Écrivains, littérature, Mythologie

VIRGILE (70-19, av. J.-C.)

Publius Vergilius Maro, dit Virgile, est un poète latin, né en 70 en Lombardie avant J.-C.

À 35 ans, il publie un petit recueil de poèmes, les Bucoliques, glorifiant l’empereur Auguste. Les Bucoliques seront suivies d’un second recueil, les Géorgiques. Les Géorgiques, ou les travaux de la terre, au sens large, est une commande de Mécène, son protecteur qui a laissé son nom au mécénat. Beethoven s’inspirera des Géorgiques dans sa Symphonie Pastorale et sa tempête.

Cliquez sur l’image

On trouve également dans les Géorgiques le thème d’Orphée et Eurydice.

Cliquez sur l’image

Mais le grand œuvre de Virgile est l’Énéide, qui occupera les dernières années de sa vie. L’Énéide raconte l’histoire du prince Énée, depuis la guerre de Troie jusqu’à la fondation d’une « nouvelle Troie », en Italie. Dans son périple, il aborde à Carthage où la reine Didon tombe amoureuse de lui, mais ne peut le retenir, car son destin est de fonder une « nouvelle Troie » en Italie.

Cliquez sur l’image

Virgile meurt à Brindisi en 19 avant J.-C.

Virgile était un des poètes les plus célèbres de son époque, et il le restera après sa mort, entrant dans la légende. On le trouve par exemple dans la Divine Comédie de Dante Alighieri, où il accompagne le poète en Enfer et au Purgatoire.

Cliquez sur le pianiste
Mes opéras préférés, Mythologie

LES TROYENS, de BERLIOZ (1858)

Les Troyens est un vaste opéra de Berlioz. Berlioz, qui connaissait très bien l’Énéide de Virgile, en compose lui-même le livret. Commande de l’opéra de Paris, la partition des Troyens est jugée injouable par l’orchestre, et la première représentation, partielle, a lieu le 4 novembre 1863 au Théâtre lyrique. Il faudra attendre 1899 pour que la première partie, la Prise de Troie, soit donnée à l’Opéra et 1919 pour l’exécution de la deuxième partie, les Troyens à Carthage.

La prise de Troie.

Acte 1 : À Troie, les Troyens s’apprêtent à faire la fête, car après dix ans de siège, les Grecs sont partis et la cité est sauve. La famille du roi Priam est prête, mais seule Cassandre ne cède pas à la liesse. Elle a le pressentiment d’un danger pour la ville, mais personne ne l’écoute. Même son fiancé, Chorèbe, n’arrive pas à la comprendre.

Cliquez sur Chorèbe
Cliquez sur Cassandre

Priam décide une cérémonie funèbre à la mémoire de son fils Hector, tué pendant la guerre de Troie. Énée n’accepte pas le gouvernement de Priam et rêve d’autre chose pour la ville de Troie. Il verrait bien son fils Ascagne comme héritier du régime, mais c’est Astyanax, le fils d’Hector et Andromaque, que Priam choisit pour lui succéder.

Les Grecs ont laissé en partant une offrande rituelle à la porte de la ville : un immense cheval de bois. Les Troyens s’apprêtent à la faire entrer dans la ville quand Énée apporte une terrible nouvelle. Le prêtre Laocoon, qui se méfiait des Grecs, même porteurs de présents, a été assassiné. Priam et son entourage sont frappés de stupeur, mais ils décident quand même d’accepter le cadeau des Grecs (octuor et double chœur : « Châtiment effroyable ».)

Cliquez sur l’octuor et le double chœur

Seule Cassandre continue à jouer les Cassandre en prédisant un grand malheur, mais les Troyens n’en ont cure et font entrer le cheval géant dans la ville.

