Agenda Ironique, Divers

LE DOUZE DANS TOUS SES ÉTATS

J’avais déjà commencé à écrire cet article quand le sujet de l’Agenda Ironique de mars 2026 est tombé. J’ai donc décidé de le réorienter de manière à ce qu’il réponde au cahier des charges proposé par Amélie (voir cidsous).

Ce mois-ci, c’est Plume dans la main (Amélie) qui nous propose le sujet de l’Agenda Ironique. Et kwaquèle nous demande, Plume dans la main ? Elle nous demande d’accueillir le printemps (c’est de saison) : nouveau départ, recommencement, nouvelle ère, bref, nouveauté ! sous forme de cercle circulaire, ou à la rigueur, de rond, et avec « des émojis qui n’existent toujours pas en 2026 alors qu’on n’en peut plus de les réclamer ! » comme :

– le drapeau breton alors que chacun sait que s’il y a du public, il y a un drapeau breton.

– la framboise alors que qui se sert de l’émoji tête d’ail ?

– l’entonnoir alors que c’est quand même un must have.

– le rein parce qu’on a tous un pote néphrologue.

– le pangolin parce que rendez-nous 2018. 

Et pour les plus joueurs, essayer de faire quelque chose de l’émoji tête d’ail dont on se demande bien pourquoi à quoi il peut servir, à part tenir à distance les vampires et garnir les émojis gigots.

Donc, en bref, du nouveau, du cercle, des émojis et une tête d’ail.

Comme d’habitude, c’est mieux expliqué chez Plume dans la mainouskil faudra aller déposer, dans les commentaires, les liens des textes, comme d’habitude.

Le douze est souvent considéré comme le symbole d’un cycle achevé. On le retrouve donc dans les douze mois de l’année ou dans les douze signes du zodiaque (cycles annuels). Un exemple de constellation dont l’explication se trouve dans un opéra est la constellation des Gémeaux, avec l’opéra Castor et Pollux de Rameau.

Cliquez sur les jumeaux Castor et Pollux

Le douze est aussi à la base de la décomposition d’un temps plus présent. Ainsi, la journée est décomposée en deux fois douze heures, chaque heure étant décomposée en cinq fois douze minutes, chaque minute étant décomposée en cinq fois douze secondes. Le douzième coup de minuit, qui marque à la fois la fin d’une journée et le début d’une nouvelle, est souvent associé à des scènes infernales, comme dans le Freischütz de Weber, ou encore dans cette scène du Vampire de Marschner (un conseil, munissez vous d’une gousse d’ail avant de regarder la vidéo.)

Ne cliquez sur l’image que si vous vous êtes munis d’une gousse d’ail

Toujours en symbolique, douze est le produit de trois et de quatre, le trois représentant l’univers céleste (voir la Sainte Trinité de la chrétienté) et le quatre l’univers terrestre, délimité par les quatre points cardinaux.

En mythologie, on trouve le douze notamment dans les douze travaux d’Hercule. Hercule est un de ces personnages de la mythologie qui a été abondamment porté à l’opéra. Claude Terrasse a ainsi écrit ses Travaux d’Hercule (1901).

Cliquez sur les travaux d’Hercule

Douze est aussi le nombre d’apôtres de Jésus. Das liebesmahl der apolstel (la Cène des apôtres) est une cantate de Wagner écrite en 1853 à Dresde pour célébrer la Pentecôte.

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En musique, douze est le nombre de degrés de la gamme chromatique occidentale (Do – Do dièse – Ré – Ré dièse – Mi – Fa – Fa dièse – Sol – Sol dièse – La – La dièse – Si – Do).

Au début du XXe siècle, quand l’évolution de notre musique savante a fait disparaître la notion de tonalité en vigueur depuis de nombreux siècles, Arnold Schönberg a appelé dodécaphonisme la manière d’écrire une musique où aucune hiérarchie ne s’imposait entre les douze sons de la gamme. Douze est aussi le nombre de temps du blues, qui associe ainsi rythmes binaires et rythmes ternaires.

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En géométrie, le dodécaèdre régulier est un des cinq solides de Platon. Il est très joli et je n’arrive pas à comprendre pourquoi il n’a pas droit à son émoji.

Je suis désolé, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil depuis la géniale invention de l’alexandrin, ce vers de douze pieds qui sied si bien à la prosodie française. Que seraient les tragédies de Racine ou de Corneille sans la perfection de leurs alexandrins, genre « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » ou encore « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » !

Divers

VOUS AVEZ DIT PHILOSOPHIE ?

