Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

NORMA, de BELLINI (1831)

Norma est une tragédie lyrique de BELLINI, inspirée d’une tragédie française créée à Paris en 1831. Elle est à la limite entre l’opera seria hérité du XVIIIe siècle et le Grand Opéra façon XIXe. Norma se démarque des œuvres qui l’ont précédée par la continuité du chant, dans une sorte de mélodie continue qui marquera WAGNER, pourtant habituellement peu amène avec l’opéra italien. Norma a été créée à la Scala de Milan en 1831.

Cet opéra est un des rares (à ma connaissance) opéras à se passer en Gaule. (Un autre est Amaryllis des Gaules, de C.P.E. BACH, un des fils de Jean-Sébastien.)

Le pitch : Norma, grande prêtresse gauloise a eu une liaison avec Pollione, le proconsul romain dont elle a eu deux enfants. Pollione est maintenant amoureux d’Adalgisa, une jeune prêtresse. Quand Norma le découvre, elle tente de retenir Pollione avant d’avouer publiquement sa faute. Elle est condamnée à mort pour n’être pas restée chaste comme sa charge l’exige.

Acte I : Dans une forêt en Gaule, les druides guidés par leur chef Oroveso s’apprêtent à célébrer la pleine lune, qui sera le signal pour cueillir le gui sacré. Ils demandent à leur dieu de leur donner la force et le courage de battre l’envahisseur romain. Une fois les druides entrés dans leur temple, deux Romains s’avancent. Pollione avoue à Flavio qu’il n’aime plus sa maîtresse, la mère de ses deux enfants : la grande prêtresse Norma. Il est à présent amoureux d’une autre prêtresse, Adalgisa. Il lui raconte un rêve qu’il a fait : il se trouvait à Rome avec Adalgisa, mais son amour était brisé par Norma (Air : « Meco all’altar di venere »).

Bellini norma Meco all'altar di VenereCliquez sur Pollione

L’appel des druides retentit : la pleine lune est levée, la cérémonie peut commencer (Chœur : « Norma viene »).

Bellini Norma Norma vieneCliquez sur la pochette de disque

Norma s’avance, porteuse de la serpe sacrée. Aux Gaulois qui rêvent de se révolter contre les romains, Norma annonce que le temps n’est pas encore venu, que Rome tombera toute seule, victime de sa décadence. Elle s’adresse à la lune, la chaste déesse (Air : « Casta Diva »), lui demandant de répandre sa paix. Elle est déchirée entre le désir de chasser les Romains et son amour pour Pollione.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

Quand la forêt retrouve son calme, Adalgisa arrive, aspirant à retrouver Pollione. Celui-ci se montre et lui demande de renoncer à ses dieux cruels, au bénéfice de l’amour. À son tour, Adalgisa est déchirée entre son devoir de prêtresse et son amour pour Pollione. Celui-ci déclare qu’il part le lendemain à Rome, et lui demande de le suivre, ce qu’elle finit par accepter.

Dans sa demeure, Norma confie à Clotilde ses craintes que Pollione ne reparte à Rome sans elle, la laissant seule avec leurs deux enfants. Survient Adalgisa, venue lui avouer que, amoureuse d’un homme, elle demande à être libérée de sa charge de prêtresse. Pendant son récit, Norma revit ce qu’elle a elle-même vécu. Elle libère Adalgisa de ses liens, et l’interroge sur son amoureux. Quand Pollione avance, elle comprend que c’est de lui qu’il s’agit. Il se trouve alors accablé par les deux femmes, devant sa double traîtrise. Norma finit par prédire la mort de Pollione (Trio : « Oh ! Di qual sei tu vittima »).

Bellini norma Oh di qual sei tu vittimaCliquez sur Norma, Adalgisa et Pollione

Acte II : Armée d’un poignard, Norma s’apprête à tuer ses fils dans leur sommeil. Au moment fatal, elle ne peut s’y résoudre, et préfère se donner la mort. Elle fait appeler Adalgisa pour qu’elle conduise ses fils auprès de leur père. Émue, Adalgisa refuse, elle renonce à Pollione, et convainc Norma de vivre. Elle va plaider sa cause auprès de Pollione (Duo : « Mira, O Norma, a’ tuoi ginocchi »).

Bellini Norma Mira O NormaCliquez sur Adalgisa et Norma

Dans la forêt, les Gaulois s’apprêtent à attaquer le camp de Pollione, attendant un signe de leur dieu. Oreveso arrive et dit que le signe est négatif et qu’il vaut mieux ne pas attaquer les Romains (Air et chœur : « Ah, Del Tebro al giogo indegno »). Dans le temple, Norma attend Adalgisa, mais Clotilde vient lui annoncer qu’Adalgisa a échoué dans sa mission, et que Pollione veut partir à Rome avec elle. Furieuse, Norma frappe le gong sacré des druides, qui arrivent. Norma appelle au massacre des Romains. Ils prennent les armes (Chœur : « Guerra, guerra ! »), mais sont interrompus, car on a trouvé un Romain dans l’enceinte sacrée des druides.

Bellini Norma Guerra GuerraCliquez sur le chœur des Gaulois et des Gauloises

On le fait venir, c’est Pollione ! Norma s’avance pour le tuer, mais son bras s’arrête. Feignant de devoir l’interroger pour découvrir la coupable qui l’a fait venir, elle demande aux druides de se retirer un instant. Elle lui demande alors de renoncer à Adalgisa s’il veut avoir la vie sauve, mais lui préfère mourir. Elle lui avoue qu’elle a voulu tuer ses fils. Il lui répond de le frapper de son poignard. Quand enfin, elle lui dit qu’elle va faire mourir Adalgisa sur le bûcher pour le faire souffrir, il la supplie d’épargner cette dernière. Elle a enfin réussi : Pollione a prié Norma. Norma rappelle alors les Gaulois et va dévoiler le nom de la traîtresse. Mais, au lieu d’Adalgisa, elle se dénonce elle-même. À la foule incrédule, à son père, elle révèle qu’elle est mère et, dans une dernière prière à son père Oroveso, lui confie ses enfants avant de mourir. Pollione va mourir au bûcher avec elle.

Au XIXe siècle, il n’y avait pas internet pour mettre à disposition de tous les trésors de l’humanité, dont la musique. Un des moyens utilisés pour faire entrer la musique chez les gens était la transcription, pour piano ou autres instruments. LISZT, ce pianiste redoutable a ainsi écrit un grand nombre de transcriptions d’opéras de son époque, dont cette fantaisie sur Norma.

