Eh oui, mon opus 2 vient de sortir aux éditions Le Lys bleu.
Ce deuxième volume est consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes et contient cinquante-huit biographies d’écrivains dont les œuvres ont suscité des opéras ou des pièces musicales.
Les écrivains choisis vont des tragiques Grecs (Eschyle, Sophocle et Euripide) à Boris Vian, en passant par Shakespeare, Cervantès et Molière ou encore Goethe, Pouchkine et Scribe. Comme pour le premier livre, j’ai inséré un QR Code qui vous permettra, en l’activant, d’arriver sur la page idoine de mon site, et donc d’écouter toutes les jolies musiques que je cite dans le livre.
Vous pouvez le commander directement sur le site de l’éditeur :
Si vous optez pour cette solution, n’hésitez pas à saisir le code promo LLB5 pour bénéficier d’une réduction de 5%.
Vous pouvez également le commander chez votre libraire ou dans votre grande surface culturelle préférée.
(P.S. il me reste quelques exemplaires de mon opus 1, Compositeurs et compositrices, que vous pouvez me commander via le formulaire de contact de mon site.)
(P.P.S. : vous pouvez aussi me commander l’opus 2, je vous ferai bénéficier du prix auteur, et vous pourrez avoir une chouette dédicace personnalisée).
Après « Le miroir brisé« , de Jacques Prévert, je vous propose ce mois-ci un poème de Mallarmé, « Feuillet d’album ».
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Ce sonnet a été écrit pour la fille d’un ami poëte de Mallarmé.
L’imagination des réclamiers pour se servir de la musique classique afin de nous vendre toutes sortes de produits étant sans limites, voici une nouvelle série de ces réclames. (Bon, j’ai l’air caustique en écrivant ça, mais certaines de ces pubs sont vraiment très belles !)
L’Écume des jours, drame lyrique en 3 actes et 14 tableaux d’Edison Denisov, a été créé le 15 mars 1986 à l’Opéra-Comique, à Paris. C’est une adaptation par Denisov lui-même du roman éponyme de Boris Vian, que son ami Raymond Queneau qualifiait de « plus poignant roman d’amour contemporain ».
Edison Denisov a travaillé pendant 12 ans à cet opéra. On trouve dans sa partition des allusions à Chlo-e, de Duke Ellington, ou à Tristan de Wagner.
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39 ans après la création à l’Opéra-Comique, on pourra entendre et voir l’Écume des jours à l’Opéra de Lille du 5 au 15 novembre 2025.
Le pitch : Colin et Chloé, deux jeunes gens insouciants, s’aiment. Chloé tombe malade. Colin est obligé de travailler pour pouvoir acheter les fleurs qui peuvent guérir Chloé. Chloé meurt.
Acte I : Premier tableau, chez Colin. Colin chante en s’habillant. Il a invité son ami Chick à dîner. Colin montre son pianocktail, un piano de son invention qui sert à faire les cocktails, à Chick. La conversion porte sur Jean-Sol Partre, un philosophe dont Chick est fou, et sur la musique de jazz.
Deuxième tableau, à la patinoire Molitor. Sur fond d’un chœur qui chante « Ne vous mariez pas, les filles », Colin et Chick retrouvent Alise, puis Nicolas, oncle d’Alise et cuisinier de Colin, et Isis, qui les invite à l’anniversaire de son chien.
Troisième tableau, chez Isis. Chick et Alise se querellent quand arrive Chloé, qui plaît beaucoup à Colin. Il lui demande si elle a été arrangée par Duke Ellington.
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Quatrième tableau, le rendez-vous. Colin monologue quand Chloé le rejoint : scène de séduction et promenade.
Cinquième tableau, la noce. Colin et Chloé, puis chœur. « Chérie, viens près de moi ».
Acte II : Sixième tableau, le voyage. Colin et Chloé, avec Nicolas, discutent en voiture du travail et de son inutilité.
Septième tableau, chez Colin. Colin et Chloé se réveillent. Chloé est malade, et Colin remarque que la lumière faiblit.
Huitième tableau, la pharmacie. Le pharmacien exécute l’ordonnance de Colin. Colin et Chloé discutent de la maladie de Chloé : elle a un nénuphar qui pousse dans le poumon.
Neuvième tableau : chez Colin. La lumière a beaucoup diminué. Chloé est étendue, entourée de fleurs destinées à « faire peur au nénuphar ». La musique fait entendre une citation de Tristan.
