Mes opéras préférés, Mythologie

ATYS, de LULLY (1676)

Alors que l’on fête ces jours-ci les 40 ans des Arts Florissants de William CHRISTIE, j’ai voulu m’associer à cet hommage avec Atys de LULLY.

Tragédie lyrique créée en 1676, Atys est le quatrième fruit de la collaboration de Lully et QUINAULT. Il a certainement été un des opéras favoris de Louis XIV, qui le fait donner à plusieurs reprises.

Quel choc j’ai rencontré quand j’ai eu l’occasion de le découvrir à l’Opéra comique à la fin des années 80, dans la merveilleuse production des Arts Florissants de William Christie (à l’époque pas encore très connus), de Jean-Marie VILLÉGIER à la mise en scène et de Francine LANCELOT pour la reconstitution des ballets tels qu’on les montait sous le règne de Loulou XIV.

Atys commence par un prologue à la gloire du Roi Soleil, comme il était de coutume à l’époque. Il n’y a pas beaucoup de grands airs, mais surtout des récitatifs et des ensembles, duos, trios, chœurs, le tout soutenu par une orchestration très subtile. Ah les flûtes de l’air du sommeil du second acte !

Prologue : à la gloire du roi Louis XIV, que l’on compare à un dieu.

Lully Atys préludeCliquez sur William Christie

Acte I : Atys invite les Phrygiens à préparer l’arrivée de la déesse Cybèle. Sangaride apparaît, joyeuse, car aujourd’hui on fête son mariage avec le roi de Phrygie, Célénus. Cybèle, reine des dieux, va venir en personne donner du lustre à cette cérémonie. Restée seule avec sa confidente, la joie de Sangaride disparaît : en réalité, c’est « l’indifférent Atys » qu’elle aime. Atys surprend sa détresse, et lui avoue un amour dont on le croyait incapable. Sangaride lui répond qu’elle l’aime en retour. La cour s’avance, Cybèle va désigner son grand prêtre et sacrificateur.

Acte II : Le roi Célénus et Atys se disputent la gloire d’être choisi par Cybèle comme Grand Sacrificateur. Mais derrière leurs propos, c’est bien à Sangaride qu’ils pensent tous les deux. Cybèle vient faire son choix en faveur d’Atys, qu’elle aime en secret. Atys reçoit les honneurs de sa nouvelle charge.

Lully Atys danse des ZéphirsCliquez sur les Zéphirs

Acte III : Face à Idas et sa sœur, envoyés par Sangaride, Atys renonce peu à peu à son amitié d’avec Célénus et se résigne à trahir le roi. À peine sa décision prise, un sommeil profond l’envahit. C’est un artifice que Cybèle a choisi pour lui dévoiler son amour. Les allégories du sommeil chantent les joies de l’amour, mais les songes funestes viennent prévenir l’indifférent des dangers qu’il y a à trahir les dieux (Chœur : « L’amour qu’on outrage ».)

Lully Atys songes funestesCliquez sur les songes funestes

Atys se réveille en sursaut, devant Cybèle qui le rassure. Sangaride arrive et implore Cybèle, elle n’aime pas Célénus et ne veut pas l’épouser. Atys, troublé, intervient auprès de Cybèle, qui finit par deviner la passion qui les anime tous deux. Cybèle donne libre cours à son chagrin (Air : « Espoir si cher ».)

Acte IV : Sangaride voit en Cybèle une rivale heureuse et se lamente sur l’ingratitude d’Atys (Air : « Revenez ma raison ».) Pour se venger d’Atys, elle confirme son amour à Célénus qui veut presser le mariage. Resté seul avec Sangaride, Atys s’explique, et les deux amants se jurent fidélité (Duo : « Aimons en secret »). Le père de Sangaride arrive pour le mariage (Air & chœur : « Que l’on chante ») mais Atys se sert des pouvoirs de sa charge de Grand Sacrificateur pour interrompre la cérémonie nuptiale, déclarant que Cybèle ne veut pas de ce mariage.

Acte V : Célénus vient se plaindre à Cybèle. Comprenant qu’ils ont été trahis tous les deux par Atys, ils décident de se venger. Atys, rendu fou par un charme de Cybèle, croit voir en Sangaride un monstre affreux, et lui plonge son poignard dans le cœur.

