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LES NYMPHES

Ces nymphes, je les veux perpétuer… (Mallarmé)

Après les muses, les nymphes. Ces semi-divinités personnifiant les forces vives de la nature (selon le CNRTL) abondent dans les opéras, surtout à l’époque baroque.

On peut entendre des nymphes chanter dès le premier opéra, puisque dans l’Orfeo de Monteverdi (1607), il y a de nombreux chœurs de bergers et de nymphes.

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En 1673, dans le prologue d’Alceste de Lully, on entend la nymphe de la Seine (sic) déplorer le départ du héros (entendre Loulou XIV) à la guerre.

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Dans Polifemo, de Porpora, les deux nymphes Galatée et Calypso imaginent les peines et les joies qui vont enfler leurs cœurs, quand ils s’ouvriront à l’amour. Polyphème survient, brûlant d’amour pour Galatée. Il veut la couvrir de cadeaux, mais la nymphe se refuse à lui (Air : « M’accendi in sen col guardo »).

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Dans un des plus célèbres opéras de Rameau, Platée (1745), l’héroïne éponyme n’est autre qu’une nymphe des marais.

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Attention spoiler: À la fin des Boréades (1763) de Rameau, on apprend que le héros est le fils d’Apollon et d’une nymphe, et qu’il est donc d’origine divine.

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La légende de Céphale et de la nymphe Procrys a fait l’objet de nombreux opéras, dont celui de Keiser dès 1674, celui de Grétry en 1773 (que j’ai eu l’occasion de chanter Salle Favart), mais aussi celui de l’espagnol Araja qui a écrit en 1755 sur le sujet le premier opéra chanté en russe.

En 1876, Léo Delibes écrit le ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.

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Dans Rusalka de Dvorak, Rusalka est une naïade c’est-à-dire une nymphe des eaux, mais on rencontre également des dryades, qui sont des nymphes des bois.

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Dans Ariane à Naxos (1911) de Richard Strauss, un trio de nymphes chantent les qualités de Bacchus.

On trouve également beaucoup de nymphes dans le N’allez pas au bois d’Ormonde de Ravel : naïades, ménades, thyades, dryades, hamadryades, à côté d’une foule d’autres créatures légendaires.

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Enfin, je ne peux résister au plaisir de citer l’Après-midi d’un faune, de mon pote Mallarmé, et son premier vers: Ces nymphes, je les veux perpétuer. Ce poëme a été mis en musique par Debussy sous le titre Prélude à l’après-midi d’un faune.

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LA SOLUCE DU CALENDRIER DE L’AVENT 2025

Voici le récapitulatif du calendrier de l’avent des écrivains dramaturges et librettistes.

Le 1er décembre : Shakespeare, avec Falstaff de Verdi.

Le 2 décembre : Cervantès, avec Don Quichotte de Massenet.

Le 3 décembre : Racine, avec le Cantique de Jean Racine de Mel Bonis.

Le 4 décembre : Beaumarchais, avec Le Barbier de Séville de Rossini.

Le 5 décembre : Da Ponte, avec Les Noces de Figaro de Mozart.

Le 6 décembre : Goethe avec Marguerite au rouet de Schubert

Le 8 décembre : Schiller avec Guillaume Tell de Rossini.

Le 9 décembre : Scott avec La Dame blanche de Boïeldieu.

Le 10 décembre : Scribe avec La Nonne sanglante de Gounod.

Le 11 décembre : Pouchkine avec Boris Godounov de Moussorgski.

Le 12 décembre : Hugo avec La Esmeralda de Louise Bertin.

Le 13 décembre : Piave avec La Traviata de Verdi.

Le 15 décembre : Heine avec Le Vaisseau fantôme de Wagner.

Le 16 décembre : Flaubert avec Salammbô de Reyer.

Le 17 décembre : Ostrovski avec Katia Kabanova de Janacek.

Le 18 décembre : Tolstoï avec la Guerre et la Paix de Prokofiev.

Le 19 décembre : Boïto avec Otello de Verdi.

