Divers, Maria Callas

ABANDON OU ABANDON ?

L’opéra, qui nous raconte souvent des histoires d’amour plus ou moins heureuses (plutôt moins que plus, car sinon, il n’y a pas d’histoire !), connaît son lot d’abandons.

Pour les moins heureux, l’abandon est à entendre au sens de se faire abandonner. Pour les plus heureux, il faut l’entendre dans le sens de s’abandonner (dans les bras de l’être aimé.) Et dans certains cas, le héros ou l’héroïne commence par s’abandonner avant de se faire abandonner. C’est le cas par exemple de Marguerite dans le mythe de Faust.

Voyons quelques exemples :

Dans Alcina (1735) de HAENDEL, la magicienne Alcina invoque les esprits pour se venger d’avoir été abandonnée.

Haendel Alcina ombre pallide sandrine PiauCliquez sur l’image

Dans Don Giovanni (1787) de MOZART, c’est Dona Elvira qui se plaint d’avoir été séduite, puis abandonnée par Don Giovanni.

Mozart Don Giovanni Ah chi mi dice maiCliquez sur Dona Elvira

Au début de l’acte III de La Traviata (1853) de VERDI, Violetta, abandonnée de tous, se remémore les moments où elle s’abandonnait dans les bras d’Alfredo.

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur Violetta

Dans Faust (1859) de GOUNOD Marguerite, séduite puis abandonnée, attend vainement le retour de Faust.

Gounod Faust il ne revient pasCliquez sur Marguerite

Dans Otello (1886) de VERDI, Desdémone chante la très belle chanson du saule, une chanson que lui chantait sa nourrice qui raconte l’histoire d’une servante séduite avant que d’être abandonnée.

Dans Rusalka (1900) de DVORAK, le sort de l’héroïne abandonnée est particulièrement terrible, car cet abandon signifie pour elle qu’elle perd son statut de naïade.

Dans Jenufa (1893 – 1903) de JANACEK, l’héroïne se voit abandonnée par son amant Laca, parce qu’elle a été défigurée par un coup de couteau.

Dans Madame Butterfly (1903) de PUCCINI, l’héroïne attend le retour de son mari qui l’a abandonné.

Puccini Butterfly Un bel di vedremo callasCliquez sur Cio-Cio-San

À la fin de l’opéra-rock Tommy (1969) des WHO, le héros abandonné par ses fans reprend une dernière et pathétique fois le thème « See me, feel me ».

The Who Tommy We're not gonna take itCliquez sur Tommy

Compositeurs, Maria Callas, Publicité

Vincenzo BELLINI (1801 – 1835)

Vincenzo BELLINI est né à Catane, en Sicile, le 3 novembre 1801. Son père et son grand-père, organistes, lui donnent ses premières leçons de musique.


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Vincenzo suit ses études au Conservatoire de Naples et commence sa carrière en écrivant de la musique religieuse, mais aussi une dizaine de symphonies aujourd’hui bien oubliées.

C’est dans le domaine de l’opéra qu’il se distingue avec, en 1826, la création de son opéra Bianca e Fernando, une comm2nde du Théâtre San Carlo de Naples. Devant le succès rencontré, on lui commande Il Pirata (1837) pour le théâtre de la Scala de Milan.

Bellini Il Pirata scène de folie (Callas)Cliquez sur l’image

En 1830, il écrit I Capuletti e i Montecchi, soit son Roméo et Juliette.

En 1831, il écrit pour deux théâtres rivaux de Milan La Somnambule

Bellini La Somnambule Ah non giunge DessayCliquez sur l’image

et Norma qui, après un début difficile, lui valent un large succès européen.

Bellini Norma Casta Diva (Gaultier)Cliquez sur la pub

Et puis comme ce blog, ce n’est pas que de la rigolade, retrouvez ici une autre version de l’air « Casta Diva » qui permet de saisir ce qu’est un vibrato réussi !

Bellini Norma Casta Diva FlemingCliquez sur l’image

Après l’échec de Beatrice di Tenda en 1833, il répond à l’appel de ROSSINI et vient en France pour composer un ouvrage pour le Théâtre-Italien de Paris. Il s’installe alors à Puteaux, où il écrit Les Puritains, qui connaît un véritable triomphe.

