Compositeurs

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868)

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868) a été un compositeur aussi précoce que fécond, puisqu’il a écrit son premier opéra à l’âge de 14 ans.

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Né le 29 février 1792 à Pesaro, en Italie (d’où son surnom de Cygne de Pesaro), il monte ses premiers opéras à Venise, et connaît la gloire avec l’Italienne à Alger (1813). En 1814, il écrit le Turc en Italie, qui rencontre moins de succès, le public croyant qu’il avait « recyclé » son opéra précédent.

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Ses succès vénitiens lui ouvrent les portes de la Scala de Milan, où il crée son chef-d’œuvre Le Barbier de Séville en 1816. Il écrit cette pièce en 13 jours, mais il faut dire que, comme VIVALDI le faisait avant lui, il recyclait des airs à succès d’un opéra sur l’autre.

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Comme ses prédécesseurs du siècle précédent, il a dû aussi composer avec les caprices des divas et divos, qui lui faisaient changer sa musique pour pouvoir se mettre en valeur et briller à coups de vocalises vertigineuses.

En 1817, il écrit La Cenerentola (Cendrillon) et La Gazza ladra (La Pie voleuse).

De 1815 à 1822, il dirige le théâtre royal de Naples, tout en continuant à alimenter les scènes de Rome ou de Milan. C’est pour Naples qu’il écrit la Dame du Lac (La Donna del Lago) en 1819.

Après un passage à Vienne, où la grande vague de sa musique balaie les tentatives de créer un opéra allemand (WEBER et SCHUBERT en seront les victimes), puis à Londres, il s’installe à Paris en 1823, où il prend la direction du Théâtre Italien. Il y monte Le voyage à Reims, écrit à l’occasion du sacre du roi Charles X. Cette œuvre de commande servira de matériau musical quelques années plus tard pour le Comte Ory (1828).

La gloire de Rossini est alors telle que STENDHAL écrit sa biographie dès 1824.

Il crée également à Paris un autre de ses chefs d’œuvre, Guillaume Tell, d’après le drame de SCHILLER, en 1829.  Âgé alors de 37 ans, il décide d’arrêter d’écrire pour le théâtre.

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Il ne quitte pas pour autant la musique, écrivant son Stabat Mater en 1832, une Petite Messe solennelle qui n’a de petite que le nom en 1864, ainsi que diverses petites pièces, qu’il appelle ses péchés de vieillesse, incluant Le duo des chats.

Gastronomie et opéra : Bon vivant, Rossini est aussi l’inventeur d’une recette à laquelle il a laissé son nom, le tournedos Rossini.

Il meurt à Passy le 13 novembre 1868.

De nos jours, Rossini reste populaire non seulement au travers de ses opéras, mais aussi au travers de la pub ou du cinéma, qui n’hésitent pas à utiliser ses musiques tout de suite accrocheuses. Je pense ici par exemple à Orange mécanique de KUBRICK et bien sûr à Tex AVERY.

Divers

LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (XVIIIe siècle)

Après vous avoir narré dans le détail les morts des héroïnes ou des héros (on meurt beaucoup à l’opéra), il va être temps pour moi de passer à quelque chose de plus heureux.

Je vais ici vous proposer quelques-uns des plus beaux duos d’amour (on aime beaucoup à l’opéra.) Et comme on aime beaucoup à l’opéra, je vais avoir beaucoup de duos à vous proposer et il y aura donc d’autres billets sur ce thème.

Dans Jules César en Égypte (1724), HAENDEL fait chanter ce beau duo à César et Cléopâtre.

jules césar duoCliquez sur l’image

VIVALDI en 1727 fait chanter ce beau duo entre Angélique et Médor dans Orlando furioso. Toute ressemblance avec le duo précédent ne saurait être que fortuite.

orlando furioso duoCliquez sur l’image

En 1733, c’est RAMEAU qui fait se jurer amours éternelles à ses héros dans Hippolyte et Aricie.

hippolyte et Arycie duoCliquez sur l’image

Et en 1735, c’est un double duo (un quatuor donc) qu’il nous offre dans Les Indes galantes.

les indes galantes quatuorCliquez sur l’image

En 1780, Mozart dans Idoménée écrit le duo « T’amo, t’adoro ».

