Écrivains, histoire, littérature, Philosophie

VOLTAIRE et ROUSSEAU, LES JOYEUX DUETTISTES – chapitre 1 – JJ.ROUSSEAU

Cliquez sur le textejesuistombc3a9parterre

chantait Gavroche dans les Misérables de VH.

En fait, le chansonnier BÉRANGER avait déjà écrit avant HUGO dans une de ses chansons :

rousseauvoltaire

traduisant ainsi le fait qu’à l’époque de la Restauration, on attribuait l’origine de la Révolution française aux écrits de VOLTAIRE et ROUSSEAU.

Initialement, j’avais prévu de traiter nos amis dans un seul billet, mais devant l’abondance de matière à traiter, j’ai décidé d’en faire deux billets jumeaux.

Voyons donc ici les rapports entre Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) et la musique.

Dès 1747, DIDEROT et D’ALEMBERT confient à Rousseau (1715 – 1778) la rédaction des articles sur la musique de leur Encyclopédie, et il écrira encore en 1767 un Dictionnaire de musique qui restera longtemps un modèle du genre. Cependant cinquante ans après, ses écrits sont déjà controversés, comme on peut le voir sur le préliminaire de l’édition de 1791.

rousseau encyclopédie

Si l’opéra de JJ.ROUSSEAU Le Devin du village (1752) a connu à son époque un honnête succès, on connaît moins le reste de sa carrière de compositeur. Pourtant, dès 1744, il compose Les Muses galantes qui ne sera jamais joué au théâtre. La première représentation en 1745, privée, provoqua le début de ses querelles avec RAMEAU.

JJ.ROUSSEAUCliquez sur le portrait de JJ.Rousseau

En 1745, il écrit de la musique complémentaire pour Les Fêtes de Ramire, d’après La Princesse de Navarre, un opéra que RAMEAU avait écrit au début de l’année sur un livret de VOLTAIRE. Les difficultés liées à cette reprise influeront sur les difficultés relationnelles entre Rousseau et Rameau.

En 1752, c’est donc Le Devin du village, sans doute son opéra le plus connu.

rouffeau devinCliquez sur l’image

Pourtant, suite à l’échec relatif de cette œuvre, les difficultés entre Rousseau et Rameau éclatent au grand jour avec sa Lettre sur la musique française (1753) où il défend la supériorité de la musique italienne sur la musique française (en fait la prééminence de la mélodie, qu’il défendait, contre l’harmonie, que défendait Rameau). Rousseau prétendait en effet que le français était une langue qui ne se chantait pas, au contraire de l’italien, alimentant ainsi ce qu’on a appelé la querelle des Bouffons, démarrée l’année précédente.

En 1762, Rousseau écrit un Pygmalion, qu’il aurait voulu faire mettre en musique par GLUCK. Celui-ci n’étant pas disponible, il se tourne vers l’obscur Horace COIGNET et Rousseau écrira lui-même 2 des 22 chansons de cette pièce.

Bien entendu, la musique prenant une place importante dans son univers mental, on trouve de nombreuses allusions à la musique dans ses œuvres littéraires, comme Les Confessions.

Monsieur R. dit (😉):

Les accents de la voix passent jusqu’à l’âme ; car ils sont l’expression naturelle des passions, et en les peignant ils les excitent.

Ne ratez pas très prochainement sur ce blog les rencontres entre Voltaire et l’opéra.

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Écrivains, littérature

Pierre CORNEILLE (1606 – 1684)

Pierre CORNEILLE was a famous french dramatist.  

Pierre CORNEILLE (1606  – 1684) est, avec RACINE et MOLIERE, un des grands écrivains français du XVIIe siècle.

Corneille naît à Rouen le 6/6/6 [6 juin 1606). Après des études suivies au collège Bourbon (aujourd’hui, lycée corneille), il suit des études de droit et devient avocat.

En 1628, son père, lui-même avocat, lui achète une charge d’avocat à la Table de marbre du palais de justice de Rouen. Piètre orateur, il renonce vite à plaider pour se tourner vers l’écriture de pièces théâtrales avec Mélite en 1629.

Suivront quelques comédies dont L’illusion comique en 1635. En 1637, il écrit Le Cid, probablement sa pièce la plus connue. Le Cid, a été adapté en 1885 à l’opéra par Massenet

Massenet Le Cid O noble lameCliquez sur l’image

alors que dès 1681, Marc Antoine Charpentier avait écrit des Airs sur les Stances du Cid.