Bellini Norma transcription LisztCliquez sur la pianiste

Et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont été sages en lisant ce billet, il y a une surprise.

Point d'interrogationCliquez (si vous avez été sage) sur la surprise

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA BOHÈME, de PUCCINI (1892 – 1895)

Adapté des Scènes de la vie de Bohème, un roman naturaliste français de Henry MURGER, la Bohème est un opéra de PUCCINI se passant dans le milieu bohème de Paris à la fin du XIXe siècle. De par son sujet, et du traitement que lui donne Puccini, cet opéra ressort du vérisme, lancé en 1890 par MASCAGNI avec son Cavalleria Rusticana. La Bohème a été créé en 1896 à Turin, sous la direction de TOSCANINI. On peut dire de cet opéra qu’il est vérismissime !

Le pitch : Dans le Paris du XIXe siècle, quatre amis vivent pauvrement. L’un d’eux, Rodolfo, tombe amoureux de leur pauvre voisine, Mimi. Celle-ci, affaiblie par les privations, tombe malade et, faute de soins, meurt.

Acte I : La nuit de Noël, Marcello le peintre et Rodolfo l’écrivain luttent contre le froid dans leur mansarde parisienne. Pour alimenter le feu, ils brûlent le drame que Rodolfo est en train d’écrire. Colline le philosophe entre : il n’a pas réussi à mettre ses livres en gage pour avoir un peu d’argent. Enfin arrive Schaunard le musicien, porteur de cigares, de vin et de nourriture. Il a gagné de l’argent grâce à un riche Anglais à qui il a donné des cours. Il les invite au café Momus, au Quartier latin. Ils partent tous, sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. On frappe à la porte. C’est une jeune voisine qui vient chercher du feu pour rallumer sa bougie éteinte. Au moment de repartir, elle cherche sa clé, mais les bougies s’éteignent et les deux voisins se retrouvent dans le noir. Rodolfo trouve la clé et l’empoche pour rester avec la jeune femme. Il lui prend la main, se présente, et lui déclare son amour (Air « Che gelida manina »). La voisine, Mimi, répond sur le même ton, elle s’appelle Mimi, est brodeuse, et vit seule dans sa chambre sous les toits (Air : « Mi chiamano Mimi »).

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

En bas, les amis de Rodolfo l’appellent. Le couple sort enfin (duo d’amour : « O suave fanciulla »).

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur Rodolfo et Mimi

Acte II : La petite bande traverse la foule du quartier latin et se dirige vers le café Momus (Chœur avec enfants à la Carmen : « Aranci, datteri »). Rodolfo achète une petite coiffe pour Mimi. Musetta, l’ancienne maîtresse de Marcello, arrive, avec un vieux conseiller d’État, Alcindoro. Furieuse que Marcello l’ignore, elle entonne un air coquin destiné à éveiller la jalousie de Marcello (Air : « Quando me n’vo soletta »).

Puccini La Bohème Quando me'n vo solettaCliquez sur Musetta

Pour se débarrasser d’Alcindoro, elle l’envoie chez le cordonnier faire réparer sa chaussure. Musetta et Marcello tombent dans les bras l’un de l’autre. Le garçon arrive avec l’addition, mais l’argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta fait porter l’addition sur le compte d’Alcindoro. Les amis, ravis, la portent en triomphe et partent. Quand Alcindoro revient avec la chaussure de Musetta, le garçon lui présente la note. Alcindoro s’effondre sur un siège.

Acte III : Aux portes de la ville, les balayeurs et les laitières franchissent la barrière. Mimi entre, toussant fortement. Elle cherche Marcello, qui peint des fresques sur les murs d’une taverne. Elle lui dit que Rodolfo vient de la quitter. Marcello répond que Rodolfo est dans la taverne. Rodolfo, qui vient de se lever, rejoint son ami. Mimi écoute, cachée, Rodolfo expliquer qu’il est parti parce que Mimi joue les coquettes, avant d’avouer la vérité. Il révèle que Mimi est très malade et que, étant trop pauvre, il ne peut rien pour elle. Il la pousse donc à le quitter pour trouver quelqu’un de riche qui pourra la soigner. Mimi, qui a tout entendu, révèle sa présence en toussant. Elle lui fait ses adieux, lui disant de garder la petite coiffe qu’il lui avait offerte, en souvenir de son amour (Air : Donde lieta usci).

Puccini La Bohème Donde lieta usciCliquez sur Mimi

Rodolfo et Mimi tombent dans les bras l’un de l’autre et décident de se séparer au printemps, pendant que Marcello, jaloux, et Musetta se disputent.

Acte IV : Dans leur mansarde, Rodolfo et Marcello parlent de leurs amours passées. Schaunard et Colline arrivent avec le dîner, frugal. Ils font semblant d’être à un festin avant d’improviser un ballet burlesque. Musetta paraît : elle a croisé Mimi dans la rue, gravement malade, et l’a ramenée à la mansarde. Pour payer le médecin, Musetta décide de céder ses boucles d’oreille et Colline va porter son manteau au clou. Schaunard laisse enfin Rodolfo et Mimi seuls. Ils se rappellent leur première rencontre. Rodolfo lui montre la petite coiffe qu’il lui avait achetée. Les autres reviennent avec une potion. Un médecin va venir, mais Mimi s’est évanouie. Mimi meurt pendant que Musetta prie. Schaunard découvre le décès. Rodolfo, comprenant ce qui vient d’arriver se précipite et crie le nom de son amour « Mimi ! ».

Puccini La Bohème finalCliquez une dernière fois sur Mimi et Rodolfo 😢

Cinéma, Mes opéras préférés, opérette, Valse

LA VEUVE JOYEUSE (DIE LUSTIGE WITWE), de LEHAR (1905)

La Veuve joyeuse est une opérette de Franz Lehar créée le 30 décembre 1905 à Vienne. Le sujet s’inspire d’une comédie du librettiste Meilhac (mais oui, vous savez bien, celui de Carmen !) Elle connaît immédiatement un très grand succès et représente, avec la Chauve Souris de Strauss, l’opérette viennoise.

Le pitch : Pour des raisons d’État, une riche veuve, Missia, doit se remarier avec un homme de son pays. Courtisée pour ses millions, elle et Danilo finissent par reconnaître leur amour.

