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Agenda Ironique

IL FAUT LAISSER LUCIE FAIRE

Ce mois-ci, c’est chez Lyssamara que se tient l’Agenda Ironique.

Et kouacékèlnoudemande, Lyssamara, et bien voilà :

Puisque tendre est la nuit, le thème serait la lumière et tous les moyens – sauf l’électrique – de déjouer son absence. À vos bougies, cierges, feux – follets ou non -, allumettes, miroirs réfléchissants, lampes à huile, grandeur d’âme, spiritualité à la louche, etc., pour éclairer ce moi parfois lugubre.

Il commencerait par ces mots chipés à un auteur hospitalier, en attribuant la filiation à qui vous voudriez:

« Le père et la mère de … habitaient un château, au milieu des bois, sur la pente d’une colline. »

Vous pourriez lui donner la forme que vous désireriez, à condition bien sûr qu’elle reste dans le lit de l’ironie et du calendrier.

Les termes à jouer cette fois-ci, sans restriction aucune, seraient:

pompon, tango, lignage, s’évanouir et s’accoutumer.

Voilà, y’aurait plus qu’çà!

Vous pouvez trouver le règlement sur son site :

Le père et la mère de Lucie habitaient un château, au milieu des bois sur la pente de la colline de Saint-François. Quand on venait leur rendre visite, on ne frappait pas, car ceux qui vivaient là avaient jeté la clé. Un soir que Momo et Yuja voulaient voir Lucie et son frère Lizo, ils trouvèrent le château vide.

Où êtes vous, Lizo et Lucie, ne partez pas, attendez-nous.

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Alors là, c’est le pompon, s’exclama Momo ! V’là t’y pas qu’ils s’évanouissent quand on arrive.

Ne t’en fais pas, Momo, rétorqua alors Yuja, je connais le moyen de faire revenir Lucie, elle n’a jamais su résister à un tango. Et sortant le piano gonflable qu’elle avait toujours dans son sac à dos, elle entreprit de le gonfler avant de jouer le Liber Tango d’Astor Piazzola.

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L’effet ne se fit pas attendre, et même si les fées ne se firent pas attendrir, Lucie qui n’en était pas une, accourut bientôt, porteuse comme de bien entendu de son mignon lumignon, et suivie par Lizo. Elle distribua alors à chacun chacune des bougies, puis, les ayant allumées, le joyeux quatuor entonna l’Hymne à la nuit de Rameau.

Cliquez sur Lizo, Momo, Yuja et Lucie

(J’espère que John Duff ne m’en voudra pas trop d’avoir emprunté ses personnages fétiches, mais depuis le temps qu’il nous ravit tous les mois avec ses histoires, j’ai fini par m’accoutumer à eux.)

Et si vous en voulez un peu plus, suivez le lignage du bonus surprise mystère en cliquant dessus.

Cliquez sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus
littérature, Théâtre

Jean-Baptiste POQUELIN, dit MOLIÈRE (1622-1673)

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, a été baptisé le 15 janvier 1622 à Paris. Il est donc probablement né le 13 ou le 14 janvier.

En 1631, son père achète un office de tapissier et de valet de chambre du roi. En 1632, la mère de Molière meurt. Son père se remarie l’année suivante.

Molière suit des études de droit et devient avocat en 1640. En 1643 il fonde, avec d’autres comédiens, « l’Illustre Théâtre ». Au début, cette troupe connaît de graves difficultés financières. En 1645, ils partent en tournée en province.

En 1654, ils jouent à Lyon la première pièce de Molière, L’Étourdi. Cette pièce sera suivie en 1662 par Le Dépit amoureux. En 1658, la troupe s’installe à Rouen, sans doute avec l’espoir de revenir à Paris. Molière fait la connaissance de Corneille.

Fin 1658, la troupe joue à nouveau à Paris et obtient les faveurs du roi. Dans leur répertoire figurent des pièces de corneille. En 1659, Molière écrit sa troisième pièce, Les Précieuses ridicules, alors qu’en 1660, ce sera Sganarelle, ou le Cocu imaginaire.

