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PRÉSENTATION DE LA SAISON 2026-2027 DE L’ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING

Ce 9 juin 2026 a été présentée par son directeur, Enrique Thérain, la saison 2026-2027 de l’Atelier lyrique de Tourcoing. Cette nouvelle saison s’annonce très riche en concerts (34), opéras (6) et spectacles (14), en s’adressant notamment au (très) jeune public.

L’Atelier lyrique s’appuie sur des compagnies en résidence, dont l’ensemble Il Caravaggio dirigé par Camille Delaforge, l’ensemble Aedes de Matthieu Romano, l’ensemble Hémiola, l’ensemble Miroirs étendus pour la musique contemporaine, la grande Écurie et la Chambre du Roi, fondée par Jean-Claude Malgoire, et l’orchestre les Siècles pour les concerts.

La saison s’ouvrira sur cinq concerts en participation libre, avec notamment la Symphonie du Nouveau Monde et le Concerto pour violoncelle de Dvorak.

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Pour l’opéra, nous aurons :

Une nouvelle production de Pinocchio de Philippe Boesmans, dix ans après la création de cet opéra.

Un opéra de jeunesse de Bizet, Don Procopio.

Une version chambriste du Fidelio de Beethoven.

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Une version participative de La Fille du régiment, de Donizetti.

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Une rare opérette de Reynaldo Hahn, le Temps d’aimer.

Un classique du baroque avec Platée, de Rameau.

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Les concerts nous permettront notamment d’entendre, outre Dvorak, un programme Brahms — Schumann (Robert), deux symphonies de Beethoven, un concert autour de Philip Glass, un concert Tchaïkovski ainsi que des musiques du monde et du jazz.

Début juin aura lieu la biennale Là Haut, avec notamment un spectacle « jeunesse » d’Othman Louati, Victor Bang.

La saison se terminera fin juin avec le festival Chants libres, trois jours axés autour de la musique chorale.

Et pour en savoir plus, allez donc sur le site de l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Mythologie, Nature

UN DÉLUGE DE DÉLUGES

Le Déluge est un archétype que l’on trouve dans pratiquement toutes les civilisations. Il s’agit, dans beaucoup de cas, d’un châtiment divin destiné à punir les hommes de leur impiété.

La plus ancienne description du déluge semble être la version Babylonnienne, datant de 1700 av. J.-C. Notre Noé s’appelait alors Atrahasis le Supersage, ou Utnapishtim, ou encore Ziuzudra.

On retrouve le mythe du déluge en Inde où le dieu Vishnu sauve du déluge, sous la forme d’un poisson, le père de l’humanité. Dans le Mahabharata, l’ascète Manu est averti par un poisson du déluge, et lui conseille de se construire un bateau. Quand le déluge arrive, le poisson tire le bateau jusqu’à une montagne où Manu débarque. De la descendance de Manu provient le genre humain.

Chez les gréco-romains, c’est Jupiter qui veut rayer l’humanité de la carte. Cet épisode nous est conté par Ovide dans le livre 1 des Métamorphoses. Toutefois Jupiter, ému par un couple de vieillards pieux, Deucalion et Pyrrha, décide de les sauver. Cette légende a été mise en musique par Berton et Giraud en 1755, dans un ballet qui porte ce nom.

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Une autre version est l’opéra-comique Deucalion et Pyrrha (1855), de Montfort, sur un livret de Barbier et Carré.

Dans la religion chrétienne, le déluge est connu par l’épisode de la Genèse, ou dieu demande à Noé et sa famille de construire une arche dans laquelle il recueillerait un couple de chacune des bestioles qui peuplent la Terre et de les embarquer. Après quoi, Dieu fait pleuvoir quarante jours et quarante nuits, inondant ainsi complètement la terre. Après cette période diluvienne, la pluie cesse de tomber et Noé envoie d’abord un corbeau, puis une colombe, chercher une trace de terre émergente. Le corbeau revient sans avoir rien trouvé, et la colombe revient avec un rameau d’olivier, preuve qu’ils pourront bientôt aborder la terre ferme.

Une des premières adaptations en musique est l’oratorio il Diluvio universale (1682), de Falvetti.

Sous le même titre il Diluvio universale, Gaetano Donizetti a écrit un opéra en 1830.

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En 1875, c’est Camille Saint-Saëns qui compose l’oratorio le Déluge.

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Une autre adaptation en musique de cette légende biblique est l’Arche de Noé, un opéra pour enfants de Benjamin Britten.

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On trouve d’autres occurrences du mythe du déluge en Chine ou au Mexique.

