
Tout a commencé par un mariage royal, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo. Orphée, ce chanteur dont l’art pouvait émouvoir les dieux de l’enfer eux-mêmes, et Eurydice, qui de mieux pour créer un genre musical, l’opéra ?
Cliquez sur la symphonie d’ouverture du premier opéra de l’histoire
À cette époque, les femmes avaient le droit d’écrire de la musique et c’est ainsi que Francesca Caccini, une contemporaine de Monteverdi, s’est trouvée être la première femme compositrice d’opéra.
Cliquez sur le premier opéra écrit par une compositrice
Ce nouveau genre musical se développera très vite en Italie, où des foyers d’opéras se montent à Venise, Rome, Naples ou Milan. Mazarin introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi à Paris en 1647, et pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais c’est quelques années après que le genre s’implante durablement en France, avec un Italien venu en France, Lully, qui régnera sans partage sur la musique de Loulou XIV.
À la même époque en Angleterre, une tradition de spectacles chantés et dansés par les nobles, les masques élisabéthains, donnera des semi-opéras, représentés par Purcell, mais ce genre périclitera après la disparition de celui-ci.
Dès lors, toute l’Europe sera sous la coupe des opéras chantés soit en italien, soit en français. C’est ainsi que l’Allemand Haendel, après avoir fait ses classes en Italie, est parti en Angleterre écrire des opéras en italien.
À la fin du XVIIe siècle, Naples devient le foyer de l’opéra italien, avec l’opera seria (opéra sérieux), mais dans cette patrie de la commedia dell’arte, on s’est mis à insérer pendant les entractes de courtes pièces légères ou bouffonnes. Ces pièces prendront leur indépendance en devenant l’opera buffa (opéra bouffon).
En France, où les codes de la tragédie lyrique avaient été fixés par Lully, on s’est mis à introduire des ballets et divertissements, donnant naissance à l’opéra-ballet, représenté par Campra (l’Europe galante).
Sur les foires de Paris, les comédiens italiens donnaient des pastiches, c’est-à-dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus. Après différents déboires liés aux privilèges de l’académie royale de musique et de la comédie française, les forains obtiennent en 1714 le privilège de donner des comédies parlées ET chantées. L’opéra-comique était né et le théâtre de la Foire devient le théâtre de l’Opéra-comique.
Au milieu du XVIIe siècle, le principal successeur de Lully est Rameau, qui s’est mis sur le tard à différentes formes d’opéra, y compris l’opéra-ballet avec les Indes galantes.
Cliquez sur les Indes galantes
Une génération après Haendel, l’Autrichien Gluck fera comme lui. Après avoir appris son métier en Italie, et écrit des opéras en italien pour Vienne, Gluck vient à Paris écrire (ou réécrire) des opéras en français pour la cour royale. L’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque des musiciens comme Haydn et Mozart écrivent leurs opéras en italien, même si Mozart écrit des singspiels (sortes d’opéras comiques en allemand). Opéra classique.
Cliquez sur la reine de la Nuit
Cette tentative d’écrire des opéras en allemand a été suivie par Beethoven avec son Fidelio (1814), mais les tentatives de créer un opéra allemand, avec des commandes passées à Weber ou à Schubert, se trouvent confrontées à la vague Rossini qui balaye toute l’Europe à cette même époque. C’est l’époque des opéras romantiques, représentée en France par Berlioz.
Autour des années 1820 – 1830, un événement va changer les codes pour presque tout le XIXe siècle. C’est l’apparition du Grand opéra à la française, le GoF, et Paris devient le centre de l’Europe, où il faut réussir, voire triompher. C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Wagner et Verdi aussi devront écrire pour l’Opéra de Paris.
Wagner et Verdi, parlons-en. Ces presque jumeaux, ils sont nés tous les deux en 1813, vont faire évoluer le genre de l’opéra.
Wagner va faire éclater le découpage traditionnel des opéras en airs, duos, etc. et va développer les notions de mélodie continue et de leitmotivs.
Cliquez sur la chevauchée des Walkyries
Verdi représente l’émergence d’un nationalisme musical, préfigurant l’éveil des écoles nationales avec Glinka ou Smetana.
Cliquez sur le 2e hymne national italien
Ou encore le groupe de cinq en Russie, incluant Moussorgski.
Cliquez sur le couronnement de Boris Godounov
En France, une nouvelle génération voit le jour avec Gounod, Bizet ou Saint-Saëns et Massenet, tandis qu’Offenbach invente l’opérette.
Cliquez sur le couplet des rois de la Belle Hélène
L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le naturalisme d’un Zola donnera naissance au vérisme en Italie, avec son plus fameux représentant Puccini. Pendant ce temps en Allemagne on peut parler du post-wagnérisme de Richard Strauss.
Cliquez sur le Chevalier à la rose (Rosenkavalier)
Après le naturalisme, le symbolisme d’un Maeterlinck donnera lieu à plusieurs opéras, dont Pelléas et Mélisande de Debussy.
Arrivée des percées de la psychologie dans les livrets d’opéra avec Berg ou Janacek.
Après la Seconde Guerre mondiale, réveil de l’opéra anglais avec Britten alors qu’en France on a Poulenc et aux États-Unis, Gershwin ou Bernstein. Apparition de la comédie musicale voire des opéras rocks.
Cliquez sur les interludes marins de Peter Grimes
Et l’opéra est toujours vivant et on continue à en créer tous les ans dans le monde entier, comme Like Flesh de Sivan Eldar à Lille début 2022.
Cliquez sur la bande-annonce de Like Flesh
Et en forme de résumé, retrouvez l’arbre phylogénétique de l’opéra.
Cliquez sur Atys de Lully
Cliquez sur Didon
Cliquez sur le chœur
Cliquez sur Carmen
Cliquez sur Madama Butterfly
Cliquez sur Bess
Très intéressant 💗
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Questo è il supporto di una conferenza sulla storia dell’opera che ho tenuto questa mattina.
Buon pomeriggio, Luisa.
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Molto bello e interessante! 💙
Buona serata
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Voilà qui manquait à ma culture. Merci.
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Hihihi, merci les 2 olibrius !
C’est le support d’une conférence que j’ai donné hier sur l’histoire de l’Opéra.
Bonne journée.
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Très didactique, merci Jean Louis bon w-e
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Merci Hélène, il s’agissait du support d’une conférence sur l’histoire de l’Opéra, donc c’est plutôt bien que ce soit didactique !
Bon ouikènde.
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C’est du concentré de concentré mais que de belles choses !
J’imagine que tout le monde aimerait rajouter son compositeur ou son morceau de prédilection.
Tu as vu que ce soir c’est » Musiques en fête » aux Chorégies d’orange ?
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Ah oui, du concentré de concentré. Et si difficile de faire des choix, mais tout devait tenir en 1 heure 30, musique comprise !
Après, il y a les liens qui permettent de se balader un peu partout et d’en écouter plus.
bon dimanche, John Duff.
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