Bellini les Puritains NetrebkoCliquez sur l’image

Bellini meurt à Puteaux quelques jours après la création de cette œuvre le 23 septembre 1835. Il avait trente-quatre ans.

Son génie spontané pour la mélodie a fait de lui le représentant le plus parfait du bel canto (littéralement beau chant).

À sa mort, son rival pour la scène et ami dans la vie DONIZETTI, a écrit un Requiem à sa mémoire.

Écrivains, Bande dessinée, Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo

CANTATRIX SOPRANICA L. (Georges PEREC – 4)

Cantatrix Sopranica L. est le titre d’une étude scientifique de Georges PEREC sur, je cite, la « démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la Cantatrice ».

Dans cette parodie, à lire absolument, d’une publication scientifique, l’auteur nous livre le mode opératoire des expériences visant à mesurer l’effet du lancer de tomates (ou d’autres objets) sur les hurlements des cantatrices.

Il faut savoir que pour gagner sa vie, Perec a occupé un poste de documentaliste de 1961 à 1978 dans différents hôpitaux parisiens, puis au CNRS. La prose si spéciale des publications scientifiques ne lui était donc pas du tout étrangère.

En effet, partant de l’observation suivante : « The more you throw tomatoes on Sopranoes, the more they yell », l’auteur se propose de mesurer scientifiquement cet effet.

Pour cela, il a expérimenté sur 107 sopranos femelles fournies par le Conservatoire National de Musique, pesant entre 94 et 124 kg, la réception de tomates lancées par un « automatic tomatothrower » à la cadence de 9 projections par seconde, ce qui est censé refléter les conditions rencontrées par les sopranos et autres chanteurs sur scène.

Il faut lire toute la bibliographie associée à cette étude, biblio truffée de jeux de mots. On peut ainsi y relever, écrites dans un européen vernaculaire :

  • Chou, O.& Lai, A. Musicali efftti del tomatino jettatura durante il reprezentazione dell’opere di Verdi.
  • Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain.

Singing in the rainCliquez sur le film de Stanley DONEN

  • Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

  • Pompeiano, O. Vesuviana, A. Strombolino, H. & Lipari, G. Volcaniche effetti della formazione reticolare nella funiculi funicula.

Funiculi funiculaCliquez sur les deux ténors

  • Tebaldi, R. La Callas revisited.

Callas vs TebaldiCliquez sur la Callas et la Tebaldi

En 2005, la compositrice Unsuk CHIN a créé sa propre vision de Cantatrix Sopranica.

Unsuk Chin Cantatrix SopranicaCliquez sur l’image

Pour les amateurs de bande dessinée, et plus particulièrement de GOTLIB, vous trouverez dans le même recueil, un article intitulé « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Là aussi, un texte rigoureusement indispensable pour tout amateur de Gotlib.

Enfin, dans une autre étude intitulée De la Beauce à Notre Dame de Chartres, l’auteur nous révèle toutes les approches que l’on peut avoir de la cathédrale de Chartres, paléogothique, archéozélandaise, non euclidienne… subaquatique… (cf. DEBUSSY), nous annonçant ainsi La cathédrale engloutie de Debussy.

Debussy Cathédrale engloutieCliquez sur l’image

Source : Georges PEREC, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, éditions du Seuil, 1991.

Et pour retrouver d’autres articles sur Georges PEREC :

La Disparition

La Vie mode d’emploi

Je me souviens.

Historique, Maria Callas, Mes opéras préférés

TOSCA, DE PUCCINI (1899 – 1900)

Œuvre phare du vérisme écrite en 1899 et créée à Rome en 1900, Tosca, chef-d’œuvre de PUCCINI, est tirée d’une pièce de théâtre du Français Victorien SARDOU, et se passe à Rome en 1800, pendant la République romaine mise en place par Napoléon, la veille et le jour de la bataille de Marengo. Après un accueil très froid de la critique, Scarpia étant l’un des rares vrais « méchants » représentés à l’opéra, l’œuvre rencontre très vite un grand succès populaire.

Acte I : Dans une église à Rome où le peintre Mario Cavaradossi achève un tableau arrive Angelotti, ancien consul de la République romaine installée par Napoléon, qui s’est échappé du château Saint-Ange, où il était prisonnier politique. Il se cache dans une chapelle quand le sacristain arrive, bientôt suivi par Cavaradossi. Ils discutent du tableau que le peintre est en train de faire, où il a donné à Marie-Madeleine les traits d’une inconnue qui vient prier tous les jours (Air : « Recondita armonia »).