En 1661, il fait jouer L’École des maris et crée le genre comédie-ballet avec Les Fâcheux. Lully compose une danse pour cette dernière pièce. (La comédie-ballet est un genre qui s’apparente à l’opéra (voir l’arbre phylogénétique de l’opéra).

Début 1662, Molière se marie avec Armande Béjart, une actrice de la troupe de vingt ans sa cadette. À la fin de cette même année, on joue la première de L’École des femmes.

En 1664 naît le petit Louis, qui aura pour parrain le roi et pour marraine la duchesse d’Orléans. Louis ne vivra que dix mois. 1664 est l’année des fêtes des Plaisirs de l’île enchantée avec la comédie-ballet Le Mariage forcé et une musique de Lully. Plus tard, quand Molière se sera brouillé avec Lully, Charpentier écrira d’autres musiques pour Le Mariage forcé.

En 1665, c’est la création de Dom Juan et de L’Amour médecin. Molière a une petite fille, Esprit-Madeleine, ce sera le seul enfant qui lui survivra. Dom Juan suscitera un des plus fameux opéras de Mozart avec son Don Giovanni (1787).

Cliquez sur le trio des masques

En 1666, Molière écrit Le Misanthrope et Le Médecin malgré lui. Il a de plus en plus d’ennuis avec son théâtre, qui est accusé d’immoralité. Alors que Molière a été malade en 1667, il fait jouer Georges Dandin et Amphitryon en 1668 et le Tartuffe début 1669. Le prolifique Grétry composera en 1786 son propre Amphitryon.

Cliquez sur Grétry

Après Monsieur de Pourceaugnac en 1669 et Les Amants magnifiques début 1670, on joue Le Bourgeois gentilhomme à la fin de cette année. En 1671, c’est Psyché et Les Fourberies de Scapin.

Sa collaboration avec Lully, le musicien officiel de Louis XIV, porte notamment sur Monsieur de Pourceaugnac (1669), Le Bourgeois Gentilhomme (1670) et surtout Psyché (1671), pour le livret duquel il se fera aider par Thomas Corneille.

lullt le bourgeois gentilhomme
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En 1672, c’est la brouille avec Lully pour de sombres histoires de droits d’auteur (Lully a obtenu le privilège du roi pour l’impression de la musique qu’il composait, mais aussi des vers mis en musique par lui. Ainsi, une pièce de Molière mise en musique par Lully devenait propriété de Lully). Molière collaborera désormais avec Marc-Antoine Charpentier, notamment pour Le Malade Imaginaire (1673). C’est après une représentation de cette pièce que Molière meurt à Paris, le 17 février 1673, à l’âge de 51 ans. Un petit siècle plus tard, notre Gounod national écrira un opéra-comique d’après Le Médecin malgré lui (1858).

gounod le médecin malgré lui
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Charpentier Molière le Malade imaginaire
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Enfin, on trouve un dernier avatar de l’esprit de Molière dans l’opéra Ariane à Naxos (1912), de Richard Strauss, cet opéra étant censé être joué à la fin d’une représentation du Bourgeois Gentilhomme.

Divers

QUELQUES OPÉRAS QUEERS

Je vous parlais il n’y a guère de David et Jonathas, de Marc-Antoine Charpentier, en signalant qu’il s’agissait d’un opéra crypto-gay. Quels autres opéras peut-on qualifier de « queers » ?

Cliquez sur David et Jonathas

Dans Apollo et Hyacinthus, écrit par un Mozart âgé de 11 ans, Wolfgang Amadeus fait intervenir le dieu Apollon amoureux de Hyacinthe.

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Après avoir écrit deux opérettes sur des livrets de Verlaine, Fisch-Ton-Kan et Vaucochard et fils 1er, Chabrier récidive avec l’Étoile et son « Air du pal ».

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Dans les Aventures du roi Pausole, d’après Pierre Louÿs, Honegger fait apparaître Mirabelle, un personnage de travesti.