Acte III : Dixième tableau, l’usine d’armes. Colin l’insouciant est désormais obligé de travailler, pour payer les fleurs de Chloé. Le directeur de l’usine d’armes explique le travail à Colin. Il doit s’allonger sur les graines d’armes pour leur fournir la chaleur nécessaire à leur croissance.
Onzième tableau, chez Colin. Alise vient voir Colin et se confie à lui. L’obsession de Chick pour Jean-Sol Partre le détourne d’elle.
Douzième tableau, la mort de Chick. Les policiers viennent saisir les biens de Chick, qui s’est ruiné pour acheter des manuscrits de Partre. Ils veulent saisir ses écrits quand Chick se révolte et menace de les tuer. Les policiers l’abattent.
Treizième tableau, la mort de Chloé. Dialogue entre Colin et Jésus. Colin lui reproche d’avoir fait mourir Chloé. Chœur : Agnus Dei, puis Requiem.
Quatorzième tableau, épilogue. Le chat et la souris : la souris se sacrifie en proposant au chat de la manger, afin de sauver Colin. Chœur des orphelines.
Cliquez sur l’archive russe (en russe) de 1990
(Source principale : les représentations de la création à l’Opéra-Comique en 1986, et le programme associé.)
Sivan ELDAR naît le 1er septembre 1985 à Tel-Aviv. Elle commence à étudier le piano et le chant à 5 ans. À l’âge de 15 ans, Sivan part aux États-Unis où elle étudie à l’United World College la composition, le piano et l’ethnomusicologie. Elle poursuit ses études à Boston, où elle suit en parallèle des cours sur les études éthiques et sur la politique, puis en 2009 à Berkeley où elle obtient un doctorat en composition. À Berkeley, elle fera partie, de 2009 à 2016, des instructeurs au « John Adams composer youngs program », destiné à des jeunes de moins de 18 ans. C’est dans ce cadre que Sivan écrit en 2014 Tarr.
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En 2012-2013, dans le cadre de son année Fulbright à Prague, Sivan a l’occasion d’aborder la scène, dans une collaboration avec le groupe de théâtre physique Spitfire Company (Mirenka Čechová), projet qui a ensuite été créé à Oslo en 2015.
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En 2014 également, la Terezin Music Foundation lui commande deux œuvres chorales pour la commémoration du soixante-dixième anniversaire de la libération des camps de concentration. Mother Tongue et The Song About the Child sont ainsi créés à Boston le 5 octobre 2015.
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En 2016-2017, Sivan Eldar rejoint l’IRCAM (Institut de Recherche et de Création Acoustique/Musique) où elle étudie la composition et l’informatique musicale. Elle y sera en résidence de 2020 à 2025. C’est à l’IRCAM qu’elle écrit la pièce électroacoustique You’ll drown, dear, avec la collaboration de Cordelia Lynn, d’après La Princesse blanche de Rainer Maria Rilke.
En 2018, elle écrit Solicitations pour quatuor à cordes.
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Vous pouvez aussi avoir un enregistrement audio, de meilleure qualité, en cliquant sur le lien suivant Solicitations.
Heave (2018), écrit en collaboration avec l’IRCAM (Augustin Muller) sur un texte de Cordelia Lynn, est créé au festival « Voix nouvelles » de la fondation Royaumont.
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De 2019 à 2022, Sivan est compositrice en résidence à l’Opéra de Montpellier où elle anime plusieurs ateliers internationaux pour les compositeurs, les écrivains et les chefs, incluant Paroles et musiques dirigé par Ted Huffman.
Una Mujer derramada (2019) écrit pour l’Opéra de Montpellier et l’Orchestre de chambre de Paris.
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En 2020, elle écrit After Arethusa pour le chœur Accentus et l’Opéra de Montpellier. After Arethusa est créé à Venise en 2021.
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En 2021, Sivan Eldar écrit avec Cordelia Lynn Like Flesh, son premier opéra, une fable écologico-queer d’après les Métamorphoses d’Ovide. La création a lieu à l’Opéra de Lille le 21 janvier 2022, avant Montpellier, Nancy et Anvers. Like Flesh a obtenu le prix Fedora Opéra en 2021. (Fedora est un prix décerné par le cercle européen des mécènes de l’opéra et du ballet, ayant pour objectif le renouvellement du répertoire lyrique et chorégraphique.) (Like Flesh est une des plus belles créations qu’il m’a été donné de voir ces dernières années.) Like Flesh a été repris à Bâle en octobre 2025.
