Cinéma, Compositeurs, Compositrices, Divers

QUELQUES COMPOSITEURS SUISSES

On connaît généralement peu de ce côté des Alpes les compositrices et compositeurs suisses. Pourtant, on gagne à écouter leurs musiques. Je vous en propose ici une petite sélection.

Caroline BOISSIER-BUTINI est née à Genève en 1786. D’abord pianiste, sa réputation dépasse vite les frontières de la Suisse. En 1818, elle se rend à Londres et à Paris et a l’occasion de se confronter aux meilleurs pianistes de sa génération. Son œuvre est essentiellement pianistique, mais elle a également écrit des concertos (pour piano) et des symphonies. Elle meurt près de Genève en 1836.

Boissier-Butini Sonate pour piano n° 2Cliquez sur la pianiste

Louis NIEDERMEYER est né en 1802 à Nyon. Après des études à vienne et à Rome, il compose son premier opéra pour Naples en 1820, à l’âge de 18 ans. Il s’installe à Paris en 1836, ville où il écrit encore trois opéras, avant d’écrire une Messe solennelle et de se tourner vers la musique sacrée. Il dirige ainsi l’école de musique religieuse de Paris, dont la mission était de séparer la musique religieuse et la musique profane, école plus connue aujourd’hui d’école Niedermeyer de Paris. Parmi les professeurs qui y ont enseigné figure SAINT-SAËNS, qui y a eu comme élèves FAURÉ et MESSAGER.

Niedermeyer le Lac (de Lamartine)Cliquez sur le Lac (de Lamartine)

Émile JAQUES-DALCROZE est né en 1865. Il suit ses études musicales au Conservatoire de Genève avant de les poursuivre à Paris, auprès de FAURÉ et DELIBES, et à Vienne auprès de BRUCKNER. Il est l’inventeur d’une méthode d’enseignement de la musique basée sur l’étude physique de la rythmique, méthode toujours en vigueur aujourd’hui et qui porte son nom. Il meurt à Genève en 1950.

Jaques-Dalcroze la VeilléeCliquez sur l’image

Ernest BLOCH est né à Genève en 1880. Il suit ses études à Genève, notamment avec Jaques-Dalcroze, puis à Bruxelles, Francfort et Paris. En 1904, il compose un opéra, Macbeth, d’après SHAKESPEARE. En 1913, il s’installe aux États-Unis où il enseigne la composition à Cleveland, avant de prendre la direction du Conservatoire de San Francisco. Son œuvre est nourrie d’inspirations juives, comme dans la suite hébraïque Schelomo. Il meurt à Portland en 1959.

Bloch SchelomoCliquez sur le célèbre violoncelliste.

Franck MARTIN naît à Genève en 1890. Il travaille la musique en cachette de ses parents et en 1926, il fonde la Société de musique de chambre de Genève. Il enseigne aussi à l’institut Jaques-Dalcroze et au Conservatoire de Genève. Parmi ses œuvres, on peut noter des pièces religieuses, mais aussi un opéra Der Sturm, d’après la Tempête de Shakespeare. Il meurt aux Pays-Bas en 1974.

Martin Messe pour double chœur a capellaCliquez sur l’image

Arthur HONEGGER, né en 1892 au Havre et mort à Paris en 1955 est le plus français des compositeurs suisses. Il étudie la musique à Zurich avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il fait partie du groupe des Six. Plus tard, il enseignera au Conservatoire de Paris où il aura comme élève notamment Olivier MESSIAEN. Il est l’auteur de musique symphonique, d’oratorios, d’opéras (l’Aiglon d’après ROSTAND), mais aussi de nombreuses musiques de film, dont le Napoléon d’Abel GANCE ou Regain de PAGNOL, et de l’opérette le Roi Pausole.

Honegger l'AiglonCliquez sur l’image

Willy BURCKARD est né dans le canton de Berne en 1900. Il poursuit ses études de musique à Leipzig, Munich et Paris, avant d’enseigner lui-même la composition et le piano à Berne. Il meurt en 1955 à Zurich.

Burckard Concertino pour violoncelleCliquez sur l’image

Heinrich SUTERMEISTER naît en 1910 et commence ses études de musique à Bâle. Plus tard, il travaillera à Paris et à Munich, où il rencontrera Carl ORFF. Sutermeister est surtout connu pour ses opéras, dont Raskolnikov d’après DOSTOÏEVSKI, Madame Bovary d’après FLAUBERT, ou encore Romeo und Julia d’après Shakespeare. Il meurt en 1995 à Sorges.

Sutermeister Romeo und JuliaCliquez sur l’image

Bernard REICHEL est né en 1901 à Neuchâtel. Après des études au Conservatoire de Bâle, il suit l’enseignement de Jaques-Dalcroze à Genève, puis passe un an à Paris. Il enseigne ensuite la musique au Conservatoire de Genève où il côtoie Franck Martin. Son œuvre comporte de la musique pour orgue (il était organiste), de la musique de chambre et de la musique religieuse. Il meurt en 1922 à Lutry.

