Edward Bulwer-Lytton est né le 25 mai 1803 à Londres. Son père, Lord Bulwer, était général et meurt en 1807. Sa mère, Elysabeth Barbara Lytton, prend alors le nom de Bulwer-Lytton et élève seule ses trois enfants. Elle restera près de son troisième fils, Edward, jusqu’à sa mort en 1843.
En 1822, Edward entre au Trinity College de Cambridge, mais à cette époque, il avait déjà publié un ensemble de poèmes, salué par Walter Scott.
En 1825, il obtient un prix pour son recueil Sculptures. Il s’essaye aussi au roman avec Rupert de Lindsay (1825) et Devereux (1829).
En 1827, Edward se marie avec Rosina Doyle Weeler, elle-même femme de lettres. Ils ont un fils en 1831, mais le couple se séparera en 1836.
En 1829, Edward Bulwer-Lytton entre en politique et est élu au parlement anglais. Intéressé par l’histoire, il écrit une Histoire de l’Angleterre (1833), son œuvre aujourd’hui la plus connue, les Derniers Jours de Pompeï (1834), Rienzi (1835) et Athènes, grandeur et décadence (1837). Rienzi sera mis en musique par Wagner dès 1842, sous le titre Rienzi, der letzte der Tribunen (Rienzi, le dernier des tribuns).
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Les Derniers jours de Pompeï donnera en 1858 Jone, ossia l’ultimo giorno di Pompeï, avec une musique de Petrella.
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En 1838, Edward écrit Leyla, or the Siege of Granada, qui fournira le sujet de L’Ebreo (1855), un opéra d’Apolloni.
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En 1836, après la séparation d’avec Rosina, il revient vivre au château familial auprès de sa mère, dont il hérite du titre de baron. Après la poésie et le roman historique, Bulwer-Lytton se tourne vers la dramaturgie et il écrit the Lady of Lyons (1838) ou Richelieu, or the Conspiracy (1839). En 1841, il quitte son siège au parlement. Entretemps, les Communes ont mis fin à l’esclavage en Angleterre. The Lady of Lyons a donné lieu à l’opéra Pauline en 1876 sur une musique de Cowen et à l’opérette Der Bettelstudent (1882) de Millöcker.
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En 1848, il publie un nouveau roman historique, Harold, sur la conquête de l’Angleterre par les Normands. Ce roman est à l’origine de l’opéra de VerdiAroldo (1857).
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En 1852, Edward entre à nouveau au Parlement, où il restera jusqu’en 1866. À l’issue de ces mandats, il est nommé pair de la Couronne et entre donc à la Chambre des Lords.
En 1871, il écrit un roman futuriste the coming Race (la race futuriste).
Edward Bulwer-Lytton meurt le 18 janvier 1873 à Torquay, à l’âge de 69 ans.
Sofia Goubaïdoulina naît le 24 octobre 1931 à Tchistopol, en république tatare. Sa famille s’installe à Kazan, la capitale.
À l’âge de cinq ans, elle se découvre une aspiration religieuse. Sofia suit des études musicales à l’Académie de musique, puis au conservatoire de Kazan de 1946 à 1954, année où elle obtient son diplôme. Elle entre ensuite au conservatoire de Moscou et elle obtient son diplôme supérieur en 1963. Peu académique, on lui dit qu’elle suit une voie erronée, mais Chostakovitch lui conseille de poursuivre dans cette voie erronée.
À sa sortie du conservatoire, Sofia Goubaïdoulina écrit des musiques de film pour vivre. Elle fait partie de l’Union des Compositeurs Soviétiques, mais avec ce paradoxe qu’on n’a pas le droit de jouer sa musique ! c’est de cette époque que date cette Chaconne (1962).
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En 1969, elle fonde un studio de musique électronique, et, dès l’année suivante, sa musique est interdite, tout comme celle d’Alfred Schnittke ou d’Edison Denisov. En 1975, elle crée un groupe d’improvisation musicale, Astreya.
En 1979, sa situation s’aggrave et Sofia Goubaïdoulina est inscrite sur la liste noire de sept compositeurs décadents.
Pour autant, son activité créatrice débute dès 1950. Pianiste peu à l’aise avec les contraintes d’un enseignement académique, elle s’intéresse à l’improvisation et à la recherche sur les possibilités qu’offre le piano.
En 1971, Sofia Goubaïdoulina écrit son quatuor n° 2.
