Compositrices, Oulipo

Kaija SAARIAHO (1952-2023)

image Saariaho

© Priska Ketterer

Kaija Saariaho, qui vient de disparaître, est née le 14 octobre 1952 à Helsinki.

Elle commence à apprendre la musique à l’âge de six ans, à l’école.

Après des études à l’académie des Beaux-Arts d’Helsinki, elle s’oriente vers la musique.

Kayja Saariaho se marie à 18 ans avec un architecte. À 24 ans, elle entre à l’académie Sibelius d’Helsinki où elle aura comme camarade d’études le compositeur et chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen.

En 1980, elle se rend à Darmstadt où elle découvre la musique spectrale française avant de venir travailler à l’IRCAM à Paris. Elle s’installe donc à Paris où elle vit depuis 1982.

En 1986, elle crée Lichtbogen, une commande du ministère de la Culture. En 1987, c’est Io, et Nymphéas, cette dernière œuvre inspirée par Monet.

Saariaho LichtbogenCliquez sur l’aurore boréale (Lichtbogen)

En 1988, elle écrit avec son conjoint Du cristal…

Saariaho du Cristal...Cliquez sur du Cristal

En 1994, Kaija Saariaho compose un concerto de violon, Graal Theatre, d’après l’œuvre de Jacques Roubaud.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur Graal Theatre

En 1996 elle compose, pour la chanteuse Dawn Upshaw, Château de l’âme.

Saariaho Château de l'âme 1 la lianeCliquez sur Château de l’âme

C’est encore avec Dawn Upshaw qu’elle créera, en 2000, son premier opéra l’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf. Il sera créé au Festival de Salzbourg sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’Amour de loin

En 2006, elle crée l’oratorio La Passion de Simone, d’après la vie de Simone Weil sous l’occupation. Cette même année, elle écrit son second opéra Adriana Mater, une commande de l’Opéra de Paris, toujours sur un livret de Maalouf.

Saariaho la Passion de SimoneCliquez sur la Passion de Simone

En 2010, c’est Émilie et en 2016 Only the sound remains.

Saariaho Only the Sound remainsCliquez sur Only the Sound remains

Enfin, son dernier opéra Innocence est créé en 2021 au festival d’Aix-en-Provence.

Saariaho Innocence (bande annonce)Cliquez sur la bande-annonce d’Innocence

En 2022, Kaija Saariaho entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Elle meurt d’un cancer à Paris le 2 juin 2023, à l’âge de 70 ans.

(Sources principales : France Musique et Wikipedia, plus deux ou trois choses que je connais de Kaija Saariaho.)

Et cliquez sur le pont d’interrogation pour avoir une bonne surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une bonne surprise

Agenda Ironique

L’AGENDA IRONIQUE DE JUIN 2023

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

Pink Alice through the looking glassCliquez sur Alice se préparant à découvrir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir (ou pas…)

Histoire de l'opéra, Maria Callas

LE BEL CANTO

J’ai souvent parlé sur ce blog de bel canto, notamment au sujet de Rossini, Donizetti et Bellini. Mais qu’est-ce donc que ce fameux bel canto ?

Étymologiquement, le bel canto vient de l’italien « bel canto », qu’on peut traduire littéralement par « beau chant ». À ce titre, toute l’histoire de l’opéra pourrait donc baigner dans le bel canto. En fait, on réserve ce terme à une manière de chanter qui cherche une certaine beauté de l’interprétation.

Donc, quand vous écoutez ce lamento d’Ariane, de Monteverdi, c’est du bel canto.

Monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur le bel canto d’Ariane

Malheureusement, la définition de cette soi-disant beauté varie à travers les âges et les pays. Très vite les castrats, et les autres interprètes, ont cherché à mettre en valeur leur technique vocale, souvent virtuose, au détriment de la beauté de la musique (l’orchestre étant alors réduit à une simple mise en valeur des moyens vocaux des chanteurs).

