Ariodante de Haendel a été créé le 8 janvier 1735 à Londres. Le livret écrit d’après l’Orlando furioso de l’Arioste est d’Antonio Salvi.
Le pitch : Ariodante aime Ginevra, la fille du roi d’Écosse, mais l’infâme Polinesso, qui convoite le trône d’Écosse, courtise Ginevra. Dalinda, la suivante de Ginevra aime Polinesso et est courtisée par Lurcanio, le frère d’Ariodante. Polinesso va mettre la dévotion aveugle de Dalinda au service de son ambition.
Acte I : Ariodante et Ginevra chantent leur amour quand le roi les rencontre dans le jardin. Il se réjouit du mariage prochain de sa fille avec Ariodante (air : « Voli colla sua tromba.)
Cliquez sur l’image
Polinesso va se servir de Dalinda pour faire croire à Ariodante que Ginevra est infidèle. Il lui demande de revêtir les habits de Ginevra et d’entrer dans sa chambre avec Polinesso. En échange de son aide, il lui promet son aide (air : « Spero per voi ».)
Cliquez sur l’image
Dalinda, qui n’est pas certaine des sentiments de Lurcanio, le repousse, espérant plutôt se marier avec Polinesso. Le roi et la cour s’apprêtent à célébrer le mariage de Ginevra et Ariodante.
Acte II : Polinesso dit à Ariodante que Ginevra l’aime. Ariodante le provoque en duel, mais Polinesso lui demande de se cacher et d’observer. Ariodante voit alors celle qu’il croit être sa future femme entrer dans sa chambre avec Polinesso. Lurcanio, qui a également assisté à la scène, empêche Ariodante de se tuer.
Le roi d’Écosse, qui a appris par Lurcanio l’infidélité de sa fille Ginevra, la renie. On apprend qu’Ariodante s’est suicidé. Polinesso veut maintenant faire assassiner Dalinda, seule témoin de sa bassesse. Ariodante, qui n’est pas mort, erre dans la forêt, se plaignant de l’infidélité de sa belle (air : « Scherza infida ».)
Cliquez sur l’image
Il rencontre les spadassins de Polinesso et les met en fuite. Ginevra, apprenant la mort d’Ariodante, tombe dans la folie. (Air : « Il mio crudel Martoro ».)
Cliquez sur l’image
Acte III : Polinesso, qui veut flatter le roi d’Écosse, s’offre de défendre l’honneur de Ginevra dans un tournoi. Il est blessé mortellement par Lurcanio à qui Dalinda a dévoilé le complot de Polinesso. Polinesso meurt en avouant son forfait. Le roi bénit alors les unions d’Ariodante et de Ginevra et de Lurcanio et de Dalinda. Ariodante est tout content (air : « Dopo notte ».)
Cliquez sur l’image
(Source principale : la production de la BBC à Londres en 1996 et le DVD associé.)
Ce mois-ci, c’est Sabri Na qui héberge l’Agenda Ironique. Et quoi qu’elle demande, Sabrina, et bien voilà :
Pour le mois de septembre, je vous propose de parler de pèlerinage, de pilgrimage en anglais (pile – Grimm – âge).
Parlons donc de marche au sens large, au sens figuré, au sens de la marche que vous souhaitez !
Une marche qui nous permet d’apprendre, comme un conte initiatique, si possible sans sciatique.
Il faudra y incorporer les mots : paille / barrette / berger / bol (tibétain ou non).
Et pour les plus téméraires, celleux qui n’ont pas froid aux yeux ni mal aux pieds, il faudra y ajouter cette phrase biscornue comme on les aime : « Celui qui pense droit marche de travers » de Jean Dypréau.
Mais tout ça est tellement mieux esspliqué chez Sabri Na que le mieux est d’y aller en cliquant sur le lien cidsous :
On rencontre toute sorte de pèlerins, et de pèlerines, dans l’univers de l’opéra. Mon préféré est Tannhaüser qui, pour avoir brouté sur le mont de Vénus, est condamné à aller en pèlerinage à Rome pour demander pardon au pape. Quand un matin un berger célèbre le lever du soleil avec son chalumeau, on voit les pèlerins revenir de Rome. Ils ont été tous été pardonnés, sauf Tannhaüser qui n’a pas obtenu sa rémission. Si vous voulez savoir comment l’histoire se termine, cliquez donc ici.
