Compositeurs, Shakespeare

Ambroise THOMAS (1811 – 1896)

Enfant prodige, Ambroise THOMAS (1811 – 1896) est contemporain de Franz LISZT (1811 – 1886).

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Il est né le 5 août 1811 à Metz..

Au Conservatoire, il a comme professeur LE SUEUR, un des maîtres de BERLIOZ. Prix de Rome en 1832, il a l’occasion de rencontrer Berlioz (1802 – 1869) à la villa Médicis (Berlioz avait obtenu le prix de Rome en 1830).

De retour à Paris, le petit Ambroise se tourne vers le genre à succès de son époque : l’Opéra. Il compose notamment une des dernières adaptations de La Jérusalem délivrée de l’ARIOSTE avec Angélique et Médor (1843). Il écrira également un Songe d’une nuit d’été (1850), d’après SHAKESPEARE. (J’ai eu l’occasion de chanter dans les chœurs une reprise de cette œuvre, d’où est tirée la vidéo qui suit.)

Thomas SongeCliquez sur l’image

En 1851, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, devant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix. Sa célébrité au XIXe siècle n’a d’égal que l’oubli où il est tombé aujourd’hui.

Ses plus grands succès seront Mignon (1866), d’après l’œuvre de GOETHE,

Thomas Mignon connais-tu le paysCliquez sur l’image

et Hamlet (1868) d’après Shakespeare, très grand succès à son époque mais un peu oublié depuis, et que l’on a pu voir récemment à l’Opéra-Comique.

Thomas Hamlet chanson d'OphélieCliquez sur Ophélie

Nommé professeur au Conservatoire de Paris (1856), il a comme élève MASSENET.

En 1871, le directeur du Conservatoire Daniel François Esprit AUBER, un des fondateurs du GOf, meurt dans ses bras et Thomas le remplace à la Direction du Conservatoire. Ainsi, Thomas fait le lien entre Auber qui fut son prédécesseur et Massenet qui fut son élève. Mettant alors de côté sa carrière de compositeur, il écrira encore un Françoise de Rimini (1874), d’après DANTE et un ballet, La Tempête (1889), toujours d’après Shakespeare. (Le Francesca da Rimini de Tchaïkovski date de 1876).

Ambroise Thomas meurt le 12 février 1896.

Cinéma, Mes opéras préférés

DON GIOVANNI, de MOZART (1788)

Opéra de la maturité de MOZART, Don Giovanni est une commande de l’opéra de Prague. C’est le deuxième de la trilogie Mozart – Da Ponte, commencée avec Les noces de Figaro et complétée avec Cosi fan Tutte. Le livret a été écrit d’après le Don Juan de MOLIÈRE. Les chanteurs étant mécontents de ne pas avoir assez de grands airs pour se mettre en valeur, Mozart en a rajouté plusieurs pour la création viennoise en 1788.

Ouverture.

Acte I : Don Giovanni s’est introduit de nuit dans la maison de Donna Anna afin de la séduire. Dehors, son valet Leporello l’attend en se plaignant de la vie que lui fait mener son maître (Air : Notte e giorno faricar). Don Giovanni sort en courant de la maison, poursuivi par Donna Anna et son père, le Commandeur. Le Commandeur défie Don Giovanni, mais celui-ci le blesse mortellement avant de s’enfuir avec Leporello. Donna Anna revient avec son fiancé, Don Ottavio, et ils découvrent le corps sans vie du Commandeur. Donna Anna fait promettre à son fiancé qu’il vengera son père.

Plus tard, Don Giovanni et son valet croisent sur leur route Donna Elvira, qui se plaint d’avoir été séduite puis abandonnée par Don Giovanni. Celui-ci, qui ne l’a pas reconnue, veut la séduire mais quand il la reconnaît, il s’éloigne et laisse Leporello lui lire le catalogue des conquêtes de son maître (Air du catalogue : Madamina, il catalogo e questo).

