L’idée de cet article m’est venue en visitant récemment l’observatoire de l’Université catholique de Lille, observatoire qui vient d’être rénové et ouvert au public.
Dans la mythologie, il n’était pas rare que les héros finissent leur carrière au ciel, sous forme d’étoile ou de constellation. Et la mythologie ayant servi de sujet à de nombreux opéras, beaucoup de ces œuvres finissent en apothéose.
En 1737, Jean-Philippe Rameau met en musique le destin des frères jumeaux Castor et Pollux. À la fin de l’histoire, Jupiter, ému par le dévouement fraternel des frères jumeaux, leur réserve une place dans le ciel, où ils constituent la constellation des Gémeaux.
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Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon. Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius.
Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de La Coste en 1728
Cassiopée était une reine d’Égypte punie par les dieux à tourner autour de la Grande Ourse. Cassiopée est une constellation assez facile à repérer, à cause de sa forme de « W ». Sa fille Andromède s’est mariée à Persée. Après sa mort, Athéna l’a fait monter au ciel, sous la forme d’une constellation. Andromède est le nom d’un des poèmes symphoniques d’Augusta Holmès.
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À la fin de sa vie de héros, Hercule monte au ciel et veille sur nous pour l’éternité, dans la constellation qui porte son nom. Quand elle apprend sa mort, sa femme Déjanire se rendant compte qu’elle est coupable de la mort de son mari sombre dans la folie. Haendel a écrit Hercules.
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Ganymède est un des quatre satellites de Jupiter. Ganymède était un jeune berger, le plus beau de tous les jeunes gens. Quand Zeus (Jupiter) le voit, il se transforme en aigle pour l’enlever et le conduire au mont Olympe. Là, amant de Zeus, il devient échanson des dieux. Goethe a raconté son destin dans un de ses poèmes, mis en musique par Schubert.
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Bien entendu, l’observation astronomique ne se limite pas aux étoiles. On peut aussi regarder les planètes. Je vous propose donc ici une nouvelle planète mise en musique par Holst.
La Phénicie est un pays de l’antiquité, plutôt discret, et qui s’est trouvé coincé entre divers empires. Son origine historique le situe à la place de l’actuel Liban, avec quatre villes sur la côte est de la Méditerranée, Tyr, Sidon, Beyrouth et Byblos.
Les Égyptiens, qui adoraient les dieux Osiris et Isis, allaient chercher dans cette région, qui ne s’appelait pas encore la Phénicie, des bois durs pour fabriquer des barques funéraires pour leurs dieux.
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On a ainsi la trace du pharaon Akhénaton (Akhnaten) qui envoie chercher du bois de cèdre. La vie d’Akhénaton a fait l’objet d’un opéra de Philipp Glass en 1983.
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Le futur territoire de la Phénicie se trouve coincé entre les Hittites et les Égyptiens, et quand vers l’an 1000 av. J.-C. ces empires s’effondrent, les cités phéniciennes apparaissent et se développent. Malheureusement, les empires se suivent et se ressemblent. C’est au tour des Assyriens (correspondant à l’actuel Irak) de se tourner vers la Méditerranée et de « coloniser » les Phéniciens.
Vers 900 av. J.-C., les Phéniciens, qui sont de bons marins, partent vers l’ouest jusqu’à Chypre, puis la mer Égée, puis la Sicile, Carthage et vont même jusqu’à la côte atlantique, où ils fondent la ville de Cadix.
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Dès lors, on appelle les Phéniciens de l’ouest les Puniques (comme les guerres du même nom.) Ils établissent des comptoirs commerciaux et recherchent des matières premières.
Vers 600 av. J.-C. la Phénicie se trouve à nouveau prise entre deux empires, les Égyptiens et les Babyloniens de Nabuchodonosor. Après sa victoire, Nabuchodonosor déporte les élites phéniciennes à Babylone, comme il le fera avec les Hébreux.
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Quand arrive le tour d’Alexandre le Grand, la Phénicie change à nouveau d’occupants.
