Compositeurs, Compositrices, Mythologie

Darius MILHAUD (1892-1974)

Darius Milhaud est né à Marseille le 4 septembre 1892. Ses parents sont musiciens amateurs et Darius montre vite des dispositions pour la musique. En 1909, il étudie au Conservatoire de musique de Paris, où il a comme professeur Charles-Marie Widor et Paul Dukas. Il se lie d’amitié avec Georges Auric et Arthur Honegger

En 1912, il rencontre le poète Francis Jammes et le dramaturge Paul Claudel, écrivains qu’il mettra en musique. Il compose notamment des musiques de scène pour la traduction par Claudel de l’Orestie d’Eschyle.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

Quand Claudel est nommé diplomate à Rio de Janeiro, en 1917, il propose à Milhaud de le suivre en tant que secrétaire. C’est l’occasion pour Darius de découvrir les rythmes sud-américains, qu’il intègre à ses ballets l’Homme et son désir (1917), sur un argument de Claudel, et le Bœuf sur le toit.

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À son retour à Paris en 1918, on l’intègre au Groupe des Six, aux côtés de Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey et Arthur Honnegger. En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe sur un texte de Cocteau.

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En 1920, le même Cocteau avait détourné Le bœuf sur le toit de Darius Milhaud, souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors étaient de Raoul Dufy et la chorégraphie de Massine.

La dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes est le Train bleu (1924), toujours avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleu
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En 1925, Darius se marie avec une de ses cousines, Madeleine Milhaud. Ils auront un fils, Daniel.

En 1930, Milhaud compose l’opéra Christophe Colomb, sur un texte de Claudel.

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En 1933, Milhaud écrit deux chansons pour Madame Bovary, de Flaubert.

En 1939, il s’empare du mythe de Médée dans un opéra qui porte ce nom.

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En 1940, Milhaud doit fuir la France occupée, sous le double titre de Juif et de compositeur de musique dégénérée. Il part donc aux États-Unis où il enseigne la musique à l’université d’Oakland en Californie. Parmi ses élèves, on trouve Burt Bacharach, ou les minimalistes Steve Reich et Philip Glass.

En 1947, à son retour en France, Milhaud est nommé professeur au Conservatoire de musique de Paris, tout en gardant son activité d’enseignant aux États-Unis. À Paris, il aura comme élève notamment Betsy Jolas.

En 1958, Boris Vian écrit Fiesta une comédie-musicale avec une musique de Darius Milhaud.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville de Beaumarchais, est adaptée à l’opéra en 1966 par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupable
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Darius Milhaud meurt à Genève le 22 juin 1974, à l’âge de 81 ans.

Mythologie

LES VENGEANCES DE JUNON

J’ai déjà consacré des articles à Jupiter, et à ses différentes aventures amoureuses, mais aujourd’hui, c’est à sa femme Junon, l’éternelle épouse trompée que je vais m’intéresser. Et comme Junon était une déesse, nous allons voir quelles vengeances terribles elle réservait aux conquêtes de son époux. Les aventures de Jupiter et Junon ont été relatées par Ovide dans ses Métamorphoses.

La première apparition de Junon dans un opéra se trouve dans Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640), de Claudio Monteverdi. Sur la mer, les dieux discutent du sort d’Ulysse : Junon demande à Jupiter qu’Ulysse puisse retrouver la paix, mais il faut d’abord que Neptune calme son courroux. Neptune accepte.

Cliquez sur Jupiter et Junon

Dans le livre II des Métamorphoses, Ovide nous raconte l’histoire de la nymphe Callisto, une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit qu’elle n’est plus vierge et la malheureuse nymphe finira par être transformée en ourse par Junon.

La Calisto est un opéra de Cavalli créé à Venise en 1651.

Cavalli Calisto
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Cavalli a récidivé en 1660 avec Ercole amante. Émue par les plaintes d’Hercule, Vénus lui promet de l’aider dans ses amours. Junon, qui a tout entendu, est furieuse et décide de contrarier les amours d’Hercule (Air : « E vuol dunque ciprigna ».)

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Après Cavalli vient Lully qui a écrit en 1687 Isis, toujours d’après les Métamorphoses. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente
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Une autre victime de la jalousie et de la vengeance de Junon est Sémélé, la fille du roi Cadmios. Jupiter étant tombé amoureux de Sémélé, Junon prend l’apparence de sa nourrice Béroé, et conseille à la malheureuse de demander à Jupiter de se montrer à elle sous sa forme divine. C’est bien évidemment plus que ne peut en supporter la créature humaine, qui est brûlée vive à la vue de son divin amant. Cette légende a été abondamment mise en musique, notamment par Haendel dans son « operatorio » Sémélé (1744).