Dans Le Comte Ory (1828) de Rossini, le héros et ses compagnons, déguisés en pèlerines pour entrer dans un couvent, mettent la main sur la réserve de vin, qu’ils boivent au bol ou à la paille.
Cliquez sur les fausses pèlerines
Et quand ils ont trop bu, qu’ils tiennent à peine sur leurs jambes, ils citent un de leur adage préféré : « Celui qui penche doit marcher de travers ».
Il est d’autres formes de marches, citons par exemple :
les marches nuptiales,
Cliquez sur la marche nuptiale
les marches funèbres,
Cliquez sur la marche funèbre
les marches héroïques, que l’on joue parfois pour célébrer les barrettes des têtes galonnées,
Ursule Mirouët est un roman de Balzac qui fait partie, dans la Comédie humaine, des Scènes de la vie de Province. Si je vous en parle sur ce site consacré à la musique et à la littérature, c’est d’abord parce que c’est un très bon roman et aussi parce que Balzac se sert de la musique pour décrire les états d’âme de l’héroïne, Ursule Mirouët.
Le pitch : Dans une petite ville de province (Nemours), le vieux docteur Minoret se retire avec sa pupille Ursule Mirouët. Sa fortune, qu’il veut laisser à Ursule après sa mort, attise la convoitise de sa famille, qui réussit à voler et détourner l’héritage. Ursule aime Savinien de Portenduère, un héritier de la noblesse ancienne, mais la mère de Savinien ne veut pas d’une mésalliance dans sa famille. Pauvre Ursule !
On trouve les deux personnages d’Ursule Mirouët et de Savinien de Portenduère dans Béatrix, du même Balzac.
Très vite, on apprend que, « dans sa jeunesse, le docteur (Minoret) épousa par amour… la fille du fameux claveciniste Valentin Mirouët, une célèbre musicienne, faible et délicate… (page 784). Cette musicienne s’appelait Ursule Mirouët, comme notre héroïne. La jeune Ursule se trouve être la petite-fille du beau-père du docteur Minoret« .
Cette filiation est expliquée page 812 : « Le beau-père du docteur, le fameux claveciniste et facteur d’instruments Valentin Mirouët, un de nos plus célèbres organistes, était mort en 1785… À son lit de mort, il n’eut pas la consolation, de voir cet enfant gâté. Chanteur et compositeur, Joseph Mirouët, après avoir débuté aux Italiens sous un nom supposé, s’était enfui avec une jeune fille en Allemagne… Joseph Mirouët, doté par la nature d’une voix séduisante… et par-dessus tout compositeur plein de goût et de verve, mena pendant quinze ans cette vie bohémienne que le Berlinois Hoffmann a si bien décrite… Il s’établit à Hambourg où il épousa la fille d’un bon bourgeois, folle de musique, qui s’éprit de l’artiste« .
