Les autres suivent de près et on les applaudit bien fort aussi.
Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’avril 2024, vous vous êtes moins bousculés pour répondre, mais vos faveurs vont à Carnets Paresseux, Jo Bougon et Lothar, que je laisse voir ensemble qui qui va s’y coller.
Un grand bravo à tout le monde, et à bientôt pour un nouvel A.I.
Ce mois-ci (mars 2024), le thème de l’Agenda Ironique était « Les créatures fantastiques« , selon les modalités suivantes :
Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Et voici donc vos participations dans l’ordre d’arrivée :
Et qui qui va organiser l’A.I. d’avril 2004 ? Exprimez-vous ici :
P.S. Si vous n’avez pas eu le temps de participer, vous pouvez encore le faire puisque j’avais annoncé le 28 comme date limite. Je vous ajouterai alors à la liste des participants.
La reine Marie-Antoinette est née le 2 novembre 1755 à Vienne, en Autriche. C’était la fille de Marie-Thérèse d’Autriche et de l’empereur François 1er de Lorraine. Son destin est tracé toute jeune, on la destine à être l’épouse du futur roi de France, Louis le seizième, pour nourrir les liens d’amitié entre l’Autriche et la France.
À Vienne, dans son éducation de princesse, elle est l’élève de Gluck et apprend la musique dans le goût italien. Elle chante et joue du clavecin, mais son instrument de prédilection est la harpe. Bien évidemment, elle est appelée à rencontrer le jeune Mozart alors qu’ils sont tous deux âgés de six ans.
À quatorze ans, on l’envoie en France pour se marier au dauphin Louis (le petit-fils de Louis XV).
En 1771, on crée devant les jeunes gens Zémire et Azor de Grétry. La jeune fille de seize ans est émue devant le sort de Zémire, l’héroïne qui est obligée de quitter son pays et sa famille.
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En 1773, elle appelle à Paris son compatriote Gluck, qui cherchait à venir triompher dans cette ville.
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En 1774, elle devient reine de France lorsque Louis XVI accède au trône. Après huit ans de doutes, elle donnera quand même quatre enfants au roi.
En 1776, on propose le Chevalier de Saint-Georges pour la direction de l’Académie royale de musique (l’actuel Opéra de Paris), mais Marie-Antoinette s’y oppose, jugeant que la couleur de sa peau est plus importante que ses qualités musicales.
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Marie-Antoinette mène grand train (on l’accuse d’ailleurs de dilapider l’agent de la France) et elle aime particulièrement les fêtes et les opéras-comiques, qu’elle fait jouer au petit Trianon. Elle y fera une place au compositeur Grétry, qui deviendra en outre son professeur de clavecin.
En 1778, quand le Duc de Guisnes a commandé un Concerto pour flûte et harpe à Mozart, on le joue devant la reine, mais Mozart qui était à Paris à cette époque, n’était pas présent à ce concert.
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Trop naïve ou pas assez diplomate, elle se fait vite détester par la Cour qui l’accuse de viles turpitudes, comme dans l’affaire du collier, qui inspirera à Alexandre Dumas père le roman Le collier de la reine, ou encore ses amours supposées avec le Chevalier de Fersen.
En 1780, Fabre d’Églantine introduit dans l’opéra-comique Laure et Pétrarque, sa chanson « Il pleut, il pleut, bergère ». Cet avertissement d’un orage qui gronde et dont la bergère doit se méfier est considéré comme un signe avant-coureur de la Révolution française.
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Après la première période révolutionnaire, Marie-Antoinette devient reine des Français de 1791 à 1792, mais en août de cette année, après une défaite contre l’Autriche avec qui la France était entrée en guerre, Marie-Antoinette est accusée de trahison au profit de son pays natal. Marie-Antoinette est enfermée à la prison du Temple. Louis XVI est exécuté en janvier 1793. Plus tard, Marie-Antoinette est transférée à la Conciergerie, et elle est exécutée à son tour le 16 octobre 1793.
D’une manière amusante, on retrouve Marie-Antoinette au XXe siècle, dans the Ghosts of Versailles (1991), une commande du MET à John Carigliano, où le librettiste invente une histoire d’amour entre Beaumarchais et la reine.
