littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 21 à 25)

Après les première , deuxième, troisième et quatrième tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la cinquième et dernière tranche, soit les quatrains 21 à 25. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite et la fin de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois (Arthur, si tu me lis, pardonne-moi !).

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

Milhaud l'Enlèvement d'EuropeCliquez sur l’image

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Rimski-Korsakov le Coq d'orCliquez sur l’oiseau d’or

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur l’image

L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Citations musicales :

l’Europe : Milhaud, l’Enlèvement d’Europe.

Oiseaux d’or : Rimsky-Korsakov, le Coq d’or.

Toute lune est atroce : Berg Wozzeck.

le crépuscule embaumé : Berlioz, la Damnation de Faust.

Compositrices, Divers

ILS OU ELLES SONT ENTERRÉ(E)S AU PÈRE-LACHAISE – partie 2 les XXe et XXIe siècles

Après vous avoir récemment parlé des compositeurs et compositrices enterré(e)s dans le cimetière du Père-Lachaise, voici une deuxième série, ceux et celles enterré(e)s aux XXe et XXIe siècles.

Le compositeur d’opérettes Robert Planquette (les Cloches de Corneville) y fut inhumé en 1903.

Planquette les Cloches de Corneville Chanson des clochesCliquez sur l’image

Son collègue Charles Lecoq (la Fille de madame Angot) en 1918.

Lecoq la Fille de madame Angot chanson politiqueCliquez sur l’image

Le compositeur et mélodiste Henry Duparc en 1933.

Duparc Chanson tristeCliquez sur l’image

Gabriel Pierné en 1937.

Pierné la Croisade des enfantsCliquez sur l’image

Reynaldo Hahn (Ciboulette) en 1947.

Hahn Ciboulette Moi, j'm'appelle CibouletteCliquez sur Ciboulette

Le Roumain Georges Enesco en 1955.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’image

L’auteur de Louise, Gustave Charpentier, en 1959.

Charpentier Louise Depuis le jour où je me suiis donnéeCliquez sur Louise

Mon cher Francis Poulenc en 1963.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Le Rouennais Emmanuel Bondeville en 1987.

Bondeville Emma BovaryCliquez sur l’image

Georges Delerue y a son monument, érigé en 1994, mais son corps est enterré en Californie, à Glendale, Delerue ayant fait une grande partie de sa carrière à Hollywood.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Jean Françaix en 1997.

Françaix Petit quatuorCliquez sur le petit quatuor

Le compositeur et chef d’orchestre Manuel Rosenthal en 2003.

Rosenthal la Souris d'AngleterreCliquez sur la souris d’Angleterre

La Finlandaise Kaija Saariaho en 2023.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Divers

LE CARNAVAL DES ANIMAUX, de SAINT-SAËNS (1886)

Le Carnaval des animaux est une « fantaisie zoologique » composée par Camille Saint-Saëns en 1886 pour un concert organisé chez son ami violoncelliste, Charles Lebouc, à l’occasion du Mardi gras. Après quelques représentations, Saint-Saëns en interdira l’exécution de son vivant, à l’exception du « Cygne ».

Elle est composée de 14 pièces, décrivant différents animaux, parmi lesquels figurent les pianistes et les critiques.

Introduction et marche royale du lion. La première pièce est une marche classique, majestueuse.

Poules et coqs. Saint-Saëns se souvient ici de la Poule de Rameau, imitant le caquetage des gallinacés de basse-cour.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux Poules et coqsCliquez sur les poules

Hémiones. L’hémione est un âne sauvage d’Asie. Ce morceau est réservé au piano, avec une vélocité virtuose.

Tortues. Après les hémiones, un mouvement très rapide, voici les tortues, un mouvement très lent. Saint-Saëns s’inspire ici d’un thème d’Orphée aux Enfers d’Offenbach, mais joué à un tempo ralenti.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux TortuesCliquez sur l’image

L’éléphant. Après les tortues jouées aux violoncelles et aux altos, l’éléphant est joué par les contrebasses. Saint-Saëns s’inspire ici de la Danse des Sylphes, de la Damnation de Faust de Berlioz.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux l'ÉléphantCliquez sur le contrebassiste

Kangourous.