Charpentier Air sur les Stances du CIDCliquez sur l’image

Après Le Cid viendront Horace (1640), Cinna (1641) et Polyeucte (1642). Horace fera l’objet d’un opéra de Salieri, les Horaces, en 1786,

Salieri Ouverture des HoracesCliquez sur l’image

et Polyeucte a donné lieu à au moins deux opéras, Poliuto (1838) de Donizetti et Polyeucte (1878) de Gounod.

Donizetti PoliutoCliquez sur Poliuto

Gounod PolyeucteCliquez sur Polyeucte

En 1641, il se marie avec Marie de Lampérière, avec qui il aura huit enfants.

En 1647, il entre à l’Académie française.

Pierre corneille meurt à Paris le 1er octobre 1684.

L’influence de Corneille sur le monde du théâtre et donc de l’opéra est grande, notamment sur le librettiste italien MÉTASTASE, qui avec sa vingtaine de livrets a donné lieu à plus de mille opéras.

De manière assez directe, sa pièce Pertharite  a inspiré le Rodelinda (1725) de HAENDEL et Théodore, vierge et martyre donnera l’oratorio Théodora (1749) du même Haendel. Haendel toujours avec Jules César (1724), d’après La Mort de Pompée.

Haendel Jules César Son nata a lagrimarCliquez sur l’image

La Clémence de Titus (1791) de MOZART, écrit d’après un des livrets de Métastase, est inspiré de Bérénice de Jean RACINE et de Cinna de Corneille.

De Mozart, on passe à SALIERI qui a écrit Les Horaces (1786), d’après le Horace (1640) de notre écrivain.

 

Écrivains, littérature, Oulipo, Valse

JE ME SOUVIENS (Georges PEREC – 3)

Après La Disparition et La Vie, mode d’emploi, voici le troisième billet consacré à la présence de la musique dans l’œuvre de Georges PEREC.

Je me souviens est le titre d’un recueil de brefs souvenirs écrits par Perec entre 1973 et 1977, et paru en 1978. Ce recueil forme une sorte d’autobiographie en 480 fragments, selon une méthode chère à Perec, celle des listes (et non des LISZT comme disent les musiciens). Parmi ces fragments, une onzaine d’entre eux a trait à la musique classique dont on sait que Perec était un fin connaisseur.

Les voici, avec leur « traduction ».

24 – Je me souviens du Concerto pour hautbois de CIMAROSA. (Domenico Cimarosa [1749 – 1801] était un compositeur italien. Il est connu notamment pour son opéra Le Mariage secret). 

Cimarosa concerto pour hautboisCliquez sur l’orchestre

43 – Je me souviens de l’Adagio d’ALBINONI. (Tomaso Albinoni [1671 – 1751] était un compositeur vénitien, connu pour un célèbre adagio… qu’il n’a pas composé.)

Albinoni AdagioCliquez sur l’orchestre

66 – Je me souviens de l’opérette La Belle Arabelle, avec les Frères Jacques.

120 – Je me souviens des deux films de Roberto BENZI. (Roberto Benzi, né en 1937, était un enfant prodige qui a donné son premier concert à l’âge de 6 ans, et est devenu chef d’orchestre à 11 ans. Deux films lui ont été consacrés : Prélude à la gloire en 1950 [il avait donc 13 ans] et l’Appel du destin en 1953.)

123 – Je me souviens que la violoniste Ginette NEVEU est morte dans le même avion que Marcel CERDAN. (Ginette Neveu [1919 – 1949] était une violoniste soliste de niveau international, élève de Georges ENESCO.)

154- Je me souviens que PADEREWSKI a été élu Président de la République polonaise. (Ignace Paderewski [1860 – 1941] était un pianiste soliste virtuose. Il a écrit un opéra, Manru, créé en 1901. Outre sa carrière de pianiste, il a connu une dimension politique, contribuant au soulèvement populaire des Polonais contre l’Allemagne. Il a été Président du Conseil national polonais en exil [et non pas Président de la République]). 

159 – Je me souviens que RAVEL était très fier de son Boléro.

Ravel Boléro

166 – Je me souviens que Dinu LIPATTI apprit très tard, vers vingt ans, à jouer du piano. (Dinu Lipatti [1917 – 1950) était un pianiste soliste roumain.)

274 – Je me souviens d’un très beau récital donné dans la cathédrale de Chartres (en 1953 ?) par la pianiste Monique de La BRUCHOLLERIE. (M. de La Bruchollerie [1915 – 1972] était une pianiste concertiste française.)

307 – Je me souviens de:

     – Pourquoi les filles du Nord sont-elles précoces ?

     – Parce que le concerto en sol mineur.