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À l’acte II de Lulu (1935), de Berg, la comtesse Geschwitz qui en pince pour la belle Lulu lui offre des fleurs, et l’invite à venir habillée en homme à un « bal de femmes ».

Dans Les Mamelles de Tirésias (1947) de Poulenc, d’après Apollinaire, le héros (ou l’héroïne) a connu les deux sexes puisque Thérèse, refusant de procréer, se métamorphose en homme, Tirésias.

Dans Billy Budd (1951) de Britten, l’action se passe sur un navire de la marine royale britannique pendant la guerre contre les Français, et les relations entre le capitaine Vere et le mousse Billy Budd sont pour le moins ambiguës.

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Britten va plus loin dans l’évocation de l’homosexualité avec Mort à Venise (1973), d’après Thomas Mann, qui nous parle de l’écrivain Aschenbach tombant amoureux d’un bel adolescent qu’il voit danser sur la plage.

Cliquez sur le bel adolescent

Dans Starmania (1978), de Berger, Marie-Jeanne la serveuse est amoureuse du beau Ziggy, malheureusement pour elle, ce n’est pas « un garçon comme les autres ».

Cliquez sur Marie-Jeanne

Après Trouble in Tahiti, Léonard Bernstein a écrit une suite : A quiet Place. Dans cette pièce, on voit évoluer un frère (Junior) et une sœur (Dede) qui vivent avec le même homme. Le comportement choquant de Junior pendant la cérémonie d’enterrement de leur mère va provoquer un scandale.

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Dans Like Flesh (2022) de Eldar, la Femme s’ennuie à côté de son mari le Forestier quand une Étudiante arrive, et lui fait découvrir à nouveau l’amour. Pour fusionner avec l’Étudiante, la Femme ira jusqu’à se métamorphoser en arbre.

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Sur le même sujet, vous pouvez également consulter le site Forum Opéra :

Mes opéras préférés

DAVID ET JONATHAS, de CHARPENTIER (1688)

Tragédie biblique de Marc-Antoine Charpentier créée le 28 février 1688. Cet opéra qui raconte une histoire d’amitié entre David et Jonathas, tirée de la Bible, peut être considéré comme un opéra crypto-gay. Lors de la création, les actes de David et Jonathas alternaient avec les actes d’une autre tragédie, Saül.

Avant l’histoire : Le roi Saül, emporté par son hubris et jaloux du succès de David qu’il considérait comme son propre fils, a rejetté celui-ci.

Prologue : Saül, le roi d’Israël, va voir la pythonisse (i.e. une devineresse) pour connaître le résultat de la bataille qui va avoir lieu entre Israéliens et Philistins (« Où suis-je ? Qu’ai-je fait ? ?).

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La Pythonisse lui prédit qu’il va tout perdre, ses enfants, ses amis, et que David montera sur son trône. (Scène de la pythonisse « Retirez-vous, affreux tonnerre ».)

Cliquez sur la pythonisse

Acte I : David a été banni par Saül, jaloux de lui. Il se réfugie chez les Philistins. Il libère des prisonniers et ce geste est salué par un chœur de guerriers, de pasteurs et des captifs libérés. (« Marche triomphante ».)

Cliquez sur la marche triomphante

David souhaite que son ami Jonathas, le fils de Saül, soit épargné.

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Le chef des Philistins, Achis, annonce à David qu’il doit rencontrer Saül pour décider de faire la guerre ou la paix. David choisit la paix.

Acte II : Profitant de la trêve souhaitée par David, David et Jonathas se retrouvent. Joabal, un général israélite jaloux de la gloire de David, voudrait que celui-ci combatte, espérant le faire périr au combat. David refuse. Joabal déçu va dire à Saül que le plan de paix n’est qu’une ruse de David pour lui nuire.

Acte III : Joabal a réussi à persuader Saül que David complote contre lui. Saül accepte la paix à condition qu’on lui livre David. David paraît devant Saül avec Jonathas, mais Saül l’accuse de trahison. Étonné, David se retire. Saül va le suivre et Joabal se réjouit du succès de son plan.