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Dans Platée (1745) de Rameau, c’est Jupiter qui, lassé de la jalousie de Junon, joue un tour à sa femme, en faisant semblant de tomber amoureux d’une nymphe des marées à l’apparence de grenouille.

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On retrouve Junon au XIXe siècle dans La belle Hélène (1864), d’Offenbach : Sparte s’apprête pour les fêtes d’Adonis. On célèbre Vénus, qui a battu Junon et Minerve dans le concours de beauté du mont Ida, grâce au berger Pâris.

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Et au XXe siècle dans Les mamelles de Tirésias, de Guillaume Apollinaire. On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Francis Poulenc a mis en musique ces Mamelles de Tirésias.

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Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de CAVALLI (1660)

Ercole amante (Hercule amoureux), de Cavalli, est le fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche. Pour la production de cet opéra, forcément spectaculaire, une nouvelle salle, la « Salle des machines », dotée d’une machinerie phénoménale, devait être construite au Palais des Tuileries. Malheureusement, les travaux de la Salle des Machines n’ont pas été terminés à temps, et c’est un autre opéra de Cavalli , Il Xerse, qui a été monté à la place, dans la grande galerie du Louvre, avec un ballet réglé par Lully, qui n’était encore que maître de ballet. Finalement Ercole amante fut donné devant plus de 7 000 spectateurs le 7 février 1662 dans le nouveau théâtre enfin terminé.

Le livret d’Ercole amante a été repris par Antonia Bembo en 1707.

Comme l’étiquette le voulait, le prologue est dédié aux louanges adressées au Roi.

Prologue : Un chœur de quatorze fleuves (!) chante la gloire du jeune Louis XIV, et en quoi son mariage avec Marie-Thérèse va amener la paix et la prospérité sur l’Europe.

Acte I : Hercule, déjà marié à Déjanire, se désole de la froideur de Yole, qu’il a enlevée par amour (non sans avoir au passage tué son père) (Air : « Come si beffa amor ».)

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Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces.

Émue par les plaintes d’Hercule, elle lui promet de l’aider dans ses amours. Junon, qui a tout entendu, est furieuse et décide de contrarier les amours d’Hercule (Air : « E vuol dunque ciprigna ».)

Cliquez sur Junon

Acte II : Illus, le fils d’Hercule, et Yole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs. Illus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas. Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule.

Cliquez sur le page (et Amour)

Lychas court le dévoiler à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».)

Cliquez sur Déjanire

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet D’Hercule, Junon s’empare du Sommeil.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Yole et d’Illus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Yole arrive, accompagnée d’Illus, elle commence par se révolter véhémentement avant que de subir les charmes de Vénus et de faire à Hercule une déclaration d’amour. Illus est très surpris et révèle à son père son amour pour Yole. Celui-ci chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Yole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Illus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Yole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Yole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pourraient changer s’il épargne Illus. Déjanire et Illus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Cliquez sur Déjanire et Illus

L’acte se termine par les propos du page et de Lychas sur la folie qui frappe les hommes amoureux.

Acte IV : Illus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule (Déjanire a été exilée). Une tempête se lève et Illus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Illus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus.

Dans son exil, Déjanire songe à se suicider.

Yole se recueille devant la tombe de son père. La tombe s’effondre, et le spectre du père dit sa colère de voir Yole mariée avec Hercule (qui, rappelons-le, l’a tué.) Déjanire annonce qu’elle a vu Illus se jeter à la mer. Lychas lui conseille de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, tué par Hercule, revêtue d’un onguent pour faire de lui un mari fidèle.

Cliquez sur le chœur des enfers

Acte V : Aux enfers, les rois qui ont été victimes d’Hercule complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend la vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Illus, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon est contente.

Elle annonce qu’Hercule mort est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Yole, Illus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va bientôt se marier avec la Beauté, Marie-Thérèse.

(Source principale : la production de l’opéra d’Amsterdam de 2009, et le DVD associé.)

Divers, Mythologie, Sciences

ASTRONOMIE ET MUSIQUE

L’idée de cet article m’est venue en visitant récemment l’observatoire de l’Université catholique de Lille, observatoire qui vient d’être rénové et ouvert au public.

