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LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (XVIIIe siècle)

Après vous avoir narré dans le détail les morts des héroïnes ou des héros (on meurt beaucoup à l’opéra), il va être temps pour moi de passer à quelque chose de plus heureux.

Je vais ici vous proposer quelques-uns des plus beaux duos d’amour (on aime beaucoup à l’opéra.) Et comme on aime beaucoup à l’opéra, je vais avoir beaucoup de duos à vous proposer et il y aura donc d’autres billets sur ce thème.

Dans Jules César en Égypte (1724), HAENDEL fait chanter ce beau duo à César et Cléopâtre.

jules césar duoCliquez sur l’image

VIVALDI en 1727 fait chanter ce beau duo entre Angélique et Médor dans Orlando furioso. Toute ressemblance avec le duo précédent ne saurait être que fortuite.

orlando furioso duoCliquez sur l’image

En 1733, c’est RAMEAU qui fait se jurer amours éternelles à ses héros dans Hippolyte et Aricie.

hippolyte et Arycie duoCliquez sur l’image

Et en 1735, c’est un double duo (un quatuor donc) qu’il nous offre dans Les Indes galantes.

les indes galantes quatuorCliquez sur l’image

En 1780, Mozart dans Idoménée écrit le duo « T’amo, t’adoro ».

 

idoménée duoCliquez sur l’image

Dans Don Giovanni (1787), vous pouvez écouter le « La ci darem la mano ».

don giovanni la ci daremCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Et dans La Flûte enchantée (1791), il y a le duo comique entre Papageno et Papagena qui se trouve à la fin de l’opéra : « Papageno, Papagena ».

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno et Papagena

Retrouvez d’autres duos d’amour, ceux des années 1800 – 1850.

 

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BAGUES ET ANNEAUX (Saint-Valentin)

​En ce 14 février, jour d’une fête destinée à faire du fric avec l’amour, il m’est paru opportun de vous parler bagues et anneaux. En effet, il est souvent question d’amour dans les opéras, et traditionnellement, les bagues (de fiançailles, de mariage) en sont un symbole.

Il n’est donc pas étonnant de trouver ces symboles dans l’univers de l’opéra.

Ainsi, dans La Somnambule (1831) de BELLINI, le héros Elvino donne à l’héroïne Amina une bague qu’il tenait de sa mère.

la somnambule duoCliquez sur l’image

Dans Carmen de BIZET, Don José donne une bague à Carmen. Et c’est en la lui jetant à la fin de l’opéra qu’elle scelle son destin.

carmen bagueCliquez sur l’image

Dans le Faust de GOETHE, Méphistophélès conseille à Faust de promettre le mariage à Marguerite. À l’opéra, cela nous donne dans La Damnation de Faust de BERLIOZ la sérénade de Méphisto et dans le Faust de GOUNOD l’air Vous qui faites l’endormie avec son célèbre rire méphistophélique.

vous qui faites l'endormieCliquez sur l’image

Dans Pelléas et Mélisande de DEBUSSY, Mélisande se penchant sur une fontaine laisse tomber sa bague dans l’eau, provoquant la fureur de son mari Golaud quand il s’aperçoit  de cette disparition.

pelléas anneauCliquez sur l’image

La symbolique de l’anneau gage d’amour est renversée dans L’anneau de Nibelung de WAGNER. Au début de l’Or du Rhin, c’est en renonçant à l’amour qu’Albérich peut voler l’or gardé par les filles du Rhin. Avec cet or, il fait forger un anneau, mais quand Wotan, le dieu en chef lui vole cet anneau, Albérich le maudit, celui qui portera l’anneau deviendra esclave de l’anneau…

Il existe une autre catégorie d’anneaux que l’on trouve dans les opéras, ce sont les anneaux magiques ou enchantés, mais ça, c’est pour un autre billet.

Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

ONDINES ET NAÏADES (LES FILLES DE L’EAU)

​Les filles de l’eau, sirènes, ondines, naïades, appartiennent à l’imaginaire populaire, et ceci quel que soit le lieu et quelle que soit l’époque. Il n’est dès lors pas étonnant d’en trouver sur les scènes d’opéra.