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Heureusement pour elle, elle fait en 1980 une rencontre décisive avec le violoniste et chef d’orchestre Gidon Kremer qui la fera connaître et jouer en dehors des frontières de la Russie. En 1981, il crée à Vienne son concerto pour violon Offertorium.
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En 1984, elle quitte l’URSS et s’installe en 1992 à Aspen, en Allemagne. Elle a ainsi l’occasion d’entendre sa musique jouée par les plus grands ensembles ou les plus grands chefs.
En 1991, Sofia Goubaïdolina écrit Silenzio pour bayan, violon et violoncelle. (le bayan est un accordéon slave, pour lequel Sofia a écrit plusieurs pièces.)
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En 2007, elle écrit In Tempus prarsens pour violon et orchestre.
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Sofia Goubaïdoulina meurt le 13 mars 2025 à Aspen, à l’âge de 93 ans.
La Gioconda est un opéra d’Amilcare Ponchielli créé à Milan le 8 avril 1876. Le livret, signé Arrigo Boïto est inspiré de la pièce Angelo, tyran de Padoue, de Victor Hugo. Boïto transporte l’action de Mantoue à Venise. Il s’est certainement souvenu de l’argument de la Gioconda quand il a écrit le livret d’Otello (1884) pour son ami Verdi.
Acte I : Le peuple est massé devant le plais des doges, à Venise, pour assister à la régate annuelle. Dans la foule se cache Barnaba, un espion de l’Inquisition. Il cherche à séduire la Gioconda, une chanteuse de rue, qui vit avec sa mère aveugle, la Cieca. Cieca chante une prière à la vierge et la Gioconda sort rejoindre Enzo.
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Barnaba l’arrête, mais elle le repousse. (Enzo, lui, n’aime pas la Gioconda, mais une autre jeune fille, Laura, qui lui a été prise par un haut fonctionnaire, Badoero.)
Barnaba est furieux de s’être fait jeter par la Gioconda et il veut se venger en dressant la foule contre la chanteuse et sa mère. Il prétend que la Cieca a ensorcelé le bateau de Zuane, le perdant de la régate. La foule se jette sur l’aveugle pour la brûler. Enzo sauve Cieca, mais Barnaba renouvelle ses accusations auprès de Badoero, qui vient de sortir du palais avec Laura. Laura prend la défense de Cieca, arguant qu’une sorcière n’aurait pas de chapelet. Badoero la libère et Cieca lui offre son chapelet pour la remercier.
Barnaba suggère à Enzo de voir sa maîtresse le soir, sur son bateau. Il cherche ainsi à montrer à la Gioconda qu’Enzo ne l’aime pas, et donc qu’elle peut céder à ses avances. Enzo parti, Barnaba dicte une lettre pour Badoero, où il lui dit qu’Enzo s’apprête à s’enfuir avec Laura. Gioconda, qui a tout entendu, veut sauver l’homme qu’elle aime.
ActeII : À un marin qui lui demande ce qu’il fait là, Barnaba répond qu’il n’est qu’un simple pêcheur.
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Enzo et Laura se sont retrouvés sur le bateau. Enzo va donner ses ordres à l’équipage quand la Gioconda apparaît.
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Les deux femmes se disputent quand la Gioconda reconnaît le chapelet au poignet de Laura. Elle voit arriver un second bateau, celui de Badoero. Elle prévient Enzo de la traîtrise de Barnaba, et s’en va avec Laura. Barnaba et Badoero les poursuivent en vain. Des navires de guerre attaquent Enzo alors qu’il veut aider Laura.
ActeIII : Dans son palais, Badoero a décidé d’empoisonner sa femme infidèle pendant qu’il offre une fête à ses invités (célébrissime « Danse des heures », popularisée par Disney dans Fantasia.)
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La Gioconda, qui a réussi à s’introduire dans le palais, remplace le poison par un somnifère. Badoero montre sa femme morte à ses invités. Enzo, qui est présent, veut tuer Badoero, mais il est arrêté par ses gardes. Pour sauver Enzo, la Gioconda s’offre à Barnaba (telle Flora Tosca dans l’opéra de Puccini). Barnaba, prudent, fait arrêter la Cieca
ActeIV : Les amis de la Gioconda l’ont sortie de son caveau. Quand Enzo arrive, furieux qu’on ait déplacé la dépouille mortelle de son amie, Laura se réveille et les deux jeunes gens tombent dans les bras l’un de l’autre. Ils se rendent compte de tout ce que la Gioconda a fait pour eux. Ils la bénissent et s’en vont, sans savoir ce qui attend la malheureuse chanteuse.
