Écrivains, littérature, Mythologie

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) 1 -L’ILIADE

image Homère

« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)

En fait on ne sait pas si l’aède Homère a réellement vécu. La tradition lui attribue pourtant deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Iliade raconte la fin de la guerre de Troie alors que l’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.

De par leur portée archétypale, ces deux œuvres ont inspiré un grand nombre de compositeurs, et ce dès Monteverdi, le fondateur du genre opéra, qui a écrit en 1640 le Retour d’Ulysse dans sa Patrie d’après l’Odyssée. J’y reviendrai dans l’article sur l’Odyssée.

Parmi les nombreux personnages de l’Iliade, la plus connue est certainement Hélène (dite Hélène de Troie). Hélène était la fille de Léda, issue de ses amours avec Zeus métamorphosé en cygne pour la séduire. C’est donc aussi la sœur des jumeaux Castor et Pollux. Femme du roi Ménélas, elle fut enlevée par Pâris, ce qui déclencha la guerre de Troie. On la retrouve dans l’opérette la Belle Hélène d’Offenbach.

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur l’image

Autre héros qui apparaît dans l’Iliade, Enée combat Diomède et est protégé par sa mère Aphrodite. À la fin de la guerre de Troie, il se réfugie sur le mont Ida, puis part en Italie avec la reine Didon, mais c’est une autre histoire. C’est l’Enéide, racontée par Virgile.

Enée a inspiré Berlioz dans son opéra-fleuve Les Troyens.

Berlioz les Troyens nuit d'ivresseCliquez sur l’image et frissonnez !

Le personnage d’Achille a été mis en musique par Lully et Colasse en 1688 dans Achille et Polyxène. Achille était un héros qui, offensé par Agamemnon, se retire du combat, laissant les grecs mourir. C’est à la mort de son ami Patrocle qu’il se décide à revenir au combat, où il tuera Hector.

Lully Colasse Achille et Plyxène ouvertureCliquez sur l’ouverture

On retrouve Achille une cinquantaine d’années plus tard dans Achille et Déidamie (1735) de Campra.

Campra Achille et Déidamie Timbales et trompettesCliquez sur l’image

Achille est aussi le héros de Achille à Syros de Métastase, mis en musique par Caldara, par Corselli, par Gassmann et par Sarro.

Caldara Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

Gassmann Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

C’est aussi un des personnages secondaires de l’Iphigénie en Aulide (1774) de Gluck.

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(Sources principales : Dictionnaire des personnages, collection Bouquins Laffont, 1999 et Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard 1992.)

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

NABUCCO, de VERDI (1841)

Nabucco est un des premiers succès de Verdi. Achevé en 1841 et créé en 1842 à la Scala de Milan, son côté patriotique a fait de Verdi le porte-parole de la révolte contre l’occupant autrichien, le fameux chœur « Va pensiero » devenant vite un hymne pour les partisans de la liberté. Parmi les chanteuses de la création figurait Giuseppina Strepponi, qui deviendra plus tard la maîtresse de Giuseppe Verdi, puis sa femme.

Le pitch : Roméo et Juliette à Babylone. Ismaël, neveu du roi des Hébreux et Fenena, fille de Nabuchodonosor, roi de Babylone, s’aiment, mais les deux peuples sont en guerre.

Acte I : Dans le temple du roi Salomon, à Jérusalem. Alors que les troupes de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, menacent la ville, les Hébreux supplient leur seigneur de leur venir en aide. Zaccaria, le grand prêtre, a pris en otage Fenena, la fille de Nabucco, et compte s’en servir pour faire la paix avec les Babyloniens.

Ismaël, le neveu du roi des Hébreux, vient annoncer que les Babyloniens arrivent et que rien ne semble pouvoir les arrêter. Zaccaria exhorte les Hébreux à aller les repousser.

Verdi Nabucco Come notte a sol fulgenteCliquez sur Zaccharia et les Hébreux

Ils sortent, laissant Ismaël et Fenena seuls. Fenena rappelle à Ismaël qu’elle l’avait fait libérer de Babylone. Les deux jeunes gens, qui s’aiment, s’apprêtent à prendre la fuite quand arrive Abigaïlle, qui prétend être une fille adultérine de Nabucco, avec une troupe de Babyloniens déguisés en Hébreux. Abigaïlle, qui est amoureuse d’Ismaël se dit prête à sauver les Hébreux s’il laisse tomber Fenena. (Trio : Io t’amava).