Lully Atys Toi qui portes partout et la rage et l'horreurCliquez sur l’image

Libéré de son charme par Cybèle, il découvre que c’est Sangaride qu’il vient de tuer. (Chœur : « Atys lui-même fait périr ce qu’il aime ».) Il se frappe avec son poignard mais Cybèle le métamorphose en pin pour pouvoir l’aimer toujours. La déesse pleure alors celui qu’elle a vaincu, mais qui lui échappe à jamais (Air & chœur : « Que le malheur d’Atys afflige tout le monde »).

Lully Atys que le malheur d'Atys afflige tout le mondeCliquez sur l’image

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Contes et légendes, littérature, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (2)

On l’a vu dans le premier billet consacré aux Métamorphoses d’OVIDE, il s’agit d’un long poème écrit au premier siècle de notre ère et reprenant les contes et légendes de cette époque, et les métamorphoses que les dieux ont pu infliger, en bien ou en mal, à des humains ou des nymphes qu’ils voulaient récompenser ou punir après leur mort.

Le livre III commence par le destin de Cadmos parti chercher sa sœur Europe, enlevée par Zeus. Après différentes péripéties, il fonde la ville de Thèbes et reçoit de Zeus son épouse, Harmonie, fille d’Arès et d’Athéna. La version latine de cette légende a servi au livret du premier opéra de LULLY, Cadmus et Hermione. (1673). (Eh oui, Hermione = Harmonie, et donc dans une version grecque de Harry POTTER, Hermione GRANGER se serait appelée Harmonie Granger.)

Lully Cadmus et Hermione finalCliquez sur l’image

On retrouve ensuite Cadmos, et sa fille Sémélé, dont Jupiter tombe amoureux. Pour venger cet outrage Junon, qui a pris l’apparence de sa nourrice Béroé, conseille à Sémélé de vérfier la déïté de son amant en lui conseillant de demander à Jupiter de se présenter devant elle sous son apparence divine. Bien évidemment, quand ceci arrive, Sémélé est brûlée vive par la vue du porteur de la foudre divine. Cette légende a été abondamment mise en musique, notamment par Haendel dans son « operatorio » Sémélé.

Cliquez sur Sémélé

Le livre se poursuit avec la légende de Diane et Actéon. Le chasseur Actéon, petit-fils de Cadmus, surprend un jour Diane prenant son bain, nue. Pour le punir, Diane le métamorphose en cerf et le pauvre Actéon finit dévoré par sa propre meute ! Marc-Antoine Charpentier a écrit un opéra (une pastorale) sur le thème d’Actéon.

Charpentier Actéon air de DianeCliquez sur Diane s’apprêtant à prendre son bain loin du bruit et du monde

On retrouve ensuite Tirésias, celui des Mamelles de Tirésias de Guillaume APOLLINAIRE. Il a connu une aventure proche de celle d’Actéon. Alors qu’il avait surpris l’accouplement de deux serpents dans une forêt, ce qui lui valut d’être transformé en femme, ce qu’il resta pendant sept ans.

Suivent les amours d’Écho pour Narcisse, qui seront mises en musique, elles, par GLUCK. Narcisse était un éphèbe d’une beauté exceptionnelle, dont la nymphe Écho était amoureuse. Dédaignée par Narcisse, elle en appelle au ciel qui la venge. Un jour, alors qu’il buvait dans une source, il tombe amoureux de son reflet (il a enfin trouvé quelqu’un digne de sa beauté), mais ne réussit pas à s’en faire aimer. Dès lors, il dépérit en contemplant son image, sous les yeux d’Écho qui répète la fin de ses phrases. Après sa mort, on retrouva à sa place les fleurs blanches qui porteront désormais son nom de Narcisse.

Gluck Écho et Narcisse finalCliquez sur l’image

Dans le livre IV, outre les innombrables coucheries et jalousies entre dieux et déesses, on trouve la légende de Pyrame et Thisbé, un archétype du mythe moderne de Roméo et Juliette. Deux jeunes gens s’aiment malgré l’opposition de leurs parents. Une nuit où ils se sont donné rendez-vous sous un mûrier, Thisbé arrivée la première doit s’enfuir à la vue d’une lionne à la gueule ensanglantée. Elle laisse tomber son voile que la lionne alors salit. Pyrame arrivant, et trouvant le voile de Thisbé ensanglantée se suicide de désespoir. Quand Thisbé revient et voit le corps de son amant sans vie, elle se suicide à son tour.

Il existe de nombreuses adaptations lyriques de ce drame. Je vous propose ici celle de HASSE, Piramo e Tisbe (1768).