Le Turc en Italie (Il Turco in Italia) de Rossini est le fruit d’une commande de la Scala de Milan, dont le sujet est proche d’un autre opéra de Rossini, l’Italienne à Alger, créé l’année précédente. Le livret de Romani est une adaptation d’un autre livret, Il Musulmano a Napoli, mis en musique par Süssmayer en 1794. L’ouvrage ne rencontrera pas le succès, les spectateurs croyant que Rossini avait dupliqué son ouvrage précédent.
Le pitch : Chassé-croisé amoureux pour Fiorilla qui n’hésite pas entre Geronio, Don Narciso et le Turc Selim, et Selim qui hésite entre Fiorilla et Zaida.
Ouverture :
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Acte I : Le poète Prosdocimo cherche un sujet de comédie quand il rencontre une troupe de bohémiens.
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Geronio, époux de Fiorilla, se fait dire la bonne aventure par Zaida. Celle-ci fait des prédictions fumeuses, où il est question d’un mari cornu, ce qui inquiète Geronio.
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Prosdocimo interroge Zaida, qui lui raconte que quelques années auparavant, elle faisait partie du sérail du sultan Selim Damelec. Selim, amoureux, voulait se marier avec elle mais ses rivales du harem ont trompé le sultan en lui faisant croire que Zaida était infidèle. Selim la condamna à mort, mais elle échappa à l’exécution grâce à son ami Albazar. À la fin de son histoire, le Prosdocimo lui dit qu’un prince turc doit arriver au soir pour étudier les mœurs européennes.
Fiorilla revendique son statut de femme libre.
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Le navire turc accoste et le dignitaire turc entonne un hymne à la belle Italie (et aux belles Italiennes). Il fait une cour enflammée à Fiorilla qui, charmée, semble en oublier son mari Geronio ainsi que son amant, Don Narciso, qui part se plaindre au poète.
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Geronio arrive et raconte qu’il a trouvé sa femme en train de boire le café avec un homme enturbanné, qui s’est présenté sous le nom de Selim Damelec (eh oui, il y a de tels hasards dans les livrets d’opéra.)
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Geronio rentre chez lui, et Selim le menace de son sabre. Fiorilla réussit à le convaincre que son mari est inoffensif. Selim retourne au rivage pour préparer sa fuite nocturne avec Fiorilla. Là, il rencontre Zaida, avec qui il se réconcilie. Le poète est content car il tient là une belle fin d’acte. Mais Fiorilla arrive à son tour et se prend de querelle avec sa rivale Zaida.
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Acte II : À l’auberge, Selim propose à Geronio de régler le problème « à la turque », en rachetant sa femme. Geronio préférerait la méthode italienne, soit une bonne correction. Selim menace d’enlever Fiorilla mais Geronio répond qu’il la défendra. Le poète se demande comment cette histoire va évoluer. On demande à Selim de choisir entre les deux femmes, mais devant son hésitation, Zaida décide de partir.
Le poète a imaginé un habile stratagème pour réunir les couples légitimes. Lors d’un bal masqué qui sera donné en l’honneur de l’étranger, Fiorilla et Zaida porteront le même déguisement, alors que Geronio, lui, sera coiffé d’un turban turc. Don Narciso décide de profiter de cette occasion. Il se déguise lui aussi en Turc pour rejoindre son amante Fiorilla alors que Selim fait la cour à Zaida qu’il prend pour sa rivale.
Cliquez sur don Narciso
Lorsque Geronio arrive, il trouve déjà deux couples et ne comprend plus rien. Il commence un esclandre avant de retourner à l’auberge où le poète lui explique son plan, et lui conseille de se séparer de sa femme.
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Fiorilla apprend donc que Selim veut repartir avec Zaida alors que son mari demande le divorce. Magnanime, Geronio lui pardonne, persuadé qu’il est qu’elle réussira à se corriger. Tout est bien qui finit bien pour le poète qui peut ainsi achever sa pièce.
L’air favori de Bianca Castafiore, dans les Aventures de Tintin et Milou d’Hergé et le fameux Air des bijoux extrait du Faust de Gounod, et commençant par « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir ».
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Mais quel autre usage fait-on des miroirs à l’opéra ?
Pauline Viardot nous a laissé dans ses mélodies ce Miroir (« Oh Vénus éternelle »).
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Alors que Debussy nous propose ces Reflets dans l’eau,
Dans l’opéra quelque peu ésotérique de Straussla Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten), la femme sans ombre ne peut évidemment pas se regarder dans un miroir.