Aquarium.

Personnages à longues oreilles. Ces personnages aux grandes oreilles sont évidemment les ânes, mais ils représentent aussi les critiques musicaux.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux Personnages à longues oreillesCliquez sur l’image

Le coucou au fond des bois. Pauvre clarinettiste, obligé de répéter 21 fois le même motif de deux notes !

Saint-Saëns le Carnaval des animaux le coucou au fond des boisCliquez sur l’image

La volière. Ici, c’est la flûte qui joue le beau rôle.

Les pianistes. Saint-Saëns se moque ici des pianistes qui passent leur temps à faire des gammes. À la fin, l’orchestre excédé gronde « Assez, assez ! ».

Saint-Saëns le Carnaval des animaux les pianistes

Les fossiles. Cette pièce nous propose de vieux airs « fossilisés », comme Ah vous dirai-je maman de Mozart ou Au Claire de la lune de Lully. Et puis fossiles obligent, Saint-Saëns se parodie lui-même avec une reprise de sa Danse macabre.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux FossilesCliquez sur l’image

Le cygne. Cette pièce est la plus connue du Carnaval des animaux, et les violoncellistes solistes n’hésitent pas à la programmer dans leurs concerts.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux le cygneCliquez sur l’ancien vilain petit canard qui a mal tourné

Final.

Et si vous voulez un peu plus de zizique, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

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Compositrices, Divers, Maria Callas

ILS OU ELLES SONT ENTERRÉ(E)S AU PÈRE-LACHAISE – 1ère partie, au XIXe siècle

Parmi les lieux parisiens les plus visités par les touristes se trouve le cimetière du Père-Lachaise. Une des tombes les plus fréquentées est celle de Jim Morrison, le chanteur des Doors.

The Doors the EndCliquez sur la star fauchée dans la fleur de l’âge

Mais quels autres compositeurs ou compositrices sont enterré(e)s au Père-Lachaise ? Sans viser l’exhaustivité, en voici une petite liste.

André Grétry, le compositeur liégeois mort en 1813, y a sa tombe, même si son cœur repose dans le socle de sa statue, à Liège.

Nicolas Méhul, mort en 1817.

La compositrice de salon Sophie Gaïl est morte en 1819.

Gaïl N'est-ce pas d'elleCliquez sur les interprètes

Le compositeur révolutionnaire Gossec, mort en 1829, repose lui aussi au Père-Lachaise.

Gossec Marche lugubre 1790Cliquez sur la marche lugubre

François Boïeldieu (1834). Son cœur est à Rouen, au cimetière monumental.

Boïeldieu la Dame blanche Viens, gentille dameCliquez sur l’image

Vincenzo Bellini (1835). Bellini est mort à Puteaux et a été enterré au Père-Lachaise, mais il ne reste aujourd’hui qu’un cénotaphe, car sa dépouille a été transférée à Catane en 1876.

Bellini Norma Casta Diva FlemingCliquez sur la diva

Le Sueur, mort en 1837, a été un des professeurs de Berlioz ou d’Ambroise Thomas.

Le Sueur Messe du sacre de NapoléonCliquez sur l’image

Hippolyte Monpou (1841)

Cherubini (1842)

Cherubini Médée final CallasCliquez sur l’image

Chopin (1849)

Chopin Marche funèbreCliquez sur le pianiste

Gioacchino Rossini (1868). Rossini est mort à Passy et a été enterré au Père-Lachaise, mais il ne reste aujourd’hui qu’ un cénotaphe, car sa dépouille a été transférée à Florence en 1887.

rossini barbierCliquez sur le divo

D.F.E. Auber (1871)

amour sacré de la patrieCliquez sur le Manneken

Georges Bizet (1875)

Bizet les pêcheurs de perle je crois entendre encore GilmourCliquez sur la star du rock progressif

Louise Bertin (1877)

Gounod (Bertin) Si la mort est le butCliquez sur l’image

Édouard Lalo (1892)

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur le violoniste

Chausson (1899)

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur l’image

Retrouvez ici la deuxième partie, avec les compositeurs et compositrices enterré(e)s aux XXe et XXIe siècles.