Vous avez dit philosophie ? Rassurez-vous, il n’y aura pas de gros mot dans cet article, seulement de la belle musique.

Un des premiers philosophes à apparaître à l’opéra est Sénèque, dans Le couronnement de Poppée de Monteverdi.

Cliquez sur Sénèque

Autre philosophe à mourir sous la plume d’un compositeur, Socrate, dans la Mort de Socrate, de Satie.

Cliquez sur Socrate

Parmi les jeunes gens désargentés de la Bohème, de Puccini, figure Colline le philosophe.

Cliquez sur colline

Wagner a été sous l’influence de Schopenhauer et Nietzche, et on trouve trace de cette influence dans l’Anneau du Niebelung, à la fin du Crépuscule des dieux, avec la disparition de ceux-ci. Wagner a à son tour provoqué l’admiration de Nietzche.

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Une des œuvres les plus célèbres de Frédéric le moustachu est Ainsi parla Zaratoustra. Cet essai a inspiré à Richard Strauss un poème symphonique du même nom.

Cliquez sur Zarathustra

Le pianiste Paul Wittgenstein, le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philosophicus (bon, d’accord, j’avais dit « pas de gros mot »), avait perdu un bras lors de la guerre 14-18. Il a commandé aux principaux compositeurs de son époque, Ravel, Prokofiev, Britten, Korngold, Richard Strauss et Hindemith, des œuvres pour la main gauche.

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Et puis, vous me connaissez, je ne peux pas terminer un article parlant de philosophie sans citer mon cher Wladimir Jankélévitch, qui a si bien su utiliser le mystère de la musique pour illustrer sa pensée philosophique.

Divers

WAGNER ET LA FRANCE

Après mon article sur Verdi et la France, il m’est apparu intéressant d’étudier les rapports entre Wagner et la France.

En 1839, Wagner, alors directeur musical à Riga, avait achevé les deux premiers actes de Rienzi.

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L’espoir de faire jouer Rienzi à Paris, capitale de l’opéra, le pousse à s’embarquer pour Londres, première étape de son voyage vers la capitale française. Las, une tempête oblige le navire à s’arrêter dans une crique, et ce sont les chants de l’équipage qui lui donnent l’idée de mettre en musique un texte de Heine sur la légende du Hollandais volant. Ceci nous donnera le premier « grand » opéra de Wagner, connu en France sous le nom de Vaisseau fantôme.

Arrivé en France, il fait la connaissance de Meyerbeer, qui lui promet de l’aider et l’introduit auprès du directeur de l’Opéra de Paris. Malheureusement, celui-ci refuse Rienzi. Les finances s’asséchant, Wagner se voir obligé de faire des travaux alimentaires, notamment en composant la musique d’un vaudeville, la Descente de la courtille.

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C’est de cette époque que date aussi les deux Grenadiers, sur un texte de Heinrich Heine, ainsi que trois mélodies sur des poèmes de Pierre de Ronsard et de Victor Hugo.

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En 1840, il retrouve Meyerbeer qui le met à nouveau en contact avec le directeur de l’opéra, à qui Wagner propose le Vaisseau fantôme. Le directeur trouve le livret intéressant, et propose de l’acheter pour le faire mettre en musique par un autre que Wagner. En 1842, Wagner quitte Paris pour rentrer en Allemagne, où il fait jouer Rienzi et le Vaisseau fantôme.

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En 1859, Wagner, n’arrivant pas à faire jouer Tristan en Allemagne, se rend à Paris avec l’espoir de l’y faire représenter. Il songe aussi à Tannhaüser et à Lohengrin traduits en français. En 1861 enfin, Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser à Paris. Mais pour être joué à cette époque, il fallait un ballet. Wagner ajoute donc la scène du Vénusberg, mais pour ne pas rompre la progression dramatique de son œuvre, il l’a placée dès le début, aussitôt après l’ouverture. Ceci mécontente les membres du Jockey Club, qui avaient l’habitude d’aller voir danser leurs petites amies au IIe acte, ce qui leur donnait le temps de souper avant le spectacle. Ils s’arrangèrent alors pour faire tomber l’œuvre, qui ne dépassa pas trois représentations. Charles Baudelaire se désolidarisera de l’accueil des Français dans une lettre où il écrit « Je veux être distingué de tous ces imbéciles ».

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Plus tard, après l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth et la création de la Tétralogie, la France saura reconnaître le génie de Wagner. En 1898, Albert Lavignac écrit le Voyage artistique à Bayreuth, un indispensable vademecum destiné à ceux qui feraient le pèlerinage vers la colline sacrée (je m’en suis servi pour écrire cet article).

