Les résultats de la votation de juin 2023 pour l’Agenda Ironique sont tombés.
Votre texte préféré est celui de Photonanie : ma Proposition, à égalité avec Gibulène Au-delà du miroir. Suivent de près Lyssamara et moi-même.
Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. de juillet 2023, Photonanie se distingue, suivie par Tiniak, que l’on applaudit bien fort 👏.
Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’humour et de poésie.
Ce mois-ci (juin 2023), le thème de l’Agenda Ironique était « De l’autre côté du miroir », selon les modalités suivantes :
Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».
Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.
Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.
On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde. Ça veut dire que vous pouvez encore participer si vous le souhaitez. Le cas échéant, je vous rajouterais à la liste.
Je ne sais pas comment je fais, mais tout me ramène toujours à l’opéra. Alors que j’ai enfin commencé la série de la Passe-miroir, de Christelle Dabos, une passionnante uchronie steam-punk, et histoire de me purger un peu le cerveau de tous ces opéras, je tombe dès le premier chapitre sur un vieux gramophone où un disque rayé bégaye : « Si je… Si je… Si je… » avant que la soprano du disque ne proclame triomphalement « Si je t’aime, prends garde à toi ». Ça commence bien, m’exclamé-je alors en mon for intérieur !
L’héroïne de ce roman s’appelle Ophélie, comme l’Ophélie d’Hamlet (et de l’opéra d’Ambroise Thomas) et entre au service d’une noble d’une autre famille, Dame Berenilde (dont le nom « sonne » comme Brünnehilde.)
Un accord entre les deux familles veut qu’elle devienne l’épouse de Thorn, le neveu de Berenilde. Thorn a une demi-sœur, Freyja, qui devient vite l’ennemie d’Ophélie. Freia est un des personnages de l’Or du Rhin, c’est la déesse de la jeunesse qui assure l’immortalité aux dieux en leur faisant manger ses pommes « magiques ».
Une des scènes les plus importantes du tome I est le chapitre intitulé « l’Opéra », où Berenilde doit interpréter le rôle d’Isolde devant le chef tout puissant de ce monde.
Tome II : Le journal de la cour s’appelle Le Nibelungen (et le directeur de ce journal s’appelle Tolstoï). Ophélie est mise sous la protection de personnages appelées Valkyries.
Un peu plus tard, il y a un conteur qui raconte l’histoire d’un nain qui forge une épée dans sa caverne, puis l’histoire du voyageur borgne qui modifie le destin de personnages. On se croirait dans du Wagner !
Un peu plus tard encore, Berenilde chante dans son bain le dernier air d’opéra à la mode. Christelle Dabos ne nous précise toutefois pas s’il s’agit d’un air de l’occis Maure, Otello.
(sources principales : les quatre volumes de la Passe miroir, de Christelle Dabos, éditions Gallimard, se trouvent chez Gallimard Jeunesse et en Folio).
Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».
Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.
Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.
On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.
Je vous impose aussi GRóA comme personnage – une reine mythique, femme de Aurvandil, et , sorcière guérisseuse. Nomchalamment vous pourriez ne prendre que le nom et en faire un autre personnage sans aucun rapport.
En option pourriez vous caser les mots : marsouin, trichobézoard, et « soulèvements de la terre » ?
« L’aurore sortait de l’océan sur son char de roses« . Ainsi grogna Groa, la sorcière guérisseuse. Mais que voulait-elle dire par là ? Selon son mari Aurvandil, le marsouin morvandiau, cette phrase obscure était tirée d’un très ancien livre de contes, l’Iliade. Il y a de ça environ 2500 ans, les citoyens grecs faisaient la haie d’honneur devant l’aède Homère, l’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée.
L’Iliade nous raconte à sa façon la guerre de Troie, et l’Odysséele retour d’Ulysse dans sa patrie (il Ritorno d’Ulisse in patria sua).
L’aède Homère était doué pour filer la métaphore, aussi aimait-il bien comparer l’aurore aux doigts de fée rosissant l’horizon au lever du soleil. Une de ses héroïnes était aussi douée pour tisser. Il s’agit, vous l’avez deviné, de Pénélope, la femme d’Ulysse, qui a attendu 10 ans le retour de son mari. Pressée par les prétendants de se remarier, elle avait promis de le faire quand elle aurait fini de faire tapisserie. Mais toutes les nuits, elle défaisait l’ouvrage de la journée, de sorte que sa tapisserie n’avançait guère (de Troie). (Les plus subtils de ses prétendants trouvaient quand même ce tricot bizarre…)
Mais revenons à Aurvandil. Aurvandil était la mère d’Arvedson (Arved Son = fille ou fils de Arved dans les langages du Nord), la célèbre enchanteresse qui a prédit l’avenir à Gustave III, roi de Suède. Arvedson tirait son pouvoir d’une fuite du temps qu’elle avait détectée, et qui lui permettait de savoir à l’avance ce qui allait se passer.
