Animation 1, Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

CENDRILLON (CINDERELLA – CENERENTOLA)

Parmi les contes et légendes de notre enfance figure l’histoire de Cendrillon, cette petite fille victime de sa marâtre et de ses deux vilaines sœurs qui la confinent aux tâches domestiques.

Archétype des contes, on en connaît des versions dans toutes les cultures, et ce depuis l’antiquité. Par exemple, dans l’Égypte antique, on trouve l’histoire d’une jeune esclave à qui un aigle enleva une chaussure puis la fit tomber au pied du pharaon, qui n’eut alors de cesse que de retrouver la propriétaire de cette chaussure.

Les versions que nous connaissons sont celle de Perrault (1697) ou celle des frères Grimm un siècle plus tard.

Étant donné son sujet à portée universelle, il n’est donc pas étonnant que l’Opéra s’en soit emparé, et ce dès 1759 avec un opéra-comique de Laruette.

Parmi les versions qui nous sont restées figure la Cenerentola (1817) de Rossini

Rossini Cenerentola BartoliCliquez sur l’image

L’opéra Cendrillon (1899) de Massenet est encore parfois représenté.

massenet cendrillonCliquez sur l’image

Créé en 1900, le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov reprend le thème du tsar qui cherche une épouse, et finit par choisir la plus jeune de 3 sœurs, provoquant la fureur et la vengeance des deux ainées et de leur mère.

On peut noter encore Cendrillon (1904), un opéra miniature (merci Wikipédia) de Pauline Viardot.

cendrillon viardotCliquez sur l’image

En 2002, la compositrice Isabelle ABOULKER écrit Cendrillon, un opéra pour enfants.

Aboulker CendrillonCliquez sur l’image

D’autres adaptations musicales existent, dont le ballet de Prokofiev datant de 1940, ou encore des comédies musicales.

cendrillon prokofievCliquez sur l’image

Les studios DISNEY ne se sont pas trompés sur la portée universelle du conte en créant le dessin animé Cendrillon (Cinderella en VO) en 1950.

Cendrillon DisneyCliquez sur l’image

En 2016, une jeune anglaise âgée de dix ans écrit Cinderella, son premier opéra complet.

Deutscher Cinderella Up in the skyCliquez sur l’image

Nature

Au crépuscule

Dans l’expressionnisme musical propre à l’univers de l’opéra, le crépuscule, cette période où le jour cède la place à la nuit, a inspiré bien des compositeurs.

Ainsi, dans la quatorzième mélodie de son crépusculaire Voyage d’Hiver (Winterreise) (1828), SCHUBERT nous parle de ces têtes qui blanchissent en une nuit, du crépuscule au petit matin.

schubert crépusculeCliquez sur l’image

Un des plus beaux airs de La Damnation de Faust, de BERLIOZ, est  » Merci doux Crépuscule  » chanté par le héros éponyme.

berlioz merci doux crépusculeCliquez sur l’image

Sur ce thème, on pense évidemment au Crépuscule des dieux, le dernier volet de la tétralogie de WAGNER. Dans l’extrait qui suit, le héros, Siegfried, a été lâchement assassiné, et on descend son corps sur le Rhin. Au bout de son voyage funèbre, la walkyrie Brünnhilde dressera un bûcher pour Siegfried, y mettra le feu, et se précipitera dedans pour rejoindre son Siegfried dans la mort.

Crépuscule des dieuxCliquez sur l’image

Un des descendants de Wagner, Richard STRAUSS, qui œuvrait dans la Vienne de la première moitié du XXe siècle a également bercé certains de ses opéras d’une atmosphère crépusculaire, notamment dans son très mozartien (eh oui !) Chevalier à la Rose.

Rosenkavalier finalCliquez sur l’image

On retrouve cette sublime atmosphère crépusculaire dans le dernier de ses 4 derniers lieders : Au soleil couchant (Im Abendrot).