Verdi Nabucco Prode guerrier... Io t'amava !Cliquez sur Ismaël, Abigaïlle et Fenena

Nabucco est entré dans le temple sacré de Jérusalem et veut piller la ville. Zaccaria menace de tuer sa fille Fenena, mais Ismaël s’interpose et arrête son geste. Nabucco livre alors le temple à ses troupes et capture les Hébreux, qui maudissent Ismaël qui a trahi leur patrie en sauvant Fenena. (Quintette : « Mio furor no fui costrette »).

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costrettoCliquez sur l’image

Acte II : Dans le palais de Babylone. Abigaïlle, qui se croyait la fille de Nabucco, découvre qu’il n’en est rien. Nabucco laisse le soin à sa fille Fenena de gouverner Babylone pendant son absence. Abigaïlle est furieuse, d’autant que Fenena fait libérer les Hébreux.

Verdi Nabucco Ben io t'invenniCliquez sur Abigaïlle

Ismaël est convoqué par les prêtres hébreux pour répondre de sa trahison mais Anna, la sœur de Zaccaria, prend sa défense et explique qu’il n’a pas sauvé la vie d’une infidèle, mais d’une Juive, car Fenena s’était convertie au judaïsme.

Verdi Nabucco Tu sul labbroCliquez sur Zaccaria

Abigaïlle arrive et demande la couronne à Fenena, mais Nabucco survient à son tour et s’en empare. Il commence par se moquer du dieu des Babyloniens, Belos, puis du dieu des Hébreux, en menaçant Zaccaria et les siens. Le dieu des Hébreux lui lance un éclair et sa couronne roule au sol. Nabucco devient fou alors que la couronne est prestement récupérée par Abigaïlle.

Acte III : Les jardins suspendus de Babylone. Abigaïlle siège sur le trône et le grand prêtre babylonien veut lui faire signer la condamnation à mort des Hébreux. Elle feint d’hésiter quand arrive Nabucco, le roi déchu. Abigaïlle se moque de lui, et lui demande d’apposer son sceau sur la condamnation des Hébreux, ce qu’il fait, signant par là la mort de sa propre fille Fenena. À Abigaïlle qui lui rappelle qu’elle aussi est sa fille, il lui déclare qu’elle n’est que la fille d’un esclave. Abigaïlle déchire le parchemin qui prouve sa basse extraction et demande aux gardes d’emmener le roi déchu, qui demande une dernière fois la grâce de sa fille Fenena. (Duo : « Di qual onta aggravarsi ».)

Verdi Nabucco Oh, di qual'onta aggravasiCliquez sur Nabucco

Sur les bords de l’Euphrate, les Hébreux pleurent leur patrie perdue (Chœur : « Va pensiero ».)

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le chœur des Hébreux se lamentant sur les bords de l’Euphrate

Zaccaria leur demande d’arrêter de pleurer et leur annonce que le Dieu d’Israël vaincra les idoles babyloniennes.

Acte IV : Dans le palais de Babylone. Nabucco sort d’un cauchemar et entend des cris dans la cour. Il va à la fenêtre et voit sa fille enchaînée. Il appelle alors le dieu d’Israël à l’aide, implorant son pardon. À ce moment, son fidèle Abdallo arrive avec des soldats. Il lui rend son épée royale et lui offre de reconquérir son trône.

Les Hébreux prisonniers traversent les jardins suspendus. Zaccaria exhorte Fenena à mourir en martyre. C’est alors qu’arrive Nabucco, qui ordonne de briser la statue de Belos. Celle-ci tombe miraculeusement toute seule et se brise. Nabucco libère les Hébreux et leur ordonne de construire un temple pour leur dieu.

Pendant que tous louent le grand Jéhovah, deux soldats arrivent avec Abigaïlle, qui s’est empoisonnée. Elle avoue sa faute et demande pardon avant de mourir. (Air : « Su me… morente… esanime… »). Zaccario adresse une prophétie à Nabucco : « en servant Jéhovah, tu deviendras le roi des rois ! »

Verdi Nabucco Su me morente, esanime...Cliquez sur Abigaïlle

(Source principale : les représentations des arènes de Vérone en 1981, et le DVD associé).

