Agenda Ironique, Cinéma, littérature, Théâtre

JULIETTE OU LA CLÉ DES SONGES

Ce mois-ci (décembre 2023) l’Agenda Ironique fait escale chez La Licorne :

https://filigrane1234.blogspot.com/2023/11/agenda-ironique-jeu-89-decembre-ou-les.html#comment-form

Et qu’est-ce qu’elle nous demande, la Licorne ? Elle nous demande de dérouler, d’égrener, de raconter, l’attente du jour « magique » de Noël ; pour aider (ou pas), elle nous propose de nous inspirer (ou pas, c’est selon, ça dépend, faut voir), d’une photographie tirée du film Miracle sur la 34e rue ; ainsi qu’un titre de livre  (là, c’est obligatoire) : « Décembre ou les 24 jours de Juliette » d’Hélène Desputeaux.

Et quoi encore ? les 7 mots suivants : Juliette, mètre, vespéral, surenchérir, péroreur, guipure et buissonnière, ainsi que cette phrase de Georges Perros : « La mémoire est comme le dessus d’une cheminée. Pleine de bibelots qu’il sied de ne pas casser, mais qu’on ne voit plus. »

Juliette, ou la clé des songes, est une pièce de théâtre d’inspiration surréaliste de Georges Neveux datant de 1930. En 1950, Marcel Carné en tirera un film avec Gérard Philippe, mais c’est surtout l’opéra de Bohuslav Martinů, créé en 1937, que j’ai choisi de retenir.

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Le pitch : « La mémoire est comme le dessus d’une cheminée. Pleine de bibelots qu’il sied de ne pas casser, mais qu’on ne voit plus. »

Michel, un commis voyageur, arrive dans un ville de province un 1er décembre. Il y entend une jeune femme avec une très jolie guipure (Juliette) interpréter une chanson d’amour. De retour à Paris, la mémoire de ce moment l’obsède. Trois ans plus tard, passant à nouveau dans cette ville, il cherche à retrouver la jeune femme, mais la jeune femme semble ne pas avoir laissé de trace dans la mémoire du lieu. Heureusement, Michel finit par retrouver Juliette qui lui donne rendez-vous sous un Balcon dans la forêt.

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Avant de retrouver Juliette pour ce rendez-vous aussi vespéral que buissonnier, Michel croise plusieurs personnages, dont le marchand de souvenirs qui, en tant qu’habile péroreur, persuade Juliette qu’elle connaît Michel depuis longtemps et qu’ils partagent de nombreux souvenirs. Quand Michel cherche à la raisonner, Juliette prend la fuite. Ce petit jeu dure 24 jours, ce sont les 24 jours de décembre de Juliette.

Finalement, Michel embarque sur un bateau qui le mène au Bureau central des rêves. Là, on lui explique que maintenant qu’il a réalisé son rêve, il doit revenir dans le monde réel, sous peine de sombrer dans la folie. Michel décide de rester dans le monde des rêves, à quelques mètres de Juliette.

Cliquez sur Juliette qui veut vivre dans son rêve

Dans le film de Carné, le scénariste surenchérit en rajoutant que Juliette est courtisée par un mystérieux châtelain, qui n’est autre que Barbe-Bleue (eh oui, le monde est petit !)

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Que messieurs Neveux, Martinu et Carné me pardonnent si j’ai (un peu) tordu leur histoire, c’était pour le bien de l’Agenda Ironique.

Agenda Ironique, Poésie

L’HOROSCOPE DE NOVEMBRE 2023

C’est chez Carnets Paresseux que ça se passe, et voilà ce qu’il nous demande Carnets Paresseux : https://wordpress.com/read/feeds/16382982/posts/4968656162

Après octobre, vient novembre, et itou l’agenda ironique chemine de chez Laurence jusqu’ici même. Kilucru ? Kiluentrevu ? Kiluprévu ? Justement, je vous propose de faire des prévisions, des voyances, des pronostics, des prédictions, d’entrevoir des possibles, des souhaitables et des évitables, de promettre fortune, argent, richesse, santé, bonheur, espérances et tout le saint-frusquin (mais aussi et symétriquement d’agiter le péril de la malencontre, de la déconfiture, de la chance qui passe sur le trottoir d’en face), bref de rédiger un horoscope, évidemment véridique, exact et irréfutable comme tout horoscope qui se respecte.

