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FAUST, de GOUNOD (1859)

Cet opéra de GOUNOD comporte un des airs les plus connus du répertoire grâce à… HERGÉ, qui a fait de l’Air des bijoux le morceau favori de sa cantatrice Bianca Castafiore, alias le rossignol milanais.

castafiore

Gounod, qui connaissait l’œuvre de GOETHE depuis sa jeunesse, a composé son opéra sur un livret des duettistes Barbier et Carré. Le Faust de Gounod est un des opéras les plus joués au monde.

L’argument en est celui de Faust qui, au début du premier acte, s’interroge sur l’inanité de sa vie passée à la recherche de la connaissance. Méphistophélès qu’il invoque lui promet tout ce qu’il veut. Faust demande la jeunesse, et Méphisto la lui promet en échange de son âme.

Au début du second acte, lors d’une kermesse villageoise, Valentin qui s’apprête à partir à l’armée confie sa sœur Marguerite à Dieu.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur l’image

Méphistophélès apparaît et entonne son air Le veau d’or est toujours debout, rappelant que c’est toujours le diable qui mène la danse. Faust entre, cherchant Marguerite que Méphisto lui avait fait voir. Une valse commence sur la place du village.

Le veau dor est toujours deboutCliquez sur l’image

Au troisième acte, Faust salue la demeure de Marguerite (Salut, demeure chaste et pure). Méphisto se moque de son idéalisme et dépose sur le seuil de Marguerite un coffret rempli de bijoux. Marguerite arrive en chantant sa ballade du roi de Thulé. Découvrant  le coffret, elle l’ouvre et chante son fameux air des bijoux.

il était un roi de thuléCliquez sur l’image

Au début du quatrième acte, nous retrouvons Marguerite qui a donné naissance à l’enfant qu’elle a eu avec Faust, qui depuis l’a quittée. Valentin revient de la guerre (chœur : Gloire immortelle de nos aïeux). Il veut voir sa sœur et entre dans la maison. Faust arrive alors avec Méphisto qui chante une sérénade à Marguerite (Vous qui faites l’endormie). Valentin sort et se bat en duel avec Faust, mais c’est Faust qui l’emporte. Valentin maudit sa sœur avant de mourir.

Au cinquième acte, Marguerite veut aller prier à l’église, mais elle en est empêchée par Méphisto et ses diables, condamnée qu’elle est à l’enfer. Méphisto transplane Faust à la prison où se trouve Marguerite pour avoir tué son enfant. Quand elle apprend que Faust a signé un pacte avec le diable, elle demande le pardon divin et meurt (Anges purs, anges radieux). Son âme est accueillie au ciel par un chœur d’anges.

anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, littérature, Mythologie, Philosophie, Valse

LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Fantaisie, littérature, Mallarmé, Poésie

LA THÉORIE DES CYGNONS FAIBLES

En découvrant en bord de Seine trois cygnons tout juste sortis de l’œuf suivre en file (en théorie) leurs parents, je me suis interrogé sur la représentation des cygnes à l’opéra.

J’ai immédiatement pensé à Lohengrin, le chevalier mystérieux qui donne son nom à un opéra de Wagner, et qui arrive dans une nacelle tirée par un cygne. On apprend à la fin de l’œuvre que Lohengrin est le fils de Parsifal. Or dans Parsifal, autre opéra de Wagner, le héros tue au premier acte un cygne, animal pur et sacré, ce qui l’exclut de la découverte du mystère du Graal. (Je reviendrai bien sûr dans d’autres billets sur Lohengrin et Parsifal.)

Lohengrin adieuxCliquez sur le disque

Le cygne de Pesaro est le surnom que l’on donnait à Rossini, compositeur originaire de Pesaro. Ce surnom est dû au chant du cygne, dont on dit qu’au moment de mourir, le cygne produit un chant particulièrement beau et touchant.

Autre compositeur, Schubert, dont les opéras ne sont pas restés au répertoire (la faiblesse de ses livrets les rend difficiles à monter). Le chant du cygne (Schwanengesang) est le titre d’un recueil de lieder que son éditeur a publié à titre posthume.