Cliquez sur Cassandre

Acte II :

Le cheval de Troie n’était qu’un piège grossier de la part des Grecs, piège dans lequel les Troyens ont plongé. Des soldats étaient cachés à l’intérieur du cheval. Ils en sortent pendant la nuit et ouvrent les portes de Troie à l’armée grecque. Priam et sa femme Hécube sont tués. Créuse, la femme d’Énée, se suicide.

Énée cherche à la ramener à la vie quand il voit le fantôme d’Hector qui l’exhorte à quitter Troie et à se rendre en Italie pour y fonder une nouvelle Troie. Panthée, un ami d’Énée et Chorèbe lui demandent de prendre les armes contre les Grecs.

Les femmes troyennes reconnaissent que Cassandre avait eu raison et regrettent de ne pas l’avoir écoutée. Cassandre leur demande de la rejoindre de la mort pour ne pas tomber aux mains des soldats grecs. Elle se suicide et Énée fuit la ville en flammes.

Cliquez sur le chœur des Troyennes

Les Troyens à Carthage.

Acte III :

À la suite de l’assassinat de son mari, la reine Didon a quitté Tyr et se retrouve à Carthage.

Cliquez sur l’image

Anna, sa sœur, lui dit que sa vie n’est pas finie, et qu’elle peut encore se remarier, ce que Didon refuse de faire par fidélité à son mari.

Énée et ses compagnons abordent à Carthage. Ascagne présente les Troyens à Didon. On apprend qu’un féroce Africain, Iarbas, menace Didon et Carthage. Énée offre ses services pour les défendre contre l’Africain.

Cliquez sur le final de l’acte III

Acte IV :

Didon semble éprouver de l’amour pour Énée, ce qu’Anna voit d’un bon œil. Didon demande à Énée de lui parler de Troie. Énée lui dit qu’Andromaque a épousé Pyrrhus, le fils du meurtrier de son époux et lui-même meurtrier de Priam et Hécube. Didon sent faiblir sa fidélité à son défunt mari Sychée et elle perd sa bague de mariage (Duo: « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »).

Cliquez sur Didon et Énée

Mais Énée ne peut rester, car il entend les fantômes des Troyens morts qui lui ordonnent de quitter Carthage pour accomplir son destin, fonder une nouvelle Troie en Italie.

Acte V :

Énée hésite à partir sans un ultime adieu à Didon (Air: « Inutiles regrets »).

Cliquez sur Énée

Il entend à nouveau les fantômes qui l’exhortent à partir quand Didon entre, bouleversée par cet abandon. Énée essaye de s’expliquer et lui demande son pardon, mais Didon le conjure de ne pas l’abandonner. Énée part, maudit par Didon.

Didon demande à Anna d’aller voir Énée pour le retenir, mais il est trop tard, Énée et sa troupe ont déjà repris la mer.

Furieuse, Didon ordonne qu’on les poursuive pour la venger, mais finalement, elle se donne la mort.

Cliquez sur Didon

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Paris en 2019, et le programme associé.)

littérature, Mythologie

DIDON, AVEC OU SANS ÉNÉE

L’histoire de Didon, reine de Carthage, nous a été racontée par Virgile dans son Énéide. Comme Didon achevait d’édifier la ville de Carthage, Énée et ses compagnons sont jetés sur le rivage à la suite d’une tempête. Didon accueille les étrangers, mais ce petit coquin de Cupidon la fait tomber amoureuse du bel étranger. Malheureusement, le destin que les dieux avaient réservé à Énée était de fonder l’Italie, et le jeune homme refuse d’épouser Didon, pour reprendre la mer et accomplir ce destin. Folle de douleur devant cette trahison, Didon se donne la mort. (source : Dictionnaire des personnages, Laffont – Bompani, Robert Laffont, collection Bouquins, 1999.)

Cette légende a été adaptée à l’opéra dès 1649 par Cavalli avec sa Didone, représentée à Venise en 1641.