Dans la mythologie, il n’était pas rare que les héros finissent leur carrière au ciel, sous forme d’étoile ou de constellation. Et la mythologie ayant servi de sujet à de nombreux opéras, beaucoup de ces œuvres finissent en apothéose.

En 1737, Jean-Philippe Rameau met en musique le destin des frères jumeaux Castor et Pollux. À la fin de l’histoire, Jupiter, ému par le dévouement fraternel des frères jumeaux, leur réserve une place dans le ciel, où ils constituent la constellation des Gémeaux.

Cliquez sur les Gémeaux

Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon. Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de La Coste en 1728

de La Coste Orion

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à Kaija Saariaho en 2002.

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Cassiopée était une reine d’Égypte punie par les dieux à tourner autour de la Grande Ourse. Cassiopée est une constellation assez facile à repérer, à cause de sa forme de « W ». Sa fille Andromède s’est mariée à Persée. Après sa mort, Athéna l’a fait monter au ciel, sous la forme d’une constellation. Andromède est le nom d’un des poèmes symphoniques d’Augusta Holmès.

Cliquez sur Andromède

À la fin de sa vie de héros, Hercule monte au ciel et veille sur nous pour l’éternité, dans la constellation qui porte son nom. Quand elle apprend sa mort, sa femme Déjanire se rendant compte qu’elle est coupable de la mort de son mari sombre dans la folie. Haendel a écrit Hercules.

Cliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Ganymède est un des quatre satellites de Jupiter. Ganymède était un jeune berger, le plus beau de tous les jeunes gens. Quand Zeus (Jupiter) le voit, il se transforme en aigle pour l’enlever et le conduire au mont Olympe. Là, amant de Zeus, il devient échanson des dieux. Goethe a raconté son destin dans un de ses poèmes, mis en musique par Schubert.

Cliquez sur Ganymède

Bien entendu, l’observation astronomique ne se limite pas aux étoiles. On peut aussi regarder les planètes. Je vous propose donc ici une nouvelle planète mise en musique par Holst.

Cliquez sur Jupiter
Divers, Géographie, histoire, Mythologie

PHÉNICIE… AUSSI !

La Phénicie est un pays de l’antiquité, plutôt discret, et qui s’est trouvé coincé entre divers empires. Son origine historique le situe à la place de l’actuel Liban, avec quatre villes sur la côte est de la Méditerranée, Tyr, Sidon, Beyrouth et Byblos.

Les Égyptiens, qui adoraient les dieux Osiris et Isis, allaient chercher dans cette région, qui ne s’appelait pas encore la Phénicie, des bois durs pour fabriquer des barques funéraires pour leurs dieux.

Cliquez sur Zarastro

On a ainsi la trace du pharaon Akhénaton (Akhnaten) qui envoie chercher du bois de cèdre. La vie d’Akhénaton a fait l’objet d’un opéra de Philipp Glass en 1983.

Cliquez sur Akhénaton

Le futur territoire de la Phénicie se trouve coincé entre les Hittites et les Égyptiens, et quand vers l’an 1000 av. J.-C. ces empires s’effondrent, les cités phéniciennes apparaissent et se développent. Malheureusement, les empires se suivent et se ressemblent. C’est au tour des Assyriens (correspondant à l’actuel Irak) de se tourner vers la Méditerranée et de « coloniser » les Phéniciens.

Vers 900 av. J.-C., les Phéniciens, qui sont de bons marins, partent vers l’ouest jusqu’à Chypre, puis la mer Égée, puis la Sicile, Carthage et vont même jusqu’à la côte atlantique, où ils fondent la ville de Cadix.

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Dès lors, on appelle les Phéniciens de l’ouest les Puniques (comme les guerres du même nom.) Ils établissent des comptoirs commerciaux et recherchent des matières premières.

Vers 600 av. J.-C. la Phénicie se trouve à nouveau prise entre deux empires, les Égyptiens et les Babyloniens de Nabuchodonosor. Après sa victoire, Nabuchodonosor déporte les élites phéniciennes à Babylone, comme il le fera avec les Hébreux.

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Quand arrive le tour d’Alexandre le Grand, la Phénicie change à nouveau d’occupants.

Lorsque l’Empire romain s’étend, il intègre la Phénicie à la province de Syrie. Le contrôle de la Sicile sera l’occasion des guerres puniques, qui opposeront Carthage et Rome.

Le soulèvement des barbares employés par Carthage lors de la 1re guerre punique fournira à Flaubert le sujet de son roman épique Salammbô.