Hasse Piramo e TisbeCliquez sur Pyrame et Thisbé

Le livre IV nous présente aussi, outre les célèbres mythes de Tantale et de Sisyphe, les aventures de Persée.

Persée était chargé de tuer la Méduse. Son exploit accompli, grâce notamment à un casque d’invisibilité (eh oui, si Harry Potter s’était passé dans la Grèce antique, il n’aurait pas eu une cape d’invisibilité, mais un casque d’invisibilité) et sur le chemin du retour, il délivre la princesse Andromède, qui devait être livrée à un monstre marin, et l’épouse.

On retrouve à nouveau Lully qui a écrit son opéra Persée en 1682.

Lully Persée finalCliquez sur Persée et Andromède

On trouve aussi Persée dans le Benvenuto Cellini de BERLIOZ, puisque cet opéra se passe pendant que le génial sculpteur/orfèvre travaille à cette statue, une commande du pape.

Persée Cellini berlioz

Berlioz Benvenuto Cellini ouverture du Carnaval romainCliquez sur l’image

Et pour finir sur une note plus légère, voici une version alternative de la légende de Narcisse et Écho par les Frères Jacques.

Les Frères Jacques Écho et NarcisseCliquez sur les Frères Jacques

Ne manquez pas prochainement sur ce blog la suite des aventures des Métamorphoses d’Ovide.

Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (1)

Les Métamorphoses est le titre d’un long poème, découpé en quinze livres, écrit au premier siècle de notre ère par le poète latin OVIDE. Il s’agit d’un recueil des contes et légendes de cette époque, reprenant les métamorphoses que les dieux ont pu infliger, en bien ou en mal, à des humains ou des nymphes qu’ils voulaient récompenser ou punir après leur mort.

Aux temps premiers de l’Opéra, les sujets étaient majoritairement pris dans ces légendes, et il est tout à fait normal de retrouver dans les livrets des sujets issus des Métamorphoses.

Le livre I est consacré à l’origine du monde est aux premiers âges de l’humanité. On y trouve une évocation du déluge où Jupiter, voulant punir la race humaine, décide de noyer la terre sous les flots. (Je vous rassure, il trouvera deux humains qui, par leur piété envers les dieux, seront jugés dignes d’être sauvés.)

falvetti il diluvio universaleCliquez sur l’extraordinaire « Diluvio Universale » de FALVETTI

Plus loin, Ovide nous raconte l’histoire d’Apollon et de Daphné. Apollon s’est moqué de Cupidon qui, pour le punir, lui envoie une flèche qui le fait tomber amoureux de la nymphe Daphné. Daphné résiste à ses avances avant qu’elle ne soit transformée en laurier par son père.

De nombreux opéras nous content cette légende, dont le proto-opéra Daphné (1598) de Jacopo PERI, celui malheureusement perdu de Heinrich SCHÜTZ (1627) et plus près de nous celui de Richard STRAUSS en 1938.

Strauss Daphné scène finaleCliquez vite sur Daphné avant qu’elle ne soit transformée en laurier

Vers la fin du livre I, Ovide nous raconte la légende de Pan et la naïade Syrinx qui, pour se sauver des avances de Pan, se transforme en roseau. Dès lors Pan, coupant une brassée de roseaux, inventa la Flûte de Pan.

Syrinx (1913) est le titre d’une œuvre pour flûte seule de DEBUSSY, qui avait déjà mis en musique le Prélude à l’après-midi d’un faune de MALLARMÉ. (« Ces nymphes, je les veux perpétuer… »)

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

La fin du livre I et le début du livre II nous racontent les malheurs de Phaéton, fils du soleil, qui obtient de son père de conduire le char solaire. Phaéton en perd le contrôle et son père Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la Terre. Phaéton (1683) est le titre d’un opéra de LULLY.

Lully Phaéton ouvertureCliquez sur Phaéton conduisant le char de son père

C’est aussi le titre d’un poème symphonique écrit presque deux siècles plus tard, en 1873 par SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur l’image

Le livre II se poursuit avec le mythe de la nymphe Callisto, une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit qu’elle n’est plus vierge. La malheureuse nymphe finira par être transformée en ourse par Junon, la jalouse femme de Jupiter.

La Calisto est un opéra de CAVALLI créé à Venise en 1651.

Cavalli CalistoCliquez sur Callisto

Je vais m’arrêter ici pour aujourd’hui, mais ne manquez pas prochainement sur ce blog la suite des métamorphoses musicales des Métamorphoses d’Ovide.

