Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de septembre 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les chansons de l’échanson ». Je vous propose donc de nous proposer un texte où apparaîtront des chansons, enfantines ou non, populaires ou non, sophistiquées ou non.
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois » Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème, dictée ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 26 septembre, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants, pour pouvoir transmettre le flambeau avant la fin du mois.
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Voila, je vous laisse, moi je dois pratiquer le grattage occiputal pour trouver comment je vais répondre à ces consignes aussi far que felues.
Cet été, c’est John Duff qui a été désigné pour notre plus grand plaisir pour piloter l’Agenda Ironique. Il est pour ce faire hébergé chez l’ami Tiniak. Et voici donc ses consignes, à l’ami John Duff :
Il y faudra, bien sûr, un bon peu d’ironie, mais surtout ce qui suit, sous le thème générique de LA CHUTE :
un mandarin et sa mandarine
un personnage en marcel
une locution latine (même détournée)
les mots :camembert, sinémurien, ouroboros et conchoïdale
Mon histoire commence dans le lointain Orient, encore appelé extrême Orient. Il y a de cela fort longtemps les mandarins zet les mandarines discutaient autour d’une tasse de thé, comme le rappelle très bien l’éminent orientaliste qu’était Maurice Ravel dans son Enfant et les Sortilèges.
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On le sait peu, mais dans la Bohème de Puccini, le peintre Marcello était peintre sur porcelaine, et c’est lui qui a décoré les charmantes tasses qui ont inspiré à Ravel le morceau que vous venez d’entendre. Marcello avait pour habitude pour peindre de s’habiller d’un marcel (c’est de là que vient le nom de cette vêture), et quand il était habillé en pingouin, comme dans l’extrait cidsous, Mimi se faisait fort de le lui reprocher.
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Locution latine, dura lex, fiat lux !
Peut-être vous êtes-vous déjà demandé quels étaient les fossiles mis en musique par Saint-Saëns dans son Carnaval des animaux ? Eh bien, de récentes découvertes en musicologie comparée ont révélé qu’il s’agissait d’acanthoceras rothomagenses, célèbres pour leur aspect conchoïdal. Ces coquillages repliés sur eux-mêmes semblent se mordre la queue, tel l’ouroboros que l’on trouve chez Hergé dans Tintin au Congo quand Tintin, pour se débarrasser d’un redoutable serpent, lui met la queue dans la bouche. Je dois dire que cette scène, quand j’étais petit, me plongeait dans des abîmes de perplexité, me demandant comment tout celà pouvait finir. Est-ce que le serpent allait devenir de plus en plus petit, pour ne plus finir que comme un cercle de rayon nul ?
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Le plus étrange dans tout celà c’est que, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, l’acanthoceras (rothomagenses) ne fait pas partie de l’étage sinémurien, cet étage géologique qui doit son nom à la ville de Semur-en-Auxois, sympathique petite ville où j’ai chanté dans ma folle jeunesse la petite messe solennelle de Rossini.
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Bon, et bien après ces divagations géologico-musicales, il me faut trouver une chute. J’irai la chercher chez le philosphe latin Gracchus confucius, qui n’hésitait pas à dire « Dura Lex, Fiat Lux », ce que l’on doit pouvoir traduire approximativement par « plus dure sera la chute ».
Ce mois-ci, l’Agenda Ironique s’est installé chez Sabrina, et kwak elle nous demande Sabrina ? Voici ses consignes :
Je vous propose de mettre à l’honneur des gens ordinaires, (Normal people), leurs tracas, leurs tralalas, leurs tragédies comme il vous chante, un matin de changement ! Comédie musicale, extrait théâtral, composition florale… Vous choisissez la catégorie de votre épreuve !
Mais il faudra dans tous les cas, créer au moins une locution introuvable (à la manière de l’OULIPO) à partir d’expression et locutions déjà connues (ex : avoir la tête dans le guidon + la balle est dans ton camp = avoir la tête dans ton camp… ou la balle est dans le guidon…).
Le parcours initiatique de nos êtres ordinaires se retrouvera semé de quelques obstacles à placer : porte-fenêtre / whisky / discorde / toupet / perce-neige / bouilleur de cru (vraiment dans mon dico)…
Et pour les plus courageux.ses, en option, il pourra être ajouté en début ou bout de course, cette phrase, toujours tirée de mon dictionnaire d’idiomes : « J’en suis reconnaissant.e car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ? »
« Ouh la la ! » me suis-je exclamé en découvrant le sujet du mois, ça va encore être le roi et la canebière, ce mois-ci. Pour un gars bien ordinaire comme moi, c’est toujours un tracas de trouver un sujet permettant de respecter les consignes de l’A.I., tout en y apportant la contrainte supplémentaire qui est d’y rajouter des tralalas folâtres et musicaux.
