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Mythologie

POLYPHÈME

Dans la mythologie grecque, Polyphème est un cyclope, c’est-à-dire un géant qui n’a qu’un œil au milieu du front. Polyphème est un des fils du dieu de la mer Poséidon. Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse fait une halte sur l’île des cyclopes et est capturé et enfermé dans sa grotte par Polyphème, qui veut le manger ainsi que tout son équipage. Pour s’enfuir, Ulysse lui crèvera l’œil, ce qui provoquera le courroux de Poséidon qui dès lors s’acharnera sur Ulysse pour l’empêcher de rentrer chez lui à Ithaque.

L’histoire d’Ulysse nous est contée à peu près dans ces termes par Homère dans son Odyssée, qui raconte les heurs et malheurs d’Ulysse lors de son retour dans sa patrie. La dernière partie de ce périple nous est racontée par Monteverdi dans son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (Il ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Le retour d'Ulysse dans sa patrie Illustratevi O CieliCliquez sur Pénélope et Ulysse

C’est un autre épisode de la vie de Polyphème, rapporté par Ovide dans ses Métamorphoses, que Lully met en musique dans sa pastorale héroïque Acis et Galatée. Le cyclope, amoureux de la néréide Galathée, est jaloux d’Acis et l’écrase sous un rocher.

Lully Acis et GalatéeCliquez sur l’image

Cette partie de la légende a également été traitée par Clérambault dans sa cantate Poliphème (1700).

Clérambault Poliphème

Alors que Haendel écrit, lui aussi, une cantate Acis, Galatea e Polifemo (1708), modifiée dans la version anglaise de 1731

Haendel Acis and Galatea O ruddier than the cherry

Cliquez sur le terrible cyclope

Le Napolitain Porpora écrit l’opéra Polifemo en 1735.

Porpora Polifemo alto Giove

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Plus près de nous, le Breton Jean Cras écrit le rare opéra Polyphème (1914), sur un livret d’Albert Samain.

Cras Polyphème Acte I Elle dort

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(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont, 1984.)

Bande dessinée

EN RELISANT LES AVENTURES DE LUCKY LUKE

Après une relecture en musique des aventures d’Astérix le Gaulois, il m’a paru intéressant de me pencher sur le cas des albums de Lucky Luke.

Le personnage de Lucky Luke a été créé par le Belge Morris (Maurice de Bévère), en 1946 dans le journal de Spirou. Lors d’un voyage aux États-Unis, Morris rencontre le scénariste René Goscinny, et très vite une collaboration fructueuse commence entre les deux hommes.

En lisant les aventures de Lucky Luke, on peut parfois tomber sur des références musicales.

Ainsi, dans l’album 7 : L’Élixir du docteur Doxey. Dans cet album, Lucky Luke chante à son cheval Jolly Jumper sa chanson préférée : « La mort du Cow Boy (Ne m’enterrez pas dans la prairie) ».

Cliquez sur la Mort du Cow Boy

Et bien entendu, entre le charlatan de L’Élixir d’amour de Donizetti et le charlatan de Lucky Luke, on ne peut s’empêcher de trouver quelques similitudes.

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C’est dans l’album 8, Lucky Luke contre Phil Defer, que débute la citation de la Marche funèbre quand un duel à mort se prépare ! On retrouvera cette citation de nombreuses fois dans les autres albums.

Cliquez sur le pianiste

Dans les Collines noires (#21), un des scientifiques que Lucky Luke doit escorter dans le Wyoming sème des petits cailloux, comme dans le conte de Charles Perrault, le Petit Poucet.

Dans l’album 22, Les Daltons dans le blizzard, on trouve une citation de Old Man River, un air de la comédie musicale Showboat, de Kern et Hammerstein.

Cliquez sur le vieil homme de la rivière

#23 Les Dalton courent toujours, Averell casse des cailloux en chantant « Siffler en travaillant » ! (on réentendra souvent cette chanson dans la suite des aventures de Lucky Luke.

Comment lire l’album 24, La Caravane, sans penser à Swing low, sweet chariot, et donc à la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak ?

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L’album 29, En remontant le Mississippi, peut nous faire penser à Porgy and Bess, de Gershwin.

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Dans Dalton City, Averell n’arrête pas de fredonner « Tagada tagada », ce qui a le don d’agacer fortement Joe Dalton. C’est évidemment une référence à la chanson de Joe Dassin « les Dalton », elle-même inspirée par les aventures de Lucky Luke.

Cliquez sur Joe Dassin

Dans Western Circus, la cavalerie arrive en retard, comme les carabiniers dans l’opérette d’Offenbach les Brigands.