Mozart Don Giovanni Air du catalogueCliquez sur Dona Elvira et Leporello

Le maître et son valet croisent ensuite un groupe de paysans qui vont fêter les noces de
Zerlina et Masetto. Don Giovanni les invite à son château et reste seul avec Zerlina (Duo : « La ci darem la mano ») avant que Donna Elvira n’arrive.

don giovanni la ci daremCliquez sur l’image

Celle-ci prévient Zerlina du danger qu’elle coure et s’éloigne avec elle. Donna Anna et Don Ottavio arrivent à leur tour. Ils viennent demander à Don Giovanni de les aider à trouver le meurtrier du Commandeur. Donna Anna reconnait Don Giovanni à sa voix et réclame vengeance à Don Ottavio (Air : « Or sai chi l’honore ».) Leporello revient et informe son maître que la noce est arrivée au château, et qu’il a réussi à se débarrasser de Donna Elvira. Don Giovanni invite tout le monde à boire (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Donna Elvira, Donna Anna et Don Ottavio arrivent masqués au château et se font inviter à la fête (Septuor : « Bisogna aver corragio ».)

don giovanni bisognaCliquez sur l’image

Don Giovanni essaie à nouveau de séduire Zerlina, mais celle-ci appelle à l’aide. Don Giovanni essaie de faire porter le chapeau à Leporello, mais les trois invités, retirant leur masque, accusent Don Giovanni qui prend la fuite.

Acte II : Le soir, Leporello annonce à son maître qu’il va le quitter. Don Giovanni calme sa mauvaise conscience avec de l’argent. Il veut séduire la femme de chambre de Donna Elvira, et pour ce faire, il échange ses vêtements avec ceux de son valet. Sous ce déguisement, il chante une romance à sa nouvelle proie (Air : « Deh vieni alla finestra »), pendant que Leporello détourne l’attention de sa maîtresse.

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur Don Giovanni

Masetto arrive avec une petite troupe de paysans, ils cherchent le séducteur pour le tuer. Don Ottavio, Zerlina et Masetto découvrent Leporello portant les habits de son maître. Ils veulent le châtier, mais finissent par reconnaître le valet.

À la tombée de la nuit, le maître et son valet se retrouvent dans un cimetière. Don Giovanni se vante de ses nouvelles aventures quand on entend une voix sortir de la tombe du commandeur. Don Giovanni, par forfanterie, invite la statue à souper. Celle-ci accepte.

Don Giovanni est en train de souper chez lui. Donna Elvira lui demande de se repentir, ce qu’il ne fait pas. En sortant, elle pousse un grand cri en croisant la statue du Commandeur qui arrive et frappe à la porte. Leporello va ouvrir et revient terrorisé annoncer la venue de la statue. Le Commandeur demande à Don Giovanni de se repentir (Air : « Don Giovanni, a cenar teco »), mais ce dernier refuse encore. Il tend vers la main vers la statue qui la prend et l’entraîne dans les flammes de l’enfer.

Don Giovanni finalCliquez sur l’image

Les principaux personnages donnent la morale de l’histoire, Leporello se dit prêt à servir un meilleur maître, Donna Anna se décide à épouser son fiancé, Donna Elvira se retire au couvent et Zerlina et Mazetto vont célébrer leurs noces.

Enfin, pour les cinéphiles, je me dois de mentionner le très beau Don Giovanni tourné par Joseph LOSEY.

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Écrivains, littérature

Pierre CORNEILLE (1606 – 1684)

Pierre CORNEILLE was a famous french dramatist.  

Pierre CORNEILLE (1606  – 1684) est, avec RACINE et MOLIERE, un des grands écrivains français du XVIIe siècle.

Corneille naît à Rouen le 6/6/6 [6 juin 1606). Après des études suivies au collège Bourbon (aujourd’hui, lycée corneille), il suit des études de droit et devient avocat.

En 1628, son père, lui-même avocat, lui achète une charge d’avocat à la Table de marbre du palais de justice de Rouen. Piètre orateur, il renonce vite à plaider pour se tourner vers l’écriture de pièces théâtrales avec Mélite en 1629.

Suivront quelques comédies dont L’illusion comique en 1635. En 1637, il écrit Le Cid, probablement sa pièce la plus connue. Le Cid, a été adapté en 1885 à l’opéra par Massenet

Massenet Le Cid O noble lameCliquez sur l’image

alors que dès 1681, Marc Antoine Charpentier avait écrit des Airs sur les Stances du Cid.