Toutefois, se servir ainsi d’une fuite du temps n’était pas sans danger, car cela remettait en cause les grands équilibres de l’Univers. Aussi, de temps en temps, pour se rééquilibrer, il se produisait un grand soulèvement de terre, comme il est relaté dans la deuxième entrée des Indes galantes de Rameau.
Ce mois-ci (avril 2023), l’Agenda Ironique se passe chez Max-Louis.
Je vous propose le thème : CHAT
Si le chat représente, au-delà des symboles et des configurations vivantes qui peuvent nous être familières, un félin de petite taille constitué de toutes ses facéties, la littérature n’est pas en reste pour lui apporter du poil de la bête. Aussi aux exemples, nous pouvons pêcher quelques éléments distingués : donner sa langue au chat / Chat à neuf queues / Rue du Chat-qui-Pêche/ poisson-chat / comme chien et chat / pas un chat /…
Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court), réel ou imaginaire et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.
Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés : – automate – créature – usurpation – compresseur (vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).
Tous les matous du monde est un roman de Paschal Quignard, adapté brillamment au cinématographe par Alain Corbeau. Dans ce film on peut entendre le violiste Jordi Chat-Val improviser, tel un automate, à la viole de gambe sur le thème de la Folia.
Cette viole, comme tous instruments cités ici, a été fabriquée par un célèbre chat-luthier de Crémone, un certain Pietro GRIMEO. Le compositeur anglais Benjamin BRITTEN lui a rendu hommage en donnant son nom, anglicisé, au capitaine de chat-luthier que l’on trouve dans l’opéra Peter Grimes.
À titre d’exemple, l’instrument de prédilection de BERLIOZ, le fameux Aristochat de Walt Disney, était le chat-lumeau. Et ce n’est que bien après ses années de formation qu’il s’est mis à la guitare et au piano !
Le chat-lumeau est un instrument ancien qui a préfiguré la clarinette baroque. Les chats-lumeaux étant des instruments très anciens, il n’est pas rare d’en trouver des faux ou des copies chez les brocanteurs. Attention donc à l’usurpation ! Quand les douaniers trouvent de telles contrefaçons, ils les passent immédiatement sous un rouleau compresseur.
Après Berlioz, un autre chat chanteur est le Chat du Cheshire, dans les Aventures d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Chat-rôle. Quelle étrange créature que ce chat qui peut se réduire à volonté à son simple sourire.
Le Chat Murr ou, de son titre complet Les sages réflexions du chat Murr entremêlées d’une biographie fragmentaire du maître de chapelle Johannès Kreisler présenté au hasard de feuillets arrachés est un roman de E.T.A. HOFFMANN. C’est en hommage à son univers que le créateur du Génie des alpages a pris le pseudonyme de F’Murrrr !
La nuit, tous les chats sont gris, et pas seulement s’ils sont pris de boisson. C’est ce que semble nous confier Andrw LLOYD-WEBER dans sa comédie musicale Cats.
et voici ce qu’elle nous demande, Isabelle-Marie :
Vu que c’est le mois de mars, ça vous le savez, que c’est le mois du printemps, vous le savez aussi, que c’est le changement d’heure, ah vous aviez oublié ? D’ailleurs, vous avancez ou vous reculez d’une heure ? À vous de me le dire et vous avez le droit de vous tromper dans l’histoire que vous allez me raconter.
Mais quelle histoire ? Elle se passera dans un champ avec des fleurs, des plantes, des mauvaises herbes (après les légumes v’là les fleurs), mais vous choisirez celles qui piquent, qui grattent, qui puent, qui dévorent ceux qui s’approchent trop près, à vous les chardons, les orties, les plantes carnivores, et celles qui n’existent pas encore, mais que vous allez inventer au gré de votre fantaisie. Je ne vous impose qu’une fleur LE PISSENLIT et vous en ferez ce que vous voulez. Ah, j’oubliais, il aura une valise, il adore voyager.
Pensez à mettre une pendule, un réveil, une horloge, c’est vous qui décidez du moment que ça donne l’heure.
Après un long grattage occiputal pour savoir comment traiter ces contraintes, je me suis résolu à vous proposer quelques haïkus, à commencer par celui de VH le poète dans les Contemplations, où il prend métaphoriquement la défense du (petit) peuple.