Lorsque l’Empire romain s’étend, il intègre la Phénicie à la province de Syrie. Le contrôle de la Sicile sera l’occasion des guerres puniques, qui opposeront Carthage et Rome.
Le soulèvement des barbares employés par Carthage lors de la 1re guerre punique fournira à Flaubert le sujet de son roman épique Salammbô.
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Après la 3e guerre punique, Rome crée le royaume numide (il ne faut jamais parler sèchement à un Numide) et rase Carthage, marquant ainsi la fin du royaume punique.
Parmi l’héritage que nous ont laissé les Phéniciens, il y a l’invention de l’alphabet, par imitation/déformation de hiéroglyphes. Mozart le savait-il quand il a écrit son abécédaire ?
À l’occasion de la production de Polifemo de Porpora à l’opéra de Lille, le metteur en scène avait transposé l’action dans le monde du cinéma hollywoodien des années 50, lors du tournage d’un peplum. Mais qu’est-ce qu’un peplum ? À l’origine, dans l’antiquité grecque, le peplum était une espèce de toge qui s’agrafait à l’épaule.
Depuis le XXe siècle, un autre sens du mot peplum est apparu pour désigner des films à grand spectacle s’inspirant de l’antiquité, et pour lesquels les acteurs portaient des peplums.
Je vous propose ici une petite sélection d’opéras peplums :
Sans grande surprise, le XVIIIe siècle regorge d’opéras de cette catégorie. Ainsi en 1723, Haendel écrit Jules César en Égypte.
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En 1734, c’est son contemporain Vivaldi qui écrit cette amusante Olimpiade.
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Parmi les héros ayant inspiré un grand nombre de peplums figure Hercule. On le trouve aussi au générique de bon nombre d’opéras, dont le Hercules (1744) de Haendel.
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Une génération plus tard, c’est Gluck qui s’affrontera à l’antiquité, avec par exemple son Iphigénie en Tauride (1779).
Au siècle suivant, Verdi sacrifiera par deux fois au peplum. Une première fois avec Nabucco (1841).
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Une seconde fois trente ans plus tard avec Aïda, créé en 1872.
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Entre ces deux dates, Offenbach a frappé, pour notre plus grand bonheur avec une relecture de la figure mythologique d’Orphée dans Orphée aux enfers (1858).
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Et une seconde fois avec sa Belle Hélène en 1864.
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Saint-Saëns, lui, nous propose Samson et Dalila (1877).
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Au XXe siècle, on trouve encore des opéras peplums avec par exemple l’Œdipe d’Enesco.
Licht (Lumière), de Karlheinz Stockhausen, est certainement le projet le plus ambitieux jamais pensé pour l’opéra. En effet, il s’agit d’un cycle de 7 pièces musicales destiné à être joué en 7 jours. Ce cycle n’a à ce jour encore jamais été représenté sous cette forme voulue par l’auteur, même si chaque pièce a été créée de manière individuelle.
Dans Licht, on rencontre 3 forces s’affrontant à l’échelle de l’univers.
Ève, représente l’Esprit-Mère cosmique, mais aussi la séductrice, Marie, la mère de Jésus ou encore Inanna, la déesse sumérienne de la sensibilité de la fertilité et de la procréation, et aussi Lilith, Aphrodite ou Vénus.
Michaël est le créateur du cosmos. Comme Jésus, Michaël devient homme pour naître d’une mère. C’est aussi l’archange qui terrasse le dragon. Son royaume est une galaxie autour du feu central de Sirius.
Lucifer est l’antithèse de Michaël. C’est celui qui nie, qui représente le principe de destruction. Il se moque de son frère Michaël, qu’il tient pour un avorton.
Les deux frères s’affrontent au niveau de l’univers alors qu’Ève cherche à les réconcilier.
