.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte IIICliquez sur Sixtus Beckmesser

Sachs révèle alors que le poème est de Walther, mais qu’il a été massacré par Beckmesser. Il donne alors la parole à Walther. Tout le monde écoute avec émotion et à la fin, le peuple demande que Walther remporte le prix, ce que les Maîtres-Chanteurs acceptent. Ils veulent le nommer Maître, mais Walther refuse. Sachs lui fait savoir qu’il serait orgueilleux de refuser. Eva pose la couronne de vainqueur sur le front de Hans Sachs, et, avec Walther, l’entoure. Tout le monde félicite Sachs pour sa sagesse.

(Source principale : l’indispensable « Voyage artistique à Bayreuth » d’Albert LAVIGNAC, librairie Ch. Delagrave, deuxième édition (1898), et comme vous avez de la chance, ce livre est disponible en livre de poche.)