Strauss im abendrotCliquez sur l’image

C’est également une atmosphère crépusculaire qui règne sur le Mort à Venise de BRITTEN écrit d’après le livre de Thomas MANN.

britten mort à VeniseCliquez sur l’image

Mais le crépuscule, qui est le moment, avant le lever ou après le coucher du soleil, mais où il fait déjà ou encore jour, s’applique donc aussi au matin (merci Solène pour cette précision). Il y aura donc un autre billet consacré à ces crépuscules du matin, dont l’atmosphère n’est pas la même que celle des crépuscules du soir.

Mes opéras préférés, Valse

LES CONTES d’HOFFMANN, d’OFFENBACH (1881)

En ce jour anniversaire des deux cents ans d’Offenbach, j’ai voulu lui rendre hommage au travers de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

Auteur connu pour ses opéras-bouffes ou opérettes, OFFENBACH souffrait de cette étiquette de « Mozart de l’opérette » qu’on lui avait attribuée. Quand le librettiste Jules Barbier lui propose le livret des Contes d’Hoffmann, il voit là l’occasion de se faire reconnaître comme compositeur « sérieux ». Malheureusement, il meurt quelques mois avant la création de son œuvre en 1881, et ne peut donc pas goûter à son succès.

Les Contes d’Hoffmann, donc, sont une adaptation de contes fantastiques de l’auteur allemand E.T.A. Hoffmann.

Prologue : La muse de la poésie veut s’accaparer le poète Hoffmann. Pour parvenir à ses fins, elle prend les traits de son ami Nicklausse. La cantatrice Stella qui interprète le Don Giovanni de Mozart envoie une lettre avec la clé de sa loge à Hoffmann, pour qu’il vienne la voir après le spectacle. Le conseiller Lindorf, trouvant la lettre et la clé, veut aller dans la loge à la place d’Hoffmann. À l’entracte, Hoffmann arrive dans une taverne où, après qu’il eut chanté la chanson humoristique de Kleinzach, des étudiants le pressent de raconter ses trois histoires d’amour.

kleinzachCliquez sur l’image

Acte I : À Paris. L’inventeur Spalanzani espère que son invention, une poupée mécanique nommée Olympia, lui rapportera suffisamment d’argent pour régler ses dettes. Hoffmann, qui a aperçu Olympia, en est tombé amoureux. Il veut la rencontrer. Coppélius apparaît. C’est lui qui a fourni les yeux de la poupée, et il vient se faire payer. Il vend à Hoffmann une paire de lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Spalanzani paye Coppélius avec une traite sans provision. Puis il présente sa « fille » à ses invités. Tous sont éblouis (Chœur : « Elle a des yeux, de très beaux yeux ».) Alors que Hoffmann, qui a déclaré son amour à Olympia, danse avec elle, le mécanisme de la poupée se dérègle, entraînant le couple dans une valse endiablée. Il tombe et brise ses lunettes. Cochenille, l’assistant de Coppélius apparaît : Coppélius a cassé la poupée pour se venger. Ses lunettes brisées, Hoffmann se rend compte qu’il ne s’agissait que d’un automate.

contes d'hoffmann olympiaCliquez sur l’image

Acte II : À Munich. Le conseiller Crespel cherche à éloigner sa fille Antonia et Hoffmann. (Air : « C’est une chanson d’amour ».) Antonia est douée d’une voix exceptionnelle mais, malade, elle se rapproche de la mort chaque fois qu’elle chante. Elle tient son don (et son mal) de sa mère, une célèbre cantatrice. Hoffmann la pousse à poursuivre sa carrière de cantatrice. Le docteur Miracle vient proposer ses services à Crespel. Caché, Hoffmann entend de quel mal souffre Antonia. Resté seul avec elle, il lui fait promettre de renoncer à chanter. Le docteur Miracle revient auprès d’Antonia, et par des moyens magiques, fait revivre la mère d’Antonia pour la convaincre de chanter encore. Antonia entonne une dernière fois son chant et s’effondre dans les bras de son père.

contes d'hoffmann antoniaCliquez sur l’image

Acte III : À Venise. (Barcarolle : « belle nuit ») Lors d’une fête chez Giulietta, à Venise, Hoffmann déclare renoncer à l’amour. Dapertutto promet à Giulietta un diamant si elle réussit à lui obtenir le reflet d’Hoffmann, comme elle lui a donné l’ombre de Schlémil, une autre de ses victimes.  Hoffmann se laisse séduire par Giulietta. Incapable de la quitter, il se bat en duel avec Schlémil et le tue. Giulietta se moque de lui. Hoffmann veut rester, mais, horrifié, il se rend compte qu’il a perdu son reflet. Il tue Giulietta. Nicklausse le pousse à quitter Venise.