Parmi les compositeurs du XVIIIe siècle encore connus de nos jours, c’est chez Vivaldi et Haendel qu’on peut entendre ces airs de bravoure.

Haendel Sémélé No no, I'll take no lessCliquez sur Sémélé

Vivaldi Orlando furioso nel profundoCliquez sur l’image

Il faudra un Gluck pour essayer de revenir à la primauté de la musique sur l’art purement vocal.

Gluck j'ai perdu mon Eurydice imageCliquez sur l’image pour retrouver la primauté de la musique sur l’art purement vocal

Le bel canto jettera ses derniers feux avec une trilogie de compositeurs italiens : Rossini, Donizetti et Bellini. Rossini est certainement le dernier compositeur à s’être plié aux exigences de ses interprètes.

rossini una voce poco faCliquez sur Rosine

Bellini Norma Casta Diva (Yoncheva)Cliquez sur Norma

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Puis viendront Verdi et Wagner, qui sonneront définitivement le glas du bel canto. Verdi assurera la transition entre une écriture encore bel cantiste dans sa jeunesse (Rigoletto) et l’écriture beaucoup plus dramatique à laquelle il arrivera avec Otello.

Verdi Rigoletto Caro nomeCliquez sur Gilda

otello ave mariaCliquez sur Desdemona

Wagner, lui, dynamitera les codes du découpage traditionnel de l’opéra en airs, duos, récitatifs, chœurs… et en développant la mélodie continue. Si on trouve encore de grands airs chez Verdi, on n’en trouve plus guère chez Wagner, surtout dans ses œuvres de la maturité.

Wagner Lohengrin Mon cygne aimé (Georges Thill)Cliquez sur l’image

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE BUDAPEST…

… comme ne l’a pas chanté Julien Clerc.

Budapest est aujourd’hui la capitale de la Hongrie. C’est une ville qui est née de la fusion, en 1873, de trois villes, Buda sur la rive droite du Danube, Pest sur la rive gauche et Òbuda (le vieux Buda).

Au XVIIIe siècle, cette partie de l’actuelle Hongrie a été « germanisée » par une volonté des Habsbourg d’unifier l’empire austro-hongrois. La capitale était Presbourg (l’actuelle Bratislava, aujourd’hui capitale de la Slovaquie) jusqu’en 1847.

Il y avait en Hongrie depuis la fin du XVIIIe siècle une forme de danse dite du recrutement, que les militaires recruteurs jouaient dans les villages pour faire danser (et boire) les jeunes hommes et ensuite les recruter dans l’armée. Elles s’appelaient les verbunkos et Janos Biari s’est fait une spécialité de ces danses qui alternent des mouvements rapides et lents. On retrouve certains verbunkos dans les Rhapsodies hongroises de Liszt.

Hongrie VerbunkosCliquez sur le recueil de verbunkos

Liszt Rhapsodie hongroise n° 2Cliquez sur le pianiste

En 1838, les inondations du Danube noient une partie de la ville de Pest. Franz Liszt, d’origine hongroise, donnera un concert visant à lever des fonds pour la reconstruction de la ville. Ces inondations provoqueront un choc et modifieront profondément le visage de la ville, notamment avec la construction du pont des Chaînes qui relie les deux rives du fleuve.

Liszt est certainement une des personnalités musicales hongroises les plus célèbres, et je vous parlais récemment de Liszt et la Hongrie.

En 1846, Berlioz se rend à Pest, après son séjour à Vienne en 1845. C’est là qu’il a entendu parler de Rakoczy, un Hongrois opposé à la famille régnante des Habsbourg. Berlioz a alors l’idée d’écrire une marche dans le style hongrois, la fameuse marche de Rakoczy qu’il intégrera à sa Damnation de Faust !

Berlioz la Damnation de Faust Marche hongroiseCliquez sur la marche hongroise

En 1848, le mouvement nationaliste qui secoue toutes les capitales d’Europe se manifeste bien évidemment à Budapest aussi, et répand l’idée d’une Hongrie autonome, sous l’impulsion du poète Petofi.

