Mes opéras préférés, Mythologie

CASTOR ET POLLUX, de RAMEAU (1737 puis 1754)

Troisième opéra de Jean-Philippe RAMEAU, Castor et Pollux est une tragédie lyrique écrite en 1737, sur un livret de Pierre-Joseph BERNARD. Cette œuvre a connu un grand succès. Rameau l’a révisé en 1754, à la fin de la querelle des bouffons.

Le pitch : Nous sommes à Sparte, en présence de deux frères, les jumeaux Castor et Pollux, fils de Jupiter et de deux sœurs, Télaïre et Phébé, filles du soleil. Pollux et Télaïre doivent se marier, mais Télaïre aime secrètement Castor, qu’aime également Phébé. Phébé craint que sa sœur ne renonce à son mariage avec Pollux au profit de Castor, et c’est ce qui arrive grâce à Pollux, dont l’amour filial l’emporte sur son amour de Thélaïre. Phébé se sert de Lyncée, un ennemi de Sparte, pour tuer Castor. Phébé propose à Télaïre de se servir du pouvoir qu’elle a sur les enfers pour aller y chercher Castor, à condition que Télaïre renonce à Castor. Pollux déclare que c’est à lui de persuader son père de faire revenir Castor à la vie. Jupiter finit par accepter à la condition que Pollux prenne sa place chez les morts. Quand Castor apprend le sacrifice de son frère, il refuse, mais Pollux lui annonçant que Télaïre refuse de vivre sans lui, il finit par accepter.

Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur accorde à tous deux l’immortalité, et une place dans le ciel.

Acte I : Pollux est sur le point de se marier avec Télaïre. Phébé, sœur et rivale de Télaïre auprès de Castor, en veut à celui-ci de lui préférer Thélaïre. Elle craint que Pollux ne renonce à son mariage avec Thélaïre au profit de Castor.

Télaïre entre, exprimant ses regrets (Air : « Éclatez, mes justes regrets »). Par son mariage avec Pollux, elle va perdre Castor. Celui-ci vient lui faire ses adieux. Amoureux de Télaïre, il s’efface devant son frère Pollux. Pollux, ému par leurs tendres aveux, demande à Castor de rester. Il lui cède et Télaïre, et sa couronne.

Rameau Castor et Pollux Non, demeure, CastorCliquez sur l’image

Castor chante son bonheur (air : « Quel bonheur règne dans mon âme »). Mais Lyncée, guidé par Phébé, attaque le palais pour enlever Télaïre. Castor tombe sous les coups des assaillants. La foule demande à Pollux de le venger. Pollux revient avec son armée, libère Télaïre et frappe Lincée.

Acte II : Le peuple pleure la mort de Castor (Chœur : « Que tout gémisse »).

Rameau Castor et Pollux Que tout gémisseCliquez sur l’image

De chagrin, Télaïre, fille du soleil, renonce à la lumière de son père. (Air : « Tristes apprêts, pâles flambeaux »).

Rameau Castor et Pollux Tristes apprêts, pâles flambeauxCliquez sur Télaïre

Phébé paraît. Grâce au pouvoir qu’elle a sur les enfers, elle peut ramener Castor au monde des vivants, à condition que Télaïre renonce à son amour. Télaïre accepte. À ce moment paraît Pollux, avec la dépouille mortelle de Lyncée. Il demande à Télaïre si elle se sent vengée. Elle lui répond que la vengeance ne console pas son amour perdu, et que Phébé va aller chercher Castor aux Enfers. Pollux refuse. C’est à lui de plaider auprès de son père Jupiter le retour de son frère. Après une danse, un héraut chante la gloire des héros (air : « Éclatez, fières trompettes »).

Rameau Castor et Pollux Éclatez fières trompettesCliquez sur le héraut

Acte III : Pollux se rend au temple de Jupiter pour y porter son offrande (Air : Présent des dieux).

Rameau Castor et Pollux Présent des dieuxCliquez sur l’image

Le grand-prêtre fait sortir la foule, car Jupiter va paraître. Jupiter et Pollux restent seuls. Pollux le supplie de faire revenir Castor, mais Jupiter refuse d’enfreindre les lois de l’enfer. Pollux insiste, Jupiter lui dit que pour faire revenir Castor, Pollux doit prendre sa place en enfer, et perdre ainsi son immortalité. Pollux est prêt à se sacrifier pour le bonheur de Castor et Télaïre, mais Jupiter pour le mettre à l’épreuve veut lui montrer ce qu’il perd. Hébé, déesse de la jeunesse entre, accompagnée des « plaisirs célestes ». Hébé veut enchaîner Pollux avec ses plaisirs, mais Pollux résiste et part.

Acte IV : Phébé est à l’entrée des enfers. Elle invoque les esprits magiques, pour combattre les monstres qui en défendent l’entrée. Mercure arrive, accompagné de Pollux. Ils s’unissent pour combattre démons et furies (Chœur : « Brisons tous nos fers »), et Mercure et Pollux entrent, alors que Phébé reste à l’entrée.

