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Compositeurs

André MESSAGER (1853-1929)

André Messager, carictaure au crayon de Gabriel Fauré © Gallica-BnF
André Messager, caricature au crayon de Gabriel Fauré. Gallica-BnF

André Messager naît le 30 décembre 1853 à Montluçon.

À sept ans, il commence à apprendre le piano. En 1870, il vient à Paris et étudie à l’école Niedermeyer où il a comme professeur Saint-Saëns et comme condisciple Fauré, avec qui il se liera d’amitié. En 1882 Messager compose avec Fauré la Messe des Pêcheurs de Villerville pour chœur de femmes.

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Après ses études, en 1874, il succède à Fauré à l’orgue de Saint-Sulpice. Devenu chef d’orchestre aux Folies-Bergères, il y compose des ballets comme Fleur d’oranger ou les Vins de France.

Messager fait ensuite un passage à Bruxelles avant de revenir à Paris où il devient maître de chapelle à Sainte-Marie des Batignolles.

En 1882, il se rend au Festival de Bayreuth en compagnie de Fauré. À leur retour, ils écriront à quatre mains leurs Souvenirs de Bayreuth.

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En 1886, Messager écrit la musique d’un ballet, les deux Pigeons d’après la Fontaine, pour l’Opéra de Paris.

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En 1896, c’est le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager d’après Alexandre Dumas.

En 1898, Messager est nommé chef d’orchestre de l’Opéra-Comique. Parmi les créations qu’il dirige, on trouve Louise de Charpentier ou Pelléas et Mélisande de Debussy. Il dirigera ensuite à Covent Garden (à Londres), à la Société des concerts du Conservatoire (à Paris) avant de devenir codirecteur l’Opéra de Paris de 1908 à 1914.

Aujourd’hui, le nom de Messager reste associé à ses opérettes comme Véronique (1898), les P’tites Michu ou Fortunio (1907) d’après le Chandelier d’Alfred de Musset.

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On peut noter également Madame Chrysanthème (1893) sur le même texte de Pierre Loti que celui qui a inspiré Madame Butterfly à Puccini.

En 1926, Messager est élu à l’Académie des Beaux-Arts.

André Messager meurt à Paris le 24 février 1929, à l’âge de 75 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (4 – BEETHOVEN)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de Baudelaire, puis debussysé, puis encore fauréïsé ce même poème, je vous propose une quatrième version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version beethovenisée.

La musique souvent me prend comme une mer !

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Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

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Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;

Le bon vent, la tempête et ses convulsions

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Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

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Citations musicales :

Comme une mer : Beethoven Mer calme et heureux voyage.

Les poumons gonflés : Beethoven, Fidelio, chœur des prisonniers

La tempête : Beethoven sonate n° 17 – la tempête

Me bercent : Beethoven Sonate n° 14 Clair de Lune (Quasi una fantasia)

Divers

LES PLUS BEAUX CRIS DU CŒUR

Cet article est le support d’une présentation qu’une association lommoise m’a demandé de faire à ses adhérents pour un récital de la basse Alexandre Baldo, accompagné au piano par Antoine Palloc, et qui aura lieu le 10 avril à l’opéra de Lille, et dont le titre est « Les plus beaux cris du cœur ».

Cliquez sur l’interview d’Alexandre Baldo

Son programme alterne des airs de compositeurs (très) connus (Mozart, Donizetti, Bellini, Rossini, Gounod) et d’autres moins (Thomas, Tosti) allant essentiellement de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe. Il est complété par deux pièces pour piano seul de Chopin et de Catalani.

Cliquez sur l’affiche de film

Stefano Donaudy (1879-1925) est un compositeur palermitain, surtout connu pour ses 36 chants dans le style antique.