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Après la 3e guerre punique, Rome crée le royaume numide (il ne faut jamais parler sèchement à un Numide) et rase Carthage, marquant ainsi la fin du royaume punique.

Parmi l’héritage que nous ont laissé les Phéniciens, il y a l’invention de l’alphabet, par imitation/déformation de hiéroglyphes. Mozart le savait-il quand il a écrit son abécédaire ?

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Cinéma, Divers, Mythologie

LES OPÉRAS PEPLUMS

À l’occasion de la production de Polifemo de Porpora à l’opéra de Lille, le metteur en scène avait transposé l’action dans le monde du cinéma hollywoodien des années 50, lors du tournage d’un peplum. Mais qu’est-ce qu’un peplum ? À l’origine, dans l’antiquité grecque, le peplum était une espèce de toge qui s’agrafait à l’épaule.

Depuis le XXe siècle, un autre sens du mot peplum est apparu pour désigner des films à grand spectacle s’inspirant de l’antiquité, et pour lesquels les acteurs portaient des peplums.

Je vous propose ici une petite sélection d’opéras peplums :

Sans grande surprise, le XVIIIe siècle regorge d’opéras de cette catégorie. Ainsi en 1723, Haendel écrit Jules César en Égypte.

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En 1734, c’est son contemporain Vivaldi qui écrit cette amusante Olimpiade.

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Parmi les héros ayant inspiré un grand nombre de peplums figure Hercule. On le trouve aussi au générique de bon nombre d’opéras, dont le Hercules (1744) de Haendel.

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Une génération plus tard, c’est Gluck qui s’affrontera à l’antiquité, avec par exemple son Iphigénie en Tauride (1779).

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Faisons encore un bond d’une génération pour retrouver Méhul et sa Légende de Joseph en Égypte (1807).

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Au siècle suivant, Verdi sacrifiera par deux fois au peplum. Une première fois avec Nabucco (1841).

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Une seconde fois trente ans plus tard avec Aïda, créé en 1872.

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Entre ces deux dates, Offenbach a frappé, pour notre plus grand bonheur avec une relecture de la figure mythologique d’Orphée dans Orphée aux enfers (1858).

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Et une seconde fois avec sa Belle Hélène en 1864.

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Saint-Saëns, lui, nous propose Samson et Dalila (1877).

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Au XXe siècle, on trouve encore des opéras peplums avec par exemple l’Œdipe d’Enesco.

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Ou Britten et son Viol de Lucrèce.

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Mes opéras préférés, Mythologie

MONTAG AUS LICHT, de STOCKHAUSEN (1984-1988)

Licht (Lumière), de Karlheinz Stockhausen, est certainement le projet le plus ambitieux jamais pensé pour l’opéra. En effet, il s’agit d’un cycle de 7 pièces musicales destiné à être joué en 7 jours. Ce cycle n’a à ce jour encore jamais été représenté sous cette forme voulue par l’auteur, même si chaque pièce a été créée de manière individuelle.

Dans Licht, on rencontre 3 forces s’affrontant à l’échelle de l’univers.

Ève, représente l’Esprit-Mère cosmique, mais aussi la séductrice, Marie, la mère de Jésus ou encore Inanna, la déesse sumérienne de la sensibilité de la fertilité et de la procréation, et aussi Lilith, Aphrodite ou Vénus.

Michaël est le créateur du cosmos. Comme Jésus, Michaël devient homme pour naître d’une mère. C’est aussi l’archange qui terrasse le dragon. Son royaume est une galaxie autour du feu central de Sirius.

Lucifer est l’antithèse de Michaël. C’est celui qui nie, qui représente le principe de destruction. Il se moque de son frère Michaël, qu’il tient pour un avorton.

Les deux frères s’affrontent au niveau de l’univers alors qu’Ève cherche à les réconcilier.

La première journée de Licht, Montag aus Licht, est le lundi, Montag, le jour de la lune. Dans beaucoup de mythologies, la lune est associée à la fécondité. Montag aus Licht est donc la première journée du cycle, et c’est aussi le jour d’Ève. C’est une « cérémonie musicale de vénération de la mère », une « célébration de la naissance et de la renaissance de l’humanité ». Stockhausen n’avait pas écrit ces journées dans l’ordre, et il s’agit de la troisième qu’il a composée.

Acte I : Premier enfantement d’Ève.