Cliquez sur le Berlinois Hoffmann
Ursule était une jeune fille très pieuse, qui s’était donné pour mission de conduire son tuteur à l’église. Le docteur avait pour ami le juge de paix et le curé de Nemours, avec qui ils avaient l’habitude de jouer au tric-trac. Un jour, Ursule se joignit à eux et gagna. Pour la remercier, Minoret se décide enfin à lui payer des cours de piano (page 819) : « le lendemain, Minoret, qui jusqu’alors avait refusé de faire apprendre la musique à sa pupille, se rendit à Paris, y acheta un piano, prit des arrangements à Fontainebleau avec une maîtresse et se soumit à l’ennui que devaient lui causer les perpétuelles études de sa pupille… La petite fille devint excellente musicienne… Les incrédules n’aiment pas la musique, céleste langage développé par le catholicisme, qui a pris les noms des sept notes dans un de ses hymnes : chaque note est la première syllabe des sept premiers vers de l’hymne à Saint-Jean.«
Dans Ursule Mirouët, Balzac consacre de nombreuses pages à ce qu’on appelait à l’époque le « magnétisme animal » et aux théories du célèbre magnétiseur Mesmer. (page 821) : « Vers la fin du XVIIIe siècle, la Science fut aussi profondément divisée par l’apparition de Mesmer, que l’art le fut par celle de Gluck… Mesmer eut donc des adeptes et des antagonistes aussi ardents que les piccinnistes contre les gluckistes.«
Cliquez sur l’image
Page 831, alors que le docteur va voir une « somnambule » pour savoir ce que pense sa pupille, celle-ci lui annonce, à propos d’Ursule pensant à Savinien : « Voici ce qu’elle pense : « Si je chantais bien, si j’avais une belle voix, quand il sera chez sa mère, ma voix irait bien jusqu’à ses oreilles. » C’est donc bien par le chant qu’Ursule espère conquérir le cœur de Savinien.
Page 841 : « Pendant que sa filleule jouait à son parrain des variations sur la Dernière Pensée de Weber…«
Cliquez sur l’image
Page 847-848 : La famille du docteur Minoret, voyant l’emprise qu’a la jeune Ursule sur le docteur, se décide à aller chez lui et tenter de le charmer. C’est l’occasion pour Balzac de montrer la bêtise crasse de la famille : « On nous dit que votre filleule a un si beau talent sur le forte , que nous serions bien enchantées de l’entendre. Mme Crémière et moi sommes disposées à prendre son maître pour nos petites; car s’il avait sept ou huit élèves, il pourrait mettre le prix de ses leçons à la portée de nos fortunes…
Volontiers, dit le vieillard, et cela se trouvera d’autant mieux que je veux aussi donner un maître de chant à Ursule.«
Page 870 : « L’abbé Chaperon entendit en entrant le son du piano. La pauvre Ursule achevait la symphonie en la de Beethoven… Plus la musique est belle, moins les ignorants la goûtent… Ah ! voilà ce qui coûte si cher, dit Mme Crémière à Mme Massin.
Cliquez sur la Symphonie en la
Dieu me garde de donner de l’argent pour que ma petite fille me fasse des charivaris pareils dans la maison, répondit Mme Massin.
Elle dit que c’est du Béthovan, qui passe cependant pour un grand musicien, dit le receveur, il a de la réputation.
Ma foi, ce ne sera pas à Nemours, reprit Mme Crémière, et il est bien nommé Bête à vent…
Il faut que M. le juge de paix aime bien jouer pour entendre ces sonacles, dit Mme Crémière.«
Lors de la première rencontre entre Savinien et Ursule, le charme de la musique agit déjà puisque Savinien déclare (page 878) : « J’espère, monsieur le docteur, que vous me recevrez chez vous; j’aime la musique, et je me souviens d’avoir entendu le piano de Mlle Ursule.«
Pages 890-891, Balzac nous livre un étonnant aveu de l’impuissance des mots à transmettre certaines émotions que seule la musique peut permettre de communiquer : « Il arrive souvent qu’un morceau pauvre en lui-même, mais exécuté par une jeune fille sous l’empire d’un sentiment profond, fasse plus d’impression qu’une grande ouverture pompeusement dite par un orchestre habile. Il existe en toute musique, outre la pensée du compositeur, l’âme de l’exécutant, qui, par un privilège acquis seulement à cet art, peut donner du sens et de la poésie à des phrases sans grande valeur. Chopin prouve aujourd’hui pour l’ingrat piano la vérité de ce fait déjà démontré par Paganini pour le violon.