O del mio amato ben (extrait des 36 airs dans le style antique)

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Ô mon enchantement bien-aimé et bien perdu !
C'est loin de mes yeux
qui étaient ma gloire et ma fierté !
Maintenant pour les salles silencieuses
Je [le cherche toujours et] 1 appel
avec le cœur plein d'espoir ?
Mais je cherche en vain, j'appelle en vain !
Et pleurer m'est si cher,
qui ne nourris mon cœur que de larmes.

Sans lui, chaque endroit me semble triste.
La nuit me semble être le jour ;
le feu me semble froid.
Même si j'espère parfois
pour me donner à d'autres soins,
Une seule pensée me tourmente :
Mais sans lui, que ferai-je ?
La vie me semble si vaine
sans mon bien.

Mozart (1756-1791) a eu une courte vie, mais bien remplie musicalement.
Per questa bella mano (Air de concert)

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Tosti (1846-1916)

Non t’amo più (Je ne t’aime plus)

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Vous souvenez-vous encore du jour où nous nous sommes rencontrés ?
Vous souvenez-vous encore de vos promesses ?
Fou d’amour je t’ai suivi, on s’aimait
Et à côté de toi j’ai rêvé, fou d’amour
Je rêvais joyeusement de caresses et de baisers
Une chaîne qui disparaît dans le ciel
Mais tes paroles étaient mensongères
Parce que ton âme est faite de gel
Vous en souvenez-vous encore ?
Vous en souvenez-vous encore ?

Maintenant ma foi, l’immense désir
Mon rêve d’amour n’est plus toi
Je ne cherche pas tes baisers, je ne pense pas à toi
Je rêve d’un autre idéal
Je ne t’aime plus, je ne t’aime plus !
Dans les chers jours que nous avons passés ensemble
J’ai parsemé ton chemin de fleurs
Tu étais le seul espoir de mon cœur
Tu es la seule pensée de l’esprit
Tu m’as vu prier, pâle
Tu m’as vu pleurer devant toi
Et moi, juste pour satisfaire ton désir
J’aurais donné mon sang et ma foi
Vous en souvenez-vous encore ?
Vous en souvenez-vous encore ?

Maintenant ma foi, l’immense désir
Mon rêve d’amour n’est plus toi
Je ne cherche pas tes baisers, je ne pense pas à toi
Je rêve d’un autre idéal
Je ne t’aime plus, je ne t’aime plus !

Chopin (1810-1848)

Nocturne n° 20 (piano solo)

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Donizetti (1797-1848) est, avec Bellini, un des plus illustres représentants du bel canto.

Amore e morte (ariette)

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Bellini (1801-1935)

La Sonnambula : «Il mulino ! » (« Vi ravviso »)

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Rossini (1792-1868) ferme le XVIIIe siècle et ouvre le XIXe.

Semiramide : « Si, vi sarà vendetta » (« Deh, ti ferma »)

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Catalani (1854-1893)

In sogno (en songe) (piano solo)

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Et le récital se termine par deux gloires françaises du XIXe siècle.

Gounod (1818-1893)

La Reine de Saba : « Sous les pieds d’une femme »

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et le trop méconnu Ambroise Thomas (1811-1896)

Le Caïd : « Je comprends que la belle aime le militaire » (air du tambour-major)

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Compositrices, Fantaisie, Premier avril

Zelda OCARINA

image Zelda

La compositrice Zelda Ocarina est une princesse musicienne née au Japon le 1er avril 1966. Ses parents, qui étaient proches de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald, lui donnent le prénom Zelda en hommage à leur ami (son petit frère, de deux ans son cadet, s’appelle Gatsby).

C’est à l’âge de 1986 que Zelda fait ses débuts mondiaux avec son poème symphonique The Legend of Zelda. Malheureusement pour elle, son statut de princesse ne lui permettait pas une reconnaissance de compositrice, et ses partitions ont été publiées sous le pseudonyme de Koji Jondo, à qui on attribue de nos jours sa musique.