 

idoménée duoCliquez sur l’image

Dans Don Giovanni (1787), vous pouvez écouter le « La ci darem la mano ».

don giovanni la ci daremCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Et dans La Flûte enchantée (1791), il y a le duo comique entre Papageno et Papagena qui se trouve à la fin de l’opéra : « Papageno, Papagena ».

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno et Papagena

Retrouvez d’autres duos d’amour, ceux des années 1800 – 1850.

 

histoire, Valse

PRÉSENCE DE L’HISTOIRE

Depuis la période baroque et jusqu’au classique, la plupart des sujets d’opéras étaient pris dans la mythologie antique. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des sujets historiques ont commencé à être choisis pour servir de trame aux opéras.

Les amours de César et Cléopâtre ont donné lieu au Jules César de HAENDEL. (Elles ont aussi servi de sujet à Astérix et Cléopâtre, un des meilleurs albums de la série, mais ça, c’est hors sujet.)

Tout d’abord, ce bouleversement européen qu’a pu être la Révolution française a commencé à donner lieu à des adaptations.

Les reines d’Angleterre ont été mises à l’honneur par DONIZETTI avec sa Trilogie Tudor qui comporte les 3 opéras Maria Stuarda, Anna Bolenna et Roberto Devereux.

Le personnage historique qu’était l’orfèvre Benvenuto Cellini a été porté à la scène par BERLIOZ.

Dans la foulée du mouvement de libération des peuples qui a suivi la Révolution française, deux pièces de SCHILLER mettant en scène des personnages historiques ont fait l’objet d’adaptations à l’opéra, Guillaume Tell avec ROSSINI et Jeanne d’Arc avec VERDI et TCHAÏKOVSKI.

Verdi a représenté dans son Grand Opéra à la française les Vêpres siciliennes en 1855 la révolte des Siciliens contre les Français en 1282, sur un livret de SCRIBE. Il s’agissait là d’une commande de l’Opéra de Paris.

vepres siciliennesCliquez sur l’image

Toujours dans le genre GOf, AUBER a représenté l’assassinat de Gustave III le roi de Suède en 1792 dans son Gustave III ou le Bal masqué (1833), encore sur un livret de Scribe. (Si vous tendez l’oreille, vous pourrez m’entendre dans les chœurs.)

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Autre personnage historique mis en musique, Boris Godounov a inspiré MOUSSORGSKI pour son monumental Boris Godounov (1872).

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Je terminerai, sans prétendre à l’exhaustivité sur le sujet, par Guerre et Paix (1952) de PROKOFIEV, qui relate la campagne de Russie de Napoléon.

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Histoire de l'opéra, littérature, Philosophie

RAMEAU vs ROUSSEAU : la Querelle des Bouffons

Dans mes récents billets sur VOLTAIRE et ROUSSEAU, les joyeux encyclopédistes, j’ai abordé la Querelle des Bouffons, mais sans expliquer ce qui se cache derrière ce nom rigolo.

En fait, il y a un personnage central qui relie Voltaire et Rousseau, et aussi Denis DIDEROT, l’encyclopédiste en chef. Il s’agit de Jean-Philippe RAMEAU.

La Querelle des Bouffons a pour sujet l’opposition entre la musique italienne et la musique française. (Rappelons qu’à cette époque dans pratiquement toute l’Europe, les opéras étaient chantés soit en italien, soit en français.)

L’opéra français, représenté par Rameau au milieu du XVIIIe siècle était encore sous l’influence de la tragédie lyrique dont les canons avaient été fixés par LULLY presque un siècle plus tôt. En Italie, au contraire, on avait pris l’habitude au début du XVIIIe siècle d’introduire des œuvres légères pendant les entractes des opera seria, ces œuvres étant appelées opera buffa.

En 1752, année de la création à Paris du Devin du village de JJ.Rousseau, une troupe de chanteurs italiens étaient venus représenter des opera buffa, notamment La Servante maîtresse de PERGOLÈSE.

Pergolèse la Servante maîtresseCliquez sur l’image

Si le Devin du village a rencontré un certain succès public, Rameau n’en a pas moins étrillé l’œuvre de son confrère. Dès lors, Rousseau a riposté en décrétant que le français n’était pas une langue faite pour le chant, au contraire de l’italien « naturellement » fait pour la mélodie.