La première journée de Licht, Montag aus Licht, est le lundi, Montag, le jour de la lune. Dans beaucoup de mythologies, la lune est associée à la fécondité. Montag aus Licht est donc la première journée du cycle, et c’est aussi le jour d’Ève. C’est une « cérémonie musicale de vénération de la mère », une « célébration de la naissance et de la renaissance de l’humanité ». Stockhausen n’avait pas écrit ces journées dans l’ordre, et il s’agit de la troisième qu’il a composée.
Acte I : Premier enfantement d’Ève.
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Dans la scène 1, on assiste à la naissance de 7 créatures intermédiaires, entre l’animal et l’homme, et celui de sept nains avec barbe et chapeaux pointus. La jeune mère est célébrée par deux Airs de naissance (scène 3), avant le Cri des garçons (scène 4). Ces naissances provoquent la Colère de Lucifer qui insulte l’humanité (scène 5).
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Suivent les grandes lamentations, musique de larmes, pluie de l’âme (scène 6).
Acte II : Deuxième enfantement d’Ève.
L’acte commence par une procession de jeunes filles (scène 1). Après la fécondation (scène 2), sept garçons naissent l’un après l’autre, représentant chaque jour de la semaine (scène 3 : Re-naissance). Ils sont tous musicalement doués. Arrive Cœur de basset (par analogie avec l’instrument appelé Cor de basset) (scène 4 Chant d’Ève). Cœur de basset apprend la musique aux garçons, car « seule la musique peut sauver le monde ».
Acte III : Magie d’Ève.
Message (scène 1). Ève, représentée par Cœur de basset se regarde, penseuse, dans le miroir et demande « Miroir, mon cher miroir, dis-moi qui est la plus belle ». Des femmes arrivent, annonçant la venue d’un musicien d’une grande beauté. C’est Ave, un double inversé d’Ève (Ève se dit Eva en allemand), joueuse de flûte. Les deux faces d’Ève, Cœur de basset et Ave jouent ensemble amoureusement.
Le charmeur d’enfants (scène 2). Des enfants, attirés par Ave, arrivent, et le joueur de flûte leur apprend à son tour sa musique, qu’ils jouent en imitation. Ave a de plus en plus d’emprise sur les enfants et petit à petit les éloigne d’Ève.
Enlèvement (scène 3) : À la fin, Ave et les enfants atteignent les mondes supérieurs et, disparaissant dans les nuages, se transforment en chants d’oiseaux (extraordinaire chœur d’enfants). Ève, vieillie, se métamorphose en montagne. Quand les spectateurs quittent la salle, ils entendent encore une nuée d’enfants-oiseaux.
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(Source principale : la présentation à la presse des représentations à l’opéra de Lille des 18 et 19 janvier 2025).
Dans la mythologie latine, Diane était la déesse de la chasse et de la lune, l’équivalente de l’Artémis grecque.
On trouve plusieurs évocations de Diane dans le domaine lyrique.
Diane était accompagnée de 80 nymphes, qui devaient observer une chasteté absolue.
Les Nymphes de Diane (1755) est un opéra-comique de Favart et Moulinghem.
On retrouve ces nymphes dans le ballet Sylvia, ou la nymphe de Diane, de Léo Delibes.
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Dans le livre II des Métamorphoses d’Ovide, l’auteur nous narre la mésaventure de Callisto, une de ces suivantes, violée par Jupiter. Quand Diane s’en aperçoit, elle chasse Callisto qui finit transformée en ourse par la jalouse Junon. Cette histoire a été mise en musique en 1651 par Cavalli.
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Au début d’Hippolyte et Aricie (1733) de Rameau, Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle règne sur le cœur des hommes.
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Rameau encore dans l’air « Les nymphes de Diane accompagnent Zéphyre en ces lieux ».
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Dans ses Métamorphoses, Ovide nous conte les malheurs du chasseur Actéon qui, ayant surpris Diane au bain, fut transformé en cerf par la déesse. Actéon a alors été dévoré par sa meute de chiens qui ne l’avaient pas reconnu. Actéon (1684) est un opéra de Marc-Antoine Charpentier.