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Plus près de nuit, c’est Boulez qui appelle dans sa Sonate n°3 un mouvement « miroir ».
Cliquez sur le 1/2 Boulez
Dans Tommy des Who, la mère excédée de voir son fils se regarder dans le miroir sans s’occuper d’elle finit par briser le miroir.
Ce mois-ci, c’est Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) qui organise l’Agenda Ironique. Et qu’est-ce que je demande, me demandé-je, ce mois-ci, eh bien voilà :
Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Quand j’étais jeune, je collectionnais les mots rares, ceux qui étaient sortis des dictionnaires courants. Et comme les profs de français n’avaient pas réussi à me dégoûter de Baudelaire, de temps en temps je tombais chez ce poète sur de tels mots rares, comme calenture ou dictame. (En fait, je suis injuste quand j’écris cela, car j’ai eu de bons professeurs de français. C’est seulement quand j’ai passé l’oral du bac, sur un poème de Baudelaire justement (« l’Invitation au voyage »), que je suis tombé sur une véritable harpie, qui voulait me faire tuer ce poème en le disséquant dans une analyse mot à mot. (Les harpies étaient des divinités grecques de la vengeance divine, au corps d’oiseau et à la tête de femme. À la différence des sirènes, leur chant n’était pas du tout mélodieux.)
Mais, pour revenir à mes mots rares mémorables, on trouve dans le Vin des amants ce quatrain :
Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain !
Cliquez sur le mirage lointain
Baudelaire, fumeur d’opium, considère sa drogue comme un puissant dictame. On en trouve un dans « La Pipe » :
Et je roule un puissant dictame Qui charme son cœur et guérit De ses fatigues son esprit.
Ou encore dans l’extraordinaire « Tout entière » :
Quel est le plus doux. » – Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré : » Puisqu’en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré.
Et que dire encore du poème « une Gravure fantastique » inspiré par une gravure de Hayhnes représentant un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, Death on a pale horse.
Cliquez sur le quatuor pour la fin du temps (l’Apocalypse)
Ce spectre singulier n’a pour toute toilette, Grotesquement campé sur son front de squelette, Qu’un diadème affreux sentant le carnaval. Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval, Fantôme comme lui, rosse apocalyptique Qui bave des naseaux comme un épileptique. Au travers de l’espace ils s’enfoncent tous deux,
Aux fêtes, saviez-vous que Baudelaire était ami avec Félix Tournachon, dit Nadar, et que ce dernier a pris de nombreux clichés photographiques de Baudelaire ?
Eh bien, si vous collez les différents portraits de Baudelaire sur le pourtour d’un cylindre que vous ferez tourner autour de son axe, et que vous observez les photos défiler devant une fente que vous aurez pratiquée à cet effet, vous obtiendrez ainsi l’illusion du mouvement, et au passage, vous aurez réinventé le phénakistiscope !
L’Ange exterminateur (The exterminating Angel) est le troisième opéra du compositeur anglais Thomas Adès (né en 1971). Créé en 2016 au Festival de Salzbourg, son argument est tiré du film (presque) surréaliste de Luis Buñuel datant de 1962, film que le compositeur avoue avoir connu et apprécié très tôt. Il a été repris dès 2017 par le MET. Dans cette œuvre, Adès a confié le chant de l’Ange exterminateur (que l’on ne voit jamais) aux ondes Martenot, ce qui donne un contrepoint très intéressant aux parties chantées.
Le pitch : Huis clos dans un intérieur bourgeois.
La musique commence avant même le début du spectacle, par des cloches que l’on entend dans le théâtre.
Acte I : À l’issue d’une représentation de Lucia di Lammermoor, un groupe de bourgeois sont invités à dîner chez Edmundo et Lucia Nobile, un marquis et son épouse. Avant que les invités n’arrivent, les domestiques quittent la maison.
Parmi les invités figurent Leticia, la cantatrice, Silvia, une duchesse veuve, Francisco, son frère, Blanca, une pianiste, et Alberto, son mari et chef d’orchestre. Beatriz et Eduardo son fiancé, un explorateur, un colonel et un docteur et le senor Russell.