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Au travers de cette querelle entre Rameau et Rousseau, ce sont en fait deux conceptions philosophiques qui s’affrontent, Rousseau défendant via la mélodie une conception « naturelle » de la musique, alors que la volonté de Rameau d’établir un système harmonique ressortait d’une approche « culturelle » de la musique. Rousseau semblait en cela avoir oublié Aristote et sa musique des sphères.

harmonie

Harmonie : les notes se superposent et sont jouées en même temps, formant un « accord ».

mélodie

Mélodie : les notes sont jouées successivement dans le temps, formant une « mélodie ».

Cette querelle qui aurait pu être limitée au milieu musical s’est étendue à toute une partie de la société, avec le Coin de la reine qui soutenait les Bouffons et le Coin du roi qui défendait la musique française.

Animation 1, Cinéma, Fantaisie, Films, littérature

DILILI À PARIS, de Michel OCELOT (2018)

Dilili à Paris

À l’occasion de la sortie en DVD de Dilili à Paris, de Michel OCELOT, je voudrais revenir sur ce très beau dessin animé, qui se passe dans le Paris de la Belle-Époque.

L’héroïne, une petite fille kanake arrivée à Paris, se trouve confrontée à tous les préjugés que l’on peut avoir vis-à-vis:

  • de la couleur de sa peau,
  • de son statut de femme dans un monde gouverné par les hommes,
  • de petite fille face au monde des adultes,

Mais si les choses sont dites, c’est toujours avec légèreté et humour.

L’histoire est donc celle de Dilili et de son ami  Orel qui enquêtent sur une mystérieuse organisation qui enlève les petites filles. Ce sera pour eux l’occasion de rencontrer des figures comme RENOIR, RODIN, Camille CLAUDEL, MONET , TOULOUSE-LAUTREC ou Suzanne VALADON, Anna de NOAILLES, COLETTE ou Marcel PROUST, mais aussi pour la musique DEBUSSY, Emma CALVÉ, Erik SATIE ou Reynaldo HAHN, et encore Louis PASTEUR et Marie CURIE ou Sarah BERNHARDT.

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On y entend la cantatrice Emma CALVÉ (1858 – 1942) chanter un air du Pelléas et Mélisande de Debussy, et à l’occasion, on voit une affiche annonçant sa participation à Carmen , un rôle qu’elle chanté mille fois, de BIZET.

Pelléas cheveuxCliquez sur l’image

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Une partie de l’action se passe dans l’Opéra (le palais Garnier), notamment dans les sous-sols sur le mystérieux lac qui serait sous l’opéra, comme dans le Fantôme de l’opéra de Gaston LEROUX. Et le moyen de se déplacer sur ce lac est une très jolie barque en forme de cygne, en hommage au Lohengrin de WAGNER.

Si vous ne connaissez pas ce film, il faut absolument le voir, c’est tout public grâce aux différents niveaux de lecture, et les décors sont magnifiquement restitués.

Mes opéras préférés, Shakespeare

OTELLO, de VERDI (1887)

Après 10 ans de silence opératique, VERDI revient en 1884 à son genre de prédilection avec un de ses auteurs favoris, SHAKESPEARE, qu’il a déjà mis en musique avec Macbeth.

Drame de la jalousie (je l’aimais, je l’ai tué…), Otello est le fruit d’une collaboration avec le librettiste Boïto, et sera créé en 1887 à la Scala de Milan.

Acte I : Sur le port de Chypre, la foule observe le bateau d’Otello, général vénitien qui revient vainqueur d’une bataille contre les Turcs. La tempête fait rage, et le peuple prie pour que le bateau arrive à bon port. Otello débarque et annonce sa victoire (Air : Esultate). Il rentre dans le palais rejoindre Desdémone, sa femme.

Deux hommes ne participent pas à la liesse générale. Iago, sous-lieutenant d’Otello, qui le déteste parce qu’il n’a pas eu l’avancement qu’il souhaitait, et Roderigo, qui est amoureux de Desdémone.

La foule joyeuse vient fêter le retour de leur chef vainqueur. Pendant la fête, Iago fait boire Cassio et déclenche une querelle entre Cassio, le capitaine a qui on a donné la place que Iago convoitait, et Roderigo. Montano, le prédécesseur d’Otello à Chypre veut les séparer, mais Cassio, ivre, se bat avec lui et le blesse.