Puccini Tosca Recondita armoniaCliquez sur Cavaradossi

Angelottti sort de sa cachette quand le sacristain s’en va. Cavaradossi lui donne le panier de son repas. Mais Angelotti retourne se cacher quand arrive Floria Tosca, une cantatrice qui est la maîtresse du peintre. Ils se donnent rendez-vous pour le soir après le concert (Air : « Non sospira la nostra casetta »), mais découvrant le tableau de Mario représentant la belle Romaine qui lui a servi de modèle, Tosca laisse éclater sa jalousie. Mario réussit à la calmer (Air : « Quale occhio al mondo »).

Au départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti, qui lui apprend que sa sœur a caché des vêtements de femme dans la chapelle pour sa fuite. Le peintre propose de le cacher chez lui, en attendant qu’il puisse sortir de la ville. Un coup de canon de la forteresse retentit, signalant l’évasion d’un prisonnier. Les deux hommes fuient. Le sacristain arrive avec la maîtrise de l’église. Ils nous apprennent que Napoléon a été battu, et qu’il va y avoir une fête le soir. Scarpia, le chef de la police, arrive à son tour. Il découvre la porte de la chapelle ouverte et l’éventail de la sœur d’Angelotti qui traîne. Découvrant le portrait de celle-ci sur le mur, il demande au sacristain qui en est le peintre. Le sacristain lui dit que c’est Cavaradossi, et que le panier de son repas est vide. Scarpia en conclut que Cavaradossi va aider Angelotti à s’enfuir. Tosca revient pour dire à son amant qu’elle ne pourra pas se rendre à leur rendez-vous du soir. Scarpia excite sa jalousie avec le portrait et l’éventail. Furieuse, elle se précipite chez le peintre pour le surprendre avec sa maîtresse. Scarpia la fait suivre pour découvrir où se cache Angelotti et se réjouit d’avoir instillé le venin de la jalousie dans le cœur de la belle Romaine, tout en commençant à la séduire. Pendant ce temps, le peuple entonne un Te Deum pour célébrer la victoire.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Acte II : Au palais Farnese, chez Scarpia. Celui-ci écrit un billet à Tosca, l’invitant à se rendre chez lui. Spoletta, le chef des gardes arrive et lui annonce qu’il a suivi Tosca, mais qu’Angelotti reste introuvable. En revanche, on a arrêté Cavaradossi.

Scarpia interroge Cavaradossi pour savoir où est le fugitif, mais le peintre ne répond pas. Son concert fini, Tosca arrive. Mario lui demande de garder le silence. Scarpia envoie le peintre et son bourreau dans une pièce voisine, pour que Tosca entende les cris de son amant sous la torture. Il veut faire parler Tosca, qui commence par se taire, mais ne pouvant supporter les cris de Cavaradossi qui se font de plus en plus forts, elle révèle la cachette d’Angelotti. Scarpia apprend alors à Cavaradossi la trahison de Tosca. Le peintre la maudit. Un agent vient annoncer la victoire de Bonaparte à Marengo. Cavaradossi laisse éclater sa joie, et Scarpia le condamne à mort. Devant les pleurs de Tosca qui réclame la libération de son amant, Scarpia accepte de le libérer si elle lui accorde une nuit avec lui. Elle se rappelle sa vie vouée à l’art (Air : « Vissi d’arte ») avant de céder au chantage de Scarpia.

Puccini Tosca Vissi d'Arte (Callas)Cliquez sur Floria Callas

Spoletta arrive et annonce qu’Angelotti s’est donné la mort. Pour ne pas se déjuger devant lui, Scarpia dit qu’il va organiser un simulacre d’exécution, avec des balles à blanc. Avant de se livrer au chef de la police, Tosca exige un sauf-conduit pour le peintre. Dès que celui-ci est signé, Tosca frappe le chef de la police avec un couteau et le tue.

Acte III : Le lendemain à l’aube, au château Saint-Ange. On entend les cloches de Rome sonner les matines, dans un extraordinaire prélude orchestral.

Puccini Tosca prélude acte IIICliquez sur l’image

Cavaradossi, sur le point d’être exécuté, se souvient des bons moments passés avec Tosca et demande à lui écrire un dernier mot (Air : « E lucevan le stelle »).