Acte I : À Paris, l’ambassadeur de Marsovie et sa femme Nadia donnent une fête pour l’anniversaire de leur prince et souverain. Restée seule avec Camille de Coutanson, Nadia lui interdit de lui parler d’amour, et lui conseille de se marier. Pourtant, malgré ses vœux de fidélité, elle lui laisse entendre qu’elle a un faible pour lui. On annonce l’arrivée de Missia (Hanna en V.O. autrichienne), une jeune marsovienne mariée à un riche banquier qui a eu le bon goût de mourir quelques mois après leur mariage. Elle est riche de 50 millions, et l’ambassadeur doit faire attention que cette somme ne sorte pas du pays, qui est au bord de la faillite. Il cherche son attaché militaire, le prince Danilo, pour le marier à Missia : ainsi les millions ne sortiront pas du pays. Celui-ci passe son temps à boire du champagne avec des p’tites femmes chez Maxim’s.

Missia paraît et déclare à ses nombreux soupirants qu’elle n’est pas dupe de leurs déclarations d’amour, que c’est ses millions qui les intéressent. L’ambassadeur et sa femme entrent. Nadia déclare à Camille qu’elle veut qu’il se marie avec Missia. Celle-ci invite tout le monde le lendemain chez elle, pour fêter l’anniversaire du prince. Danilo arrive enfin, chantant sa vision hédoniste du monde (Air : Pardonne moi, chère patrie) avant de s’endormir, épuisé.

Lehar La Veuve joyeuse Pardonne moi chère patrieCliquez sur Danilo

Missia entre et trouve Danilo endormi. Elle le réveille et ils se reconnaissent : ils se sont aimés il y a longtemps, mais Danilo n’a pas voulu d’elle pour éviter une mésalliance. La valse qui commence interrompt leur tête-à-tête. Camille et Nadia reprennent leur flirt. L’ambassadeur veut marier Danilo et Missia, mais Danilo refuse. Pour sauver sa patrie, il s’engage à écarter tous les prétendants de Missia. Alors que Missia s’apprête à choisir, au hasard, parmi tous ses prétendants, Danilo l’interrompt, car c’est l’heure de la valse (Air et chœur : C’est la valse écoutez, elle soupire).

Lehar la Veuve joyeuse C'est la valseCliquez sur l’image

Nadia arrive avec Camille, et le présente à Missia comme étant le seul digne de l’épouser. Missia se tourne vers Danilo pour la valse, mais celui-ci refuse, mettant à prix l’honneur de valser avec Missia (100 louis). Tous se retirent, sauf Camille qui est prêt à mettre ce prix, mais Nadia l’en empêche.

Acte II : Le lendemain, chez Missia, elle chante la vieille chanson marsovienne de la dryade et du chasseur (Air : Jadis, habitait dans le grand bois).

Lehar la Veuve joyeuse Vilja LiedCliquez sur l’image

Les hommes se lancent dans un couplet misogyne (Chœur : Le jour qu’Éve écouta le malin). Missia se demande pourquoi Danilo écarte systématiquement tous ses prétendants. L’aimerait-il ? Ils se retrouvent enfin pour une valse, mais une dépêche arrive, l’ambassadeur doit trouver une solution pour les 50 millions, sinon ce sera la crise financière pour la Marsovie. L’état-major de l’ambassade se retire pour en discuter. Nadia et Camille tombent dans les bras l’un de l’autre et se retirent. L’ambassadeur revient, et croit deviner que sa femme est avec Camille. On ouvre la porte, mais c’est Missia qui apparaît. Pour sauver la face, Missia déclare qu’elle vient de se fiancer avec Camille. Danilo proteste et chante une vieille chanson pour faire comprendre sa situation (Air : Jean-Pierre adorait Jeannette) avant de partir s’enivrer chez Maxim’s. Missia comprend que c’est elle qu’il aime.

Acte III : Le soir, chez Maxim’s, la fête bat son plein (Chœur : Nous sommes les p’tites femmes frivoles).

Cliquez sur les p’tites femmes frivoles

L’ambassadeur arrive pour chercher Danilo. Danilo refuse encore le mariage, préférant les « femmes de sa vie ». Missia arrive à son tour. Danilo, jaloux, lui reproche de s’être enfermé avec Camille. Elle lui explique que c’était pour sauver l’honneur d’une amie. Ils se réconcilient et tombent (enfin) dans les bras l’un de l’autre (duo : Heure exquise, qui nous grise).

Lehar La Veuve joyeuse Heure exquiseCliquez sur Danilo et Missia

(On peut entendre ce duo, certainement le plus célèbre de la partition, dans le film l’Ombre d’un doute [Shadow of a doubt] d’Alfred HITCHCOCK, ainsi que dans le Ciel peut attendre [Heaven can wait] d’Ernst LUBITSCH).

Agenda Ironique, Bande dessinée, Mes opéras préférés

GLORIANA, de BRITTEN (1953)

Gloriana est un opéra écrit par Benjamin BRITTEN en 1953, pour les célébrations du couronnement de la reine Elizabeth II. Son sujet avait déjà été traité par DONIZETTI plus d’un siècle plus tôt, dans son Roberto Devereux (1837).

Britten Gloriana PremièreCliquez sur la reine Elizabeth (II) à la première de Gloriana

Ce billet s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de décembre 2020, piloté de main de maître par « Le retour du Flying Bum« . Le thème, très général, est un retour sur l’Annus Horribilis de la reine Elizabeth II, 2020 pouvant être considéré comme une année particulièrement horrible ! Les participants devront utiliser au moins une fois le mot « régionalisme », au moins une expression ou locution régionale et un juron régional.

Je savais depuis longtemps que Britten avait écrit cet opéra, mais devant le caractère pompeux, voire pompier de la commande, j’avais jusqu’ici différé le moment de le regarder, craignant qu’il ne s’agisse ici d’un opus horribilis, malgré l’admiration profonde que j’ai pour Britten. En fait, ça va comme on dit par chez nous, vous pouvez y aller (si vous en avez l’occasion, car c’est loin d’être l’opéra le plus joué de ce compositeur.) On peut toutefois considérer que dans sa carrière musicale presque sans faute, il s’agisse là d’un régionalisme difficilement exportable hors des îles britanniques. 1953, c’est l’année où E.P. JACOBS commence un de ses chefs-d’œuvre, la Marque jaune. On sait que Blake et Mortimer, anoblis par la reine pour services rendus à la patrie, étaient présents à la création de Gloriana. À la sortie, Blake s’est même exclamé, « By Jove, c’est trop bien ! »

Le pitch : Robert Devereux (Lord Essex) et Lord Mountjoy se disputent les faveurs de la reine Elizabeth I. Celle-ci a un faible pour Essex. Mais Essex, ambitieux et fougueux est accusé de trahison par ses ennemis, qui convainquent la Reine de le condamner à mort.