barcarolleCliquez sur l’image

Épilogue : Hoffmann est épuisé par l’évocation de ses souvenirs de jeunesse. Il explique que les trois femmes représentent les trois facettes d’une même personne, la cantatrice Stella. La diva apparaît, mais devant l’ivresse d’Hoffmann, elle part au bras de Lindorf. Restés seuls, Nicklausse se dévoile. La muse décide Hoffmann à ne plus se consacrer qu’à elle.

Nature

LES QUATRE SAISONS (2) : LE PRINTEMPS

Après le billet consacré au solstice d’hiver, voici le printemps.

Le printemps marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, le taux d’allongement du jour décroît pour aller s’annuler au solstice d’été.

Pour les poètes, le printemps est la saison du renouveau de la nature, de la jeunesse, et des amours naissantes. C’est donc un thème qui a inspiré les compositeurs.

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par VIVALDI et ses quatre Saisons, avec son célébrissime Printemps.

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En 1802, BEETHOVEN écrit sa sonate pour piano et violon Le printemps.

Dans la onzième mélodie de son crépusculaire Voyage d’hiver (Winterreise) (1828), SCHUBERT aspire à retrouver le printemps qui mettra fin à l’hiver.

schubert rêve de printempsCliquez sur l’image

Au début de la Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust qui voit le vieil hiver céder la place au printemps s’interroge sur sa vie dévouée à la science.

WAGNER a chanté le printemps. Dans Tannhaüser (1845) d’abord où, après avoir vécu dans la volupté avec Vénus au Mont de Vénus, Tannhäuser regrette sa vie passée sur terre, et notamment la douceur de la nature qui s’éveille au printemps. Quand il revient à la vie terrestre, un pâtre chante ce printemps bucolique.

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Ensuite dans La Walkyrie (1855), c’est l’entrée du printemps, passionné, dans la maison où se trouvent Sieglinde et Siegmund, qui révèle leur amour.

En 1877, SAINT-SAËNS dans son Samson et Dalila, Dalila veut séduire Samson en lui chantant  » Printemps qui commence « .

saint-saens prrintemps qui commenceCliquez sur l’image

Dix ans plus tard, MASSENET fait chanter à son Werther de héros le fameux air « Pourquoi me réveiller ? »

pourquoi me réveiller spyresCliquez sur l’image

En 1913, Stravinsky bouleverse les codes de la musique dans son ballet écrit pour les Ballets russes Le Sacre du printemps.

le sacre du printemps bauschCliquez sur l’image

À l’acte II de son Saint-François d’Assise (1983), MESSIAEN illustre le printemps par le chant des oiseaux.

Retrouvez d’autres musiques inspirées par le printemps dans la suite des aventures du printemps !

Divers, Oulipo, Poésie

« EL DESDICHADO », de Gérard de NERVAL

Ce billet inaugure une nouvelle catégorie, la catégorie OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle), à laquelle je raccrocherai les billets déjà écrits sur PEREC ou QUENEAU.

Pour cette première création, je vais partir du poème « El Desdichado » de Gérard de Nerval, avec la contrainte oulipienne d’associer aux substantifs une citation musicale extraite de l’univers de l’opéra.

Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie,

Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé,

Porte le soleil noir de la mélancolie.

rameau castor et pollux tristes apprets

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’a consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

berlioz le spectre de la rose crespin

Suis-je Amour ou Phébus, Lusignan ou Byron ?

Mon front est rouge encore du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène…

haendel alcina ombre pallideCliquez sur Alcina

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Citations musicales:

Le veuf : La Veuve joyeuse de LEHAR.

L’Étoile de CHABRIER

Le soleil noir : Tristes apprêts, pâles flambeaux (Castor et Pollux de RAMEAU) : Télaïre, fille su soleil, renonce à la lumière de son père.