Techniquement, il pourra être basé sur la lecture des étoiles et des astres, de la marche de l’ombre des cailloux par terre, du vol des oiseaux ou du tarot ou tout ce que vous voulez, à votre guise, cet horoscope. Et puis quoi plus ? Il devra contenir les mots chevalparapluiesouquenillepingouintubéreuse et Vierzon.

Sous quelle forme, cet horoscope ? Comme vous le souhaitez : quatrain sibyllin, récit épistolaire, chanson, entrelardé au sein d’un dialogue, égosillé par une contraltote soutenue par un ostinato altier ou calligraphié d’une plume bien encrée, et même en forme d’horoscope ; si possible, avec quelques jours du calendrier (c’est le moins, pour un horoscope) et avec un brin d’ironie (idem).

parapluiesouquenille,

J’ai donc choisi la forme « haïkaï sibyllin » pour ma participation à cet Agenda Ironique.

Destin de Carmen

C’est le grand air des cartes

Carreau Pique, la mort

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur Carmen

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Le destin d’Œdipe :

Les mamelles de Tiresias

Sont celles du devin

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

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D.F.E. Auber

Arvedson la devineresse

C’est le Bal masqué

Auber Gustave III, ou le bal masqué Acte II scène de la devineresseCliquez sur Arvedson la devineresse

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Chez Georges Enesco

Œdipe demande à la sphinge

Plus fort que l’destin ?

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

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Ce chant du destin

pour une contraltote altière

Oui, c’est bien du Brahms

Brahms Schicksallied

Et pour ne pas vous faire passer pour des pingouins vétus de souquenilles, quelques explications sur ces haïkus sibyllins.

Au début du 3e acte de Carmen de Bizet, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour connaître leur avenir. L’une voit l’amour sous les traits d’un bel officier qui l’emporte sur son cheval, l’autre la fortune. Carmen arrive et tire les cartes à son tour. Las, il n’y a rien à faire, elle tire toujours « Carreau, Pique, la mort ! Moi d’abord, ensuite lui, pour tous les deux, la mort ! ».

Les Mamelles de Tiresias, de Poulenc d’après le texte d’Apollinaire. Tiresias est ce devin qui révèle à Œdipe son sort horrible, il a tué son père et couché avec sa mère. Pris d’effroi, Œdipe se crève les yeux.

Dans Gustave III, ou le Bal masqué, de Daniel François Esprit Auber, toute la cour se rend à minuit chez la Arvedson la devineresse, qui a le pouvoir de prédire l’avenir en lisant dans les racines d’une tubéreuse.

Dans Œdipe (encore lui) d’Enesco, notre héros arrive devant Thèbes et veut sauver la ville. Mais il doit répondre à l’énigme de la sphinge : « qui est plus fort que le destin ? ». Œdipe connaissant la réponse, la sphinge est prise d’un rire inextinguible et meurt. Des légendes anciennes prétendent qu’on a enterré son corps à Vierzon.

Dans le Chant du destin, ou Schicksallied, de Brahms, les contraltotes altières ont un rôle important pour nous dévoiler le destin, bien abritées qu’elles sont sous leur parapluie.

Agenda Ironique

LEURRES DIVERS

Ce mois-ci, c’est Laurence qui pilote l’Agenda Ironique.

Et qu’est-ce qu’elle nous demande, Laurence ? De nous intéresser à l’heure d’hiver, avec quelques contraintes supplémentaires :

De jouer avec l’heure d’hiver, qui nous rapproche de celle du soleil alors que les nuits se font plus longues. Une heure à la frontière du rêve et de la réalité, où tout est possible, l’extraordinaire plutôt que l’ordinaire. Une heure qui dans une vie peut paraître infinie ou brève.