Reichel MagnificatCliquez sur l’image

On pourrait encore citer dans cette liste Rolf LIEBERMANN (1910 – 1999) qui, outre ses fonctions de directeur de l’Opéra de Paris de 1973 -1980, a lui-même composé des opéras. C’est lui qui a convaincu Messiaen d’écrire son opéra Saint-François d’Assise.

(Un grand merci à Béatrice et Christiane, mes deux amies choristes [et suisses] de l’ensemble « Les Vocalistes européens », qui m’ont aidé à établir cette liste.)

(merci également à Sergio Belluz pour m’avoir suggéré quelques corrections ou ajouts https://www.sergiobelluz.com/ )

Agenda Ironique

QUI SERA LA FÉE D’AVRIL 2022 ?

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique d’avril 2022, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier le sujet. Place donc aux votes de fin de mois.

Voici le récapitulatif des participations pour cet Agenda d’avril :

La licorne : https://filigrane1234.blogspot.com/2022/04/les-fees-sont-dexquises-danseuses.html

fée clochetteCliquez sur la fée

Iotop : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2022/04/04/et-converge-vers-un-seul-fruit/

Gibulène : https://laglobule2.wordpress.com/2022/04/03/onesime-et-les-fees-a-i-avril-2022/

Tchaïkovski Casse-Noisette pas de deux de la fée dragée et du prince OrgeatCliquez sur la fée Dragée et le prince Orgeat

Polesiaque : https://polesiaque.wordpress.com/2022/04/04/agenda-ironique-davril-2022/

renee fleming rusalkaCliquez sur la naïade

Mijoroy : https://marie-josee-roy.esprit-livre.school/missions-des-fees/

Pergolèse le marchand de sableCliquez sur Pergolèse

Tout l’opéra (ou presque) : https://toutloperaoupresque655890715.com/2022/04/08/les-fees-sont-dexquises-danseuses/

Debussy les Fées sont d'exquises danseusesCliquez sur le champion du monde de piano (toutes catégories)

Lyssamara : https://lyssamara.wordpress.com/2022/04/10/agenda-ironique-du-jour/

John Duff : https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

Chopin Prélude opus 28 n° 4 (Wang)Cliquez sur l’héroïne du polar de John Duff

VH le pouet : VH ne disposant pas de blog a posté directement sa participation en commentaire. La voici :

« Mon copain Mallarmuche m’a parlé de cet Agenda Ironique. Étant un adepte des homophonies, je vous propose ces deux-ci (cidsous), chaque deuxième vert étant obtenu par palimpsestie du premier.
Laurent Pichat, coup hardi, virant, bat Empis.
Lors Empis, chavirant, couard dit : « Bah, tant pis »
et encore :
Gaal, amant de la reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l’arène à la tour Magne à Nîmes.
Voilà, et pour l’archéoptéryx, je le laisse à Stéph’, je sais qu’il aime les rimes en « ixe ».« 

Fauré les DjinnsCliquez sur les Djinns de VH

Photonanie : https://photonanie.com/2022/04/24/agenda-ironique-davril-2022/

Arno les Yeux de ma mèreCliquez sur Arno qui nous a quitté le 23 avril  

Et maintenant, place au vote (3 choix possibles) :

Et à qui souhaitez vous confier les rennes du traîneau de l’A.I. de mai 2022 ?

Et cliquez ici pour connaître le résultat du vote.

Écrivains, littérature

Léon TOLSTOÏ (1828 – 1910)

Léon TOLSTOÏ est un des plus fameux écrivains russes du XIXe siècle. Il est né le 9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana. Il est issu d’une famille de l’aristocratie russe et grandit à la campagne. Sa mère meurt alors qu’il a à peine 2 ans.

Alors qu’il est âgé d’environ 8 ans, sa famille s’installe à Moscou, mais son père meurt d’un coup de sang dans la rue alors que Léon n’a que 9 ans. Il est alors mis sous tutelle d’une de ses tantes, qui elle-même meurt quatre ans plus tard.

À 16 ans, Tolstoï s’inscrit à l’université étudiant les langues orientales, puis le droit, mais il n’a pas réellement de goût pour des études qu’il interrompt rapidement.

Après un passage dans l’armée (il se bat au Caucase), il rédige en 1852 ses souvenirs d’enfance, Enfance, qui connaissent le succès. Enfance est suivi par Adolescence (1854) et Jeunesse (1855).

Après ces succès littéraires, il rejoint l’armée et participe à la bataille de Sébastopol, en Crimée.

Fin 1855, il est envoyé à Saint-Pétersbourg, où il fait la rencontre de TOURGUÉNIEV, qui lui fait rencontrer son cercle littéraire.

Il fait ensuite le tour de l’Europe : France, Suisse, Allemagne, Italie, Angleterre. En 1858, il écrit la nouvelle un Musicien déchu, où il compare les émotions que peuvent apporter la musique ou la littérature.