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Raconter la vie de gens ordinaires, et non plus celle de figures issues de la mythologie ou des têtes couronnées, c’était le credo des véristes. Le vérisme est un mouvement musical italien qui a duré environ 20 ans, et héritier du naturalisme à la Zola. Mais du naturalisme au vérisme, y a quoi, tu crois ? Juste assez, ou presque ! Une illustration de ce mouvement naturaliste sera Louise, de Gustave Charpentier.
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Pour les véristes, dont le représentant le plus célèbre est Puccini, la situation se gâte vite. Autant si la Bohème de ce dernier représente bien le petit peuple de Paris, en quoi la vie d’une cantatrice ou d’une princesse chinoise est-elle figurative de la vraie vie des vraies gens ? Dans la Bohème, on peut entendre la pauvre Mimi essayer de vendre de petits bouquets de perce-neige pour pouvoir se payer les médicaments qui la sauveraient d’une mort tragique.
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Un exemple d’être (humain) ordinaire à l’opéra est le malheureux Wozzeck. Dans l’opéra de Berg, il est soldat et sa femme le trompe avec le tambour-major alors que le sergent-major se livre à des expériences scientifiques sur lui. À la fin, Wozzeck a le toupet de tuer sa femme, avant que d’aller se noyer.
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Berg encore avec sa Lulu, sirotant un whisky maturé par un des meilleurs bouilleurs de cru (vous avez de la chance, j’ai résisté à la tentation d’utiliser une des nombreuses contrepèteries possibles avec ce mot) dans ses années fastes, appuyée à la porte-fenêtre de son riche appartement de Vierzon.
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Voilà, ce sera tout pour cette fois, mais en tout cas, je suis reconnaissant à Sabrina, car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ?
Ce mois-ci (mai 2024), c’est Jobougon qui tient les manettes de l’A.I. Et quoi qu’elle nous demande, Jobougon ? Eh bien, voilà :
René d’Anjou, le bon roi René ! Né le 16 janvier 1409 à Angers et mort le 10 juillet 1480 à Aix-en-Provence, le roi René a écrit « le livre du Cœur d’amour épris », personnifiant Cœur, le cœur amoureux, qui va être amené à traverser bien des épreuves pour aller délivrer Dame Merci prise en otage par Rude Danger et Malebouche au Manoir de Rébellion. Cœur, armé par Désir, ayant pour destrier Franc Vouloir, suivant le style de la quête du Saint Graal, sera amené à rencontrer Dame Espérance, puis la Naine Jalousie, il boira l’eau de la Fontaine de Fortune, traversera le Val de Profond Penser, le Fleuve de Larmes, le Pré de Dure Réponse, le Passage Périlleux, le Tertre Dénué-de-Liesse, sera aidé par Honneur, Bon Renom, passera par le Cimetière d’Amour rencontrera « Courtoisie », etc, etc, etc.
Je vous propose de vous inspirer du bon roi René et de personnifier « Liberté » et de lui faire traverser moult tribulaventures en inventant des noms de lieux et personnages dans le style poétique de cette époque et de ce livre, en incluant dans le texte au moins deux jurons bien tournés dans un langage tout aussi poétique que fleuri.
Je vais donc vous composer un p’tit opéra sur ce thème.
Acte I : Le rideau de velours cramoisi se lève sur le château du roi René, dans les environs de Vierzon. Au premier plan, un parterre de roses rose et des roses blanches. Derrière, un parterre de rhubarbe.
Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance. Son père a interdit qu’on lui révèle son infirmité, mais Robert, le duc de Bourgogne, qui s’était perdu lors d’une chasse avec un ami sur son palefroi pommelé voit Iolanta et tombe amoureux d’elle. Un médecin maure prétend que pour la libérer de cette infirmité, il faut d’abord qu’on la lui révèle, ce que le roi René interdit. Finalement l’opération réussit et Iolanta et Robert tombent dans les bras l’un de l’autre.
Cliquez sur le médecin maure
Acte II : La scène se passe dans les tréfonds d’une psyché humaine. La Paresse et la Jalousie se disputent pour savoir qui est le meilleur défaut. Elles s’agonisent d’injures.
– Dame Paresse : Espèce de paltoquet, tu me fatigues avec ton éternelle jalousie !
– Dame Jalousie : Saperlipopette, j’aimerais comme toi ne jamais rien faire, mais il n’y a rien à faire, l’humain fait toujours appel à mes services.