Charpentier Air sur les Stances du CIDCliquez sur l’image

Après Le Cid viendront Horace (1640), Cinna (1641) et Polyeucte (1642). Horace fera l’objet d’un opéra de Salieri, les Horaces, en 1786,

Salieri Ouverture des HoracesCliquez sur l’image

et Polyeucte a donné lieu à au moins deux opéras, Poliuto (1838) de Donizetti et Polyeucte (1878) de Gounod.

Donizetti PoliutoCliquez sur Poliuto

Gounod PolyeucteCliquez sur Polyeucte

En 1641, il se marie avec Marie de Lampérière, avec qui il aura huit enfants.

En 1647, il entre à l’Académie française.

Pierre corneille meurt à Paris le 1er octobre 1684.

L’influence de Corneille sur le monde du théâtre et donc de l’opéra est grande, notamment sur le librettiste italien MÉTASTASE, qui avec sa vingtaine de livrets a donné lieu à plus de mille opéras.

De manière assez directe, sa pièce Pertharite  a inspiré le Rodelinda (1725) de HAENDEL et Théodore, vierge et martyre donnera l’oratorio Théodora (1749) du même Haendel. Haendel toujours avec Jules César (1724), d’après La Mort de Pompée.

Haendel Jules César Son nata a lagrimarCliquez sur l’image

La Clémence de Titus (1791) de MOZART, écrit d’après un des livrets de Métastase, est inspiré de Bérénice de Jean RACINE et de Cinna de Corneille.

De Mozart, on passe à SALIERI qui a écrit Les Horaces (1786), d’après le Horace (1640) de notre écrivain.

 

Divers

LE VIN, le vent, la vie… (2 LE VIN)

🍾 Champagne ! 🍾

Après le vin, LE VENT, la vie, qui s’intéressait au VENT, intéressons-nous à la consommation de boissons alcoolisées à l’opéra. (Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et qu’il faut savoir l’apprécier et le consommer avec modération.) Voici donc un petit florilège d’airs à boire ou de scènes de tavernes.

Dans l’Enlèvement au sérail (1782) de Mozart, on met un somnifère dans le vin d’Osmin pour endormir le gardien du sérail : Viva Baccho 

Mozart encore, avec Don Giovanni (1787) où le héros invite tout le monde à une fête dans son château (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Mozart Don Giovanni Fin ch'han dal vinoCliquez sur Don Giovanni

Au premier acte du Freischütz (1821) de Weber, Caspar veut faire boire Max pour endormir sa méfiance.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Dans Le Comte Ory (1828) de Rossini, le héros et ses compagnons, déguisés en pèlerines pour entrer dans un couvent, mettent la main sur la réserve de vin.

Rossini le Comte Ory buvons du vinCliquez sur les fausses pélerines

Dans l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le fameux élixir n’est autre que du bordeaux.

En 1837, dans Benvenuto Cellini, Berlioz fait entonner une chanson à boire aux ciseleurs, avant que Cellini ne leur demande un hymne à la gloire de leur corporation (À boire, à boire,… honneur aux maîtres ciseleurs).

Berlioz Benvenuto Cellini A boire a boire a boireCliquez sur l’image

On retrouve Berlioz avec La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ et son chœur des buveurs (qui sait quelque plaisante histoire…)

Berlioz la Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le chœur des buveurs

Et Berlioz encore avec Béatrice et Bénédict (1862), où à la taverne les choristes improvisent une chanson à boire (« Le vin de Syracuse »).

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Un des chœurs les plus connus de La Traviata (1853) de Verdi est le toast que porte Alfredo connu sous le nom de Brindisi (libiamo).

Verdi la Traviata LibiamoCliquez sur Domingo, Netrebko et Villazon !

Dans son Hamlet (1868), Ambroise Thomas fait chanter à Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Thomas Hamlet O vin dissipe la tristesseCliquez sur l’image

Dans Boris Godounov (1872), la fin de l’acte I se déroule dans une auberge près de la frontière lithuanienne. Le moine Varlaam pris de boisson y chante son récit de la bataille de Kazan.

varlaamCliquez sur Varlaam

Chaque invité portant un toast, le champagne coule à flots à la fin de la Chauve-souris (1874) de Johann Strauss.

Dans La Périchole d’Offenbach, l’héroïne prise de boisson chante Je suis grise.

Dans le prologue des Contes d’Hoffmann (1881) du même Offenbach, le héros est dans une taverne et ses amis lui demandent le verre à la main de parler des femmes de sa vie.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Dans Werther (1887) de Massenet, au début du IIe acte, les amis du bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus.