Les sirènes, dans la mythologie grecque, étaient des créatures marines mi-femmes, mi-oiseaux. Musiciennes, elles étaient dotées d’une voix telle que quand un marin les entendait, il était fatalement attiré vers elles et se noyait. (Eh oui, il était difficile de résister au chant des sirènes.) On trouve ainsi un duo de sirènes dès le King Arthur(1691) de PURCELL (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».

how happy the loversCliquez sur l’image

La compositrice Lili BOULANGER (1893 – 1918) a écrit une pièce intitulée Les Sirènes.

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

C’est aussi le cas de Cécile Chaminade (1857-1944).

Chaminade les SirènesCliquez sur l’image

Créatures vivant en eau douce (près des sources ou dans les rivières), on retrouve les naïades de la mythologie grecque dans les mythologies germaniques sous le nom d’ondines.

Alors que Richard STRAUSS met en scène une ondine dans son Ariane à Naxos, c’est l’adaptation romantique qu’en fait E.T.A. HOFFMANN dans son opéra Ondine qui connaîtra le plus d’avatars puisque TCHAÏKOVSKI écrit un opéra de ce titre (qu’il brûlera devant le peu de succès rencontré par cette œuvre), et surtout DVORAK avec sa Rusalka.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’ondine Rusalka

En 1845, LORTZING écrit un opéra romantique magique, Undine.

Lortzing UndineCliquez sur l’image

À l’époque préromantique, il y a eu une supercherie littéraire autour de l’œuvre du barde celtique OSSIAN. Dans ces légendes celtiques apparaît la vierge d’Inistore, qui a été mise en musique par SCHUBERT et BRAHMS.

SCHUBERT, La fille d’Inistore D281.

Vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir c’est pour moi de pouvoir mettre du Brahms, un de mes compositeurs préférés, sur ce blog. Et en plus un de mes morceaux favoris (chanté par le Chœur de Chambre du Conservatoire de Lille quand j’y étais, à la fin du millénaire dernier) et proposé ici sous la direction de Frieder BERNIUS, très grand chef de chœur avec qui j’ai eu l’ineffable joie de chanter du… Brahms.

BRAHMS, Gesang aus Fingal, opus 27.

brahms berniusCliquez sur l’image

On trouve aussi des créatures de l’eau sur le Rhin, l’une des plus connues étant la Lorelei, dont le mythe a été popularisé par les romantiques BRENTANO et HEINE. L’histoire de la Lorelei a été abondamment mise en musique, notamment par LISZT et Clara SCHUMANN et il y a même une opérette d’OFFENBACH et un opéra de CATALANI portant ce titre.

De non moins fameuses nixes (les nymphes allemandes) sont les filles du Rhin que l’on retrouve dans L’Or du Rhin de WAGNER (attention, ça commence pianissimo avant de monter progressivement).

On retrouve ces mêmes filles du Rhin à l’issue des 15 heures de l’Anneau du Niebelung. En gros, au début de l’Or du Rhin, les filles du Rhin qui étaient les gardiennes de l’Or du Rhin se le font voler par Alberich (le niebelung) qui pour cela doit renoncer à l’amour. (C’est amour contre richesse, quoi). Avec l’or, Alberich fait forger un anneau magique qui confère le pouvoir à celui qui le possède. Wotan, le dieu en chef le lui vole, et Alberich prononce alors une terrible malédiction sur l’anneau, quiconque le possédera mourra. Wotan doit le céder à deux géants, qui commencent par se tuer (ou plutôt l’un tue l’autre). C’est le début de la malédiction de l’anneau. Wotan veut récupérer l’anneau, mais pour cela seul un être libre peut le faire. C’est très nietzschéen tout ça. (Et attention spoiler, cet être c’est Siegfried). À la fin du Crépuscule des dieux, la walkyrie Brünnhilde fait un bûcher pour brûler le corps de Siegfried, lance l’anneau maudit dans le Rhin et se jette dans le bûcher pour mourir avec son héros. Les filles du Rhin provoquent alors la montée des eaux qui met fin au Walhalla, la demeure des dieux, et ouvre la voie au règne des hommes.

crépuscule finalCliquez sur l’image

Enfin, après cet apocalyptique final, offrons-nous un peu de calme avec Ondine, une pièce pour piano de Maurice RAVEL, extraite de Gaspard de la nuit.