430 – Je me souviens combien j’aimais Johann STRAUSS et de mon bonheur quand j’ai vu Valses de Vienne au Châtelet.

Retrouvez le 4e volet de la série des billets consacrés à Perec avec Cantatrix Sopranica L.

 

 

 

 

 

 

Écrivains

E.T.A. HOFFMANN, vous connaissez ?

La musique ouvre à l’homme un royaume inconnu… (E.T.A. HOFFMANN)

L’écrivain romantique allemand Ernst Théodor Amadeus HOFFMANN (1776 – 1822) n’est pas forcément très célèbre en France, mais il occupe une place importante dans l’univers romantique. Connu aujourd’hui essentiellement pour ses Contes fantastiques, écrits dans la veine du roman gothique, il était également dessinateur et compositeur. Parmi ses opéras, Ondine (1816) ne sera pas sans influence sur des opéras tels que Rusalka (1900) de DVORAK ou La Femme sans ombre (1917) de Richard STRAUSS.

Hoffmann admirait le génie de MOZART ou BEETHOVEN, et il a d’ailleurs changé son troisième prénom pour prendre celui d’Amadeus, en hommage à Mozart.

Les pièces pour piano Kreisleriana (1838) de SCHUMANN s’inspirent de l’univers d’Hoffmann (Johannes Kreisler est un de ses personnages, dont les textes apparaissent dans les … Kreisleriana d’Hoffmann.)

Schumann Kreisleriana

TCHAÏKOVSKI a été également influencé par notre poète. il a écrit son propre opéra Ondine (1869), mais devant le peu de succès rencontré, il en a brûlé la partition. Son ballet CasseNoisette(1891) a eu plus de succès. Le sujet est tiré du Casse-Noisette d’Alexandre DUMAS, qui était déjà une adaptation du Casse-Noisette et le roi des souris d’Hoffmann.

Tchaïkovski Casse-Noisette

Un autre ballet célèbre, Coppélia (1870) de Léo DELIBES, est inspiré par la nouvelle l’Homme de sable.

Delibes Coppélia valse des heures

Le principal apport d’Hoffmann dans l’histoire de l’opéra reste cependant le seul opéra « sérieux » d’OFFENBACH. En effet, « le petit Mozart des Champs-Élysées » comme l’appelait WAGNER voulait accéder au statut de compositeur « sérieux » et pour cela, il lui fallait une œuvre « sérieuse ». Ce sera Les Contes d’Hoffmann, dont le livret fut écrit par Jules BARBIER sur des thèmes extraits de ses Contes fantastiques. Le héros en est Hoffmann lui-même, poète qui après avoir rencontré trois images de la femme finit par renoncer à l’amour pour se mettre au service exclusif de sa muse, la poésie.

Nous assistons donc ici à une prodigieuse mise en abîme de l’univers d’Ernst Théodor Amadeus puisque l’écrivain Hoffmann a imaginé un conte, don Juan,  où le héros a l’occasion d’assister à une représentation de l’opéra du même nom de Mozart, représentation qui se termine par la mort dans des circonstances étranges de la cantatrice qui joue le rôle de Donna Anna, alors que les Contes d’Hoffmann mettent en scène ce même écrivain qui voit, entre autres, mourir une cantatrice qui, malade, se rapproche de la mort chaque fois qu’elle chante ! À la fin de l’acte, elle meurt, ayant chanté une fois de trop.

Écrivains, Cinéma, littérature, Philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Friedrich Nietzche naît le 15 octobre 1844 à Röcken.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur Fred

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzsche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Schumann CarnavalCliquez sur le pianiste

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzsche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Friedrich Nietzche meurt le 25 août 1900 à Weimar, à l’âge de 55 ans.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’image

Écrivains, littérature

LA LISTE DE SCHILLER (1759 – 1805)

Le poète et dramaturge Friedrich SCHILLER n’est pas que l’auteur de l’Ode à la joie (1785), mise en musique par deux fois par BEETHOVEN (Fantaisie chorale et final de la 9e symphonie).

Beethoven Fantaisie chorale pour piano chœur et orchestreCliquez sur l’image

Victime dans sa jeunesse du despotisme de son protecteur, il prend la fuite en 1782 et n’aura dès lors cesse de chanter l’amitié et la liberté des peuples. Il inspirera le mouvement romantique allemand et son théâtre sera largement adapté pour l’opéra.

En effet, des compositeurs tels que ROSSINI, DONIZETTI, VERDI ou TCHAÏKOVSKI se sont inspirés de ses drames pour composer leurs opéras, et pas des moindres.