Compositrices

Nadia BOULANGER (1887-1969)

Nadia Boulanger est née le 16 septembre 1887 à Paris, dans une famille de musiciens. Sa mère était chanteuse et son père compositeur et professeur de chant. Parmi les amis de ses parents que la jeune Nadia a pu rencontrer à la maison figurent Massenet, Saint-Saëns ou Fauré.

Nadia suit ses études au Conservatoire de Paris où, entre 1898 et 1904, elle collectionnes les prix : Harmonie, solfège, contrepoint, mais aussi orgue et accompagnement. Ses professeurs s’appellent Gabriel Fauré, Louis Vierne ou Georges Enesco. Nadia tente le Prix de Rome, qui venait de s’ouvrir aux femmes (en 1903), mais abandonne en 1909, laissant à sa petite sœur Lili l’honneur d’être la première compositrice à obtenir ce prix prestigieux, en 1913.

Nadia Boulanger n’abandonne pas la composition, notamment de mélodies, et commence en parallèle une activité de chef d’orchestre.

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Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de Verlaine, Heine, Hugo ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de Gabriele d’Annunzio. Le début de la Première Guerre mondiale en a empêché la création, et il faudra attendre presque un siècle pour qu’il soit créé, en 2005.

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En 1918, Lili Boulanger lui dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre, un Pie Jesu. La mort de Lili affecte profondément Nadia et elle arrête la composition, pour ne plus que diriger, faire connaître l’œuvre de sa petite sœur, et surtout se consacrer à ce qui sera son grand œuvre, l’enseignement.

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En 1919 ; le pianiste Alfred Cortot lui offre un poste d’enseignement à l’École normale de musique de Paris, qu’il venait de fonder.

En 1921, Nadia Boulanger est nommée professeur d’harmonie au Conservatoire américain de Fontainebleau. En 1924-1925, elle part pour une tournée de deux mois aux États-Unis.

Au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de mille élèves, dont les compositeurs Léonard Bernstein, Aaron Copland, Vladimir Cosma, Philip Glass, Pierre Henry, Michel Legrand, Lazlo Schiffrin ou Vítězslava Kapràlovà.

En 1932, Nadia Boulanger est nommée chevalier de la Légion d’honneur. (Elle obtiendra le grade de Grand officier en 1977).

En 1936 et 1937, elle donne des conférences à Londres et en 1938, une nouvelle tournée aux États-Unis.

Nadia Boulanger meurt le 22 octobre 1979 à Paris, à l’âge de 92 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES ERREURS », de Jean Tardieu

Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

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Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises
 ?

— C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

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— C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

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Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée !

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Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer !

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Citations musicales :

un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.

Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.

C’est un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».

Je suis vieille : Léos Janacek, L’Affaire Makropoulos.

Compositrices

Charlotte SOHY (1887-1955)

Charlotte Durey naît le 7 juillet 1887 à Paris dans un milieu aisé. Un de ses cousins, Louis Durey, fera partie du Groupe des Six.

Charlotte étudie à la Schola Cantorum auprès de Louis Vierne pour l’orgue et de Vincent d’Indy pour la composition. Là, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Marcel Labey, chef d’orchestre et compositeur avec qui ils auront sept enfants. Charlotte et Marcel organisent des concerts dans leur appartement.

Consciente qu’un nom féminin risquait de la desservir dans sa carrière, elle adopte le nom de son grand-père, Charles Sohy, pour signer ses compositions.

Cliquez sur la berceuse opus 1

En 1909-1910, Charlotte Sohy écrit sa Sonate pour piano, et en 1910 Trois Chants nostalgiques avec orchestre.

Cliquez sur la sonate pour piano

En 1912, elle écrit pour son mari le livret du drame lyrique Bérengère.

En 1912-1913, elle écrit la cantate les Quatre Rencontres de Bouddha et en 1914-1917 sa Symphonie, qui ne sera créée qu’un siècle plus tard, en 2019.

Cliquez sur la symphonie opus 10

De 1917 à 1921, Charlotte Sohy compose le drame lyrique l’Esclave couronnée, dont elle écrit le livret d’après Selma Lagerlöf. L’Esclave couronnée sera créé en 1949.

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Dans son catalogue relativement restreint, on peut encore noter une Danse mystique (1922) pour orchestre, le Trio pour violon, violoncelle et piano (1931), ainsi que deux quatuors à cordes en 1934 et 1949.

Cliquez sur le trio opus 24

Charlotte Sohy meurt le 18 décembre 1955 à l’âge de 68 ans.

(Source principale : la fiche biographique du site « Présence compositrices ».)

Divers

LES ÉCRIVAINS ALLEMANDS MIS EN MUSIQUE PAR DES COMPOSITEURS FRANÇAIS

Cet article est écrit pour illustrer une conférence que je donnerai en octobre prochain pour l’association Amitiés internationales de Lambersart, qui vise à rapprocher culturellement les villes jumelées avec Lambersart, soit Viersen en Allemagne et Southborough en Angleterre.