Écrivains, littérature, Mythologie

OVIDE (43 av. J.-C., 18 ap. J.-C.)

Le poète latin Ovide naît en 43 avant Jésus-Christ à Sulmone, dans les Abruzzes. Il suit ses études à Rome avant de faire le traditionnel voyage en Grèce. Il vit sous le règne de l’empereur Auguste.

Autour de l’an I, il écrit l’Art d’aimer, un recueil poétique et érotique autour de la séduction et de l’amour. Bafouant les règles de la morale, cet ouvrage déplaît à l’empereur Auguste qui bannit son auteur et l’envoie en exil sur les bords de la mer noire. C’est là qu’Ovide achèvera son autre grande œuvre, les Métamorphoses.

Dans les Métamorphoses, Ovide décrit les transformations (les métamorphoses) célèbres à son époque, en remontant aux origines du monde. Il s’agit de métamorphoses de dieux ou d’humains, décrites dans les mythologies grecques ou latines.

Ovide meurt en exil en 17 ou 18 après Jésus-Christ, à l’âge approximatif de 60 ans.

En tant que compilation des grandes figures de la mythologie, il n’est pas étonnant que ces Métamorphoses aient donné lieu à une incroyable quantité d’opéras ou d’œuvres lyriques.

Le recueil des Métamorphoses est découpé en 15 livres.

J’ai déjà parlé des livres I et II dans mon premier article sur Ovide. Le livre I est consacré à l’origine du monde est aux premiers âges de l’humanité.

falvetti il diluvio universaleCliquez sur l’image

La fin du livre I et le début du livre II nous racontent les malheurs de Phaéton, fils du soleil. Le livre II se poursuit avec le mythe de la nymphe Callisto, une suivante de Diane.

Les livres III et IV ont été abordés dans le deuxième article consacré aux Métamorphoses. Le livre III commence par le destin de Cadmos parti chercher sa sœur Europe, enlevée par Zeus. On y trouve aussi la légende de Sémélé, cette humaine qui s’est brûlée en voulant approcher de trop près Jupiter. Cette histoire a été mise en musique par Haendel.

Haendel Sémélé No no, I'll take no lessCliquez sur Sémélé

Dans le livre IV, outre les innombrables coucheries et jalousies entre dieux et déesses, on trouve la légende de Pyrame et Thisbé, un archétype du mythe moderne de Roméo et Juliette.

J’ai traité le livre VI dans le troisième article consacré aux Métamorphoses.

Steffani Niobe JarrouskyCliquez sur Niobé

C’est aussi dans le livre VI qu’Ovide nous parle des Boréades. L’histoire de ces fils de Borée a donné lieu à un opéra de Rameau.

Dans le livre VII, Ovide aborde la légende de Céphale et Procris, mais aussi celles de Médée ou de Thésée. Cette légende de Céphale et Procris sera portée à l’opéra par Élisabeth Jacquet de la Guerre et par Grétry. C’est aussi le premier opéra écrit en russe, en 1755, par Araja, compositeur italien appelé à la cour de Russie pour y écrire des opéras.

Jacquet de la Guerre Céphale et Procris Funeste mortCliquez sur l’image

Dans le livre VIII, Ovide nous raconte les aventures d’Ariane, du Minotaure et de Dédale et Icare.

Le livre IX est consacré aux différentes aventures du demi-dieu Hercule.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur l’image

Dans le livre X, il nous parle de Pygmalion, mis en musique par Rameau, entre autres compositeurs.

Le livre XII est consacré à la malheureuse Iphigénie.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Le livre XIII nous livre la version d’Ovide du Siège de Troie et des aventures d’Ulysse, ainsi que la légende d’Acys et Galathée et Polyphème.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse

Les aventures d’Enée se trouvent dans les livres XIII et XIV.

Purcell Didon NormanCliquez sur Didon (sans Enée)

Voilà, il y a encore beaucoup de légendes, et d’opéras associés. Et si vous lisiez les Métamorphoses d’Ovide ?