Entendant ce poème symphonique à Tokyo, les concepteurs de jeux vidéo Shigeru Miyamoto et Takashi Tezuka s’inspireront de la vie de la princesse Zelda pour créer leur série Legend of Zelda.

Dès lors, les succès s’enchaînent pour Zelda avec The Adventures of Link (1987), A Link to the Past (1991) ou Link’s Awakening (1993).

Mais c’est en 1998 que sa renommée devient vraiment mondiale avec son titre Ocarina of Time, composé pour son instrument aussi éponyme que favori, l’ocarina.

Cliquez sur l’ocarinatiste

En 2010 paraît le poème symphonique Symphonic Legends, qui sera créé à Cologne.

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En 2011, c’est une nouvelle symphonie qui est créée au Japon, avec Symphony of the Goddesses, qui fera ensuite l’objet d’une tournée mondiale.

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Il faut également noter l’adaptation en comédie musicale de ses poèmes symphoniques qui sera créée à l’Opéra de Saint-Glinglin. Il n’existe pas d’enregistrement de cette comédie musicale, mais je vous propose de trouver ici le top 10 des musiques de Zelda Ocarina.

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Vous pourriez également aimer Hyrule Field

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ou encore Twilight Princess

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Outre ses talents cachés de compositrice, la princesse Zelda était également chanteuse (ça faisait partie de l’éducation des princesses !) Retrouvez-la ici dans un pot-pourri de ses succès.

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(P.S. cet article datant du 1er avril, il est conseillé de se renseigner sur la véracité des informations qu’il contient.)

Et si vous voulez d’autres articles publiés un 1er avril, en voici quelques-uns.

Havre et Caumartin

L’Opéra de Saint Glinglin s’invite chez vous

Arnoldo Poivrieri

La Fée nommée mène au logis (de l’esprit)

Le cantique des quantiques

Agenda Ironique

LES RÉSULTATS DE L’AGENDA IRONIQUE DE MARS 2024

A voté !

Les résultats de la votation de mars 2024 pour l’Agenda Ironique sont tombés, heureusement sans se casser.

Vos textes préférés sont (il y a 5 ex-aequos) ceux de

Carnets Paresseux avec Poussins rêvent

Jacou 33 avec Enfumage

Gibulène avec l’Oiseau-Tonnerre

La Licorne avec la Salle de bains

Tout l’opéra (ou presque) avec la Calenture de monsieur Baudelaire

Les autres suivent de près et on les applaudit bien fort aussi.

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’avril 2024, vous vous êtes moins bousculés pour répondre, mais vos faveurs vont à Carnets Paresseux, Jo Bougon et Lothar, que je laisse voir ensemble qui qui va s’y coller.

Un grand bravo à tout le monde, et à bientôt pour un nouvel A.I.

Agenda Ironique

VOICI VENU LE TEMPS DE VOTER POUR l’A.I. DE MARS 2024 !

Ce mois-ci (mars 2024), le thème de l’Agenda Ironique était « Les créatures fantastiques« , selon les modalités suivantes :

Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).

En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.

Et voici donc vos participations dans l’ordre d’arrivée :

La Licorne : « La salle de bains – la Licorne » https://filigrane1234.blogspot.com/2024/03/ai-et-jeu-92-la-salle-de-bains-la.html

Gibulène : « l’Oiseau-Tonnerre »

Lothar : « le Chat de Schrödinger »

Jacou33 : « Enfumage »

Tiniak : « Feuille de ris »

Jobougon : Jusqu’à ce qu’ils se rendent compte :

John Duff : Les histoires d’amour finissent… (n° 2).

https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

Tout l’opéra (ou presque) : « la calenture de Baudelaire ».