Acte IV : Saül décide d’engager la bataille contre les Philistins. Les armées sont prêtes pour la guerre. David rencontre Jonathas dans le camp des Philistins et il lui promet que, loin de vouloir se batte contre Saül, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour les sauver, lui et Jonathas.

Acte V : À l’issue de la bataille, perdue par l’armée de Saül, Jonathas est mortellement blessé. Il meurt dans les bras de David.

Air « A-t-on jamais souffert ? » de Jonathas.

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Devant la perte de son fils, Saül se perce de sa propre épée. Achis annonce à David que les Israélites l’ont choisi comme nouveau roi, mais ceci ne console pas David de la perte de son si cher ami.

Cliquez sur le chœur final

(Source principale : le livret original disponible sur le site de la BNF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k716307/f34.item.r=David+et+Jonathas.langFR).

Compositeurs

Paul DUKAS (1865-1935)

Paul Dukas naît à Paris le 1er octobre 1865.

Fils d’un banquier et d’une mère bonne pianiste, Paul perd sa mère alors qu’il n’a que cinq ans.

À l’âge de seize ans, Paul entre au Conservatoire de Paris, où il a comme condisciple et ami Claude Debussy. De cette époque datent deux ouvertures, Goetz de Berlichingen et le Roi Lear. En 1888, il ne remporte pas le prix de Rome et quitte le Conservatoire pour se consacrer à la critique musicale et à la composition.

En 1891, il écrit une ouverture pour Polyeucte, de Corneille.

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En 1897, Paul Dukas écrit la partition pour laquelle il est resté célèbre, l’Apprenti sorcier, d’après un texte de Goethe.

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Créée en 1897 également, sa Symphonie en ut connaîtra moins de succès.

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En 1901, il écrit sa Sonate en mi bémol mineur et en 1903 ses Variations sur un thème de Rameau.

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En 1907, on crée son opéra Ariane et Barbe-Bleue, d’après la pièce symboliste de Maeterlinck.

En 1909, il écrit le  Prélude élégiaque sur le nom de Haydn pour le centenaire de la mort de Haydn.

De 1910 à 1913, Dukas enseigne l’orchestration au Conservatoire de Paris.

En 1912, on joue son ballet La Péri, une des dernières œuvres à avoir échappé à son perfectionnisme. En effet, jamais content de lui, Paul Dukas a détruit la majorité de ses partitions.

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En 1916, il se marie avec Suzanne Pereyra avec qui ils auront une fille.

En 1920, Dukas publie La Plainte au loin du faune en hommage à son ami Debussy.

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Fin 1927, Paul Dukas succède à Widor au Conservatoire de Paris comme professeur de composition. Parmi ses élèves, on peut relever Elsa Barraine, Maurice Duruflé, Jean Langlais, Joaquin Rodrigo, Darius Milhaud ou Olivier Messiaen.

Paul Dukas meurt à Paris d’une crise cardiaque le 17 mai 1935, à l’âge de 69 ans.

Et si vous en voulez un peu plus, vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère !

Cliquez sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus
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QUAND LA PUB S’EMPARE DE LA MUSIQUE DE GRIEG (LA MUSIQUE DANS LA PUB – 12e série)

Edvard Grieg est un musicien norvégien principalement connu pour son Concerto de piano et sa musique de scène pour Peer Gynt, d’Ibsen. Les réclamiers ont abondamment puisé dans son œuvre pour vendre leurs produits.

Cliquez sur la pianiste

Le concerto a servi pour une pub pour le café Legal.

Cliquez sur Joël Robuchon

Il a également servi à faire vendre de la bière (1664 de Kronenbourg).

Cliquez sur la réclame

Parmi les nombreux extraits de Peer Gynt se distinguent deux morceaux. La « chanson de Solveig », et « le Palais du roi sous la montagne ».