Edmundo lève son verre à la cantatrice, mais Silvia et Francisco se moquent de la « fiancée vierge de Lammermoor ». Tout ce petit monde plaisante et s’amuse. Blanca se met au piano, Leonora flirte avec le docteur qui confie à un des hôtes que Leonora n’a plus que quelques heures à vivre. Quand Blanca a fini de jouer du piano, on demande à Silvia de chanter quelque chose.
Cliquez sur l’image
La soirée se termine et quelques invités s’apprêtent à partir. Lucia retrouve son amant, le colonel. Bizarrement, malgré l’heure tardive, personne ne part. Edmundo offre un couchage à ceux qui veulent rester. Eduardo et Beatriz s’apprêtent à passer leur première nuit ensemble.
Acte II : Le lendemain matin, tout le monde se réveille. Silvia raconte un cauchemar qu’elle a fait. Le docteur se rend compte qu’un des invités est à l’agonie. Julio, le maître d’hôtel (le seul domestique à être resté) à qui on demande de servir le petit-déjeuner annonce que les fournisseurs ne sont pas passés. Lucia veut conduire les femmes dans sa chambre pour une petite toilette matinale, mais elles ne parviennent pas à franchir le seuil de la pièce. Bianca s’inquiète pour ses enfants, mais n’arrive pas pour autant à partir.
Julio arrive avec du café, mais Francisco se plaint : il n’y a pas de cuillère à café, seulement des cuillères à thé, et comment pourrait-il touiller son café avec une cuillère à thé ? Julio, qui voudrait retourner à l’office, n’arrive pas lui non plus à franchir le seuil du salon.
Cliquez sur Francisco
Blanca se met au piano et commence une chanson étrange et envoûtante.
Cliquez sur un air étrange et envoûtant
Le soir, Russell est tombé dans le coma, et le docteur n’a pas de médicament pour le soigner. Les invités commencent à avoir peur : il n’y a plus rien à boire et l’extérieur semble les avoir oubliés. Soudain, Russel sort de son coma, soulagé de n’avoir pas été victime d’une « extermination ».
Beatriz ne veut pas mourir au milieu des autres, elle préférerait le faire seule avec son fiancé. Russell meurt pendant la nuit. Le docteur et le colonel cherchent à dissimuler le cadavre pendant qu’Eduardo et Beatriz les observent.
Cliquez sur Blanca, Silvia et Leticia
Acte III : À l’extérieur, une foule se presse devant la maison, surveillée par la police? Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent entrer.
Lucia et Blanca creusent des trous dans le salon pour puiser de l’eau dans les tuyaux de la maison. Les invités se bousculent sans ménagement pour boire. Les relations entre les protagonistes se tendent et Raul accuse Francisco d’avoir une relation incestueuse avec sa sœur.
On commence à s’en prendre à Nobile, disant que tout ce qui se passe est de sa faute. Après tout, n’est-ce pas lui qui a eu l’idée de les inviter chez lui ?
Cliquez sur Lucia et le colonel
Leonora qui souffre de violentes douleurs demande au docteur de l’aider. Dans sa fièvre, elle est prise d’hallucinations et voit une main géante qui cherche à l’étrangler.
Le chef d’orchestre harcèle Leticia, mais détourne les soupçons sur le colonel.
Soudain, Yoli, le fils de Silvia, apparaît avec son précepteur, le père Sanson, et les domestiques disparus.
Edmundo essaye de faire griller de la viande dans son salon. Leonora cherche à accomplir un rituel avec Blanca et Letitia, mais celui-ci échoue. Leonora déclare qu’il faut du sang innocent. On découvre les cadavres d’Eduardo et de Beatriz.
Silvia croit bercer son garçon pour l’endormir et lui chante une berceuse étrange.
Cliquez sur Silvia
Petit à petit, l’idée d’un sacrifice humain se répand dans l’assemblée. Edmundo, l’hôte, est désigné comme coupable. Le docteur cherche à les faire changer d’avis, mais Edmundo se dit prêt pour le sacrifice.
Soudain, Leticia a une intuition, elle s’aperçoit que chacun se retrouve exactement à la place qu’il occupait au début. Elle demande à la pianiste de rejouer, à la chanteuse de rechanter. Quand celle-ci s’exécute, la situation redevient normale et les convives peuvent enfin se diriger vers le seuil du salon, au son d’un requiem. Mais parviendront-ils à sortir ?
(Source principale : la production de l’opéra de Paris de 2024, et le programme associé.)