Contes et légendes, Mythologie

DRACULA, ET AUTRES VAMPIRES

Dracula, de Bram Stoker, est sans doute le plus connu des romans de vampires. Pourtant, publié en 1897, ce roman n’est que l’aboutissement d’un long processus s’étant opéré au XIXe siècle, et issu du roman gothique anglais.

L’un des premiers romans « vampirique » est le Vampire (1819) de Polidori. Polidori était un jeune médecin attaché au service de Lord Byron, et il était avec celui-ci et Mary Shelley en Italie lors du fameux « concours » d’histoires macabres. La participation de Mary Shelley à ce concours a été son roman Frankenstein (1818).

En tant que texte fondateur de la littérature vampirique, le Vampire n’a pas tardé à être adapté à l’opéra par Marschner, avec Der Vampyr (1829). Cette même année, une autre adaptation a été faite par Von Lindpaintner.

Marschner der Vampyr ouvertureCliquez sur l’image

Dès 1820, Charles Nodier adapte ce roman pour en faire un mélodrame en français sur une musique de Piccini.

En 1854, c’est un autre texte fondateur du roman gothique, le Moine de Lewis, que Scribe adapte pour Gounod avec sa Nonne sanglante. Le caractère vampirique de cette nonne est clairement indiqué avec « Cette religieuse fantomatique aux vêtements tachés de sang qui inflige au héros des baisers vampiriques ».

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la Nonne sanglante aux baisers vampiriques

Après la parution du Dracula de Stoker, la carrière des vampires est entrée durablement dans notre culture, et on ne compte pas le nombre d’adaptations, au cinéma notamment, de ce mythe.

En 2002 Pierre Henry, l’inventeur de la musique électroacoustique revisite certains thèmes wagnériens avec Dracula, ou la lumière troue le ciel.

Henry Dracula épisode 1Cliquez sur l’image

Cette pièce a elle-même été revisitée par le jeune et brillant Othman Louati et Augustin Muller en 2017, qui ont orchestré certains des passages enregistrés sur bande magnétique par Henry.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

(Source principale : la remarquable introduction d’Alain Morvan au volume Dracula, et autres écrits vampiriques de la bibliothèque de la Pléiade, 2019.)

Mes opéras préférés, Mythologie

HERCULES, de HAENDEL (1744)

Hercules a été écrit par Haendel en 1744, et créé sans succès à Londres début 1745.

Techniquement parlant, Hercules de Haendel est, comme l’était Semele, un oratorio, et pas un opéra. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire une présence du chœur renforcée, avec un effectif plus conséquent, se rapprochant, par exemple, de cet autre chef-d’œuvre qu’est le Messie (Messiah).

On a heureusement pris l’habitude au XXxe siècle de donner Hercules en représentation à l’opéra. Le scénario est inspiré des Trachiniennes, de Sophocle, et raconte comment Déjanire, la femme d’Hercule jalouse de la princesse Iole, va faire mourir son mari.

L’histoire commence alors qu’Hercule est parti au combat, pour se venger d’Eurytos, roi d’Oechalie, qui lui avait promis sa fille Iole comme prix d’un concours et n’avait pas tenu sa promesse. Hercule a ravagé le royaume d’Oechalie et a fait prisonnière Iole. Pendant ce temps en Thrace, son peuple et sa femme Déjanire sont sans nouvelle du héros.

Acte I : Une conseillère de Déjanire déplore l’inconsolable chagrin de celle-ci, persuadée que son mari Hercule est mort au combat. Les oracles consultés confirment cette mort, mais Hyllus, leur fils, ne veut pas les croire. Il veut partir à sa recherche, encouragé par le peuple quand Lichas annonce le retour d’Hercule. Celui-ci arrive avec des captifs, dont Iole, la fille d’Eutyros qu’Hercule était parti combattre. Sa grande beauté ne manque pas d’intéresser Hyllus ! Se trouvant face à Hercule, Iole revoit et revit la mort de son père.

Haendel Hercules My father Ah methinks I seeCliquez sur Iole

Hercule annonce que le temps des combats est fini, laissant la place au temps de ses amours avec Déjanire

Acte II : Iole chante sa nostalgie d’un bonheur simple, tandis que Déjanire est persuadée qu’Hercule la trompe avec la trop belle jeune fille.