Tombeau : Roméo et Juliette de GOUNOD, Roméo vient près du tombeau où le corps de Juliette repose.

La fleur : Carmen de BIZET, « La Fleur que tu m’avais jetée ».

La rose : « Le spectre de la rose », des Nuits d’été de BERLIOZ.

Du baiser : D’amour l’ardente flamme de La Damnation de Faust de Berlioz. Marguerite, abandonnée par Faust, se souvient des baisers d’amour qu’ils échangeaient.

Dans la grotte : « Ombre pallida » de Alcina de HAENDEL. Dans sa grotte, la magicienne Alcina invoque les esprits pour se venger d’un trahison.

La lyre d’Orphée : renvoi vers l’Orfeo de MONTEVERDI.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le faire savoir, je pourrais envisager de maltraiter ainsi d’autres poèmes. Et si vous aimez Gérard de Nerval, vous pourriez aimer Fantaisie.

Histoire de l'opéra

CES ITALIENS VENUS EN FRANCE

Au XVIIIe siècle, le voyage en Italie était un passage obligé pour tous les artistes européens en formation, qu’ils soient peintres ou musiciens. Un vestige de ce passage en est, en France, le Grand Prix de Rome dont les titulaires se voient offrir un séjour en résidence de 3 ans à la villa Médicis.

Mais des Italiens, et non des moindres, sont aussi venus en France pour se faire reconnaître dans leur art musical.

C’est MAZARIN qui introduit l’opéra en France dès le milieu du XVIIe siècle, en faisant représenter l‘Orfeo de ROSSI (1647). En 1660, à l’occasion du mariage de Louis XIV, il commande à CAVALLI un opéra, Ercole amante.

Toujours à la cour du roi, un autre Italien, Lully (1632 – 1687), est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du roi. Il composait à l’époque des ballets. En 1672, il rachète le privilège royal de l’opéra pour toute la France et triomphera dans ce genre musical. Ainsi, le premier compositeur français d’opéra se trouve être un Italien.

Un gros siècle plus tard, ce sont les compositeurs italiens les plus célèbres de leur époque qui éprouveront le besoin de venir à Paris faire adouber leur talent lyrique.

ROSSINI (1792 – 1868) le premier, qui fort de ses succès dans toute l’Europe vient à Paris en 1823 et crée en 1829 son fameux Guillaume Tell. Rossini meurt à Passy.

Rossini Guillaume Tell 2Cliquez sur l’image

DONIZETTI (1797 – 1848) ensuite qui s’installe à Paris en 1838 et il écrit pour la France La Fille du régiment et la Favorite (1840). Son système nerveux est attaqué par la syphilis et il est interné près de Paris. Il est rapatrié à Bergame juste avant sa mort en 1848.

donizetti la fille du régimentCliquez sur l’image

Son cadet (de peu), BELLINI (1801 – 1835) vient en France à l’appel de Rossini en 1833. Il s’installe à Puteaux et c’est là qu’il écrit Les Puritains. Il meurt à Puteaux quelques jours après la création en 1835, et Donizetti écrira un Requiem à la mémoire de son rival et ami.

bellini les puritainsCliquez sur l’image

Le cas de VERDI (1813 – 1901), un des deux géants du XIXe siècle avec WAGNER est intéressant. Verdi donc est né dans la province de Parme en 1813, alors que cette province était sous domination française (napoléonienne). Verdi est donc né en France !

Il a eu l’idée de son opéra sans doute le plus célèbre, La Traviata, en assistant à Paris en 1852 à une représentation de la Dame aux Camélias d’Alexandre DUMAS. En 1855, il vient en France et donne, pour l’opéra de Paris, les Vêpres siciliennes. En 1867, il honore une nouvelle commande de l’Opéra de Paris, Don Carlo (qu’il reprendra en italien sous le titre Don Carlos).

J’aurais aussi voulu vous parler dans ce billet de TUTTI QUANTI, mais je manque d’éléments biographiques. Merci de me les envoyer en commentaire si vous disposez d’éléments biographiques fiables au sujet de Tutti quanti.