Acte II : Iago fait croire à Cassio qu’il est de son côté, et qu’il va l’aider à retrouver les bonnes grâces d’Otello. Il lui suggère d’aller demander l’aide de Desdémone, qui règne sur le cœur d’Otello. Resté seul, il avoue dans un Credo blasphématoire (Air : « Credo in un Dio crudel ») qu’il compte se servir de Cassio et Desdémone pour atteindre Otello.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur Iago

(Suite à ce credo blasphématoire, Boïto suggéra à Verdi d’écrire un « Ave Maria » expiatoire. Cet « Ave Maria » sera la première des Quatre pièces sacrées, la dernière œuvre composée par Verdi.)

Desdémone arrive et Cassio va lui parler. Lorsqu’Otello entre, Iago fait semblant d’être troublé par leur rencontre. Il lui fait remarquer perfidement que sa femme discute dans le jardin avec Cassio et suggère qu’ils se connaissent peut-être mieux qu’on ne le croit. Le peuple arrive chantant la beauté et la bonté de Desdémone (Chœur : Dove guardi splendono raggi). À leur départ, celle-ci demande à son mari le retour en grâce de Cassio ce qui, après les insinuations de Iago, alimente ses soupçons et sa fureur. Desdémone voulant lui éponger le front, fait tomber son mouchoir brodé. Alors qu’Émilia, la femme de Iago et la confidente de Desdémone, le ramasse, Iago s’en empare et ordonne à sa femme de se taire (quatuor).

Le poison de la jalousie fait son œuvre et Otello demande à Iago des preuves de la trahison de sa femme. Iago lui dit qu’il a surpris Cassio en train de rêver à Desdémone et à son amour pour elle (Air : « Era la notte, Cassio dormia »), et qu’il garde chez lui le mouchoir brodé qu’Otello avait offert à sa femme, mais que celle-ci a à son tour donné à Cassio. Furieux, Otello jure de se venger (Duo : « Dio vindicator »).

otello final acte IICliquez sur l’image

Otello et Desdémone, dérangés par le bruit, arrivent. Otello, furieux, fait cesser la querelle et dégrade Cassio, avant de renvoyer tout le monde. Quand ils se retrouvent seuls, ils chantent leur amour dans un des plus beaux duos de Verdi (Duo : « Gia nella notte densa ».)

otello gia nella notteCliquez sur Otello et Desdémone

ACTE III : Alors que l’on annonce l’arrivée d’ambassadeurs de Venise, Iago dit à Otello qu’il saura faire avouer Cassio et part le chercher. Comme Desdémone arrive, Otello lui demande de lui montrer le mouchoir brodé qu’il lui avait offert. Desdémone répond qu’elle ne l’a pas sur elle. Elle demande à nouveau la grâce de Cassio, ce qui provoque la colère d’Otello, qui l’accuse d’adultère ! Desdémone s’enfuit, ne comprenant rien à la fureur de son mari. Otello resté seul regrette ses conquêtes vaines face à la trahison de la femme qu’il aime.

Cassio arrive avec Iago. Otello, caché, les écoute. Iago demande à Cassio de lui parler de ses amours avec sa maîtresse Bianca, mais il se débrouille pour qu’Otello pense que ce discours galant a pour sujet Desdémone. Enfin, Cassio sort un mouchoir brodé qu’il a trouvé chez lui. Iago insinue que c’est peut-être Desdémone qui l’y a mis.

Cassio sort et Otello annonce à Iago qu’il va en finir avec Desdémone. Iago répond qu’il en fera de même avec Cassio. Pour le récompenser, Otello lui donne la place de capitaine de Cassio. Les ambassadeurs arrivent. Le doge demande à Otello de rentrer à Venise, Cassio devant prendre sa place en tant que gouverneur de Chypre. Desdémone en est heureuse pour lui, ce qui rend Otello furieux. Il jette sa femme au sol. Perdant toute contenance, Otello renvoie tout le monde et maudit Desdémone, qui quitte la salle. Otello s’évanouit. Iago commence à savourer sa victoire.