Cliquez sur les carabiniers

Dans Jesse James, le cousin de Jesse émaille ses propos de citations de Shakespeare (« Voilà qui est parfait » Roméo et Juliette, Acte II scène IV, ou « Eh : c’est bien » Hamlet, Acte IV Scène III, ou encore « Bon ! » Othello, Acte II scène I). « Oui, Oui » Richard III, Acte I, scène IV. « Être ou ne pas être (capturés), là est la question« .

Cliquez sur Hamlet

Des détectives de l’agence Pinkerton sont chargés d’arrêter les frères James, Pinkerton est le nom du héros de Madame Butterfly de Puccini.

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Dans l’album Chasseur de primes, on trouve un « parisian Cancan » chanté et dansé par les p’tites femmes du saloon évoquant La vie parisienne d’Offenbach.

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L’album le Grand-duc me fait irrésistiblement penser à l’opérette de Lehar le Tsarévitch.

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Dans le Cavalier blanc, on trouve encore Roméo et Juliette et Hamlet de Shakespeare.

Cliquez sur Roméo et Juliette
Histoire de l'opéra, Sciences

MUSIQUE ET MATHÉMATIQUES – 2 – LES RYTHMES ET LA MESURE

Nous avons vu dans le premier article consacré aux rapports entre la musique et les mathématiques les notions de hauteur de notes et d’harmonie.

Voyons à présent quelques notions sur la mesure du temps en musique, et sur les rythmes.

Une musique donnée peut être jouée plus ou moins vite, selon les vœux du compositeur ou au bon vouloir des interprètes. Avant l’invention du métronome au début du XIXe siècle, on se basait sur des phénomènes corporels naturels pour donner la pulsation musicale, comme le pouls. Cette mesure est donc éminemment subjective.

Après l’invention du métronome, appareil mécanique permettant d’indiquer de façon objective la pulsation, par exemple 60 pulsations à la minute, les compositeurs ont pu noter de manière beaucoup plus précise à quelle vitesse devaient être jouées leurs œuvres. Beethoven a été un des premiers à s’en servir pour indiquer les vitesses qu’il souhaitait.

Une fois réglé ce problème du tempo (de la vitesse), étudions celui du rythme.

Sur une partition, les notes se suivent sur la portée musicale. Il est d’usage de regrouper les notes en mesures, chaque mesure devant avoir une durée et correspondre à un certain nombre de pulsations.

Le rythme le plus simple est le rythme binaire, il suffit de compter 1 – 2 – 1 – 2 – 1 – 2… C’est le rythme de la marche.

Cliquez sur la marche des pèlerins

À peine plus compliqué est le rythme ternaire, pour lequel il faut compter jusqu’à 3 :

1 – 2 – 3 – 1 – 2 – 3 – 1 – 2 – 3… C’est le rythme de la valse.

Cliquez sur l’image

Viennent ensuite des rythmes à quatre temps, à cinq temps, etc.

Dans un genre rarement exploré par la musique dite « classique », le blues a un rythme à 12 temps.

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Une fois fixé le nombre de temps par mesure, on peut décomposer la durée des notes dans cette mesure. Ainsi une mesure à deux temps, par exemple deux noires si le temps de référence est la noire, peut comporter deux noires, ou encore quatre croches (une noire vaut deux croches), ou encore quatre doubles croches (une noire vaut quatre doubles croches), ou encore deux triolets (une noire vaut les trois notes égales du triolet), etc.

Ceci peut être illustré par le schéma suivant :

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère :

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore un peu plus
Agenda Ironique, Bande dessinée, Maria Callas

LAMA – DELON VIENT NOUS SERVIR À BOIRE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique a été imprudemment confié à tout l’opéra (ou presque) (c’est moi). Le thème en est « Les Chansons de l’échanson« , et il y est question de chansons.

En contrainte supplémentaire, il faut utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois ».

Tout est esspliqué ici : https://toutloperaoupresque655890715.com/2024/09/04/les-chansons-de-lechanson-a-i-de-septembre-2024/

En découvrant ces contraintes biscornues, je me suis aussitôt mis à mon grattage occiputal, tentant ainsi de faire germer une ou plusieurs idées. Comme en ce moment la mort de l’acteur Alain Delon a remis ce monsieur a l’honneur, il m’est revenu qu’Alain n’était pas seulement acteur, mais qu’il avait également formé un duo avec le chanteur Serge Lama. Une partie du programme Lama-Delon était composée de chansons à boire, dite encore chansons de l’échanson. Je vous propose ici une version de leur succès Lama-Delon Viens nous servir à boire. (P.S. je dois cet excellent jeu de mots à Gotlib, qui en avait fait la base d’une des ses fables express).