Carnets Paresseux : « Poussins rêvent » :

Photonanie : « Le petit bouddha volant » :

Vous dansiez, et bien votez maintenant :

Et qui qui va organiser l’A.I. d’avril 2004 ? Exprimez-vous ici :

P.S. Si vous n’avez pas eu le temps de participer, vous pouvez encore le faire puisque j’avais annoncé le 28 comme date limite. Je vous ajouterai alors à la liste des participants.

histoire

MARIE-ANTOINETTE ET LA MUSIQUE (1755-1791)

La reine Marie-Antoinette est née le 2 novembre 1755 à Vienne, en Autriche. C’était la fille de Marie-Thérèse d’Autriche et de l’empereur François 1er de Lorraine. Son destin est tracé toute jeune, on la destine à être l’épouse du futur roi de France, Louis le seizième, pour nourrir les liens d’amitié entre l’Autriche et la France.

À Vienne, dans son éducation de princesse, elle est l’élève de Gluck et apprend la musique dans le goût italien. Elle chante et joue du clavecin, mais son instrument de prédilection est la harpe. Bien évidemment, elle est appelée à rencontrer le jeune Mozart alors qu’ils sont tous deux âgés de six ans.

À quatorze ans, on l’envoie en France pour se marier au dauphin Louis (le petit-fils de Louis XV).

En 1771, on crée devant les jeunes gens Zémire et Azor de Grétry. La jeune fille de seize ans est émue devant le sort de Zémire, l’héroïne qui est obligée de quitter son pays et sa famille.

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En 1773, elle appelle à Paris son compatriote Gluck, qui cherchait à venir triompher dans cette ville.

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En 1774, elle devient reine de France lorsque Louis XVI accède au trône. Après huit ans de doutes, elle donnera quand même quatre enfants au roi.

En 1776, on propose le Chevalier de Saint-Georges pour la direction de l’Académie royale de musique (l’actuel Opéra de Paris), mais Marie-Antoinette s’y oppose, jugeant que la couleur de sa peau est plus importante que ses qualités musicales.

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Marie-Antoinette mène grand train (on l’accuse d’ailleurs de dilapider l’agent de la France) et elle aime particulièrement les fêtes et les opéras-comiques, qu’elle fait jouer au petit Trianon. Elle y fera une place au compositeur Grétry, qui deviendra en outre son professeur de clavecin.

En 1778, quand le Duc de Guisnes a commandé un Concerto pour flûte et harpe à Mozart, on le joue devant la reine, mais Mozart qui était à Paris à cette époque, n’était pas présent à ce concert.

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Trop naïve ou pas assez diplomate, elle se fait vite détester par la Cour qui l’accuse de viles turpitudes, comme dans l’affaire du collier, qui inspirera à Alexandre Dumas père le roman Le collier de la reine, ou encore ses amours supposées avec le Chevalier de Fersen.

En 1780, Fabre d’Églantine introduit dans l’opéra-comique Laure et Pétrarque, sa chanson « Il pleut, il pleut, bergère ». Cet avertissement d’un orage qui gronde et dont la bergère doit se méfier est considéré comme un signe avant-coureur de la Révolution française.

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Après la première période révolutionnaire, Marie-Antoinette devient reine des Français de 1791 à 1792, mais en août de cette année, après une défaite contre l’Autriche avec qui la France était entrée en guerre, Marie-Antoinette est accusée de trahison au profit de son pays natal. Marie-Antoinette est enfermée à la prison du Temple. Louis XVI est exécuté en janvier 1793. Plus tard, Marie-Antoinette est transférée à la Conciergerie, et elle est exécutée à son tour le 16 octobre 1793.

D’une manière amusante, on retrouve Marie-Antoinette au XXe siècle, dans the Ghosts of Versailles (1991), une commande du MET à John Carigliano, où le librettiste invente une histoire d’amour entre Beaumarchais et la reine.

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Maria Callas, Mes opéras préférés

LE TURC EN ITALIE, de ROSSINI (1814)

Le Turc en Italie (Il Turco in Italia) de Rossini est le fruit d’une commande de la Scala de Milan, dont le sujet est proche d’un autre opéra de Rossini, l’Italienne à Alger, créé l’année précédente. Le livret de Romani est une adaptation d’un autre livret, Il Musulmano a Napoli, mis en musique par Süssmayer en 1794. L’ouvrage ne rencontrera pas le succès, les spectateurs croyant que Rossini avait dupliqué son ouvrage précédent.