Et puis quoi plus ? Placer , quatre vers tirés du poème Auguries of innocence de William Blake dans votre texte, où bon vous semble et sans ordre établi du moment que chacun d’eux trouve sa place dans votre récit :

« Voir le monde dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans le creux de sa main
Et l’éternité dans une heure. »

Enfin, ajouter l’expression suivante : « dame d’onze heures ». Comme de coutume, tous les styles d’écriture sont les bienvenus avec, si possible, un brin d’ironie.

Et si vous n’avez pas tout compris, allez donc chez Laurence oussque c’est beaucoup mieux esspliqué.

+ + +

Décrivant les passions humaines, l’univers de l’opéra ne manque pas de tromperies, fourberies ou autres leurres divers. En voici un petit échantillon.

Ainsi dans Atys de Lully, la déesse Cybèle leurre le malheureux objet de son amour (Atys) en lui faisant croire que sa fiancée est un monstre affreux. Atys trompé tue celle qu’il aime.

Lully Atys Toi qui portes partout et la rage et l'horreurCliquez sur l’image

Dans Armide de Gluck, c’est l’enchanteresse Armide qui se sert de ses pouvoirs pour leurrer le chevalier Renaud afin d’obtenir son amour.

Gluck Armide Plus j'observe ces lieux

Dans la Somnambule de Bellini, Amina a une crise de somnambulisme où elle ne distingue plus le rêve de la réalité.

Bellini la Sonnambula Ah non credea mirartiCliquez sur la malheureuse Amina qui ne distingue plus le rêve de la réalité

À la fin de Roméo et Juliette de Gounod, c’est la nuit. Juliette a bu un breuvage pour faire croire qu’elle est morte. Roméo arrive à son rendez-vous avec sa bien-aimée, et découvre sa dame d’onze heures inanimée, qu’il croit donc morte. Devant ce leurre horrible, il sort son poignard et se tue, alors que Juliette se réveille !

Gounod Roméo et Juliette Salut tombeau sombreCliquez sur Roméo et Juliette

Tout le monde se ligue pour tromper Alfred dans la Chauve-souris de Strauss.

Strauss J Fledermaus Spiel ich die Unschuld

Et enfin, je m’en voudrais si je ne citais pas cet extrait qui aurait pu servir dans les Pêcheurs de perles de Bizet, qui se situe dans un monde de grains de sables et de fleurs exotiques.

« Voir le monde dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans le creux de sa main
Et l’éternité dans une heure. »

C’est certainement ce à quoi pense Nadir quand il chante son célèbre « Je crois entendre encore ».

bizet spyresCliquez sur Nadir

Agenda Ironique, Maria Callas, Poésie

EN RENTRANT DE L’ÉCOLE

Ce mois-ci, c’est Sabrina qui nous guide pour l’agenda Ironique. Le sujet en est :

Ce mois de septembre étant placé sous le signe de la rentrée scolaire, je vous propose donc de parler d’un souvenir d’école ! Alors, l’école au sens large, ça peut être l’école de Pennac, l’école buissonnière, l’école de la vie, l’école des fans (pourquoi pas) et même, soyons fous, l’école militaire, je ne suis pas sectaire. Ce souvenir sera réel, fictif, douloureux, joyeux, inventé, absurde, drôle ou impétueux, vous choisissez la forme qui vous sied pour nous le partager.Quelques petites contraintes bien sûr car sinon cela n’est pas amusant ! Il faudra pour raconter ce souvenir, incorporer quelques mots à retourner dans tous les sens : rapporteur / pion / colle / ligne / cour (ou cours ou court ou courre ) et rythme ! Ayant un passif dans l’éducation nationale (on a tous nos petits défauts), il faudra s’amuser à détourner au minimum un des fameux sigles qui composent ce joli jargon académique qui fait la joie des professeurs.