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wearsCliquez sur l’image

Lichas observe la montée de la jalousie chez Déjanire, alors qu’Hyllus se désespère face à l’indifférence d’Iole, qui n’éprouve aucune sympathie pour le fils de celui qui a tué son père. Hyulle se défend en rappelant le pouvoir universel de l’amour.

Haendel Hercules Jealousy Infernal PestCliquez sur l’image

Pendant qu’Hercule doit faire respecter les rites liés à sa victoire, Déjanire confie à Lichas une tunique destinée à son mari. C’est la tunique de Nessus, une des victimes d’Hercule, tunique qui imbibée de son sang est censée ramener la fidélité dans le cœur de son mari.

Acte III : Lychas raconte qu’Hercule, ayant revétu la tunique offerte par sa femme, a été empoisonné par ce vêtement.

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chiefCliquez sur l’image

Il est mort dans d’atroce souffrances, en maudissant Déjanire et sa vengeance. Il demande à son fils de mourir sur un bûcher au sommet du mont Oeta.

Quand on informe Déjanire de l’arrivée d’Hercule à l’Olympe, elle se rend compte qu’elle est responsable de la mort de son mari et sombre dans la folie.

Haendel Hercules Where shall I flyCliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Tant de malheur suscite la pitié de Iole.

haendel Hercules My breast with tender pity swellsCliquez sur Iole prise de pitié pour Déjanire

Jupiter décrète alors l’union d’Iole et d’Hyllus ! Le peuple se réjouit de cette fin heureuse.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur le peuple se réjouissant de cette fin heureuse

(Source principale : le DVD/Blue Ray du spectacle de l’Opéra de Paris en 2004).

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Divers, Mythologie

AUBES ET AURORES (AU PETIT MATIN…)

« – Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
– Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

Giraudoux : Électre

Après le billet consacré au crépuscule du soir, en voici un consacré au crépuscule du matin, encore appelé aube ou aurore.

Éos, déesse grecque de l’aurore était sœur d’Hélios (le soleil) et de Séléné (la lune). On la trouve dans un mythe souvent mis en musique, celui de Céphale et Procris, et ce dès 1694 avec la tragédie lyrique d’Élisabeth Jacquet de la Guerre, puis dans le premier opéra écrit en russe par l’Italien Araja en 1755, et en 1773 dans l’opéra de Grétry et encore en 1934 dans l’opéra de Krenek.

céphale et procris jacquet de la guerre

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céphale et procris araja

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La Khovantchina de Moussorgski commence à l’aube quand une patrouille de soldats se rémémore avec joie les massacres qu’ils ont fait la veille.

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

Dans Tosca (1899) de Puccini, au début du 3e acte, on entend un extraordinaire concert des cloches de Rome qui sonnent pour saluer le lever du jour. Juste après, Cavaradossi, le héros condamné à mort, chante l’air  » E lucevan le stelle  » (un des grands airs du répertoire), dans lequel il se souvient des bons moments passés sous les étoiles auprès de son amante Flora Tosca.

tosca acte 3

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Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (2e série)

Après une première série d’étoiles brillant à l’opéra il y a un an, je vous en propose une seconde série.

Dans Orlando Furioso (1727) de VIVALDI, Angelica répond à Médor son bonheur d’être avec lui (Air : Andromède , fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée.Chiara al pari di lucida stella.)

Andromède était la fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée. CORNEILLE écrira en 1750 une tragédie qui sera mise en musique par DASSOUCY. Cette musique aujourd’hui perdue avait été précédée par l’Andromeda liberata de MANELLI, dès 1637.

Manelli Andromeda liberataCliquez sur l’image

À la fin de Castor et Pollux de RAMEAU (1754), Jupiter ému par le comportement des jumeaux leur assure l’éternité en leur réservant une place dans le ciel.

Propulsons-nous d’un siècle dans le temps et retrouvons GOUNOD et son Roméo et Juliette (1869) avec le fameux air de Roméo « Ah, lève-toi, soleil ! ».

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleil

En 1877, CHABRIER écrit l’opéra-bouffe l’Étoile.