Ce n’est qu’en 1867 que l’empereur François-Joseph signe le compromis austro-hongrois, qui autorise les Hongrois à former leur propre gouvernement.

Pour le côté institutions musicales, l’orchestre philharmonique de Budapest a été créé en 1853, son premier chef étant Ferenc Erkel (1810-1893). En 1875 Liszt, encore lui, fonde l’académie de musique qui porte aujourd’hui son nom.

En 1884, c’est l’inauguration de l’opéra d’État hongrois avec une reprise de Bank Ban (1861), de Ferenc Erkel, son premier directeur.

Herkel Bank BanCliquez sur Bank Ban

Parmi les compositeurs hongrois, on ne peut pas ne pas citer Béla Bartok (1881-1945) et ses travaux d’ethno- musicologie hongroise, qui ont irrigué sa musique savante. Je vous propose ici un de ses Verbunkos :

Bartok VerbunkosCliquez sur l’image

Le seul opéra de Bartok, le Château de Barbe-bleue a été créé à Budapest en 1919.

Un de ses collègues en musicologie (et en composition) est Zoltan Kodaly (1882-1967). Kodaly a écrit des opéras, dont Harry Janos (dont un des chœurs était un véritable tube lors du rassemblement « Europa Cantat » en 1986, année où j’ai découvert Budapest en me rendant à ce rassemblement avec mon chœur de l’époque).

Cliquez sur l’image

Outre ses opéras, il écrit en 1923, pour le cinquantième anniversaire de la création de la ville de Budapest, le Psalmus Hungaricus.

Kodaly Psalmus hungaricusCliquez sur le Psalmus hungaricus

(Source principale [pour la partie historique] : la conférence passionnante de Béatrice Vaida sur le M/S Amadeus Silver II, prononcée le 18 avril 2023.)

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QUAND LA PUB MASSACRE VERDI (La musique dans la pub – 8e série)

Après l’utilisation de la musique de Delibes dans la publicité, voici une nouvelle sélection de pubs où les réclamiers se font une joie de massacrer la musique de Verdi.

Pub pour Valentino, ouverture de la Force du destin.

Verdi la Forza del destino pub pour ValentinoCliquez sur la réclame

Publicité pour le jambon d’Aoste La Traviata

Verdi Traviata publicitéCliquez sur la pub

Publicité pour le fromage Leerdammer Verdi La Traviata Libiamo :

Verdi Traviata Libiamo publicitéCliquez sur la pub

Le Requiem a servi pour vendre de grosses ouatures :

Verdi Requiem pub pour la 407 SW de PeugeotCliquez sur la grosse ouature

Le même Requiem a servi pour un crème de beauté (anti-âge) :

Verdi Requiem Dies Irae pub pour Vichy Slow AgeCliquez sur la réclame

« la Dona e mobile » de Rigoletto a servi de pub pour une chaîne de pizzeria.

Cliquez sur la réclame

Rigoletto a également servi pour cette pub pour une huile d’olive :

Verdi Rigoletto Pub carapelliCliquez sur la pub pour une huile d’olive

Le chœur des bohémiennes de la Traviata a aussi servi pour une réclame pour des serviettes hygiéniques.

Cliquez sur la réclame pour des serviettes hygiéniques

Le chœur des enclumes du Trouvère a servi pour une pub pour les jeans Lee.

Et le Dies irae du Requiem a servi pour une pub pour les pâtes Panzani.

La chaîne de pizzerias Ristorante se sert régulièrement de l’air « La Donna e mobile », extrait du Rigoletto de Verdi.

Cliquez sur la réclame de 2018
Cliquez sur la réclame de 2023
Contes et légendes, Mes opéras préférés

LE CHÂTEAU DE BARBE-BLEUE, de BARTOK (1911)

Le Château de Barbe-bleue (A kékszakállú herceg vára) est un opéra de Béla BARTOK, écrit en 1911 d’après un conte de Charles Perrault, sur un livret de Béla Balasz. Balasz en avait eu l’idée après avoir assisté à Ariane et Barbe-bleue de Dukas d’après Maeterlinck à Paris en 1907. Refusé par l’opéra de Budapest, il faudra attendre 1918 pour le voir monté sur scène.