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Les histoires d’amour finissent mal… (3)

Après avoir laissé Aïda et Radamès emmurés vivants à la fin du billet consacré à Aïda, il me revient que je vous avais promis une troisième livraison de la série « Les histoires d’amour finissent mal… ». Après donc avoir examiné les plus belles morts d’héroïnes et les plus belles morts de héros, voici le troisième volet consacré à la mort, celui où l’héroïne et le héros meurent ensemble.

Rassurez-vous, pour alléger l’atmosphère, je vais me mettre très prochainement à un billet sur les plus beaux duos d’amour.

Dans l’acte fondateur de l’opéra, l’Orfeo (1607) de MONTEVERDI, ce n’est pas vraiment dans la mort qu’Orphée rejoint son Eurydice définitivement retournée au royaume des morts perdue, mais dans une apothéose puisque son père Apollon le fait monter au ciel pour lui offrir l’immortalité.

Ensuite viennent environ deux siècles, baroques, où l’on ne meurt pas beaucoup car cela ne se faisait pas de représenter la mort sur scène.

Il faut attendre le début du XIXe siècle et le romantisme pour que l’on se mette à mourir en scène. Ainsi à la fin de Norma (1831) de BELLINI, la grande prêtresse gauloise Norma, qui a perdu l’amour du père de ses enfants le romain Pollione, choisit de mourir sur le bûcher avec lui.

Dans le Vaisseau fantôme (1842) de WAGNER, le Hollandais volant, qui espérait avoir l’amour sincère d’une mortelle, Senta en l’occurrence, repart errer sans fin sur les flots, ce qui est une sorte de mort au-delà de la mort. Mais Senta se précipite à sa suite dans les flots, et rachète ainsi de sa propre mort la malédiction éternelle du Hollandais.

Au dernier acte de Tristan und Isolde de WAGNER, après la mort de Tristan, Isolde ne peut lui survivre et meurt d’amour pour son Tristan, c’est le fameux LiebesTod, la mort d’amour.

Dans Roméo et Juliette de Gounod, Roméo se suicide devant le corps inanimé de Juliette. Quand celle-ci sort de sa mort artificielle pour retrouver son Roméo, elle se donne la mort pour le retrouver.

roùeo et juliette finalCliquez sur l’image

Dans Aïda de VERDI, une variation sur le thème de Roméo et Juliette puisque Radamès est général égyptien et Aïda la fille du général éthiopien ennemi. Leur amour est donc un amour impossible. À la fin de l’œuvre, les deux amants sont emmurés vivants et meurent ensemble.

À la fin du Crépuscule des dieux (1874) de Wagner, Siegfried est lâchement assassiné par Gunther. La walkyrie Brünnhilde dresse alors un bûcher pour brûler son corps, puis l’ayant embrasé se jette dedans avec son cheval.

gotterdammerung finalCliquez sur l’image

Dans Otello (1886) de VERDI, Otello maladivement jaloux étrangle sa femme Desdémone, puis, apprenant qu’il a été trompé par le traitre Iago, se suicide sur le corps de sa femme.

otello final

Enfin, dans Tosca (1899) de PUCCINI, l’héroïne Floria Tosca se suicide sur le corps de son amant Caparadossi quand elle se rend compte que le simulacre d’exécution qui devait lui permettre de prendre la fuite avec lui était en fait un simulacre de simulacre d’exécution, et que Caparadossi a été réellement exécuté.

tosca finalCliquez sur l’image

Bande dessinée, Divers, Géographie, histoire, Shakespeare

L’ÉGYPTE ET L’OPÉRA

Après le billet consacré à Aïda de VERDI, je vais faire un zoume sur la représentation que l’Occident s’est faite de l’Égypte antique à l’opéra. J’en ai eu l’idée en écoutant une passionnante émission sur l’Égypte et l’opéra sur la chaîne Canal Académie.

En 1723, HAENDEL met en musique Jules César en Égypte, qui raconte la rencontre entre Jules César et Cléopâtre, et en 1737, alors qu’il avait abandonné la production d’opéras pour se consacrer à l’écriture d’oratorios, il écrit Israël en Égypte.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur Cornélie et Sextus

Si le livret de SCHIKANEDER ne mentionne pas explicitement que l’action de La Flûte enchantée (1791) de MOZART se passe en Égypte, la question ne se pose pas pour de nombreux metteurs en scène, surtout à cause du fameux air de basse « O Isis und Osiris ».