Fantaisie, littérature, Mythologie, Poésie

QUELQUES HAÏKUS (1)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

En voici quelques-uns créés pour vous sur le thème de l’opéra.

Les Métamorphoses

OVIDE raconte ces histoires

De transformations.

Charpentier ActéonCliquez sur l’image

(P.S. je reviendrai abondamment ultérieurement sur les Métamorphoses d’Ovide, qui ont donné lieu à d’innombrables sujets d’opéra.)

La légende de Faust

Racontée par le grand Goeth’

Pauvre Marguerite !

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Le Vaisseau fantôme

Un opéra de Wagner

Amour rédempteur.

Wagner Vaisseau fantôme ballade de SentaCliquez sur cette malheureuse Senta

Amants de Vérone,

Séparés par leurs familles

Roméo, Juliette

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur le ballet de Prokofiev

Götterdammerung

Fin de la tétralogie

Le Crépuscule des dieux

Wagner Götterdammerung Marche funèbreCliquez sur le disque

The Turn of the Screw

Opéra écrit par BRITTEN

Les pauvres enfants.

Britten The turn of the screw résuméCliquez sur le résumé en musique de cet opéra

Voilà pour cette première livraison. Si cela vous a plu, et si vous me le demandez gentiment, je vous en écrirais d’autres. Vous pouvez aussi me soumettre vos haïkus pour alimenter un prochain billet.

Contes et légendes, Mythologie, Shakespeare

LES FÉES…

… sont d’exquises danseuses, nous confiait DEBUSSY dans un de ses préludes.

Debussy préludes les fées sont d'exquises danseusesCliquez sur l’image

Historiquement, les sujets d’opéras étaient tirés de contes et légendes d’origine mythologique ou épique. Il ne faut donc pas s’étonner si on y rencontre des fées.

Un des plus grands pourvoyeurs de sujets d’opéra est le grand SHAKESPEARE, notamment avec son Songe d’une nuit d’été, publié en 1600, qui fait intervenir Obéron (le roi des fées) et sa femme Titania (la reine des fées, donc).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’ouverture d’Oberon de WEBER

Dans son Roland furieux (Orlando furioso), l’ARIOSTE fait intervenir une (méchante) fée, l’enchanteresse Alcina et sa sœur la (bonne) fée Morgane (Fata Morgana en italien.)

Haendel Alcina Ombre pallide PetibonCliquez sur Alcina

Un autre thème épique comportant des fées est la geste arthurienne (billet à venir) avec ses fées Viviane et Mélusine. (Petit rappel : l’enchanteur Merlin tombe amoureux de la fée Viviane, et de leur union naît Mélusine.) Mélusine est l’héroïne de La Magicienne (1858) de HALÉVY, l’auteur d’un opéra très populaire en son temps, La Juive.

Les Fées (Die Feen) est le titre du premier opéra de WAGNER, un opéra de jeunesse très rarement joué, tiré d’une pièce de Carlo Gozzi.

Wagner les fées ouvertureCliquez sur l’image

Le conte de fées Cendrillon de PERRAULT a inspiré ROSSINI avec Cinderella et MASSENET avec Cendrillon, tout comme Walt DISNEY.

Massenet Cendrillon Air de la féeCliquez sur Cendrillon et sa marraine la fée

Le mot fée vient du latin fatum, fata (le destin) aussi retrouve-t-on Fata Morgana (la fée Morgane) dans L’amour des 3 oranges de PROKOFIEV. Celle-ci est terriblement humiliée au début de l’œuvre, mais rassurez-vous, sa vengeance sera terrible !

Prokofiev L'amour des 3 oranges Fata MorganaCliquez sur Fata Morgana

On trouve encore des fées dans les opéras contemporains, par exemple Melusine (1971) de REIMANN.

Reimann MelusineCliquez sur l’image

Et pour terminer, je vous propose de retrouver la face obscure des fées avec les sorcières !

Mes opéras préférés, Mythologie

L’OR DU RHIN (RHEINGOLD), de WAGNER (1853 – 1854)

Prologue de L’anneau du Nibelung, le livret de l’Or du Rhin est achevé en 1853, et la musique en 1854. La première publique a lieu à Münich en 1869, par volonté du roi Louis II de Bavière et contre la volonté de WAGNER. La première officielle a lieu en 1876, pour l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth.

Pour l’Or du Rhin, Wagner rompt avec le traditionnel découpage en actes. Il est composé de quatre scènes reliées entre elles de manière continue grâce à des interludes musicaux.