Autre nymphe au service de Diane qui abandonne la déesse par amour, Procris quitte son service pour le beau Céphale. Pour se venger, Diane s’arrange pour que Céphale, victime d’un enchantement, tue Procris qu’il prend pour une bête furieuse. Cette légende a été plusieurs fois mise en musique, dont une par Grétry.
Cliquez sur les suivantes de Diane
Dans la version grecque, Endymion était l’amant de Séléné, dont il a eu 50 filles. Diane et Endimion est un opéra-comique de Piccinni. Cupidon, jaloux d’Endymion, cherche à les séparer.
Diane ou la Vengeance de Cupidon est un opéra de Keiser datant de 1712.
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Diane et l’amour (1802) est un opéra anacréontique d’Edelmann.
Orphée aux Enfers est un opéra-bouffe en 2 actes et 4 tableaux de Jacques Offenbach créé le 21 octobre 1858, sur un livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy.
Le pitch : Orphée (un violoniste), et Eurydice se trompent l’un l’autre allègrement. Eurydice meurt, mais l’Opinion publique, sous la forme d’une mezzo-soprano, demande à Orphée d’aller la rechercher chez son amant Pluton, aux enfers.
Acte I : Eurydice s’apprête à retrouver le berger Aristée, son amant (Air : « La femme dont le cœur rêve »).
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Orphée arrive et lui fait une scène. Il a préparé un piège (Air : « Ah, c’est ainsi ! »). Aristée entre en scène (Air : Moi, je suis Aristée »), mais c’est Eurydice qui tombe dans le piège d’Orphée.
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Aristée reprend sa véritable forme. C’est Pluton, le dieu des enfers, et il emporte Eurydice chez lui (Air : « La mort m’apparaît souriante »).
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L’opinion publique intime à Orphée l’ordre d’aller rechercher sa femme en enfer (Air : « Viens, c’est l’honneur qui t’appelle »).
Sur le sommet de l’Olympe, Cupidon et Vénus rentrent au petit matin. Diane, elle, est outrée que Jupiter ait métamorphosé son amant Actéon en cerf. (Air : « Quand Diane descend dans la plaine ».)
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Junon, toujours soupçonneuse, pense que c’est son mari Jupiter qui a enlevé Eurydice, mais Mercure lui révèle que c’est Pluton le coupable (Air : « Et hop, et hop, place à Mercure »).
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Pluton arrive et cherche à calmer Jupiter. Alors que dans l’Olympe, les habitants commencent à se fâcher contre les frasques du dieu en chef (Chœur : « Aux armes, dieux et demi-dieux ».), Orphée arrive, en compagnie de l’Opinion publique. Jupiter ordonne à Pluton de relâcher Eurydice. Il décide de descendre lui-même en enfer pour contrôler la bonne exécution de son ordre.
Acte II : Eurydice s’ennuie aux Enfers. Styx cherche à la distraire, en lui contant son passé (Air : « Quand j’étais roi de Béotie »).
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Jupiter arrive et veut séduire Eurydice. Il est aidé par son fils Cupidon qui le transforme en mouche pour lui permettre d’approcher la jeune femme (Air et duo : « Il m’a semblé sur mon épaule »).
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Pluton organise une fête endiablée (Chœur : « Vive le vin, vive Pluton »).
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Eurydice entonne un hymne à Bacchus (Air : « J’ai vu le dieu Bacchus ».) Jupiter cherche à enlever Eurydice, mais Pluton l’en empêche. C’est le moment où Orphée, toujours accompagné de l’Opinion publique, vient rechercher Eurydice. Jupiter est obligé d’accepter, mais à une condition, qu’Orphée ne se retourne pas en sortant des enfers. Malheureusement, Orphée se retourne, et Jupiter décide de consacrer Eurydice à Bacchus. (Final : « Galop infernal ».)
Qu’y a-t-il sous l’océan ? Tout le monde s’est posé la question un jour ou l’autre. Et si la réponse nous venait des compositeurs.