Caroline Sonrier (directrice de l’Opéra), Cordelia Lynn (librettiste), Silvia Costa (metteuse en scène), Sivan Eldar (compositrice), Maxime Pascal (chef d’orchestre), lors de la présentation à la presse de la création de Like Flesh à Lille
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Sivan Eldar reçoit de nombreux prix et distinctions. En 2022-2023, elle obtient le Grand Prix de Rome, en 2023 le Prix Nouveau Talent Musique 2023 de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et en 2024 le Prix Opera America Discovery. En 2025, elle est nommée Chevalière de l’ordre des Arts et Lettres.
Sivan Eldar a également bénéficié d’une aide de la part de la Villa Albertine. Il s’agit d’un programme mis en place par la France en 2021 pour soutenir la création française aux États-Unis. Sivan s’est servi de cette aide en 2022 pour travailler avec Peter Sellars et Ganavya Doraiswamy à son opéra The nine jewelled Deer.
The Stone, the Tree the Well (2024), écrit pour le chœur Accentus, le chœur de la radio lettonne et le chœur Spirito de Lyon, est créé à la chapelle du lycée Corneille de Rouen.
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En 2025, elle crée avec Ganavya Doraiswamy (voix et livret), Lauren Groff (co-librettiste), Peter Sellars à la mise en scène et Julie Mehretu pour la scénographie, son second opéra The Nine Jewelled Deer, créé au festival d’Aix-en-Provence le 6 juillet 2025.
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À partir de septembre (2025), Sivan Eldar est professeur de composition à la Norwegian Academy of Music à Oslo.
Sivan Eldar travaille actuellement à un troisième opéra pour le Grand Théâtre de Genève, en coproduction avec Nancy et le Luxembourg. Le livret sera de Cordelia Lynn, inspiré par le Palais de glace (Is-slottet) de Tarjei Vessas. La création aura lieu en octobre 2028.
Également à venir, pour la saison 2025-2026, le troisième volet de la trilogie écrite pour le chœur Accentus. Il s’agira d’une pièce pour chœur et orchestre.
Et pour en savoir plus sur Sivan Eldar, allez donc sur son site internet.
(Cet article a été écrit en collaboration avec Sivan Eldar, qui m’a aimablement reçu à l’IRCAM.)
Nous avions laissé notre ami l’Opéra de Paris en 1939, avec la création de la Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN) et l’absorption de l’Opéra-comique.
Pendant la guerre, les Allemands continuent à faire vivre les principales salles de spectacles parisiennes, dont l’Opéra de Paris. C’est ainsi que Herbert von Karajan y dirige des concerts en 1941 et 1942 avec son Orchestre Philharmonique de Berlin.
En 1945, Reynaldo Hahn est directeur de l’opéra Garnier où il restera jusqu’à sa mort en 1947. La période qui suit n’est pas forcément très intéressante, avec une troupe, chanteurs et danseurs, qui font vivre le répertoire. Il faut attendre l’arrivée de Rolf Liebermann en 1973 pour secouer un peu la grande maison. Il dissout la troupe de chanteurs pour se tourner vers une politique de chanteurs invités. En 1978, la RTLN disparaît et la salle de l’Opéra-Comique (Favart) devient la seconde scène de l’Opéra de Paris. Rolf Liebermann fait appel à des metteurs en scène venant du théâtre, Giorgio Strehler (Les Noces de Figaro), Jorge Lavelli (Faust), Patrice Chéreau (Lulu), proposant des lectures « nouvelles » des grands classiques, pas toujours bien accueillies par un public plutôt conservateur.
En 1980, Rolf Liebermann est remplacé par Bernard Lefort.
En 1982, le président François Mitterand décide la construction d’un nouveau bâtiment, à la jauge beaucoup plus importante que le palais Garnier. Ce sera l’opéra Bastille, qui sera inauguré en 1989.
La période Jean-Louis Martinoty (1986-1989) est particulièrement intéressante, avec la création de nombreuses œuvres, comme l’Écume des jours d’Edison Denisov (1986) d’après le roman de Boris Vian ou le Maître et Marguerite (1989) de York Höller. Martinoty signe aussi la mise en scène d’Atys de Lully, qui a révélé au grand public William Christie et ses Arts florissants.