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

En 1807, MÉHUL écrit La légende de Joseph en Égypte, opéra tiré d’un sujet biblique racontant la fuite en Égypte.

joseph laurence daleCliquez sur l’image

En 1818, ROSSINI écrit son Moïse en Égypte. Cet opéra sera adapté en français par Rossini en 1827 sous le titre Moïse et Pharaon, le passage de la mer Rouge.

Rossini Moïse en ÉgypteNe cliquez pas sur l’image

En 1869, VERDI reçoit d’Égypte une commande pour un opéra, à l’occasion de l’ouverture du canal de Suez et de l’inauguration de l’opéra du Caire en 1869. Écrit sur un livret de l’égyptologue MARIETTE, Verdi compose une de ses œuvres les plus connues, l’opéra péplum Aïda, qui ne sera finalement créé qu’en 1871.

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur la scène finale d’Aïda

MASSENET y est allé de son opéra égyptien, avec Thaïs (1894), dont on joue encore la célèbre méditation pour violon.

En 1914, les Ballets russes montent La Légende de Joseph, une œuvre commandée à Richard STRAUSS. Celui-ci reviendra en Égypte en 1925 – 1926 avec Hélène d’Égypte.

1914 est aussi l’année de composition de Mârouf, savetier du Caire, un opéra-comique de Henri RABAUD, d’après un conte des Mille et une nuits.

En 1920, le compositeur Florent SCHMITT écrit une musique de scène pour la pièce Antoine et Cléopâtre de SHAKESPEARE.

Arnold SCHOENBERG commence en 1932 un opéra, Moïse et Aaron, qui restera inachevé et ne sera créé qu’en 1954.

Le baryton et auteur de bande dessinée E.P.JACOBS s’est servi de l’imaginaire égyptien dans un de ses chefs d’œuvre : Le secret de la grande pyramide au début des années 50, soit à peine 30 ans après la découverte du tombeau de Toutankhamon.

Et le pape du minimalisme Philip GLASS écrit Akhnaten (Akhénaton) en 1983.

Glass Akhnaten The Window of AppearancesCliquez sur l’image

Divers, histoire

Mouvements sociaux et opéra

Alors qu’a eu lieu ce 19 janvier 2019 l’acte X du mouvement Les Gilets jaunes, on me demande si l’opéra a traité des mouvements sociaux.

Je vais essayer ici de répondre à cette excellente question (merci Frédéric).

Jusqu’au XVIIIe siècle, les sujets d’opéra étaient tirés essentiellement de la mythologie, et les questions sociales n’étaient donc pas (ou peu) traitées.

Une exception nous vient d’Angleterre, pays pourtant peu réputé pour son art lyrique, avec le Beggars’opera (L’opéra des gueux) (1728) qui constitue une violente satire politique et sociale.

À partir de la moitié du XVIIIe siècle, les choses changent avec l’apparition des philosophes et penseurs comme Voltaire ou Rousseau en France, ou Schiller en Allemagne.

Ainsi, Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro met en scène le petit peuple représenté par Figaro, valet du comte Almaviva. Dans Le Nozze di Figaro (1786), adaptation de Mozart, le comte qui a des vues sur Suzanne, elle-même femme de chambre de la comtesse, se fait remettre à sa place par Figaro qui lui rappelle qu’il a aboli le droit de cuissage.

mozart se vuol venireCliquez sur Figaro

Bien entendu, la Révolution française a suscité musique et opéras.

L’influence de Schiller dans le mouvement d’émancipation des peuples, il s’agit ici d’émancipation politique, pas encore sociale, apparaît dans des opéras tels que Guillaume Tell, de Rossini, ou les Brigands de Verdi. Beethoven dont on sait l’attachement farouche à la liberté a d’ailleurs mis en musique l’hymne à la joie pour le final de sa IXe symphonie.

Lors d’une représentation de La Muette de Portici d’Auber à Bruxelles en 1830, le grand air « Amour sacré de la Patrie » a donné le départ de la révolution belge ayant abouti à la création de ce pays.

Auber la Muette de Portici amour sacré

Verdi lui-même était très engagé dans le mouvement qui devait libérer l’Italie du joug autrichien. VERDI était d’ailleurs devenu l’acronyme de Victor Emmanuel, Roi DItalie.

