Mes opéras préférés, Mythologie

LA LÉGENDE DE JOSEPH EN ÉGYPTE, de MÉHUL (1807)

Parmi les musiciens « révolutionnaires » dont je parlais dans mon billet précédent figure Nicolas MÉHUL. Parmi ses opéras figure la Légende de Joseph en Égypte, créé en 1807 d’après la légende biblique de Joseph. Cet opéra a une place particulière pour moi, puisque j’ai eu l’occasion de le chanter (dans les chœurs) en 1989, l’année de la célébration du bicentenaire de la Révolution française. C’était une grande première pour moi, surtout si l’on sait que dans la distribution figurait une jeune débutante prometteuse, une certaine Nathalie DESSAY (!) et que nous avons chanté sur les Champs-Élysées (au théâtre du Rond-Point) le 16 juillet 1989 !

Acte I : Dans son palais en Égypte, Joseph, qui a pris le nom de Cléophas, songe à son destin. Il raconte à son confident Utobal que quand il était enfant ses frères, jaloux de l’amour que lui portait leur père Jacob, l’ont vendu à un marchand d’esclaves (Air : « À peine au sortir de l’enfance »). Il était bien vu par son maître, mais la femme de celui-ci, madame Putiphar, lui a fait des avances auxquelles il n’a pas répondu. Furieuse, elle l’a dénoncé faussement et on l’a alors jeté en prison. Là, ayant su interpréter les rêves obscurs de Pharaon, celui-ci en a fait son ministre.

On annonce l’arrivée d’un groupe d’Hébreux. Ce sont les frères de Joseph, envoyés en Égypte par Jacob avec leur plus jeune frère Benjamin. La famine n’y sévit pas, grâce à Joseph qui a su constituer des stocks de nourriture quand celle-ci était abondante. Siméon, le principal responsable de la déchéance de Joseph est pris de remords et voudrait dire la vérité, mais ses frères lui recommandent de se taire.

Méhul Joseph partie 1Cliquez sur l’image

Joseph les reconnaît aussitôt, et il leur demande des nouvelles de leur père. Sans se faire reconnaître, il leur demande d’aller le chercher, leur offrant l’asile (Air : « Allez tous au devant d’un père »).

Acte II : Les Hébreux se sont installés aux portes de la ville. Ils chantent la prière du matin (Chœur : « Dieu d’Israël »), Joseph demande à Benjamin de rencontrer Jacob (Air : « Allez tous au-devant d’un père »). Benjamin explique à Joseph, qu’il n’a pas reconnu, comment la perte de Joseph a affecté Jacob. Jacob se réveille, il a vu Joseph vivant dans un songe.

Méhul Joseph partie 2Cliquez sur Joseph

Utobal vient dire à Joseph que le peuple veut lui faire un triomphe pour l’avoir protégé de la famine. Joseph fait monter Jacob et Benjamin avec lui sur le char triomphal. Ils reconnaissent alors Cléophas.

Acte III : Joseph offre un festin à sa famille. Seul Siméon est absent, rongé par la honte d’avoir vendu son frère Joseph. Des jeunes filles chantent un hymne à la nature (Air et chœur : « Aux accents de notre harmonie »).

Méhul Joseph aux accents de notre harmonieCliquez sur l’image

Utobal vient dire à Joseph que le pharaon lui reproche d’avoir donné de tels honneurs à des étrangers. Joseph part s’expliquer auprès de pharaon. Les frères reviennent avec Siméon, qui avoue son forfait à son père. Jacob les maudit tous, à l’exception de Benjamin. Joseph revient et s’agenouille devant son père en se faisant reconnaître comme Joseph et lui demande de pardonner à ses fils. Jacob, ému, pardonne. Pharaon offre l’hospitalité aux hébreux.

Méhul Joseph partie 3Cliquez sur l’image

P.S. Les vidéos présentées ici ne correspondent pas complètement au spectacle donné en 1989. Il s’agit d’un film tourné en 1991 et destiné à présenter le Théâtre Impérial de Compiègne qui allait ouvrir ses portes (j’y étais aussi, dans Gustave III, roi de Suède de D.F.E. AUBER, mais ça, c’est une autre histoire). C’est pourquoi on ne voit pas les choristes dans ce film, mais des figurants.