Schubert StändchenCliquez sur l’image

Légèrement en marge de l’opéra, le Lac des cygnes est un des ballets les plus populaires de Tchaïkovski. Quand Nadejda von Meck, la riche mécène qui a « subventionné » Tchaïkovski pendant des années l’abandonnera, elle se tournera vers un jeune compositeur français, un certain Claude Debussy, et lui commandera justement une transcription pour piano du Lac des cygnes.

le lac des cygnesCliquez sur l’image

De Debussy à Mallarmé, il n’y a qu’un pas, ce qui me permet d’arriver au sonnet Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, que Mallarmé a écrit, comme d’autres écrivains de son époque, sur le sort d’un cygne qui s’était trouvé pris dans les glaces à Paris pendant un hiver particulièrement rude. Ce poème fait partie de ceux mis en musique par Pierre Boulez dans Pli selon pli, hommage à Mallarmé.

Et je ne peux pas consacrer un billet aux cygnes sans parler du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, et de sa très belle page pour violoncelle appelée Le Cygne.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

En 1895, dans son épopée Lemminkäinen tirée du Kalevala nordique, Sibelius nous a offert ce très beau Cygne de Tuonela.

Sibelius le Cygne de TuonelaCliquez sur le cygne

Dans le Conte  du tsar Saltan (1905), de Rimski-Korsakov, le jeune héros Gvidon tue un vautour qui pourchassait un cygne. Il s’avère que ce cygne était une princesse, et à la fin de l’opéra, Gvidon et la princesses se marient !

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Ty, tsarevitch, moy spasitelCliquez sur le cygne (qui est en fait une princesse)

Mais revenons à nos grosses boules de duvet. Comme on le sait depuis Andersen, un jeune cygne évoque plus un vilain petit canard que l’animal majestueux qu’il est en devenir. Et ce passage par Andersen me permet d’évoquer La petite sirène, qui inspirera (avec Ondine) le livret de Rusalka, de Dvorak.

Et récemment, j’ai déocuvert cette très belle mélodie, les Cygnes, de la compositrice Rita Strohl.

Strohl les CygnesCliquez sur l’image

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

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SHAKESPEARE (1564-1616) ET L’OPÉRA

Shakespeare par Adrian

L’invention de l’opéra (l’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607) est contemporaine de l’invention du théâtre contemporain par SHAKESPEARE (1564 – 1616). Elle est aussi contemporaine de l’invention du roman par CERVANTES avec son Don Quichotte, j’y reviendrai dans un autre billet.

Son œuvre a abondamment inspiré les compositeurs d’opéra. Notamment, Le Songe d’une nuit d’été (1600) a inspiré PURCELL avec The Fairy Queen (1692), WEBER avec Obéron (1826), MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène pour cette œuvre, Ambroise THOMAS avec Le Songe (1850) et jusqu’à BRITTEN avec son opéra datant de 1960.

Autre pièce abondamment mise en musique, Roméo et Juliette qui a inspiré  BELLINI (1830), BERLIOZ avec sa symphonie dramatique du même nom écrite en 1839, GOUNOD et son grand opéra de 1867, TCHAIKOVSKI et son ouverture Fantaisie de 1869, PROKOFIEV et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

gounod roméo et juliette a lève toi soleilCliquez sur l’image

Hamlet (1603) a inspiré Ambroise Thomas en 1868, mais aussi LISZT avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et CHOSTAKOVITCH qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

D’autres pièces encore ont été adaptées à l’opéra, telles que La Tempête (Purcell 1695) (ADÈS 2005),  Otello (Rossini en 1816 et Verdi en 1887), Le Roi Lear (Berlioz 1831, Chostakovitch 1941, REIMANN 1978), Falstaff (Verdi 1892) ou encore A.Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff dans son Songe d’une nuit d’été.

verdi otello acte IVCliquez sur Desdémone

Enfin, je m’en voudrais de ne pas citer le Béatrice et Bénédict (1862), de Berlioz, d’après la pièce Beaucoup de bruit pour rien.

Retrouvez quelques éléments biographiques supplémentaires en cliquant sur ce lien.