Parmi les figures marines qui nagent sous la surface figurent les redoutables sirènes, dont le chant sublime attirait les marins, qui se jetaient à l’eau pour les rejoindre et se noyaient. On trouve un duo de sirènes dans le King Arthur(1691) de Purcell (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».
L’opera seria Polifemo de Porpora est écrit d’après divers épisodes de la mythologie. D’une part, on y trouve l’histoire, qui se trouve dans les Métamorphoses d’Ovide, du cyclope Polyphème qui est amoureux de la nymphe Galatée, elle-même amoureuse du berger Acis, d’autre part on y trouve l’histoire, qui se trouve dans l’Odyssée d’Homère, d’Ulysse abordant sur l’île de Polyphème, et de l’amour que la nymphe Calypso éprouve pour Ulysse.
Polifemo a été créé à Londres où Porpora avait été appelé pour faire de la concurrence à Haendel le 1er février 1735. Le rôle d’Acis a été écrit pour le célèbre castrat Farinelli, un des élèves de Porpora.
Acte I : Sur une plage au pied de l’Etna, les deux nymphes Galatée et Calypso imaginent les peines et les joies qui vont enfler leurs cœurs, quand ils s’ouvriront à l’amour. Polyphème survient, brûlant d’amour pour Galatée. Il veut la couvrir de cadeaux, mais la nymphe se refuse à lui (Air : « M’accendi in sen col guardo »).
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Ulysse et ses marins accostent (Air : »Core avvezzo al furore dell’armi »).
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Acis prévient Ulysse que cette île est celle d’un féroce cyclope mangeur d’hommes et lui conseille de partir vite, mais Ulysse tombe sous le charme de Calypso, déguisée en pêcheuse. Polyphème arrive et offre sa protection à Ulysse et ses hommes contre les autres cyclopes. Ulysse n’est pas dupe, mais ne peut échapper à la « protection » de Polyphème.
Acte II : Calypso qui ne voit plus Ulysse soupçonne Polyphème de l’avoir capturé avec ses hommes, quand elle voit arriver son héros, guidant le troupeau de moutons du cyclope. Il projette de se servir des trésors qu’il ramène sur son bateau et Calypso est prête à l’aider dans son dessein. Polyphème qui cherche toujours à séduire Galatée est à nouveau repoussé, et il jure de se venger, alors que Galatée cherche Acis pour lui proposer un rendez-vous galant.
Calypso apparaît à Ulysse sous ses traits de nymphe. Elle lui apporte les trésors destinés à amadouer le cyclope. Pendant ce temps, Acis et Galatée échangent des serments d’amour.
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Acte III : Polyphème jaloux aperçoit Acis et Galatée enlacés. Furieux, il arrache un rocher de l’Etna écrase Acis dessous. Galatée implore le secours de Jupiter.
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Polyphème, content de sa vengeance, décide de grignoter quelques-uns de ses prisonniers. Ulysse lui sert un vin qu’il avait dans son navire et Polyphème s’endort profondément. Ulysse et ses compagnons lui crèvent l’œil avec un épieu rougi au feu, afin de pouvoir s’échapper.
Jupiter, touché par la supplique de Galatée, décide d’accorder l’immortalité à Acis.
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Polyphème apprend cette nouvelle et fulmine, alors que les deux couples d’amants se réjouissent de la défaite du cyclope et chantent leur amour.
Dans la mythologie grecque, Polyphème est un cyclope, c’est-à-dire un géant qui n’a qu’un œil au milieu du front. Polyphème est un des fils du dieu de la mer Poséidon. Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse fait une halte sur l’île des cyclopes et est capturé et enfermé dans sa grotte par Polyphème, qui veut le manger ainsi que tout son équipage. Pour s’enfuir, Ulysse lui crèvera l’œil, ce qui provoquera le courroux de Poséidon qui dès lors s’acharnera sur Ulysse pour l’empêcher de rentrer chez lui à Ithaque.