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Saviez-vous que le saxophone avait été inventé par Adolphe Sax ? Ses premiers essais étaient fabriqués en verre, car il cherchait la sonorité de l’harmonica de verre (glass harmonica).

Cliquez sur le glass harmoniciste

Hélas, les prototypes de ces sax si fragiles cassaient les uns après les autres, et notre bon Adolphe dut se résoudre à employer un matériau plus solide, le cuivre. La première apparition d’un saxophone (en cuivre) dans un orchestre d’opéra a été dans Hamlet, d’Ambroise Thomas. On l’entend en particulier dans l’acte II, après une chanson à boire (décidément) « Ô vin, dissipe la tristesse », quand Hamlet accuse son père et sa belle-mère d’avoir tué sa mère.

Cliquez sur Hamlet
Cliquez sur le final de l’acte II

Pour le vistemboir, il s’agit bien évidemment de l’objet inconnu de la nouvelle Le Machin, (1955) de Jacques Perret. Dans ce recueil de nouvelles, Perret nous invite à voir « une petite suite pour mirliton, violoncelle et timbale ».

Le Diable dans le beffroi est un conte d’Edgar Allan Poe paru dans les Nouvelles histoires extraordinaires. Il raconte l’irruption d’un étranger dans la vie bien réglée des habitants d’une petite ville. Cet étranger, qui joue du violon, introduit un jour un treizième coup de midi, qui terrifiera la ville. Debussy a commencé un opéra sur ce sujet, alors que Gérard Pesson en a fait un des ces Trois contes.

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Le personnage de la Castafiore apparaît pour la première fois dans l’album Le Sceptre d’Ottokar d’Hergé. Dans ce même album apparaît un curieux personnage, le professeur Halambique (décidément…), spécialiste en sigillographie. C’est avec lui que Tintin partira en Syldavie, à la recherche du fameux sceptre, et qu’il fera connaissance du rossignol milanais.

Cliquez sur le rossignol milanais

Et si vous voulez plus de chansons à boire, cliquez donc ici.

Mes opéras préférés

LE NAIN (DER ZWERG), de ZEMLINSKY (1922)

Le Nain (Der Zwerg) est un opéra en un acte d’Alexandre von Zemlinsky, d’après un conte d’Oscar Wilde, créé à Cologne le 28 mai 1922. Zemlinsky, né en Autriche le 14 octobre 1871, était proche de Schönberg, qu’il avait connu au conservatoire de Vienne.

Zemlinsky était lui-même petit et difforme, et la jeune Alma Schindler ne voudra pas de son amour, lui préférant celui de Gustav Mahler. En tant que Juif, Zemlinsky dut fuir l’Allemagne nazie pour les États-Unis en 1938 et il mourra en 1942 à New York.

Acte I : À la cour du roi d’Espagne, on s’apprête à fêter l’anniversaire de l’infante. Don Estoban, le grand chambellan organise les préparatifs avec les caméristes de l’infante.

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Parmi les cadeaux figure celui envoyé par le Sultan : un nain en chair et en os. Ce cadeau sera certainement le plus beau et le plus amusant pour la jeune fille.

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Le nain n’a pas conscience de sa difformité et se croit même très beau, à en juger par les sourires qu’il déclenche sur son passage. Pour qu’il garde cette fraîcheur d’esprit, le chambellan fait voiler tous les miroirs du palais.

Le moment d’ouvrir les cadeaux est arrivé. Quand on présente le nain à l’infante, les dames de la cour se moquent de lui. L’infante lui demande de chanter quelque chose, et lui propose une de ses suivantes pour épouse si son chant lui plaît. Mais c’est de l’infante que le nain est tombé amoureux, au premier regard.

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La princesse demande à rester seule avec le nain pour mieux faire connaissance avec son jouet. Elle se rend compte qu’il n’a pas la notion de sa disgrâce physique, et joue le jeu de l’amoureuse, dansant avec lui et lui offrant une rose blanche. Mais ce jeu finit par l’ennuyer, et elle demande à Ghita, sa camériste, d’ouvrir les yeux du nain. Mais pour le nain, ceci n’est pas un jeu.

Quand enfin, il voit son reflet dans un miroir, il voudrait revenir en arrière et demande à l’infante de faire comme si de rien n’était. Mais quelque chose s’est brisé en lui. Quand l’infante lui explique le fossé infranchissable qui les sépare, le nain tombe mort à ses pieds. L’infante a brisé son jouet !