Wagner, l’exact contemporain de Verdi, a fait le coup de poing en compagnie de Bakounine sur les barricades de Dresde en 1848. Cette participation aux émeutes lui vaudra de longues années d’exil. Nourri de la pensée de Schopenhauer, on trouve des éléments de son idéal révolutionnaire dans sa trilogie avec prologue L’Anneau du Niebelungen, qui voit disparaître la race des dieux au profit des hommes, un des nombreux thèmes abordés étant d’ailleurs la recherche d’un être qui soit totalement libre.

Victor Hugo a raconté les mouvements du peuple dans Les Misérables. L’adaptation de son roman en comédie musicale a été un des plus grands succès de ce genre.

hugo les MisérablesCliquez sur Cosette

Un des successeurs d’Hugo pour la description de la vraie vie des gens, Émile Zola,  a travaillé avec Bruneau pour des opéras naturalistes, adaptant notamment Le Rêve, d’après le cycle des Rougon-Macquart.

Plus tard au XXe siècle, Kurt Weill et son Opéra de quat’sous, sur un livret de Bertold Brecht, a continué à décrire la vraie vie des vraies gens.

Divers, Histoire de l'opéra

LES BALLETS RUSSES

Quel est le point commun entre ces compositeurs d’opéra : STRAVINSKY, PROKOFIEV, R.STRAUSS, RAVEL, DEBUSSYSATIE, POULENC ou DE FALLA ?

La réponse est dans le titre de ce billet, tous ces compositeurs ayant écrit de la musique pour les ballets russes de DIAGHILEV (1872 – 1929) au début du siècle dernier.

La compagnie des Ballets russes a été fondée en 1909 à Saint-Pétersbourg. À ses débuts, elle se contentait de monter des ballets sur des musiques déjà existantes, permettant ainsi de faire connaître au public occidental la musique de compositeurs tels que MOUSSORGSKI ou RIMSKI-KORSAKOV au travers de leurs tournées.

Très vite, elle passe commande de musiques originales à à peu près tout le milieu de la musique contemporaine de l’époque.

C’est ainsi qu’en 1910 a lieu la création de L’Oiseau de feu de Stravinsky.

En 1911, c’est Pétrouchka du même Stravinsky. En 1912, pas moins que L’après-midi d’un faune de Debussy et Daphnis et Chloé une commande originale passée à Ravel.

1913 est l’année du retentissant scandale du Sacre du Printemps (29 mai), au théâtre des Champs-Élysées alors tout juste inauguré, mais c’est aussi celle de la création de Jeux (le 15 mai) de Debussy (le 15 mai).

Stravinsky Le Sacre du printempsCliquez sur l’image

1914 est l’année de la création de la Légende de Joseph, de Richard Strauss.

En 1917, ce sera Parade de Satie, sur un texte de COCTEAU et avec les décors, costumes et rideau de scène de PICASSO. Pour la petite histoire, c’est dans le texte de présentation qu’APOLLINAIRE a rédigé pour Parade qu’il a introduit le mot sur-réaliste.

rideau_picasso_parade2Cliquez sur l’image

En 1919, les ballets russes monteront le Tricorne de De Falla. Là aussi, les costumes et décors sont de Picasso.

Les années suivantes verront les créations du Chant du rossignol, de Renard, de Mavra, de Pulcinella et des Noces, toutes œuvres de Stravinsky, mais également des Biches de Poulenc, les décors et les costumes étant de Marie LAURENCIN.

les biches poulenc.pngCliquez sur l’image

En 1921, c’est la création de Chout le bouffon de Prokofiev, qui avait fréquenté dans sa jeunesse les soirées musicales de Diaghilev à Moscou, y rencontrant alors Debussy et le jeune Stravinsky.

1929 est la dernière année des ballets russes, qui ne survivront pas à son fondateur. Ce sera l’année de la création du Fils prodigue de Prokofiev.

Rétrospectivement, je trouve très impressionnant le nombre de pièces majeures ainsi créées en vingt ans.