Quand Barnaba arrive pour réclamer sa récompense, la Gioconda prend un couteau et se suicide. Elle n’a pas le temps d’entendre Barnaba qui se flatte d’avoir fait exécuter sa mère.
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(Source principale : la production de l’opéra de Vienne en 1986, et le DVD associé.)
Après « Les Erreurs », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un poème de Paul Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », paru en 1874 dans le recueil Romances sans paroles.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?
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Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s’ennuie, Ô le chant de la pluie !
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Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s’écœure. Quoi! nulle trahison ?… Ce deuil est sans raison.
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C’est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine!
Citations musicales :
Quelle est cette langueur : VerdiLa Traviata « Adio del passato ».
Ô le chant de la pluie : Debussy Jardins sous la pluie.
Ce deuil est sans raison : Verdi Otello « Niun mi tema ».
Bien avant mes divagations poético-musicales, ce poème avait inspiré Gabriel Fauré, sous le titre Spleen
La nuit de la Saint-Jean correspond au solstice d’été, c’est-à-dire au jour le plus long dans l’hémisphère nord.
Il était de tradition d’allumer un grand feu, le feu de la Saint-Jean, autour duquel villageois et villageoises se réunissaient pour danser toute la nuit. Mais qui est ce Saint-Jean que l’on fête le 24 juin, c’est-à-dire six mois avant Noël, date de la naissance du Christ, au solstice d’hiver ? Il ne s’agit pas de Saint-Jean l’évangéliste, mais de Saint-Jean-Baptiste, le prophète qui a baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain.
Saint-Jean-Baptiste s’est attiré les foudres d’Hérode pour avoir critiqué sa liaison avec Hérodiade, l’épouse de son demi-frère. Hérode le fait arrêter et jeter en prison. Un jour, au cours d’une fête, Salomé, la fille d’Hérodiade, danse pour Hérode qui pour la remercier lui promet de lui offrir ce qu’elle demandera. Salomé lui demande alors la tête de Saint-Jean-Baptiste et Hérode, obligé d’honorer sa promesse, fait décapiter le prophète. Cette histoire, qui a beaucoup intéressé les symbolistes au milieu du XIXe siècle, a été mise en musique par Richard Strauss dans son opéra sulfureux Salomé.
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Bien avant lui, Stradella a composé l’oratorio San Giovanni Battista (1673) et Louis-Nicolas Clérambault le Motet pour Saint-Jean-Baptiste Vox clamantis in deserto (1733).
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Mais revenons à la thématique « Feux de la Saint-Jean ».
Cécile Chaminade a écrit le chœur pour voix de femmes les Feux de la Saint-Jean.
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En 1901, Richard Strauss écrit un opéra en un acte, Feuersnot, qui se passe autour de la tradition des feux de la Saint-Jean, où les amants se jurent fidélité en sautant au-dessus du feu.
En 1837, Richard Wagner était directeur musical du théâtre de Riga. Il avait déjà deux opéras de jeunesse à son actif, les Fées (1833) et la Défense d’aimer (1836), quand il a eu l’idée d’un opéra plus ambitieux, Rienzi, d’après un roman d’Edward Bulwer-Lytton.
Les deux premiers actes étaient achevés quand Wagner se met en route pour Paris, dans l’espoir de s’y faire jouer. C’est pendant la traversée que son bateau subit une grosse tempête, et dut faire une halte pour s’en protéger. Le chant des marins lui donne alors l’idée d’un autre opéra, le Vaisseau fantôme. Arrivé à Paris après une halte à Londres, il reçoit le soutien de Meyerbeer, mais le directeur de l’opéra de Paris ne veut pas de sa musique. C’est à Paris que Wagner termine Rienzi. Il envoie la partition à Dresde, et c’est dans cette ville que Rienzi est créé le 20 octobre 1842.
Rienzi va entrer au répertoire du Festspielhaus à l’été 2026, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du festival Wagner.
L’action se passe à Rome, au XIVe siècle, sur fond de lutte entre deux familles patriciennes, les Orsini et les Colonna.