Parmi ceux-ci, on peut relever les noms de Gabriel Fauré et André Messager qui ont écrit, à leur retour de Bayreuth, de très amusants Souvenirs de Bayreuth.

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Et que penser de l’invitation faite à Pierre Boulez et Patrice Chéreau de monter la Tétralogie pour le centième anniversaire du festival, rompant ainsi avec une tradition de mises en scène ronronnantes ?

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(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, librairie Ch. Delagrave, 2e édition, 1898.)

Divers

MON ANNÉE LYRIQUE 2025

Mon année lyrique 2025 a débuté le 18 janvier avec Montag aus Licht, de Karlheinz Stockhausen, à l’opéra de Lille.

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Le 28 janvier, La Petite Renarde rusée de Janacek à l’opéra Bastille.

Le 23 février, Castor et Pollux de Rameau au palais Garnier.

Le 27 février, le Barbier de Séville de Rossini à l’opéra de Lille.

Le 2 mars, le Carnaval de Venise de Campra à l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Le 6 avril, Il Viaggio, Dante de Dusapin au palais Garnier.

Le 25 avril, Don Carlos de Verdi à Bastille.

Le 5 mai 2025, un fabuleux Faust de Gounod à l’Opéra de Lille.

Le 20 mai, à l’Opéra royal de Wallonie, à Liège, Don Pasquale de Donizetti.

Le 24 mai, au Zénith de Lille, Molière, l’opéra urbain de Dove Attia.

Le 12 octobre à Garnier, Ariodante de Haendel.

Le 2 novembre à la Monnaie de Bruxelles, Ali, de Filastine, ben Selim et Arnold.

Le 5 novembre à l’Opéra de Lille, L’Écume des jours d’Edison Denisov, d’après le roman de Boris Vian.

Le 22 novembre, Cendrillon d’après Pauline Viardot à l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Soit 14 représentations, dont une écrite par une compositrice (Pauline Viardot), deux créations (Il Viaggio, Dante et Ali) et quelques raretés (Montag aus Licht, le Carnaval de Venise, l’Écume des jours, Cendrillon).

Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 2 – Les musiciennes dans l’univers profane.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices aussi, quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le Moyen Âge.

Après l’article consacré aux actrices du monde religieux, je vous propose la deuxième partie, la musique dans l’univers profane.

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II.1 la poétesse compositrice

Le saviez-vous ? (moi, je l’ignorais), le féminin de troubadour est trobairitz.

La première d’entre elles est Azalaïs de Porcairagues, autrice d’une seule canso, Ar em al freg temp vengut (voici venu le temps du froid). Malheureusement, cette poésie est parvenue jusqu’à nous sans musique et les musiciens d’aujourd’hui doivent recourir à d’autres mélodies pour pouvoir la restituer au mieux. Le principe était d’ailleurs connu (et pratiqué) au Moyen Âge !

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Qu’est-ce que l’amour courtois, chanté par les troubadours et les trobairitz ? C’est un « idéal de vie, où l’homme courtois doit posséder des manières distinguées et un esprit fin… et par-dessus tout, il doit aimer de fin’amor, d’amour courtois » (pp. 108-109). L’amour courtois est exclusif et constant.

Les trouveresses en France d’Oïl et au-delà. Parmi les compositrices en langue d’oïl, on trouve Blanche de Castille, la mère de Saint-Louis, autrice d’une Chanson à la Vierge.

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II.2 la ménestrelle

Parisa était, avec son mari Janin, ménestriers de bouche. Les ménestrels, ou ménestriers, représentaient à l’époque tout type de musicien. Les chanteurs étaient appelés ménestriers de bouche, alors que les musiciens militaires étaient appelés ménestriers de guerre.

Parisa et Janin ont exercé leur métier de musiciens à la cour de Savoie autour de l’année 1400. Le métier de ces ménestriers était d’animer en musique les nombreuses fêtes de la cour, mais aussi d’accompagner les seigneurs en voyage ou à la guerre. (On retrouvera plus tard cette fonction chez les chansonniers, comme Charles Favart qui était chansonnier du duc de Saxe.)

II.3 La mécène

La comtesse Marie de Champagne (1145-vers 1202) est la première fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi Louis VII. Elle soutient les lettres et de la musique comme sa mère, et plusieurs auteurs de son époque, dont Chrétien de Troyes, lui dédicacent certains de leurs écrits.

III – Fictions et représentations

La troisième partie traite de la représentation des femmes dans les fictions de l’époque.