En 1862, il rencontre Sophie BEHRS, une jeune femme qui avait seize ans de moins que lui, et le (presque) vieil homme solitaire tombe amoureux à 34 ans. Ils se marient en septembre de cette même année.

Ils se retirent alors à Iasnaïa Poliana, et Tolstoï peut se consacrer à l’écriture. Après les Cosaques (1863), il s’attelle à Guerre et Paix, vaste fresque historique qui l’occupera de 1863 à 1869, qui se passe pendant l’invasion de la Russie par les armées de Napoléon. Ce roman a inspiré Woody ALLEN pour son film Guerre et amour.

Prokofiev Guerre et PaixCliquez sur l’image

En 1873, il commence Anna Karénine, roman qu’il terminera en 1877. Sa rédaction a été retardée par une succession de drames familiaux, puisqu’il perd un de ses fils à l’âge de dix-huit mois, et le suivant à l’âge d’un an. Anna Karénine fera l’objet d’un ballet de CHTCHEDRINE.

Chtchédrine Anna KarénineCliquez sur l’image

En 1876, il fait la connaissance de TCHAÏKOVSKI et au cours d’un concert de celui-ci, éclate en sanglots pendant l’andante du Quatuor en ré majeur.

Tchaïkovski Quatuor en ré majeur AndanteCliquez sur le quatuor

En 1879, il se tourne vers un christianisme non violent, ce qui l’amènera à correspondre avec GANDHI ou Romain ROLLAND.

En 1889, il publie la Sonate à Kreuzer, roman sur les rapports hommes / femmes dans le couple, qui reflète des positions que l’on qualifierait aujourd’hui de machistes. Sa femme Sophie qui, en effet, est restée à la maison pour s’occuper des tâches domestiques et élever ses 13 enfants répondra à cette vision par À qui la faute et Romance sans paroles.

Beethoven Sonate à KreutzerCliquez sur l’image

Si le titre est directement inspiré de la Sonate à Kreuzer de BEETHOVEN, œuvre que jouent deux des protagonistes du roman, il a également inspiré le titre du premier quatuor de JANACEK.

Janacek Quatuor n° 1 sonate à KreutzerCliquez sur le quatuor

En 1899, il écrit le roman Résurrection, qui servira d’argument à Albert ROUSSEL en 1903 pour sa première œuvre symphonique.

Roussel RésurrectionCliquez sur l’image

Résurrection fera également l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1904.

Alfano ResurrezioneCliquez sur l’image

Tolstoï meurt d’une pneumonie le 20 novembre 1910, à l’âge de 82 ans.

Compositeurs

Georges ENESCO (1881 – 1955)

Georges ENESCO (ENESCU en roumain) est né le 19 août 1881 en Moravie roumaine.

Il apprend le violon dès ses 4 ans et, à l’âge de 7 ans, part au Conservatoire de Vienne où il se fait déjà remarquer par la précocité de ses dons musicaux.

À l’âge de 14 ans, il entre au Conservatoire de Paris, où il a comme professeurs de composition MASSENET et FAURÉ. C’est à Paris qu’il écrit ses premières compositions et en 1898, son opus 1, le Poème roumain est créé.

Enesco Poème roumainCliquez sur l’image

En 1901 et 1902, il écrit ses deux Rhapsodies roumaines, peut-être ses œuvres les plus connues.

Enesco Rhapsodie roumaine n°1Cliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, il écrit le cycle mélodique 7 chansons de Clément Marot.

Enesco Sept chansons de Clément Marot IV Estrene de la roseCliquez sur l’image

En 1916 – 1918, il compose sa troisième symphonie avec chœur, œuvre qu’il remaniera en 1920 et qui sera créée à Paris en 1921.

Enesco Troisème symphonie avec chœurCliquez sur l’image

Après la Première Guerre mondiale, il partage son temps entre la France et sa Roumanie natale. En 1926, il écrit sa 3e sonate pour violon et piano « dans le caractère populaire roumain » .

Enesco sonate paino violon n° 3Cliquez sur Enesco pour l’entendre interpréter sa propre sonate pour piano et violon n° 3

En 1927, il crée la sonate pour piano et violon de son ami RAVEL, qu’il avait connu au Conservatoire de Paris.

Ravel sonate piano violon BluesCliquez sur la violoniste et la pianiste

Entre 1923 et 1931, il se consacre à la composition de son opéra Œdipe.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Outre son activité de compositeur et de soliste, il a également eu de nombreux élèves au violon, tels que Yehudi Menuhin, Christian Ferras, Ivry Gitlis ou Arthur Grumiaux.

Bach Double concerto in D minor Enesco MenuhinCliquez sur Menuhin et Enesco

En 1937, il se marie avec la princesse roumaine Marie CANTACUZÈNE.

Tout au long de sa vie, il enchaînera les tournées internationales, aussi bien en tant que violoniste qu’en tant que chef d’orchestre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rentre en Roumanie, mais l’instauration du régime communiste après la guerre le mène à s’exiler.