Le 20 décembre : Maeterlinck avec Pelléas et Mélisande de Debussy.

Le 22 décembre : Hofmannsthal avec Le Chevalier à la rose de Strauss.

Le 23 décembre : Le Tasse avec le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi.

Le 24 décembre : Ovide avec le Déluge universel de Falvetti.

Et si vous voulez un bonus surprise mystère spécial Noël, cliquez donc sur le point d’interrogation.

Cliquez donc sur le point d’interrogation si vous voulez un bonus surpise mystère spécial Noë

(Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à forcer la main, mais je vous conseille quand même de cliquer sur le bonus surprise mystère de Noël).

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ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (10e SÉRIE)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la neuvième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Aretha Franklin chantant « Nessun dorma » du Turandot de Puccini :

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Les Swingle Singers chantant la Petite musique de nuit de Mozart.

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Mozart encore, avec sa Marche turque revisitée par Boris Vian.

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Jean-Sébastien Bach façon jazz avec le Modern Jazz Quartettr dans Jésus que ma joie demeure.

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Sting a consacré un de ses albums à la musique de John Dowland.

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LA DAME BLANCHE, de BOÏELDIEU (1825).

La Dame blanche (1825) de Boïeldieu est un opéra gothique créé à l’Opéra Comique le 10 décembre 1825, sur un livret d’Eugène Scribe d’après le roman Guy Mannering de Walter Scott.

Aujourd’hui tombé dans l’oubli, la Dame blanche reste pourtant un des opéras comiques les plus joués à la salle Favart.

Acte I : Dans un village d’Écosse, en 1759, Jenny et Dickson préparent le baptême de leur fils mais, malheureusement, le shériff est malade et ne peut servir de parrain. Un jeune officier, Georges Brown, demande l’hospitalité. Il est à la recherche d’une femme inconnue qui l’a soigné autrefois, après une bataille où il avait été blessé.

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On lui propose de remplacer le parrain, ce qu’il accepte de faire.

Le château d’Avenel, inhabité depuis 14 ans, doit être vendu le lendemain. Gaveston, son ancien intendant, voudrait l’acheter, mais le fantôme de la Dame blanche est là pour le protéger. Jenny informe Georges qu’il y a un fantôme qui est là pour protéger la famille. Elle chante la ballade.

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Les paysans se cotisent pour racheter le château pour l’héritier disparu et confient leur cagnotte à Dickson. Dickson est convoqué à minuit par la Dame blanche. Effrayé, celui-ci refuse d’y aller. Georges se propose d’y aller à sa place.

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Acte II : Dans le château vit Marguerite, l’ancienne gouvernante. Elle a accueilli Anna, une jeune orpheline adoptée par les Avenel. Les deux femmes espèrent que Julien, l’héritier disparu, réapparaîtra pour empêcher Gaveston d’acheter le château. Georges arrive et attend la Dame blanche. Celle-ci apparaît : c’est Anna, voilée.

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Pour les tintinophiles, on peut « entendre » cet air dans l’album le Crabe aux pinces d’or.

Anna reconnaît un soldat qu’elle a soigné autrefois. Troublé, Georges promet obéissance à la Dame blanche.

Au matin, la vente du château va commencer. Alors que le juge va abattre son marteau, Anna apparaît et, au nom de la Dame blanche, ordonne à Georges de surenchérir. Georges obéit et emporte la vente, mais il doit en régler le prix avant midi, sous peine d’être mis en prison.

Cliquez sur le final de l’acte II

Acte III : Le juge a levé les scellés du château. Anna part à la recherche de la fortune des Avenel pour sauver Georges de la prison.

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Georges est troublé par l’apparence des appartements, qui lui est familière. Il croit reconnaître l’hymne des Avenel. Le juge apprend que Julien d’Avenel est de retour en Écosse. Il s’agit de Georges, mais Georges l’ignore. Anna entend le juge.

À midi, la Dame blanche paraît avec le trésor des Avenel et annonce à Georges qu’il est Julien. Comme elle s’apprête à quitter la scène, Gaveston arrache son voile. Georges reconnaît avec joie que la Dame blanche est en réalité Anna, sa jolie sauveteuse.