Et pour les plus téméraires, qui souhaitent du rab de devoirs, ajoutez à votre agenda cette petite phrase extraite de ma lecture du moment : « cela donnait le sentiment d’appartenir à une multitude à la fois statique et chatouilleuse » (ça vient de « Personne n’a peur des gens qui sourient » de Véronique Ovaldé).

Mais c’est tellement mieux esspliqué chez Sabrina, allez y voir !

Or donc, il me revient qu’étant enfant, ma petite sœur avait appris dans la cour de l’école une belle chanson, où il était question d’école, de lune et des étoiles, et de chemin de fer qui se promenait. Vous l’avez peut-être reconnue, il s’agissait du poème de Prévert, en Sortant de l’école, mis en musique par Kosma. J’ai demandé au grand rapporteur de la poésie ce qu’il disait, ce poème ? La réponse est dans les lignes suivantes :

En sortant de l’école
Nous avons rencontré
Un grand chemin de fer
Qui nous a emmenés
Tout autour de la terre
Dans un wagon doré

Honegger Pacific 231Cliquez sur l’image

Tout autour de la terre
Nous avons rencontré
La mer qui se promenait
Avec tous ses coquillages
Ses îles parfumées
Et puis ses beaux naufrages
Et ses saumons fumés

Bizet Les Pêcheurs de perles Au fond du temple saintCliquez sur l’image

Puis au-dessus de la mer
Nous avons rencontré
La lune et les étoiles
Sur un bateau à voiles
Partant pour le Japon
Et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
Tournant la manivelle d’un petit sous-marin
Plongeait au fond des mers
Pour chercher des oursins

Wagner Vaisseau fantôme ouverture KarajanCliquez sur le bateau à voiles

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur la Japonaise

Revenant sur la terre
Nous avons rencontré
Sur la voie du chemin de fer
Une maison qui fuyait
Fuyait tout autour de la terre
Fuyait tout autour de la mer
Fuyait devant l’hiver
Qui voulait l’attraper
Mais nous sur notre chemin de fer
On s’est mis à rouler
Rouler derrière l’hiver
Et on l’a écrasé
Et la maison s’est arrêtée
Et le printemps nous a salués

Moussorgski Tableaux d'une Exposition la Cabane sur des pattes de pouleCliquez sur la maison qui fuyait (sur ses pattes de poule)

C’était lui le garde-barrière
Et il nous a bien remerciés
Et toutes les fleurs de toute la terre
Soudain se sont mises à pousser
Pousser à tort et à travers
Sur la voie du chemin de fer
Qui ne voulait plus avancer
De peur de les abîmer

Alors on est revenu à pied
À pied tout autour de la terre
À pied tout autour de la mer
Tout autour du soleil
De la lune et des étoiles
À pied, à cheval, en voiture et en bateau à voiles

Messiaen Turangalila Symphonie - 5 - Joie du sang des étoilesCliquez sur la Joie du sang des étoiles

Peut-être à la lecture de cet article trouverez-vous que tout ceci appartient à une multitude à la fois statique et chatouilleuse, si c’était le cas, j’aurais bien de la chance. Et si un pion me lit et me désapprouve, par pitié, pas d’heure de colle !

Citations musicales :

Un grand chemin de fer : Honegger Pacific 231. Dans cet hymne à la modernité, Honegger épouse les rythmes de cette fameuse locomotive, alors que le SNCF (Syndicat National des Cancres en Folie) n’existait pas encore.

Ses îles parfumées : Bizet les Pêcheurs de perles.

un bateau à voiles : Wagner le Bateau fantôme.

Partant pour le Japon : Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

Une maison qui fuyait : Moussorgski les Tableaux d’une exposition « la cabane sur des pattes de poule ».

De la lune et des étoiles : Messiaen Turangalila Symphonie – 5 – Joie du sang des étoiles

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère pour en avoir un peu plus

Agenda Ironique

LES CIGALES DU PHARAON

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique prend ses quartiers d’été chez Gibulène. Et qu’est-ce qu’elle demande, Gibulène ?