Historique, Maria Callas

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (2)

Après un premier billet consacré à la présence de la Révolution française à l’opéra, je vais parler ici des musiciens qui ont composé POUR la Révolution.

Dans ces années révolutionnaires, donc, la volonté de donner une conscience politique au peuple passait par l’organisation de grandes fêtes nationales et solennelles. Celles-ci étaient organisées notamment par GOSSEC pour la musique, DAVID pour la peinture et CHÉNIER pour la poésie. Pour ces fêtes, on commandait des hymnes ou des chœurs grandioses. Ainsi, pour la fête de la Fédération (14 juillet 1790), Gossec écrivit-il un Te Deum. De Gossec, écoutons cette splendide marche lugubre :

Gossec Marche lugubre 1790Cliquez sur l’image

Outre Gossec, des musiciens comme MÉHUL, CHERUBINI ou LE SUEUR ont également étaient pourvoyeurs de musique révolutionnaire. De Méhul, il faut évidemment citer le Chant du départ, sur des paroles de Chénier.

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

En 1815, à la fondation de l’Institut de France, Méhul et Gossec sont associés au prolifique GRÉTRY, qui avait servi Louis XV et Louis XVI, pour représenter la musique dans les classes des Beaux-Arts.

Ces musiciens ont d’ailleurs brillé à l’opéra, Méhul avec Euphrosine (1790), Le Sueur avec la Caverne (1793), Gossec avec le Triomphe de la République (1794) et Cherubini avec Médée (1797).

Cherubini Médée final CallasCliquez sur l’image

Le Sueur aura en outre une grande influence sur la musique du XIXe siècle puisqu’il compte parmi ses élèves BERLIOZ, GOUNOD ou encore Ambroise THOMAS.

Le Chevalier de Saint-Georges, lui, ralliera la Garde nationale en 1791, tout en gardant des activités musicales et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Divers

UN BEAU CONCERT CE 12 JUILLET

Bonjour à tous, je vous signale un beau concert spectacle qui s’est déroulé ce vendredi 12 juillet à Lambersart (près de Lille) et où je chantais dans le chœur :

affiche chromatic vocal group

L’académie d’été du Chromatic Vocal group vous a invités à un voyage en chansons sur le thème des 4 saisons. Le spectacle était illustré graphiquement par les stagiaires de l’atelier animé par le dessinateur WINOC.

Et un petit rappel pour retrouver quelques belles musiques sur le thème des saisons :

L’hiver

Le printemps

L’été

L’automne (à venir le 21 septembre prochain).

Voici le clip du concert :

Et voici donc, pour accompagner ce clip les quatre saisons illustrées pendant le concert par ALICE et les stagiaires.

Chromatic 4 saisons 1 1

Chromatic 4 saisons 2 1

Chromatic 4 saisons 4 1

Chromatic 4 saisons 3 1

Retrouvez Alice sur son site :

www.adelboe.wixsite.com/artiste

 

 

 

Divers

LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (les années 1850 – 1880)

C’est l’été, la saison des amours (paraît-il…), alors poursuivons notre série sur les plus beaux duos d’amour à l’opéra et voyons ce que les années 1850 – 1880 nous offrent comme duos d’amour, sans chercher une exhaustivité évidemment impossible :

En 1853, dans La Traviata, VERDI nous offre le très beau duo d’amour de l’acte IV quand Alfredo dit à Violetta qu’ils partiront en Provence et y vivront heureux.

Verdi Traviata Parigi o cara

Cliquez sur Violetta et Alfredo

Deux ans plus tard c’est WAGNER, à la fin du premier acte de la Walkyrie qui fait chanter l’amour naissant entre Siegmund et Sieglinde.

Wagner Walkyrie Nothung

Cliquez sur Sieglinde et Siegmund

Wagner nous gratifiera encore de duos d’amour en 1856 avec Siegfried et surtout en 1858 avec Tristan und Isolde, et ce qui est sans doute le plus long duo d’amour de l’histoire de l’opéra.

En 1858, BERLIOZ termine les Troyens, opéra dans lequel figure ce duo entre Didon et Enée.

Berlioz les Troyens nuit d'ivresse

Cliquez sur Didon et Enée

En 1859, dans son Faust, GOUNOD fait chanter le duo « Ô nuit d’amour » à Faust et Marguerite.