Le pitch : Chassé-croisé amoureux pour Fiorilla qui n’hésite pas entre Geronio, Don Narciso et le Turc Selim, et Selim qui hésite entre Fiorilla et Zaida.

Ouverture :

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Acte I : Le poète Prosdocimo cherche un sujet de comédie quand il rencontre une troupe de bohémiens.

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Geronio, époux de Fiorilla, se fait dire la bonne aventure par Zaida. Celle-ci fait des prédictions fumeuses, où il est question d’un mari cornu, ce qui inquiète Geronio.

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Prosdocimo interroge Zaida, qui lui raconte que quelques années auparavant, elle faisait partie du sérail du sultan Selim Damelec. Selim, amoureux, voulait se marier avec elle mais ses rivales du harem ont trompé le sultan en lui faisant croire que Zaida était infidèle. Selim la condamna à mort, mais elle échappa à l’exécution grâce à son ami Albazar. À la fin de son histoire, le Prosdocimo lui dit qu’un prince turc doit arriver au soir pour étudier les mœurs européennes.

Fiorilla revendique son statut de femme libre.

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Le navire turc accoste et le dignitaire turc entonne un hymne à la belle Italie (et aux belles Italiennes). Il fait une cour enflammée à Fiorilla qui, charmée, semble en oublier son mari Geronio ainsi que son amant, Don Narciso, qui part se plaindre au poète.

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Geronio arrive et raconte qu’il a trouvé sa femme en train de boire le café avec un homme enturbanné, qui s’est présenté sous le nom de Selim Damelec (eh oui, il y a de tels hasards dans les livrets d’opéra.)

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Geronio rentre chez lui, et Selim le menace de son sabre. Fiorilla réussit à le convaincre que son mari est inoffensif. Selim retourne au rivage pour préparer sa fuite nocturne avec Fiorilla. Là, il rencontre Zaida, avec qui il se réconcilie. Le poète est content car il tient là une belle fin d’acte. Mais Fiorilla arrive à son tour et se prend de querelle avec sa rivale Zaida.

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Acte II : À l’auberge, Selim propose à Geronio de régler le problème « à la turque », en rachetant sa femme. Geronio préférerait la méthode italienne, soit une bonne correction. Selim menace d’enlever Fiorilla mais Geronio répond qu’il la défendra. Le poète se demande comment cette histoire va évoluer. On demande à Selim de choisir entre les deux femmes, mais devant son hésitation, Zaida décide de partir.

Le poète a imaginé un habile stratagème pour réunir les couples légitimes. Lors d’un bal masqué qui sera donné en l’honneur de l’étranger, Fiorilla et Zaida porteront le même déguisement, alors que Geronio, lui, sera coiffé d’un turban turc. Don Narciso décide de profiter de cette occasion. Il se déguise lui aussi en Turc pour rejoindre son amante Fiorilla alors que Selim fait la cour à Zaida qu’il prend pour sa rivale.

Cliquez sur don Narciso

Lorsque Geronio arrive, il trouve déjà deux couples et ne comprend plus rien. Il commence un esclandre avant de retourner à l’auberge où le poète lui explique son plan, et lui conseille de se séparer de sa femme.

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Fiorilla apprend donc que Selim veut repartir avec Zaida alors que son mari demande le divorce. Magnanime, Geronio lui pardonne, persuadé qu’il est qu’elle réussira à se corriger. Tout est bien qui finit bien pour le poète qui peut ainsi achever sa pièce.

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Bande dessinée, Divers

LES MIROIRS

L’air favori de Bianca Castafiore, dans les Aventures de Tintin et Milou d’Hergé et le fameux Air des bijoux extrait du Faust de Gounod, et commençant par « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir ».

