Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Stéphane MALLARMÉ ET LA MUSIQUE

Si les poëmes (sic) de Mallarmé n’ont pas inspiré directement d’opéra, le rôle du Prince des poètes (titre qui lui a été décerné après la mort de Verlaine, le précédent récipiendaire) dans le milieu des arts de son époque n’est pas négligeable, et trop souvent ignoré.

Stéphane Mallarmé naît à Paris le 18 mars 1842.

Dans le domaine musical, la mise en musique de ses vers la plus connue est le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) par Claude Debussy (1862-1918), pièce qui sera rapidement adaptée pour la danse par les Ballets russes de DIAGHILEV.

debussy prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Ravel (1875-1937) a comme Debussy déposé des mélodies sur les vers de Mallarmé (Trois poèmes de Mallarmé). Pierre Boulez (1925-2016) a lui écrit Pli selon pli, portrait de Mallarmé (1960) sur cinq poèmes de Mallarmé.

En tant que chef d’orchestre, les représentations wagnériennes de Boulez à Bayreuth sont entrées dans la légende, et à propos de Wagner (1813-1883), Mallarmé faisait partie du cercle de ses premiers admirateurs français. Il lui a rendu hommage dans son poëme Hommage (Le silence déjà funèbre d’une moire…).

À la fin de sa vie, Mallarmé recevait dans son salon peintres (Monet, Manet…), musiciens (Debussy, Saint-Saëns…), écrivains (Hugo, Verlaine, Rimbaud…). Auteur dès 1864 de fragments d’un drame biblique, Hérodiade, il reçoit en 1891 Oscar Wilde qui écrit sur le même sujet cette même année, et en français, sa pièce Salomé qui sera adaptée à l’opéra par le post-wagnérien Richard Strauss en 1905.

strauss salomé danse des 7 voilesCliquez sur Salomé

Mais ce n’est pas tout, grand admirateur d’Edgar Allan Poe, Mallarmé traduira de nombreux textes de cet auteur, dont le célèbre Corbeau (Une fois par un minuit lugubre), et écrira Le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change…). Or Debussy travaillera à la fin de sa vie à un opéra d’après La Chute de la maison Usher, de Poe, qu’il laissera inachevé à sa mort en 1918.

Et pour finir sur les liens tissés entre ces génies, comment ne pas penser à ce vers du Tombeau d’Edgar Poe : Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur à propos du personnage de Mélisande dans le Pelléas et Mélisande de Debussy.

Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à vavins, à l’âge de 56 ans.

Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :

Apparition

Brise marine

Oh si chère de loin, et proche et blanche, si…

La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

Remémoration d’amis belges

Le nuage (1859)

Quand l’ombre menaça de la fatale loi (1883)

Le Pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Sainte

Hommage

M’introduire dans ton histoire (1886)

Renouveau (1866)

Au seul souci de voyager (1898)

Le tombeau de Charles Baudelaire

Tombeau (de Verlaine) (1896)

Le Vierge, le vivace et le bel aujoud’hui

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

Écrivains, littérature, Shakespeare

SHAKESPEARE (1564-1616) ET L’OPÉRA

Shakespeare par Adrian

L’invention de l’opéra (l’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607) est contemporaine de l’invention du théâtre contemporain par SHAKESPEARE (1564 – 1616). Elle est aussi contemporaine de l’invention du roman par CERVANTES avec son Don Quichotte, j’y reviendrai dans un autre billet.

Son œuvre a abondamment inspiré les compositeurs d’opéra. Notamment, Le Songe d’une nuit d’été (1600) a inspiré PURCELL avec The Fairy Queen (1692), WEBER avec Obéron (1826), MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène pour cette œuvre, Ambroise THOMAS avec Le Songe (1850) et jusqu’à BRITTEN avec son opéra datant de 1960.

Autre pièce abondamment mise en musique, Roméo et Juliette qui a inspiré  BELLINI (1830), BERLIOZ avec sa symphonie dramatique du même nom écrite en 1839, GOUNOD et son grand opéra de 1867, TCHAIKOVSKI et son ouverture Fantaisie de 1869, PROKOFIEV et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

gounod roméo et juliette a lève toi soleilCliquez sur l’image

Hamlet (1603) a inspiré Ambroise Thomas en 1868, mais aussi LISZT avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et CHOSTAKOVITCH qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

D’autres pièces encore ont été adaptées à l’opéra, telles que La Tempête (Purcell 1695) (ADÈS 2005),  Otello (Rossini en 1816 et Verdi en 1887), Le Roi Lear (Berlioz 1831, Chostakovitch 1941, REIMANN 1978), Falstaff (Verdi 1892) ou encore A.Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff dans son Songe d’une nuit d’été.

verdi otello acte IVCliquez sur Desdémone

Enfin, je m’en voudrais de ne pas citer le Béatrice et Bénédict (1862), de Berlioz, d’après la pièce Beaucoup de bruit pour rien.

Retrouvez quelques éléments biographiques supplémentaires en cliquant sur ce lien.