En voici donc une liste, pas forcément exhaustive…

Dès 1781, Schiller écrit Les Brigands, qui donnera I Masnadieri (1847) chez Verdi. En 1783, il écrit Cabale et Amour qui servira de trame au Luisa Miller (1849) du même Verdi. Puis en 1787, il écrit son Don Carlos qui sera adapté, toujours par Verdi, en 1867.

En 1788, il rencontre le grand GOETHE, avec qui il se lie d’amitié, et qui le poussera à continuer à écrire.

En 1800, il écrit Marie Stuart, qui sera adapté à l’opéra par Donizetti en 1834.

Donizetti Maria Stuarda O nube che liev Nella pace del mestro riposoCliquez sur l’image

En 1801, le personnage de Jeanne d’Arc lui inspire La Pucelle d’Orléans, drame qui sera adapté par Verdi [Giovanna d’Arco (1845)] et Tchaïkovski [La Pucelle d’Orléans (1881)].

Verdi Giovanna d'Arco finalCliquez sur l’image

Enfin, en 1804, il écrit Guillaume Tell, qui servira de base au chef-d’œuvre de Rossini (1829).

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Avec ces deux derniers personnages, Schiller nous montre bien le destin de deux héros qui se battent pour obtenir la liberté de leur peuple.

Écrivains, littérature, Oulipo

LA VIE MODE D’EMPLOI (Georges PEREC – 2)

Georges PEREC : Life, a user’s manual.

Après La Disparition, je vais vous parler de La Vie mode d’emploi, un des romans les plus connus de Georges PEREC écrit en 1978. Ce roman oulipien est bâti sur plusieurs contraintes. Il se passe dans un immeuble découpé en 100 pièces (10 étages comportant 10 pièces chacun), et chaque chapitre décrit ce qui se passe dans une des pièces. On passe d’un chapitre au suivant, donc d’une pièce à la suivante, selon le déplacement d’un cavalier qui se déplacerait sur un échiquier 10×10 (un damier, quoi !) sans passer deux fois sur la même case. À chaque case, donc dans chaque pièce, un bi-carré latin d’ordre 10 permet d’associer deux termes pris dans deux listes de dix, termes que l’on retrouve donc régulièrement en suivant le parcours du roman.

 la vie mode d'emploi.png

Parmi les fantaisies que l’on peut croiser dans ce roman, j’aime particulièrement l’explication apportée par Perec pour justifier qu’il n’y a que 99 chapitres, et non 100. En effet, le chapitre manquant se trouve dans un coin de l’immeuble, et comme dans le chapitre précédent, il y a une petite fille qui mange un petit LU, elle a commencé, comme le font tous les enfants, par en manger un coin, d’où la disparition du chapitre !

Un certain nombre d’opéras sont cités par Perec dans La Vie mode d’emploi, notamment le Rake’s Progress de STRAVINSKY,

Stravinsky The rake's progressCliquez sur l’image

l’Enfant et les sortilèges de RAVEL (la version que je vous propose ici vaut vraiment le clic!, voir notamment l’arithmétique à 3min20 et le duo des chats à 6min20),

Ravel Enfant et Sortilège tiquetiquetiqueCliquez sur l’arithmétique

l’Enlèvement au sérail de MOZART ou le Coq d’or de RIMSKI-KORSAKOV, ainsi que d’autres moins connus, voire inventés, tels que Assuérus de MONPOU (Hippolyte, pas Federico), ou Orlando d’ARCONATI (compositeur fictif emprunté à Jules VERNE).

Retrouvez sur ce blog Je me souviens (Georges — Perec 3) et ne manquez pas le billet sur Cantatrix Sopranica L. 

Il y aura aussi les Vœux de Perec à ses amis, dont une série a été consacrée à la musique. C’est comme d’habitude érudit et à mourir de rire.

 

 

Écrivains, littérature, Oulipo

LA DISPARITION (Georges PEREC – 1)

La Disparition (1969) est un roman oulipien écrit par G.org.s P.R.C qui réussit le tour de force d’écrire un roman en français de plus de 300 pages sans utiliser la lettre E, qui est pourtant la lettre la plus courante en français.

Rappelons que l’OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle) est une société regroupant gens de lettres et/ou scientifiques dans le but de produire de la littérature sous contrainte. Dans le cas de la Disparition, la contrainte est donc de ne pas faire apparaître de E, mais une deuxième contrainte oulipienne veut que le texte produit cite la contrainte. Ainsi toute la disparition n’est qu’une longue enquête visant à trouver « quelque chose » qui manque, ce quelque chose pouvant être, par exemple, le cinquième volume dans une série de vingt-six.