Acte I : À l’issue d’un tournoi (que l’on ne voit pas), Mountjoy est récompensé par la reine, suscitant l’ire et la jalousie d’Essex. Ils se battent en duel et Mountjoy blesse Essex. La reine arrive et leur rappelle qu’il est interdit de se battre à la Cour. Elle leur demande de se réconcilier. La foule acclame Elizabeth.

Britten Gloriana Long may she keep this realmCliquez sur Elizabeth (I)

Britten Gloriana Acte I scène I (fin)Cliquez sur royal carrosse

La reine s’entretient avec Robert Cecil, son conseiller, de la rivalité qui oppose Mountjoy et Essex. Elle admire ce dernier, mais Cecil la met en garde. Il prévient que l’armada espagnole menace la Grande-Bretagne. Essex survient. À la demande de la reine, il chante pour la distraire la reine, avant que de lui demander à être envoyé en Irlande pour mater la rébellion qui s’y trame.

Britten Gloriana The Lute SongCliquez sur Essex

Elizabeth demande à réfléchir. Restée seule, elle prie Dieu de lui donner la force d’être une bonne reine.

Acte II : La reine assiste à un masque* donné sur le thème du Temps et de l’Harmonie.

Essex, sa sœur Lady Rich, Lord Mountjoy et la femme d’Essex, Frances, discutent. Essex se plaint de ce que la reine ne veut pas le laisser partir en Irlande. Ils voudraient prendre plus de pouvoir alors que la reine vieillit. Frances leur recommande d’être prudents.

Lors d’un bal à la cour, la femme d’Essex porte une robe magnifique. La reine entre et fait jouer une danse énergique aux musiciens, puis elle demande aux femmes de sortir changer de tenue.

Britten Gloriana Choral Dances (acte II scène III)Cliquez sur Benjamin Britten

Lady Essex change de robe et revient en se plaignant qu’on ait volé sa robe. La reine apparaît, portant la robe volée, ce qui cause la colère d’Essex.

Elizabeth entre à nouveau et donne son accord pour envoyer Essex en Irlande.

Acte III : Dans les appartements de la reine, les servantes parlent du manque de réussite d’Essex face à la rébellion irlandaise. Essex arrive et exige de parler immédiatement à la reine. La reine s’agace en l’écoutant se plaindre de ses ennemis à la cour. Il sort et les servantes habillent la reine. Sir Cecil entre et la met en garde contre le comportement d’Essex, de plus en plus insubordonné.

Dans une rue de Londres, on entend un chanteur de rue décrire l’insubordination d’Essex. Le crieur public annonce qu’il a été déclaré traître !

La garde rapprochée de la reine essaie de la convaincre de signer la condamnation à mort d’Essex. Elizabeth hésite à cause de l’affection qu’elle garde pour lui. Lord Mountjoy, lady Rich et lady Essex viennent demander la grâce d’Essex. La reine leur répond avec sympathie, mais lady Rich la met en colère en lui disant qu’au fond, elle a besoin d’Essex pour bien régner. La reine signe la condamnation d’Essex.

Restée seule, elle songe à sa relation avec Essex, et qu’il lui faut maintenant désigner un successeur au trône, avant une mort qu’elle sent prochaine.

Britten Gloriana Act III scene III conclusionCliquez sur Elizabeth (I)

(Source principale : le DVD de la production du Royal Opera House de 2013, paru chez Opus Arte)

Retrouvez ici une autre participation à l’Agenda Ironique.

* le masque élisabéthain est une forme de spectacle mêlant musique, chant et danse, auquel participaient les membres de la cour.

Mes opéras préférés

MACBETH, de VERDI (1847)

Écrit en 1847, cet opéra est la première adaptation d’une pièce de SHAKESPEARE par VERDI. Son livret est de Piave et il a été créé à Florence cette même année 1847. Vu la place importante réservée au personnage de Lady Macbeth, on aurait presque pu appeler cet opéra Lady Macbeth, comme le fera un siècle plus tard CHOSTAKOVITCH avec son Lady Macbeth de Mzensk.

Acte I : Dans une forêt d’Écosse, des sorcières sont occupées à jeter leurs sorts sur les humains (Chœur des sorcières : « Che faceste »).

Verdi Macbeth Que faceste

Cliquez sur l’image

Macbeth et Banco, deux généraux du roi Duncan arrivent. Les sorcières saluent Macbeth du triple titre de thane (comte) de Glamys, thane de Caudore et roi d’Écosse. Puis elles prédisent à Banco une descendance royale. Des messagers du roi arrivent, et annoncent à Macbeth qu’il est devenu thane de Caudore. L’ancien thane ayant trahi, il a été destitué et le roi a donné son titre à Macbeth. La première prophétie s’est réalisée.

Dans son château, Lady Macbeth lit une lettre reçue de son mari, où il lui parle de la prophétie des sorcières. Quand on lui annonce que le roi arrive accompagné de Macbeth, elle sait que son mari doit tuer le roi pour prendre sa place sur le trône d’Écosse, ce qu’elle lui fait comprendre dès son arrivée au château. Celui-ci hésite, puis se résout à tuer Duncan. Quand il sort de la chambre du roi, Lady Macbeth prend le poignard et entre pour couvrir de sang les gardes et faire croire qu’ils sont coupables (Duo : « Fatal mia donna! »).

Verdi Macbeth Fatal mia donna !Cliquez sur Lady Macbeth

Au matin, MacDuff vient chercher le roi et découvre son corps sans vie. Tout le monde maudit l’assassin inconnu, y compris Macbeth et sa femme (Chœur et ensemble : « Schiudi, inferno »).

Verdi Macbeth Schiudi infernoCliquez sur l’image

Acte II : Dans leur château, Macbeth et sa femme discutent. Malcolm, le fils du roi Duncan s’est exilé en Angleterre. Pour tous, cette fuite le rend coupable du meurtre de son père. Mais la prophétie dit que les fils de Banco prendront la succession. Ils décident alors de les supprimer et la reine se réjouit (Air : « La luce langue »).

Verdi Macbeth La luce langueCliquez sur Lady Macbeth

Dans une forêt, près du château, une bande de sicaires guettent Banco et son fils, pour les assassiner, sur ordre de Macbeth. Banco, pris d’un sombre pressentiment, enjoint à son fils de prendre la fuite.

Dans la salle du château, tout est prêt pour le banquet. La foule acclame le nouveau couple royal (Air : « Si colmi il calice »). Un des sicaires s’approche et annonce à Macbeth qu’ils ont tué Banco, mais que son fils a pu s’enfuir. Macbeth prend place à table, mais il voit le spectre de Banco se dresser devant lui. Ses propos hallucinés donnent des soupçons à MacDuff et aux invités (Chœur et ensemble : « Biechi arcani »).

