Cinéma, Compositeurs, littérature

Franz SCHUBERT (1797 – 1828)

Franz SCHUBERT (1797 – 1828) n’est pas connu pour ses opéras, il en a pourtant écrit ou mis en chantier une quinzaine entre 1811 et 1827.

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Schubert naît le 31 janvier 1797 à Vienne. Son père est instituteur et lui donne ses premiers cours de violon alors que l’un de ses frères lui apprend le piano. L’atmosphère est musicale à la maison où, avec son père et deux de ses frères, ils forment un quatuor à cordes.

En 1808 il entre comme petit chanteur à la Chapelle impériale de Vienne, où il bénéficie d’une bonne éducation musicale. Il a comme professeur SALIERI, et entre dans l’orchestre. Il commence à composer dès 1810 des pièces pour piano, des lieder déjà, des quatuors à cordes, sa première symphonie.

En 1813, après la mue, il quitte la Chapelle impériale et entre à l’école normale, pour devenir instituteur comme son père.

Il écrit son premier chef-d’œuvre à dix-sept ans, le lied Marguerite au rouet, d’après GOETHE. De 1814 à 1816, il ne cesse d’écrire, et ce sont des symphonies, des messes, les premières sonates pour piano, des opéras, et toujours des lieder.

schubert marguerite au rouetCliquez sur l’image

En 1817, il quitte la maison de son père et loge chez un de ses amis, SCHOBER. Il écrit cette année-là, alors qu’il n’a que vingt ans, six sonates pour piano et de nombreux lieder, dont La Jeune Fille et la Mort et La Truite.

Schubert Der Tod und das MädchenCliquez sur l’image

En 1818, il devient maître de musique des enfants du comte ESTERHAZY et accompagne pendant l’été la famille en Hongrie. Il y compose des œuvres à quatre mains. Cette année-là, il écrit des lieder sur des textes des poètes romantiques allemands NOVALIS et SCHLEGEL, dont les très beaux Chants de la nuit.

De 1819 à 1823, le style de Schubert évolue et il se détache des formes héritées du passé. Il a du mal à achever ses œuvres. C’est le cas de sa huitième symphonie, qui restera célèbre sous le nom de Symphonie inachevée. La réputation de Schubert commence toutefois à dépasser le cercle des amis, et il s’essaie à la composition de singspiel, donnés sans grand succès au Théâtre de Vienne. En 1821, l’éditeur DIABELLI (celui des Variations) publie sur souscription son opus 1, Le Roi des aulnes. Cette même année, les réunions de ses amis autour de la musique de Schubert s’institutionnalisent, ce sont les fameuses Schubertiades.

schubert erlkonigCliquez sur l’image

En 1822 et 1823, il compose deux opéras, Alfonso und Estrella et Fierrabras, pour Vienne qui voulait des opéras écrits en allemand, mais la vague ROSSINI balaie tout sur son passage à l’époque et Schubert ne réussit pas à les faire représenter au théâtre. La même mésaventure est arrivée à WEBER avec Euryanthe.

Schubert Fierrabras Bald wie es klar

Fin 1822, il contracte la syphilis, et dès lors sa santé va se dégradant. C’est à cette époque qu’il compose la Wanderer Fantaisie. En 1823, Schubert compose le cycle de lieder La Belle Meunière. En 1823, il écrit une musique de scène pour Rosamonde et en 1824, il se consacre essentiellement à la musique de chambre avec les quatuors Rosamonde et La Jeune Fille et la Mort, mais aussi son octuor pour cordes et vents, et la sonate Arpeggione (du nom d’un instrument aujourd’hui disparu).

En 1825, Schubert succombe à la Walter Scott-mania, de cet écrivain écossais dont le romantisme a conquis son époque. Il écrit notamment sept lieder sur La Dame du Lac. Il commence sa dernière symphonie, la Grande Symphonie en Ut n°9. Sa réputation croît et ses sonates commencent à être publiées et jouées par les pianistes de son époque.