Cliquez sur l’image
Ce beau génie est moins un musicien qu’une âme qui se rend sensible et qui se communiquerait par toute sorte de musique, même par de simples accords. Par sa sublime et périlleuse organisation, Ursule appartenait à cette école de génies si rares; mais le vieux Schmucke, le maître qui venait chaque samedi et qui pendant le séjour d’Ursule à Paris la vit tous les jours, avait porté le talent de son élève à toute sa perfection. Le Songe de Rousseau, morceau choisi par Ursule, une des compositions de la jeunesse d’Hérold, ne manque pas d’ailleurs d’une certaine profondeur qui peut se développer à l’exécution; elle y jeta les sentiments qui l’agitaient et justifia bien le titre de Caprice que porte ce fragment… Savinien pénétra donc dans ce délicieux royaume, entraîné par ce cœur qui, pour s’interpréter lui-même, empruntait la puissance du seul art qui parle à la pensée par la pensée elle-même, sans le secours de la parole, des couleurs ou de la forme.«
Cliquez sur l’image
Par l’effet de calomnies, Ursule croit que Savinien va se marier avec une autre, et se réfugie dans la musique. Et c’est par la musique que l’ignoble Goupil, qui voudrait se marier avec Ursule, essaye de la conquérir (page 944) : « … Ursule joua du piano fort tard, elle se coucha presque rassurée et accablée de sommeil. À minuit environ, elle fut réveillée par un concert composé d’une clarinette, d’un hautbois, d’une flûte, d’un cornet à pistons, d’un trombone, d’un basson, d’un flageolet et d’un triangle…«
Page 945 : « La sérénade était, à ce qu’il paraît, charmante ! Il y avait un cornet à pistons ! – Qu’est-ce qu’un piston ? – Un nouvel instrument de musique ! … Trois jours après, au milieu de la nuit, trois violons, une flûte, une guitare et un hautbois donnèrent une seconde sérénade… il lut cette terrible prophétie : Tu n’épouseras pas Ursule. Si tu veux qu’elle vive, hâte-toi de la céder à celui qui l’aime plus que tu ne l’aimes ; car il s’est fait musicien et artiste pour lui plaire, et préfère la voir morte à la savoir ta femme.«
Je ne vais pas vous raconter la fin, pour ne pas divulgacher l’histoire, mais je peux quand même dire que Balzac nous réserve une fin étonnante, avec l’apparition d’un fantôme !
(Source principale : La Comédie humaine, Ursule Mirouët, bibliothèque de la Pléiade, volume III, éditions Gallimard 1976.)
Ayant récemment vu sur ARTE la très belle mise en scène de Cédric Klapisch pour La Flûte enchantée de Mozart, je me suis rendu compte que, dans la caractérisation des différents personnages, on pouvait reconnaître les sept péchés capitaux.
L’orgueil est un des défauts (léger) de l’oiseleur Papageno qui, au début de l’histoire, se vante d’avoir tué le serpent qui menaçait le prince Tamino. Dans ce premier air, on peut aussi entendre un éloge de la paresse.
Cliquez sur l’incarnation de l’orgueil et de la paresse
Je n’ai pas trouvé dans cet opéra d’incarnation de la gourmandise, tout juste peut-on signaler le besoin de boire de Papageno au second acte, avant qu’il ne rencontre sa Papagena qui va lui donner à boire.
La luxure est représentée par Monostatos, l’esclave de la reine de la nuit qui ne pense qu’à assouvir son désir pour la pauvre Pamina.
Cliquez sur l’incarnation de la luxure
Je n’ai pas trouvé dans la Flûte d’incarnation de l’avarice. À la limite, on peut considérer que la haine de la reine de la nuit pour Sarastro vient du fait qu’il a gardé pour lui le cercle sacré d’Isis, qu’il destine aux initiés. Ceci peut également être considéré comme de la jalousie. Décidément, cette reine a tous les défauts.
La colère de la reine de la nuit s’exprime dans un des airs les plus célèbres de la Flûte enchantée, « Der Hölle Rache ».
Grande nouvelle, j’ai signé cette semaine avec Le Lys bleu ( https://www.lysbleueditions.com/ ) mon contrat d’édition pour mon opus 2, qui sera consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes ! À cette occasion, voici la liste alphabétique des écrivains à qui j’ai consacré un article sur mon site.