Cliquez sur l’image

De nombreuses œuvres musicales ont suivi, la plus connue d’entre elles étant l’opéra baroque Didon et Énée (Dido and Aeneas) d’Henry Purcell, datant de 1689. Il contient un des plus beaux airs du répertoire baroque avec les adieux de Didon à la vie (Air : « When I am laid in earth ».)

Cliquez sur Didon

En France, en 1793, Desmarest écrit l’opéra Didon.

Cliquez sur l’image

En France encore, et en 1709, Michel Pignolet de Montéclair écrit la cantate la Mort de Didon.

Cliquez sur Didon

En 1724, l’Italien Métastase (Pietro Metastasio) écrit son premier livret d’opéra : Didon abandonnée (Didone Abbandonnata), qui sera un des plus adaptés à l’opéra, puisqu’on en compte plus de cinquante, dont celui de Porpora (1725), celui de Galuppi (1740), celui de Jomelli (1747), celui de Piccinni (1770), et jusqu’à celui de Mercadante (1823).

Jommelli Didone abbandonata
Cliquez sur l’image

Revenons en France et au XIXe siècle, avec Les Troyens de Berlioz. Adapté de l’Énéide, cet opéra monumental se décompose en deux parties, la Prise de Troie et les Troyens à Carthage.

Cliquez sur Didon

Et puis, si vous aimez les bonus surprises mystères, cliquez donc sur celui-ci :

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous aimez ceux-ci
Contes et légendes, Mythologie

OBÉRON

Obéron est un personnage de la littérature anglo-saxonne. Roi des elfes, il apparaît sous le nom d’Alberich dans la littérature germanique. Dans Huon de Bordeaux, roman du XIIIe siècle, Aubéron (sic) est condamné à être nain et bossu.

Dans la traduction anglaise de Huon de Bordeaux, Aubéron devient Oberon, et c’est Shakespeare qui lui assigne son rôle pour l’éternité en en faisant l’époux de Titania, la reine de fées, dans le Songe d’une nuit d’été (1590). Oberon joue alors le rôle de Cupidon, et c’est muni d’un lys, fleur symbole de la pureté, qu’il fait naître le sentiment amoureux chez les amants qu’il veut favoriser.

En 1611, Ben Jonson écrit un masque, Oberon, the fairy Prince, dont la musique est signée Ferrabosco.

À la fin du XVIIe siècle, on retrouve les personnages d’Oberon et de Titania dans le semi-opéra the Fairy Queen (1692) de Purcell.

Cliquez sur l’image

En 1826, c’est pour Londres que Weber écrit son dernier opéra, Oberon.

Cliquez sur l’image

Sous son nom germanique d’Alberich, c’est un des personnages principaux de la Tétralogie de Wagner.

Cliquez sur Alberich

En 1960, Britten écrit son Songe d’une nuit d’été.

Cliquez sur l’image

Le dernier avatar musical (à ce jour) d’Oberon est celui d’Astor Piazzolla avec son El sueno de una noche de verano (1986).

Cliquez sur Oberon final

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Laffont-Bompini, éditions Robert Lafont, collection Bouquins, 1999).

Divers, histoire, Mythologie

LES TRILOGIES DE L’OPÉRA

De nombreux compositeurs ont composé des trilogies, soit un ensemble de trois œuvres liées entre elles par un point commun, dates de composition, sujet ou librettiste.

Par exemple, pour Mozart, on parle souvent de la trilogie Mozart / Da Ponte. Il s’agit des trois opéras que Mozart a composés sur des livrets de Lorenzo da Ponte, à savoir Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Cosi fan Tutte (1789). Trois chefs-d’œuvre en quatre ans.

Cliquez sur le Commandeur

Quelques années plus tard, Donizetti écrira ce que l’on appelle la trilogie des Tudors, d’après les heurs et malheurs de la famille royale anglaise : Anna Bolena (1830), Maria Stuarda (1834), et Roberto Devereux (1838).