Dans ses œuvres tardives, il revient aux formes apaisées de la musique de chambre. En 1954, il écrit ainsi sa dernière œuvre, la Symphonie de chambre.

Enesco Symphonie de chambreCliquez sur la partition

Enesco meut à Paris le 4 mai 1955.

Contes et légendes, Mes opéras préférés

PARSIFAL, de WAGNER (1882)

WAGNER était féru de légendes antiques (sa bibliothèque personnelle à Bayreuth est assez impressionnante) et il a eu l’idée d’utiliser le personnage de Parsifal dès 1845, à l’époque où il écrivait Lohengrin (qui se trouve être le fils de Parsifal). Plus tard, en 1856, il a aussi songé à faire apparaître Parsifal dans une scène de Tristan und Isolde, en opposant ainsi l’amour profane et l’amour divin. Finalement il écrira le livret de son Parsifal en 1877, d’après Parzival et le conte du Graal de CHRÉTIEN de TROYES, et en composera la musique de 1877 à 1882.

Parsifal a été créé en 1882 à Bayreuth, et Wagner ne voulait pas qu’on le joue ailleurs. Ce sont les États-Uniens qui ont jugé que cet interdit n’était pas valable pour l’Amérique (déjà !) et qui l’ont monté sur scène à New York en 1903. Il faudra attendre 1913 pour que l’exclusivité tombe pour le reste du monde.

Le pitch : Dans le château de Montsalvat où a été recueilli le calice contenant le sang du Christ crucifié, et la lance qui a provoqué sa blessure, les chevaliers du Graal veillent sur ces reliques. Le magicien Klingsor, un prétendant à cette confrérie qui en a été rejeté veut s’emparer du Graal. Pour ce faire, il a créé au pied du château un jardin enchanté peuplé de ses créatures, les filles-fleurs, qui vampent les chevaliers. Ça a été le cas du roi Amfortas, qui s’est laissé séduire par Kundry, une femme à l’effrayante beauté sous l’emprise maléfique de Klingsor. Klingsor en a alors profité pour voler la lance sacrée et en frapper Amfortas. Depuis, celui-ci souffre d’une blessure qui ne guérit pas et répugne à diriger son office. Seul un innocent au cœur pur pourra récupérer la lance et le guérir. Cet innocent, ce sera Parsifal.

Le personnage de Kundry est intéressant. Au naturel, elle ne rêve que de servir les chevaliers, mais quand elle est sous l’emprise magique de Klingsor, c’est à leur perte qu’elle se voue.

Prélude de l’acte I : Dans son prélude, Wagner expose les principaux leitmotivs de son drame sacré : la Cène, le Graal, la Foi et la Lance.

Wagner Parsifal Prélude acte ICliquez sur l’image

Acte I : Dans la forêt entourant le château du Graal, auprès d’un lac, Gurnemanz et deux écuyers attendent l’arrivée d’Amfortas, leur roi, qui vient prendre son bain. Les chevaliers du Graal ont comme mission de veiller sur le Saint-Graal, un vase qui contient le sang du Christ, et sur la lance qui a percé le flanc du Christ sur la croix.

Kundry, une femme inquiétante au service des chevaliers, apparaît.  Elle apporte une fiole d’un baume censé apaiser les douleurs d’Amfortas. Autrefois, Amfortas a succombé à ses charmes, et Klingsor en a profité pour lui voler la lance sacrée, lui causant au passage une blessure qui ne peut pas guérir. Arrive le cortège des chevaliers accompagnant Amfortas au bain, censé soulager ses douleurs. Gurnemanz lui présente le baume de Kundry. Il explique aux écuyers que Klingsor est un ancien prétendant à la confrérie des chevaliers du Graal, mais que ne pouvant respecter le vœu de chasteté qu’exige cette charge, il s’est mutilé et a été rejeté par les chevaliers. Pour se venger, il a créé un jardin magique, peuplé de belles femmes vouées à détourner les chevaliers de leur mission sacrée afin de les perdre. Un seul homme pourra récupérer la lance sacrée : un innocent au cœur pur.

Un jeune homme apparaît, poursuivant un cygne. Il tue le cygne, animal sacré, devant l’assemblée effarée qui le conduit devant Gurnemanz. Le jeune homme ne sait pas répondre aux questions de Gurnemanz, il ne connaît même pas son propre nom. La seule chose qu’il peut dire, c’est qu’il a grandi seul dans la forêt. Kundry raconte son histoire. Le jeune homme a été élevé par sa mère pour éviter qu’il ne suive son père, un ancien chevalier du Graal parti en quête d’aventure, et qui est mort au combat. Parsifal a grandi comme un innocent, sans éducation. Un jour, voyant des chevaliers en armure brillante, il les a suivis. Kundry est alors prise d’une étrange torpeur. Le roi revient du bain et Gurnemanz propose à Parsifal de les accompagner au château du Graal, Montsalvat.