Acte IV : Dans sa chambre, Desdémone confie son trouble à Émilia. Elle lui demande de disposer sa robe de mariée sur le lit, avant de chanter la romance du Saule, une chanson triste que chantait autrefois une servante séduite, puis abandonnée (Air : « Piangea cantando nell’erma landa »). Elle fait ses adieux et prie la Vierge Marie de veiller sur elle dans un émouvant « Ave Maria ».

otello ave mariaCliquez sur Desdémone

Elle se couche et s’endort. Otello entre dans la chambre et contemple sa femme endormie. Il la réveille avec des baisers et lui demande si elle a fait ses prières, car elle va mourir. Desdémone proteste encore une fois de son innocence, mais Otello l’étrangle. On frappe à la porte. C’est Émilia qui annonce que Cassio a tué Roderigo en duel. Voyant sa maîtresse étendue, soupirant qu’elle meurt innocente, elle se met à crier. Ses cris font accourir Cassio, Iago, Montano et un ambassadeur. Émilia révèle la trahison de Iago, qui s’enfuit. Comprenant qu’il a accusé (et tué !) à tort son épouse (Air : « Niun mi tema »), il prend son poignard et se l’enfonce dans le cœur. Il meurt sur le corps de sa femme, qu’il embrasse une dernière fois.

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Divers

BAGUES ET ANNEAUX (Saint-Valentin)

​En ce 14 février, jour d’une fête destinée à faire du fric avec l’amour, il m’est paru opportun de vous parler bagues et anneaux. En effet, il est souvent question d’amour dans les opéras, et traditionnellement, les bagues (de fiançailles, de mariage) en sont un symbole.

Il n’est donc pas étonnant de trouver ces symboles dans l’univers de l’opéra.

Ainsi, dans La Somnambule (1831) de BELLINI, le héros Elvino donne à l’héroïne Amina une bague qu’il tenait de sa mère.

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Dans Carmen de BIZET, Don José donne une bague à Carmen. Et c’est en la lui jetant à la fin de l’opéra qu’elle scelle son destin.

carmen bagueCliquez sur l’image

Dans le Faust de GOETHE, Méphistophélès conseille à Faust de promettre le mariage à Marguerite. À l’opéra, cela nous donne dans La Damnation de Faust de BERLIOZ la sérénade de Méphisto et dans le Faust de GOUNOD l’air Vous qui faites l’endormie avec son célèbre rire méphistophélique.

vous qui faites l'endormieCliquez sur l’image

Dans Pelléas et Mélisande de DEBUSSY, Mélisande se penchant sur une fontaine laisse tomber sa bague dans l’eau, provoquant la fureur de son mari Golaud quand il s’aperçoit  de cette disparition.

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La symbolique de l’anneau gage d’amour est renversée dans L’anneau de Nibelung de WAGNER. Au début de l’Or du Rhin, c’est en renonçant à l’amour qu’Albérich peut voler l’or gardé par les filles du Rhin. Avec cet or, il fait forger un anneau, mais quand Wotan, le dieu en chef lui vole cet anneau, Albérich le maudit, celui qui portera l’anneau deviendra esclave de l’anneau…

Il existe une autre catégorie d’anneaux que l’on trouve dans les opéras, ce sont les anneaux magiques ou enchantés, mais ça, c’est pour un autre billet.

Écrivains, histoire, littérature, Maria Callas

OSSIAN le barde

Je vous en avais parlé dans le billet sur les filles de l’eau, voici donc celui consacré au barde celtique OSSIAN (IIIe siècle apr. J.-C.), qui est à l’origine d’une supercherie littéraire du XVIIIe siècle.

Un écrivain écossais, Mc PHERSON, a prétendu dans les années 1760 avoir traduit ses œuvres en anglais moderne. Ces textes, qui racontent l’histoire de Fingal, ont eu un énorme retentissement aux époques préromantiques, puis romantiques, et ont à leur tour inspiré écrivains et musiciens. C’est ainsi que surfant sur la vague de l’ossianisme, et dans un contexte d’éveil des nationalités, l’Écossais Walter SCOTT a poursuivi dans la veine d’une littérature écossaise.

Le grand GOETHE lui-même, dans Les souffrances du jeune Werther, fera traduire par son héros les poèmes d’OSSIAN.

La France napoléonienne a succombé aussi à l’ossianisme, c’est ainsi que LESUEUR, un des maîtres de BERLIOZ écrira l’opéra Ossian ou les bardes (1804) et MÉHUL l’opéra Uthal (1806).