L’histoire d’Ulysse nous est contée à peu près dans ces termes par Homère dans son Odyssée, qui raconte les heurs et malheurs d’Ulysse lors de son retour dans sa patrie. La dernière partie de ce périple nous est racontée par Monteverdi dans son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (Il ritorno d’Ulisse in patria sua).
C’est un autre épisode de la vie de Polyphème, rapporté par Ovide dans ses Métamorphoses, que Lully met en musique dans sa pastorale héroïqueAcis et Galatée. Le cyclope, amoureux de la néréide Galathée, est jaloux d’Acis et l’écrase sous un rocher.
L’Olimpiade de Vivaldi a été écrit en 1734 sur un livret de Métastase déjà porté en musique l’année précédente par Caldara. Ce livret de l’Olimpiade a donné lieu à plus de 60 opéras, par des compositeurs tels que Pergolèse, Galuppi ou Hasse, le dernier étant Donizetti en 1817.
Le pitch : Le roi Clistène a deux jumeaux, un garçon, Philinte, et une fille, Aristea. Un oracle ayant prédit que son fils tenterait de le tuer, Clistène demande à son aide de camp de tuer Philinte, ce que celui-ci ne peut se résoudre à faire. Aristea aime Megacle. Philinte toujours vivant et réfugié en Crête sous le nom de Licida sauve Mégacle, scellant ainsi entre eux une forte amitié. Licida aime Argène, la fille du roi de Crête qui est promise à Megacle, alors qu’elle ne l’aime pas. Le roi Clistène donne sa fille Aristea comme prix au vainqueur des Jeux olympiques. La voyant, Licida oublie Argène et tombe amoureux d’Aristea. Conscient qu’il n’a aucune chance de remporter les Jeux, Licida demande à son ami Megacle de s’inscrire sous son nom pour gagner pour lui la récompense, ignorant que Megacle aime Aristea.
Acte I : Alors que Licida attend Megacle pour l’inscription aux jeux, son précepteur Aminta le prévient qu’il joue un jeu dangereux en essayant de tricher. Il lui demande ce qu’est devenu son amour pour Argene, mais Licida répond qu’il ne l’aime plus.
Megacle arrive et Licida lui expose son plan. Megacle est tout heureux de pouvoir rendre service à son ami. (Air : « Superbo di me stesso« .) Aminta insiste sur les dangers que coure Licida, mais celui-ci ne veut pas entendre parler de malheur (Air : « Quel destrier, che all’albero è vivino ».)
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Pour échapper au mariage que le roi de Crête voulait pour elle, Argene a fui Megacle et suivi Licida en Elide. Elle rencontre Aristea accompagnée de nymphes, et se plaint de ses tourments. Quand elle évoque le nom de Megacle à Aristea, Aristea lui révèle son amour pour Megacle et comment Megacle à dû fuir Athènes car Clistène ne voulait pas de cet amour. Argene lui conseille d’envoyer un serviteur en Crête pour prévenir Megaste et le faire participer aux Jeux dont son amoureuse sera le prix.
Clistene entre en scène. Il a effectué les sacrifices sacrés et les Jeux peuvent commencer. Il dresse la liste des participants, qui sont venus de toute la Grèce. Le dernier inscrit arrive de Crête, il s’agit de Licida. Argene se désole que Licida l’ait oubliée. Aristea demande à son père de différer le début des Jeux, mais Clistène répond que c’est impossible. Il critique les femmes qui sont toujours en train de se plaindre (Air : « Del destin non vi lagnate ».) Aristea dit adieu à Argene, car son devoir est de suivre son père (Air : « É troppo spietato ».) Puis Argene, restée seule, se plaint de l’inconstance des hommes (Air : Piu non si trovano ».)
Megacle et Licida discutent avant les épreuves. Licida révèle son plan, il vaut que Megacle gagne pour obtenir pour lui le prix de la victoire, Aristea. Le cœur de Megacle est comme un arc-en-ciel, partagé entre le serment donné à son ami Licida et son amour pour Aristea.