Et la valse des jurons de continuer ad libitum…
Cliquez sur la ronde des jurons
Acte III : Dans son cabinet de travail, Schiller réfléchit à la notion de liberté, et notamment de la liberté des peuples. Comment mesurer l’écart entre une servitude volontaire et la liberté, ou comme dirait Carnets Paresseux, d’ici à là, y a quoi, tu crois ? Juste assez, ou presque. Il ne sait pas encore, Schiller, l’écho qu’auront ses réflexions sur Dame Liberté auprès des compositeurs, de Beethoven qui avait fait sienne cette devise « toujours aimer la liberté » à Rossini qui portera à l’opéra son héros Guillaume Tell, délivrant la Suisse du joug autrichien. Beethoven s’y prendra à deux fois pour mettre en musique l’Ode à la Joie. Une première fois dans sa Fantaisie chorale pour piano, chœur et orchestre, et une deuxième fois dans le final de sa 9e Symphonie.
Cliquez sur la fantaisie chorale
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Acte IV : Le spectacle se recentre sur les aventures musicales de Lili Berté. Outre Guillaume Tell déjà mentionné, Beethoven nous a offert dans son opéra Fidelio, ou l’amour conjugal cet extraordinaire chœur des prisonniers retrouvant la lumière.
Quant à mon copain Auber, il signera sans le vouloir le départ de la révolution belge qui aboutira au départ de l’occupant autrichien et la création du Royaume de Belgique, à l’issue d’une représentation de la Muette de Portici et de l’air « Amour sacré de la Patrie ».
Cliquez sur la révolution belge
Et Verdi, nationaliste dont le nom était devenu l’acronyme de Victor Emmanuel Roi D‘Italie, nous donnera dans Nabucco le fameux chœur des Hébreux, visant à la liberté du peuple juif prisonnier des Babyloniens.
Ce mois-ci (avril 2024), c’est le retour de Carnets Paresseux aux commandes de l’Agenda Ironique. Ékoikilnoudemand’, Carnets Paresseux ? Et bien voilà :
Avril oblige, il‘vassagir d’une histoire avec un poisson, mais comme on n’est plus le premier ravril, d’un poisson qui ne serait peut-être pas un poisson, ou pas que poisson. Skil serait d’autre que poisson ? A vous de le dire ! Et puis ‘vassagir d’une maison, ou d’un appartement, d’un terrier, bref, d’un logement, d’un lieu clos. J’aimerai aussi que ce lieu ne soit pas un simple décor, mais participe à l’action, voire pique la vedette au poisson.
Des mots imposés ? Taxiphone, rhubarbe, paresse et Vierzon.
Bien sûr,ilïauraune phrase à glisser ici ou là ; équanime, j’en propose deux au choix. L’une, c’est « d’ici à là, y a quoi, tu crois ? juste assez, où presque…» qui pourra s’achever sur un ? ou un . ou un ; ou trois … L’autre ? « Xénophon rapporte qu’Alexandre pleura quand il eut achevé la conquête du monde. Tamerlan et Attila, eux, pas une larme. » les plus intrépides pourront placer les deux phrases, ou plusieurs fois l’une, ou plusieurs fois les deux. Mais sans exagérer.
Et puis quoi plus ? peut-être que je proposerai chaque dimanche un petit truc en plus, pour s’il y a des amateurs qui voudraient tenter le feuilletonnage. Sinon, poème, recette, conte, épistolage, tout est formellement possible et attendu.
Bref, un poisson, où pas, un lieu clos, quatre mots, une ou deux phrases, et la possibilité d’épisodes.
Mais le mieux, c’est que vous alliez voir directement chez lui, à l’adresse suivante :
Peut-être avez-vous vu le film Ponyo sur la falaise, de Miyazaki. Dans cet anime, l’héroïne est Ponyo, un bébé poissonne qui se trouve enfermée dans un bocalclos sur la plage. Un petit garçon, Sosuke, la trouve et cherche à la libérer mais il se blesse à la main. Ponyo lèche sa plaie et se trouve contaminée par l’ADN humain. Elle commence à se métamorphoser, devenant une presque poissonne, et une presque humaine. L’équilibre du monde s’en trouve menacé et, comme le rapporte le philosophe romain Gracchus Confucius, « Xénophon se mit à pleurer quand il eut achevé la conquête du monde, conscient qu’il avait ainsi bouleversé l’équilibre d’ycelui. Tamerlan et Attila, eux, n’en eurent aucune larme ».