À propos de Ricet Barrier, saviez-vous qu’il avait une amie qui s’appelait Lise, et que chaque fois qu’il la rencontrait, il lui demandait, « Ça va, Lise ? » (En fait, je ne suis pas certain de cette affirmation, mais je suis comme le professeur Burp, désagrégé en biologie animale [merci, Gotlib], j’aime bien faire profiter les autres de mon ignorance.)
Dans son opéra la Fanciulla del west (la Fiancée du far-west) qui se passe en Californie, PUCCINI aurait pu glisser une scène avec des jumpings cactus, ces sympathiques plantes du désert qui, pour se protéger, sont capables de lancer leurs épines (très pointues) à quelques mètres sur un danger (humain ou animal) s’approchant trop près (et croyez-moi, ça pique !)
Ce mois-ci, Carnets Paresseux nous a mijoté un thème et quelques contraintes pour l’Agenda Ironique:
Janvier achevé, l’année passe à février, et l’agenda ironique fait de même ; et voilà qu’en même temps Tiniak me passe le relais. De koikil va être question, pour ce mini-mois raccourci ? D’écrire, bien sûr ; et puis de lire, après. D’écrire un texte (nouvelles, poèmes, pamphlets, chansonnette et tutti frutti…) Le thème ? Il y en aura deux, à mélanger : rien de bien terrible ! j’aimerai qu’il y soit question de légumes d’une part, et des jours de la semaine. Les jours, parce que l’agenda, quand même. Les légumes, parce qu’on n’en parle jamais assez. Et puis yôra quatre mots à placer ça et là : nuage, tapage, dindon, bouillon. Mais vous pouvez en utiliser d’autres, bien sûr.
Rien de plus, rien de moins. Ah, si. ça me plairait aussi – mais c’est facultatif – que vous vous zinspiriez des Images à colorier d’Elena Pavlona Guertick, qui sont là sur Gallica. Donc, des légumes, des jours, une image si vous voulez, quatre mots et un peu d’ironie. Et puis on peut évidemment écrire plusieurs textes, disons au moins un et pas plus de vingt-huit, pour donner un cadre raisonnable.
Le mardi ce seront des Pasta à la Norma. Le site spécialisé dans la gastronomie et l’opéra nous précise qu’il s’agit de pâtes cuisinées avec des tomates, des aubergines grillées et de la ricotta.
Le samedi, la malheureuse Manon, sur le point de trahir son amant, se souviendra des repas de légumes cuits à l’eau qu’ils mangeaient sur leur petite table.
Et enfin, le dimanche, le directeur de l’opéra de Saint-Glinglin, cette grosse légume, offre un potlatch de tapas, provoquant au passage un gros tapage !
Et si vous voulez encore du dindon, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.
C’est Tiniak qui héberge l’Agenda Ironique de ce mois-ci, janvier 2023. Voici ses consignes :
Hébergeant le premier Agenda Ironique de l’an 2023, je vous invite à rédiger un texte n’excédant pas 223 mots, mais comptant au moins 150. Pour vous en assurer, vous devriez trouver, au menu <Outils> de votre éditeur de texte, l’onglet >Nombre de mots<.
Pour thème censé inspirer vos nouvelles, poèmes, pamphlets et autres scribouilles, je vous propose donc celui-ci : “Frutti di mare”.
Avec, autant que possible, tout ou partie de cette liste de mots, un rien maraboutée (3 mots minimum) : Tutti frutti, frutti di mare, marée [montante ou descendante*], dentier de, [d’eux ou de*] crabe, crabouille, ouille la la ! [là, je dis*] amen, aménité, ite missa est !
Pour un beau pique-nique, ce fut un beau pique-nique !
On confia à Peter Grimes, le pêcheur, le soin d’aller chercher du poisson à la maréemontante (ou descendante). Malheureusement une violente Tempesta di mare se leva et fit couler son mousse dans l’écume rugissante.
Les crabes avaient été fournis par le marchand de crabes de GERSHWIN, dans son opéra Porgy and Bess (et les fraises par la marchande de fraises).
À ce moment, Tintin et le capitaine Haddock sortaient de l’album d’HERGÉle Crabe aux pinces d’or. Enivrés par les vapeurs de vin, Tintin entonna alors un air de la Dame blanche, de BOÏELDIEU.
Pour rester dans l’ironie de cet agenda, je me suis servi d’une presque anagrame de « l’Agenda ironique », ce qui m’a fourni ce thème : « Qui a l’ange de Noël ? »
Quand j’étais enfant, nous avions coutume de chanter à cette époque de l’année Les Anges dans nos campagnes (tout en maquillant les voitures volées pendant la nuit).