Cliquez sur Maria

Ce que l’on appelle la trilogie de Verdi correspond à Rigoletto (1851), La Traviata (1853) et Le Trouvère (1853). Trois chefs-d’œuvre en trois ans, Mozart est battu !

Cliquez sur les gitans

À la même époque, le grand rival de Verdi, Wagner, commençait sa trilogie avec prologue, peut-être plus connue sous le nom de tétralogie : l’Or du Rhin (1854), la Walkyrie (1855), Siegfried (1856-1871) et enfin le Crépuscule des dieux (1874).

Cliquez sur le prélude du prologue

Enfin, Puccini a écrit ce que l’on appelle son triptyque (il Trittico), à savoir un ensemble de trois pièces en un acte : Il Tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi en 1918.

Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de LULLY (1674)

Avant d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines beurrées dans Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, Alceste a été une des tragédies lyriques fondatrices de l’opéra français, écrite en 1673 par Lully, sur un livret de Quinault. C’est la deuxième collaboration de Lully et Quinault. Alceste a été créé le 19 janvier 1674 à l’Académie Royale de Musique.

Le pitch : Alcide aime Alceste. Par amour, Alceste donne sa vie pour Admète. Alcide va la chercher aux Enfers. Ému par les retrouvailles d’Alceste et Admète, Alcide renonce à Alceste, qui se marie avec Admète.

Prologue : La nymphe de la Seine se languit du Héros, parti à la guerre. La gloire arrive, précédant le Héros (comprendre le roi, Louis XIV). Tout le monde se réjouit, et les Plaisirs préparent un divertissement pour fêter le retour du Héros. Ce sera Alceste.

Acte I : Dans la ville d’Yolcos, en Thessalie. Alors que le chœur de Thessalie chante les noces d’Alceste et d’Admète, leur roi, Alcide confie à Lycas qu’il ne peut s’en réjouir, car il aime Alceste. Straton, confident de Lycomède, et Lycas se disputent les faveurs de Céphise, confidente d’Alceste. Céphise confirme à Straton que c’est Lycas qu’elle aime, mais elle réclame de pouvoir être inconstante. (Duo : « il faut aimer / changer toujours ».)

Cliquez sur l’image

Lycomède, roi de Scyros et frère de Thétis, se désole d’avoir perdu Alceste. Il profite d’une grande fête marine que l’on donne à l’occasion du mariage pour enlever Alceste sur son bateau, aidé de Thétis qui soulève les flots. Mais Éole calme les flots pour permettre à Admète et Alcide de poursuivre Lycomède.

Acte II : Dans la ville de Scyros, Céphise prétend regagner l’amour de Straton, tandis que Lycomède tourmente Alceste. Admète et Alcide font le siège de la ville et la prennent. Alcide libère Alceste, qui cherche à le retenir quand il veut partir. (Duo « Alceste, vous pleurez / Admète, vous mourez »).

Cliquez sur Alceste et Admète

À son départ, Alceste et Céphise se mettent à la recherche d’Admète, mais ils le trouvent mourant. Apollon a reçu du Destin le pouvoir de le rendre à la vie, s’il se trouve quelqu’un pour lui offrir sa mort.

Acte III : Devant un autel vide, où doit paraître l’image de celui qui se sacrifiera pour Admède, Phérès et Céphise discutent. Phérès se trouve trop vieux pour mourir, et Céphise trop jeune. Soudain, le chœur chante le sort heureux d’Admète, guéri.  Mais quand Admète regarde vers l’autel qui s’est dévoué, c’est l’image d’Alceste qu’il découvre. Admète a perdu Alceste en regagnant la vie. Suit une cérémonie funèbre en hommage à Alceste. Alcide, qui s’apprêtait à partir, décide d’aller chercher Alceste en enfer si Admète la lui cède. Admète accepte.