Acte unique : Judith vient d’arriver au château de Barbe-Bleue avec son mari. Pour cela, elle a quitté son village, ses parents, son fiancé, ses amis. Barbe-Bleue lui dit qu’il est encore temps de renoncer, mais Judith insiste. Le château est froid et sombre. Judith dit que c’est le château qui pleure. Judith veut ouvrir les portes pour faire entrer la lumière mais Barbe-Bleue dit que rien ne fera resplendir son château.

Bartok le château de BArbe-bleue débutCliquez sur Judith

Judith demande à Barbe-Bleue de le lui faire visiter. Alors qu’elle frappe à la première porte, on entend un gémissement. Judith dit que le château pleure. Elle demande à Barbe-bleue la clé, car elle l’aime.

Une porte s’ouvre, c’est la chambre de torture de Barbe-Bleue. Judith dit que le château saigne.

Une autre porte s’ouvre, révélant une pièce pleine d’armes, l’arsenal de Barbe-Bleue.  Il y a du sang sur les armes. Barbe-Bleue lui donne trois autres clés, mais à condition que jamais elle ne pose de questions.

Bartok le château de Barbe-bleue la deuxième porte (encore)Cliquez sur la seconde porte

La troisième porte révèle un trésor fait de bijoux et de pierres précieuses. Judith découvre qu’il y a du sang sur les bijoux.

Bartok le château de Barbe-bleue la deuxième porteCliquez sur la troisième porte

Une quatrième porte s’ouvre sur un jardin chargé de fleurs. C’est le jardin secret du château. Mais les fleurs blanches sont rougies par du sang.

La cinquième porte s’ouvre sur le domaine de Barbe-Bleue, qui dit à Judith que tout lui appartient désormais, en lui offrant son cœur. Barbe-bleue veut embrasser Judith, mais celle-ci veut encore ouvrir les deux dernières portes. À chacune de ces cinq portes, le château est de plus en plus éclairé.

Bartok le château de Barbe-bleue la cinquième porteCliquez sur la cinquième porte

Judith veut continuer, mais Barbe-bleue lui dit que le château ne sera jamais plus clair. Judith insiste et il lui donne la sixième clé. Elle ouvre la sixième porte, qui donne sur une étendue d’eau blanche et silencieuse. Elle demande quel est ce lac, Barbe-Bleue répond qu’il s’agit de larmes. La lumière faiblit.

Bartok le château de Barbe-bleue la sixième porteCliquez sur la sixième porte

Barbe-Bleue refuse d’ouvrir la dernière porte. Judith le lui demande, par amour pour elle. Barbe-Bleue dit qu’elle fait déjà resplendir son château, qui ne pourra pas briller plus. Enfin, ils s’embrassent. Judith demande qui il a aimé avant elle, mais il réitère sa demande de ne pas poser de questions. Devant le refus de Barbe-Bleue Judith comprend que tous ces signes sanglants qui se révélaient à chaque porte sont ceux de ses anciennes femmes, qu’il a assassinées.

Bartok le château de Barbe-bleue la septième porteCliquez sur Barbe-bleue

Barbe-Bleue lui tend alors la septième clé, disant que derrière la porte elle trouvera ses anciennes femmes, et que tous ses trésors leur appartiennent. Quand Judith ouvre la porte, trois femmes sortent de la pièce. Barbe-bleue explique qu’il a trouvé sa première femme à l’aurore et que le matin lui appartient, qu’il a trouvé sa deuxième femme à midi et que la gloire du midi lui appartient, qu’il a trouvé sa troisième femme au crépuscule, et que le soir lui appartient.