Dans ce cadre, je me suis intéressé aux écrivains allemands qui ont été mis en musique par des compositeurs français.

Des quatre écrivains dont je vais parler, Goethe est certainement le plus connu. Goethe naît à Francfort en 1749. En 1774, pour se guérir d’une passion amoureuse malheureuse, il écrit les Souffrances du jeune Werther. Werther sera mis en musique par Massenet.

Cliquez sur Werther

En 1777, Goethe écrit les livrets de deux opérettes, qui n’auront aucun succès. Surtout, en 1780, il rédige son premier livre de Faust. En France, Faust sera mis en musique par Berlioz avec la Damnation de Faust, et par Gounod.

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En 1797, Goethe écrit la ballade l’Apprenti sorcier, qui sera mpse en musique un siècle plus tard par Paul Dukas.

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En 1809, il écrit les Affinités électives, roman qui sera adapté par Ambroise Thomas sous le titre de Mignon.

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Goethe meurt en 1832.

Parmi les amis poètes de Goethe figurait Heinrich Schiller. Schiller naît en 1759. Chantre de l’amitié entre les peuples et de la libération de ceux-ci, Schiller se voit attribuer la nationalité française par la Révolution, en récompense de ses écrits en faveur de la liberté des peuples. Parmi ses pièces, on peut noter la Pucelle d’Orléans, sur Jeanne d’Arc qui boutera l’anglois hors de France, ou Guillaume Tell, ce héros qui se battra contre l’occupant autrichien. En 1829, l’Italien Rossini, installé à Paris depuis plusieurs années, écrit pour l’Opéra de Paris un Guillaume Tell inspiré de la pièce de Schiller.

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Schiller meurt en 1805.

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann naît en 1776. Il est connu aujourd’hui essentiellement par ses contes et nouvelles fantastiques, notamment le conte Casse-Noisette et le roi des souris (1816). Ce conte sera traduit par Alexandre Dumas en 1844, et c’est d’après la version de Dumas que Tchaïkovski écrira son ballet Casse-Noisette (1891).

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Une nouvelle, l’Homme de sable (1817), a inspiré Delibes pour son ballet Coppélia.

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Le principal apport d’Hoffmann dans le monde de l’opéra français est le seul opéra « sérieux », de Jacques Offenbach, les contes d’Hoffmann. Offenbach, né en 1819 à Cologne, vient vite travailler à Paris ; il se fera d’ailleurs naturaliser français en 1860. Les contes d’Hoffmann met en scène le poète Hoffmann, partagé entre l’amour des femmes et sa muse, la poésie.

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Heinrich Heine est né en 1797 à Düsseldorf. En 1831, las des tracasseries administratives que sa situation de Juif lui vaut, il part en France et s’installe à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant Berlioz, Chopin, Sand ou Dumas. Il francise son prénom et se fait appeler Henri. Comme Beethoven, il admire le Napoléon d’avant le coup d’État de brumaire. On trouve des traces de cet engouement dans le poème die Beide Grenadieren (les deux Grenadiers), qui sera mis en musique par Robert Schumann (avec citation de la Marseillaise) et par Wagner (en français !) Heine écrit une nouvelle qui inspirera Wagner, en route pour Paris, pour son fliegende Höllander (le Vaisseau fantôme).

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Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

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Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

Cliquez sur l’interview du chef d’orchestre
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LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2026

Cette année, le festival de musique baroque de Monflanquin célèbre son XXVe anniversaire, et à cette occasion met les petits plats dans les grands avec un programme Splendeurs baroques, un florilège d’œuvres baroques majeures. Il se terminera avec deux concerts où le chœur, qui aura travaillé les partitions pendant le stage, sera accompagné de solistes (Sophie Pattey, Jean-Laurent Coëzi,…), et de l’ensemble orchestral les Passions de Montauban sous la direction de Jacques Charpentier et Pierre Goumare.

Au programme :

Haendel : Coronation Anthems — Zadok the priest et extrait du Dixit Dominus

Purcell : Extraits de King Arthur

Cliquez sur l’extrait de King Arthur

Vivaldi : Extrait du Magnificat

J.-S. Bach : extraits de la Messe en Si et du Magnificat

Cliquez sur le Magnificat

Charpentier (Marc-Antoine, pas Jacques) : Te Deum

Cliquez sur le Te Deum

Pachelbel : Canon.

Cliquez sur le célébrissime Canon

Buxtehude : Alleluia

Cliquez sur l’Alleluia

Zelenka : Miserere

Cliquez sur le Miserere

Carissimi : Jephte

Cliquez sur Jephte

Lully : Exaudiat te Dominus (extrait) et Marche pour la cérémonie des Turcs.

et plein d’autres surprises.