Cliquez sur le nain découvrant son image dans le miroir
Cliquez sur le nain et l’infante
Cliquez sur le final

(Source principale : les représentations de l’opéra de Lille en 2017, et le programme associé).

Divers, Religion

LES ORATORIOS DE HAYDN

Parmi les nombreuses œuvres de Josef Haydn, il en est que les choristes aiment particulièrement chanter. Il s’agit de ses oratorios, au nombre de quatre. L’oratorio est une forme musicale proche de l’opéra, mais les sujets en sont religieux ou tirés de la bible, et leurs caractères sacrés font qu’on ne peut les chanter dans un théâtre, et ils sont exécutés dans les églises. Au XVIIIe siècle, pendant la semaine sainte, les théâtres étaient fermés, et le public n’avait d’autre choix que de se rendre à l’église pour entendre de la musique. Haendel, qui était un peu filou, a essayé de faire passer son opéra Sémélé pour un oratorio, pour pouvoir le jouer pendant la semaine sainte, mais le public a bien vu que le sujet en était tiré de la mythologie grecque !

Le premier des oratorios de Haydn date de 1775, il s’agit du Retour de Tobie (Il Ritorno di Tobia) et est une œuvre de (relative) jeunesse.

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Vient ensuite Les sept dernières paroles du Christ en croix (Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze) (1786) dont le sujet est celui de la Passion.

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Dix ans après les sept paroles…, Haydn a écrit La Création (Die Schöpfung) 1796-1798 qui met en musique la Création du monde, d’après la Genèse. J’adore ce passage au début de l’œuvre où après une ouverture représentant le chaos originel, le chœur entre pianissimo, avant d’annoncer l’arrivée de la lumière sur un « Licht » majestueux !

Cliquez sur les lumières surgissant des ténèbres

Le dernier de ses oratorios est Les Saisons (Die Jahreszeiten) (1799-1801), qui est un oratorio profane célébrant le cycle des saisons.

Cliquez sur l’hiver
Cliquez sur le printemps
Cliquez sur l’été
Cliquez sur l’automne
Agenda Ironique

LES CHANSONS DE L’ÉCHANSON (A.I. de septembre 2024)

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de septembre 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les chansons de l’échanson ». Je vous propose donc de nous proposer un texte où apparaîtront des chansons, enfantines ou non, populaires ou non, sophistiquées ou non.

En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois » Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème, dictée ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.

Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 26 septembre, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants, pour pouvoir transmettre le flambeau avant la fin du mois.

Cliquez sur la chanson

Voila, je vous laisse, moi je dois pratiquer le grattage occiputal pour trouver comment je vais répondre à ces consignes aussi far que felues.

littérature, Oulipo, Poésie

« MIGNONNE, ALLONS VOIR SI LA ROSE », de RONSARD

Après Marine, de Paul Verlaine, le poème « mis en musique » de ce mois est Mignonne, allons voir si la rose (1545) extrait de l’Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Mignonne, allons voir si la rose

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Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée

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Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

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Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

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Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Citations musicales :

La rose : Berlioz La Damnation de Faust « Voici des roses ».

Cette vesprée : Monteverdi Vespro della beata Vergine « Ave Maris Stella ».

Que du matin jusques au soir : Liszt Du Berceau jusqu’à la Tombe.

Cueillez, cueillez votre jeunesse : Massenet, Manon, « Profitons bien de la jeunesse ».

Et si cette fantaisie vous a plu, vous pouvez encore cliquer sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si cette fantaisie vous a plu
Mes opéras préférés

L’AFFAIRE MAKROPOULOS, de JANACEK (1923-1925)

L’Affaire Makropoulos (Věc Makropulos) est l’avant-dernier opéra de Janáček. Le livret est de Janáček, d’après une pièce fantastique de Karel Capek (l’inventeur du mot « robot »). Cet opéra a été créé à Brno le 18 décembre 1925.

Le pitch : L’énigmatique chanteuse Emilia Marty semble connaître l’origine d’un procès opposant deux familles, les Prus et les Gregor, depuis près d’un siècle. Albert Gregor tombe sous son charme, et Emilia lui demande des documents laissés par son grand-père. À l’issue d’un concert, Emilia critique les chanteuses de son époque quand Hauk, un vieux comte, lui dit qu’elle lui rappelle Eugenia Montez, une chanteuse de sa jeunesse. Le descendant de Prus comprend que sous les noms d’Emilia Marty, Eugenia Montez ou Ellian Mac Gregor se cache une seule et même personne, Elina Makropoulos, qui a bu un élixir de longue vie il y a plus de trois siècles.