Les filles du Rhin jouent, insouciantes, dans le Rhin. Elles sont censées garder l’Or du Rhin. Le Nibelung Alberich, un nain lubrique, les entend rire. Il s’approche et leur fait des avances, mais il est si laid qu’elles le repoussent.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur les filles du Rhin

Voyant un éclat doré dans l’eau, il demande aux filles ce que c’est. Elles répondent que c’est l’Or du Rhin, que leur père leur a demandé de garder. Quelqu’un qui forgerait un anneau avec cet or pourrait dominer le monde, mais seul celui qui renierait l’amour pourrait s’en emparer. Devant les moqueries des filles du Rhin, Alberich maudit solennellement l’amour, et s’enfuit au Nibelheim avec le trésor volé. Les filles du Rhin se désespèrent.

Chez les dieux, Fricka réveille son mari Wotan, le dieu en chef, et lui annonce que le Walhalla, un palais que Wotan a fait construire par les deux géants Fafner et Fasolt, est achevé. Fricka est inquiète pour sa sœur Freia, que Wotan a promise aux géants comme prix de la construction. Wotan lui confie qu’il a envoyé Loge, le dieu du feu, chercher une autre récompense que Freia. Celle-ci entre, bientôt suivie par les géants qui viennent se faire payer leur ouvrage. Wotan leur annonce que Freia doit rester, mais Fasolt rappelle à Wotan qu’il tient sa légitimité des runes sacrées gravées sur sa lance, et qu’il se doit de tenir ses promesses.

Wagner Rheingold scène 2Cliquez sur l’image

Loge arrive. Il dit qu’il s’est trouvé quelqu’un pour préférer l’or à l’amour d’une femme : Alberich, qui a volé l’Or du Rhin. Loge conseille à Wotan de promettre cet or en lieu et place de Freia. Les géants acceptent et sortent avec Freia en attendant que Wotan leur apporte l’or. Dès qu’ils sont sortis, les dieux commencent à vieillir, car Freia, avec ses Pommes d’Or, leur procurait la jeunesse éternelle. Wotan suit Loge dans les profondeurs de la terre (le Nibelheim), pour voler l’or à Alberich.

Au Nibelheim, Alberich a contraint son frère, Mime, à lui forger un heaume magique qui permet à celui qui le porte de se métamorphoser à volonté ou de se rendre invisible. Wotan et Loge arrivent et discutent avec Mime, qui leur parle du heaume magique. Alberich arrive, conduisant les Nibelungen qu’il a réduits en esclavage et leur faisant faire un gros tas avec l’or qu’ils ont extrait de terre. Il menace ses visiteurs, leur annonçant qu’avec ses nouveaux pouvoirs, il va devenir maître du monde. Wotan se fâche, mais Loge, rusé, lui parle du heaume magique, et le défie de prendre la taille d’un animal gigantesque. Alberich se transforme en dragon. Loge lui demande alors de se transformer en un petit animal, comme un crapaud. Alberich se métamorphose en crapaud. Wotan et Loge se précipitent sur lui et le capturent en lui arrachant le heaume.

Wagner Rheingold crapaudCliquez sur le crapaud

Remonté à la surface, Wotan exige d’Albérich qu’il lui donne tout son or en échange de la liberté. Alberich ordonne aux Nibelungen de remonter l’or. Quand ils ont fini, Wotan arrache l’anneau du doigt d’Alberich. Alberich maudit alors l’anneau : celui qui portera l’anneau sera l’esclave de l’anneau ! Après le départ du Nibelung, les dieux arrivent, suivis de près par les géants et Freia. Fasolt demande que l’on fasse avec l’or un mur suffisant pour cacher entièrement Freia. Quand les dieux ont fini d’entasser l’or, Fasolt déclare qu’il reste un interstice. Le seul or qui reste, susceptible de le combler, est l’anneau que Wotan porte à son doigt. Wotan refuse. La déesse de la terre, Erda, apparaît alors, et déclare à Wotan que ce sera la fin du monde des dieux s’il ne se résout pas à livrer l’anneau. Wotan s’exécute et les géants se partagent le trésor. Ils se disputent l’anneau et Fafner tue Fasolt pour s’en emparer. Wotan comprend le pouvoir de la malédiction de l’anneau (« Furchtbar nun erfind ich des fluchtes Kraft », soit « Redoutable trouvé-je maintenant la terrible malédiction »). Les dieux peuvent maintenant entrer dans leur château. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux accèdent à leur nouvelle demeure. Loge, qui n’est qu’un demi-dieu, sentant venir la fin du règne des dieux ne les suit pas. Au bas, dans la vallée, on entend les filles du Rhin pleurer la perte de leur or.