1826 est l’année de l’achèvement de sa symphonie n° 9, de son quinzième quatuor à cordes et de la dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios op. 99 et 100. (Si vous avez vu le film Barry Lindon de KUBRICK, vous vous souvenez certainement de ceci.)

scubert trio opus 100Cliquez sur l’image

En 1827, à la mort de BEETHOVEN, Schubert participe aux cérémonies de ses funérailles. Il compose son testament musical, un dernier cycle de lieder, le bouleversant Winterreise (le Voyage d’hiver) sur des poèmes de MÜLLER, que je considère comme un véritable petit opéra pour voix et piano.

schubert winterreise gute nachtCliquez sur l’image

Schubert meurt le 19 novembre 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, laissant derrière lui quelque 500 à 600 lieder, dont certains sur des poèmes de Goethe, SCHILLER ou HEINE, vingt et une sonates pour piano, quinze quatuors, une dizaine d’œuvres pour la scène, neuf symphonies, et quantité de pièces (impromptus, moments musicaux, messes, quintettes…).

Retrouvez ici quelques compositions pour les chœurs.

Mes opéras préférés, Mythologie

SIEGFRIED, de WAGNER

Voici déjà quelque temps que j’ai laissé la Walkyrie sur son rocher, endormie par son père Wotan, le dieu en chef, en attendant qu’un homme « qui ne connaît pas la peur » vienne la réveiller. Voici donc la suite de l’histoire.

Deuxième pièce de la trilogie avec prologue l’Anneau du Niebelung, Wagner interrompt longuement la composition en 1857 pour se consacrer à Tristan & Isolde et aux Maîtres chanteurs de Nüremberg. Il ne se remet à Siegfried qu’en 1869 et le termine en 1871. Siegfried est créé à Bayreuth en 1876, avec l’ensemble de la tétralogie.

Arrivé à cet endroit de votre lecture, vous devez vous demander s’il faut dire trilogie ou tétralogie. Je reviendrai un jour sur ce sujet, mais pour l’instant imaginez simplement que vous êtes en présence du Seigneur des anneaux de Tolkien (une trilogie) et de Bilbo le Hobbit (un prologue).

Acte I : Dans la forêt, Mime qui a recueilli Siegfried, l’enfant né de l’union incestueuse entre Siegmund et Sieglinde, s’escrime à forger une épée pour le jeune Siegfried. Mais c’est peine perdue, Siegfried casse toutes les épées qu’il forge pour lui. Siegfried revient. Il a capturé un ours qu’il envoie « taquiner » Mime. Mime lui raconte tout ce qu’il a fait pour lui depuis que, « marmot vagissant », il l’a recueilli et élevé. Justement, Siegfried veut savoir qui il est, d’où il vient, qui sont ses parents… Mime finit par lui raconter l’histoire de ses parents Siegmund et Sieglinde, et lui parle de Nothung, l’épée brisée de son père. Siegfried demande à Mime de réparer Nothung, et repart dans la forêt.

Wotan, déguisé en voyageur, vient voir Mime. Il lui propose un marché, il répondra à trois questions que lui posera Mime, et en échange, il lui posera trois questions. Celui des deux qui ne saura pas répondre aux trois questions mettra sa tête en gage. Mime demande au voyageur qui habite les entrailles de la terre, la crête des montagnes, et les hauteurs célestes (cf. Rheingold, l’Or du Rhin), ce à quoi Wotan répond facilement. À son tour, Wotan pose ses questions. Les deux premières sont faciles, mais à la troisième, « qui saura reforger l’épée ? » Mime ne sait pas répondre. Wotan lui apprend avant de repartir que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra reforger l’épée.

Siegfried rentre de la forêt. Il demande des nouvelles de Nothung, et Mime est obligé de lui avouer qu’il ne réussit pas à la reforger. Il lui dit qu’il le laissera partir lorsqu’il connaîtra la peur, et il lui parle de Fafner qui est susceptible de lui faire connaître cette peur. Siegfried se met alors en tête de reforger l’épée, puis d’aller voir Fafner pour connaître la peur et être libéré de Mime. Et le voilà qui lime, qui forge, qui actionne le soufflet, qui forge (Air de la forge : « Nothung, Nothung, Neidliches Schwert »).