Il ajoute que la quatrième est venue vers lui au cœur de la nuit, et que le royaume de la nuit lui appartient. Judith le supplie de se taire, qu’elle est encore vivante. Barbe-Bleue lui passe sa parure de nuit et lui dit qu’elle était sa plus belle femme, mais que maintenant, l’obscurité va recouvrir le château. Judith entre dans la septième pièce. Le drame est noué : désormais, l’ombre règne sur le château !

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Paris en 2018, et le programme associé.)

Agenda Ironique

AINSI GROGNA GROA

Ce mois-ci, c’est la Craie qui nous propose un thème; comme indiqué ci-après :

Le thème sera la fuite du temps. Carpe diem ou naufrage de général.

Votre texte devra obligatoirement commencer par la phrase

« l’aurore sortait de l’océan sur son char de roses« 

Ausone,  « sommaire pour l’Odyssée » chapitre II  » )

Je vous impose aussi GRóA comme personnage – une reine mythique, femme de Aurvandil, et , sorcière guérisseuse. Nomchalamment vous pourriez ne prendre que le nom et en faire un autre personnage sans aucun rapport.

En option pourriez vous caser les mots : marsouintrichobézoardet « soulèvements de la terre » ?

Tout le reste vous appartient.

Mais tout ceci est esspliqué sur son site :

https://lacraie.art.blog/2023/05/04/agenda-ironique-mai-23/

« L’aurore sortait de l’océan sur son char de roses« . Ainsi grogna Groa, la sorcière guérisseuse. Mais que voulait-elle dire par là ? Selon son mari Aurvandil, le marsouin morvandiau, cette phrase obscure était tirée d’un très ancien livre de contes, l’Iliade. Il y a de ça environ 2500 ans, les citoyens grecs faisaient la haie d’honneur devant l’aède Homère, l’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée.

L’Iliade nous raconte à sa façon la guerre de Troie, et l’Odyssée le retour d’Ulysse dans sa patrie (il Ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse in patria prologueCliquez sur Ulysse

L’aède Homère était doué pour filer la métaphore, aussi aimait-il bien comparer l’aurore aux doigts de fée rosissant l’horizon au lever du soleil. Une de ses héroïnes était aussi douée pour tisser. Il s’agit, vous l’avez deviné, de Pénélope, la femme d’Ulysse, qui a attendu 10 ans le retour de son mari. Pressée par les prétendants de se remarier, elle avait promis de le faire quand elle aurait fini de faire tapisserie. Mais toutes les nuits, elle défaisait l’ouvrage de la journée, de sorte que sa tapisserie n’avançait guère (de Troie). (Les plus subtils de ses prétendants trouvaient quand même ce tricot bizarre…)

Fauré Pénélope OuvertureCliquez sur Pénélope

Mais revenons à Aurvandil. Aurvandil était la mère d’Arvedson (Arved Son = fille ou fils de Arved dans les langages du Nord), la célèbre enchanteresse qui a prédit l’avenir à Gustave III, roi de Suède. Arvedson tirait son pouvoir d’une fuite du temps qu’elle avait détectée, et qui lui permettait de savoir à l’avance ce qui allait se passer.

Auber Gustave III trio de l'acte IICliquez sur Arvedson

Toutefois, se servir ainsi d’une fuite du temps n’était pas sans danger, car cela remettait en cause les grands équilibres de l’Univers. Aussi, de temps en temps, pour se rééquilibrer, il se produisait un grand soulèvement de terre, comme il est relaté dans la deuxième entrée des Indes galantes de Rameau.

indes galantes 2Cliquez sur l’image

Maria Callas, Mes opéras préférés

CAVALLERIA RUSTICANA, de MASCAGNI (1890)

Cavalleria Rusticana est un opéra vériste de Pietro MASCAGNI, créé avec succès à Rome en 1890.

Le pitch : Turridu aurait dû se marier avec Lola, mais à son retour du service militaire, il la retrouve mariée avec Alfio. Du coup, il fait de Santuzza sa maîtresse. Lola jalouse (quand même) trompe son mari avec Turiddu. Quand Alfio l’apprend, il provoque Turiddu en duel et le tue.