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Acte I : Paolo Orsini essaye d’enlever Irène Rienzi, la sœur du tribun Riensi, notaire du pape. Adriano Colonna défend la jeune fille, provoquant ainsi une bagarre à laquelle la population romaine est mêlée. Adriano libère Irène quand Rienzi survient, demandant aux deux familles rivales de faire la paix. Il annonce que le pape va bientôt quitter Avignon pour revenir à Rome, et promet la fin de la toute-puissance des grandes familles. Voyant que l’amour entre Irène et Adriano est partagé, il confie sa sœur au jeune homme.
ActeII : Rienzi annonce la paix et la liberté au peuple romain, mais les grandes familles, qui ont perdu leurs prérogatives, complotent contre lui. Orsini tente d’assassiner le tribun, mais son action échoue. Les comploteurs sont condamnés à mort, mais Adriano et Irène demandent leur grâce, suivis en cela par Rienzi.
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ActeIII : Le peuple commence à être mécontent de Rienzi. En effet, les nobles graciés se sont enfuis, et commencent à attaquer la ville. Rienzi réussit une fois de plus à calmer le peuple. Adriano est partagé entre son amour pour la sœur de Rienzi, et son devoir familial. Irène essaye de l’empêcher de participer aux combats, mais les amis de Rienzi lancent l’offensive contre les factieux. Le peuple fait un triomphe au tribun, alors qu’on apporte les dépouilles mortelles de Paolo Orsini et Steffano Collona. Adriano fait le serment de venger la mort de son père.
ActeIV : Nouveau revirement du peuple vis-à-vis de Rienzi. L’Allemagne et l’empereur du Saint Empire romain germanique se méfient de lui, et même l’Église lui retire son soutien. Adriano complote contre le tribun. Quand celui-ci se dirige vers l’église pour entendre un Te Deum composé en son honneur, on lui en refuse l’accès. Pire, Rienzi est finalement excommunié et tout le monde se détourne de lui, sauf sa sœur qui lui reste fidèle.
Acte V : Rienzi s’est retiré au Capitole. Il implore le secours divin (« Prière de Rienzi »).
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Le Capitole est pris d’assaut par la foule qui y met le feu. Adriano essaye de persuader sa sœur de le suivre. Il essaye de la soustraire à l’incendie provoqué par la foule, mais il meurt avec Rienzi et Irène, enseveli sous les ruines fumantes du Capitole.
(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, éditions Delagrave, 1898.)
Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811.
Théophile a trois ans quand sa famille déménage à Paris. Il suit des études classiques à Louis le Grand, puis à Charlemagne. Là, il rencontre celui qui se fera appeler, plus tard, Gérard de Nerval.
En 1829, Théophile rencontre Victor Hugo et adhère alors au romantisme, participant à la Bataille d’Hernani en 1830. Il se détourne alors de sa première vocation, la peinture, pour commencer à écrire des poèmes.
En 1835, Gautier publie son premier roman, Mademoiselle deMaupin. En 1836, il a une liaison avec une jeune voisine, Eugénie Fort, avec qui ils auront un enfant.
En 1836, Théophile Gautier est sollicité par Balzac pour écrire des critiques d’art et de spectacles. Ce métier de critique l’amènera à voyager dans toute l’Europe.
En 1838, il publie la nouvelle Une nuit de Cléopâtre qui fera l’objet d’un opéra de Victor Massé en 1885. 1838 est aussi l’année du recueil de poèmes Comédie de la mort qui contient les six poèmes mis en musique par Berlioz sous le nom de Nuits d’été.
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Ces poèmes ont été mis en musique par bien d’autres compositeurs.
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En 1841, Théophile rencontre une danseuse, Carlotta Grisi pour qui il éprouve une vive passion. Il écrit pour elle le livret de Giselle, un ballet sur une musique d’Adam.
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En 1843, il écrit un autre livret de ballet, la Péri, qui rencontrera moins de succès. Théophile se met en ménage avec la sœur de Carlotta, la cantatrice Ernesta Grisi, avec qui ils auront deux enfants.
En 1844, Théophile Gautier fait partie des fondateurs du « Club des haschischins » (les fumeurs de haschich qui y trouvaient l’inspiration). Parmi les membres de ce club se trouvaient Delacroix, Baudelaire, Balzac, de Nerval ou Dumas.
En 1851, son ballet-pantomime Pâquerette est donné à l’opéra.
En 1852, Théophile publie le recueil Émaux et camées, recueil qui est salué (Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal). Émaux et Camées est le manifeste de « l’Art pour l’art ».
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid.