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Pendant que Siegfried s’active sur la forge, Mime prépare à la cuisine un poison qui lui permettra de tuer Siegfried une fois Fafner vaincu et de s’emparer ainsi du trésor des Niebelungen.

Acte II : Au fond de la forêt, devant la grotte où Fafner garde l’Or du Niebelung, Alberich et le voyageur se rencontrent. Wotan réveille Fafner pour le prévenir de l’arrivée de Siegfried, mais celui-ci ne lui prête pas attention et se rendort. Siegfried arrive, guidé par Mime, effrayé. Il renvoie Mime pour rester seul et médite. Il entend le chant d’un oiseau sur une branche, et se demande ce que peut signifier son chant.

wagner siegfried murmures de la forêtCliquez sur Siegfried

Il essaie d’imiter le chant de l’oiseau avec son cor, mais le seul résultat qu’il obtient est de réveiller le géant Fafner, métamorphosé en dragon, qui l’attaque. Siegfried se sert alors de Nothung pour tuer le dragon.

Wagner siegfried tue le dragonCliquez sur Siegfried

Une goutte du sang lui touche la main. Alors qu’il se lèche la main pour nettoyer le sang, il acquiert le pouvoir de comprendre l’oiseau, qui lui parle du trésor et du heaume magique cachés dans la grotte. Siegfried entre alors pour les chercher, pendant que Mime et Alberich se disputent leur victime. Mais quand Siegfried ressort de la caverne, ils prennent peur et s’éclipsent discrètement. L’oiseau reprend son chant, et prévient Siegfried des intentions de Mime. Ainsi quand celui-ci vient lui offrir à boire, Siegfried le tue. L’oiseau lui parle alors de la présence de Brünnhilde, endormie sur son rocher, protégée par un cercle de feu. Siegfried part à sa recherche.

Acte III : Wotan vient demander conseil à Erda, déesse de la terre et source du savoir. Mais celle-ci ne voit pas tout, et il apparaît évident à Wotan que la fin des dieux qu’elle lui a prophétisée est inéluctable. Il cherche à léguer son pouvoir à Siegfried pour faire cesser la malédiction de l’anneau d’Albérich. Siegfried arrive, guidé par l’oiseau. Il demande à Wotan le chemin du rocher, mais Wotan tente de s’interposer. Siegfried brise alors la lance de Wotan avec Nothung, son épée. C’est le début de la fin du règne des dieux.

Siegfried se dirige alors vers le cercle de feu où Brünnhilde dort sur son rocher et le franchit sans peine. Là, retirant le casque et l’armure du guerrier allongé, il découvre une femme (« Es ist kein Mann ! »). Intimidé, il finit par la réveiller d’un baiser. Brünnhilde salue alors le soleil, mais commence par résister à Siegfried. Puis elle finit par céder, et Brünnhilde devient une mortelle, amoureuse d’un humain. L’opéra se termine par leur duo d’amour.

wagner siegfried scène finaleCliquez sur le Festspielhaus

Retrouvez la suite dans le Crépuscule des dieux.

Divers

LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (les années 1800 – 1850)

Après vous avoir parlé des duos d’amour du XVIIIe siècle, voyons ce que les années 1800 – 1850 nous offrent, sans chercher une exhaustivité évidemment impossible :

Commençons avec un des premiers opéras du siècle, Fidelio (1814) de BEETHOVEN, dont le titre original était Léonore ou l’amour conjugal (1803). Dans cette œuvre, qui se passe pendant la Révolution française, une jeune femme, Léonore, se déguise en homme pour aller délivrer Florestan, son mari emprisonné.

beethoven fidelio o namenlose freudeCliquez sur l’image

SCHUBERT, ce génie contemporain de Beethoven a écrit des opéras, largement méconnus de nos jours. Parmi ceux-ci, Fierrabras est un des rares à être encore mont(r)és de nos jours.