Gounod Faust o nuit d'amour

Cliquez sur Faust et Marguerite

En 1877, le fameux tube pour soprano « Mon cœur s’ouvre à ta voix » de SAINT-SAËNS, dans Samson et Dalila, est en fait un duo.

saint-saens samson et dalila

Cliquez sur Samson et Dalila

C’est un duo d’amour un peu spécial que TCHAÏKOVSKI nous offre en 1877 – 1878, dans son Eugène Onéguine, puisque ce duo final se termine par la séparation des deux amoureux.

Tchaïkovski Eugène Onéguine duo final

Cliquez sur Tatiana et Eugène

Retrouvez quelques duos d’amour des années 1880 – 1915 dans le billet suivant.

Compositeurs, Historique

Le Chevalier De SAINT-GEORGES (1745 – 1799)

Puisque je vous parlais récemment de Louis XV et la musique, je vais écrire maintenant sur un personnage qui a vécu sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution, le Chevalier de SAINT-GEORGES.

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Joseph BOLOGNE, plus connu sous le nom de Chevalier de Saint-Georges (1745 – 1799) est une figure intéressante de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Né le 25 décembre 1745, il est le fils d’un colon ayant fait fortune dans les plantations de Guadeloupe, et de son esclave et maîtresse. Son père, accusé de meurtre revient en France avec sa maîtresse et son fils en 1747.

Avant que de devenir compositeur, Joseph apprend l’escrime et devient vite un redoutable tireur au fleuret. Parmi ses adversaires (amicaux) à l’escrime se rencontre le (ou la) chevalier d’Éon.

En 1764, on le trouve gendarme de la garde du roi, et il est fait chevalier.

Il apprend la musique auprès de GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ) et entre dans son orchestre en 1769. Il y trouve l’occasion de briller en soliste dans ses premiers concertos de violon. Dès lors, il compose de la musique orchestrale.

de Saint-Georges concerto pour violonCliquez sur l’image

En 1776, il est proposé pour prendre la direction de l’Académie royale de musique (l’Opéra), mais son statut de mulâtre choque et la reine Marie-Antoinette bloque cette nomination.

En 1777, il compose son premier opéra La Fille-garçon, et Ernestine, d’après CHODERLOS de LACLOS. Madame de MONTESSON le nomme comme directeur de son théâtre, où il monte La Partie de chasse (1778) et l’Amant anonyme (1780).

Saint-Georges ouverture de l'Amant anonyme

Saint-Georges l amant anonymeCliquez sur l’image

Il participe au cercle révolutionnaire du duc d’Orléans (Philippe-Égalité) où il côtoie Choderlos de Laclos (Les Liaisons dangereuses) et Jacques-Pierre BRISSOT, l’un des fondateurs de la lutte pour l’abolition de l’esclavage.

En 1790, on le trouve dans le nord de la France et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie Thomas-Alexandre DUMAS, le père d’Alexandre DUMAS père (et donc le grand-père d’Alexandre DUMAS fils).

Celui qu’on a aussi nommé le « MOZART noir » meurt le 10 juin 1799 à Paris.

histoire, littérature, Philosophie

LOUIS XV ET L’OPÉRA

Après mon billet sur Louis XIV, intéressons-nous à son successeur, Louis XV (1710 – 1774). Petit-fils de Louis XIV, il a cinq ans à la mort de celui-ci. Il y a donc une période de régence avant sa majorité (le jour de ses quatorze ans) et son accession au trône.

La période du règne de Louis XV est extrêmement intéressante par le bouillonnement intellectuel qui s’y déroule, période qui assure la transition entre la monarchie absolue que pouvait représenter Loulou XIV et le début de la fin de la monarchie avec Louis  XVI.

Dans le domaine des idées, c’est l’époque des encyclopédistes avec des penseurs tels que DIDEROT et D’ALEMBERT, mais aussi VOLTAIRE et ROUSSEAU. Pour la musique, c’est l’époque de la querelle des lullistes et des ramistes, qui a opposé le style ancien hérité de LULLY et le style nouveau apporté par RAMEAU. C’est aussi la querelle des Bouffons, qui opposa Rameau et Rousseau.