Après Mes opéras préférés et Compositeurs et compositrices, méta-billets vous permettant d’accéder directement aux billets de ces catégories par simple clic sur les liens proposés, voici un troisième méta-billet alphabétique qui vous permettra de retrouver les billets classés dans la catégorie Écrivains. Pour retrouver facilement ces méta-billets, j’ai créé les catégories « 1 – mes opéras préférés« , « 2 – compositeurs » et « 3 – écrivains » qui apparaissent au début de la liste des catégories.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine
Cliquez sur l’image
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse
Cliquez sur l’image
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
L’amour s’en va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente
Cliquez sur la Speranza
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Cliquez sur l’image
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
Citations musicales :
après la peine : Poulenc sept chansons, « Marie ».
Des éternels regards : Messiaen Vingt regards sur l’Enfant-Jésus.
l’Espérance : Rossini Trois chœurs religieux « la Speranza« .
Ni les amours reviennent : Chausson Poème de l’amour et de la mer « La mort de l’amour ».
Graciane Finzi naît le 10 juillet 1945 à Casablanca dans une famille de musiciens. Son père était violoniste et sa mère pianiste. À l’âge de 3 ans, Graciane jouait déjà du piano.
Après des études au Conservatoire de Casablanca, Graciane entre à l’âge de dix ans au Conservatoire National Supérieur de Paris en solfège spécialisé et à douze ans en classe de piano. Elle obtient très tôt ses prix d’harmonie (1962), de contrepoint (1964), de fugue (1964) et de composition. Elle écrit d’ailleurs sa première œuvre pour passer le concours d’entrée dans la classe de composition. Elle a comme professeurs Elsa Barraine pour la lecture à vue et Tony Aubin en classe de composition.
En 1979, Graciane Finzi est nommée professeur au CNSM.
Elle a reçu de nombreux prix et distinctions :
En 1982, elle reçoit le Prix de la promotion symphonique de la SACEM et en 1989 le Prix Georges Enesco.
En 1992, le Prix SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) pour son opéra Pauvre assassin
En 2001, le Grand Prix Sacem pour l’ensemble de son œuvre
En 2006, le Prix Chartier de l’institut de France
En 2013, le Grand Prix Musique SACD
En 2020, le Prix Florent Schmitt de l’Institut de France. Graciane Finzi est nommée Chevalière des Arts et Lettres
En 2024, le Grand prix de l’UNAC
Le 14 juillet 2025, Graciane Finzi est promue Chevalière de La Légion d’honneur.
Le répertoire de Graciane Finzi compte environ 180 œuvres, dont sept opéras et 4 œuvres lyriques pour enfants. Très intéressée par l’apprentissage de la musique pour les enfants, elle écrit le Clavier fantastique (1999), d’après Jules Verne, un « opéra pédagogique » qui s’adresse à des enfants de tous les milieux.
Cliquez sur Peau d’Âne
Parmi ses opéras, citons entre autres Le dernier jour de Socrate (1988), livret de Jean-Claude Carrière ou Fraülein Else (2013), opéra de chambre d’après Schnitzler.
Plusieurs de ses œuvres symphoniques sont des commandes de Radio-France, et ont été créées par les orchestres de cette maison.
Entre 2001 et 2003, Graciane Finzi est compositrice en résidence à l’Orchestre National de Lille.
Ses œuvres sont dirigées par des chefs d‘orchestre tels que Myung-Whun Chung, Jésus Lopez Cobos, Jean-Claude Casadesus, Adrian Sunshine…
Là-bas peut-être, opéra pour adolescents et tout public, commande de l’Orchestre National de Lille.
Cliquez sur l’image
Outre ses œuvres symphoniques et lyriques, le répertoire de Graciane Finzi comporte de la musique de chambre et de la musique lyrique. Elle a ainsi mis en musique des classiques comme Lamartine (la Vie, l’Amour), Hugo, Verlaine (C’est l’heure exquise, Marine, 2022) ou Mallarmé (Un coup de dés jamais… 1998), et des contemporains comme Michel Cassé.
Cliquez sur l’image
Impression Tango (2005) pour violon (ou alto, ou violoncelle) et accordéon.