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’image

Le décor est maintenant planté pour la suite de la tétralogie (ou trilogie avec prologue pour les puristes), avec la Walkyrie.

 

Mes opéras préférés, Mythologie

LA LÉGENDE DE JOSEPH EN ÉGYPTE, de MÉHUL (1807)

Parmi les musiciens « révolutionnaires » dont je parlais dans mon billet précédent figure Nicolas MÉHUL. Parmi ses opéras figure la Légende de Joseph en Égypte, créé en 1807 d’après la légende biblique de Joseph. Cet opéra a une place particulière pour moi, puisque j’ai eu l’occasion de le chanter (dans les chœurs) en 1989, l’année de la célébration du bicentenaire de la Révolution française. C’était une grande première pour moi, surtout si l’on sait que dans la distribution figurait une jeune débutante prometteuse, une certaine Nathalie DESSAY (!) et que nous avons chanté sur les Champs-Élysées (au théâtre du Rond-Point) le 16 juillet 1989 !

Acte I : Dans son palais en Égypte, Joseph, qui a pris le nom de Cléophas, songe à son destin. Il raconte à son confident Utobal que quand il était enfant ses frères, jaloux de l’amour que lui portait leur père Jacob, l’ont vendu à un marchand d’esclaves (Air : « À peine au sortir de l’enfance »). Il était bien vu par son maître, mais la femme de celui-ci, madame Putiphar, lui a fait des avances auxquelles il n’a pas répondu. Furieuse, elle l’a dénoncé faussement et on l’a alors jeté en prison. Là, ayant su interpréter les rêves obscurs de Pharaon, celui-ci en a fait son ministre.

On annonce l’arrivée d’un groupe d’Hébreux. Ce sont les frères de Joseph, envoyés en Égypte par Jacob avec leur plus jeune frère Benjamin. La famine n’y sévit pas, grâce à Joseph qui a su constituer des stocks de nourriture quand celle-ci était abondante. Siméon, le principal responsable de la déchéance de Joseph est pris de remords et voudrait dire la vérité, mais ses frères lui recommandent de se taire.

Méhul Joseph partie 1Cliquez sur l’image

Joseph les reconnaît aussitôt, et il leur demande des nouvelles de leur père. Sans se faire reconnaître, il leur demande d’aller le chercher, leur offrant l’asile (Air : « Allez tous au devant d’un père »).

Acte II : Les Hébreux se sont installés aux portes de la ville. Ils chantent la prière du matin (Chœur : « Dieu d’Israël »), Joseph demande à Benjamin de rencontrer Jacob (Air : « Allez tous au-devant d’un père »). Benjamin explique à Joseph, qu’il n’a pas reconnu, comment la perte de Joseph a affecté Jacob. Jacob se réveille, il a vu Joseph vivant dans un songe.

Méhul Joseph partie 2Cliquez sur Joseph

Utobal vient dire à Joseph que le peuple veut lui faire un triomphe pour l’avoir protégé de la famine. Joseph fait monter Jacob et Benjamin avec lui sur le char triomphal. Ils reconnaissent alors Cléophas.

Acte III : Joseph offre un festin à sa famille. Seul Siméon est absent, rongé par la honte d’avoir vendu son frère Joseph. Des jeunes filles chantent un hymne à la nature (Air et chœur : « Aux accents de notre harmonie »).

Méhul Joseph aux accents de notre harmonieCliquez sur l’image

Utobal vient dire à Joseph que le pharaon lui reproche d’avoir donné de tels honneurs à des étrangers. Joseph part s’expliquer auprès de pharaon. Les frères reviennent avec Siméon, qui avoue son forfait à son père. Jacob les maudit tous, à l’exception de Benjamin. Joseph revient et s’agenouille devant son père en se faisant reconnaître comme Joseph et lui demande de pardonner à ses fils. Jacob, ému, pardonne. Pharaon offre l’hospitalité aux hébreux.

Méhul Joseph partie 3Cliquez sur l’image

P.S. Les vidéos présentées ici ne correspondent pas complètement au spectacle donné en 1989. Il s’agit d’un film tourné en 1991 et destiné à présenter le Théâtre Impérial de Compiègne qui allait ouvrir ses portes (j’y étais aussi, dans Gustave III, roi de Suède de D.F.E. AUBER, mais ça, c’est une autre histoire). C’est pourquoi on ne voit pas les choristes dans ce film, mais des figurants.