Acte I : Avant le lever de rideau, on entend le héros, Turiddu, chanter une chanson prémonitoire où il se dit heureux de mourir pour Lola, sa bien-aimée. (Air : « O Lola ch’ai di latti la cammisa ».)

Mascagni Cavalleria rusticana O Lola ch'ai di latti la cammisaCliquez sur Turiddu

Au XIXe siècle, dans un village de Sicile, le jour de Pâques, les villageois sont devant l’église pour assister à la messe. Ils chantent le printemps revenu, et le jour de Pâques, symboles de la résurrection (Choeur :  » Gli aranci olezzano ».)

Mascagni Cavalleria rusticana Gli aranci olezzanoCliquez sur l’image

Santuzza, une jeune villageoise, se dirige vers l’auberge de Mama Lucia. La jeune fille demande à Lucia où se trouve son fils Turiddu. L’aubergiste lui répond que son fils Turiddu est parti à la ville chercher du vin mais Santuzza lui répond qu’on l’a pourtant vu la veille. Lucia est troublée et voudrait en savoir plus quand arrive Alfio, un charretier, qui entre et demande à boire en chantant les joies de sa vie de charretier (Air : « Il Cavallo scalpita ».)

Mascagni Cavalleria rusticana Il Cavallo scalpitaCliquez sur Alfio

À son tour, il demande du vin à Lucia, mais quand celle-ci lui dit qu’il est parti chercher du vin, Alfio est étonné car il a vu Turridu le matin même près de chez lui.

À ce moment, on entend l’orgue et les prières venir de l’église. Les villageois entrent à leur tour dans l’église en chantant l’hymne pascal.

Mascagni Cavalleria Rusticana Regina CoeliCliquez sur l’image

Santuzza restée seule avec Mama Lucia lui raconte son histoire. Turiddu était fiancé avec Lola avant son départ à l’armée, mais au retour, il l’a trouvée mariée avec Alfio. Se sentant trahi, Turiddu a fait d’elle sa maîtresse. Mais Lola jalouse lui a à nouveau volé son amant, et maintenant Santuzza reste seule et déshonorée !

Mascagni Cavalleria Voi lo sapete, o mammaCliquez sur Santuzza

Mama Lucia, bouleversée, entre dans l’église. Turiddu arrive à son tour. Il cherche d’abord à éviter Santuzza, mais celle-ci lui reproche son comportement. Lola, à la recherche de son mari, se moque de Santuzza avant d’entrer dans l’église. La dispute entre Turiddu et Santuzza reprend, et Turiddu la bouscule et la fait tomber au sol.

Alfio sort de l’église, et Santuzza lui dévoile alors ce qui s’est passé entre Lola et Turiddu, et qu’il est cocu. Alfio jure qu’il va se venger et sort. Restée seule, Santuzza est prise de remords et d’un mauvais pressentiment.

La messe est dite et les villageois sortent de l’église. Lola veut rentrer chez elle, mais Turiddu invite tout le mond à boire (Air : « Viva il vino spumeggiante ».)

Mascagni Cavalleria Rusticana Viva il vino spumeggianteCliquez sur Turiddu

Alfio refuse, de manière désobligeante. Turiddu se rend compte qu’Alfio sait tout et qu’il ne lui reste plus, selon l’honneur sicilien, qu’à se battre avec lui. Après s’être embrassé, les deux hommes se dirigent vers le verger pour se battre en duel. Turiddu a le pressentiment de sa mort prochaine, et il confie Santuzza à Lucia.

Au soir, les villageois sont réunis sur la place quand une voix de femme annonce la mort de Turridu. Lucia et Santuzza sont effondrées.

(Sources principales : les représentations de l’Opéra de Paris en 2016 et le programme associé, et l’enregistrement sur DVD de la production du festival de Salzburg en 2015.)

Compositeurs

Joseph HAYDN (1732-1809)

image Haydn

Franz Joseph HAYDN est né le 31 mars 1732 à Rohrau, en Autriche.