Perec qui semblait s’y connaître en musique nous régale donc avec des :

  • Stich-Randall chantait un air d’Aïda.
  • Haig chanta d’abord « Unto us a child is born ».
  • Fricsay l’initia au plain chant, Solti au canon, Von Karajan au tutti, Krips à l’unisson. Sir Adrian Boult assista à l’audition.
  • Douglas Haig, baryton, chantait Don Giovanni (dirigé par Karl Böhm).
  • Il chantait dans Don Juan la partition du commandant.
  • Un ocarina jouant l’Or du Rhin.
  • Haig s’aussitôt livra à sa passion du chant, trouvant dans MOZART, dans BACH, dans SCHUMANN ou dans FRANCK moult satisfactions.

Décryptage :

Theresa Stich-Randall (1927 – 2007) était une soprano américaine extrêmement célèbre à l’époque de La Disparition. Elle s’est illustrée dans les grands rôles mozartiens. Je vous propose de l’écouter chanter Aïda sous la direction de Toscanini (document rare) en 1947.

Verdi Aïda ToscaniniCliquez sur Toscanini

Unto us a child is born (Pour nous un enfant est né) est tiré de l’oratorio Le Messie de Haendel.

Haendel Messie For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Ferenc Fricsay, Sir Georg Solti, Herbert von Karajan, Joseph Krips et sir Adrian Boult étaient des chefs d’orchestre.

Don Giovanni (ou Don Juan en français) est un opéra de MOZART d’après l’œuvre de Molière. Par la partition du « commandant » il faut comprendre le « commandeur ». Perec cite également « l’uomo di marbro », ou « l’uomo bianco », (l’homme de marbre, l’homme blanc) qui sont deux noms que Leporello, le valet de Don Juan, donne à la statue du commandeur venue chercher Don Giovanni pour le conduire en enfer. Et puisque j’ai mis Toscanini pour Aïda, soyons fous et mettons Furtwängler pour Don Giovanni.

Mozart Don Giovanni commandeur furtwanglerCliquez sur Don Giovanni et le commandeur

L’Or du Rhin (Rheingold) est le titre du prologue de l’Anneau du Nibelung de WAGNER, et l’ocarina est un instrument à vent très ancien, une sorte de flûte ovoïde. Les amateurs de jeux vidéos se souviennent certainement d’un des meilleurs Zelda: Ocarina of time.

Wagner Rheingold débutCliquez sur l’image

Quant à Schumann, s’il ne cite pas une œuvre en particulier, il me plaît d’imaginer qu’il s’agit de son opéra Genoveva, qu’il aurait pu écrire Gainofaifa (ou Guaino fait Fa) ! Peut-être saurez-vous écrire Genoveva sans E : à vos commentaires !

Et si vous avez aimé cet article, ne manquez pas sur ce blog :

La Vie mode d’emploi (Georges Perec — 2) et Je me souviens (Georges Perec — 3) et Cantatrix sopranica L. (Georges Perec — 4).

Écrivains, Compositrices

GOETHE (1749 – 1832)

Wolfgang GOETHE was a great german writer. His work had been adapted by a lot of classical composers.

Je me suis rendu compte il n’y a guère que je n’avais pas consacré de billet sur ce blog au grand GOETHE. Et pourtant, le génie de Weimar y tient toute sa place.

Né à Francfort en 1749, cet esprit curieux de tout s’installe à Weimar en 1775. Dramaturge, romancier et poète, Goethe s’est également intéressé à la science, notamment à l’optique (il est l’auteur d’un traité des couleurs.)

Admirateur de MOZART, il considère son Don Giovanni comme étant l’idéal de l’opéra, et il écrit une suite à La Flûte enchantée. Goethe a lui-même écrit des livrets, mais ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès.

Son œuvre littéraire sera abondamment mise en musique par les compositeurs, qu’ils soient romantiques :

ou post-romantiques :

Quant à l’opéra, l’abondante production littéraire de Goethe a inspiré bien des musiciens, à commencer par les nombreuses adaptations de ses deux livres de Faust, l’adaptation par MASSENET des Souffrances du jeune Werther avec son célèbre Werther ou encore le Mignon d’Ambroise THOMAS d’après les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister.

Enfin, il est intéressant de noter qu’au cours de sa longue vie, Goethe aurait pu voir naître et mourir Mozart (1756 – 1791) le classique, Beethoven (1770 – 1727) le préromantique et romantique et Schubert (1797 – 1828) le romantique.