À Montsalvat, les chevaliers entrent solennellement pour la cérémonie. Titurel demande à son fils Amfortas de dévoiler le Graal, comme sa fonction l’y oblige. Ceci réveille sa blessure et il résiste. Il finit par célébrer la Cène et au cours de la cérémonie, le Graal remplit de vin les verres des chevaliers, et dépose à côté un pain, symbole de la manne nourricière. Parsifal a assisté en silence, apparemment inconscient de la symbolique de ce qu’il voit. Mécontent de ce comportement, Gurnemanz le chasse du château.

Wagner Parsifal Wein und BrotCliquez sur les chevaliers recevant le vin et le pain (Wein und Brot)

Acte II : Dans son château, Klingsor tire Kundry de son sommeil pour qu’elle séduise Parsifal, qui se dirige vers son château. Parsifal se bat contre la garde de Klingsor, composée des chevaliers qu’il a détournés de leur devoir. Devant la bravoure au combat de Parsifal, la garde s’enfuit. Le château de Klingsor s’enfonce alors sous la terre, faisant place à un magnifique jardin peuplé des créatures de Klingsor, les filles-fleurs. Elles entourent Parsifal et cherchent à le séduire, mais Parsifal leur résiste.

Wagner Parsifal Acte II Hier war das Tosen (les filles-fleurs)Cliquez sur les filles-fleurs

Kundry apparaît à son tour, et lui raconte son histoire. Elle lui donne son nom « Fol si pur » (Parsifal) qui lui rappelle que sa mère l’appelait ainsi. Elle lui annonce alors que sa mère est morte quand il est parti. Elle profite du trouble de Parsifal pour lui donner un baiser, mais ce baiser dissipe l’enchantement et Parsifal, revivant la scène du Graal, revit également les souffrances d’Amfortas et le baiser qu’il a reçu de Kundry et qui a provoqué sa chute et sa blessure. Il la repousse. Kundry explique qu’elle a été condamnée pour avoir ri du Christ dans sa Passion, et que le baiser de Parsifal la délivrera de son sort. Parsifal refuse encore, car accepter, ce serait les condamner tous les deux.

Wagner Parsifal Amfortas, Die WundeCliquez sur Parsifal

Kundry appelle Klingsor à l’aide. Celui-ci apparaît, porteur de la lance sacrée. Il la jette vers Parsifal, mais elle s’arrête en l’air sans l’atteindre au-dessus de la tête de Parsifal. Parsifal s’en saisit alors, et traçant un signe de croix, fait ainsi disparaître le château de Klingsor et tous ses enchantements.

Acte III : Gurnemanz vit en ermite au pied du Burg de Montsalvat. Entendant des gémissements dans un fourré, il tire Kundry d’un long sommeil magique, et celle-ci ne pense plus qu’à une chose, servir.

Wagner Parsifal Von dorther kam das StöhnenCliquez sur l’image

Un chevalier en armure noire apparaît. Gurnemanz lui demande de baisser les armes en ce lieu sacré et en ce jour du Vendredi saint. Le chevalier s’exécute et Gurnemanz reconnaît Parsifal, qui le salue. Il dit qu’il vient voir Amfortas, persuadé qu’il est de pouvoir le sauver. Gurnemanz explique alors que depuis le départ de Parsifal, Amfortas, voulant mourir, n’a plus assuré le service du Graal, tarissant la source qui leur apportait la manne céleste qui les protégeait de la vieillesse. Titurel vient d’ailleurs d’en mourir. Quand Gurnemanz reconnaît la lance sacrée dans les mains de Parsifal, il sait qu’il a en face de lui l’innocent au cœur pur, seul capable de cet exploit. Kundry lave les pieds de Parsifal et Gurnemanz ses cheveux, puis il oint Parsifal, le sacrant nouveau prêtre du Graal. Parsifal donne le baptême à Kundry et tous trois entrent dans le château du Graal. C’est le Vendredi saint (l’enchantement du Vendredi saint).

Wagner Parsifal acte III Enchantement du vendredi saintCliquez sur Kundry, Gurnemanz et Parsifal

Dans la grande salle, les chevaliers entrent en un double cortège. Les uns portent la dépouille mortelle de Titurel, les autres Gurnemanz sur sa couche. Les chevaliers demandent à Amfortas de dévoiler le Graal, mais celui-ci refuse. Parsifal entre alors, et, touchant la blessure d’Amfortas de la pointe de la lance, le guérit. Il demande alors que l’on dévoile la châsse où se trouve le Graal. Celui-ci s’illumine et une colombe descend du plafond de la coupole et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Les chevaliers et des chœurs célestes rendent hommage au nouveau roi. Kundry, délivrée, tombe à terre et meurt.

Wagner Parsifal Höchsten Heiles WunderCliquez sur l’image

Histoire de l'opéra, Religion

LES LEÇONS DE TÉNÈBRES

Les leçons de Ténèbres correspondent à un genre musical très particulier, réservé aux trois jours précédant Pâques. Le texte biblique est tiré des Lamentations de Jérémie et évoque la destruction du temple de Jérusalem à cause des péchés d’Israël.