Mes opéras préférés, Mythologie

IPHIGÉNIE EN TAURIDE, de GLUCK (1779)

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après Racine, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : « Ainsi périt Iphigénie en Aulide », lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).

Historique, littérature, Mythologie

QUELQUES OPÉRAS BIBLIQUES

Depuis l’origine du genre, les livrets d’opéra étaient tirés de la mythologie (grecque ou latine), mais très vite, des scènes tirées de la Bible ont servi d’argument aux livrets.

Commençons par la Genèse, et le très beau (et méconnu) Déluge (Il Diluvio universale) (1682) de Falvetti.

falvetti il diluvio universalePartagez l’enthousiasme des solistes de la Capella Mediterranea en cliquant sur l’image

À la même époque en France, Marc-Antoine Charpentier mettait en musique l’amitié de David & Jonathas (1688).

charpentier david et jonathasCliquez sur David & Jonathas

Les deux « tragédies bibliques » de Jean RACINE ont été mises en musique par Haendel, qui en a tiré deux oratorios Esther et Athalia.

C’est au XIXe siècle que l’on commencera à faire de « vrais » opéras à partir des textes sacrés de la Bible. Parmi eux, on peut citer ceux se passant en Égypte, comme Joseph (1807) de MÉHUL ou Moïse et Pharaon (1818, puis 1827) de ROSSINI.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur l’image

Saint-Saëns écrit l’opéra-péplum Samson et Dalila (1859 – 1877) et Massenet Hérodiade (1881) d’après Flaubert.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Dalila et Samson

massenet hérodiade il est douxCliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter Salomé (1905) de R.Strauss ainsi que son ballet La Légende de Joseph, écrit en 1914 pour les Ballets russes, et encore Moïse et Aaron de Schönberg.

Moins directement biblique, on peut aussi noter l’importance de la Bible dans Wozzeck de Berg (le soldat Wozzeck cherche à comprendre le sens de la vie en lisant la bible, et sa femme Marie cherche à comprendre sa propre histoire à travers celle de la pécheresse Marie-Madeleine.)

Dans l’opéra-jazz Porgy & Bess (1935) de Gershwin, un dealer a une lecture impertinente de la Bible.

gershwin porgy and bess it ain t necessarily soCliquez sur l’image

Une autre forme musicale, proche de l’opéra (il s’agit aussi d’histoire racontée en musique), l’oratorio, a également abondamment puisé ses sujets dans la Bible.

Haendel avec Israël en Égypte, Solomon ou encore le Messie, et Haydn avec la Création.

Enfin, retrouvez d’autres opéras bibliques en allant sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

https://www.levoyagelyrique.com/l-opera-et-la-bible

Mes opéras préférés, Mythologie

SIEGFRIED, de WAGNER

Voici déjà quelque temps que j’ai laissé la Walkyrie sur son rocher, endormie par son père Wotan, le dieu en chef, en attendant qu’un homme « qui ne connaît pas la peur » vienne la réveiller. Voici donc la suite de l’histoire.

Deuxième pièce de la trilogie avec prologue l’Anneau du Niebelung, Wagner interrompt longuement la composition en 1857 pour se consacrer à Tristan & Isolde et aux Maîtres chanteurs de Nüremberg. Il ne se remet à Siegfried qu’en 1869 et le termine en 1871. Siegfried est créé à Bayreuth en 1876, avec l’ensemble de la tétralogie.

Arrivé à cet endroit de votre lecture, vous devez vous demander s’il faut dire trilogie ou tétralogie. Je reviendrai un jour sur ce sujet, mais pour l’instant imaginez simplement que vous êtes en présence du Seigneur des anneaux de Tolkien (une trilogie) et de Bilbo le Hobbit (un prologue).

Acte I : Dans la forêt, Mime qui a recueilli Siegfried, l’enfant né de l’union incestueuse entre Siegmund et Sieglinde, s’escrime à forger une épée pour le jeune Siegfried. Mais c’est peine perdue, Siegfried casse toutes les épées qu’il forge pour lui. Siegfried revient. Il a capturé un ours qu’il envoie « taquiner » Mime. Mime lui raconte tout ce qu’il a fait pour lui depuis que, « marmot vagissant », il l’a recueilli et élevé. Justement, Siegfried veut savoir qui il est, d’où il vient, qui sont ses parents… Mime finit par lui raconter l’histoire de ses parents Siegmund et Sieglinde, et lui parle de Nothung, l’épée brisée de son père. Siegfried demande à Mime de réparer Nothung, et repart dans la forêt.