Aîné du trio Haydn, Mozart, Beethoven, il représente avec eux le classicisme viennois. Compositeur prolifique, il laisse derrière lui 104 symphonies, 83 quatuors à cordes, de la musique de chambre, des sonates pour piano, 13 opéras et de la musique religieuse.

Le petit Joseph (il a vite laissé tomber le Franz) apprend la musique à l’école, puis part à Vienne en 1740 pour chanter dans la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de cette ville. Il y reste une dizaine d’années, mais son côté farceur, ainsi que la mue de sa voix, l’en fait renvoyer en 1749.

Il se retrouve alors seul à Vienne, où il vivote en donnant des leçons ou en jouant dans différents orchestres. Il devient secrétaire du compositeur Nicola Porpora auprès de qui il prend des leçons. C’est grâce à son voisin Métastase qu’il a connu Porpora. Joseph commence à écrire ses propres œuvres. Bien des années plus tard, en 1779, il mettra en musique l’Isola disabitata de Métastase.

Haydn l'Isola disabitata OuvertureCliquez sur l’image

De riches mécènes commencent à lui passer commande pour différentes pièces musicales, comme des quatuors. En 1757, il compose ses premiers quatuors à cordes, genre dont il fixe la forme. Il tombe amoureux d’une de ses élèves, Thérèsa Keller, mais celle-ci étant destinée au couvent, il se résout à se marier avec sa sœur Maria-Elena Theresia. (Ils n’auront pas d’enfants.)

En 1760, Haydn entre au service du prince Estherazy comme vice-maître de chapelle. Le prince, grand amateur de musique, a son propre orchestre et Haydn doit composer pour lui. Au décès du prince, en 1762, le frère de celui-ci prend la succession et, trouvant le château trop petit, se fait construire un palais plus grand et comportant une salle d’opéra, où l’on donne une représentation chaque jour ! Haydn doit alors fournir des pièces musicales à la demande (de son employeur.)

En 1766, à la mort du premier maître de chapelle, Haydn prend sa place, et il a la lourde tâche de diriger deux opéras et deux concerts par semaine, tout en assurant la gestion de l’orchestre. Il se fait ainsi leur porte-parole en 1772 quand il écrit, pour signaler au prince qui prolonge son séjour à Estheràza que les musiciens veulent rentrer chez eux, la symphonie n° 45 les Adieux à la fin de laquelle les instrumentistes, les uns après les autres, quittent la salle pour ne plus laisser que le chef d’orchestre et son premier violon.

Haydn les AdieuxCliquez sur les Adieux

En 1777, il écrit Il Mondo della Luna, d’après Goldoni.

Haydn il Mondo della LunaCliquez sur l’image

Même s’il reste en Autriche, les œuvres de Haydn commencent à être appréciées un peu partout en Europe, à Londres comme à Paris ou en Espagne. Ainsi, en 1785, il écrit pour Paris six symphonies.

Contemporain de Mozart (1756-1791), il a l’occasion de jouer avec lui des quatuors, et Mozart reconnaîtra la dette qu’il a envers Haydn en ce qui concerne l’écriture pour quatuor.

En 1782, Haydn écrit sa version de l’Orlando furioso d’après l’Arioste : Orlando Paladino.

Haydn Orlando Paladino FinalCliquez sur l’image

En 1784, c’est le tour de la Jérusalem délivrée du Tasse avec Armida.

Haydn ArmidaCliquez sur l’image

En 1786, Haydn écrit un de ses chefs-d’œuvre religieux, l’oratorio les Sept dernières paroles du Christ en croix.

Haydn les sept dernières paroles du Christ en croixCliquez sur l’image

En 1790, le prince meurt à son tour, et son fils prend sa place, mais celui-ci, ne goûtant guère la musique, licencie son orchestre. Haydn part à Vienne. Là, il reçoit une proposition pour une série de concerts à Londres et, en 1791, il a l’occasion d’y jouer ses symphonies. Il écrit pour Londres quelques symphonies, dites londonniennes, dont la célèbre symphonie n° 94, surnommée la Surprise.