Puccini tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

Tosca arrive avec le laissez-passer et lui raconte les événements de la veille. Cavaradossi bénit ces mains qui ont tué Scarpia (Air : « O dolci mani »). Tosca lui explique qu’il doit faire semblant de tomber au sol quand le peloton d’exécution tirera sur lui.

Le peloton arrive, l’exécution a lieu, Mario s’effondre. Mais quand Tosca s’approche de son amant, elle découvre avec horreur que Scarpia lui a menti et que Mario est mort. Entre temps, on a découvert le meurtre de Scarpia. Quand les gardes arrivent pour arrêter Tosca, elle se suicide en se jetant du haut des remparts.

Historique, Maria Callas

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (2)

Après un premier billet consacré à la présence de la Révolution française à l’opéra, je vais parler ici des musiciens qui ont composé POUR la Révolution.

Dans ces années révolutionnaires, donc, la volonté de donner une conscience politique au peuple passait par l’organisation de grandes fêtes nationales et solennelles. Celles-ci étaient organisées notamment par GOSSEC pour la musique, DAVID pour la peinture et CHÉNIER pour la poésie. Pour ces fêtes, on commandait des hymnes ou des chœurs grandioses. Ainsi, pour la fête de la Fédération (14 juillet 1790), Gossec écrivit-il un Te Deum. De Gossec, écoutons cette splendide marche lugubre :

Gossec Marche lugubre 1790Cliquez sur l’image

Outre Gossec, des musiciens comme MÉHUL, CHERUBINI ou LE SUEUR ont également étaient pourvoyeurs de musique révolutionnaire. De Méhul, il faut évidemment citer le Chant du départ, sur des paroles de Chénier.

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

En 1815, à la fondation de l’Institut de France, Méhul et Gossec sont associés au prolifique GRÉTRY, qui avait servi Louis XV et Louis XVI, pour représenter la musique dans les classes des Beaux-Arts.

Ces musiciens ont d’ailleurs brillé à l’opéra, Méhul avec Euphrosine (1790), Le Sueur avec la Caverne (1793), Gossec avec le Triomphe de la République (1794) et Cherubini avec Médée (1797).

Cherubini Médée final CallasCliquez sur l’image

Le Sueur aura en outre une grande influence sur la musique du XIXe siècle puisqu’il compte parmi ses élèves BERLIOZ, GOUNOD ou encore Ambroise THOMAS.

Le Chevalier de Saint-Georges, lui, ralliera la Garde nationale en 1791, tout en gardant des activités musicales et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Écrivains, histoire, littérature, Maria Callas

OSSIAN le barde

Je vous en avais parlé dans le billet sur les filles de l’eau, voici donc celui consacré au barde celtique OSSIAN (IIIe siècle apr. J.-C.), qui est à l’origine d’une supercherie littéraire du XVIIIe siècle.

Un écrivain écossais, Mc PHERSON, a prétendu dans les années 1760 avoir traduit ses œuvres en anglais moderne. Ces textes, qui racontent l’histoire de Fingal, ont eu un énorme retentissement aux époques préromantiques, puis romantiques, et ont à leur tour inspiré écrivains et musiciens. C’est ainsi que surfant sur la vague de l’ossianisme, et dans un contexte d’éveil des nationalités, l’Écossais Walter SCOTT a poursuivi dans la veine d’une littérature écossaise.

Le grand GOETHE lui-même, dans Les souffrances du jeune Werther, fera traduire par son héros les poèmes d’OSSIAN.

La France napoléonienne a succombé aussi à l’ossianisme, c’est ainsi que LESUEUR, un des maîtres de BERLIOZ écrira l’opéra Ossian ou les bardes (1804) et MÉHUL l’opéra Uthal (1806).

mehuk uthalCliquez sur l’image

On peut aussi attribuer à sa postérité l’opéra Norma de BELLINI, dont l’action se passe en Gaule et l’héroïne, Norma, est une prêtresse druidique.

callas casta divaCliquez sur l’image

Parmi les mises en musique de l’univers d’Ossian figure la Grotte de Fingal (1829), de MENDELSSOHN.