Vous nous raconterez la conversation de deux cigales observant les vacanciers dans un camping. Elles commentent, bien sûr, avec ironie et causticité.

Les mots à caser : calinotade, patito, cabinets, et fada.

Il vous faudra glisser quelque part « l’homme de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses enfants » (citation empruntée à l’aphoriste Gaëtan Faucer).

Voilà ! à vos plumes, stylos, crayons, feutres, claviers, tout est bon pour y arriver.

Mais tout celà est tellement mieux esspliqué ici :

Les plus tintinophiles d’entre vous auront reconnu dans le titre de cet article le 3e album des aventures de Tintin, reporter au petit XXe.

Dans cet album, qui date de 1932, le dessinateur Hergé qui était encore très jeune à cette époque envoie son fameux reporter au pays des pharaons, qu’il a confondu avec le sud de la France. Ce n’est en effet qu’avec l’album suivant, le Lotus rouge, qu’il a pris l’habitude de se documenter pour nous narrer les aventures de son reporter. Comme les exégètes n’ont pas manqué de le souligner, le dessinateur de BD de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses petits lecteurs. Ce n’est que plus tard qu’il corrigera son album, et lui donnera son titre définitif : les Cigares du pharaon.

Mais foin de calinotade, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cigales. D’où viennent-elles, ces cigales qui enchantent (ou pas) nos festivals d’été. Pour le savoir remontons à l’antiquité, grecque, et intéressons-nous à Éos, la déesse de l’aurore. Condamnée par Aphrodite à collectionner les jeunes amants, elle demanda à Zeus l’immortalité pour Thiton, un de ses préférés. Mais la distraite oublia de demander la jeunesse qui allait avec, et Thiton se mit à vieillir de plus en plus, se ridant et devenant de plus en plus fada, avant que de se métamorphoser en cigale qui dès lors ne s’arrêta plus de chanter.

C’est avec Jean de La Fontaine que les choses ont commencé à se gâter pour la cigale. Il en fit sa patito (ou peut-être convient-il de dire sa patita ?), et la ridiculisa dans une de ses plus fameuses fables, la Cigale et la Fourmi, fable mainte fois mise en musique. On peut en trouver plusieurs versions dans les cabinets de curiosité musicale.

Par exemple, écoutez son chant vu par Camille Saint-Saëns.

Saint-Saëns la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

par Benjamin Godard :

Godard la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

ou par André Caplet :

Caplet la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

Mézalor, demanderez-vous avec raison, elle est où la discussion des cigales demandée dans le cahier des charges initial ? Eh bien, c’est simple, il vous suffit de cliquer sur les trois vidéos précédentes, en même temps, et vous aurez un sextuor composé de trois cigales et de trois fourmis ! Il faut de plus faire l’hypothèse, réaliste, que ces trois cigales se sont donné rendez-vous dans un campigne pour fourmis, appelé le campigne du pharaon, et qu’elles ont passé l’été à chanter en se glosant de la petite vie menée par les fourmis. Alors, elle est pas belle, la vie ?

Et si vous voulez un peu plus de chant des cigales, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez encore un peu plus de chant des cigales.

Agenda Ironique

LES RÉSULTATS DE L’AGENDA IRONIQUE DE JUIN 2023

A voté !

Les résultats de la votation de juin 2023 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré est celui de Photonanie : ma Proposition, à égalité avec Gibulène Au-delà du miroir. Suivent de près Lyssamara et moi-même.

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. de juillet 2023, Photonanie se distingue, suivie par Tiniak, que l’on applaudit bien fort 👏.

Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’humour et de poésie.

Et un peu de zizique pour célébrer l’été :

Gershwin Porgy & Bess SummertimeCliquez sur un peu de zizique pour l’été

Agenda Ironique

Qui qui va gagner l’AI de juin 2023 ?