Cliquez sur la chanson de Solveig

La chanson de solveig a servi pour

Grieg Peer Gynt Pub pour Petit Billy (chanson de Solveig)

Cliquez sur la pub

et pour une pub pour Citroën (Solveig)

Cliquez sur l’image

et pour une pub pour Adopteunmec.com (Solveig)

Cliquez sur un mec
Cliquez sur l’antre du roi de la montagne

La musique du roi de la montagne a servi pour une pub pour le jambon cru d’Aoste.

Cliquez sur la pub

pour BetClic en 2023

Grieg Peer Gynt Pub BetClic 2023Cliquez sur la réclame

pour Kinder Halloween

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pour Trivago

Cliquez sur l’image

pour Really windows Phone 7

Cliquez sur l’image

pour e-208 Peugeot

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pour le jambon d’Aoste

Cliquez sur l’image

pour Perrier

Cliquez sur les balloons

et encore pour Perrier citron vert

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littérature, Poésie

« VA-T’EN, ME DIT LA BISE », de Victor HUGO (1865)

Après Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos, de Mallarmé, le poème « mis en musique » de ce mois est Va-t’en, me dit la bise (1865) de Victor Hugo.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

— Va-t’en, me dit la bise.

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C’est mon tour de chanter. —
Et, tremblante, surprise,
N’osant pas résister,

Fort décontenancée
Devant un Quos ego,
Ma chanson est chassée
Par cette virago.

Cliquez sur la virago

Pluie. On me congédie

Cliquez sur l’image

Partout, sur tous les tons.
Fin de la comédie.
Hirondelles, partons.

Grêle et vent. La ramée
Tord ses bras rabougris ;
Là-bas fuit la fumée,

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Blanche sur le ciel gris.

Une pâle dorure
Jaunit les coteaux froids.
Le trou de ma serrure
Me souffle sur les doigts.

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Citations musicales :

La bise : Rameau, les Boréades, la tempête des vents.

Cette virago : Massenet, Cendrillon, « Lorsqu’on a plus de vingt quartiers ».

Pluie : Chopin, Prélude op. 28 n°15, dit « à la goutte d’eau ».

La fumée : Puccini, Madame Butterfly « Un bel di vedremo ».

Me souffle sur les doigts : Schubert, Le Voyage d’hiver « Rast ».

Mes opéras préférés

ARIANE ET BARBE-BLEUE, de DUKAS (1906)

Ariane et Barbe-Bleue est un opéra de Paul Dukas écrit entre 1899 et 1906 sur un livret du poète symboliste Maeterlinck, et créé le 10 mai 1907 à l’Opéra-Comique. Le drame de Maeterlink est lui-même une adaptation du conte de Perrault Barbe-Bleue. Maeterlinck avait promis le livret à Grieg mais, celui-ci n’en ayant finalement pas voulu, c’est Dukas qui a eu le privilège de mettre en musique.

L’action se situe au château d’Orlamonde, nom que Maeterlinck a donné à sa dernière demeure. Maeterlinck a donné aux cinq femmes précédentes de Barbe-Bleue le nom d’héroïnes de ses drames passée. Et l’une d’elles s’appelle même Mélisande !

Acte I : Les paysans, hostiles à Barbe-Bleue, assistent à l’arrivée d’Ariane au château d’Orlamonde. Ils lui crient de faire demi-tour, pour éviter la mort qu’ont connue ses cinq femmes précédentes (Chœur : À mort !).

Cliquez sur le prélude de l’acte I

Ariane entre dans le château avec sa nourrice, qui essaie de l’en dissuader. Ariane veut percer le secret de Barbe-Bleue. Celui-ci lui a confié six clés en argent, dont elle a le droit de se servir, et une clef en or, qui lui est interdite. Seule la clef d’or l’intéresse (« tout ce qui est permis ne nous apprendra rien »). La nourrice ouvre les cinq premières portes les unes après les autres, révélant des trésors de perles et de pierres précieuses. Quand elle ouvre la sixième porte, une septième se révèle dont Ariane s’approche. On entend les cinq femmes d’Orlamonde qui ont avant elle voulu ouvrir la porte interdite (Ensemble : « Les cinq filles d’Orlamonde »). Ariane est attirée vers cette septième porte.