Chabrier l'Étoile Couplets du palCliquez sur l’image

En 1880, le tout jeune DEBUSSY écrit sa mélodie Nuits d’étoiles

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image

Passons à présent au XXe siècle, avec Peter Grimes de BRITTEN.

Britten Peter Grimes Now the great bearCliquez sur Peter Grimes

De 1971 à 1974, MESSIAEN écrit son œuvre des Canyons aux Étoiles, inspirée par un voyage en Utah.

Messiaen des Canyons aux étoiles les Ressuscités et le chant de l'étoile d'AldébaranCliquez sur l’image

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Mes opéras préférés, Mythologie

CASTOR ET POLLUX, de RAMEAU (1737 puis 1754)

Troisième opéra de Jean-Philippe RAMEAU, Castor et Pollux est une tragédie lyrique écrite en 1737, sur un livret de Pierre-Joseph BERNARD. Cette œuvre a connu un grand succès. Rameau l’a révisé en 1754, à la fin de la querelle des bouffons.

Le pitch : Nous sommes à Sparte, en présence de deux frères, les jumeaux Castor et Pollux, fils de Jupiter et de deux sœurs, Télaïre et Phébé, filles du soleil. Pollux et Télaïre doivent se marier, mais Télaïre aime secrètement Castor, qu’aime également Phébé. Phébé craint que sa sœur ne renonce à son mariage avec Pollux au profit de Castor, et c’est ce qui arrive grâce à Pollux, dont l’amour filial l’emporte sur son amour de Thélaïre. Phébé se sert de Lyncée, un ennemi de Sparte, pour tuer Castor. Phébé propose à Télaïre de se servir du pouvoir qu’elle a sur les enfers pour aller y chercher Castor, à condition que Télaïre renonce à Castor. Pollux déclare que c’est à lui de persuader son père de faire revenir Castor à la vie. Jupiter finit par accepter à la condition que Pollux prenne sa place chez les morts. Quand Castor apprend le sacrifice de son frère, il refuse, mais Pollux lui annonçant que Télaïre refuse de vivre sans lui, il finit par accepter.

Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur accorde à tous deux l’immortalité, et une place dans le ciel.

Acte I : Pollux est sur le point de se marier avec Télaïre. Phébé, sœur et rivale de Télaïre auprès de Castor, en veut à celui-ci de lui préférer Thélaïre. Elle craint que Pollux ne renonce à son mariage avec Thélaïre au profit de Castor.

Télaïre entre, exprimant ses regrets (Air : « Éclatez, mes justes regrets »). Par son mariage avec Pollux, elle va perdre Castor. Celui-ci vient lui faire ses adieux. Amoureux de Télaïre, il s’efface devant son frère Pollux. Pollux, ému par leurs tendres aveux, demande à Castor de rester. Il lui cède et Télaïre, et sa couronne.

Rameau Castor et Pollux Non, demeure, CastorCliquez sur l’image

Castor chante son bonheur (air : « Quel bonheur règne dans mon âme »). Mais Lyncée, guidé par Phébé, attaque le palais pour enlever Télaïre. Castor tombe sous les coups des assaillants. La foule demande à Pollux de le venger. Pollux revient avec son armée, libère Télaïre et frappe Lincée.

Acte II : Le peuple pleure la mort de Castor (Chœur : « Que tout gémisse »).

Rameau Castor et Pollux Que tout gémisseCliquez sur l’image

De chagrin, Télaïre, fille du soleil, renonce à la lumière de son père. (Air : « Tristes apprêts, pâles flambeaux »).

Rameau Castor et Pollux Tristes apprêts, pâles flambeauxCliquez sur Télaïre

Phébé paraît. Grâce au pouvoir qu’elle a sur les enfers, elle peut ramener Castor au monde des vivants, à condition que Télaïre renonce à son amour. Télaïre accepte. À ce moment paraît Pollux, avec la dépouille mortelle de Lyncée. Il demande à Télaïre si elle se sent vengée. Elle lui répond que la vengeance ne console pas son amour perdu, et que Phébé va aller chercher Castor aux Enfers. Pollux refuse. C’est à lui de plaider auprès de son père Jupiter le retour de son frère. Après une danse, un héraut chante la gloire des héros (air : « Éclatez, fières trompettes »).