En 1857, il surfe sur la vague de l’égyptologie qui a suivi après la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, avec le Roman de la Momie. Le Roman de la momie a fait l’objet d’une comédie musicale.
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En 1863, Théophile Gautier écrit un roman de cape et d’épée, dans le style Dumas, le Capitaine Fracasse. Le capitaine Fracasse fera l’objet d’une comédie lyrique de Levadé en 1929. En septembre 1863, il passe quelques jours chez George Sand à Nohant.
Gautier fréquente les salons du Second Empire et il écrit sur des musiciens (Berlioz, Wagner, Gounod…) ou sur des peintres (Delacroix, Manet…).
Théophile Gautier est mort à Neuilly le 23 octobre 1872, à l’âge de 61 ans.
Outre les Nuits d’été de Berlioz, déjà citées, de très nombreux compositeurs ont mis les poèmes de Gautier en musique.
Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui s’y colle pour l’Agenda Ironique.
Et kouakil nous demande, Max-Louis ? Et bien voilà :
Le thème de A.I. juin 2026 : Animal J’explique : l’animal (au sens très large et propre ou au figuré), par ce mot est un éventail qui ne devrait pas vous laisser indifférent. En effet, qui de nous n’a pas eu affaire un jour ou l’autre à l’animal? Qu’il soit de tous les jours, ou par le hasard d’une rencontre, de l’enfance ou de l’adulte, il est celui qui fait partie de notre environnement.
Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie — long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…), le tout… Ironique.
Et pour « faire » bonne mesure, cinq mots imposés : – Demi-lieue – Héros – Émail – Emberlificoter – Bulle (vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).
Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.
Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV
Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.
Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)
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Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.
ActeII : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »
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Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.
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Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.
Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.
Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.
ActeIII : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.
Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.
Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.
Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.
Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)
ActeIV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.
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Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).
Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.
Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.
Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.
(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)
Brundibár est un opéra pour enfants écrit en 1938 par Hans Krása, sur un livret d’Adolph Hoffmeister, créé clandestinement à Prague en 1942, puis recréé au camp de Theresienstadt le 29 septembre 1943.
C’était le fruit d’un concours d’opéras organisé par le ministère de l’Éducation. Malheureusement, l’occupation de la Bohème-Moravie par les Allemands a empêché l’aboutissement du projet, et Brundibár ne sera créé que clandestinement à Prague en 1942.
En effet, Krása était juif, et Hoffmeister communiste. Si Hoffmeister a réussi à s’enfuir, Krása a été déporté à Terezin (Theresientadt) en août 1942. Terezin était l’antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Les Allemands étaient soucieux de montrer à la Croix-Rouge que les prisonniers étaient bien traités, et favorisaient les activités culturelles à l’intérieur du camp. Krása a dû réorchestrer Brundibár en fonction des instrumentistes présents, et l’œuvre a été jouée cinquante-quatre fois, dont une fois devant une délégation de la Croix-Rouge. Les interprètes changeaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils étaient envoyés à Auschwitz. Krása lui-même, y est mort le 17 octobre 1944.
Le pitch : Pour acheter le lait qui soignera leur mère malade, deux enfants vont à la ville. Ils chantent pour gagner l’argent qui leur permettra d’acheter le lait.
Acte I : La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui dit de prendre du lait pour guérir. Les enfants partent en acheter à la ville. Sur la place, ils voient le marchand de glace, le laitier et le boulanger qui vendent leurs produits, mais les enfants n’ont pas d’argent. Survient Brundibar, un joueur d’orgue de barbarie. Les villageois lui jettent de l’argent. Les enfants ont l’idée de chanter, pour gagner eux aussi de l’argent, mais Brundibar et le policier les en empêchent.
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Acte II : La nuit tombe, et Pepíček et Aninka ont peur. Un oiseau, un chat et un chien leur promettent de réunir beaucoup d’autres enfants pour les aider. Pepíček et Aninka s’endorment. Au matin, quand Brundibar arrive, il est attaqué par les trois animaux. Tous les enfants rassemblés par les animaux chantent avec Pepíček et Aninka une berceuse.
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Les villageois leur donnent de l’argent, assez d’argent pour acheter le lait salvateur. Les enfants s’unissent contre l’horrible Brundibar. Ils entonnent un chant de victoire : « Brundibar est vaincu; le tyran est perdu, on n’s’est pas laissé faire, on a gagné la guerre. »
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(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique en 2026, et le programme associé.)