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On peut aussi attribuer à sa postérité l’opéra Norma de BELLINI, dont l’action se passe en Gaule et l’héroïne, Norma, est une prêtresse druidique.

callas casta divaCliquez sur l’image

Parmi les mises en musique de l’univers d’Ossian figure la Grotte de Fingal (1829), de MENDELSSOHN.

On retrouve Werther dans l’opéra de MASSENET d’après le roman de Goethe. Werther retrouvant Charlotte lui lit les traductions d’Ossian qu’il avait écrites pour elle, ce qui nous donne le sublime Pourquoi me réveiller après lequel se révèle l’amour (impossible) que Charlotte a pour lui.

pourquoi me réveiller alagnaCliquez sur l’image

Retrouvez BRAHMS et son opus 27, Gesang aus Fingal (c’est une autre version que celle des « filles de l’eau » comme ça vous pourrez comparer différentes interprétations.)

Plus près de nous, les Pink Floyd ont écrit leur propre Fingal’s Cave (la Grotte de Fingal) sur l’album Zabriskie Point (1970).

pink floyd fingal

Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

ONDINES ET NAÏADES (LES FILLES DE L’EAU)

​Les filles de l’eau, sirènes, ondines, naïades, appartiennent à l’imaginaire populaire, et ceci quel que soit le lieu et quelle que soit l’époque. Il n’est dès lors pas étonnant d’en trouver sur les scènes d’opéra.

Les sirènes, dans la mythologie grecque, étaient des créatures marines mi-femmes, mi-oiseaux. Musiciennes, elles étaient dotées d’une voix telle que quand un marin les entendait, il était fatalement attiré vers elles et se noyait. (Eh oui, il était difficile de résister au chant des sirènes.) On trouve ainsi un duo de sirènes dès le King Arthur(1691) de PURCELL (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».

how happy the loversCliquez sur l’image

La compositrice Lili BOULANGER (1893 – 1918) a écrit une pièce intitulée Les Sirènes.

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

C’est aussi le cas de Cécile Chaminade (1857-1944).

Chaminade les SirènesCliquez sur l’image

Créatures vivant en eau douce (près des sources ou dans les rivières), on retrouve les naïades de la mythologie grecque dans les mythologies germaniques sous le nom d’ondines.

Alors que Richard STRAUSS met en scène une ondine dans son Ariane à Naxos, c’est l’adaptation romantique qu’en fait E.T.A. HOFFMANN dans son opéra Ondine qui connaîtra le plus d’avatars puisque TCHAÏKOVSKI écrit un opéra de ce titre (qu’il brûlera devant le peu de succès rencontré par cette œuvre), et surtout DVORAK avec sa Rusalka.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’ondine Rusalka

En 1845, LORTZING écrit un opéra romantique magique, Undine.

Lortzing UndineCliquez sur l’image

À l’époque préromantique, il y a eu une supercherie littéraire autour de l’œuvre du barde celtique OSSIAN. Dans ces légendes celtiques apparaît la vierge d’Inistore, qui a été mise en musique par SCHUBERT et BRAHMS.

SCHUBERT, La fille d’Inistore D281.

Vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir c’est pour moi de pouvoir mettre du Brahms, un de mes compositeurs préférés, sur ce blog. Et en plus un de mes morceaux favoris (chanté par le Chœur de Chambre du Conservatoire de Lille quand j’y étais, à la fin du millénaire dernier) et proposé ici sous la direction de Frieder BERNIUS, très grand chef de chœur avec qui j’ai eu l’ineffable joie de chanter du… Brahms.

BRAHMS, Gesang aus Fingal, opus 27.

brahms berniusCliquez sur l’image

On trouve aussi des créatures de l’eau sur le Rhin, l’une des plus connues étant la Lorelei, dont le mythe a été popularisé par les romantiques BRENTANO et HEINE. L’histoire de la Lorelei a été abondamment mise en musique, notamment par LISZT et Clara SCHUMANN et il y a même une opérette d’OFFENBACH et un opéra de CATALANI portant ce titre.

De non moins fameuses nixes (les nymphes allemandes) sont les filles du Rhin que l’on retrouve dans L’Or du Rhin de WAGNER (attention, ça commence pianissimo avant de monter progressivement).