Schubert fierrabras Der abend sinkt...Cliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qui ont régné sur cette moitié du siècle figure évidemment ROSSINI. Écoutons le duo du Barbier de Séville (1816) qui est en fait un trio puisque leur chaperon, Figaro, veille sur Rosine et Almaviva.

rossini barbier duo trioCliquez sur l’image

La première moitié du XIXe siècle, c’est aussi le bel canto de BELLINI et DONIZETTI. Ainsi dans la Somnambule, BELLINI écrit ce duo ou le héros, Elvino, donne à sa fiancée Amina une bague qu’il tenait de sa mère.

bellini la somanambule duo prendi...Cliquez sur Elvino et Amina

En 1845, dans Lohengrin, WAGNER fait chanter à Elsa et son chevalier ce beau duo :

wagner lohengrin duo elsa lohengrinCliquez sur Elsa et Lohengrin

Pendant ce temps, BERLIOZ écrivait sa Damnation de Faust (1846), ce qui nous vaut le très beau duo entre Faust et Marguerite, quand enfin ils se rencontrent :

berlioz damnation duo faust margueriteCliquez sur Faust et Marguerite

Je vous donne rendez-vous prochainement pour une nouvelle tranche de duos d’amour, celle des années 1850 – 1880.

Mes opéras préférés, opéra russe

LADY MACBETH DE MZENSK, de CHOSTAKOVITCH (1934)

Lady Macbeth de Mzensk est un opéra de Chostakovitch créé en 1934. Écrit d’après un roman de Leskov datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de Flaubert est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que Staline ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

Stylistiquement, on entend des influences mahlériennes dans la superbe orchestration, et on retrouve des rythmes entendus chez Prokofiev dans la rythmique. Pour l’aspect dramatique, l’influence de Janacek est forte avec ses opéras Katia Kabanovna ou Souvenirs de la maison des morts (pour l’acte IV).

Acte I : Katerina, mal mariée avec le fils de Boris, le propriétaire de l’abattoir industriel de la ville, s’ennuie ferme. Elle dit à son beau-père qui la presse de faire un enfant que son mari, Zinovy, n’est pas capable de lui en faire un. Comme celui-ci doit quitter l’usine quelque temps, le beau-père fait promettre à Katerina de rester fidèle. Un nouvel ouvrier, Sergueï, est embauché à l’abattoir, précédé d’une réputation de grand séducteur.

Les ouvriers s’en prennent à la servante Aksinia. Katerina intervient et leur fait des reproches. Sergueï la met au défi de se battre contre lui, mais elle perd très vite. Comme le beau-père arrive, elle invente une histoire pour se disculper, ainsi que Sergueï.

Chostakovitch lady Macbeth acte I serguei katerinaCliquez sur Katerina et Sergueï

Le soir, Katerina chante sa frustration, seule dans sa chambre. Sergueï, arrive, prétextant vouloir emprunter un livre, mais ses motivations sont évidentes, et très vite Katerina succombe à ses avances.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur l’image

Acte II : Boris victime d’insomnie se rappelle sa jeunesse fougueuse. Quand il voit Sergueï sortir de la chambre de sa belle-fille, il alerte tout le monde. Sergueï est attrapé et Boris lui donne le fouet avant de le faire enfermer. Puis, satisfait, il demande à Katerina de lui préparer son repas. Ulcérée par la scène qu’elle vient de vivre, elle met de la mort-aux-rats dans son repas. Boris est pris de souffrances atroces, mais Katerina les ignore et lui prend les clés de l’entrepôt où est enfermé Sergueï.

Le lendemain, les ouvriers trouvent Boris mourant et vont chercher le pope. Boris dit qu’il a été empoisonné par sa belle-fille, mais le pope l’ignore.

Sergueï passe la nuit avec Katerina. Il est inquiet du retour de Zinovy, mais Katerina le rassure, lui disant qu’il sera bientôt son mari. Elle est quand même hantée par le fantôme de Boris qu’elle voir revenir toutes les nuits. Zinovy rentre à l’improviste et Sergueï se cache, mais le mari trouvant sa ceinture bat Katerina avec. Zinovy sort de sa cachette et pendant qu’il l’immobilise le mari, Katerina l’étrangle.