Cliquez sur le point d’interrogation si vous aimez les surprises

Trouvez ici toute la programmation du festival.

Si vous passez à Monflanquin les 30 ou 31 juillet, n’hésitez pas à venir nous écouter, nous vous attendons.

Mes opéras préférés, Mythologie, Philosophie

SATYAGRAHA, de Philip GLASS (1980)

Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).

Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.

La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.

Cliquez sur l’image pour avoir un résumé (!) du Mahabharata

Acte I : Tolstoï

Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.

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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.

Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.

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Acte II : Tagore

Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.

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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.

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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.

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Acte III : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.

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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

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PRÉSENTATION DE LA SAISON 2026-2027 DE L’OPÉRA DE LILLE

© Ayse Yavas

Ce 11 mai 2026, Barbara Eckle, la directrice de l’Opéra de Lille, a présenté la saison 2026-2027 de sa maison d’opéra. Comme la saison précédente, elle est bâtie sur quatre « constellations », avec un fil conducteur assez large : « appartenir ou ne pas appartenir à une société, à un groupe », et quelle est la place de ceux qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas, y appartenir.

La première constellation, automne, est articulée autour de l’opéra baroque Alcina, de Haendel. La metteuse en scène, Ewelina Marciniak, s’est posé la question : quelle serait la place d’Alcina dans la société d’aujourd’hui ? Sa réponse : une femme qui vit ses désirs. À noter la présence de Karine Deshayes dans le rôle d’Alcina et le retour du Concert d’Astrée et d’Emanuelle Haïm.

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La danse sera présente avec la performance Androgynous, portrait of a naked dancer, d’après la performeuse Anita Berber, sans doute la première femme à s’être donnée en spectacle nue, dans le Berlin des années 1920.

Le concert sur scène sera consacré à la Nuit transfigurée de Schönberg, avec un contrepoint féministe en écho : Forklaret nat, de Patricia Allessandrini. Également au programme : le quatuor à cordes de Debussy. Et pour les enfants, le Big Bang des enfants.

La deuxième constellation, hiver, s’articule sur Mars, un opéra de l’Irlandaise Jennifer Walshe créé en 2025 à Galway, en Irlande. L’action se passe dans un vaisseau spatial en route vers Mars, afin de trouver une solution pour sauver l’humanité.

La danse sera axée autour du hip-hop, avec Témoin. À voir également la finale internationale des hip-hop Games.

Deux concerts intéressants, dont un concert théâtralisé de la grande Ermonela Jaho autour d’extraits d’opéras véristes, et les Six épigraphes antiques de Debussy, et un concert pour deux pianos autour de l’exil, Échos de l’exil, avec au programme Bartok, Chopin et Liszt, et une création mondiale Where Worlds are born (A Dedication to the cosmos) du l’Ukrainien Dmytro Malyi.

La troisième constellation, printemps, nous transporte en Argentine, sur le thème de la passion.

L’opéra de cette constellation est l’opéra-tango d’Astor Piazzolla Maria de Buenos Aires, avec Stéphanie d’Oustrac. À noter également deux concerts de milonga, cette musique typiquement argentine célébrée par Jorge Luis Borges.

La danse sera the Hunger, ballet qui nous entraîne en Amérique du Sud en 1515, avec l’histoire d’un jeune européen adopté par une tribu d’indigènes qui, libéré dix ans plus tard par ses compatriotes espagnols, ne saura plus à quel monde il appartient.

Le concert en salle Au cœur de l’obscurité nous fera entendre des Leçons de ténèbres de Couperin et Charpentier. On se souvient que les Leçons de ténèbres sont un genre musical sur la Passion du Christ, jouées pendant la Semaine sainte.

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Pour les jeunes et les familles, on retrouvera les Opéra Games.

La quatrième constellation, été, axée autour de la ville de Venise aura pour fil conducteur les mises en tension entre réussite, intégration et exclusion. L’opéra sera, presque évidemment, Otello de Verdi puisque malgré ses succès militaires, le général maure Otello ne parviendra jamais à intégrer la société vénitienne.

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La danse sera représentée par Cinq jours au soleil, un ballet construit sur les cinq mouvements de la Cinquième symphonie de Mahler.

Le concert nous fera voyager entre Mantoue et Venise, avec des œuvres de Rossi, Cavalli et Vivaldi.

À noter également l’opéra itinérant qui sera cette année une comédie madrigalesque de 1605, Barca di Venetia per Padova.

Et la partie jeunesse verra les « journées Finoreille », qui permettront à 350 jeunes de la région lilloise de venir chanter les œuvres travaillées durant toute l’année sur la grande scène de l’opéra.