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Barbe-Bleue paraît, attristé qu’Ariane ait succombé comme les autres. (« Vous aussi. Moi surtout »). Il cherche à l’emmener mais Ariane résiste et crie. Les paysans qui attendaient dehors cherchent à entrer. Barbe Bleue lache Ariane et tire son épée, mais Ariane repousse les paysans et referme la porte.

Acte II : Dans les souterrains du château, Ariane dit à sa nourrice apeurée que Barbe-Bleue est vaincu, même s’il ne le sait pas encore.

Cliquez sur le prélude de l’acte II

Entrant dans une salle, elle perçoit plus qu’elle ne voit les cinq femmes sortir de leurs cachots. Elle touche leurs cheveux, essayant de les deviner dans l’obscurité. Heureuse de les savoir vivantes, elle leur annonce qu’elle vient les délivrer, les remonter vers la lumière.

Cliquez sur l’image

Sa torche s’éteint. Elles lui montrent des traces de clarté dans les ténèbres. Ariane se dirige vers la lueur, mais des barres de fer barrent le passage. Elle réussit à les lever et se retrouve dans la lumière. Peu à peu les femmes se rapprochent de la lumière et découvrent la mer, le ciel, les arbres. Elles font des signes aux paysans dans le lointain et dansent au le soleil.

Cliquez sur la fin de l’acte II

Acte III : Les femmes n’ont pu sortir du château enchanté, mais l’important est que Barbe-Bleue soit parti en les laissant seules. Ariane les incite à se faire belles, leur distribuant perles et pierreries.

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La nourrice intervient, annonçant que Barbe-Bleue revient, avec ses gardes. Les paysans se battent contre lui pour sauver Ariane et le capturent. Ariane va leur ouvrir la porte. Ils leur livrent Barbe-Bleue, blessé et ligoté. Les cinq femmes le plaignent et le soignent. Ariane coupe ses liens. Elle embrasse Barbe-Bleue et s’apprête à partir. Elle propose à chacune de la suivre, mais toutes refusent, préférant rester avec Barbe-Bleue. Elle les quitte en leur souhaitant d’être heureuses.

(source : la production du Liceu de Barcelone, diffusée sur Mezzo (21/09/2014) et le livret)

Écrivains, Compositeurs, littérature, Théâtre

Arrigo BOÏTO (1861-1918)

Arrigo Boïto naît à Padoue le 24 février 1842.

Issu d’une famille intellectuelle, Arrigo étudie le violon, le piano et la composition entre 1855 et 1860 au Conservatoire de Milan. En 1860, à l’époque de l’unification de l’Italie, il compose une cantate patriotique, Il quattro Giugno, et se rapproche de Garibaldi. En récompense, le roi Victor-Emmanuel II lui octroie une bourse lui permettant de voyager pendant deux ans. Il se rend à Paris où il découvre la musique française de son époque.

Revenu à Milan, Boïto se lance dans la composition de son premier opéra, Mefistofele, d’après le Faust de Goethe. La création le 5 mars 1868 à la Scala de Milan est un échec, et l’œuvre est vite retirée de l’affiche.

Cliquez sur le final de Mefistofele

Compositeur ET librettiste, Boïto écrit des livrets d’après Shakespeare (Amleto pour Faccio) ou Victor Hugo (La Gioconda pour Ponchielli).

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En 1875, Ricordi, l’éditeur de Verdi, met les deux hommes en relation. Leur collaboration commence par une réécriture du livret de Simon Boccanegra,

Cliquez sur Simon

et se poursuit avec les deux derniers opéras de Verdi, Otello et Falstaff.

Cliquez sur Otello et Desdemona
Cliquez sur le final de Falstaff

Outre Mefistofele, Boïto travaille à la fin de sa vie à Nerone, un second opéra qu’il n’achève toutefois pas.