Rameau Castor et Pollux Brisons tous nos fersCliquez sur le chœur des enfers

Aux Champs Élysées, Castor est accompagné des ombres heureuses, qui charment son séjour (Air : « Séjour de l’éternelle paix »).

Rameau Castor et Pollux Séjour de l'éternelle paixCliquez sur Castor

Pollux paraît, les faisant fuir, effrayées. Pollux déclare qu’il vient prendre la place de Castor. Castor commence par refuser le sacrifice de son frère, mais celui-ci lui dit que Télaïre l’attend, et qu’elle mourra s’il ne revient pas. Castor accepte de quitter l’enfer, mais pour un jour seulement, et jure qu’aucune aurore ne le verra au séjour des mortels.

Acte V : Castor est auprès de Télaïre. Il veut redescendre aux enfers et lui fait ses adieux. Télaïre ne comprend pas pourquoi il la quitte. Jupiter fait entendre son tonnerre. Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur réserve une place au ciel : la constellation des Gémeaux.

(Source principale : l’enregistrement fait à Amsterdam en 2008, sous la direction de Raphaël PICHON, paru en DVD chez Opus Arte.)

P.S. et si vous demandez ce que devient Phébé, eh bien elle n’a que le sort qu’elle mérite, elle meurt !

P.P.S. Si vous vous demandez pourquoi, parmi les jumeaux Castor et Pollux, l’un était immortel et pas l’autre, c’est qu’ils étaient les fils issus de l’union de Leda, la femme du roi de Sparte, et de Jupiter, métamorphosé en cygne pour séduire celle-ci. Léda a eu deux œufs de cette union, de l’un sont sortis Castor et Clytemnestre, les enfants mortels et de l’autre Pollux et Hélène, les enfants immortels ! Sacré Jupiter, va !

Mes opéras préférés

FIERRABRAS, de SCHUBERT (1823)

Un des rares opéras de SCHUBERT que l’on monte encore, parfois, et que l’on a donc l’occasion de pouvoir entendre. Il s’agit d’un Singspiel, opéra chanté en allemand avec des parties parlées, comme La Flûte enchantée ou le Freischütz. En 1822, un théâtre de Vienne a commandé Fierrabras à Schubert et Euryanthe à WEBER pour essayer d’enrichir le répertoire allemand, mais la déferlante ROSSINI de passage à Vienne à cette époque a ruiné la carrière de ces deux pièces. Après le naufrage de la création d’Euryanthe, Fierrabras n’a même pas été monté, et il faudra attendre le centenaire de la naissance de Schubert pour qu’on en donne une version complète. Cette partition mérite l’écoute, car on y retrouve le génie de Schubert pour la mélodie et les ensembles (duos, trios, chœurs).

Le pitch : L’action se passe à l’époque de Charlemagne et Roland, dans leur combat contre les Maures. Après la victoire contre les Maures, les Francs de Charlemagne capturent Fierrabras, le fils du prince Boland. Boland découvre qu’Emma la fille de Charlemagne est la jeune fille inconnue dont il est tombé amoureux lors d’un séjour à Rome. Emma, elle, est amoureuse d’Eginhard, un jeune noble pauvre. Et Roland, lui, est amoureux de la sœur de Fierrabras, Florinda. (J’espère que vous suivez.) Emma et Eginhard décident de s’enfuir, mais Charlemagne pense que c’est Fierrabras le coupable de leur disparition et le fait arrêter. Eginhard se sent coupable envers Fierrabras alors que Florinda veut sauver son frère et Roland, dont la vie est menacée.

Charlemagne et Boland finissent par faire la paix, les deux couples d’amoureux se trouvent réunis, alors que Fierrabras reste seul.

Ouverture :

Schubert Fierrabras OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans le quartier des femmes du château de Charlemagne, les femmes tissent, chantant une allégorie de la vie (les langes du nouveau-né, le voile de la mariée et le linceul de la mort). Eginhard arrive, annonçant que Charlemagne a battu les Maures et revient au château. Eginhard et Emma, la fille de Charlemagne, chantent leur amour, mais ils pensent qu’à cause du peu de fortune d’Eginhard, Charlemagne ne voudra pas de cette union.

Dans la grande salle du château, le peuple chante la gloire de Charlemagne vainqueur. Celui-ci envoie Roland, Ogier et Eginhard au camp des Maures pour négocier la paix, à condition que les Maures se convertissent. Charlemagne déclare que les prisonniers pourront aller librement dans son château, en attendant que la paix soit signée. Il veut savoir qui est un prisonnier particulièrement fier, et que seul un héros comme Roland a pu vaincre. C’est Fierrabras, le fils de Boland, le roi des Maures. Emma arrive avec les femmes pour remettre la couronne du vainqueur à Charlemagne, mais celui-ci déclare que c’est à Roland qu’il faut la remettre. Emma se tourne vers Roland, et Fierrabras reconnaît en elle une jeune femme dont il est tombé amoureux. Tout le monde se trouble, sentant que le drame se noue (sextuor et chœur). Charlemagne se retire, laissant seuls Roland et Fierrabras. Fierrabras révèle alors qu’il a été envoyé quatre ans auparavant à Rome, et que là, il s’est converti au catholicisme et qu’il a croisé Emma, dont il est tombé amoureux. À son tour, Roland dit que lui-même est tombé amoureux de Florinda, la sœur de Fierrabras (Duo : « Lass uns mutvoll hoffen »).