La Veuve joyeuse (1905) de Franz Lehar se termine chez Maxim’s où l’on danse et l’on boit, avant que les héros Missia et Danilo ne finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre (mais ça, on s’en doutait depuis longtemps !)

Alban Berg, l’auteur de Wozzeck et Lulu a écrit une cantate sur le vin : Der Wein, d’après Les  Fleurs du mal de Baudelaire.

En 1926, Gershwin nous offre ce « Vodka » dans Song of the Flame.

Gershwin VodkaCliquez sur l’image

Dans la scène du bordel du Rakes’progress (1951) de Stravinsky, Mother Goose fait boire Tom, le héros.

Et enfin, si cet article vous a plu, retrouvez d’autres chansons à boire à l’opéra sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

Post-scriptum, si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous avez bien droit à un bonus mystère :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus mystère

Et si vous vous intéressez au tabac, cliquez sur le lien suivant : Fume fume fume cette cigarette.

Compositeurs

Gaetano DONIZETTI (1797 – 1848)

Gaetano DONIZETTI est un compositeur italien, né à Bergame le 29 novembre 1797.

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Gaetano commence ses études musicales à Bergame, avant d’aller se perfectionner à Bologne en 1815.

Il s’engage à l’armée, et écrit son premier opéra pendant ses temps libres, en 1818. Dès lors, compositeur prolixe, il écrit dix-neuf opéras sur la période 1818 – 1828 pour différentes scènes italiennes. Stylistiquement, ses opéras sont le fleuron du bel canto.

En 1830, Anna Bolena connaît un triomphe à Milan, et ne tarde pas être monté dans toute l’Europe. Ce succès est suivi en 1832 par L’Elisire d’Amore. En 1833, il écrit Lucrezia Borgia, d’après le Lucrèce Borgia (1833) de Victor HUGO. On peut noter qu’entre 1830 et 1833, GLINKA, le père de la musique russe, a fait un séjour en Italie pour soigner sa santé fragile, et qu’il y a rencontré BELLINI et Donizetti.

En 1834, il est nommé professeur au conservatoire de Naples, où il donne Marie Stuart (1834) d’après SCHILLER  et Lucia di Lammermoor (1835) d’après Walter SCOTT. Dès les répétitions, la censure très active à cette époque à Naples demande des modifications, et la pièce est interdite dès le lendemain de la générale par le roi de Naples. En 1835, il réussit à la faire jouer à la Scala de Milan, mais l’opéra est à nouveau interdit début 1836.

A la mort de Bellini en 1835, il écrit une Missa di Requiem à la mémoire de son rival (musical) et ami.

Donizetti Requiem Dies IraeCliquez sur l’image

En 1838, las du manque de reconnaissance et de la censure qui sévissait en Italie, Donizetti part s’installer à Paris, capitale européenne de l’art lyrique, comme l’avaient déjà fait ses compatriotes CHERUBINI, ROSSINI ou Bellini. En 1839, il fait représenter une version française d’un de ses succès italiens : Lucia di Lammermoor, et en 1840 l’adaptation de son Poliuto (Polyeucte, d’après CORNEILLE) sous le nom de Les Martyrs.

Il commence une collaboration avec l’incontournable SCRIBE, d’où proviennent : La Fille du régiment et La Favorite (1840), ainsi que Don Pasquale (1843).

Donizetti La Fille du régiment Quoi, vous m'aimezCliquez sur Marie et Tonio

Donizetti voyage ensuite beaucoup en Europe, avant que les effets de la syphilis ne l’empêche de travailler. Il sombre dans la folie, telle son héroïne Lucia di Lammermoor (un de ses airs les plus connus étant justement l’air de la folie). Après avoir été interné près de Paris, il est rapatrié à Bergame, où il meurt le 8 avril 1848.

Outre ses 71 (!) opéras, il a laissé des symphonies, des cantates et de la musique de chambre en quantité.

histoire

LOUIS XIV ET L’OPÉRA

On le sait, le genre musical « opéra » est né des suites des cérémonies grandioses qui avaient été données à l’occasion du mariage d’Henry IV et Marie de Médicis, la réplique du duc de Mantoue à ces magnificences florentines ayant donné l’Orfeo de MONTEVERDI.