Mes opéras préférés

LE BARBIER DE SÉVILLE, de ROSSINI (1816)

Le Barbier de Séville (Il Barbiere di Siviglia) est probablement l’opéra le plus connu de ROSSINI (1792 – 1868). Créé en 1816 dans des conditions difficiles (la première a été catastrophique), il n’a pas tardé à trouver sa place au répertoire.

Le livret est bâti sur une adaptation de la pièce éponyme de BEAUMARCHAIS, et l’œuvre contient de très belles pages lyriques, à commencer par la célèbre ouverture.

rossini barbier ouvertureCliquez sur l’image

Acte I : Le comte Almaviva veut donner une sérénade sous la fenêtre de Rosine, la pupille du docteur Bartolo (Ecco ridente in cielo). La belle ne paraît pas et Almaviva reste seul quand arrive Figaro, ancien domestique du comte devenu barbier de Bartolo. Figaro chante les avantages qu’il a à être l’homme à tout faire (le factotum) de toute la ville (Largo al factotum).

rossini largo al factotumCliquez sur l’image

Rosine apparaît enfin à son balcon et laisse tomber un petit mot encourageant Almaviva à continuer de faire sa cour. À Bartolo méfiant, elle dit que c’est la musique d’un opéra à la mode : La Précaution inutile (La Précaution inutile était le sous-titre de la pièce originale de Beaumarchais.) Comme Bartolo sort, Almaviva, se faisant passer pour Lindoro, un étudiant désargenté, reprend sa sérénade. Figaro lui conseille de se déguiser en officier titulaire d’un billet de logement pour entrer chez Bartolo.

Dans sa maison, Rosine chante son amour nouveau pour Lindoro (Una voce poco fa).

rossini una voce poco faCliquez sur l’image

Basile, le maître de musique de Bartolo vient prévenir celui-ci de la présence en ville d’Almaviva. Il lui dit qu’il va le calomnier pour le déconsidérer. (La calunnia é un venticello). (Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.)

rossini la calunniaCliquez sur l’image

Ils sortent pour préparer le contrat de mariage entre Bartolo et sa pupille, mais Figaro qui était caché a tout entendu. Il prévient Rosine, qui lui confie un billet pour Almaviva/Lindoro quand Bartolo revient, toujours soupçonneux.

Almaviva arrive, déguisé en soldat ivre. Une dispute commence entre les deux hommes, et le comte profite de la colère de Bartolo pour glisser un billet à Rosine. Les voisins attirés par le bruit arrivent à leur tour, et l’acte se termine par un de ces chahuts ébouriffants dont Rossini avait le secret.

Acte II : Almaviva est de retour chez Bartolo. Cette fois, il se fait passer pour Don Alonso, l’assistant de Basile qui vient donner sa leçon de musique à Rosine à la place de son maître malade. Bartolo reste méfiant, mais Rosine qui a reconnu Lindoro peut répondre à son amour (Contro un cor).

rosssini barbier contro un corCliquez sur l’image

Figaro arrive pour raser Bartolo, et détourner son attention pendant la rencontre de Rosine et Almaviva. Il subtilise la clé de la fenêtre de Rosine pour pouvoir revenir l’enlever de nuit.

Basile survient, surprenant Bartolo qui le croyait malade, Figaro et Almaviva le convainquent de jouer les malades moyennant une bourse bien garnie (Buena serra). Le comte prévient Rosine de se tenir prête à minuit, mais Bartolo surprend leur manège et chasse Don Alonso. Il demande à Basile d’aller chercher le notaire pour avancer le mariage. Il se sert du petit mot d’amour qu’il avait récupéré pour montrer à Rosine qu’Almaviva se joue d’elle. Furieuse celle-ci se décide à épouser son tuteur pour se venger et lui révèle qu’on doit venir l’enlever cette nuit même.

À la nuit tombée, Figaro et le comte s’introduisent dans la maison. Rosine repousse Lindoro, mais celui-ci révèle sa véritable identité. Le malentendu se dissipe et les deux amoureux se réconcilient. Quand le notaire arrive avec le contrat de mariage, l’astucieux Figaro se débrouille pour faire marier Rosine et Almaviva, avec Basile comme témoin. Quand Bartolo arrive, il est trop tard. Almaviva dévoile son identité et tout se termine bien pour (presque) tout le monde dans un sextuor et chœur final : Di si felice innesto.