(Source principale : les représentations de l’Opéra Comique en 2020, et le programme associé.)

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L’ÉCHELLE DE SOIE, de ROSSINI (1812)

L’Échelle de soie (La Scala di seta) est une farsa comica (une farce comique), soit un opéra en un acte, de Rossini, créé le 9 mai 1812 à Venise.

Le pitch : Le mariage secret de Giulia et Dorvil va à l’encontre des souhaits de Dormont, le tuteur de Giulia qui voudrait la marier au riche Blansac. Lucilla, la cousine de Giulia, est amoureuse de Blansac, qui est l’ami de Dorvil. Après différents quiproquos, Dormont se résout à marier Blansac non pas avec Giulia, mais avec Lucilla.

Acte I : Sinfonia d’ouverture.

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Giulia est importunée par les avances du valet Germano, qui est amoureux d’elle, et par sa cousine trop curieuse Lucilla (Trio : « Va’ sciocco non seccami »). Elle les chasse et ouvre la porte à son mari Dorvil, lui demandant de venir la rejoindre de nuit grâce à une échelle de soie.

Dormont, son tuteur, entre et lui dit qu’il veut la marier à Blansac, un riche ami de Dorvil. Giulia sait que sa cousine est amoureuse de Blansac et veut en jouer. Elle appelle Germano et le flatte pour lui demander de favoriser l’amour de Lucilla et Blansac (Duo : « Io so ch’hai buon core ».)

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Blansac arrive et présente son ami Dorvil au tuteur. Restés seuls entre amis, Dorvil cherche à dissuader Blansac de ce mariage, lui disant que Giulia ne l’aime pas. Blansac se sent offensé, et demande à Dorvil de lui servir de témoin à son mariage. (Air de Dorvil : « Vedrò qual sommo incanto »).

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Giulia et Dorvil sont présentés, alors que le valet (à la demande de Giulia) et Dorvil (à la demande de Blansac) écoutent en cachette. Giulia reproche à Blansac d’être frivole, mais celui-ci lui jure que c’est du passé, et qu’il l’aimera pour toujours (Quatuor : « Sì che unito a cara sposa ».)

Blansac fait la cour à Lucilla qui n’en attendait pas tant. Elle répond favorablement à cette cour (Air : « Sento talor ».)

Le soir tombe et Germano s’apprête à fermer la maison pour la nuit. Giulia se languit de son mari dorvil, et attend impatiemment son rendez-vous de minuit. Elle s’apitoie un peu sur le sort de Blansac et l’indiscret Germano croit que c’est avec celui-ci qu’elle a rendez-vous. Giulia a peur des réactions de son tuteur. (Récitatif et air : « Ma se mai… Il mio ben sospiro ».)

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Germano est fier d’avoir tout compris, mais il se rend aussi compte à quel point son amour pour Giulia était vain. Il s’endort, mais dans son sommeil apprend à Blansac que Giulia lui a donné rendez-vous à minuit. Puis il apprend la même nouvelle à Lucilla, provoquant sa jalousie. (Air de Germano : Amore dolcemente ».)

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Minuit arrive. Germano sa cache sous la table pour assister au fameux rendez-vous. Giulia sort son échelle de soie, et Dorvil apparaît. Mais la rencontre des deux amoureux est interrompue par des coups frappés à la porte. C’est Blansac, qui croit que Giulia l’attend. Elle le fait entrer et on comprend vite que c’est la maladresse de Germano qui l’a fait venir. Lucilla arrive à son tour, puis Dormont. Quand Dormont veut précipiter le mariage entre Giulia et Blansac, celle-ci est obligée de lui révéler qu’elle est déjà mariée à Dorvil. Dormont comprend qu’il est inutile de crier, et finalement on décide le mariage entre Blansac et Lucilla. (Final (quatuor) : « Dorme ognuno in queste soglie »

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(Source principale : la production de de la télévision suisse italienne (1983) et le DVD associé de 2006 (Opus Arte.)