Notre grand monarque Louis XIV (1638 – 1715) n’a pas été en reste pour se servir de cet art afin de construire sa propre gloire.

C’est MAZARIN qui a introduit l’opéra en France, où il y avait depuis Henri IV et Louis XIII une tradition de représentations de ballets de cour. En 1647, il fait représenter l’Orfeo de Luigi ROSSI. En 1660, il commande à CAVALLI un opéra pour le mariage de Louis XIV, Ercole amante. Le projet ayant pris du retard, c’est un autre des opéras de Cavalli qui est monté, Serse (Xerxès).

cavalli Ercole amanteCliquez sur l’image

Le ballet de cour est apparu dès la fin du XVIe siècle, à la cour des Valois. Il trouvera son apogée avec Louis XIV qui, bon danseur, participera lui-même à ce genre de spectacle. Quand le Roi-Soleil arrêtera de danser, le genre périclitera, pour laisser peu à peu la place à la comédie-ballet, genre dans lequel collaboreront MOLIÈRE et LULLY.

Lully, nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, s’impose peu à peu dans le genre du Ballet. Début 1653, il est chargé de régler un ballet commandé par Mazarin, Le Ballet de la Nuit, dans lequel le roi représente le soleil qui dissipe les ténèbres et dont la lumière va faire pâlir tous les autres astres. Quelle plus belle manière que de montrer au monde qu’il va falloir compter avec le jeune Louis, alors âgé de quinze ans ! De là viendra le surnom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Lully ballet de la nuitCliquez sur Loulou XIV

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), Lully reçoit les positions de Surintendant de la musique du roi et de Maître de la musique de la famille royale.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). Après sa brouille avec Lully, Molière collaborera avec CHARPENTIER, notamment pour Le Malade imaginaire (1673).

Charpentier Molière le Malade imaginaireCliquez sur l’image

En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège de l’opéra pour toute la France, suite à une faillite frauduleuse. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies lyriques ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’en 1687.

À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de Madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. QUINAULT, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686.

Voyons maintenant quelques opéras dans les prologues desquels les grandes qualités de Loulou XIV sont célébrées :

Dans le prologue d’Alceste, la nymphe de la Seine (sic) se languit du Héros, parti à la guerre. La gloire arrive, précédant le Héros (comprendre le roi, Louis XIV). Tout le monde se réjouit, et les Plaisirs préparent un divertissement pour fêter le retour du Héros. Ce sera Alceste.

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare Louis XIV dans le prologue. Peut-être est-ce pour cela qu’Atys était un des opéras préférés de Loulou XIV.

Lully Atys PrologueCliquez sur le prologue

Dans Rolandune des dernières tragédies lyriques de Lully, composée d’après Orlando Furioso de l’Arioste et créée à Versailles au début de l’année 1685, Démégorgon chante les louanges du roi Louis XIV, et se propose de raconter les exploits de Roland, comparant ainsi le roi au héros fameux de l’histoire de France.

Armide (1686) est une tragédie lyrique, dernière œuvre écrite par Lully en collaboration avec Quinault. Son sujet, qui aurait été choisi par Louis XIV lui-même, est tiré de La Jérusalem Délivrée, du Tasse. Ce même livret de Quinault a été repris un siècle plus tard pour servir de sujet de « concours » entre Gluck et Piccini. La Gloire et la Sagesse louent le Héros (Louis XIV) qui incarne ces deux qualités. Elles proposent de raconter l’histoire du chevalier Renaud.

Retrouvez les aventures des rois de France et de la musique avec Louis XV.

 

Écrivains, littérature, Oulipo, Valse

JE ME SOUVIENS (Georges PEREC – 3)

Après La Disparition et La Vie, mode d’emploi, voici le troisième billet consacré à la présence de la musique dans l’œuvre de Georges PEREC.

Je me souviens est le titre d’un recueil de brefs souvenirs écrits par Perec entre 1973 et 1977, et paru en 1978. Ce recueil forme une sorte d’autobiographie en 480 fragments, selon une méthode chère à Perec, celle des listes (et non des LISZT comme disent les musiciens). Parmi ces fragments, une onzaine d’entre eux a trait à la musique classique dont on sait que Perec était un fin connaisseur.

Les voici, avec leur « traduction ».