Verdi Macbeth Final acte IICliquez sur la foule qui commence à se douter de quelque chose en observant Macbeth et Lady Macbeth

Acte III : Dans une grotte obscure, les sorcières préparent leur soupe infernale (Chœur : « Tre volte miagola la gatta »).

Verdi Macbeth Tre volte miagola la gatta in fregolaCliquez sur les sorcières

Macbeth paraît qui veut connaître son destin. D’abord, les sorcières font apparaître un premier spectre, qui lui dit de se méfier de MacDuff. Secundo celui d’un enfant, qui lui dit de ne rien craindre d’un homme non né d’une femme. Troisièmement le spectre d’un enfant couronné lui dit que sa fin viendra quand la forêt marchera. Macbeth veut savoir si le fils de Banco régnera, mais une succession de spectres défile et Macbeth s’évanouit. Survient Lady Macbeth à qui Macbeth révèle ses visions. Pour se venger de MacDuff qui a fui en Angleterre, ils décident de tuer sa famille.

Acte IV : À la frontière entre l’Angleterre et l’Écosse, le peuple se désole (Chœur : « Patria oppressa »). Le fils de Duncan, Malcolm, arrive, suivi de soldats anglais. Il ordonne qu’on arrache des branches aux arbres de la forêt pour masquer leur avancée.

La nuit, dans le château de Macbeth. Un médecin et une comtesse attendent Lady Macbeth qui, somnambule, erre toutes les nuits dans les couloirs, et cherche à se laver les mains (Air : « Una macchia è qui tuttora »). Son manège et ses propos font comprendre sa culpabilité.

Verdi Macbeth Una macchia e qui tuttoraCliquez sur l’image

On prévient Macbeth de l’arrivée d’une armée, mais celui-ci, se croyant invincible de par la prophétie des sorcières, veut aller à sa rencontre. Mais on lui annonce que la forêt est en marche. MacDuff lui révèle qu’étant né avant terme, il n’est donc pas « né d’une femme ». Il tue Macbeth et est proclamé roi (Chœur : « Vittoria »).

Verdi Macbeth Final acte IVCliquez sur Macbeth

Retrouvez plus de sorcières à l’opéra en cliquant sur « Les sorcières à l’opéra« .

Retrouvez d’autres scènes de folie en cliquant sur « Scènes de folie à l’opéra« .

Retrouvez (prochainement) d’autres fantômes, mais pour l’instant inutile de cliquer.

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de GLUCK (1767 [Vienne], 1776 [Paris])

Comme pour Orphée, la version d’Alceste de GLUCK qui nous est parvenue est une adaptation pour la France d’un opéra en italien écrit pour Vienne dix ans auparavant. L’action en a été resserrée pour l’adaptation française, ce qui donne une œuvre proche de la tragédie grecque, avec l’omniprésence du chœur qui souligne l’action. L’aspect austère de cette version française a rebuté le public, et on a rajouté le personnage d’Hercule, qui pourtant était présent dans la version italienne, et retiré pour la France. C’est GOSSEC, un des maîtres de BERLIOZ, qui a procédé à cet ajout.

Acte I : Le peuple se lamente car Admète, le roi de Thessalie, va mourir (Chœur : Dieux, rendez-nous notre roi).

Gluck Alceste Dieux, rendez-nous notre roiCliquez sur le peuple qui se lamente

La reine Alceste entre, accompagnée de ses enfants. Elle espère que les dieux, émus par sa souffrance, auront pitié d’elle et de ses enfants (Air : Grands dieux, du destin qui m’accable).

 Le grand prêtre accompagné du peuple demande aux dieux d’écarter la mort du trône (Air & chœur : Dieu puissant, écarte du trône). Le grand prêtre annonce que le dieu va se manifester.

La reine revient implorer Apollon (Air : immortel Apollon). Apollon accède aux prières des humains, il accepte de sauver Admète si quelqu’un offre sa vie pour sauver celle du roi. Le peuple fuit, laissant la reine seule. Elle décide alors de mourir à la place de son mari (Air : Non, ce n’est point un sacrifice). Le grand prêtre rentre, annonçant que le roi va vivre, mais que quand arriveront les ténèbres de la nuit, Alceste devra rejoindre le royaume des morts. (Air : Divinités du Styx, je n’implorerai point votre pitié.)

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur l’image

Acte II : Le peuple se réjouit, Admète est vivant. Le roi arrive et remercie son peuple. Il veut savoir par quel miracle il est revenu à la vie. On lui explique qu’un héros inconnu s’est sacrifié pour lui. Le roi demande à voir sa femme. Alceste revient une dernière fois avant la nuit, mais ne peut se réjouir avec le roi et le peuple, qui croient que c’est seulement grâce à ses prières qu’Admète est sauvé. Elle va devoir se résoudre à avouer la vérité (Air : Grands dieux, soutenez mon courage).

Gluck Alceste Grand dieux, soutenez mon courageCliquez sur Alceste

Admète lui demande de sécher ses pleurs (Air : Bannis la crainte). Alarmé par les pleurs d’Alceste, il demande à voir ses enfants, Alceste répond qu’ils vont bien. Enfin, elle dévoile la vérité. Admète refuse le sacrifice d’Alceste et veut mourir avec elle, car à quoi bon vivre si l’objet de son amour n’est plus !

Gluck Alceste Aux cris de la douleur devenez accessibleCliquez sur Alceste et Admète

Le peuple se lamente à nouveau sur le sort d’Alceste, qui partage ses pleurs avant de le faire taire (Air : Ah malgré moi mon faible cœur).

Gluck Alceste Ah malgré moiCliquez sur Alceste

Acte III : Alceste va mourir, et Admète ne lui survivra pas. Le chœur pleure (Chœur : Pleure, oh patrie). Hercule paraît, et demande pourquoi l’on pleure. Informé, il déclare qu’il va aller en enfer chercher Alceste (Air : Au pouvoir de la mort, je saurai la ravir).

Gluck Alceste Au pouvoir de la mort je saurai la ravirCliquez sur Hercule

Alceste, arrivant sur les rives des enfers chante (Divinités implacables). L’amour lui donne une force nouvelle pour aller jusqu’au bout. Mais Admète arrive à son tour et la supplie, pour ses enfants, de rester (Air : Alceste, au nom des dieux). Alceste persiste dans sa volonté de mourir. La trompe de Charon résonne, les enfers réclament leur dû. Alceste est attirée vers les ténèbres.