Chostakovitch lady Macbeth acte IICliquez sur l’image

Acte III : Zinovy, dont le corps a été caché, est considéré comme disparu. On va célébrer les noces de Katerina et Sergueï. Un numéro de cabaret est prévu pour les réjouissances, numéro présenté par le balourd miteux (sic). Alors que tout le monde se réjouit, Katerina a le pressentiment qu’on va trouver le cadavre de Zinovy. Elle prévient Sergueï qu’il est temps de fuir, mais celui-ci a du mal à abandonner les richesses acquises lors de son mariage avec Katerina. Quand la police arrive, il est trop tard, et Katerina avoue. Les deux amants sont arrêtés.

Acte IV : Katerina et Sergueï font partie d’un convoi de détenus en route vers le camp pénitentiaire. Sergueï renie Katerina à qui il fait porter la faute de sa déchéance. Il s’occupe d’une autre prisonnière, qui lui demande une paire de bas chauds. Sergueï va alors demander à Katerina sa paire de bas, disant que c’est pour lui, mais dès qu’il les a, il va les offrir à l’autre prisonnière, qui vient la remercier. Ulcérée, Katerina la pousse dans le fleuve avant de s’y jeter elle-même.

Chostakovitch lady Macbeth acte 4Cliquez sur l’image

Divers

Tous à l’opéra 2019

La manifestation « Tous à l’opéra » c’est maintenant, du 3 au 5 mai 2019.

Un peu partout en France, les opéras vous ouvrent leurs portes, sur le thème cette année des métiers du spectacle.

Il y forcément quelque chose près de chez vous (sauf à Lille, snifff).

Retrouvez le programme pour la France ici :

http://tous-a-lopera.fr/programme-edition-2019.aspx

Je vous souhaite un excellent ouikènde musical.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE VIERGE, LE VIVACE ET LE BEL AUJOURD’HUI », de MALLARMÉ

Après le coup d’essai de El Desdichado, je vous propose un autre poëme traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, donc, voici le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce LAC dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

rossini la dame du lac trio

Cliquez sur l’image

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Wagner Lohengrin Mon cygne aimé (Georges Thill)

Cliquez sur le chant du cygne

Cliquez sur le cygne

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le PLUMAGE est pris.

Flûte enchantée Papageno Papagena

Cliquez sur Papageno

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le CYGNE.

tchaikovski lac des cygnes final

Cliquez sur le lac

Citations musicales : Pour ce poème racontant l’agonie d’un cygne pris dans les glaces hivernales du jardin des Tuileries à Paris, fait divers qui a inspiré plusieurs poètes, dont Théophile GAUTIER, j’ai choisi :

Le LAC : ROSSINI, la Dame du lac.

Un cygne d’autrefois : WAGNER, Lohengrin (Lohengrin, fils de Parsifal, arrive sur une barque tirée par un cygne, et à la fin de l’opéra, ce cygne se révèle être le frère de l’héroïne Elsa.)

Le plumage : MOZART, la Flûte enchantée. L’oiseleur Papageno est revêtu d’un vêtement de plumes d’oiseaux.

Le cygne : TCHAÏKOVSKI, le Lac des cygnes.

P.S. Au moment de publier ce billet, il me revient que ce sonnet fait partie de ceux choisis par Pierre BOULEZ pour son œuvre Pli selon pli.

boulez le vierge le vivace

Cliquez sur l’image

Divers

Premier anniversaire du blog

Eh oui, déjà un an que j’ai ouvert ce blog consacré, de manière très large, au monde de l’opéra et de ce qui tourne autour !

 

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’image

J’avais prévu pour cette occasion de vous présenter en première mondiale une vidéo illustrant l’évolution de l’opéra à travers les siècles, mais je n’ai pas encore réglé tous les problèmes techniques. Rassurez-vous, ce n’est que partie remise, et vous l’aurez, un jour, cette vidéo, vous l’aurez !

P.S. elle est là :

 

En un an, donc, j’ai publié 153 billets. Au début, j’en publiais beaucoup pour enrichir ma base de connaissances, et maintenant je suis arrivé à un rythme de un billet tous les 3 jours.

Vous vous êtes mis à plus de 1000 visiteurs cumulés, venus de 44 pays, pour regarder plus de 3000 vues sur ce blog.