Wotan, déguisé en voyageur, vient voir Mime. Il lui propose un marché, il répondra à trois questions que lui posera Mime, et en échange, il lui posera trois questions. Celui des deux qui ne saura pas répondre aux trois questions mettra sa tête en gage. Mime demande au voyageur qui habite les entrailles de la terre, la crête des montagnes, et les hauteurs célestes (cf. Rheingold, l’Or du Rhin), ce à quoi Wotan répond facilement. À son tour, Wotan pose ses questions. Les deux premières sont faciles, mais à la troisième, « qui saura reforger l’épée ? » Mime ne sait pas répondre. Wotan lui apprend avant de repartir que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra reforger l’épée.

Siegfried rentre de la forêt. Il demande des nouvelles de Nothung, et Mime est obligé de lui avouer qu’il ne réussit pas à la reforger. Il lui dit qu’il le laissera partir lorsqu’il connaîtra la peur, et il lui parle de Fafner qui est susceptible de lui faire connaître cette peur. Siegfried se met alors en tête de reforger l’épée, puis d’aller voir Fafner pour connaître la peur et être libéré de Mime. Et le voilà qui lime, qui forge, qui actionne le soufflet, qui forge (Air de la forge : « Nothung, Nothung, Neidliches Schwert »).

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Pendant que Siegfried s’active sur la forge, Mime prépare à la cuisine un poison qui lui permettra de tuer Siegfried une fois Fafner vaincu et de s’emparer ainsi du trésor des Niebelungen.

Acte II : Au fond de la forêt, devant la grotte où Fafner garde l’Or du Niebelung, Alberich et le voyageur se rencontrent. Wotan réveille Fafner pour le prévenir de l’arrivée de Siegfried, mais celui-ci ne lui prête pas attention et se rendort. Siegfried arrive, guidé par Mime, effrayé. Il renvoie Mime pour rester seul et médite. Il entend le chant d’un oiseau sur une branche, et se demande ce que peut signifier son chant.

wagner siegfried murmures de la forêtCliquez sur Siegfried

Il essaie d’imiter le chant de l’oiseau avec son cor, mais le seul résultat qu’il obtient est de réveiller le géant Fafner, métamorphosé en dragon, qui l’attaque. Siegfried se sert alors de Nothung pour tuer le dragon.

Wagner siegfried tue le dragonCliquez sur Siegfried

Une goutte du sang lui touche la main. Alors qu’il se lèche la main pour nettoyer le sang, il acquiert le pouvoir de comprendre l’oiseau, qui lui parle du trésor et du heaume magique cachés dans la grotte. Siegfried entre alors pour les chercher, pendant que Mime et Alberich se disputent leur victime. Mais quand Siegfried ressort de la caverne, ils prennent peur et s’éclipsent discrètement. L’oiseau reprend son chant, et prévient Siegfried des intentions de Mime. Ainsi quand celui-ci vient lui offrir à boire, Siegfried le tue. L’oiseau lui parle alors de la présence de Brünnhilde, endormie sur son rocher, protégée par un cercle de feu. Siegfried part à sa recherche.

Acte III : Wotan vient demander conseil à Erda, déesse de la terre et source du savoir. Mais celle-ci ne voit pas tout, et il apparaît évident à Wotan que la fin des dieux qu’elle lui a prophétisée est inéluctable. Il cherche à léguer son pouvoir à Siegfried pour faire cesser la malédiction de l’anneau d’Albérich. Siegfried arrive, guidé par l’oiseau. Il demande à Wotan le chemin du rocher, mais Wotan tente de s’interposer. Siegfried brise alors la lance de Wotan avec Nothung, son épée. C’est le début de la fin du règne des dieux.

Siegfried se dirige alors vers le cercle de feu où Brünnhilde dort sur son rocher et le franchit sans peine. Là, retirant le casque et l’armure du guerrier allongé, il découvre une femme (« Es ist kein Mann ! »). Intimidé, il finit par la réveiller d’un baiser. Brünnhilde salue alors le soleil, mais commence par résister à Siegfried. Puis elle finit par céder, et Brünnhilde devient une mortelle, amoureuse d’un humain. L’opéra se termine par leur duo d’amour.

wagner siegfried scène finaleCliquez sur le Festspielhaus

Retrouvez la suite dans le Crépuscule des dieux.