On retrouve Werther dans l’opéra de MASSENET d’après le roman de Goethe. Werther retrouvant Charlotte lui lit les traductions d’Ossian qu’il avait écrites pour elle, ce qui nous donne le sublime Pourquoi me réveiller après lequel se révèle l’amour (impossible) que Charlotte a pour lui.

pourquoi me réveiller alagnaCliquez sur l’image

Retrouvez BRAHMS et son opus 27, Gesang aus Fingal (c’est une autre version que celle des « filles de l’eau » comme ça vous pourrez comparer différentes interprétations.)

Plus près de nous, les Pink Floyd ont écrit leur propre Fingal’s Cave (la Grotte de Fingal) sur l’album Zabriskie Point (1970).

pink floyd fingal

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Cinéma, Compositeurs, Maria Callas

Giacomo PUCCINI (1858 – 1924)

Aujourd’hui, voyons le représentant le plus connu de l’école vériste, PUCCINI.

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Puccini, né en 1858 à Lucques en Italie, est issu d’une longue lignée de musiciens, ses quatre aïeux paternels étant compositeurs d’opéras !

Très jeune, il reçoit sa première formation musicale à Lucques. En 1876, il compose sa Missa de Gloria, et en 1879, il entre au conservatoire de Milan où il a comme maître PONCHIELLI.

Avec l’aide d’Arigo BOÏTO, il monte son premier opéra, La Villi, à la Scala de Milan en 1884, opéra qui attire l’attention de Giuseppe VERDI.

Son premier succès est Manon Lescaut (1893), et son premier chef d’œuvre La Bohème (1896). Viennent ensuite Tosca (1900)

Puccini Tosca Vissi d'arte Callas

Cliquez sur l’image

et Madame Butterfly (1904)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo

Cliquez sur madame Butterfly

Fort de ses succès, il laisse passer plusieurs années avant son ouvrage suivant, l’opéra western La fille du Far-West, (La Fanciulla del West) qui date de 1910.

Suivront encore La Rondine (1917) écrite pour l’Opéra de Vienne et le Triptyque (1918), une trilogie de trois opéras en un acte, sans lien entre eux. (L’air « O mio babbino caro » de Gianni Schicchi, troisième volet du triptyque, resplendit dans l’ouverture du film A room with a view, de James IVORY.)

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewNe cliquez plus sur le professeur Ombrage et le professeur Mac Gonnagal

Il laisse inachevé son dernier opéra Turandot, commencé en 1920, lorsqu’il meurt d’un cancer de la gorge en 1924.

Puccini Turandot Nessun dorma

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Divers, Maria Callas

Les histoires d’amour finissent mal… (1)

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Cet adage des Rita Mitsouko s’applique bien aux opéras, qui bien souvent se terminent par la mort de l’héroïne (ou du héros, voire des deux).

Je vais donc vous proposer ici de trouver quelques airs fameux illustrant la mort de l’héroïne (pour respecter la parité, j’ai aussi écrit un billet sur la mort des héros). Malena Ernman                                                                 Malena Ernman

Ainsi, dans Didon et Enée, PURCELL donne à Didon un des plus beaux airs d’adieu à la vie qui soient : When I am laid in earth.

 Anna Netrebko                                                                  Anna Netrebko

Dans Anna Bolena, DONIZETTI fait sombrer dans la folie avant son exécution son héroïne injustement accusée d’adultère et condamnée à mort : Coppia iniqua.

Toujours de Donizetti, dans Marie Stuart, écrit d’après le drame de SCHILLER, Marie adresse une prière avant de mourir sur l’échafaud.

 Maria Callas Otello                                                                   Maria Callas

Et dans son Otello, VERDI fait chanter un sublime Ave Maria à Desdémone, avant que celle-ci ne meure, étranglée par son mari jaloux.

À la fin de Rigoletto, Gilda se sacrifie pour son amant le duc et meurt sous les coups qui auraient dû tuer celui-ci.

 Nathalie Dessay Traviata                                                                  Nathalie Dessay

La mort de Violetta dans La Traviata est une autre occasion pour Verdi d’offrir un de ses airs sublimes dont il avait le secret (prendi quest’é l’immagine).

  Waltraud Meier                                                                  Waltraud Meier

Le « rival » de Verdi, WAGNER n’est pas en reste avec la mort d’Isolde dans son opéra Tristan et Isolde (Liebestod).