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Martinoty est remplacé par Pierre Bergé, nommé par Jack Lang alors ministre de la Culture. Bergé, qui assurera le lancement de la grande machine qu’est l’Opéra Bastille restera en fonction jusqu’en 1994, avant d’être remplacé par Hugues Gall de 1995 à 2004, le sénateur Jean-Paul Cluzel assurant l’intérim entre les deux hommes.
De 2004 à 2009, c’est Gérard Mortier, ancien directeur de la Monnaie de Bruxelles et du prestigieux Festival de Salzbourg, qui prend les rênes de l’Opéra de Paris. Ses choix de metteurs en scène provoquent parfois des polémiques, mais il commande des œuvres à Kaija Saariaho ou Philippe Boesmans. Il sera suivi de 2009 à 2014 par Nicolas Joël.
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En 2014, c’est le début de l’ère Lissner (Stéphane Lissner). Dans une de ses déclarations d’intention, Stéphane Lissner déclare « Il faut provoquer intellectuellement ». Malheureusement, ce goût de la provocation l’amène à choisir des metteurs en scène à la conscience professionnelle douteuse, qui déconstruisent systématiquement les histoires qu’ils sont censés nous raconter pour imposer à la place leurs propres fantasmes, parfois très éloignés des intentions des librettistes ou des compositeurs qu’ils sont censés servir. Cela conduira à une désaffection du public, qui liée aux coûts démesurés de certaines productions, va mettre en grand péril les finances de l’Opéra. En 2020, avec la crise du COVID, la situation budgétaire n’est plus tenable et Stéphane Lissner démissionne. Notons toutefois à son actif la mise en place des avant-premières destinées aux jeunes de moins de 28 ans, à des prix très attractifs, pour renouveler et rajeunir le public de l’opéra.
Ainsi, la boucle est bouclée et, après la faillite de l’abbé Perrin en 1672 pour déficits excessifs, Stéphane Lissner doit quitter l’Opéra de Paris en 2020, pour les mêmes raisons.
Après le départ un peu forcé de Lissner, Alexandre Neef est nommé directeur de l’Opéra de Paris en 2020.
Ce mois-ci, c’est Tiniak qui pilote l’Agenda Ironique. Et quoiqu’il nous demande Tiniak, eh bien voilà :
Devant (dé)jouer « L’amor en lames » pour que l’amour se défende avec les mots (souvent désuets*) et locutions (en glaise aussi) : Mijaurée – une fois par Lune bleue – Rivancher* – faire l’effet d’un godmoche à roulasse* – Il pleut des chats et des chiens – gai(e)-luron(ne) – quand les cochons voleront – branleuse de gendarme* [détails, cerise sur le gâteau et *définitions par ici], c’est le sieur Lothar qui entre le premier en lice.
Or donc, il y a de cela 800 ans, l’amor en lames nous était chanté par les trobadors et les trobairitz. Si l’on connaît, un peu, les trouvères et les troubadours, on ne parle de leur équivalent féminin qu’une fois par lune bleue, et c’est bien dommage. Que nous dit des trobairitz Anne Ibos-Augé dans son remarquable Les Femmes et la musique au Moyen Âge (éditions du Cerf, 2025) ? Elle nous apprend que la première femme troubadour, qui n’était pas une mijaurée, était Azalaïs de Porcairagues. Je vous propose ici d’écouter une de ses compositions.
Cliquez sur la trobairitz
Le troubadour était un poète (du pays d’Oc) chantant l’amour courtois, aux XIIe et XIIIe siècles, mais il pouvait arriver qu’un troubadour soit d’essence noble, voire chevalier. L’amour courtois était un idéal d’amour entre un chevalier et une noble dame où il n’était donc pas question de rivancher.
Un exemple de trouvère est Chrétien de Troyes, un des premiers à avoir romancé les légendes arthuriennes avec Lancelot ou le chevalier à la charrette, Yvain ou le chevalier au lion et Perceval ou le conte du Graal. Ses livres ont été le début du vaste Livre du Graal, roman à la fois courtois, épique et mystique.
À propos de Perceval, il s’agit du même héros légendaire que le Parsifal de Richard Wagner Au début de l’opéra du même nom, notre héros assiste à une scène sacrée qui lui fait pourtant l’effet d’un godmoche à roulasse.