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Mais quel autre usage fait-on des miroirs à l’opéra ?

Pauline Viardot nous a laissé dans ses mélodies ce Miroir (« Oh Vénus éternelle »).

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Alors que Debussy nous propose ces Reflets dans l’eau,

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Ravel, lui, nous propose ces Miroirs

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Dans l’opéra quelque peu ésotérique de Strauss la Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten), la femme sans ombre ne peut évidemment pas se regarder dans un miroir.

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Plus près de nuit, c’est Boulez qui appelle dans sa Sonate n°3 un mouvement « miroir ».

Cliquez sur le 1/2 Boulez

Dans Tommy des Who, la mère excédée de voir son fils se regarder dans le miroir sans s’occuper d’elle finit par briser le miroir.

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Othman Louati a écrit en 2017 Miroirs.

Le maître de la musique planante, Arvo Pärt, a écrit ce Spiegel im Spiegel (Miroir en miroir).

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On pourrait aussi invoquer l’Alice de Lewis Carroll, qui passe de l’autre côté du miroir (Through the looking Glass).

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Agenda Ironique, Poésie

« LA CALENTURE » DE BAUDELAIRE

Ce mois-ci, c’est Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) qui organise l’Agenda Ironique. Et qu’est-ce que je demande, me demandé-je, ce mois-ci, eh bien voilà :

Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).

En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.

Quand j’étais jeune, je collectionnais les mots rares, ceux qui étaient sortis des dictionnaires courants. Et comme les profs de français n’avaient pas réussi à me dégoûter de Baudelaire, de temps en temps je tombais chez ce poète sur de tels mots rares, comme calenture ou dictame. (En fait, je suis injuste quand j’écris cela, car j’ai eu de bons professeurs de français. C’est seulement quand j’ai passé l’oral du bac, sur un poème de Baudelaire justement (« l’Invitation au voyage »), que je suis tombé sur une véritable harpie, qui voulait me faire tuer ce poème en le disséquant dans une analyse mot à mot. (Les harpies étaient des divinités grecques de la vengeance divine, au corps d’oiseau et à la tête de femme. À la différence des sirènes, leur chant n’était pas du tout mélodieux.)

Mais, pour revenir à mes mots rares mémorables, on trouve dans le Vin des amants ce quatrain :

Comme deux anges que torture
Une implacable calenture,
Dans le bleu cristal du matin
Suivons le mirage lointain !

Cliquez sur le mirage lointain

Baudelaire, fumeur d’opium, considère sa drogue comme un puissant dictame. On en trouve un dans « La Pipe » :

Et je roule un puissant dictame
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.

Ou encore dans l’extraordinaire « Tout entière » :

Quel est le plus doux.  » – Ô mon âme !
Tu répondis à l’Abhorré :
 » Puisqu’en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.

Et que dire encore du poème « une Gravure fantastique » inspiré par une gravure de Hayhnes représentant un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, Death on a pale horse.

Cliquez sur le quatuor pour la fin du temps (l’Apocalypse)

Ce spectre singulier n’a pour toute toilette,
Grotesquement campé sur son front de squelette,
Qu’un diadème affreux sentant le carnaval.
Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,
Fantôme comme lui, rosse apocalyptique
Qui bave des naseaux comme un épileptique.
Au travers de l’espace ils s’enfoncent tous deux,

Aux fêtes, saviez-vous que Baudelaire était ami avec Félix Tournachon, dit Nadar, et que ce dernier a pris de nombreux clichés photographiques de Baudelaire ?

Eh bien, si vous collez les différents portraits de Baudelaire sur le pourtour d’un cylindre que vous ferez tourner autour de son axe, et que vous observez les photos défiler devant une fente que vous aurez pratiquée à cet effet, vous obtiendrez ainsi l’illusion du mouvement, et au passage, vous aurez réinventé le phénakistiscope !