J’ai consacré 26 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the Screw de BRITTEN. Le plus regardé est celui consacré à la Traviata de VERDI.

verdi traviata adio del passato netrebkoCliquez sur la Traviata

J’ai également consacré 22 billets à des compositeurs, de Monteverdi à Britten. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est TCHAÏKOVSKI.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra. Il y a à ce jour 17 écrivains passés à ma moulinette, le plus consulté étant Georges PEREC.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour toutes ces choses qui gravitent autour de ce thème si vaste qu’est l’opéra !

 

Cinéma, Divers, littérature, Mythologie, Shakespeare

ROMÉO & JULIETTE

La tragique histoire des amants de Vérone, racontée au théâtre par ShakespeareE en 1597, a inspiré bien des compositeurs, de Bellini à Bernstein. Le thème des deux jeunes gens issus de familles rivales, voire ennemies, est très ancien, et on le retrouve, comme celui de Cendrillon, dans à peu près toutes les civilisations et à toutes les époques. La légende de Pyrame et Thisbé, narrée par OVIDE dans les Métamorphoses, en est un exemple.

L’Italien Bellini, donc, a écrit un I Capuletti e i Montecchi en 1830. Mais c’est Gounod avec son Roméo et Juliette de 1867 qui connaîtra le plus grand succès.

gounod roméo et juliette o nuit divineCliquez sur Roméo

L’allemand Sutermeister a écrit un très beau (et rare) Romeo und Julia en 1939.

Une autre adaptation intéressante est celle de Bernstein qui transpose la rivalité dans le Brooklyn du XXe siècle, avec sa comédie musicale West Side Story (1957). Les deux « familles » rivales d’où viennent les deux jeunes qui s’aiment, Tony et Maria, sont alors les Portoricains et les Italiens. Le film qui en a été tiré est resté célèbre, avec ses 11 oscars.

bernstein WSS TonightCliquez sur Tony et Maria

Plus près de nous encore, la comédie musicale (2001) de Presgurvic a connu un beau succès.

La richesse du thème de Roméo et Juliette a également inspiré des compositeurs comme Berlioz avec sa symphonie lyrique en 1837, Tchaïkovski et son ouverture-ballet en 1869 ou Prokofiev et son ballet en 1938.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur l’image

Plus près de nous, le Juliet et Romeo du groupe Dire Straits est un de leur plus gros succès.

dire straits juliet and romeoCliquez sur Mark KNOPFLER

Mes opéras préférés

MANON de MASSENET (1883)

Manon est, avec Werther, un des opéras les plus populaires de MASSENET. Il lui donne l’occasion de déployer son génie lyrique avec des airs comme « Adieu notre petite table » et « Ah fuyez douce image » ou les duos Nous vivrons tous les deux ou « N’est-ce plus ma main que cette main presse ».

Écrite sur un livret d’Henry Meilhac entre 1881 et 1883, l’œuvre est créée en 1884 à l’Opéra-Comique. Elle est tirée du roman de l’Abbé Prévost La véritable histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut paru en 1731. Cet opéra a connu le succès dès sa création. Ce roman avait déjà était adapté par SCRIBE pour D.F.E. AUBER en 1856, et le sera encore par PUCCINI en 1893.

Acte I : Dans la cour d’une hostellerie, le vieux Guillot et Brétigny appellent l’hôtelier pour festoyer avec trois jeunes galantes. Pendant ce temps, Lescaut, un soldat, attend sa cousine Manon pour la conduire au couvent. Le coche arrive et les passagers descendent, se plaignant des désagréments du voyage. Manon paraît et Lescaut et Manon font connaissance.

massenet manon je suis encore tout étourdieCliquez sur Manon

Puis Guillot, voyant la jeune fille, cherche à la séduire. Restée seule, Manon, songeuse, compare la vie de luxe et de plaisir des trois jeunes femmes et la vie austère qui l’attend au couvent (Air : « Voyons, Manon, plus de chimère »). Arrive le chevalier des Grieux. Au premier regard, il tombe amoureux de Manon, qui elle tombe sous le charme de des Grieux. Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris (Duo : « Nous vivrons à Paris tous les deux »). Quand Lescaut et Guillot reviennent, Manon est partie.