Cliquez sur l’image
L’Attente et le Retour, pour erhu, suonà et orchestre, créé à Shanghaï en 2007.
Cliquez sur l’image
Diane et Actéon (2010), pour quatuor et cordes et soprano, d’après les Métamorphoses d’Ovide.
Cliquez sur l’image
Ouverture pour une symphonie (2020)
Cliquez sur l’ouverture pour une symphonie
En 2022, Graciane Finzi écrit L’existence du possible (2022) pour la finale du concours de cheffes d’orchestre « la Maestra » à la Philharmonie de Paris organisé par le Paris Mozart Orchestra dirigé par Claire Gibault.
Cliquez sur Graciane Finzi
Et voici un dernier extrait musical : Océan sonore.
Cliquez sur l’image
Pour suivre l’actualité de Graciane Finzi, le mieux est d’aller sur son site internet Graciane-Finzi.fr, avec beaucoup d’informations et de vidéos de sa musique.
(Cet article a été aimablement relu et corrigé par Graciane Finzi, qu’elle en soit ici remerciée.)
En effet, Napoléon III avait décidé de lancer une nouvelle salle d’opéra à Paris en lançant un concours d’architecture en 1860. C’est l’architecte Charles Garnier qui emporte ce concours, avec un bâtiment propre à célébrer les fastes de l’empire. Mais les travaux ont duré quinze ans, avec notamment une interruption pendant la guerre de 1870. Quand le palais Garnier est inauguré en 1875, Napoléon III n’est plus empereur des Français, et c’est le président de la République, Mac-Mahon, qui inaugure la nouvelle salle le 5 janvier 1875.
Le GOf n’a pas survécu à la guerre et à la Commune de Paris, et c’est avec des œuvres comme Henry VIII (1883) de Saint-Saëns ou le Cid de Massenet (1885) qu’on renouvelle le répertoire.
Cliquez sur Roberto
Pourtant, malgré le sentiment anti-allemand dû à la défaite de 1870, les opéras de Wagner entrent au répertoire avec succès. Sans doute l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth en 1876 et la création de la Tétralogie y sont-elles pour quelque chose. En 1891, l’Opéra monte donc Lohengrin. Le site de l’Opéra de Paris nous indique qu’entre 1908 et 1914, les productions wagnériennes représentent le quart des spectacles !
Cliquez sur l’image
En 1914, l’Opéra a un nouveau directeur, Jacques Rouché, qui modernise les spectacles, en montant en 31 ans 170 œuvres nouvelles, dont plus de 120 créations. Pour la danse, il fait venir les Ballets russes et, après la mort de Diaghilev, engage Serge Lifar pour diriger le Ballet.
Cliquez sur l’image
Pourtant, malgré les efforts de Rouché, l’Opéra est toujours déficitaire, et Rouché menace de démissionner. L’arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, et la faillite de l’Opéra-Comique la même année, aboutit à la mise en place d’un établissement public, la Réunion des Théâtres lyriques nationaux (RTLN) en 1939. L’Opéra-Comique est officiellement rattaché à l’Opéra de Paris, qui dispose désormais de deux salles.
En 1936, on crée Œdipe, de Georges Enesco, qui est tout de suite reconnu comme une œuvre majeure du XXe siècle.
Cliquez sur l’image
Retrouvez ici la suite des aventures formidables de l’Opéra de Paris.
Aujourd’hui tombé dans l’oubli, la Dame blanche reste pourtant un des opéras comiques les plus joués à la salle Favart.
Acte I : Dans un village d’Écosse, en 1759, Jenny et Dickson préparent le baptême de leur fils mais, malheureusement, le shériff est malade et ne peut servir de parrain. Un jeune officier, Georges Brown, demande l’hospitalité. Il est à la recherche d’une femme inconnue qui l’a soigné autrefois, après une bataille où il avait été blessé.
Cliquez sur Georges
On lui propose de remplacer le parrain, ce qu’il accepte de faire.
Le château d’Avenel, inhabité depuis 14 ans, doit être vendu le lendemain. Gaveston, son ancien intendant, voudrait l’acheter, mais le fantôme de la Dame blanche est là pour le protéger. Jenny informe Georges qu’il y a un fantôme qui est là pour protéger la famille. Elle chante la ballade.