Mais qui étaient tous ces gens ? Xénophon était le grand frère de Taxiphon, un obscur inventeur grec, qui aurait trouvé le moyen de parler à distance. Malheureusement, la technologie des Grecs anciens ne lui ont pas permis de tester son invention et Taxiphon est resté totalement inconnu, au contraire de Xénophon, qui nous a laissé comme écrit l’Apologie de Socrate à propos de la mort du philosophe grec, obligé de se suicider en buvant du jus de rhubarbe pour avoir corrompu la jeunesse. Cette mort de Socrate a inspiré Erik Satie dans sa cantate Socrate. Mais de Xénophon à Satie, il y a quoi, croyez-vous ? Juste assez, ou presque, pour que la rhubarbe soit remplacée par de la ciguë.
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Attila était le farouche chef des Huns, et on disait de lui que derrière son passage, l’herbe ne reVERDIssait plus. Pourtant pas ingrat, Verdi écrira un opéra sur lui.
Un millénaire plus tard, Tamerlan était un chef mongol. Tamerlano a fait l’objet de mises en musique par Haendel et Vivaldi.
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Et un Agenda Ironique sans une citation de mon pote Mallarmuche serait comme une jambe de bois sans emplâtre, alors laissons-lui le mot de la fin. Saviez-vous par exemple que son poème « Loin de l’amer repos où ma paresse offense » avait été écrit pendant des ouacances à Vierzon?
Et si vous n’êtes pas convaincus par les ouacances de Mallarmuche à Vierzon, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.
Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous n’êtes pas convaincus par les ouacances de Mallarmuche à Vierzon
Articulet complémentaire : De récentes recherches dans les vélins veloutés antiques, menées par le très sérieux médiéviste F’Murrrrr nous apprennent qu’Attila était un compagnon de Jehanne d’Arcque, au même titre que Gilles de Rai, dit Barbe-bleue. Malheureusement, la barbe bleue de Gilles était habitée par des poux dingues. Quoiqu’il en soie, écoutons le concerto que Rossini a écrit pour la voix de velours de Jehanne d’Arcque. (La version en trio, un véritable petit opéra écrit pour Jehanne, Gilles et Attila a malheureusement était perdue.)
Cliquez sur Jehanne
(Si vous ne comprenez pas les paroles, ne vous inquiétez pas, elles sont écrites en volapükapi, une langue compréhensible uniquement dans le multivers.)
Les autres suivent de près et on les applaudit bien fort aussi.
Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’avril 2024, vous vous êtes moins bousculés pour répondre, mais vos faveurs vont à Carnets Paresseux, Jo Bougon et Lothar, que je laisse voir ensemble qui qui va s’y coller.
Un grand bravo à tout le monde, et à bientôt pour un nouvel A.I.
Ce mois-ci (mars 2024), le thème de l’Agenda Ironique était « Les créatures fantastiques« , selon les modalités suivantes :
Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Et voici donc vos participations dans l’ordre d’arrivée :
Et qui qui va organiser l’A.I. d’avril 2004 ? Exprimez-vous ici :
P.S. Si vous n’avez pas eu le temps de participer, vous pouvez encore le faire puisque j’avais annoncé le 28 comme date limite. Je vous ajouterai alors à la liste des participants.
Ce mois-ci, c’est Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) qui organise l’Agenda Ironique. Et qu’est-ce que je demande, me demandé-je, ce mois-ci, eh bien voilà :
Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Quand j’étais jeune, je collectionnais les mots rares, ceux qui étaient sortis des dictionnaires courants. Et comme les profs de français n’avaient pas réussi à me dégoûter de Baudelaire, de temps en temps je tombais chez ce poète sur de tels mots rares, comme calenture ou dictame. (En fait, je suis injuste quand j’écris cela, car j’ai eu de bons professeurs de français. C’est seulement quand j’ai passé l’oral du bac, sur un poème de Baudelaire justement (« l’Invitation au voyage »), que je suis tombé sur une véritable harpie, qui voulait me faire tuer ce poème en le disséquant dans une analyse mot à mot. (Les harpies étaient des divinités grecques de la vengeance divine, au corps d’oiseau et à la tête de femme. À la différence des sirènes, leur chant n’était pas du tout mélodieux.)
Mais, pour revenir à mes mots rares mémorables, on trouve dans le Vin des amants ce quatrain :
Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain !
Cliquez sur le mirage lointain
Baudelaire, fumeur d’opium, considère sa drogue comme un puissant dictame. On en trouve un dans « La Pipe » :
Et je roule un puissant dictame Qui charme son cœur et guérit De ses fatigues son esprit.