Parmi les compositeurs qui ont œuvré durant le règne de Louis XV, le plus connu est probablement Jean-Philippe RAMEAU (1683 – 1764) qui a écrit La Princesse de Navarre sur un livret de VOLTAIRE, œuvre jouée pour le premier mariage du dauphin Louis (le père de Louis XVI) en 1745, et les Fêtes de l’hymen et de l’amour, opéra-ballet donné pour le second mariage du dauphin en 1747.

Rameau les Fêtes de l'HymenCliquez sur l’image

En 1752, à l’occasion d’une représentation du Mariage secret de PERGOLÈSE à Paris débuta la querelle des Bouffons. En fait derrière cette querelle, c’est une opposition de style profonde qui se révélait, entre Rousseau intéressé par l’expression mélodique qui était « naturelle » et Rameau, plus occupé par l’harmonie que par la mélodie, c’est-à-dire par une conception « culturelle » de la musique. On était donc en pleine opposition nature/culture. Dans cette querelle qui a occupé bien des intellectuels à cette époque, la reine a soutenu le clan des Siciliens Italiens alors que le roi et la Pompadour soutenaient le clan des Français.

Un autre compositeur, moins connu, était Antoine DAUVERGNE (1713 – 1797). Compositeur d’œuvres orchestrales, il passe à la scène avec Enée et Lavinée (1758), sur un livret de FONTENELLE, Hercule mourant (1761) ou encore Persée (1770) sur le livret que QUINAULT avait écrit pour Lully un siècle auparavant. Devenu directeur de l’académie Royale de Musique (l’ancêtre de notre Opéra de Paris), c’est lui qui fera jouer GLUCK quand il viendra à Paris, « recommandé » par son ancienne élève en Autriche, Marie-Antoinette.

Dauvergne Hercule mourantCliquez sur l’image

André GRÉTRY (1741 – 1813) est un compositeur né à Liège qui, ayant fait ses études musicales à Rome, se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française. Il quitte Rome pour Genève, et c’est dans cette ville qu’il rencontre Voltaire qui le pousse à venir à Paris. Là, il commence une collaboration avec MARMONTEL. Leur première œuvre commune, Le Huron (1768) d’après l’Ingénu de Voltaire, conduit immédiatement Grétry au succès, succès qui se poursuivra avec Zémire et Azor (1771) et qui lui vaudra une rente royale. Dans La Dame de pique, TCHAÏKOVSKI fait chanter à la vieille comtesse russe un air de sa jeunesse, quand elle vivait à Paris, et rencontrait le roi et la marquise de Pompadour. Cet air est une citation du Richard Cœur de Lion de Grétry.

Grétry Richard Coeur de lion je crains de lui parlerCliquez sur l’image

À Versailles, Louis XV a continué la tâche de Louis XIV en faisant construire sur le domaine l’Opéra Royal, qui sera inauguré en 1770.

Louis XV meurt en 1774, l’année où GLUCK, arrivé à Paris en 1773, donne Iphigénie en Aulide (cinq ans avant son Iphigénie en Tauride).

Gluck Iphigénie en Aulide ouvertureCliquez sur l’image

Enfin, on peut noter que dans le délicieux L’Enfant et les sortilèges, COLETTE et RAVEL font discuter un fauteuil et une bergère Louis XV.

Ravel Enfant et Sortilège bergèreCliquez sur le fauteuil et la bergère Louis XV

Mes opéras préférés

LA FORCE DU DESTIN (LA FORZA DEL DESTINO), de VERDI (1862)

En 1859 Giuseppe VERDI, pris par la politique (il était entré au parlement italien), arrête la composition musicale. Mais fin 1860, il reçoit une commande du théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Ce sera, sur un livret de Piave, La Force du destin (La Forza del destino), opéra créé en 1862. Par rapport à cette version russe, la version la plus jouée aujourd’hui est le remaniement que Verdi en a fait pour les scènes italiennes en 1867. Si la Force du destin n’est pas l’œuvre la plus connue de Verdi, son ouverture est très célèbre.

Verdi la Forza del destino ouvertureCliquez sur l’ouverture

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence d’une structure (S+T/B+B) puisqu’une Soprano (Léonora) et un Ténor (Alvaro) s’aiment et il y a les Barytons Basses (le père de Léonora, puis son frère) qui cherchent à les en empêcher.