Admète veut la suivre, mais Hercule arrive et ramène Alceste. Apollon descend du ciel (c’est un deus ex machina) et libère Alceste de ses vœux, on le remercie (Trio : Reçois, dieu bienfaisant) avant que le peuple ne chante pour les fortunés époux.

Gluck Alceste finalCliquez une dernière fois sur Alceste

(Source : Je me suis essentiellement servi pour rédiger ce billet du (très beau) DVD de John Eliot GARDINER, avec la mise en scène hiératique de Robert Wilson. J’ai vu que c’est disponible sur Youtube, mais je ne sais pas si c’est légal).

Contes et légendes, Mes opéras préférés, Mythologie

IDOMÉNÉE (IDOMENEO), de MOZART (1780)

Idoménée, roi de Crète (Idomeneo, Re di Creta) est une commande du Prince Électeur pour le carnaval de Munich. MOZART, âgé de 24 ans, garde ici la structure de l’opera seria, c’est-à-dire une succession de récitatifs et d’airs avec reprises. Il a été créé en janvier 1781.

Le pitch : Après la guerre de Troie, Idoménée, roi de Crète qui s’est battu avec les Grecs envoie des prisonniers troyens chez lui, dont Ilia, la fille de Priam. Ilia est victime d’un choix cornélien entre l’amour qui naît entre elle et Idamante, le fils d’Idoménée, et la haine qu’elle doit ressentir pour celui-ci, qui a vaincu son peuple. Furieux de la défaite des Troyens, Neptune provoque une tempête sur le chemin du retour d’Idoménée. Pour apaiser sa fureur, Idoménée fait le vœu de sacrifier la première personne qu’il croisera de retour sur terre. Comme par hasard, il tombe sur son fils Idamante. Il décide d’écarter son fils de Crête, et l’envoie reconduire Électre, qui passait par là (et qui est également amoureuse d’Idamante) chez elle à Argos. Neptune, furieux à nouveau, relance une tempête qui les empêche de prendre la mer, et de laquelle surgit un monstre marin qui ravage la Crête. Idamante part tuer le monstre. Finalement, Neptune se calme et demande à Idoménée de laisser le trône à son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse.

Voyons cela plus en détail :

Acte I : L’action se déroule en Crète, après la chute de Troie. Ilia, la fille de Priam, raconte qu’à son retour, la flotte grecque a été ravagée par une tempête, et qu’elle a été sauvée par Idamante, le fils d’Idoménée, le roi de Crête. Elle se lamente parce qu’elle aime Idamante, mais cet amour se heurte à la haine qu’elle devrait avoir pour ceux qui ont tué son père. Idamante paraît et, généreux et par amour pour Ilia, libère les prisonniers troyens (Chœur : « Jouissons de la paix ».) Électre, la fille d’Agamemnon qui s’est réfugiée en Crète après le meurtre commis par sa mère reproche cette libération à Idamante, pour lequel elle éprouve elle aussi une vive passion. Arbace, le confident d’Idoménée annonce la mort du roi, qui a péri dans un naufrage. Électre craint qu’Idamante, devenu roi, n’épouse Ilia (Air : « Je sens frémir en mon cœur » « Tutte nel cor vi sento »).

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre furieuse

Sur le rivage, le peuple implore les dieux devant les flots déchaînés. La tempête se calme, et Idoménée descend sur terre. Il révèle que pour calmer la fureur Neptune, il a fait le vœu de lui sacrifier la première personne qu’il rencontrera sur la terre ferme. Mais c’est son fils Idamante que le roi voit s’avancer vers lui. Épouvanté, Idoménée fuit, laissant Idamante dans le désarroi (Air : « Il padre adorato »).

Mozart Idoménée Il padre adoratoCliquez sur Idamante

Acte II : Le peuple rend hommage à Neptune, qui lui a rendu son roi. Idoménée révèle à Arbace le vœu qu’il a fait. Arbace lui conseille d’éloigner Idamante. Le roi décide alors de l’envoyer à Argos pour raccompagner Électre dans sa patrie. Ilia remercie Idamante pour sa générosité envers son peuple (Air : « Si j’ai perdu mon père » « Se il padre perdei ».) Le roi touché par cette gratitude, lui promet sa protection. Il devine les sentiments qu’Ilia a pour Idamante (Air : « Je suis sauvé des flots, mais mon cœur chavire »).

Électre est ravie de rejoindre sa patrie, mais au moment du départ, la tempête reprend de plus belle, et un monstre sort des flots tumultueux. Idoménée se déclare responsable de la fureur de Neptune, et offre de se sacrifier lui-même au dieu barbare (Air : « Fuor del mar »).

Mozart Idoménée fuor del marCliquez sur Idoménée

Acte III : Ilia prend la nature à témoin de sa douleur (air : « Zéphir léger et charmant » « Zeffiretti lusinghieri ») quand Idamante survient.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

Devant l’indifférence apparente d’Ilia, il veut affronter le monstre qui ravage le pays. Ilia lui révèle alors ses vrais sentiments, et ils se déclarent mutuellement leur amour (Duo : « T’amo, t’adoro »).

idoménée duoCliquez sur Ilia et Idamante

Idoménée et Électre les surprennent, pressant Idamante de partir au plus tôt (Quatuor : « Andro ramingo e solo« ).

Mozart Idoménée andro ramingo e soloCliquez sur le quatuor

Devant les ravages causés dans le pays, le grand prêtre vient réclamer d’Idoménée qu’il accomplisse son vœu. Le roi révèle alors que c’est son propre fils qu’il doit immoler. Ils se dirigent vers le temple de Neptune, lieu du sacrifice, quand on apprend qu’Idamante a vaincu le monstre et qu’il revient s’offrir au sacrifice.

Au moment où Idoménée va frapper, Ilia s’interpose et s’offre comme victime. Un oracle de Neptune ordonne alors qu’Idoménée renonce à son trône, au profit de son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse. La joie éclate. Pendant qu’Électre, furieuse, s’enfuit, la foule éclate de joie célébrant les nouveaux époux et la paix revenue.

Mes opéras préférés

JENUFA (Její pastorkyňa), de JANACEK (1893 – 1903)

JANACEK met dix ans à écrire la partition de Jenufa, de 1893 à 1903, avec une interruption de quatre ans entre l’acte un et les suivants, qui s’entend dans le changement de style entre les deux parties. Créé avec succès à l’opéra de Brno en 1904, il faut attendre la création à Prague en 1916 pour que cet opéra soit reconnu comme un chef d’œuvre au-delà des frontières de la Moravie. On notera l’orchestration post-wagnérienne somptueuse, et si cet opéra avait été italien, il se rangerait dans le vérisme.