Acte IV : Aux enfers, Caron pousse sa barque sur l’Achéron, pour faire passer les âmes dans le royaume des morts (Air : il faut passer tôt ou tard …). Alcide saute dans la barque.

Cliquez sur l’image

Les suivants de Pluton se réjouissent de l’arrivée d’Alceste (Chœur « Tout mortel doit ici paraître ».)

Cliquez sur les suivants de Pluton

Au palais de Pluton, Pluton et Proserpine célèbrent l’arrivée d’Alceste dans ce lieu apaisé. Alecton les prévient qu’un mortel s’attaque à l’empire des morts. Alcide déclare en arrivant qu’il ne vient pas en ennemi, mais que son amour le pousse à venir rechercher Alceste. Pluton et Proserpine, émus par cet amour si fort, permettent à Alceste de ressortir. Alcide et Alceste remontent vers le monde des vivants sur le char de Pluton.

Acte V : Devant un Arc de Triomphe dressé pour recevoir Alcide, les peuples de la Grèce célèbrent Alcide, vainqueur du trépas. Lycas libère Straton, pour que Céphise choisisse entre eux. Céphise choisit de ne pas choisir. Pour aimer toujours, il faut ne se marier jamais. Admète et Alceste se retrouvent, mais leur amour est toujours aussi fort. Alors qu’Admète se retire et qu’Alceste offre sa main à Alcide, Alcide renonce à Alceste : le vainqueur des tyrans ne doit pas être tyran à son tour. Apollon descend en compagnie des Muses et des Jeux pour célébrer le bonheur d’Admète et d’Alceste, et le triomphe d’Alcide.

(Source principale : les représentations du Théâtre des Champs-Élysées de 1991 et le programme associé.)

Mes opéras préférés, Mythologie

FREITAG AUS LICHT, de STOCKHAUSEN (1991-1994)

Cinquième journée de l’heptalogie Licht, de Karl Heinz Stockausen, Freitag a été écrit entre 1991 et 1994, et créé à Leipzig le 12 septembre 1996.

Freitag (vendredi) est le jour de la tentation d’Eva (Ève) par Luzifer (Lucifer).

L’articulation musicale et dramatique se fait selon douze « scènes de son » et dix « scènes réelles ».

Cliquez sur la bande-annonce

Freitag-Gruss (Salut de vendredi) : Le public entre dans l’Opéra alors que se joue déjà « Weltraum », musique électronique qui l’accompagnera pendant toute la durée de l’opéra.

Acte I : Scène de son 1 – entrée du couple Femme / Homme.

Scène de son 2 – entrée du couple Chatte / Chien.

Scène réelle 1 – 1ère rencontre entre Eva et Ludon. Ludon propose à Eva de céder à son fils, Kaïno, et de procréer avec lui. Ils décident de se revoir et de se présenter leurs enfants respectifs.

Scène de son 3 – entrée du couple Photocopieuse / Machine à écrire.

Scène réelle 2 – Orchestre d’enfants. Eva arrive avec ses enfants, accompagnés par Elu (Cor de basset) et Lufa (Flûte). Ludon arrive avec ses enfants. Eva dirige son orchestre d’enfants qui entonne joyeusement des voyelles pour les enfants de Ludon, qui s’en amusent.

Scène réelle 3 – Chœur d’enfants. Les enfants de Ludon répondent en faisant de la musique à leur tour, accompagnés par Synthibird. Chaque enfant joue un solo gestuel et vocal. À la fin, Ludon propose que tous les enfants se produisent ensemble.

Scène réelle 4 – Tutti d’enfants. Eva et Ludon chantent ensemble, accompagnés par Elu, Lufa et Synthibird. Ils tentent de diriger l’orchestre d’enfants, mais rien ne se passe. Ludon propose à Eva de diriger seule, ce qu’elle fait.

Scène de son 4 – entrée du couple Voiture de course / Pilote de course.

Scène de son 5 – entrée du couple Flipper / Joueur de flipper.