Acte I : Dans son palais à Séville, le marquis de Calatrava demande à sa fille Léonora de ne plus penser à un étranger qui lui tourne autour, avant d’aller se coucher. Léonora est troublée, car elle compte fuir pendant la nuit avec l’étranger, Alvaro, et se marier en secret. Alvaro entre et la presse de partir, mais Léonora voudrait voir son père avant de partir. Ils chantent leur amour (Duo : seguirti fino agli ultimi).

Le marquis qui a entendu du bruit entre dans la chambre de sa fille et provoque Alvaro. Celui-ci jette son pistolet au sol, mais le coup part accidentellement et tue le marquis.

Acte II : Quelque temps plus tard, dans une auberge, Léonora est en fuite, déguisée en homme. Elle reconnaît parmi les hôtes son frère Carlos, à la recherche du couple fugitif. Une gitane captive l’assistance avec une chanson sur la guerre que doit mener l’Italie (Air : al suon del tamboro). Tout le monde s’agenouille pour prier quand un groupe de pèlerins passe.

Carlos presse l’aubergiste de questions sur l’identité d’un de ses hôtes, resté dans sa chambre. Il prétend être le camarade d’un certain Vargas, qu’il aide à poursuivre l’assassin de son père, en fuite avec sa sœur (Air : Son Pereda, son ricco d’onore).

Verdi La forza Acte II Son PeredaCliquez sur l’image

Léonora qui a repris sa fuite arrive aux portes d’un couvent où elle demande asile. Le père supérieur lui permet de rester, déguisée en homme, mais elle ne doit recevoir aucune visite autre que la sienne (Air : La vergine degli Angeli).

Verdi La forza Acte II La Vergine degli AngeliCliquez sur l’image

Acte III : En Italie, Alvaro se bat contre l’oppresseur autrichien. Il se rappelle Léonora, qu’il croit morte (Air : Oh, tu che in seno agli angeli). Dans la bataille, il secourt un officier en danger. Il s’agit de Carlos, et les deux hommes se jurent une amitié à la vie à la mort (Amici in vita, in morte).

Alvaro, gravement blessé, demande à Carlos de brûler sans les lire les lettres qu’il porte sur lui si jamais il mourait (Duo: Solenne in quest’ora).

Verdi La forza Acte III Sollene in quest'oraCliquez sur l’image

Carlos lui propose la décoration de l’ordre de Calatrava, ce qu’Alvaro refuse, éveillant ainsi ses soupçons. Quand il découvre un médaillon représentant sa sœur Léonora dans la poche d’Alvaro, Carlos exulte, il a enfin retrouvé son ennemi. Il faut qu’Alvaro vive pour qu’il puisse le tuer de ses propres mains.

Une fois Alvaro guéri, Carlos le provoque en duel. Alvaro proteste de son innocence, mais quand Carlos dit qu’il va aussi tuer Léonora, Alvaro sort son épée. On sépare les deux hommes et Alvaro part, à la recherche d’un monastère où il pourra finir ses jours.

De jeunes recrues sont en pleurs d’avoir dû quitter leurs familles pour aller à la guerre. Les vivandières leur remontent le moral, et leur chantent un chant de guerre (Air et chœur : Rataplan, rataplan.)

Acte IV : Dans le couvent où Léonora vit en secret, le frère portier donne la soupe aux pauvres qui se présentent en louant la gentillesse de Frère Raffaello. Il s’agit d’Alvaro qui s’est réfugié là. Un étranger arrive qui demande à voir ce Frère Raffaello. C’est Carlos qui a retrouvé la trace d’Alvaro. Il le provoque en duel (duo : Col sangue).

Dans sa retraite, Léonora prie pour retrouver sa sérénité que son amour pour Alvaro lui a fait perdre (Air : pace, pace, mio dio) quand elle entend le bruit d’un duel.

Verdi La forza Acte IV Pace, pace, mio dioCliquez sur l’image

Alvaro arrive et lui demande les derniers sacrements pour un mourant. Il la reconnaît sous son déguisement de moine, et indique son frère Carlos, mortellement blessé. Elle se dirige vers lui quand on entend un cri. Carlos, poursuivant sa vengeance jusqu’au bout, a poignardé sa sœur ! Alvaro maudit le ciel et le Père supérieur emmène Léonora. Les prières de Léonora mourante réussissent à le ramener au calme.

Écrivains, littérature, Philosophie

Wladimir JANKÉLÉVITCH, PHILOSOPHIE ET MUSIQUE

Fils du premier traducteur de Freud en français, Wladimir JANKÉLÉVITCH (1903 – 1985) était un philosophe moraliste.