Bonus : En complément, voici une version alternative de l’ouverture, qui a évidemment sa place dans le billet  » L’humour en musique « , si je me décide un jour à le publier.

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Écrivains, littérature

Boris VIAN (1920-1959)

Boris VIAN (1920 – 1959), dont on fête ce 10 mars l’anniversaire de la naissance était le prototype de l’intellectuel des années 1940 – 1960.

Diplômé de l’École Centrale, il travaille le jour à l’AFNOR et passe ses nuits à écrire ou à faire de la musique (jazz) dans les caves de Saint-Germain-des-Prés.

En 1946, QUENEAU publie le premier roman de Boris, Vercoquin et le plancton, chez Gallimard, où il était éditeur. C’est aussi l’année de J’irai cracher sur vos tombes, paru aux éditions du Scorpion, un pastiche des romans noirs américains et du sulfureux Henry MILLER. Ce livre paru sous le pseudonyme de Vernon SULLIVAN fait scandale.

En 1947 paraît son livre le plus célèbre aujourd’hui, L’Écume des jours, « le plus poignant des romans d’amour contemporain » selon Raymond QUENEAU.

Touche-à-tout surdoué, Vian a aussi composé des chansons (Le Déserteur, qui sera interdit à la radio), fait connaître la littérature populaire américaine en France en traduisant polars et Science-Fiction (Le Monde des non-A, de VAN VOGT).

vian le déserteurCliquez sur l’image

Au début des années 50, CAMUS le fait entrer au journal Combat, et Vian devient membre du Collège de pataphysique (satrape).

En 1957, on crée son opéra Le Chevalier de neige, sur une musique de George DELERUE. En 1958, il écrit Fiesta une comédie-musicale avec une musique de Darius MILHAUD.

boris vian le chevalier de neigeCliquez sur l’image

En 1959, Boris Vian écrit Arne Saknussen, opéra de chambre avec une musique de Delerue.

Boris meurt d’une crise cardiaque en 1959, lors de la première du film J’irai cracher sur vos tombes.

L’écume des jours, a été adapté à l’opéra par Edison DENISOV et créé à l’Opéra-comique en 1986. La partition cite assez largement la musique de Duke ELLINGTON. (Chloé, l’héroïne, porte le nom d’un titre célèbre du Duke.)

écume des joursNe cliquez pas sur l’image

Compositeurs, Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

8 MARS 2019 – JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale de la Femme (en France, on ajoute des droits de la Femme) qu’il faut en conclure que les 364 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs.

Je vais vous parler ici de quelques femmes compositrices, en commençant par Élisabeth JACQUET DE LA GUERRE (1665 – 1729), qui a écrit et joué pour Louis XIV et Louis XV. Dans le domaine de l’opéra, elle a composé la tragédie lyrique Céphale et Procris, mais devant le peu de succès rencontré, elle s’en est arrêtée là. D’elle sont restées des cantates et des pièces pour clavecin.

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Au XIXe siècle, on peut citer Louise BERTIN (1805 – 1877), qui a écrit La Esmeralda dont le livret a été écrit par le grand VH lui-même, d’après son Notre Dame de Paris. Fille du directeur de l’important Journal des Débats, elle a également écrit un Faust. Sa position sociale et son statut de femme l’ont empêchée de connaître un succès qu’elle aurait pourtant mérité, comme en témoigne l’estime que BERLIOZ lui témoignait.

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Pendant ce temps en Allemagne, Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847) jouait du piano et composait, malgré l’avis de son père, et de son frère Félix. Ce n’est qu’après son mariage qu’elle pourra développer son art musical, et se faire jouer et publier. Elle a surtout écrit des pièces pour piano, des romances et des cantates. Quand vers la fin de sa vie, elle se lance pour faire connaître sa musique, ses contemporains ne veulent pas croire qu’une femme ait composé cette musique, et l’accusent d’avoir pillé son frère !