Le pitch : Jenufa et Steva s’aiment, mais Steva est un bon à rien. Kostelnicka, la marâtre de Jenufa ne veut pas de lui pour beau-gendre et manœuvre pour favoriser l’amour que Laca, le demi-frère de Steva, a pour Jenufa.

Acte I : Dans son village, Jenufa attend le retour de son amant Steva. Elle prie pour qu’il ne soit pas enrôlé par les sergents recruteurs, ce qui empêcherait son mariage, et la condamnerait à l’enfer, car elle attend un enfant.  Sa grand-mère lui demande de se remettre au travail. Laca, le demi-frère de Steva dont il est jaloux, se plaint d’être rejeté par tout le monde, y compris par Jenufa dont il est secrètement amoureux. Il fera tout pour que le mariage ne se fasse pas.

Le meunier apprend à Jenufa que Steva ne part pas à l’armée. Les jeunes gens reviennent de la conscription, ivres, conduits par Steva. Le mariage pourra avoir lieu et l’honneur sera sauf. Steva se vante de ses succès auprès des filles avant de commencer une danse avec les autres jeunes.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

La marguillière du village, Kostelnicka, mère adoptive de Jenufa, est choquée par l’attitude de Steva et lui impose une année sans être ivre avant de pouvoir se marier avec Jenufa. Elle sort. L’assemblée commente sa décision (bel ensemble). Jenufa supplie Steva de cesser de faire souffrir sa mère. Elle lui rappelle qu’elle attend un enfant de lui, et évoque le scandale que ce serait si on l’apprenait. Steva lui répond alors qu’il n’aime qu’elle, et qu’il n’est pas question qu’il la quitte.

Laca, jaloux et furieux de voir l’amour de Jenufa pour Steva s’emporte, et la blesse à la joue avec son couteau, la défigurant.

Janacek Jenufa Jak razm vsecko (final acte I)Cliquez sur Jenufa et Laca

Acte II : Quand Jenufa a avoué sa situation a Kostelnicka, celle-ci l’a cachée chez elle, et c’est là que Jenufa a accouché en secret. Jenufa exprime son amour pour son enfant alors que Kostelnicka lui demande de prier Dieu pour qu’il fasse disparaître l’enfant de la honte. Elle fait venir Steva, lui présente son fils et lui dit qu’il peut effacer la honte de Jenufa en se mariant avec elle. Mais celui-ci révèle que son amour pour Jenufa a disparu lorsqu’il l’a vue défigurée par Laca, et qu’il vient de se fiancer avec Karolka, la fille du juge. Il ne veut pas que l’on sache qu’il est le père de l’enfant de Jenufa.

Laca vient demander si Jenufa est revenue de Vienne, où sa belle-mère a prétendu qu’elle était pendant la grossesse. Il veut se marier avec Jenufa. Kostelnicka lui révèle alors la naissance du bébé. Sentant que l’existence de l’enfant de son rival gêne le souhait de mariage de Laca, elle lui dit que l’enfant est mort peu de temps après la naissance. Laca sorti, elle réalise ce qu’elle vient de dire. Elle enlève alors l’enfant et va le jeter dans la rivière gelée.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur Kostelnicka

Kostelnicka revient et lui dit qu’elle a eu de la fièvre pendant deux jours et que pendant ce temps, son enfant est mort. Jenufa catastrophée demande des nouvelles de Steva. Kostelnicka lui dit de l’oublier, qu’il l’a abandonnée.

Jenufa se réveille. Inquiète de ne pas voir son enfant, elle adresse une prière à la Vierge (Air : « Zdravas Kralovno » [« Ave Maria]).

Janacek Jenufa Zdravas kralovno (Ave Maria)Cliquez sur Jenufa

Kostelnicka revient et lui dit qu’elle a eu de la fièvre pendant deux jours et que pendant ce temps, son enfant est mort. Jenufa catastrophée demande des nouvelles de Steva. Kostelnicka lui dit de l’oublier, qu’il l’a abandonnée.

Laca revient et demande Jenufa en mariage, aidé par Kostelnicka qui leur donne sa bénédiction et maudit Steva.

Janacek Jenufa final acte IICliquez sur Laca et Jenufa

Acte III : C’est le printemps. Jenufa et Laca vont se marier. Le juge et sa femme arrivent, annonçant la venue de Steva et de sa fille Karolka, invités par Laca en signe de réconciliation. Kostelnicka est rongée par le remords de ce qu’elle a fait.

Devant l’amour que se portent Karolka et Steva, qui doivent se marier deux semaines plus tard, Jenufa souhaite à Steva de ne pas souffrir par amour comme elle a souffert. Des villageoises viennent chanter une chanson de noces. Au moment de la bénédiction nuptiale par Kostelnicka (n’oublions pas que c’est la marguillière du village), on annonce qu’on a trouvé le cadavre d’un enfant dans la rivière prise par les glaces. Jenufa reconnaît les vêtements de son bébé. La foule accuse Jenufa, mais Kostelnicka avoue son crime. D’abord horrifiée, Jenufa lui pardonne ensuite, comprenant qu’elle a agi par amour pour elle. Kostelnicka reconnaît qu’elle a agi par égoïsme, alors que Jenufa pardonne à tout le monde.

Restés seuls, Jenufa demande à Laca de la laisser, mais lui maintient sa demande en mariage.

Janacek Jenufa finalCliquez sur Jenufa et Laca

(Source : je me suis servi pour élaborer ce billet de l’enregistrement en DVD du spectacle réalisé au Liceu de Barcelone, que l’on peut voir intégralement en cliquant sur le lien suivant.)

Janacek Jenufa intégrale LiceuCliquez sur le lustre du Gran Teatre del Liceu

Mes opéras préférés

LA FILLE DU RÉGIMENT, de DONIZETTI (1840)

Écrit en 1839 pour l’Opéra-Comique de Paris, c’est le premier opéra écrit spécifiquement par DONIZETTI pour le public français. Créée début 1840, l’œuvre ne connut pas le succès. On a accusé Donizetti d’avoir recyclé des morceaux de ses anciennes partitions italiennes.

La même année, la Scala de Milan donna une version italienne qui devint populaire en Italie.

C’est cette version italienne qui, revenant en France en 1850, a décidé l’Opéra-Comique à récupérer son « bien ». Dès lors, cet opéra connut un grand succès jusqu’à la fin du siècle.