Jeanne Thieffry naît le 7 janvier 1886 à Lille. Issue d’une famille modeste, elle manifeste son intérêt pour la musique dès l’âge de 7 ans.
Elle assure sa formation musicale au Conservatoire de Lille : prix de solfège à 11 ans, prix de piano à 15 ans, prix d’harmonie à 18 ans ! Sa première composition, un Andante pour quatuor et piano, date de 1899.
En 1904, Jeanne épouse un peintre, Salomon Clément Robert. Celui-ci se suicide et Jeanne Thieffry se retrouve veuve à 20 ans.
Brillante pianiste, elle se produit à Lille et à Paris, où elle devient l’élève d’Alfred Cortot.
En 1910-1911, elle suit des cours de contrepoint et de fugue à la Scola Cantorum de Vincent d’Indy à Paris, auprès d’Auguste Serieyx.
À la fin de la Première Guerre, Cortot lui propose d’enseigner le piano à l’École normale de musique de Paris qu’il venait de fonder. Elle a ainsi l’occasion de rédiger les Cours d’interprétation d’Alfred Cortot, une synthèse de 15 ans de travail auprès du maître. Ce livre sera salué par de nombreux pianistes, comme le prouve cette lettre de Wladimir Jankelevitch à Jeanne Thieffry. Il sera traduit en anglais, en espagnol et en italien.
Outre ses œuvres pour piano comme Flandre ou un Choral qu’elle dédie à Cortot, Jeanne Thieffry met en musique les poètes qu’elle apprécie, Verlaine, Gautier ou Klingsor ou son compatriote Albert Samain.
En 1923, lors du concert d’ouverture du nouvel opéra de Lille, elle joue Cloches et Carillons, extrait de son œuvre maîtresse Flandre, dédicacée au roi des Belges.
Jeanne doit quitter Paris pour s’occuper à Lille de sa mère malade. Ceci la coupera petit à petit du milieu parisien de la musique.
Parallèlement à son travail de pédagogue, Jeanne anime pendant 30 ans sur Radio Lille l’émission l’Art du piano.
Outre son activité de musicienne, Jeanne Thieffry était également poétesse et peintre.
Ses talents pour la peinture font que ses amis la poussent à quitter la musique pour se consacrer au dessin et à la peinture.
Ses poésies étaient publiées régulièrement dans la Revue septentrionale, le bulletin des Rosati du nord de la France. Jeanne Thieffry obtient la récompense suprême avec la rose d’or des Rosati, en 1946 pour son poème Le Beffroi.
Médaille d’or des Rosati (1946) conservée à la bibliothèque municipale de Lille.
La fin de la vie de Jeanne Thieffry est triste. Oubliée de tous, elle survit grâce aux Petits frères des pauvres et Jeanne Thieffry meurt à Lille le 25 décembre 1970, à l’âge de 84 ans. Sur son acte de décès figure la mention « sans profession » !
(Sources principales : l’exposition de la bibliothèque municipale de Lille, visible jusqu’au 30 mars 2024, et le catalogue de ses œuvres, disponible sur le site internet de cette bibliothèque.)
Et si vous voulez d’autres articles consacrés aux compositrices, cliquez ICI.
Après Colloque sentimental, de Paul Verlaine, voici un autre poème traité à la sauce Oulipo : La halte des heures, d’un autre Paul, Eluard. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)
Immenses mots dits doucement
Grand soleil les volets fermés
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Un grand navire au fil de l’eau
Ses voiles partageant le vent
Cliquez sur le pianiste
Bouche bien faite pour cacher
Une autre bouche et le serment
De ne rien dire qu’à deux voix
Du secret qui raye la nuit
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Le seul rêve des innocents
Un seul murmure un seul matin
Et les saisons à l’unisson
Colorant de neige et de feu
Cliquez sur la blanche neige
Une foule enfin réunie.
Citations musicales :
Grand soleil les volets fermés : PoulencSept chansons « belle et ressemblante ».
Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de mars 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les créatures fantastiques ». Je vous propose donc de nous proposer un texte mettant en scène des créatures fantastiques telles que dragons (avec ou sans pommes), licornes, chat qui disparaît ne laissant derrière lui que son sourire ou autres sirènes (liste non limitative).
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels que calenture, dictame ou phénakistiscope ? Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 28 mars, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants.
Allez, je vous laisse avec un petit dragon signé Richard Wagner, et j’attends vos participations.