Même si ce genre a préexisté à la période baroque française, notamment en Italie, c’est en France et sous Louis XIV que ce genre s’est développé.

À l’origine, donc, on les chantait aux matines des trois jours précédents Pâques, mais sous Louis XIV, ces matines étant célébrées au milieu de la nuit, donc trop tard pour beaucoup de gens, on a pris l’habitude de les donner l’après-midi précédent, soit les mercredi, jeudi et vendredi saints.

Sur trois jours, chaque office comprend trois nocturnes qui comportent chacun trois psaumes, les lamentations étant chantées pendant le premier nocturne.

Ces leçons sont vite devenues un événement mondain de la cour du roi, pour devenir un style de musique typiquement français. En effet, pendant la semaine sainte, on ne pouvait pas donner de représentations théâtrales ou d’opéras. Les chanteurs et instrumentistes en vogue à l’époque se tournaient donc vers ces musiques religieuses. Pendant le déroulement de ces pièces, on éteignait les chandelles au fur et à mesure, et l’office se terminait donc dans le noir complet. Plutôt théâtral comme effet, non ?

Les principaux auteurs de Leçons de Ténèbres sont Michel LAMBERT, Sébastien BROSSARD, François COUPERIN, Marc-Antoine CHARPENTIER ou encore Michel-Richard DELALANDE.

(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard, 1997)

Voici donc une petite sélection de leçons de Ténèbres.

Marc-Antoine Charpentier Réponse de la seconde leçon du Mercredy

Charpentier Deuxième leçon de Ténèbres du mercredi Tristis est anima meaCliquez sur l’image

Charpentier Troisème leçon de Ténèbres du mercredi

Sébastien Brossard Première leçon du Vendredy

Brossard Première leçon des mortsCliquez sur l’image

François Couperin Troisième leçon de Ténèbres à 2 voix

Couperin Troisème leçon de Ténèbres à 2 voixCliquez sur l’image

Michel Lambert Première leçon de Ténèbres du Jeudy

Lambert Première leçon de Ténèbres du Jeudi saint

Cliquez sur l’image

Michel-Richard Delalande Troisième leçon du Jeudy

Delalande Troisième leçon de Ténèbres du Jeudi saintCliquez sur l’image

Cliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore des leçons de Ténèbres.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de leçons de Ténèbres

Mes opéras préférés

LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ, de BRITTEN (1960)

Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) est un opéra de BRITTEN, composé d’après la pièce de SHAKESPEARE. Le livret est adapté par Britten et son compagnon le ténor Peter PEARS. Le rôle principal a été écrit pour le contre-ténor Alfred DELLER, qui a contribué à réhabiliter la musique de PURCELL, le dernier grand compositeur d’opéras anglais avant Britten.

Purcell Solitude (Deller)

Acte I : Les fées de la reine Tytania chantent (chœur d’enfants : « Over hill, over dale ») quand arrive Puck, qui annonce l’arrivée de son maître Obéron et de Tytania.

Britten A Misummer night's dream Over hill, over daleCliquez sur les fées (qui peut-être sont d’exquises danseuses)

Le roi des elfes, Oberon, est amoureux de Tytania, la reine des fées. Il est furieux car celle-ci a recueilli un enfant qu’il voulait prendre à son service, et leurs disputes incessantes génèrent bien des maux dans la nature. Oberon appelle le lutin Puck, et lui demande d’aller chercher une plante qui a le pouvoir de rendre amoureuse le premier être vivant que l’on rencontrera après son réveil, si on a versé son suc sur les paupières du dormeur.

Lysandre et Hermia arrivent. Ils ont fui Athènes, où Égée, le père d’Hermia, veut la marier à Demetrius (Duo : « How now my love »).

Britten A Misummer night's dream How now my loveCliquez sur Hermia et Lysandre

Survient Demetrius, lui-même poursuivi par les ardeurs d’Helena. Ils sortent tous et Puck arrive, porteur de l’herbe magique (Air : « I know a bank »).

Britten A Midsummer night's dream I know a bankCliquez sur Puck

Oberon lui recommande d’en verser le suc sur les yeux d’un Athénien endormi qu’il devrait trouver près d’Hermia.

Les artisans du village se rassemblent et se distribuent les rôles d’une pièce qu’ils comptent jouer pour le mariage de Thésée, quatre jours plus tard : la comédie de Pyrame et Thisbée. Ils se séparent et se donnent rendez-vous pour le soir.

Hermia et Lysandre reviennent, se jurant fidélité avant de s’endormir (Duo : Amen, amen). Puck voyant Lysandre endormi croit que c’est l’Athénien désigné par Oberon et le soumet au pouvoir de la plante. Helena revient, poursuivant toujours Demetrius, mais Lysandre se réveille à ce moment et, ouvrant les yeux sur elle, en tombe immédiatement amoureux. Ils sortent et Hermia, se réveillant à son tour, cherche son Lysandre.

Tytania revient et demande à ses fées de lui chanter une berceuse. Oberon s’approche et lui verse le suc de sa plante sur les paupières.