Ou encore dans l’extraordinaire « Tout entière » :
Quel est le plus doux. » – Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré : » Puisqu’en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré.
Et que dire encore du poème « une Gravure fantastique » inspiré par une gravure de Hayhnes représentant un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, Death on a pale horse.
Cliquez sur le quatuor pour la fin du temps (l’Apocalypse)
Ce spectre singulier n’a pour toute toilette, Grotesquement campé sur son front de squelette, Qu’un diadème affreux sentant le carnaval. Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval, Fantôme comme lui, rosse apocalyptique Qui bave des naseaux comme un épileptique. Au travers de l’espace ils s’enfoncent tous deux,
Aux fêtes, saviez-vous que Baudelaire était ami avec Félix Tournachon, dit Nadar, et que ce dernier a pris de nombreux clichés photographiques de Baudelaire ?
Eh bien, si vous collez les différents portraits de Baudelaire sur le pourtour d’un cylindre que vous ferez tourner autour de son axe, et que vous observez les photos défiler devant une fente que vous aurez pratiquée à cet effet, vous obtiendrez ainsi l’illusion du mouvement, et au passage, vous aurez réinventé le phénakistiscope !
Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de mars 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 28 mars, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants.
Allez, je vous laisse avec un petit dragon signé Richard Wagner, et j’attends vos participations.
Ce mois-ci, c’est Photonanie qui héberge l’ Agenda Ironique.
Etkwacéti qu’elle nous demande, Photonanie ?
D’habitude le choix de la forme est laissé libre, mais j’aimerais changer un peu en demandant cette fois un acte (ou plus) d’une pièce de théâtre. On peut évidemment se trouver au début, au milieu ou à la fin de la pièce, au choix. Cela implique donc un minimum dedidascaliespour se situer (informations sur des éléments que les répliques ne permettent pas de connaître).
J’aimerais aussi y voir un zeugme (le mot est bizarre mais c’est assez simple. Pour vous guider, je vous propose un exemple de Pierre Desproges :Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.) 😉
Et pour faire bonne mesure, j’ai également repris les consignes de l’A.I. du mois de Janvier, qui était organisé de main de maître par Tiniak.
Acte I scène 1 : Le rideau ponceau s’ouvre sur une fenêtre.Par la fenêtre ouverte, force est de constater que la scène est vide au moment de ce lever de rideau. Lucien et Julie Brindavoine entrent. Lucien tient un dictionnaire dans la main.
Lucien (compulsant son dictionnaire) :
Les îles Hébrides ?…
Zébrides…
Zébrides…
Julie, Julie !
Zé ! Zé ! Zé ! Zé !
Incroyable !
Zèbre, zébré, zébrure, mais pas de zébrides.
On ne trouve rien dans ce dictionnaire !
Ainsi commence (presque) On purge Bébé de Feydeau, adapté en 2022 à l’opéra par Philippe Boesmans.
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Julie se précipite sur le dictionnaire. Voyant que son mari avait cherché les Hébrides à la lettre « Z », elle éclate d’un rire sardonique, et cherche à son tour.
Tiens, tu vas voir comme c’est dans les Z.
(elle parcourt la colonne des mots.)
E, é, ébranler, ébrécher…
Mais c’est dans les E, voyons !
Ébroïciens… Mais, ça n’y est pas ! Fichtre, je ne comprends pas, ça devrait y être !
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Acte I scène 2 : Cathy, l’enfant de Lucien et Julie pour qui ses parents cherchent où se trouvent les Hébrides, entre en scène. Elle reste debout car sa phobie, à Cathy, c’est la kathisophobie. Amoureuse, elle effeuille une marguerite en pensant à Védik, son amoureux.
Il m’aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout, un peu beaucoup, à la folie…
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– Ah, il m’aime à la folie ! Il faut que je l’entende, vite, je vais lui passer un coup de bigophone !
Acte I scène 3 : Le téléphone sonne dans la salle d’armes de Védik, un escrimeur en train de s’entraîner avec entrain et sa flamberge.
– Ah Julie, c’est toi, le parangon de mon amour ! (il entame une chansonnette)
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Acte I scène 4 : Julie et son amoureux se sont donné rendez-vous dans un bar à vinpour y déguster de la liqueur de pampreou une petite mousse.
Les deux : Et maintenant, chantons à notre amour !
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+ + + RIDEAU + + +
Citations musicales :
les Zébrides : Ouverture des Hébrides (la Grotte de Fingal) de Mendelssohn.
Ébroïcien : Costeley, compositeur mort à Évreux : Mignonne allons voir si la rose, sur un poème de Ronsard.