Scène de son 6 – entrée du couple Ballon de football / Jambe avec chaussure de football.

Scène réelle 5 – Consentement. Ludon attend Eva, qui apparaît mystérieusement. Ludon lui présente un talisman et lui propose de s’unir à son fils, pour contribuer à l’amélioration de l’humanité. Eva accepte et lui rend son talisman. Ils se séparent.

Scène de son 7 – entrée du couple Lune avec un petit hibou / Fusée.

Acte II :

Scène réelle 6 – Chute. Kaïno, au bord d’un lac, attend Eva. Celle-ci arrive sur une barque, en descend, et s’approche de lui. Ils s’étreignent en chantant doucement, accompagnés par le cor de basset et la flûte. Puis Eva repart, et on entend la voix de Michaël qui cire « Eva, nos enfants ! »

Scène de son 8 – entrée du couple Bras nu / Main tenant une seringue. À partir de cette scène, qui suit la fracture du couple Eva / Adam, les couples voisins changent de partenaires

Scène de son 9 – entrée du couple Taille-crayon électrique / Crayon.

Scène réelle 7 – Guerre des enfants. Les enfants d’Eva et de Ludon se battent dans une guerre atroce. Un rhinocéros ailé, chevauché par quatre garçons, attaque les enfants d’Eva. Eva, en lévitation, tente de les protéger, mais les enfants de Ludon remportent le combat.

Scène de son 10 – entrée du couple Bouche de femme / Cornet de glace.

Scène de son 11 – entrée du couple Violon / Archet.

Scène réelle 8 – Repentir. Eva, Elu et Lufa sortent du lac. Eva s’agenouille à l’endroit où elle s’est accouplée avec Kaïno et chante une prière. Son maître Michaël et son mari apparaissent, avant que les trois ne disparaissent.

Scène de son 12 – entrée du couple Nid / corbeau.

Scène réelle 9 – Elufa. Elu et Lufa jouent de leurs instruments devant les douze couples, fascinés. Lufa leur demande : « Vous repentez-vous tous ? » ce à quoi ils répondent « Oui, nous nous repentons ». La lumière s’éteint.

Cliquez sur l’image

Scène réelle 10 – Spirale de chœur. Après le départ d’Elu et Lufa, les couples s’unissent en une déclinaison de lumière, comme la flamme d’une bougie. Cette flamme s’élève dans un mouvement en spirale, jusqu’à disparaître dans l’au-delà.

Adieu de Vendredi. La musique électronique est diffusée dans la salle et le foyer de l’opéra pendant que le public sort.

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Lille en 2022 et le programme associé.)

Compositeurs, Compositrices, Mythologie

Darius MILHAUD (1892-1974)

Darius Milhaud est né à Marseille le 4 septembre 1892. Ses parents sont musiciens amateurs et Darius montre vite des dispositions pour la musique. En 1909, il étudie au Conservatoire de musique de Paris, où il a comme professeur Charles-Marie Widor et Paul Dukas. Il se lie d’amitié avec Georges Auric et Arthur Honegger

En 1912, il rencontre le poète Francis Jammes et le dramaturge Paul Claudel, écrivains qu’il mettra en musique. Il compose notamment des musiques de scène pour la traduction par Claudel de l’Orestie d’Eschyle.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

Quand Claudel est nommé diplomate à Rio de Janeiro, en 1917, il propose à Milhaud de le suivre en tant que secrétaire. C’est l’occasion pour Darius de découvrir les rythmes sud-américains, qu’il intègre à ses ballets l’Homme et son désir (1917), sur un argument de Claudel, et le Bœuf sur le toit.

Cliquez sur l’image

À son retour à Paris en 1918, on l’intègre au Groupe des Six, aux côtés de Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey et Arthur Honnegger. En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe sur un texte de Cocteau.