Wladimir Jankélévitch naît à bourges le 31 août 1903.

Après sa thèse passée sur BERGSON, il écrit un livre sur BERGSON (1931), bientôt suivi de nombreux autres ouvrages, dont la trilogie : Le je ne sais quoi et le presque rien, (1957 puis 1980) et son tome 3 : La volonté de vouloir. Il a aussi écrit La mort (1966), le Traité des vertusLe paradoxe de la morale (1981). Sa pensée tourne notamment autour de la notion d’irréversibilité, le temps ne se déroulant que dans un sens, il est inutile de vouloir revenir en arrière. À ce titre, la notion de regret n’a pas d’intérêt puisqu’on ne peut faire que ce qui a été n’ait pas été.

Mais Jankélévitch a également beaucoup écrit sur la musique et son mystère, que ce soit dans ses livres de philosophie, le dernier sous-chapitre de l’irréversible et la nostalgie (1974) s’intitule les musiques et la nostalgie, où il convoque FAURÉ et DEBUSSY, ou dans ses ouvrages tels que : La musique et l’ineffable (1961), la vie et la mort dans la musique de Debussy (1968), ou Fauré et l’inexprimable (1974),

Fauré Pénélope Je me plaignais du sortCliquez sur Pénélope

où il met en œuvre son esprit d’analyse infinitésimalement fin, et où il cherche à approcher au plus près le mystère de la transformation, du passage de rien à quelque chose ou de quelque chose à rien. Ainsi de la description de la mort de Mélisande, dans La mort : « Je n’ai rien entendu,…, elle s’en va sans rien dire. »

Debussy Pelléas acte 4 scène 4Cliquez sur Pelléas et Mélisande

Dans tous ces ouvrages donc, Jankélévitch se sert abondamment des opéras de Debussy (Pelléas et Mélisande), Fauré (Pénélope) ou RIMSKY-KORSAKOV (Kitège, la légende de la ville invisible, Snegourotchka [la fille de neige], Sadko), comme exemple de sa pensée sur l’inexprimable.

Rimsky-Korsakov KitègeCliquez sur l’image

Parmi les musiciens également cités par Jankélévitch, mais n’ayant pas écrit d’opéra, figurent également les rares Gabriel DUPONT,

Dupont Heures dolentesCliquez sur l’image

MOMPOU ou encore DÉODAT DE SÉVERAC et CANTELOUBE.

Canteloube Chants d'AuvergneCliquez sur l’Auvergne

Je terminerai ce billet en disant que c’est Jankélévitch qui m’a fait découvrir le magnifique deuxième quatuor avec piano de Fauré.

Fauré quintette avec pianoCliquez sur l’image

Il m’a également fait découvrir en littérature L’oraculo manual (l’homme de cour) (1647) de Balthazar GRACIAN (1601 – 1658), petit traité à l’usage des courtisans pour être bien vus en cour. Lisez-le, ce texte est toujours d’actualité !

Retrouvez Wladimir Jankélévitch dans d’autres billets :

François LISZT

Gabriel FAURÉ

La Mort (1977)

Compositeurs, Valse

Carl Maria von WEBER (1786 – 1826)

Contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827) et SCHUBERT (1797 – 1828), Carl Maria von WEBER (1786 – 1826) tient une place importante dans l’histoire de l’opéra, où il est considéré comme le père de l’opéra romantique.

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Le petit Charles-Marie est né le 18 novembre 1786 en Allemagne. Son père était homme de théâtre et violoniste. Ses cousines étaient de bonnes chanteuses et l’une d’elles, Constance, s’est mariée avec un certain MOZART, qui a écrit pour elle quelques-uns de ses plus beaux airs.

En 1798, après le décès de sa mère, il part pour Munich. Là, il fréquente des poètes tels que Jean-Paul RICHTER ou E.T.A. HOFFMANN.

En 1804, il est nommé Maître de Chapelle à Breslau, ce qui lui permet de parfaire sa connaissance du répertoire. De 1807 à 1810, il est secrétaire du prince Louis à Stuttgart en même temps que professeur de musique des jeunes princesses. La liaison de Weber avec une cantatrice, ainsi que des malversations financières de son père, lui font perdre ses fonctions, et en 1810 la famille s’installe à Mannheim. Weber entame alors un Singspiel en un acte : Abu Hassan. Il rencontre MEYERBEER et cette année-là, il écrit deux concertos pour clarinettes, dont le premier est resté au répertoire.