Acte II : Des Grieux et Manon sont installés dans une chambre à Paris. Des Grieux écrit une lettre à son père où il lui demande l’autorisation d’épouser sa fille. Ils la lisent ensemble (Duo : « On l’appelle Manon »).

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Lescaut arrive pour sauver l’honneur de sa famille, accompagné de Brétigny habillé en soldat. Celui-ci prévient Manon que le père de des Grieux veut faire enlever son fils (Quatuor). Si elle laisse faire cet enlèvement, il veillera à ce qu’elle vive toujours dans le luxe. Manon cède. Restée seule, elle dit adieu à leur bonheur passé (Air : « Adieu, notre petite table »).

massenet manon adieu notre petite tableCliquez sur Manon

À son retour, des Grieux évoque le bonheur de vivre avec Manon (Air : « En fermant les yeux »). On frappe à la porte. Des Grieux va ouvrir, et il est enlevé.

Acte III : Lors d’une fête au Cours-la-Reine, Lescaut dépense sans compter pour la femme qu’il aime (Air : « À quoi bon l’économie »). Les « élégantes » paraissent, parmi lesquelles Manon au bras de Brétigny, son nouvel amant (Airs : « Je marche sur tous les chemins », suivi de « Profitons bien de la jeunesse »).

massenet manon je marche sur tous les cheminsCliquez sur Manon

Une conversation surprise entre Brétigny et le comte des Grieux lui apprend que le chevalier veut entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Manon cherche à savoir auprès de des Grieux si son fils pense encore à elle. Guillot, qui espère toujours séduire Manon, fait venir à la fête le ballet de l’Opéra, mais Manon décide de partir chercher le chevalier à Saint-Sulpice, persuadée qu’il ne peut l’avoir oubliée.

À Saint-Sulpice, où l’abbé des Grieux est devenu la coqueluche de ces dames par ses sermons, le comte essaye de dissuader son fils de prononcer ses vœux, mais en vain (Air : « Épouse quelque belle fille). Pourtant, sa prière montre qu’il doit lutter contre le souvenir de Manon.

massenet manon ah fuyez douce imageCliquez sur des Grieux

L’arrivée de Manon, qui vient lui demander pardon, le trouble. Il cherche à résister, mais finit par céder devant son charme (Air : « N’est-ce plus ma main »).

Acte IV : À l’hôtel de Transylvanie, on se livre au jeu et aux plaisirs. Manon arrive avec son chevalier et le pousse à jouer, pour regagner sa fortune dilapidée. Il se laisse entraîner et pendant qu’il joue, Manon chante son amour de l’or et de la vie (Air et trio : « À nous les amours et les roses »). Il réussit à gagner une très grosse somme contre Guillot qui, jaloux, l’accuse d’avoir triché. La police arrive et arrête Manon et des Grieux. Son père intervient pour faire relâcher des Grieux, mais Manon est condamnée à la déportation.

Acte V : Sur la route du Havre, des Grieux et Lescaut attendent le convoi des déportées (Air : « Manon, pauvre Manon »). Lescaut soudoie un sergent pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. Manon s’accuse d’avoir gâché leur amour et implore le pardon du chevalier. Des Grieux cherche à la rassurer, mais Manon est trop épuisée pour fuir avec lui et meurt dans ses bras (reprise lacrymogène de l’air : « N’est-ce plus ma main que cette main presse).

massenet manon final acte 5Cliquez sur l’image

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarare

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Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour la Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouverture

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Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III ou le Bal masqué (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennes

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Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de Wagner (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo Boïto, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret La Gioconda (1876) de Ponchielli.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par Meilhac et Halévy, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour Offenbach, Carmen (1875) pour Bizet ou encore Manon (1881) pour Massenet.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

massenet manon acte II

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Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard Strauss et HOFMANNSTHAL. À la mort d’Hofmannsthal, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan Zweig qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

strauss rosenkavalier duo 2e acte

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Colette a écrit pour Ravel le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

aliette de laleu librettistes

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