Cliquez sur Jenny
Les paysans se cotisent pour racheter le château pour l’héritier disparu et confient leur cagnotte à Dickson. Dickson est convoqué à minuit par la Dame blanche. Effrayé, celui-ci refuse d’y aller. Georges se propose d’y aller à sa place.
Cliquez sur le trio
Acte II : Dans le château vit Marguerite, l’ancienne gouvernante. Elle a accueilli Anna, une jeune orpheline adoptée par les Avenel. Les deux femmes espèrent que Julien, l’héritier disparu, réapparaîtra pour empêcher Gaveston d’acheter le château. Georges arrive et attend la Dame blanche. Celle-ci apparaît : c’est Anna, voilée.
Pour les tintinophiles, on peut « entendre » cet air dans l’album le Crabe aux pinces d’or.
Anna reconnaît un soldat qu’elle a soigné autrefois. Troublé, Georges promet obéissance à la Dame blanche.
Au matin, la vente du château va commencer. Alors que le juge va abattre son marteau, Anna apparaît et, au nom de la Dame blanche, ordonne à Georges de surenchérir. Georges obéit et emporte la vente, mais il doit en régler le prix avant midi, sous peine d’être mis en prison.
Cliquez sur le final de l’acte II
Acte III : Le juge a levé les scellés du château. Anna part à la recherche de la fortune des Avenel pour sauver Georges de la prison.
Cliquez sur Anna
Georges est troublé par l’apparence des appartements, qui lui est familière. Il croit reconnaître l’hymne des Avenel. Le juge apprend que Julien d’Avenel est de retour en Écosse. Il s’agit de Georges, mais Georges l’ignore. Anna entend le juge.
À midi, la Dame blanche paraît avec le trésor des Avenel et annonce à Georges qu’il est Julien. Comme elle s’apprête à quitter la scène, Gaveston arrache son voile. Georges reconnaît avec joie que la Dame blanche est en réalité Anna, sa jolie sauveteuse.
(Source principale : les représentations de l’Opéra Comique en 2020, et le programme associé.)
Nous avions laissé notre ami l’Opéra de Paris aux mains de Gluck, qui voulait réformer l’art de l’opéra, en resserrant les liens entre texte et musique, et en redonnant un rôle important aux chœurs, pour se rapprocher de la tragédie grecque. Pour autant, il a dû composer avec une tradition qui s’était instaurée au cours du XVIIIe siècle, à savoir la reprise des anciens succès, notamment de Lully. C’est ainsi qu’en 1777, il écrit un Armide sur le même livret que celui de Lully paru un siècle plus tôt.
Cliquez sur la Haine (si vous l’osez)
Mais bientôt, un vent de réformes va souffler sur la société française, et l’opéra va traiter de nouveaux sujets. Ainsi, en 1787, Beaumarchais écrit celui de Tarare, qui sera mis en musique par Salieri. Malgré le succès de Tarare, les finances de l’Académie sont toujours menacées, et Viotti produit un mémoire où il se demande s’il est raisonnable pour l’état d’entretenir un établissement qui produit ainsi les déficits. Il propose de racheter le privilège royal. En 1790, Louis XVI confie les destinées de l’Opéra à la ville de Paris.
Las, le 13 janvier 1791 est promulguée une loi sur la liberté des théâtres, mettant fin aux privilèges royaux, et permettant l’ouverture de nombreux établissements. L’Opéra est ouvert à la concurrence ! Le premier gouvernement révolutionnaire pensera qu’il faut sauver l’Opéra et faire perdurer cette institution. Pendant la Terreur, un décret de 1793 met en place un contrôle strict des pièces jouées, privilégiant les sujets « patriotiques », et les ballets disparaissent de la programmation.
En 1802, Napoléon Bonaparte met la main sur l’Opéra et son organisation. S’il supervise tout en personne, il attribue des moyens importants à l’institution, conscient qu’il est d’avoir un outil de propagande à sa disposition.