Cliquez sur la scène sacrée
Jacques Roubaud, l’oulipien spécialiste de la littérature des troubadours (cf. La Fleur inverse : essai sur l’art formel des troubadours [Ramsay, 1986]) ne s’y est pas trompé, qui a écrit en collaboration avec Florence Delay la pièce de théâtre Graal Théâtre. Graal Théâtre est le nom du concerto de violon de Kaija Saariaho, et le premier opéra de Kaija, l’Amour de loin, est lui aussi inspiré par l’œuvre de Jacques Roubaud.
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Les troubadours (les trouveurs) étaient des écrivains du pays d’Oc. Au pays d’Oïl, on les appelait des trouvères. Le plus célèbre d’entre eux, dans l’univers de l’opéra, est celui de Verdi. C’est dans le Trouvère (il Trovattore) qu’on entend le chœur des enclumes, qui n’est pas sans évoquer le bruit que ferait une pluie de chiens et de chats.
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Arrivé à cet endroit de ma contribution ironique à l’Agenda, vous devez vous demander le pourquoi du titre de cette contribution. Eh bien, le chevalier sans armure du titre, qui chantait l’amour du Christ, n’est autre que François d’Assise, le Chevalier (sans armure) du Christ. Et Olivier Messiaen a raconté sa vie dans son seul opéra, Saint-François d’Assise.
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(P.S. je n’ai pas réussi à refourguer la branleuse de gendarmes dans cet article, je vous demanderai donc de bien vouloir repasser pour la trouver dans un prochain article.)
Louis Joseph Ferdinand Hérold naît à Paris le 28 janvier 1791. Son père, professeur de piano, lui apprend naturellement à jouer de cet instrument, et Ferdinand montre une remarquable précocité. Il n’a que onze ans quand il compose ses premières œuvres.
À la mort de son père en 1802, sa mère va voir Grétry avec une des partitions de son fils à la main. Le verdict du maître est sans appel : Ferdinand doit continuer la musique. À quinze ans, Hérold entre au Conservatoire où il a comme professeurs Louis Adam, Kreutzer pour le violon et Méhul pour la composition. En 1812, Hérold emporte le Grand Prix de Rome.
Après son séjour à Rome, où il compose sa première symphonie, il se rend à Naples où il devient professeur de musique des filles du roi de Naples, Murat. Il se mêle à la vie musicale italienne et en 1815, il fait jouer son premier opéra, la Gioventù di Enrico Quinto.
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Après Naples, Hérold se rend à Vienne où il est reçu par Salieri.
À la fin de l’été 1815, il rentre à Paris, où il occupe le poste de pianiste au Théâtre-Italien. Boïeldieu lui demande de le seconder dans l’écriture d’un opéra pour l’Opéra-Comique, Charles de France. Il écrit ensuite son premier succès parisien, les Rosières. Malheureusement, les livrets qu’on lui confie sont souvent de qualité médiocre et le succès n’est pas toujours à la hauteur de ses ambitions. En 1823, il écrit pour l’Opéra Lasthénie.
En 1825, le directeur de l’opéra lui propose un bon livret, et Marie est un vrai succès. Hérold se décide alors à quitter le Théâtre-Italien pour l’Opéra, où il est chef de chant. On lui commande de la musique de ballet, dont la Somnambule (1827), la Fille mal gardée (1828), et la Belle au bois dormant (1829).
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En 1831, il écrit pour l’Opéra-Comique le Corsaire, ensuite rebaptisé Zampa.
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En 1832, il crée son ultime chef-d’œuvre : le Pré-aux-Clercs, d’après une nouvelle de Mérimée. Cette fois, c’est un triomphe, mais Hérold n’en profitera pas longtemps puisqu’il meurt le 19 janvier 1833, cinq semaines après la première. Il avait 41 ans.
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(Source principale : le programme des représentations de Zampa, ou la fiancée de marbre, à l’Opéra-Comique en 2008.)
Liège est le chef-lieu de la province de Liège, en Belgique. Située sur la Meuse, la « ville des Princes-Évéques » abrite l’Opéra Royal de Wallonie (l’Opéra royal de Flandres se trouvant à Gand).
Outre le scénariste de bande dessinée Jean-Michel Charlier et le dessinateur Victor Hubinon, Liège a vu naître quelques compositeurs importants.