III.1 la femme sujet

Ainsi de Marion, dans le Jeu de Robin et Marion, d’Adam de la Halle. Les jeux étaient une forme de théâtre mêlé de musique, préfigurant (de loin) l’opéra (cf. l’arbre phylogénétique de l’opéra).

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III.2 la musicienne de fiction

On connaît généralement l’Yseut de la légende de Tristan et Yseut, mais quelle découverte que l’aspect musicienne d’Yseut. Dans la version de Gottfried de Strasbourg, Yseut est une musicienne et compositrice accomplie. Elle écrit au moins trois lais, dont une lettre poème destinée à être chantée par Tristan quand il la lira.

Cliquez sur le lai

Bien sûr, il y a encore beaucoup d’autres choses dans ce livre, alors le mieux, c’est quand même de le lire.

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025.)

Divers

LE CALENDRIER DE L’AVANT DES ÉCRIVAINS 2025

Il est une tradition d’offrir, quatre semaines avant Noël, des calendriers de l’avent, dont la durée dépend du jour de la semaine où tombe Noël. Il doit commencer un dimanche, quatre semaines avant cette fête. Noël tombant un jeudi en 2025, le calendrier de l’avent commence donc le dimanche 30 novembre.

Cette année, en écho à la parution de mon livre « écrivains, dramaturges et librettistes« , je vous propose un calendrier des écrivains.

Cliquez chaque jour sur la pastille pour découvrir une œuvre musicale.

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P.S. il me reste quelques exemplaires de mes calendriers précédents, vous pouvez les avoir :

Le calendrier de l’apprêt.

Le calendrier de l’avent 2022.

Le calendrier de la nativité 2023.

Le calendrier des compositrices 2024.

Divers, Géographie

LA SICILE

La Sicile est une île italienne dont la capitale est Palerme. L’excellent site vexillologique de John Duff nous apprend que son drapeau représente une tête de Gorgone entourée de trois épis de blé et de 3 jambes.

Parmi les compositeurs nés en Sicile figure Alessandro Scarlatti (1660-1725).

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Plus près de nous, Vincenzo Bellini (1801-1835) est né à Catane, en Sicile.

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La sicilienne est une danse au caractère bucolique.

Maria Theresa von Paradis Sicilienne.

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Gabriel Fauré Sicilienne, opus 78.

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Le ténor français Roberto Alagna est d’origine sicilienne. Un de ses albums est titré le Sicilien.

Cliquez sur le Sicilien

Verdi a écrit pour l’Opéra de Paris les Vêpres siciliennes en 1855. Historiquement, il s’agit d’un soulèvement des Siciliens contre l’occupant français en 1282.

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Zampa, ou la Fiancée de marbre (1831) de Hérold, se passe en Sicile.

Cliquez sur Camille et zampa

Cavalleria Rusticana (1890) de Mascagni se passe également dans un village de Sicile.

Cliquez sur Santuzza
Divers, histoire, Mythologie

LES TRILOGIES DE L’OPÉRA

De nombreux compositeurs ont composé des trilogies, soit un ensemble de trois œuvres liées entre elles par un point commun, dates de composition, sujet ou librettiste.

Par exemple, pour Mozart, on parle souvent de la trilogie Mozart / Da Ponte. Il s’agit des trois opéras que Mozart a composés sur des livrets de Lorenzo da Ponte, à savoir Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Cosi fan Tutte (1789). Trois chefs-d’œuvre en quatre ans.

Cliquez sur le Commandeur

Quelques années plus tard, Donizetti écrira ce que l’on appelle la trilogie des Tudors, d’après les heurs et malheurs de la famille royale anglaise : Anna Bolena (1830), Maria Stuarda (1834), et Roberto Devereux (1838).

Cliquez sur Maria

Ce que l’on appelle la trilogie de Verdi correspond à Rigoletto (1851), La Traviata (1853) et Le Trouvère (1853). Trois chefs-d’œuvre en trois ans, Mozart est battu !

Cliquez sur les gitans

À la même époque, le grand rival de Verdi, Wagner, commençait sa trilogie avec prologue, peut-être plus connue sous le nom de tétralogie : l’Or du Rhin (1854), la Walkyrie (1855), Siegfried (1856-1871) et enfin le Crépuscule des dieux (1874).

Cliquez sur le prélude du prologue

Enfin, Puccini a écrit ce que l’on appelle son triptyque (il Trittico), à savoir un ensemble de trois pièces en un acte : Il Tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi en 1918.