Rameau Castor et Pollux Éclatez fières trompettesCliquez sur le héraut

Acte III : Pollux se rend au temple de Jupiter pour y porter son offrande (Air : Présent des dieux).

Rameau Castor et Pollux Présent des dieuxCliquez sur l’image

Le grand-prêtre fait sortir la foule, car Jupiter va paraître. Jupiter et Pollux restent seuls. Pollux le supplie de faire revenir Castor, mais Jupiter refuse d’enfreindre les lois de l’enfer. Pollux insiste, Jupiter lui dit que pour faire revenir Castor, Pollux doit prendre sa place en enfer, et perdre ainsi son immortalité. Pollux est prêt à se sacrifier pour le bonheur de Castor et Télaïre, mais Jupiter pour le mettre à l’épreuve veut lui montrer ce qu’il perd. Hébé, déesse de la jeunesse entre, accompagnée des « plaisirs célestes ». Hébé veut enchaîner Pollux avec ses plaisirs, mais Pollux résiste et part.

Acte IV : Phébé est à l’entrée des enfers. Elle invoque les esprits magiques, pour combattre les monstres qui en défendent l’entrée. Mercure arrive, accompagné de Pollux. Ils s’unissent pour combattre démons et furies (Chœur : « Brisons tous nos fers »), et Mercure et Pollux entrent, alors que Phébé reste à l’entrée.

Rameau Castor et Pollux Brisons tous nos fersCliquez sur le chœur des enfers

Aux Champs Élysées, Castor est accompagné des ombres heureuses, qui charment son séjour (Air : « Séjour de l’éternelle paix »).

Rameau Castor et Pollux Séjour de l'éternelle paixCliquez sur Castor

Pollux paraît, les faisant fuir, effrayées. Pollux déclare qu’il vient prendre la place de Castor. Castor commence par refuser le sacrifice de son frère, mais celui-ci lui dit que Télaïre l’attend, et qu’elle mourra s’il ne revient pas. Castor accepte de quitter l’enfer, mais pour un jour seulement, et jure qu’aucune aurore ne le verra au séjour des mortels.

Acte V : Castor est auprès de Télaïre. Il veut redescendre aux enfers et lui fait ses adieux. Télaïre ne comprend pas pourquoi il la quitte. Jupiter fait entendre son tonnerre. Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur réserve une place au ciel : la constellation des Gémeaux.

(Source principale : l’enregistrement fait à Amsterdam en 2008, sous la direction de Raphaël PICHON, paru en DVD chez Opus Arte.)

P.S. et si vous demandez ce que devient Phébé, eh bien elle n’a que le sort qu’elle mérite, elle meurt !

P.P.S. Si vous vous demandez pourquoi, parmi les jumeaux Castor et Pollux, l’un était immortel et pas l’autre, c’est qu’ils étaient les fils issus de l’union de Leda, la femme du roi de Sparte, et de Jupiter, métamorphosé en cygne pour séduire celle-ci. Léda a eu deux œufs de cette union, de l’un sont sortis Castor et Clytemnestre, les enfants mortels et de l’autre Pollux et Hélène, les enfants immortels ! Sacré Jupiter, va !

Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

Et si vous voulez relire les aventures de Lucky Luke en musique, c’est ici.

Mes opéras préférés, Mythologie

SÉMÉLÉ, de HAENDEL (1743-1744)

Sémélé de HAENDEL est un objet hybride, un opéra déguisé en oratorio, datant de 1743. En 1743, Haendel avait arrêté d’écrire des opéras pour se tourner vers l’oratorio, qui traite de sujets plus religieux, ne pouvant être montrés au théâtre. Dès 1741, il avait écrit son fameux Messie (Messiah). Pourtant, en 1743, quand on lui propose le sujet de Sémélé, tiré des Métamorphoses d’OVIDE, il en tire un opéra qui, joué pendant le carême de 1744, c’est-à-dire à une époque de l’année où les théâtres étaient fermés aux œuvres profanes, sera présenté comme un oratorio.

Le texte de Sémélé est écrit en anglais, et non en italien comme pour la plupart des livrets de Haendel. Et surtout, nous disposons d’un véritable chœur d’oratorio, plus fourni que les chœurs classiques d’opéra, chœurs qui étaient souvent chantés en coulisse par les artistes qui n’étaient pas sur scène à ce moment-là.