On retrouve ces mêmes filles du Rhin à l’issue des 15 heures de l’Anneau du Niebelung. En gros, au début de l’Or du Rhin, les filles du Rhin qui étaient les gardiennes de l’Or du Rhin se le font voler par Alberich (le niebelung) qui pour cela doit renoncer à l’amour. (C’est amour contre richesse, quoi). Avec l’or, Alberich fait forger un anneau magique qui confère le pouvoir à celui qui le possède. Wotan, le dieu en chef le lui vole, et Alberich prononce alors une terrible malédiction sur l’anneau, quiconque le possédera mourra. Wotan doit le céder à deux géants, qui commencent par se tuer (ou plutôt l’un tue l’autre). C’est le début de la malédiction de l’anneau. Wotan veut récupérer l’anneau, mais pour cela seul un être libre peut le faire. C’est très nietzschéen tout ça. (Et attention spoiler, cet être c’est Siegfried). À la fin du Crépuscule des dieux, la walkyrie Brünnhilde fait un bûcher pour brûler le corps de Siegfried, lance l’anneau maudit dans le Rhin et se jette dans le bûcher pour mourir avec son héros. Les filles du Rhin provoquent alors la montée des eaux qui met fin au Walhalla, la demeure des dieux, et ouvre la voie au règne des hommes.

crépuscule finalCliquez sur l’image

Enfin, après cet apocalyptique final, offrons-nous un peu de calme avec Ondine, une pièce pour piano de Maurice RAVEL, extraite de Gaspard de la nuit.

Écrivains, histoire, Philosophie

VOLTAIRE ET ROUSSEAU, LES JOYEUX DUETTISTES – chapitre 2 – VOLTAIRE

Nous avons vu il n’y a guère les relations entre ROUSSEAU et la musique. Voyons à présent les liens entre VOLTAIRE et la musique.

L’activité de librettiste de Voltaire (1694 – 1778) est certainement moins connue que celle de Rousseau. Pourtant, il commence une collaboration avec RAMEAU dès 1733, avec Samson, un projet d’opéra qui ne verra pas le jour à cause de la censure. Presque vingt ans plus tard, les deux auteurs retravailleront ensemble, créant La Princesse de Navarre, puis Le Temple de la Gloire (1745).

la princesse de NavarreCliquez sur l’image

Au-delà des livrets directement écrits par Voltaire, d’autres œuvres de lui ont été reprises pour servir à des livrets d’opéra.

Ainsi, le prolifique GRÉTRY a écrit Le Huron, d’après L’Ingénu, en1768.

Le Zaïre de Voltaire a été abondamment utilisé pour des sujets d’opéra. On peut noter par exemple le Zaïde (1780) de MOZART, ou le Zaïra (1829) de BELLINI.

mozart ZaideCliquez sur l’image

ROSSINI se servira des textes de Voltaire pour son Tancrède (1813) et son Sémiramide (1823).

rossini semiramideCliquez sur l’image

La pièce Sémiramis avait déjà été traitée par DESTOUCHES en 1718.

Destouches SémiramisCliquez sur les Ombres

Elle le sera également en 1802 par Charles-Simon CATEL (1773 – 1830).

Catel SémiramisCliquez sur l’image

En 1819, c’est l’Olympie que SPONTINI adaptera :

Spontini OlympieCliquez sur l’image

Même VERDI écrira un peu connu Alzira (1845) d’après la tragédie Alzire (1736).

Quand SAINT-SAËNS, déjà connu pour ses talents de pianiste virtuose, voudra se faire reconnaître à l’opéra, passage obligé pour être reconnu comme un VRAI musicien, il se servira du livret de Samson comme sujet de son premier projet d’opéra. Bien lui en prit, puisque cette adaptation nous donnera Samson et Dalila, qui connaîtra un très grand succès.

mon coeur s'ouvre à ta voixCliquez sur l’image

Plus près de nous, au siècle dernier, on peut encore signaler que Léonard Bernstein a écrit en 1956 Candide, une opérette d’après le conte éponyme de Voltaire. Voltaire a encore été mis en musique avec Micromégas (1978) de Paul Méfano.

bernstein candideCliquez sur l’image

méfano micromégasCliquez sur l’image

À la mort de Voltaire, son corps a été translaté au Panthéon. Écoutons donc de GOSSEC l’hymne sur la translation du corps de Voltaire au Panthéon.

Gossec hymne sur la translation du corps de Voltaire au PanthéonCliquez sur l’image