Acte II : Les artisans se réunissent le soir pour répéter leur pièce. Bottom, affublé d’une tête d’âne apparaît, mais c’est le moment où Tytania s’éveille et elle en tombe immédiatement amoureuse.

Demetrius poursuit Hermia, qui l’accuse d’avoir tué Lysandre. Oberon constatant l’erreur de Puck la corrige en approchant la fleur de ses yeux pendant son sommeil. Lysandre et Helena paraissent à leur tour, mais Démétrius s’éveillant tombe amoureux d’Helena. Hermia et Helena se rappellent leur amitié d’enfance alors que les hommes sont prêts à se battre. Le ton monte entre Helena qui traite Hermia de marionnette (Air d’Hermia : « Puppet ? Why so ! ») et leur amitié tourne en dispute.

Britten A Midsummer night's dream Puppet, why soCliquez sur Hermia

Obéron reproche à Puck de s’être trompé et lui demande d’annuler ses sortilèges, ce qu’il fait en les rendormant pour la nuit, bercés par le chœur des fées (Chœur : On the ground, sleep sound).

Britten A Midsummer night's dream On the groundCliquez sur l’image

Acte III : Oberon, qui a récupéré l’enfant, libère Tytania de son sort. Elle se réveille alors, aux côtés de Bottom et de sa tête d’âne, à son grand étonnement.

Britten A Midsummer night's dream When my cue comes, call meCliquez sur l’image

Ils sortent. Helena, Démétrius, Hermia et Lysandre se réveillent à leur tour (Quatuor : « Helena ! Hermia ! Demetrius ! Lysander !).

Britten A Midsummer night's dream Act III QuartettCliquez sur Helena, Hermia, Demetrius & Lysander

À son tour, Bottom se réveille, se rappelant le rôle qu’il doit jouer dans la pièce. Il veut demander à Peter Quince de lui écrire une chanson racontant son rêve. Les artisans se retrouvent, cherchant Bottom. Ils ont perdu l’occasion de plaire au duc, et donc un espoir de revenu. Bottom arrive, annonçant que la pièce est acceptée par le duc. Ils sortent se préparer pour le soir.

Thésée retrouve Hyppolita le soir où doivent être célébrées leurs noces, qu’il souhaite fastueuses. Le quatuor d’amants se présente devant le duc stupéfait de voir les anciens adversaires réunis. Ils expliquent ce qui leur est arrivé, et le duc décide de les marier le soir même, en même temps que ses propres noces. Quince vient présenter sa farce tragique au duc et à Hyppolita. Tout le monde veut voir cette pièce. Les artisans entrent en scène (ensemble : If we offend, it is with our good will) et la comédie (tragique) commence sous le regard amusé du sextuor. Enfin, on entend les douze coups de minuit, c’est l’heure des fées, l’heure d’aller au lit (ensemble : « Sleep well »). Les fées reviennent pour un chœur final.

Britten A Midsummer night's dream Act III FinaleCliquez sur l’image

Et si vous avez envie d’en entendre un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous avez envie d’en entendre un peu plus

Agenda Ironique, Contes et légendes, Mythologie

LES FÉES SONT D’EXQUISES DANSEUSES

« Les fées sont d’exquises danseuses », tel est le thème proposé par Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) pour l’Agenda Ironique d’avril 2022. Les contraintes étaient de glisser les termes archéoptéryx, palimpseste et calembredaine.

Fidèle à mon habitude, j’ai commencé par me gratter l’occiput en me demandant ce que je pourrais bien raconter sur ce thème très debussyste. J’ai commencé par imaginer un faux sonnet de MALLARMÉ Les purs ongles très haut de l’archéoptéryx, mais foin de calembredaine, j’ai vite renoncé devant l’ampleur de la tâche. N’est pas Mallarmuche qui veut.

J’ai alors repris mon grattage occiputal quand m’est arrivé un message de l’opéra de Lille, au sujet des animations qui auront lieu autour des prochaines représentations du Songe d’une nuit d’été de BRITTEN, et je me suis dit « Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) est une comédie féérique de SHAKESPEARE qui se passe au royaume des fées. Il y a un chassé-croisé amoureux entre deux couples d’humains, chassé-croisé manipulé par Obéron, le roi des elfes et Titania, la reine des fées, avec l’aide de Puck un esprit malicieux qui joue le rôle de Cupidon.

Cette comédie a inspiré bien des compositeurs, à commencer par PURCELL et son Fairy Queen (la Reine des fées).

Purcell the Fairy Queen Now the nightCliquez sur l’image

Vers la fin de sa vie, WEBER est parti à Londres pour écrire, en anglais, Oberon son dernier opéra.

Weber Oberon OuvertureCliquez sur le cor de Puck

L’adaptation la plus connue de la féérie de Shakespeare est sûrement celle de MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène destinée à accompagner les représentations théâtrales. De très nombreux ballets ont été écrits sur cette musique. Quelques musicologues chafouins ont avancé l’hypothèse que l’œuvre de Mendelssohn ne serait qu’un palimpseste de celle de Weber, mais des études plus poussées ont montré qu’il s’agit là d’une légende.