Anniversaire, Divers, Histoire de l'opéra, Valse

LES ANNIVERSAIRES DE 2019

Voici quelques anniversaires que l’on pourra célébrer en 2019 (ou quelques événements que l’on pourra commémorer) :

Il y a 350 ans, en 1669, l’abbé PERRIN obtenait le privilège royal d’établir une Académie d’Opéra pour « y représenter et chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & vers François, pareilles & semblables à celles d’Italie ». Cette Académie d’Opéra existe encore de nos jours sous le nom d’Opéra de Paris.

Il y a 275 ans décédait André Campra (1660 – 1744), l’auteur du premier opéra-ballet avec l’Europe galante.

campra

Il y a 200 ans naissait Jacques OFFENBACH (1819 – 1880), le roi de l’opérette.

offenbach

1819 est aussi l’année de composition de l’Invitation à la valse de WEBER et de la Dame du Lac (La Donna del lago), de ROSSINI.

En 1844, il y a 175 ans, naissait Nicolas RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908).

rimski-korsakov

1844 est aussi l’année de création de I due Foscari de VERDI et de l’ouverture du Carnaval romain de BERLIOZ. Restons avec Berlioz puisque celui-ci est mort il y a 150 ans, en 1869.

berlioz(Hector Berlioz, ouverture du carnaval romain)

Son contemporain, moins connu en France, DARGOMYJSKI (1813 – 1869) a écrit Esméralda (1839), d’après Victor HUGOLa Rusalka (1855), d’après POUCHKINE, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le Convive de Pierre, d’après le Don Juan de POUCHKINE, et qui sera terminé par CUI et Rimski-Korsakov.

dargomyjski.pngDargomyjski

1869 est aussi l’année de la première version de Boris Godounov, de MOUSSORGSKI, et de Roméo et Juliette de GOUNOD.

En 1894, il y a 125 ans, mourrait CHABRIER (1841 – 1894), l’auteur de l’Étoile.

1894 est aussi l’année où DEBUSSY a commencé Pelléas et Mélisande, et écrit son Prélude à l’après-midi d’un faune, alors que MASSENET écrit Thaïs et Cendrillon.

En 2019, nous célébrerons le centenaire de la mort de LEOCAVALLO (1857 – 1919), l’auteur de Paillasse (Pagliacci) en 1892.

Ce seront aussi les centenaires de l’Amour des 3 oranges de PROKOFIEV, du début de Katia Kabanova de JANACEK ainsi que de l’Enfant et les sortilèges de RAVEL. Le même Ravel écrit La Valse alors que l’on a créé La Femme sans ombre de Richard STRAUSS (écrit en 1917).

Enfin, il y a 75 ans, Benjamin BRITTEN réinventait l’opéra anglais avec Peter Grimes alors qu’il y a 50 ans, d’autres Anglais, les WHO, donnaient naissance à leur opéra-rock Tommy.

tommy the who.pngTommy Overture

Et pour les anniversaires de 2020, c’est ici.

Divers, Valse

VOUS CHANTIEZ ? EH BIEN, VALSEZ MAINTENANT !

.. comme ne l’a pas dit ce bon monsieur de La FONTAINE, auteur de fables et de contes, pas que pour les enfants.

Pour bien passer le changement d’année, je vous propose quelques valses telles que l’on peut les entendre à l’opéra.

La valse, cette danse populaire à 3 temps typiquement viennoise a gagné ses lettres de noblesse vers la fin du XVIIIe siècle. Dès lors, les plus grands des compositeurs n’ont pas hésité à en écrire.

Sans surprise, les romantiques ouvrent le bal (sic !) et le très viennois SCHUBERT a ainsi écrit des valses, valses nobles, valses sentimentales, valses tout court. CHOPIN et LISZT ont aussi sacrifié à la valse, alors que WEBER, l’auteur du Freischütz a écrit une Invitation à la valse (pour piano), plus tard orchestrée par BERLIOZ.

liszt valses

LISZT et ses Méphisto-valses.

Très vite, les opéras ont intégré des valses. C’est le cas du Faust (1859) de GOUNOD avec « Ainsi que la brise légère ». Lors de la kermesse du village, Méphisto présente Marguerite à Faust. Faust invite Marguerite pour une valse, mais celle-ci refuse.

Gouno Faust la ValseCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, le roi de la valse, Johann STRAUSS, nous en livre une dans La Chauve-souris (die FlederMaus) (1874).