24 – Je me souviens du Concerto pour hautbois de CIMAROSA. (Domenico Cimarosa [1749 – 1801] était un compositeur italien. Il est connu notamment pour son opéra Le Mariage secret). 

Cimarosa concerto pour hautboisCliquez sur l’orchestre

43 – Je me souviens de l’Adagio d’ALBINONI. (Tomaso Albinoni [1671 – 1751] était un compositeur vénitien, connu pour un célèbre adagio… qu’il n’a pas composé.)

Albinoni AdagioCliquez sur l’orchestre

66 – Je me souviens de l’opérette La Belle Arabelle, avec les Frères Jacques.

120 – Je me souviens des deux films de Roberto BENZI. (Roberto Benzi, né en 1937, était un enfant prodige qui a donné son premier concert à l’âge de 6 ans, et est devenu chef d’orchestre à 11 ans. Deux films lui ont été consacrés : Prélude à la gloire en 1950 [il avait donc 13 ans] et l’Appel du destin en 1953.)

123 – Je me souviens que la violoniste Ginette NEVEU est morte dans le même avion que Marcel CERDAN. (Ginette Neveu [1919 – 1949] était une violoniste soliste de niveau international, élève de Georges ENESCO.)

154- Je me souviens que PADEREWSKI a été élu Président de la République polonaise. (Ignace Paderewski [1860 – 1941] était un pianiste soliste virtuose. Il a écrit un opéra, Manru, créé en 1901. Outre sa carrière de pianiste, il a connu une dimension politique, contribuant au soulèvement populaire des Polonais contre l’Allemagne. Il a été Président du Conseil national polonais en exil [et non pas Président de la République]). 

159 – Je me souviens que RAVEL était très fier de son Boléro.

Ravel Boléro

166 – Je me souviens que Dinu LIPATTI apprit très tard, vers vingt ans, à jouer du piano. (Dinu Lipatti [1917 – 1950) était un pianiste soliste roumain.)

274 – Je me souviens d’un très beau récital donné dans la cathédrale de Chartres (en 1953 ?) par la pianiste Monique de La BRUCHOLLERIE. (M. de La Bruchollerie [1915 – 1972] était une pianiste concertiste française.)

307 – Je me souviens de:

     – Pourquoi les filles du Nord sont-elles précoces ?

     – Parce que le concerto en sol mineur.

430 – Je me souviens combien j’aimais Johann STRAUSS et de mon bonheur quand j’ai vu Valses de Vienne au Châtelet.

Retrouvez le 4e volet de la série des billets consacrés à Perec avec Cantatrix Sopranica L.

 

 

 

 

 

 

Mes opéras préférés

RUSALKA, de DVORAK (1900 – 1901)

Si je connais de longue date le très bel Air à la lune, je n’ai découvert cet opéra dans son intégralité qu’en 2015, lors des magnifiques représentations qui en ont été données à Bastille. Je me suis rendu compte à cette occasion combien les représentations que je me faisais de Dvorak pouvaient être erronées. En effet, pour moi Dvorak était associé à BRAHMS, c’est-à-dire à une école anti-wagnérienne. Or, tout dans Rusalka est wagnérien, à commencer par une utilisation très subtile des leitmotivs.

Neuvième des dix opéras écrits par DVORAK, Rusalka est composé en 1900 et créé en 1901. Le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A.HOFFMANN et de La petite sirène d’ANDERSEN.

En ce qui concerne l’opéra tchèque, Dvorak (1841 – 1904) assure la liaison entre SMETANA (1824 – 1884) et JANACEK (1854 – 1928).

Acte I : Trois dryades (nymphes des bois) chantent au clair de lune au bord d’un lac. Elles aguichent l’Ondin, le génie des eaux, avant de s’enfuir. La naïade (nymphe des eaux) Rusalka confie sa tristesse à son père l’Ondin : elle est tombée amoureuse d’un humain qui vient se baigner dans son lac. Pour l’amour du prince, elle veut devenir humaine et obtenir une âme. Son père essaie de l’en dissuader, car cela la condamnerait. Devant l’insistance de Rusalka, il lui dit que seule la sorcière Jezibaba pourra l’aider. Avant d’invoquer Jezibaba, elle confie son amour à la lune argentée qui baigne le paysage.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’image

Puis elle appelle la sorcière, qui la prévient de ce qui l’attend : devant les humains, Rusalka restera muette, et si jamais son humain l’abandonne, elle sera, avec son bien-aimé, victime d’une malédiction éternelle ! Sûre de la force de son amour, Rusalka accepte les conditions de Jezibaba qui lui fabrique alors la potion qui fera d’elle une femme.