Après la chute de Napoléon 1er, la Restauration restaure le fonctionnement de l’Opéra tel qu’il existait en 1780.
Le 13 février 1820, le duc de Berry, le dernier descendant mâle de la dynastie des Bourbons, est assassiné à la sortie de l’Opéra, qui se trouvait à l’époque rue Richelieu. La salle de la rue Richelieu est alors définitivement fermée et Louis XVIII demande la construction d’une salle provisoire pour la remplacer. En attendant la construction de cette salle, les représentations auront lieu salle Favart, qui abritait le Théâtre-Italien. L’Académie royale de musique ne restera à Favart qu’un an, avant de s’installer (très provisoirement) salle Louvois. En juin 1821, les locaux de la rue le Peletier sont enfin prêts et l’Opéra s’y installe durablement.
À la fin des années 1820, le prestige de l’Opéra de Paris devient européen avec l’apparition du GOf (Grand Opéra à la française). Dès lors, et pour environ 40 ans, tout compositeur devra se faire jouer et reconnaître à Paris.
En effet, l’Opéra de Paris confie à Auber la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf).
Cliquez sur l’image
La monarchie de Juillet (1830) confie la direction de l’Opéra à Veron, véritable entrepreneur qui, en échange d’une subvention, est responsable sur ses fonds propres de l’équilibre budgétaire de l’établissement. Véron fera de l’Opéra un lieu de prestige européen. Après Rossini, qui y créera en 1829 Guillaume Tell, Meyerbeer crée en 1831 Robert le Diable, sur un livret d’Eugène Scribe, le librettiste à la mode.
La collaboration de Scribe et Meyerbeer débute donc avec Robert le Diable, qui est un véritable triomphe. Cette œuvre est considérée, avec la Muette de Portici, comme à l’origine du Grand Opéra à la française (le GOf), un genre nouveau caractérisé par un drame bâti sur une trame historique, avec des décors grandioses et un ballet obligatoire.
Cliquez sur l’image
Cinq ans après Robert le Diable, ils produiront Les Huguenots (1836) qui sera un nouveau succès triomphal.
Cliquez sur Marguerite de Valois
Toujours en 1836, Louise Bertin compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, laEsmeralda, d’après Notre-Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor Hugo lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH le poète). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices qu’il défendait dans son Journal des débats.
Cliquez sur l’image
En 1838, c’est Donizetti qui, las du manque de reconnaissance et de la censure qui sévissait en Italie, part s’installer à Paris, capitale européenne de l’art lyrique.
Malheureusement, les successeurs de Veron sont moins habiles pour gérer l’Opéra, qui est à nouveau acculé à la faillite. Devant cette nouvelle ère de déficit, l’empereur Napoléon III décide de revenir à une organisation administrative voisine de celle choisie par son grand-père Napoléon Ier.
Il fait monter à Paris Tannhaüser de Wagner en 1861. Pour répondre au cahier des charges du GOf, Wagner devait introduire une scène de ballet. Wagner place cette scène entre l’ouverture et le premier acte, scène représentant une bacchanale chez Vénus. Mais les membres du Jockey Club qui avaient l’habitude d’arriver au deuxième acte, après avoir soupé, sont furieux de ne pas voir leurs petites amies du ballet danser, et montent une cabale contre lui, et font chuter l’œuvre.
Cliquez sur la bacchanale
Verdi, lui, écrit pour l’Opéra de Paris les Vêpres siciliennes en 1855, sur un livret de Scribe, et Don Carlos en 1867. Le demi-échec de Don Carlos marquera la fin de la période glorieuse du GOf, d’autant que la défaite de 1870 ne fera rien pour redorer le blason français.
En 1860, Napoléon III décide la construction d’un nouvel opéra et lance le concours du « Nouvel Opéra », qui sera remporté par Charles Garnier, qui proposera un écrin pour les fastes de l’empire.
La palais Garnier sera inauguré le 5 janvier 1875, et vous pouvez le visiter virtuellement en cliquant sur le lien suivant (c’est magnifique !).