Contes et légendes, Mythologie

DRACULA, ET AUTRES VAMPIRES

Dracula, de Bram Stoker, est sans doute le plus connu des romans de vampires. Pourtant, publié en 1897, ce roman n’est que l’aboutissement d’un long processus s’étant opéré au XIXe siècle, et issu du roman gothique anglais.

L’un des premiers romans « vampirique » est le Vampire (1819) de Polidori. Polidori était un jeune médecin attaché au service de Lord Byron, et il était avec celui-ci et Mary Shelley en Italie lors du fameux « concours » d’histoires macabres. La participation de Mary Shelley à ce concours a été son roman Frankenstein (1818).

En tant que texte fondateur de la littérature vampirique, le Vampire n’a pas tardé à être adapté à l’opéra par Marschner, avec Der Vampyr (1829). Cette même année, une autre adaptation a été faite par Von Lindpaintner.

Marschner der Vampyr ouvertureCliquez sur l’image

Dès 1820, Charles Nodier adapte ce roman pour en faire un mélodrame en français sur une musique de Piccini.

En 1854, c’est un autre texte fondateur du roman gothique, le Moine de Lewis, que Scribe adapte pour Gounod avec sa Nonne sanglante. Le caractère vampirique de cette nonne est clairement indiqué avec « Cette religieuse fantomatique aux vêtements tachés de sang qui inflige au héros des baisers vampiriques ».

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la Nonne sanglante aux baisers vampiriques

Après la parution du Dracula de Stoker, la carrière des vampires est entrée durablement dans notre culture, et on ne compte pas le nombre d’adaptations, au cinéma notamment, de ce mythe.

En 2002 Pierre Henry, l’inventeur de la musique électroacoustique revisite certains thèmes wagnériens avec Dracula, ou la lumière troue le ciel.

Henry Dracula épisode 1Cliquez sur l’image

Cette pièce a elle-même été revisitée par le jeune et brillant Othman Louati et Augustin Muller en 2017, qui ont orchestré certains des passages enregistrés sur bande magnétique par Henry.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

(Source principale : la remarquable introduction d’Alain Morvan au volume Dracula, et autres écrits vampiriques de la bibliothèque de la Pléiade, 2019.)

Mes opéras préférés, Mythologie

HERCULES, de HAENDEL (1744)

Hercules a été écrit par Haendel en 1744, et créé sans succès à Londres début 1745.

Techniquement parlant, Hercules de Haendel est, comme l’était Semele, un oratorio, et pas un opéra. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire une présence du chœur renforcée, avec un effectif plus conséquent, se rapprochant, par exemple, de cet autre chef-d’œuvre qu’est le Messie (Messiah).

On a heureusement pris l’habitude au XXxe siècle de donner Hercules en représentation à l’opéra. Le scénario est inspiré des Trachiniennes, de Sophocle, et raconte comment Déjanire, la femme d’Hercule jalouse de la princesse Iole, va faire mourir son mari.

L’histoire commence alors qu’Hercule est parti au combat, pour se venger d’Eurytos, roi d’Oechalie, qui lui avait promis sa fille Iole comme prix d’un concours et n’avait pas tenu sa promesse. Hercule a ravagé le royaume d’Oechalie et a fait prisonnière Iole. Pendant ce temps en Thrace, son peuple et sa femme Déjanire sont sans nouvelle du héros.

Acte I : Une conseillère de Déjanire déplore l’inconsolable chagrin de celle-ci, persuadée que son mari Hercule est mort au combat. Les oracles consultés confirment cette mort, mais Hyllus, leur fils, ne veut pas les croire. Il veut partir à sa recherche, encouragé par le peuple quand Lichas annonce le retour d’Hercule. Celui-ci arrive avec des captifs, dont Iole, la fille d’Eutyros qu’Hercule était parti combattre. Sa grande beauté ne manque pas d’intéresser Hyllus ! Se trouvant face à Hercule, Iole revoit et revit la mort de son père.

Haendel Hercules My father Ah methinks I seeCliquez sur Iole

Hercule annonce que le temps des combats est fini, laissant la place au temps de ses amours avec Déjanire

Acte II : Iole chante sa nostalgie d’un bonheur simple, tandis que Déjanire est persuadée qu’Hercule la trompe avec la trop belle jeune fille.