Acte I : En 1805, dans le Tyrol occupé par les armées napoléoniennes. Les villageois se préparent à la guerre pendant que les femmes prient. La marquise de Berkenfeld est obligée de s’arrêter au village au pied des montagnes du Tyrol (Air : « Pour une femme de mon nom ».)

Donizetti La Fille du régiment pour une femme de mon nomCliquez sur la marquise

Les villageois annoncent que les Français se retirent.

Sulpice, un sergent français apparaît, suivi de Marie, une vivandière trouvée enfant sur un champ de bataille et adoptée par les soldats du 21e régiment (Air : « Au bruit de la guerre ».)

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur Marie (Julie Fuchs) et Sulpice

Sulpice pose des questions à Marie au sujet d’un mystérieux jeune homme qu’elle connaît. Celle-ci répond qu’il lui a jadis sauvé la vie.

Les soldats français capturent un Tyrolien rôdant autour du camp. Marie reconnaît son sauveur, Tonio. On le menace, mais Marie prend sa défense (ensemble : C’est un traître/ c’est un ami). Il déclare qu’il soutiendra désormais la France (Air : « Chacun le sait ».) 

Donizetti La Fille du régiment Chacun le saitCliquez sur Marie (Nathalie Dessay)

Resté seul avec Marie, Tonio déclare sa flamme (Air : Depuis l’instant où dans mes bras), alors qu’elle-même n’est pas insensible à son charme (Duo : De cet aveu si tendre). Mais adoptée par le régiment, elle a promis de n’épouser qu’un membre de ce régiment. Sans hésiter, Tonio s’engage. (Air : « Pour mon âme quel destin » [l’air aux neuf contre-ut !].)

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur Tonio

Pendant ce temps, la marquise qui s’était cachée, sort de sa cachette et supplie Sulpice de la protéger. Sulpice fait le rapprochement entre le nom de la marquise et celui du capitaine Robert qui dirigeait le régiment plusieurs années auparavant.

La marquise indique que le capitaine était marié avec sa sœur. Sulpice devine alors que Marie est leur fille, et le sergent présente Marie à sa tante. La marquise décide d’éloigner Marie du régiment et de la ramener à la maison familiale. Marie fait ses adieux au régiment (air : Il faut partir.)

Donizetti La Fille du régiment il faut partir Cliquez sur Marie (Pretty Yende)

Acte II : Depuis maintenant plus d’un an, la marquise essaie d’apprendre les bonnes manières à Marie, mais l’ancienne vivandière n’a que faire des romances de sa tante, et n’est bien qu’auprès de son régiment (Trio : Le jour naissait dans le bocage).

Donizetti La Fille du régiment le jour naissait dans le bocageCliquez sur la marquise, Marie et Sulpice

Mais la marquise a des projets pour Marie, elle veut la marier au duc de Crakentorp. Elle révèle à Sulpice pourquoi elle a de tels projets. En réalité, Marie n’est pas sa nièce, mais sa fille illégitime qu’elle a eue lors d’une relation avec le capitaine Robert. Par ce mariage avec le duc, elle veut revenir dans la grande société. Marie se rappelle son amour pour Tonio (air : « Par le rang et par l’opulence ».)

Donizetti La Fille du régiment par le rang et l'opulenceCliquez sur Marie (Nino Machaïdze)

Le régiment interrompt le mariage en révélant le passé de vivandière de Marie. Celle-ci reconnaît avoir grandi sur les champs de bataille et avoue son amour pour Tonio qui, lui, avoue s’être engagé pour voir Marie (air : Pour me rapprocher de Marie).

Émue, la marquise accorde à Marie le mariage qui la rendra heureuse.

Donizetti La Fille du régiment tous les trois réunisCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, Mythologie

ORPHÉE ET EURYDICE, de GLUCK (Vienne 1762 – Paris 1774)

Il existe plusieurs versions de l’Orphée et Eurydice de GLUCK. Une première version en italien a été créée à Vienne en 1762 (Orfeo ed Euridice). Le rôle d’Orphée était tenu par un castrat. Arrivé en France, Gluck en a donné une adaptation en français en 1774. Le rôle d’Orphée était alors tenu par un haute-contre. Enfin, BERLIOZ en a fait une adaptation en 1859, pour permettre à la mezzo Pauline VIARDOT de chanter le rôle d’Orphée.

Rappelons que le mythe d’Orphée est à l’origine du premier opéra (Orfeo [1607] de MONTEVERDI ) et même de l’archéopéra qu’est l’Eurydice de PERI (1600).

Acte I : Orphée et le chœur se lamentent sur la mort d’Eurydice.

Gluck Orphée et Eurydice OuvertureCliquez sur l’image

Orphée est prêt à mourir quand Amour lui annonce que Jupiter, pris de pitié par ses chants, lui permet de récupérer Eurydice s’il convainc Enfer de la laisser partir, et à la double condition qu’il ne regarde pas son épouse quand il sera en enfer, sans lui en donner la raison. Orphée a peur des réactions d’Eurydice face à cette attitude, mais il est décidé à aller la chercher.

Acte II : Orphée descend aux enfers. Un chœur infernal veut lui faire peur et rebrousser chemin. Orphée les supplie de le laisser passer, mais ils refusent. Il réussit enfin à émouvoir les esprits infernaux par son chant, et ils le laissent passer.

Gluck Orphée et Eurydice début acte IICliquez sur l’image

Orphée, arrivé à l’Élysée, imagine ses retrouvailles avec Eurydice. Il est accueilli par les âmes apaisées qui lui souhaitent la bienvenue et lui annoncent qu’Amour va lui rendre Eurydice. Celle-ci va venir, déjà « presque de retour à la vie ».

Gluck Orphée et Eurydice Danse des ombres heureusesCliquez sur les ombres heureuses

Elle apparaît et le chœur lui demande de saluer son époux.

Acte III : Eurydice retrouve Orphée, étonnée d’être vivante. Ils remontent vers le monde des vivants. Eurydice s’émeut de l’indifférence de son mari, qui se tait et ne veut pas la regarder. Devant cette attitude, elle préfère retourner à la mort. La chétive Eurydice supplie tant et si bien qu’Orphée se retourne et regarde sa femme, qui meurt alors dans ses bras. Orphée se lamente (Air : « J’ai perdu mon Eurydice » [« Che faro senza Euridice »]) et veut mourir à son tour.

Gluck Orphée et Eurydice Che faro senza EuridiceCliquez sur la version italienne (pour haute-contre) de cet air très célèbre

Mais l’Amour veille et descend du ciel. Il intervient à nouveau pour l’empêcher de se suicider et lui rend Eurydice. Un ballet et un chœur final célèbrent le triomphe de l’amour.