À la fin de son Faust, GOUNOD fait chanter à Marguerite condamnée une prière pour aller au paradis : Anges purs, anges radieux.

À la fin de Manon, MASSENET fait mourir Manon dans les bras de Des Grieux, en reprenant un de leurs duos d’amour : N’est-ce plus ma main que cette main presse ?

Dans Pelléas et Mélisande, de DEBUSSY, Mélisande meurt en silence.

À la fin de La Bohème de PUCCINI, Mimi malade revient mourir chez son amant.

Dans Lulu de BERG (terminé par F.CEHRA), Lulu meurt sous les coups de Jacques l’éventreur dans un grand cri.

Le final saisissant du Dialogue des Carmélites de POULENC voit les religieuses du couvent (pendant la Révolution française) marcher à l’échafaud  en chantant un Ave Maria qui s’éteint petit à petit jusqu’à la mort de la dernière d’entre elles, Blanche de la Force.

En 1925, dans l’affaire Makropoulos, Elina meurt en avouant sa lassitude d’avoir vécu si longtemps.

Janacek l'Affaire Makropoulos Acte III FinalCliquez sur l’image

Les hommes aussi meurent à l’opéra. Retrouvez quelques morts d’hommes dans Les histoires d’amour finissent mal… (2).

Maria Callas, Nature

Opéra de la lune – la lune à l’opéra

Moonlight at opera

L’opéra de la lune (1953) est un conte pour enfants de Jacques Prévert mis en musique par Christiane Verger (le fidèle Joseph Kosma, qui avait composé les musiques des films de Prévert et Carné [les Visiteurs du soir, les Enfants du paradis] étant souffrant à cette époque). Il a été adapté en 1991 par Jacques Mayoud puis en 2012 à l’opéra par Jacques Pauset (source Wikipédia, le 02/10/2018).

Mais la lune, et surtout la pleine lune et son atmosphère si particulière, a souvent inspiré les compositeurs.

Parmi eux, on peut citer Lully et son fameux Au Clair de la lune connu de tous.

Au XVIIIe siècle, Haydnhttps://toutloperaoupresque655890715.com/2023/05/12/joseph-haydn-1732-1809/ a écrit un de ses opéras les plus connus, Il Mondo della luna (le Monde de la lune) (1777).

Haydn Il mondo della lunaCliquez sur l’image

En sortant du domaine strict de l’opéra, je ne peux pas faire l’impasse sur la sonate Clair de lune (1801) de BEETHOVEN.

Beethoven Clair de luneCliquez sur l’image

La lune est superbement représentée dans Norma (1831) de Bellini, avec notamment cet autre tube qu’est le « Casta diva » (Chaste déesse) que l’héroïne, grande prêtresse des druides chante pour que la cueillette du gui sacré soit bonne.

callas casta divaCliquez sur l’image

En 1842 avec Glinka, c’est au clair de lune que le père de la musique russe fait chanter au héros Ratmir son bonheur d’avoir retrouvé sa Gorislava à l’acte V de Rouslan et Ludmila.

En 1859, Meyerbeer, un des fondateurs du GOf, fait chanter et danser son héroïne Dinorah à la lune (Air: ombre légère).

À la fin du siècle, Dvorak fait chanter à sa Rusalka (1900) un de ses plus beaux airs, l’émouvant hymne à la lune du premier acte, alors que quelques années après encore, c’est Richard Strauss qui rend hommage à la lune dans Salomé (1905), opéra baigné par la lune dont la froide beauté est sans cesse comparée à celle de l’héroïne.

renee fleming rusalkaCliquez sur Rusalka

En 1905, Debussy compose son Clair de lune pour le piano.

Clair de lune est une des mélodies les plus subtiles de Fauré, sur un poème de Verlaine.

En 1922 Berg écrit Wozzeck, d’après Büchner. À l’acte III, une lune rouge se lève et Wozzeck, croyant voir du sang frappe et tue sa femme Marie.

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur Wozzeck et Marie

Deux ans plus tard, dans Turandot de Puccini, la lune a une grande importance puisque c’est à son lever que la princesse Turandot fait trancher la tête de ses prétendants qui ont échoué à résoudre ses trois énigmes. On y entend par exemple le peuple, qui attend le lever de la lune, chanter le chœur Perché tarda la luna.

Puccini Turandot Perché tarda la LunaCliquez sur l’image