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wearsCliquez sur l’image

Lichas observe la montée de la jalousie chez Déjanire, alors qu’Hyllus se désespère face à l’indifférence d’Iole, qui n’éprouve aucune sympathie pour le fils de celui qui a tué son père. Hyulle se défend en rappelant le pouvoir universel de l’amour.

Haendel Hercules Jealousy Infernal PestCliquez sur l’image

Pendant qu’Hercule doit faire respecter les rites liés à sa victoire, Déjanire confie à Lichas une tunique destinée à son mari. C’est la tunique de Nessus, une des victimes d’Hercule, tunique qui imbibée de son sang est censée ramener la fidélité dans le cœur de son mari.

Acte III : Lychas raconte qu’Hercule, ayant revétu la tunique offerte par sa femme, a été empoisonné par ce vêtement.

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chiefCliquez sur l’image

Il est mort dans d’atroce souffrances, en maudissant Déjanire et sa vengeance. Il demande à son fils de mourir sur un bûcher au sommet du mont Oeta.

Quand on informe Déjanire de l’arrivée d’Hercule à l’Olympe, elle se rend compte qu’elle est responsable de la mort de son mari et sombre dans la folie.

Haendel Hercules Where shall I flyCliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Tant de malheur suscite la pitié de Iole.

haendel Hercules My breast with tender pity swellsCliquez sur Iole prise de pitié pour Déjanire

Jupiter décrète alors l’union d’Iole et d’Hyllus ! Le peuple se réjouit de cette fin heureuse.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur le peuple se réjouissant de cette fin heureuse

(Source principale : le DVD/Blue Ray du spectacle de l’Opéra de Paris en 2004).

Et si vous en voulez un peu plus, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

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Compositrices, Religion

ILS OU ELLES ONT ÉCRIT DES « STABAT MATER »

L’assomption est une fête catholique célébrée le 15 août, en mémoire de la Vierge Marie, qui serait montée directement au Ciel, sans passer par la case « mort ».

Les cinq chants adressés à la Vierge Marie sont l’Ave Maria, le Magnificat, le Stabat Mater, le Regina Caeli et le Salve Regina.

J’ai déjà consacré des billets aux « Ave Maria » (Je vous salue Marie), cette prière que les catholiques font à la mère de Dieu pour lui demander d’intercéder pour le salut de leurs âmes auprès de Dieu, ainsi qu’aux Magnificats. Voici donc maintenant quelques Stabat Mater, un chant sur la douleur de la Vierge Marie au pied de la Croix.

« Stabat Mater dolorosa. Juxta crucem lacrimosa, Dum pendenat Filius »/

« la Mère de douleur se tient en larmes près de la Croix où pendait son Fils ».

Une des toutes premières mises en musique date de 1616 et a été l’œuvre d’une compositrice, Sulpitia Cesis :

Cesis Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des premières mises en musique de ce texte est celle réalisée par Vivaldi en 1712.

Vivaldi Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des mises en musique les plus connues de ce texte est celle de Pergolèse, écrite en 1736.

Pergolèse stabat materCliquez sur le Stabat Mater

Un peu moins connu et à peu près de la même époque est celui de Bononcini.

Bononcini Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Le XIXe siècle connaît encore quelques Stabat Mater, par exemple avec Schubert :

Schubert Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

ou Rossini (j’ai choisi ici l’extrait « Cujus animam ».

« Cujus animam gemetem, Contristam et delentem, Peretransivit gladius ».

« Un glaive transperça son âme, gémissante, affligée et toute désolée ».)

Rossini Stabat Mater (Cujus animam)Cliquez sur le Stabat Mater

ou Clémence de Grandval en 1870 :

(J’ai choisi ici l’extrait « Juxta crucem ».

« Juxta crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero »

« Je veux me tenir avec vous près de la Croix et m’unir à vous dans votre deuil ».)

de Grandval Stabat Mater Juxta CrucemCliquez sur le Stabat Mater

et jusqu’au tardif Dvorak :

(J’ai choisi ici l’extrait « Eja Mater »

« Eja Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam ».