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Arrigo Boïto meurt à Milan le 10 juin 1918, à l’âge de 76 ans.

Compositrices, Fables de la Fontaine

Isabelle ABOULKER (née en 1938)

Isabelle Aboulker est née à Boulogne-Billancourt le 23 octobre 1938. Son père, Marcel Aboulker, était cinéaste et écrivain, et lui transmet très tôt le goût de la littérature. Sa mère, Henriette Février, était la fille du compositeur Henry Février, et la sœur du pianiste légendaire Jacques Février.

Isabelle suit des études d’écriture et d’accompagnement au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. C’est là qu’elle rencontre Edmond Rosenfeld, qui deviendra son mari. En 1959, Isabelle interrompt ses études auprès de Maurice Duruflé pour s’occuper de son premier fils, David. En 1963, elle obtient le premier prix d’accompagnement.

Parallèlement à ces études, Isabelle commence à écrire des musiques pour le théâtre, le cinéma ou la télévision.

En 1968, c’est la naissance de son second fils, Michael. Michael sera également compositeur et professeur de musique.

C’est dans un poste d’assistante de la classe de chant de la soprano Jeannine Micheau au Conservatoire que s’affirme son goût pour la vocalité dans la pédagogie musicale et la composition.

En 1981, Isabelle Aboulker est professeur d’accompagnement au Conservatoire d’Amiens. En 1983, elle prend le poste de professeur de formation musicale et déchiffrage pour les élèves chanteurs du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, poste où elle restera jusqu’en 2003. Elle écrit des ouvrages pédagogiques destinés aux chanteurs.

Dans ses compositions, Isabelle Aboulker est attentive aux liens entre la prosodie et la musique, et attache une grande importance au choix de ses livrets. Elle s’attache également à écrire pour les plus jeunes avec des contes musicaux ou des opéras « jeunes publics ».

En 1977 (?), elle écrit un opéra de poche, Jean de la Fontaine parmi nous. Isabelle Aboulker reviendra souvent à la Fontaine et à ses fables.

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En 1978, c’est la Lacune, d’après Eugène Ionesco.

1979 voit la création de sa première œuvre lyrique, Les Surprises de l’enfer, sur un texte de Jean-Pierre Vaguier, opéra qui remporte un beau succès.

En 1983, Isabelle Aboulker écrit pour l’Atelier lyrique de Tourcoing les Leçons de français aux étudiants américains, sur un texte d’Ionesco.

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En 1989, elle obtient le prix « musique » de l’Académie des Beaux-Arts.

En 1998, elle compose l’oratorio 1918, l’homme qui titubait dans la guerre, une commande d’état à l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la 1re guerre mondiale.

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En 2001, c’est les Enfants du Levant, créé au CRÉA (Centre de CRÉAtion vocale et artistique) d’Aulnay-sous-Bois, dont le sujet est le bagne pour enfants installé par Napoléon III sur l’île du Levant.

En 2002, Isabelle Aboulker répond à une commande de Radio-France avec le conte-opéra Douce et Barbe-Bleue, d’après Charles Perrault.

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2002 est également l’année de l’opéra pour enfants Cendrillon, d’après des contes de Perrault.

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En 2015, Isabelle compose Myla et l’Arbre-bateau, une pièce commandée pour les maternelles. Elle y aborde le thème de la mort pour ce (très) jeune public.

En 2018, Isabelle Aboulker est nommée Chevalière de l’Ordre des Arts et Lettres. C’est l’année de création de Olympe la rebelle, dont l’héroïne est Olympe de Gouge, cette révolutionnaire féministe morte sur l’échafaud pendant la terreur.

En 2021, elle reçoit le Grand Prix du répertoire jeune public en 2021 de la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique (SACD).

Sa dernière création (à ce jour) est Archipel(s), une commande de l’Opéra-Comique.

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Et pour en savoir (beaucoup) plus, allez sur son site :

http://www.isabelle-aboulker.com/2024-03-27.html