Ce mois-ci (juin 2023), le thème de l’Agenda Ironique était « De l’autre côté du miroir », selon les modalités suivantes :

Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde. Ça veut dire que vous pouvez encore participer si vous le souhaitez. Le cas échéant, je vous rajouterais à la liste.

Voici donc vos propositions :

Lothar : Derrière le miroir sans reflet.

Tiniak : Miroir lunaire.

Max-Louis : Aux mots verrouillés rouillés.

Lothar : Monsieur de La Fontaine.

Gibulène : Au-delà du miroir.

John Duff : Agenda Ironique.

Isabelle : De l’autre côté du miroir.

Jean-Louis : La Passe-miroir.

La Craie : Je me regarde et j’attends.

Mijo : Miroir aux alouettes.

Sylvain : De l’autre côté du miroir (cf. en commentaire du billet d’origine).

Photonanie : Ma proposition.

La licorne : À temps ? Attends…

Carnets paresseux : Ombres floues, silhouettes plates.

Lyssamara : L’hésitante convaincue.

Isabelle (de les Mots fécondent) : Fuuuuut…

Et maintenant place aux votes pour vos textes préférés :

Et votez une deuxième fois pour le gentil hébergeur de juillet 2023 :

Agenda Ironique, littérature, Maria Callas

LA PASSE-MIROIR, de Christelle DABOS

Ce mois-ci, c’est chez moi que se tient l’Agenda Ironique. Les consignes sont les suivantes:

Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

Je ne sais pas comment je fais, mais tout me ramène toujours à l’opéra. Alors que j’ai enfin commencé la série de la Passe-miroir, de Christelle DABOS, une passionnante uchronie steam-punk, et histoire de me purger un peu le cerveau de tous ces opéras, je tombe dès le premier chapitre sur un vieux gramophone où un disque rayé bégaye : « Si je… Si je… Si je… » avant que la soprano du disque ne proclame triomphalement « Si je t’aime, prends garde à toi ». Ça commence bien, m’exclamé-je alors en mon for intérieur !

Bizet Carmen habaneraCliquez sur l’image

L’héroïne de ce roman s’appelle Ophélie, comme l’Ophélie d’Hamlet (et de l’opéra d’Ambroise THOMAS) et entre au service d’une noble d’une autre famille, Dame Berenilde (dont le nom « sonne » comme Brünnehilde.)

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Un accord entre les deux familles veut qu’elle devienne l’épouse de Thorn, le neveu de Berenilde. Thorn a une demi-sœur, Freyja, qui devient vite l’ennemie d’Ophélie. Freia est un des personnages de l’Or du Rhin, c’est la déesse de la jeunesse qui assure l’immortalité aux dieux en leur faisant manger de la compote de pommes assaisonnée d’un zeste de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin.

Une des scènes les plus importantes du tome I est le chapitre intitulé « l’Opéra », où Berenilde doit interpréter le rôle d’Isolde devant le chef tout puissant de ce monde.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Brünnehilde chantant la mort d’Isolde

Tome II : Le journal de la cour s’appelle Le Nibelungen (et le directeur de ce journal s’appelle Tolstoï). Ophélie est mise sous la protection de personnages appelées Valkyries.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur l’image

Un peu plus tard, il y a un conteur qui raconte l’histoire d’un nain qui forge une épée dans sa caverne, puis l’histoire du voyageur borgne qui modifie le destin de personnages. On se croirait dans du Wagner !

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur le voyageur borgne qui modifie le destin des personnages

Un peu plus tard encore, Berenilde chante dans son bain le dernier air d’opéra à la mode. Christelle Dabos ne nous précise toutefois pas s’il s’agit d’un air de l’occis Maure, Otello.

otello ave mariaCliquez sur Desdémone

Un lieu s’appelle le Clairdelune, comme la sonate de Beethoven du même nom.

Beethoven Sonate 14 Clair de lune Adagio sostenutoCliquez sur la sonate de Beethoven qui porte le même nom

Il y a un comte Harold, comme l’œuvre de Berlioz Harold en Italie inspirée par l’œuvre de Lord Byron.