Ô Mère, source d’amour, faîtes moi sentir la violence de vos douleurs afin que je pleure avec vous ».)

Dvorak Stabat Mater Eia mater, fons amorisCliquez sur le Stabat Mater

Au XXe siècle, c’est Poulenc qui nous livre un de ses chefs-d’œuvre :

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

Divers

MUSIQUE BAROQUE DU NOUVEAU MONDE – LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2023

Le thème des Soirées baroques de Monflanquin 2023 était le Baroque du Nouveau Monde. Nous y avons donné une sélection de musique baroque soit importée d’Europe par les jésuites partis évangéliser les Amériques, soit de musique baroque écrite par les indigènes dans les missions évangéliques.

Je vous propose ici de retrouver une partie du programme travaillé, puis donné en concert pendant le seconde quinzaine de juillet 2023. Les œuvres sont en latin (Messe, Beatus Vir), en espagnol, voire en quechua !

Bocanegra (XViie siècle) Hanacpachap.

Bocanegra HanacpachapCliquez sur l’image

Zipoli (1688-1726) Beatus Vir.

Zipoli Beatus VirCliquez sur l’image

Sumaya (1678-1755) Misa a cinco voces.

Sumaya Misa a cinco voces (Kyrie Gloria)Cliquez sur l’image

Zéspedes (1619-1678) Convidando esta la noche.

Zéspedes convidando esta la nocheCliquez sur l’image

de Araujo (1648-1712) Los Coflades de la Estleya.

Araujo Los Coflades de la EstleyaCliquez sur l’image

de Salazar -1659-1709) A la estrella.

de Salazar A la EstrellaCliquez sur l’image

Salas (1725-1803) Una noticia alegre.

Salas Una noticia alegreCliquez sur l’image

Fernandes (1565-1629) Xicochi xicochi.

Fernandes Xicochi xicochiCliquez sur l’image

Fernandes Tleycantimo choquililla.

Fernandes Tleycantimo choquilillaCliquez sur l’image

de Araujo Baya de Gira.

de Araujo Baya de GiraCliquez sur l’image

(Source principale : le programme des Soirées baroques de Monflanquin 2023.)

Agenda Ironique

LES CIGALES DU PHARAON

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique prend ses quartiers d’été chez Gibulène. Et qu’est-ce qu’elle demande, Gibulène ?

Vous nous raconterez la conversation de deux cigales observant les vacanciers dans un camping. Elles commentent, bien sûr, avec ironie et causticité.

Les mots à caser : calinotade, patito, cabinets, et fada.

Il vous faudra glisser quelque part « l’homme de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses enfants » (citation empruntée à l’aphoriste Gaëtan Faucer).

Voilà ! à vos plumes, stylos, crayons, feutres, claviers, tout est bon pour y arriver.

Mais tout celà est tellement mieux esspliqué ici :

Les plus tintinophiles d’entre vous auront reconnu dans le titre de cet article le 3e album des aventures de Tintin, reporter au petit XXe.

Dans cet album, qui date de 1932, le dessinateur Hergé qui était encore très jeune à cette époque envoie son fameux reporter au pays des pharaons, qu’il a confondu avec le sud de la France. Ce n’est en effet qu’avec l’album suivant, le Lotus rouge, qu’il a pris l’habitude de se documenter pour nous narrer les aventures de son reporter. Comme les exégètes n’ont pas manqué de le souligner, le dessinateur de BD de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses petits lecteurs. Ce n’est que plus tard qu’il corrigera son album, et lui donnera son titre définitif : les Cigares du pharaon.

Mais foin de calinotade, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cigales. D’où viennent-elles, ces cigales qui enchantent (ou pas) nos festivals d’été. Pour le savoir remontons à l’antiquité, grecque, et intéressons-nous à Éos, la déesse de l’aurore. Condamnée par Aphrodite à collectionner les jeunes amants, elle demanda à Zeus l’immortalité pour Thiton, un de ses préférés. Mais la distraite oublia de demander la jeunesse qui allait avec, et Thiton se mit à vieillir de plus en plus, se ridant et devenant de plus en plus fada, avant que de se métamorphoser en cigale qui dès lors ne s’arrêta plus de chanter.