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Dans la scène 1, on assiste à la naissance de 7 créatures intermédiaires, entre l’animal et l’homme, et celui de sept nains avec barbe et chapeaux pointus. La jeune mère est célébrée par deux Airs de naissance (scène 3), avant le Cri des garçons (scène 4). Ces naissances provoquent la Colère de Lucifer qui insulte l’humanité (scène 5).

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Suivent les grandes lamentations, musique de larmes, pluie de l’âme (scène 6).

Acte II : Deuxième enfantement d’Ève.

L’acte commence par une procession de jeunes filles (scène 1). Après la fécondation (scène 2), sept garçons naissent l’un après l’autre, représentant chaque jour de la semaine (scène 3 : Re-naissance). Ils sont tous musicalement doués. Arrive Cœur de basset (par analogie avec l’instrument appelé Cor de basset) (scène 4 Chant d’Ève). Cœur de basset apprend la musique aux garçons, car « seule la musique peut sauver le monde ».

Acte III : Magie d’Ève.

Message (scène 1). Ève, représentée par Cœur de basset se regarde, penseuse, dans le miroir et demande « Miroir, mon cher miroir, dis-moi qui est la plus belle ». Des femmes arrivent, annonçant la venue d’un musicien d’une grande beauté. C’est Ave, un double inversé d’Ève (Ève se dit Eva en allemand), joueuse de flûte. Les deux faces d’Ève, Cœur de basset et Ave jouent ensemble amoureusement.

Le charmeur d’enfants (scène 2). Des enfants, attirés par Ave, arrivent, et le joueur de flûte leur apprend à son tour sa musique, qu’ils jouent en imitation. Ave a de plus en plus d’emprise sur les enfants et petit à petit les éloigne d’Ève.

Enlèvement (scène 3) : À la fin, Ave et les enfants atteignent les mondes supérieurs et, disparaissant dans les nuages, se transforment en chants d’oiseaux (extraordinaire chœur d’enfants). Ève, vieillie, se métamorphose en montagne. Quand les spectateurs quittent la salle, ils entendent encore une nuée d’enfants-oiseaux.

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(Source principale : la présentation à la presse des représentations à l’opéra de Lille des 18 et 19 janvier 2025).

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Mythologie

DIANE

Diane sortant du bain, de Boucher

Dans la mythologie latine, Diane était la déesse de la chasse et de la lune, l’équivalente de l’Artémis grecque.

On trouve plusieurs évocations de Diane dans le domaine lyrique.

Diane était accompagnée de 80 nymphes, qui devaient observer une chasteté absolue.

Les Nymphes de Diane (1755) est un opéra-comique de Favart et Moulinghem.

On retrouve ces nymphes dans le ballet Sylvia, ou la nymphe de Diane, de Léo Delibes.

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Dans le livre II des Métamorphoses d’Ovide, l’auteur nous narre la mésaventure de Callisto, une de ces suivantes, violée par Jupiter. Quand Diane s’en aperçoit, elle chasse Callisto qui finit transformée en ourse par la jalouse Junon. Cette histoire a été mise en musique en 1651 par Cavalli.

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Au début d’Hippolyte et Aricie (1733) de Rameau, Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle règne sur le cœur des hommes.

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Rameau encore dans l’air « Les nymphes de Diane accompagnent Zéphyre en ces lieux ».

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Dans ses Métamorphoses, Ovide nous conte les malheurs du chasseur Actéon qui, ayant surpris Diane au bain, fut transformé en cerf par la déesse. Actéon a alors été dévoré par sa meute de chiens qui ne l’avaient pas reconnu. Actéon (1684) est un opéra de Marc-Antoine Charpentier.

Charpentier Actéon air de Diane

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Autre nymphe au service de Diane qui abandonne la déesse par amour, Procris quitte son service pour le beau Céphale. Pour se venger, Diane s’arrange pour que Céphale, victime d’un enchantement, tue Procris qu’il prend pour une bête furieuse. Cette légende a été plusieurs fois mise en musique, dont une par Grétry.

Cliquez sur les suivantes de Diane

Dans la version grecque, Endymion était l’amant de Séléné, dont il a eu 50 filles. Diane et Endimion est un opéra-comique de Piccinni. Cupidon, jaloux d’Endymion, cherche à les séparer.

Diane ou la Vengeance de Cupidon est un opéra de Keiser datant de 1712.

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Diane et l’amour (1802) est un opéra anacréontique d’Edelmann.