Cliquez sur l’image

En 1920, le même Cocteau avait détourné Le bœuf sur le toit de Darius Milhaud, souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors étaient de Raoul Dufy et la chorégraphie de Massine.

La dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes est le Train bleu (1924), toujours avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleu
Cliquez sur l’image

En 1925, Darius se marie avec une de ses cousines, Madeleine Milhaud. Ils auront un fils, Daniel.

En 1930, Milhaud compose l’opéra Christophe Colomb, sur un texte de Claudel.

Cliquez sur l’image

En 1933, Milhaud écrit deux chansons pour Madame Bovary, de Flaubert.

En 1939, il s’empare du mythe de Médée dans un opéra qui porte ce nom.

Cliquez sur l’image

En 1940, Milhaud doit fuir la France occupée, sous le double titre de Juif et de compositeur de musique dégénérée. Il part donc aux États-Unis où il enseigne la musique à l’université d’Oakland en Californie. Parmi ses élèves, on trouve Burt Bacharach, ou les minimalistes Steve Reich et Philip Glass.

En 1947, à son retour en France, Milhaud est nommé professeur au Conservatoire de musique de Paris, tout en gardant son activité d’enseignant aux États-Unis. À Paris, il aura comme élève notamment Betsy Jolas.

En 1958, Boris Vian écrit Fiesta une comédie-musicale avec une musique de Darius Milhaud.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville de Beaumarchais, est adaptée à l’opéra en 1966 par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupable
Cliquez sur l’image

Darius Milhaud meurt à Genève le 22 juin 1974, à l’âge de 81 ans.

Mythologie

LES VENGEANCES DE JUNON

J’ai déjà consacré des articles à Jupiter, et à ses différentes aventures amoureuses, mais aujourd’hui, c’est à sa femme Junon, l’éternelle épouse trompée que je vais m’intéresser. Et comme Junon était une déesse, nous allons voir quelles vengeances terribles elle réservait aux conquêtes de son époux. Les aventures de Jupiter et Junon ont été relatées par Ovide dans ses Métamorphoses.

La première apparition de Junon dans un opéra se trouve dans Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640), de Claudio Monteverdi. Sur la mer, les dieux discutent du sort d’Ulysse : Junon demande à Jupiter qu’Ulysse puisse retrouver la paix, mais il faut d’abord que Neptune calme son courroux. Neptune accepte.

Cliquez sur Jupiter et Junon

Dans le livre II des Métamorphoses, Ovide nous raconte l’histoire de la nymphe Callisto, une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit qu’elle n’est plus vierge et la malheureuse nymphe finira par être transformée en ourse par Junon.

La Calisto est un opéra de Cavalli créé à Venise en 1651.

Cavalli Calisto
Cliquez sur Callisto

Cavalli a récidivé en 1660 avec Ercole amante. Émue par les plaintes d’Hercule, Vénus lui promet de l’aider dans ses amours. Junon, qui a tout entendu, est furieuse et décide de contrarier les amours d’Hercule (Air : « E vuol dunque ciprigna ».)

Cliquez sur Junon

Après Cavalli vient Lully qui a écrit en 1687 Isis, toujours d’après les Métamorphoses. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente
Cliquez sur l’image

Une autre victime de la jalousie et de la vengeance de Junon est Sémélé, la fille du roi Cadmios. Jupiter étant tombé amoureux de Sémélé, Junon prend l’apparence de sa nourrice Béroé, et conseille à la malheureuse de demander à Jupiter de se montrer à elle sous sa forme divine. C’est bien évidemment plus que ne peut en supporter la créature humaine, qui est brûlée vive à la vue de son divin amant. Cette légende a été abondamment mise en musique, notamment par Haendel dans son « operatorio » Sémélé (1744).

Cliquez sur Sémélé

Dans Platée (1745) de Rameau, c’est Jupiter qui, lassé de la jalousie de Junon, joue un tour à sa femme, en faisant semblant de tomber amoureux d’une nymphe des marées à l’apparence de grenouille.