Aristea rencontre Megacle. Elle cherche à lui faire dire qu’il est là pour emporter les Jeux et le prix de la victoire, mais Megacle, géné, ne sait comment lui avouer qu’il va combattre pour Licida. (Duo : « Ne’ giorni tuoi felici« .)
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Argene et Aristea comparent leurs grands malheurs (Air : « Sta piangendo la tortorella« .)
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Aminta conclut l’acte en chantant que parmi les folies qui agitent le chœur de l’homme, l’amour est bien la plus grande. (Air : « Siam navi all’onde algenti« .)
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Acte II : Alcandro, le confident du roi, vient proclamer le résultat des Jeux. Licida (en fait Megacle) a gagné. Les deux femmes se lamentent.
Clistène veut remettre le prix à Licida, mais celui-ci déclare qu’il n’épousera Aristea que de retour en Crête. En attendant, il demande qu’elle soit confiée à son « serviteur » Egisto (en fait le vrai Licida). En voyant Egisto, le roi se trouble sans qu’il sache pourquoi. Clistène présente le vainqueur à Aristea qui, reconnaissant Megacle, ne comprend plus pourquoi on lui a dit que Licina était vainqueur. Clistene ne comprend pas non plus le trouble qui agite le cœur des jeunes gens (air : « Qual serpe tortuosa« .)
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Megacle demande à Licida de s’éloigner pendant qu’il explique la situation à Aristea. Quand il le fait, Aristea s’évanouit. Licida revient. Megacle se sacrifiant pour son ami lui demande si, Aristea le cherche quand elle se réveillera et demande de ses nouvelles, de lui dire qu’il est mort (Air : « Se cerca, se dice ».) Quand Aristea se réveille, Licida lui révèle que c’est lui, Licida, provoquant sa fureur (Air : « Tu me da me dividi ».)
Après une rencontre entre Argene et Licida, Aminta vient annoncer à son maître que Megacle s’est jeté dans le fleuve pour mourir. Alcandro vient annoncer à Licida que le roi le condamne à l’exil, pour l’avoir trompé sur son identité. Licida veut mourir (Air : « Gemo in un punto e fremo ».)
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Acte III : Megacle a été sauvé de la noyade par un pêcheur. Aristea veut se donner la mort là où elle croit que son amant a péri. Ils se rencontrent (vivants tous les deux). Alcandro leur raconte que Licida a voulu tuer le roi, mais que celui-ci l’a condamné à mort. Megacle veut aller sauver son ami, mais Aristea propose que ce soit elle qui aille demander la grâce de Licida à son père. Megacle ne peut se résoudre à laisser son ami (Air : « Lo seguitai felice« .)
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De son côté, Argene se propose également d’aller sauver celui qu’elle aime encore. (Air : « Per salvar quell’alma ingrata ».)
L’heure du châtiment a sonné. Licida demande à voir une dernière fois son ami Megaste avant de mourir. Clistene accepte, saisi d’une étrange compassion pour cet étranger qui lui rappelle quelqu’un. (Air : « Non so donde viene ».) Au moment du sacrifice, Argene survient et se propose pour mourir à la place de son amant Licida. Pour preuve de ce qu’elle avance, elle présente au roi une chaîne et un anneau que Licida lui a offert en gage de fidélité. Alcandro reconnaît la chaîne que portait Philinte quand il a tenté de le tuer, enfant. Il avoue qu’il n’a pu s’y résoudre et a laissé l’enfant en Crête et confié à Aminta. Licida est donc le fils de Clistène et le frère d’Aristea. À Clistene qui veut quand même faire périr Philinte, Megaste rappelle qu’il n’est pas roi à Olympe et que son pouvoir ne s’y exerce pas ! Il laisse au peuple le soin de juger Philinte, peuple qui le gracie. (Chœur : « Viva il figlio deliquente ».)
Clioquez sur le chœur final
(Source principale : le production du Théâtre des Champs-Élysées de juin 2024, et le programme associé.)