Haydn Symphonie 94 la SurpriseCliquez sur la surprise

Lors de son retour à Vienne, Haydn s’arrête à Bonn où Beethoven lui présente ses premières œuvres. Haydn accepte de le prendre comme élève.

En 1794, Haydn est de retour à Londres, où il écrit encore six nouvelles symphonies.

L’année suivante, il revient définitivement à Vienne. Face au danger apporté par Bonaparte, Haydn compose l’hymne autrichien. Impressionné par les oratorios de Hanedel entendus à Londres, il se consacre désormais à cette forme musicale, écrivant en 1798 la Création et en 1800 les Saisons, ou encore les Sept dernières paroles du Christ (1786).

Haydn die SchöpfungCliquez sur la Création

Mais Haydn est malade, et la création de ses deux derniers chefs-d’œuvre l’a épuisé. Il ne compose plus guère et Haydn meurt à Vienne le 31 mai 1809, à l’âge de 77 ans.

(Source principale : le dossier de la Philharmonie de Paris qui lui est consacré).

Et si vous en voulez un peu plus, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore un peu plus

Divers

QUELQUES AIRS DE MOZART…

… chantés dans ma jeunesse.

Une des chansons populaires que je chantais quand j’étais encore un tout petit enfant était Ah vous dirais-je maman. Je ne connaissais bien évidemment pas à l’époque les 12 variations pour piano que Mozart a écrites sur cet air populaire.

Mozart Variations sur Ah vous dirais-je maman KV 265Cliquez sur les Variations

Pas beaucoup d’années plus tard, dans la chorale de l’école primaire, nous chantions en canon l’Alphabet. C’est probablement à cette occasion que j’ai fait ma première fugue !

Mozart AlphabetCliquez sur l’alphabet

Une vingtaine d’années plus tard quand, jeune adulte travaillant à Paris et hantant les salles de concert, je me suis dit qu’il fallait que je fasse de la musique, je me suis inscrit au Centre d’Études polyphoniques de Paris pour apprendre le chant et le solfège. Un des premiers airs « sérieux » que j’ai travaillé était le « Non piu andraï » des Noces de Figaro.

Mozart Les Noces de Figaro Non piu andraiCliquez sur le Non piu andraï

Dans le prolongement de ces études, j’ai eu l’occasion de faire un stage Chant / Foie gras dans le Périgord, où j’ai eu travaillé le duo « La ci darem la Mano », du Don Giovanni.

don giovanni la ci daremCliquez sur la ci darem la mano

Après ces cours de chant, j’ai effectué des stages Musique Montagne, où j’ai eu le bonheur de chanter le Requiem de Mozart sous la direction de Michel Piquemal.

Mozart Requiem LacrimosaCliquez sur le Requiem

Grâce à des personnes rencontrées dans ces stages, j’ai eu ensuite la chance d’entrer dans l’ensemble vocal Intermezzo, sous la direction de Claire Marchand. Intermezzo étant une chorale affiliée au mouvement à Chœur Joie, nous avons pu chanter avec d’autres chorales de ce mouvement la Missa Brevis K. 194.

Mozart Missa Brevis K 194Cliquez sur la Missa Brevis K. 194

Un peu plus tard, et prenant des cours avec un excellent professeur de chant, il m’a fait travailler le « Donne mie la fate » du Cosi fan Tutte.

Mozart Cosi fan Tutte Donne mie , la fate a tantiCliquez sur le Donne mie la fate a tanti

Lors d’un stage d’été avec le même professeur, il m’a fait travailler le duo Pamina Papageno de la Flûte enchantée, et nous avons répété tous ensemble l’Ave verum.

Mozart Zauberflöte Duo Pamina PapagenoCliquez sur la Zauberflöte

Mozart Ave verum CorpusCliquez sur l’Ave verum corpus