Weber concerto pour clarinette n 1Cliquez sur le clarinettiste

En 1813, il est nommé Maître de Chapelle à Prague. Il y monte les opéras de MOZART, ainsi que le Fidélio de BEETHOVEN. Puis il part à Dresde où il est chargé de développer l’opéra allemand face au style italien triomphant. C’est à cette époque qu’il écrit pour le piano L’invitation à la valse, qui sera plus tard orchestrée par BERLIOZ.

Weber invitation à la valseCliquez sur le pianiste

En 1821, il écrit son chef d’œuvre, Le Freischütz, un opéra romantique allemand, qui connaîtra un grand succès. WAGNER lui-même reconnaîtra l’impact que son écoute a eu sur sa vocation de compositeur. On peut considérer qu’il y a dans cette œuvre une utilisation du leitmotiv, structure musicale que Wagner développera après lui.

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’image

Après le succès du Freischütz, il écrit Euryanthe, une commande du Théâtre de Vienne pour faire émerger un opéra allemand face à l’envahisseur italien, mais la venue triomphale de ROSSINI à Vienne à cette époque fait chuter cet opéra dès la création. La même mésaventure est arrivée à SCHUBERT à qui on avait commandé l’opéra Fierrabras.

En 1824 il reçoit une commande du Covent Garden de Londres. Ce sera Oberon, créé en 1826, et c’est à Londres qu’il meurt le 5 juin de cette même année alors qu’il travaillait à l’adaptation d’Oberon à la langue allemande.

Weber Oberon Ozean JanowitzCliquez sur la soliste

Nature

Les quatre saisons (3) : l’été

Après le billet consacré au printemps, voici celui consacré au solstice d’été.

Le solstice d’été correspond au jour le plus long de l’année, et donc à la nuit la plus courte. À partir de cette date, la durée du jour diminue jusqu’à l’équinoxe d’automne, date à laquelle la durée du jour devient égale à celle de la nuit.

Pour les poètes, l’été est la saison de la chaleur et des moissons. Et c’est un thème qui a inspiré les compositeurs.

La première trace sur mon radar musical en rapport avec l’été est the Fairy Queen de PURCELL, tiré du Songe d’une nuit d’été du grand William.

Purcell the Fairy QueenCliquez sur l’image

Je ne peux évidemment pas passer à côté de VIVALDI et de ses célèbres quatre Saisons, avec son concerto l’Été.

Vivaldi 4 saisons l'étéCliquez sur l’image

Un des oratorios les plus connus de Joseph HAYDN est Les Saisons (1801). Écoutons l’orage, extrait de l’été.

haydn les saisons l'étéCliquez sur l’image

L’opéra de DONIZETTI L’Élixir d’amour (1832) se passe en été, et commence pendant la pause de midi, quand il fait trop chaud pour les moissons.

donizetti Élixir d'amour étéCliquez sur l’image

En 1841 BERLIOZ compose son cycle de mélodies Les Nuits d’été sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Berlioz Nuits d'été 4 absenceCliquez sur l’image

Eugène Onéguine (1877 – 1878) de TCHAÏKOVSKI débute par une belle soirée d’été. On y entend un chœur de paysans qui chantent la fin des moissons.

Tchaïkovsky Onéguine choeur des paysansCliquez sur l’image

Tchaïkovski a également composé un cycle pour piano intitulé Les Saisons. Écoutons Juin extrait de ce cycle peu connu.

Tchaikovsky les saisons juinCliquez sur l’image

Dans Porgy and Bess (1935) de GERSHWIN, un des airs les plus célèbres est certainement Summertime.

Gershwin Porgy & Bess SummertimeCliquez sur Bess

Et enfin, pour boucler la boucle, retrouvons le Songe d’une nuit d’été avec l’opéra du même nom de BRITTEN, datant de 1960.

Britten a midsummer night dream I know a bankCliquez sur l’image

Et pour avoir plus de musique sur ce Songe d’une nuit d’été, je vous invite à aller voir le billet La Vie est un songe

Rendez-vous à présent pour l’automne.