Berlioz HArold en Italie marche des pélerinsCliquez sur Harold (en Italie)

Et à la toute fin du tome IV, on retrouve Bizet et sa Carmen, puisqu’on peut entendre :

L’oiseau que tu croyais surprendre

Battit de l’aile et s’envola

L’amour est loin, tu peux l’attendre

Tu ne l’attends plus, il est là.

Bizet Carmen Habanera (Callas)Cliquez sur Carmen Callas

(sources principales : les quatre volumes de la Passe miroir, de Christelle Dabos, éditions Gallimard, se trouvent chez Gallimard Jeunesse et en Folio).

Agenda Ironique

L’AGENDA IRONIQUE DE JUIN 2023

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

Pink Alice through the looking glassCliquez sur Alice se préparant à découvrir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir (ou pas…)

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AINSI GROGNA GROA

Ce mois-ci, c’est la Craie qui nous propose un thème; comme indiqué ci-après :

Le thème sera la fuite du temps. Carpe diem ou naufrage de général.

Votre texte devra obligatoirement commencer par la phrase

« l’aurore sortait de l’océan sur son char de roses« 

Ausone,  « sommaire pour l’Odyssée » chapitre II  » )

Je vous impose aussi GRóA comme personnage – une reine mythique, femme de Aurvandil, et , sorcière guérisseuse. Nomchalamment vous pourriez ne prendre que le nom et en faire un autre personnage sans aucun rapport.

En option pourriez vous caser les mots : marsouintrichobézoardet « soulèvements de la terre » ?

Tout le reste vous appartient.

Mais tout ceci est esspliqué sur son site :

https://lacraie.art.blog/2023/05/04/agenda-ironique-mai-23/

« L’aurore sortait de l’océan sur son char de roses« . Ainsi grogna Groa, la sorcière guérisseuse. Mais que voulait-elle dire par là ? Selon son mari Aurvandil, le marsouin morvandiau, cette phrase obscure était tirée d’un très ancien livre de contes, l’Iliade. Il y a de ça environ 2500 ans, les citoyens grecs faisaient la haie d’honneur devant l’aède Homère, l’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée.

L’Iliade nous raconte à sa façon la guerre de Troie, et l’Odyssée le retour d’Ulysse dans sa patrie (il Ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse in patria prologueCliquez sur Ulysse

L’aède Homère était doué pour filer la métaphore, aussi aimait-il bien comparer l’aurore aux doigts de fée rosissant l’horizon au lever du soleil. Une de ses héroïnes était aussi douée pour tisser. Il s’agit, vous l’avez deviné, de Pénélope, la femme d’Ulysse, qui a attendu 10 ans le retour de son mari. Pressée par les prétendants de se remarier, elle avait promis de le faire quand elle aurait fini de faire tapisserie. Mais toutes les nuits, elle défaisait l’ouvrage de la journée, de sorte que sa tapisserie n’avançait guère (de Troie). (Les plus subtils de ses prétendants trouvaient quand même ce tricot bizarre…)

Fauré Pénélope OuvertureCliquez sur Pénélope

Mais revenons à Aurvandil. Aurvandil était la mère d’Arvedson (Arved Son = fille ou fils de Arved dans les langages du Nord), la célèbre enchanteresse qui a prédit l’avenir à Gustave III, roi de Suède. Arvedson tirait son pouvoir d’une fuite du temps qu’elle avait détectée, et qui lui permettait de savoir à l’avance ce qui allait se passer.

Auber Gustave III trio de l'acte IICliquez sur Arvedson

Toutefois, se servir ainsi d’une fuite du temps n’était pas sans danger, car cela remettait en cause les grands équilibres de l’Univers. Aussi, de temps en temps, pour se rééquilibrer, il se produisait un grand soulèvement de terre, comme il est relaté dans la deuxième entrée des Indes galantes de Rameau.

indes galantes 2Cliquez sur l’image