Zampa, ou la fiancée de marbre, est un opéra-comique de Ferdinand Hérold, sur un livret de Mélesville, créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831. Il rencontre tout de suite un grand succès, et sera joué pendant tout le XIXe siècle.
Le pitch : En Sicile, le riche Lugano va marier sa fille Camille à Alphonse, un soldat qui l’a délivré du corsaire Zampa. Mais Zampa se libère, et fait prisonnier Lugano, avant de se rendre à son château. En voyant Camille, il veut se marier avec elle. Il défie la statue d’Alice, une de ses anciennes victimes, devenue protectrice de la cité. Alphonse s’oppose à Zampa, et reconnaît en lui le grand frère indigne qui a déshonoré le nom de sa famille. Quand le moment des noces arrive, la statue d’Alice intervient et emmène Zampa dans les flammes de l’Etna qui se réveille, ce qui n’est pas sans nous rappeler le final de Don Giovanni de Mozart.
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Acte I : En Sicile, au début du XVIe siècle, le riche marchand Lugano prépare le mariage de sa fille Camille avec Alphonse de Monza, un officier florentin qui l’a délivré des brigands (Air de Camille : « À ce bonheur suprême ».) Alphonse arrive, accompagné par le cortège des hommes (Air d’Alphonse : « Ô ma chère Camille ».) Alphonse se sent humilié par la fortune de son beau-père, mais Camille le rassure, c’est le fait d’avoir sauvé son père des brigands qui l’avaient enlevé qui lui vaut de se marier avec elle. Elle conseille à Alphonse d’aller faire une prière à Alice Manfredi, une des victimes de Zampa, dont la statue trône sur la place. (Ballade de Camille : « Il y avait une fille de seize ans ».) En entendant cette histoire, Alphonse se rend compte que Zampa n’est autre que son frère, disparu alors qu’Alphonse était encore enfant.
Un inconnu entre chez Camille et annonce que Lugano est en son pouvoir. Il ne veut pas du mariage entre Camille et Alphonse et s’installe au château. Camille obéit et très vite l’inconnu (c’est Zampa !) projette d’épouser la jeune fille. (Couplets de Zampa : « Que la vague écumante ».) Daniel, son second, le met en garde : les crimes du passé ne rattraperont-ils pas le suborneur ? Pour rassurer sa bande, Zampa glisse un anneau au doigt de la statue d’Alice, mais la main de marbre se referme sur la bague !
Acte II : Le lendemain, le village vit dans l’effroi et s’interroge sur l’identité des nouveaux occupants du château. Zampa attend Camille devant la chapelle (Air : « Camille est là ».) Alphonse s’imagine que l’annulation de son mariage est due à un prétendant plus fortuné que lui, mais Camille ne peut rien lui dire (Duo : « Quel mystère effrayant ? / Pour mon cœur quel moment ».) L’heure du mariage approche (Ronde : « Douce jouvencelle, viens sur ta nacelle ».)
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Mais la statue d’Alice paraît, elle montre à Sampa son anneau pour lui rappeler son serment. Zampa veut conduire Camille à l’autel mais Alphonse intervient. Il reconnaît en Zampa son frère et va le livrer au peuple quand le vice-roi s’interpose et promet la grâce au corsaire s’il s’engage dans l’armée royale pour aller combattre les Ottomans. Le peuple célèbre le nouveau défenseur alors que Camille se résigne à son mariage avec celui qui retient son père prisonnier.
Acte III : Camille, mariée à Zampa, attend son père alors qu’Alphonse paraît et lui propose de l’enlever (Barcarolle d’Alphonse : « Où vas-tu pauvre gondolier ».) Mais Camille refuse, à cause de ses vœux jurés devant Dieu. Zampa demande à Daniel si ses ordres ont bien été exécutés : il avait ordonné que la statue d’Alice, qui le hante, soit brisée et jetée à la mer. Daniel répond qu’au moment où les débris de la statue ont touché l’eau, l’Etna a jeté des flammes. Camille supplie Zampa de la laisser entrer au couvent. Pour montrer qu’il n’est pas qu’un bandit, il révèle alors qu’il est le comte de Monza (Cavatine de zampa : « Pourquoi trembler ? ».)
Camille prie alors Alice, dont la statue réapparaît et entraîne Zampa dans les flammes, alors que l’Etna s’embrase.
(Source principale : la production de l’Opéra-Comique de 2008, et le programme associé.)