Le pitch : Sémélé, fille de Cadmus et sœur d’Ino, aime Jupiter. Cadmus veut la marier à Athamas, qu’aime Ino. Junon jalouse se débarrasse de Sémélé avec l’aide de Somnus. Ino peut alors se marier avec Athamas tandis que Jupiter extrait du corps calciné de Sémélé le fruit de leur amour : Bacchus.

Acte I : Sémélé, sur ordre de son père, doit se préparer à son mariage avec le prince Athamas. Elle cache difficilement son désespoir, car elle aime secrètement Jupiter, le roi des dieux. Elle implore Jupiter de lui donner un signe pour savoir quelle conduite tenir. (Air : « O Jove, in pity teach me which to choose ».)

Haendel Sémélé O jove I, pity teach me which to chooseCliquez sur l’image

Athanas la trouvant seule espère que c’est son amour pour lui qui la met dans cet état. Il demande à Hymen de favoriser leur union. (Air : « Hymen, haste, thy torch prepare ».)

Haendel Sémélé Hymen, haste, thy torch prepareCliquez sur l’image

Ino, la sœur de Sémélé est elle aussi désespérée, car elle aime secrètement Athamas.

Cadmos vient annoncer que Jupiter a enlevé Sémélé et l’a emportée dans les cieux. Sémélé est au pinacle du bonheur.

Haendel Sémélé Endless pleasure, endless loveCliquez sur Sémélé

Junon, la femme de Jupiter est jalouse de la nouvelle incartade de son mari. Sémélé aime Jupiter, mais elle souffre de la barrière qu’il y a entre son dieu de mari et elle, simple mortelle.

Haendel Sémélé Where'er you walkCliquez sur Jupiter et Sémélé

Acte II : Junon demande à Iris, sa messagère, où se trouve Sémélé. Iris lui répond qu’elle est dans un palais que Jupiter a fait construire pour elle, palais gardé par deux féroces dragons. Junon invoque Somnus, le dieu du sommeil, pour qu’il l’aide à endormir les dragons et à tromper Sémélé. Somnus commence par refuser, préférant le repos à l’action.

haendel Sémélé Duo Junon SomnusCliquez sur Junon et Somnus

Sémélé s’ennuie pendant les absences du Jupiter et elle prie le sommeil de revenir et lui faire voir en rêve son amant.

Haendel Sémélé O sleep, why dost thou leave meCliquez sur Sémélé

Jupiter revient, et promet à Sémélé un heureux séjour (Air : Where’er you walk).

Haendel Sémélé where'er you walk, cool gales shall fan the gladeCliquez sur Sémélé et Jupiter

Acte III : Junon et Iris essaient de réveiller Somnus qui préfère dormir, mais Junon lui fait miroiter que s’il l’aide, elle obtiendra pour lui l’amour de Pasithéa, son aimée. (Duo Somnus Junon.)

Haendel Sémélé More sweet is that nameCliquez sur l’image

Junon prend l’apparence d’Ino et lui indique que si elle réussit à voir Jupiter sous son apparence divine, elle accédera elle aussi à l’immortalité. Quand Sémélé retrouve Jupiter, elle lui fait promettre sur le Styx, le plus puissant serment qu’un dieu puisse prononcer, qu’elle lui accordera ses faveurs. Fou d’amour, Jupiter promet, et Sémélé lui demande alors de le voir sous son apparence divine. Jupiter la met en garde, mais Sémélé insiste (Air : No, no, I’ll take no less »).

Haendel Sémélé No, no I'll take no less (Battle)Cliquez sur Sémélé qui veut tout faire dans l’excès

Bien entendu, c’est plus que ce qu’une humaine peut supporter, et Sémélé se trouve brûlée par la vision du dieu.

Jupiter se saisit du fruit de leurs amours, et le garde bien au chaud dans sa cuisse jusqu’à la naissance. Cet enfant, c’est Bacchus, le dieu du vin dont le pouvoir est plus grand que celui de l’amour (sic !) Pendant ce temps sur Terre, on célèbre les noces d’Athamas et d’Ino.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Lille en octobre 2022.)