Acte I : À Prague dans les années vingt, le clerc Vitek parle du procès Prus contre Gregor, procès qui dure depuis presque un siècle et dont on attend le jugement ce jour même. Mac Gregor vient trouver l’avocat Koletany pour connaître le résultat, mais celui-ci n’est pas encore arrivé.

Krista, la fille de Vitek, est allée à l’opéra écouter la cantatrice Emilia Marty. Devant les qualités de cette chanteuse, elle songe à arrêter sa propre carrière lyrique.

L’avocat arrive accompagné par Emilia Marty. Il explique à la chanteuse, qui semble très bien connaître l’affaire, qu’il y a cent ans, le baron Prus a dépossédé Loukov en faveur d’un Mac Gregor, fils illégitime d’une chanteuse d’opéra, Ellian Mac Gregor. Depuis, de génération en génération, le procès continue jusqu’à ce jour qui voit la défaite des Gregor.

Emilia incite l’avocat à chercher dans les archives du baron Prus les documents par lesquels Loukov lègue son domaine à son fils illégitime Ferdinand. Gregor veut savoir comment elle sait cela, mais elle répond en évoquant le souvenir d’Ellian.

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Elle ne veut pas parler des circonstances de la mort d’Ellina. Gregor tombe sous son charme et elle lui demande de lui donner les documents que son grand-père lui avait laissés. L’avocat revient avec le testament, mais Prus lui dit qu’il veut la preuve que Ferdinand est bien Ferdinand.

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Acte II : Le soir à l’opéra. Emilia Marty a fait un triomphe et les hommes se pressent dans sa loge. Krysta renonce à son amour pour Janek Prus, le fils du baron, afin de se consacrer pleinement à sa carrière. Emilia revient et critique les cantatrices qui l’ont précédée, pas du tout à son niveau. Un vieux comte, Hauk, arrive et lui dit qu’elle lui rappelle Eugenia Montez, une chanteuse gitane qu’il a aimée cinquante ans auparavant.

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Hauk une fois parti, elle congédie tout le monde, ne retenant que Prus. Celui-ci lui parle d’une enveloppe cachetée qu’il a chez lui. Il veut savoir pourquoi Emilia montre tant d’intérêt pour les Gregor. Il a en fait compris que derrière Ellian Mac Gregor, Eugénia Montez, Emilia Marty, et d’autres encore, se cache Elina Makropoulos, née en 1816. Il lui déclare qu’il l’aime, malgré les traitements qu’elle lui fait subir. Elle lui demande alors d’aller voir l’avocat, sous le nom de Makropoulos, car c’est la condition pour transmettre l’enveloppe cachetée. Elle demande ensuite à Janek de retour de voler une autre enveloppe qui se trouve chez son père, mais le père arrive et lui dit de ne pas le faire. Elle négocie l’enveloppe contre une nuit d’amour avec le baron.

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Acte III : Le lendemain matin E.M. réclame l’enveloppe qui lui est due. Prus se plaint, car pendant la nuit il a eu l’impression d’étreindre un corps sans âme. Le valet de Prus vient annoncer que son fils Janek s’est suicidé. Hauk revient pour mener Emilia en Espagne, mais l’avocat la retient. Il la confond grâce à une photo qu’elle a dédicacée à un de ses admirateurs à l’opéra, car c’est la même signature que celle d’un document datant de 1836. On examine les lettres, et on se rend compte qu’elles sont toutes de la même écriture. E.M. avoue être née en Crète en 1585, et s’appeler Elina Makropoulos. Elle a vécu plus de trois siècles sous différentes identités grâce à la formule Makropoulos, celle d’un élixir de vie que son père avait créé pour l’empereur Rodolphe, mais que celui-ci a demandé de tester sur sa fille. C’est cette formule qu’elle cherche dans l’enveloppe scellée, car son pouvoir commence à faiblir. Elle offre la formule à Krista, qui la brûle. Ellian Marty meurt en avouant sa lassitude d’avoir vécu si longtemps, trop longtemps…

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Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (9e SÉRIE)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la huitième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Kathleen Battle et Winton Marsialis dans J.-S. Bach :

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Le chanteur néerlandais Dave dans l’ouverture de Tannhaüser de Wagner.

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La chanteuse libanaise Fairouz rendant hommage à sa ville, Beyrouth, dans Li Beirut, sur le Concerto de Aranjuez, de Rodrigo.

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Sylvie Vartan interprétant une Valse de Chopin dans le Silence.

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Raymond Devos interprète Poète et paysan.

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Et si voulez une nouvelle série, cliquez donc sur la dixième.