C’est avec Jean de La Fontaine que les choses ont commencé à se gâter pour la cigale. Il en fit sa patito (ou peut-être convient-il de dire sa patita ?), et la ridiculisa dans une de ses plus fameuses fables, la Cigale et la Fourmi, fable mainte fois mise en musique. On peut en trouver plusieurs versions dans les cabinets de curiosité musicale.

Par exemple, écoutez son chant vu par Camille Saint-Saëns.

Saint-Saëns la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

par Benjamin Godard :

Godard la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

ou par André Caplet :

Caplet la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

Mézalor, demanderez-vous avec raison, elle est où la discussion des cigales demandée dans le cahier des charges initial ? Eh bien, c’est simple, il vous suffit de cliquer sur les trois vidéos précédentes, en même temps, et vous aurez un sextuor composé de trois cigales et de trois fourmis ! Il faut de plus faire l’hypothèse, réaliste, que ces trois cigales se sont donné rendez-vous dans un campigne pour fourmis, appelé le campigne du pharaon, et qu’elles ont passé l’été à chanter en se glosant de la petite vie menée par les fourmis. Alors, elle est pas belle, la vie ?

Et si vous voulez un peu plus de chant des cigales, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

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Écrivains, littérature, Théâtre

Charles-Simon FAVART (1710-1792)

Charles-Simon Favart est né à Paris le 13 novembre 1710.

Après ses études au Collège Louis-le-Grand, il écrit, en 1732, pour le Théâtre des Marionnettes de la Foire Saint-Germain. Il se fait connaître avec l’opéra-comique la Chercheuse d’esprit (1741). En 1743, il devient metteur en scène à l’Opéra-Comique et, après la fermeture de ce théâtre, travaille sous pseudonyme à la Foire Saint-Laurent. Cette même année, Joseph Bodin de Boismortier met en musique son Don Quichotte chez la duchesse.

Bodin de Boismortier Don Quichotte chez la DuchesseCliquez sur l’image

En 1745, il se marie à une chanteuse, Marie-Justine Duronceray, alias Mlle Chantilly.

En 1746, il entre comme chansonnier au service du Maréchal de Saxe. Ce rôle consistait à diriger la troupe de comédiens et de chanteurs qui accompagnaient le maréchal en campagne. Le Maréchal, grand amateur de femmes, a des vues sur madame Favart, et le couple doit prendre la fuite. Ils se réfugient à Bruxelles, où Charles prend la direction du Théâtre de la Monnaie. En 1750, la mort du maréchal les délivre de ses poursuites et ils peuvent rentrer à Paris, sous la protection de madame de Pompadour.

En 1753, Antoine Dauvergne se sert de cet épisode pour sa Coquette trompée.

Dauvergne la Coquette trompéeCliquez sur l’image

Un gros siècle plus tard, c’est Offenbach qui en a tiré en 1878 une opérette, Madame Favart.

Offenbach Madame Favart OuvertureCliquez sur l’image

À Paris, Charles travaille pour l’Opéra-Comique, réouvert en 1752 et la Comédie Italienne. Il écrit des livrets pour les compositeurs célèbres de son époque tels que Philidor, Monsigny, ou l’inévitable Grétry. Il envoie également ses livrets à Vienne où Gluck les met en musique. C’est d’ailleurs à Favart que Gluck demandera de traduire son Orfeo ed Euridice en français.

Gluck Orphée et EuridyceCliquez sur l’image

En 1753, Marie-Justine écrit les Amours de Bastien et Bastienne, une parodie du Devin du Village de Rousseau. Son argument est repris par les librettistes qui ont fourni à Mozart son deuxième opéra, Bastien und Bastienne.

Mozart Bastien et Bastienne Diggi, daggiCliquez sur l’image

En 1761, Favart écrit les trois Sultanes.

En 1772, sa femme Marie-Justine meurt.

Co-directeur (et co-fondateur) de l’actuel Opéra-Comique, on donne le nom de Favart au Théâtre des Italiens, l’actuelle salle Favart, en 1783.

Charles Favart meurt à Belleville le 12 mai 1792, à l’âge de 81 ans.

(Source principale : Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, Fayard, 1992.)