À l’aube, des chasseurs se dirigent vers le lac. Le prince apparaît, à la recherche de la naïade, dont il sent la présence, mais qu’il ne peut voir. Resté seul, il aperçoit enfin Rusalka. Émerveillé par sa beauté, il lui demande si elle est femme ou fée (air : Vidino divna, presladka). Muette, Rusalka lui ouvre les bras, et le prince amoureux l’emmène dans son château alors que les autres naïades pleurent la perte de leur sœur.

Acte II : Au château, on prépare la fête pour les noces du prince. Le garde-forestier demande au marmiton ce qui se passe, et le marmiton lui répond que le prince a ramené une femme étrange et muette de la forêt. Le garde lui dit que la forêt est habitée par des nymphes et par la sorcière Jezibaba (Air : « U nàs v lese strasi »). Ils sortent quand le prince arrive avec Rusalka.

Dvorak Rusalka U nas v lese strasi

Le prince se demande s’il percera un jour le secret de sa fiancée (Air : Jiz tyden dlis mi po boku). Parmi les invités, il y a une princesse étrangère qui, jalouse, veut séduire le prince. Celui-ci s’éloigne avec sa nouvelle conquête pendant que le bal commence. Humiliée, Rusalka se réfugie dans le jardin alors que la lune se lève. L’Ondin, qui s’était approché de la fête pleure sur le sort de sa fille (Air : « Cely svet neda ti »).

Dvorak Rusalka Cely svet neda tiCliquez sur l’image

Rusalka avoue à son père qu’elle a été trahie, rejetée par l’homme qu’elle aime. Elle comprend son erreur. Ni femme, ni fée, elle ne peut plus ni vivre ni mourir. Le prince et la princesse reviennent. Il déclare sa flamme à la princesse, lui disant qu’il en a oublié son ancien amour. Désespérée, Rusalka se jette dans ses bras, mais il la repousse. Indigné, l’Ondin se montre au prince, et lui annonce qu’il ne pourra pas échapper à l’étreinte de sa fille. Terrorisé, le prince demande à la princesse de l’aider, mais la belle étrangère l’abandonne à son triste sort.

Acte III : Rusalka se lamente sur son sort au bord du lac de la forêt (Air : « Mladosti své pozbavena »).

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Elle demande l’aide de Jezibaba qui lui indique le moyen de retrouver sa condition de naïade : verser le sang de celui qui l’a séduite (Air : Lidokou krvi musis smsti). Elle lui tend un poignard, mais Rusalka toujours amoureuse refuse et le jette dans le lac. La sorcière la maudit à jamais et ses sœur naïades lui refusent le droit de les rejoindre dans le monde de l’eau.

Les serviteurs du prince viennent demander l’aide de Jezibaba, lui expliquant qu’une magicienne a envoûté le cœur du prince, avant de l’abandonner le soir de leur mariage. Entendant cela, l’Ondin, furieux, promet de se venger des humains.

Les dryades dansent au clair de lune quand l’Ondin les interrompt. Le prince apparaît, cherchant Rusalka là où il l’a vue la première fois. Celle-ci apparaît. Ni vivante, ni morte; ni femme ni fée; elle est condamnée à errer toutes les nuits pour attirer les humains et les noyer dans le lac. Le prince court vers elle et lui demande pardon. Rusalka lui explique qu’un baiser de sa part provoquerait sa mort, mais le prince réclame ce baiser qui lui apportera la paix dans la mort. Rusalka le couvre de baisers et il meurt, heureux, dans ses bras. L’Ondin annonce que le sacrifice a été vain. Après avoir embrassé une dernière fois son amour, elle s’enfonce dans le lac en déplorant son destin maudit.

Animation 1, Bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de gêner vos voisins.

Avec les nouveaux pokémons de la région d’Alola (saison 6) est arrivé Oratoria (n° 730) dont la fiche signalétique bous dit : Surnommé « la diva », il offre un spectacle enchanteur lorsqu’il dirige un chœur composé de ses congénères à la lumière de la lune.

Oratoria