Cliquez sur Platée

On retrouve Junon au XIXe siècle dans La belle Hélène (1864), d’Offenbach : Sparte s’apprête pour les fêtes d’Adonis. On célèbre Vénus, qui a battu Junon et Minerve dans le concours de beauté du mont Ida, grâce au berger Pâris.

Cliquez sur l’image

Et au XXe siècle dans Les mamelles de Tirésias, de Guillaume Apollinaire. On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Francis Poulenc a mis en musique ces Mamelles de Tirésias.

Cliquez sur l’image
Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de CAVALLI (1660)

Ercole amante (Hercule amoureux), de Cavalli, est le fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche. Pour la production de cet opéra, forcément spectaculaire, une nouvelle salle, la « Salle des machines », dotée d’une machinerie phénoménale, devait être construite au Palais des Tuileries. Malheureusement, les travaux de la Salle des Machines n’ont pas été terminés à temps, et c’est un autre opéra de Cavalli , Il Xerse, qui a été monté à la place, dans la grande galerie du Louvre, avec un ballet réglé par Lully, qui n’était encore que maître de ballet. Finalement Ercole amante fut donné devant plus de 7 000 spectateurs le 7 février 1662 dans le nouveau théâtre enfin terminé.

Le livret d’Ercole amante a été repris par Antonia Bembo en 1707.

Comme l’étiquette le voulait, le prologue est dédié aux louanges adressées au Roi.

Prologue : Un chœur de quatorze fleuves (!) chante la gloire du jeune Louis XIV, et en quoi son mariage avec Marie-Thérèse va amener la paix et la prospérité sur l’Europe.

Acte I : Hercule, déjà marié à Déjanire, se désole de la froideur de Yole, qu’il a enlevée par amour (non sans avoir au passage tué son père) (Air : « Come si beffa amor ».)

Cliquez sur Hercule

Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces.

Émue par les plaintes d’Hercule, elle lui promet de l’aider dans ses amours. Junon, qui a tout entendu, est furieuse et décide de contrarier les amours d’Hercule (Air : « E vuol dunque ciprigna ».)

Cliquez sur Junon

Acte II : Illus, le fils d’Hercule, et Yole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs. Illus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas. Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule.

Cliquez sur le page (et Amour)

Lychas court le dévoiler à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».)

Cliquez sur Déjanire

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet D’Hercule, Junon s’empare du Sommeil.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Yole et d’Illus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Yole arrive, accompagnée d’Illus, elle commence par se révolter véhémentement avant que de subir les charmes de Vénus et de faire à Hercule une déclaration d’amour. Illus est très surpris et révèle à son père son amour pour Yole. Celui-ci chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Yole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Illus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Yole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Yole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pourraient changer s’il épargne Illus. Déjanire et Illus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Cliquez sur Déjanire et Illus

L’acte se termine par les propos du page et de Lychas sur la folie qui frappe les hommes amoureux.

Acte IV : Illus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule (Déjanire a été exilée). Une tempête se lève et Illus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Illus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus.

Dans son exil, Déjanire songe à se suicider.

Yole se recueille devant la tombe de son père. La tombe s’effondre, et le spectre du père dit sa colère de voir Yole mariée avec Hercule (qui, rappelons-le, l’a tué.) Déjanire annonce qu’elle a vu Illus se jeter à la mer. Lychas lui conseille de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, tué par Hercule, revêtue d’un onguent pour faire de lui un mari fidèle.

Cliquez sur le chœur des enfers

Acte V : Aux enfers, les rois qui ont été victimes d’Hercule complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend la vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Illus, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon est contente.

Elle annonce qu’Hercule mort est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Yole, Illus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va bientôt se marier avec la Beauté, Marie-Thérèse.

(Source principale : la production de l’opéra d’Amsterdam de 2009, et le DVD associé.)