Autre valse célèbre, celle de l’acte II d’Eugène Onéguine (1878) de TCHAÏKOVSKI (Vot tak surpriz). Lors du bal, les vieilles cancanent sur l’attitude d’Onéguine et de Tatiana. Lassé par ces commérages, Onéguine invite alors à danser Olga, la fiancée de son ami Lenski. Jaloux, celui-ci finit par provoquer Onéguine en duel.

valse d'onéguine.pngcliquez sur l’image

En 1881, au premier acte de son seul opéra « sérieux », Les Contes d’Hoffman, OFFENBACH fait tomber amoureux son héros Hoffmann d’une poupée mécanique, Olympia, des lunettes magiques lui fait faisant croire qu’il s’agit d’une vraie femme. Après un air virtuose d’Olympia, Hoffmann et la poupée se mettent à valser.

En 1905, dans l’opérette La Veuve joyeuse (die Lustige Witwe), le très viennois Franz LEHAR, nous entraîne avec ses valses.

La valse est également omniprésente dans le crépusculaire Chevalier à la rose (Rosenkavalier) (1910) de Richard STRAUSS. Écoutons, dans le final, le mariage miraculeux de trois belles voix et de l’orchestre d’un raffinement inouï.

rosenkavalier valseCliquez sur l’image

Au XXe siècle, la valse subit les transformations que toute la musique vit. Ainsi, La Valse (1919) de RAVEL n’a plus rien d’une valse de salon. Ravel cherche plutôt à rendre l’essence de la valse. Il a également écrit, pour le piano, des Valses nobles et sentimentales.

Écoutons encore CHOSTAKOVICH et sa Valse n° 2 rendue célèbre grâce à une publicité.

Terminons enfin par une réinvention de la valse par Jacques BREL et sa Valse à 1000 temps.

Divers

C’EST NOËL (2018) !

Joyeux Noël, Merry Christmas.

En ce jour de Noël, voyons quelle représentation de Noël on peut trouver à l’opéra et plus généralement dans la musique dite classique.

Mais avant cela, rendons hommage à un des plus grands compositeurs de notre musique occidentale, Jean-Sébastien BACH et son  Oratorio de Noël. J.S. Bach n’a pas écrit d’opéra, il a écrit essentiellement de la musique sacrée, cantates, oratorios, messes, et aussi un peu de musique instrumentale (concertos brandebourgeois, suites pour violoncelle seul, …). Son onzième fils a écrit un opéra, en français, Amadis des Gaules, mais j’y reviendrai dans l’article « Ils sont fous ces gaulois » (à paraître).

J.S.Bach Weinacht oratorio Jauchzet FrohlocketCliquez sur l’image

Avant Bach, il y avait eu Heinrich SCHÜTZ, le chaînon manquant entre MONTEVERDI et Bach, et son Histoire de la Nativité (1664).

Schütz histoire de la NativitéCliquez sur les angelots

HAENDEL, contemporain de Bach a écrit en 1741 dans son oratorio Messiah (Le Messie) un magnifique « For unto us a child is born » (déjà cité dans Georges PEREC, La Disparition).

Haendel Messiah For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Noël est à l’honneur dans Werther (1887) de MASSENET, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther du grand GOETHE. En effet, l’action se passe dans le laps de temps qui sépare deux Noëls. Au début du premier acte, un veuf fait répéter les chants pour Noël à ses six enfants. L’œuvre se termine un an après, quand Werther se suicide pendant la nuit de Noël.

Massenet Werther Jésus vient de naîtreCliquez sur l’image

En 1894, RIMSKY-KORSAKOV compose La Nuit de Noël, un opéra écrit d’après POUCHKINE.

Rimsky-Korsakov la nuit de NoëlCliquez sur l’image

Enfin pour terminer ce billet, place à l’opéra-rock, et à un des plus grands succès du genre, Tommy (1969) des WHO. Dans le morceau Christmas, (Noël), on se demande comment un garçon (Tommy) qui ne peut ni voir ni entendre ni prier et qui ne sait pas qui est Jésus, peut être sauvé ?

The Who Tommy ChristmasCliquez sur la rock-star

Et allez, parce que c’est Noël, un dernier bonbon, le concert des 3 ténors (Pavarotti, Domingo, Carreras) à Vienne en 1999 😉🍾🎼.

Retrouvez d’autres morceaux inspirés par Noël dans l’édition 2019.