Dans Iphigénie en Tauride (1779) de Gluck, Iphigénie est envoyée en Tauride par Diane.

Dans l’Olympe hautement fantaisiste d’Orphée aux Enfers d’Offenbach, Diane est outrée que Jupiter ait transformé son amant en cerf.

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L’aspect lunaire de Diane (Séléné) est chanté par Gabriel Fauré dans l’Horizon chimérique, « Diane, Séléné ».

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Mes opéras préférés, Mythologie

ORPHÉE AUX ENFERS, d’OFFENBACH (1858)

Orphée aux Enfers est un opéra-bouffe en 2 actes et 4 tableaux de Jacques Offenbach créé le 21 octobre 1858, sur un livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy.

Le pitch : Orphée (un violoniste), et Eurydice se trompent l’un l’autre allègrement. Eurydice meurt, mais l’Opinion publique, sous la forme d’une mezzo-soprano, demande à Orphée d’aller la rechercher chez son amant Pluton, aux enfers.

Acte I : Eurydice s’apprête à retrouver le berger Aristée, son amant (Air : « La femme dont le cœur rêve »).

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Orphée arrive et lui fait une scène. Il a préparé un piège (Air : « Ah, c’est ainsi ! »). Aristée entre en scène (Air : Moi, je suis Aristée »), mais c’est Eurydice qui tombe dans le piège d’Orphée.

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Aristée reprend sa véritable forme. C’est Pluton, le dieu des enfers, et il emporte Eurydice chez lui (Air : « La mort m’apparaît souriante »).

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L’opinion publique intime à Orphée l’ordre d’aller rechercher sa femme en enfer (Air : « Viens, c’est l’honneur qui t’appelle »).

Sur le sommet de l’Olympe, Cupidon et Vénus rentrent au petit matin. Diane, elle, est outrée que Jupiter ait métamorphosé son amant Actéon en cerf. (Air : « Quand Diane descend dans la plaine ».)

Cliquez sur Diane

Junon, toujours soupçonneuse, pense que c’est son mari Jupiter qui a enlevé Eurydice, mais Mercure lui révèle que c’est Pluton le coupable (Air : « Et hop, et hop, place à Mercure »).

Cliquez sur Mercure

Pluton arrive et cherche à calmer Jupiter. Alors que dans l’Olympe, les habitants commencent à se fâcher contre les frasques du dieu en chef (Chœur : « Aux armes, dieux et demi-dieux ».), Orphée arrive, en compagnie de l’Opinion publique. Jupiter ordonne à Pluton de relâcher Eurydice. Il décide de descendre lui-même en enfer pour contrôler la bonne exécution de son ordre.

Acte II : Eurydice s’ennuie aux Enfers. Styx cherche à la distraire, en lui contant son passé (Air : « Quand j’étais roi de Béotie »).

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Jupiter arrive et veut séduire Eurydice. Il est aidé par son fils Cupidon qui le transforme en mouche pour lui permettre d’approcher la jeune femme (Air et duo : « Il m’a semblé sur mon épaule »).

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Pluton organise une fête endiablée (Chœur : « Vive le vin, vive Pluton »).

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Eurydice entonne un hymne à Bacchus (Air : « J’ai vu le dieu Bacchus ».) Jupiter cherche à enlever Eurydice, mais Pluton l’en empêche. C’est le moment où Orphée, toujours accompagné de l’Opinion publique, vient rechercher Eurydice. Jupiter est obligé d’accepter, mais à une condition, qu’Orphée ne se retourne pas en sortant des enfers. Malheureusement, Orphée se retourne, et Jupiter décide de consacrer Eurydice à Bacchus. (Final : « Galop infernal ».)

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Contes et légendes, Mythologie, Nature

SOUS L’OCÉAN

Qu’y a-t-il sous l’océan ? Tout le monde s’est posé la question un jour ou l’autre. Et si la réponse nous venait des compositeurs.

Parmi les figures marines qui nagent sous la surface figurent les redoutables sirènes, dont le chant sublime attirait les marins, qui se jetaient à l’eau pour les rejoindre et se noyaient. On trouve un duo de sirènes dans le King Arthur(1691) de Purcell (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».

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Lili Boulanger aussi a mis en musique Les Sirènes.

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Et que dire de ces Sirènes de Cécile Chaminade ?

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Debussy, lui, nous offre cette Cathédrale engloutie.

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Et Lalo a mis en musique la légende de la ville d’Ys, engloutie sous les eaux, dans son Roi d’Ys.

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