Divers, Poésie

LES MÉLODIES DE FAURÉ

Compositeur de l’intime, même son Requiem est doux et apaisé, Gabriel Fauré a écrit beaucoup de mélodies. Ses huit premiers opus sont d’ailleurs des recueils de mélodies.

Je vous propose donc ici une petite sélection de ces mélodies, un genre qu’il affectionnait et qu’il a pratiqué tout au long de sa carrière.

L’Opus 1 contient, « le Papillon et la Fleur », sur un poème de Victor Hugo, et « Mai ».

Cliquez sur n°1 de l’opus 1

L’Opus 4 contient « le Lamento du pêcheur », un texte de Théophile Gautier retenu par Berlioz dans ses Nuits d’été.

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L’Opus 5 contient « Chant d’automne », sur un poème de Charles Baudelaire.

Cliquez sur le n° 1 de l’opus 5

L’Opus 7 contient le fameux « Après un rêve ».

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L’Opus 39 contient « les Roses d’Ispahan ».

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L’Opus 46 contient son fameux « Clair de lune », sur un poème de Paul Verlaine.

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L’Opus 51 contient « au Cimetière », un autre poème de Gautier retenu par Hector Berlioz dans ses Nuits d’été.

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L’Opus 61, la bonne Chanson, est un recueil de 9 mélodies sur des textes de Paul Verlaine.

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Enfin, un de ses tout derniers ouvrages, l’Opus 118 intitulé l’Horizon chimérique, est un cycle de mélodies sur des poèmes de Jean de la Ville de Mirmont.

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Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 1 – Les actrices du monde religieux.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices, aussi quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le moyen-âge.

I – Les actrices du monde religieux.

I.1 – la moniale

Herrade de Hohenburg (vers 1125-1195), abbesse du couvent de Hohenburg sur le mont Sainte-Odile. Elle a écrit l’Hortus deliciarum (le Jardin des délices), soit 45000 vers, 67 poèmes lyriques dont 12 notés musicalement, 400 images. C’est une compilation de textes divers, destinée à l’éducation des moniales.

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Organisation de la musique dans les couvents : il s’agissait essentiellement de psaumes et d’hymnes. La cantrix dirigeait le chœur, apprenait à chanter à ses consœurs, mais aussi à lire et écrire la musique.

De cette époque, le Codex de Las Huelgas (XIIIe siècle) est probablement la plus importante source de polyphonies féminines. Planctus o monialis concio.

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I.2 – la béguine

Les béguines étaient des femmes qui vivaient en marge de la société, sans avoir nécessairement prononcé de vœux religieux.

Parmi elles, Hadewijch d’Anvers (première moitié du XIIIe siècle) est une poétesse et, peut-être, compositrice brabançonne. Elle connaissait la poésie courtoise française. À côté de ses 45 poèmes, Hadewijch a écrit 14 visions, ainsi que des lettres. Les Visions (mystiques) figurent un parcours initiatique la menant vers le Christ rédempteur, largement musicales. Vers la fin du XIIIe siècle, les béguines peuvent être payées pour chanter, notamment lors des messes d’enterrement.

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I.3 – la mystique

La plus connue des musiciennes du moyen âge est certainement Hildegarde de Bingen qui a écrit trois livres de « visions », le Scivias écrit en 1151, le Liber vitae meritorium, écrit entre 1158 et 1163, et le Liber divinorum operum écrit à partir de 1158. Dans ces visions, inspirées par l’Esprit-Saint, Hildegarde s’exprime notamment sur « l’essence divine de la musique et sur ses trois principales fonctions : se rappeler la voix d’Adam avant la chute, susciter la dévotion grâce à la beauté, se pénétrer des chants de Dieu » (Page 63).

Dans sa Symphonia armonie celestium revelationum, ses compositions musicales louent la Sainte Trinité, la vierge Marie, les Vierges, les Veuves et les Innocents. Hildegarde est aussi l’autrice du premier drame liturgique, l’Ordo virtutum (Page 65).

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Page 71 Voir en musique. Anne Ibos-Augé nous explique comment la musique peut être un préambule à la vision, la musique « déclenchant » ces visions. Mais la vision déclenchée, la mystique peut entendre de la musique à l’intérieur de cette vision.

I.4 – la copiste

Dans ce chapitre, l’organisation des ateliers de copie est détaillée, ainsi que la fabrication des encres ou des parchemins. On y apprend la différence entre écrire (un texte) et noter ce texte, c’est çà dire mettre des notes sous le texte pour pouvoir le chanter.

Suit une description de la notation musicale au moyen-âge (page 90).

Retrouvez sur ce site la deuxième partie : II – Les musiciennes dans l’univers profane

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025).