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Clara SCHUMANN (1819 – 1896) composait également, mais ce sont ses talents de pianiste qui étaient reconnus, pas ceux de compositrice, et c’est son Robert (SCHUMANN) de mari qui est resté pour la postérité comme un génie de la composition.

clara schumann

Mélanie BONIS (1858 – 1937) choisit comme pseudonyme Mel BONIS pour ses compositions musicales, pour ne pas être reconnue comme femme compositeur. Elle entre au conservatoire à 18 ans. C’est là qu’elle rencontre un chanteur-poète, qui sera le grand amour de sa vie, mais sa famille lui impose un mariage « sérieux ». Elle mettra en musique bien des poèmes de son amour. Sur la fin de sa vie, elle se consacre à de la musique religieuse.

mel bonisCliquez sur l’image

Pour le XXe siècle, on peut citer Germaine TAILLEFERRE (1892 – 1983), seule femme du groupe des six. Elle a écrit une œuvre abondante dans différents styles (piano, mélodie, musique de chambre, musique de films, concertos, opéras…). Elle a participé aux Mariés de la Tour Eiffel, sur un texte de COCTEAU, mais a également écrit un opéra de chambre sur un texte de IONESCO : Le Maître.

Deux autres femmes compositrices se sont distinguées, Lili et Nadia BOULANGER. Lili, la cadette, a été la première femme à gagner le grand prix de Rome. Sa carrière a malheureusement été trop brève, car elle est morte à l’âge de 24 ans, en laissant inachevé son opéra La Princesse Maleine, d’après MAETERLINCK.

Lili Boulanger hymne au soleilCliquez sur le chœur 

Sa grande sœur Nadia est beaucoup plus connue, car au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de 1000 élèves, dont les compositeurs Aaron COPLAND, Vladimir COSMA, Philip GLASS, Pierre HENRY, Michel LEGRAND ou Lazlo SCHIFFRIN. Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de VERLAINE, HEINE, VH ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de D’ANNUNZIO.

Retrouvez d’autres femmes compositrices le 8 mars 2020.

Nature, Poésie

LA NUIT (1) : LA NUIT DES AMANTS

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La nuit, cette suspension du temps et de la vie où tout devient possible…

Nuits lumineuses, nuits bénies des amants, où les esprits et les corps se fondent…

Nuits obscures où se trament les complots, les trahisons et où s’opère la magie noire…

Je vais traiter dans ce premier billet consacré à la nuit de la nuit par les amants bénie.

En 1818, SCHUBERT écrit ses Hymnes à la nuit, d’après les très beaux textes de NOVALIS.

Schubert Hymne 1 D 659Cliquez sur l’image

En 1841, BERLIOZ écrit un cycle de mélodies sur des vers de Théophile GAUTIER : Les Nuits d’été.

En 1853, VERDI fait chanter à l’héroïne du Trouvère son « Tacea la notte placida »

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Berlioz encore, dans Béatrice & Benedict (1862), avec « Nuit paisible et sereine ».

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GOUNOD nous offre dans Roméo et Juliette (1867) et dans son Faust (1868) deux beaux nocturnes.

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faust gounod o nuit d'amourCliquez sur l’image

Tout le 2e acte de Tristan und Isolde de WAGNER (Tristan, ze opéra de l’amour !) est l’acte de la nuit, où a lieu une des plus belles scènes d’amour écrites pour l’opéra, avec son crescendo amoureux qui finit dans une extase quasi mystique.

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

En 1881, OFFENBACH nous livre dans ses Contes d’Hoffman sa célébrissime Barcarolle.

barcarolleCliquez sur l’image

Dans la continuité lyrique de Tristan figure une des premières œuvres de SCHÖNBERG : La nuit transfigurée (Verklärte Nacht) écrite en 1899.

Voilà, je suis obligé de m’arrêter, mais il y aurait encore tant de belles nuits à vous souhaiter, avec les Nocturnes de Chopin ou de Fauré, par exemple. Et le cas de la mise en musique du Songe d’une nuit d’été du grand Bill fera l’objet d’un billet spécifique.

Qui sait, peut-être y aura-t-il une deuxième livraison de Nuits d’amour, qu’en pensez-vous ?