Mendelssohn le Songe d'une nuit dété Chœur des elfesCliquez sur le chœur des elfes

Très intéressant également est l’opéra du même nom que BRITTEN écrira avec l’aide de son ami Peter PEARS en 1960.

Britten a midsummer night's dream final (chœur des fées)Cliquez sur le chœur des fées

Plus près de nous, on peut encore noter El sueño de una noche de verano, une comédie musicale d’Astor PIAZZOLA.

Piazzolla El Sueno de una noche de veranoCliquez sur le bandeoniste

Et puisque cet article vient de la pièce de DEBUSSY les fées sont d’exquises danseuses (si, si, je vous assure), terminons avec Debussy et sa danse de Puck.

Debussy la Danse de PuckCliquez sur Debussy

Et pour voter pour votre histoire préférée, c’est ici.

Couleurs

JAUNE

Habituellement, quand je commence un billet sur une couleur, je vais voir ce qu’en dit le couleurologue distingué qu’était Arthur Arc-en-Ciel RIMBAUD dans son Sonnet des voyelles. Et là, rien, walou, nichts, niente, nothing, hiç ! Heureusement que j’ai de la ressource et qu’il y a le Bateau ivre, cet extraordinaire récit d’un éveil maritime dont on ne sait pas assez qu’il est foisonnant de couleurs.

C’est ainsi qu’il évoque l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs, ou encore ses fleurs d’ombres aux ventouses jaunes. Merci Arthur, je savais que je pouvais compter sur toi.

Après la couleurologie, voyons la vexillologie avec l’excellent site de John Duff (Jaune d’œuf ?). On y apprend que le jaune est une couleur joyeuse utilisée pour représenter la joie, la fête ou la chaleur. D’une manière plus figurative, elle représente le soleil ou parfois les champs de blé comme pour l’Ukraine. Elle peut également évoquer l’or, une richesse minérale pour la Colombie ou le Venezuela. Le jaune représente simplement les plages de sable, richesse touristique du pays, pour les Bahamas ou les Barbades.

Le jaune est une couleur chaude, c’est la couleur du soleil. C’est pourquoi de nombreuses religions s’y réfèrent pour les vêtements de leurs dignitaires. En Chine, l’empereur, le fils du ciel, s’habille en jaune. En Iran, c’est la couleur de Mithra, le fils du soleil, et dans le zoroastrisme, le nom Zoroastre signifie Astre d’or.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur l’image

En Egypte, c’est Horus, le fils d’Isis et d’Osiris qui incarne le soleil,

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Sarastro

et dans la Grèce antique, c’était Apollon, un fils de Zeus, qui conduisait le char du Soleil. On retrouve le blanc et le jaune dans les vêtements du pape, et le drapeau du Vatican porte justement ces deux couleurs.

Le jaune, c’est aussi la couleur de l’or, cette malédiction des pays qui en ont dans leur sous-sol. Que l’on pense aux civilisations qui se sont fait anéantir par d’autres désireuses de s’accaparer ce métal précieux.

indes galantes 2Cliquez sur l’image

Dans nos jardins et prairies au printemps, nombreuses sont les fleurs à se vêtir de jaune, tels les bouton d’ors, primevères ou autres jonquilles.

Le jaune peut aussi se faire nourricier, avec le blé les tournesols, voire les pissenlits.

En musique, le premier opéra de MASSENET s’intitulait la Princesse jaune.

Massenet La Princesse jaune OuvertureCliquez sur l’image

alors que dans sa première version, l’opérette Le Pays du sourire s’appelait la Tunique jaune.

Lehar Le pays du sourire Au salon d'une pagodeCliquez sur l’image

(Source principale [pour la partie symbolique] Encyclopédie des Symboles, la Pochothèque, le Livre de poche, 1996)

Retrouvez cidsous d’autres couleurs.

BLEU

BLANC

ROUGE

VERT

Agenda Ironique

AGENDA IRONIQUE D’AVRIL 2022

Pisque vous m’avez choisi pour animer l’Agenda Ironique d’avril 2022, voici le sujet que je vous propose (tant pis pour vous, il fallait réfléchir avant.)

Puisque je vous parlais hier de fées, je vous propose comme thème général « Les Fées sont d’exquises danseuses« , mais vous pouvez aussi travailler sur « L’effet son, d’exquises danses, heu(ses) » ou encore, si vous êtes cyclistes, « Les fesses ont d’exquises danseuses ».

Il vous faudra glisser ici ou là quelque heureuse homophonie, et si vous réussissez à glisser les mots calembredaine, palimpseste et archéoptéryx, vous gagnerez les félicitations du jury.

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie, boustrophédon… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Voilà, à vous de jouer (et à moi aussi, par la même occasion). Vous avez jusqu’au 25 avril pour soumettre vos propositions.

Debussy les Fées sont d'exquises danseusesCliquez sur l’image, ce n’est pas une calembredaine