De nuit dans le jardin, Eginhard chante son amour pour Emma. Son chant est repris par Emma, avant de devenir un duo passionné (Duo : « Der Abend sinkt auf stiller Flur »). Ils se cachent.

Schubert Fierrabras Der Abend sinkt auf stillerCliquez sur l’image

Fierrabras apparaît. Il se plaint que son cœur a été trompé par Emma. Soudain des hommes surgissent dans la nuit, cherchant quelqu’un dans le jardin. Fierrabras découvre Emma et Eginhard. Quand il découvre de qui il s’agit, il pense d’abord à se venger (Trio : Ha, hier waltet Verrat). Malgré son désir de vengeance, il laisse Eginhard fuir, et quand Charlemagne arrive, il trouve Emma avec Fierrabras. Il appelle Eginhard (Trio : Das Blut fühl’ ich erstarren) et lui demande de mettre Fierrabras au cachot. Mais le jour arrive. Il demande alors à Eginhard de partir négocier la paix avec les Maures, alors que lui-même gardera Fierrabras.

Acte II : Avant de partir négocier la paix, les hommes de Charlemagne saluent leur patrie (Chœur : « Im jungen Morgenstrahle »).

Schubert Fierrabras Im jungen MorgenstrahleCliquez sur l’image

Les Francs avancent, laissant derrière eux Eginhard. Des Maures arrivent et le capturent. Quand les Francs, appelés par le cor d’Eginhard, reviennent, ils décident de suivre les traces des ravisseurs.

Florinda déclare qu’elle est prête à suivre Roland, quitte à trahir son père et son peuple. Boland arrive. On lui dit qu’on a capturé un Franc venu discuter de la paix. Il demande des nouvelles de son fils Fierrabras. Eginhard dit que Roland l’a battu au combat et que lui-même l’a mis au cachot. On lit le message dont Eginhard est porteur, et le peuple maure chante la paix qui doit régner dans leur royaume. Les Francs arrivent et chantent à leur tour leur souhait d’harmonie universelle. Quand ils annoncent à Bolland que Fierrabras s’est converti, Boland se met en colère et leur promet la mort. Il les envoie en prison pendant que Florinda prie pour la vie de Roland. Elle souhaite mourir avec lui.

Dans leur prison, les Francs chantent leur détresse avant de se résigner à la mort. Eginhard se confesse à ses compagnons : par sa faute, Charlemagne a cru que Fierrabras avait séduit sa fille, et l’a fait jeter au cachot. Florinda arrive, elle veut voir une dernière fois son Roland avant de se donner la mort. Ils se retrouvent et chantent l’espoir. Elle révèle qu’elle a blessé leur gardien pour entrer, et qu’ils peuvent en profiter pour s’enfuir. Les Francs chantent leur espoir quand des trompettes au loin se font entendre. Ils vont être repris. Roland et Eginhard partent seuls dans la nuit chercher du secours (Trio et chœur). Mais Roland est fait prisonnier, il n’y a plus d’espoir.

Acte III : Dans une salle du château, les femmes chantent. Emma espère que ce chant va lui faire retrouver le bonheur. Charlemagne s’inquiète : voilà deux jours que ses messagers sont partis, et on n’est toujours sans nouvelle d’eux. Il s’inquiète surtout pour le jeune Eginhard, mais voyant sa fille se troubler, il la fait parler. Elle dévoile le sacrifice de Fierrabras et Charlemagne ordonne qu’on le libère aussitôt. Il rejette sa fille, qui se sent perdue (Duo : « Bald wird es klar »).

Schubert Fierrabras Bald wie es klarCliquez sur Emma et Charlemagne

Eginhard arrive, porteur de mauvaises nouvelles : les Francs sont en prison et Roland promis à la mort. Il demande une troupe pour aller délivrer ses camarades. Charlemagne la lui accorde et demande à Fierrabras de prendre sa place s’il venait à mourir. Fierrabras accepte, pour l’amour d’Emma et par amitié pour Eginhard, derrière qui il s’efface. (Trio).

Florinda pleure sur le sort de Roland promis à la mort. Les Francs lui recommandent de ne pas perdre confiance, mais déjà des hommes porteurs de torches se dirigent vers le bûcher. Florinda implore la pitié de Boland, mais celui-ci ne connaît plus sa fille et demande qu’elle meure avec les Francs. Les ennemis arrivent alors guidés par Eginhard. Celui-ci s’apprête à tuer Boland, mais Fierrabras arrête son bras. Charlemagne suit et, reconnaissant la bravoure de Boland, lui offre la paix. Celui-ci, heureux d’avoir retrouvé son fils, accepte. Charlemagne pardonne à Eginhard qui s’est racheté et lui donne la main de sa fille. Un chœur final réunit tout le monde célébrant ce happy end.

Schubert Fierrabras finalCliquez sur la fin heureuse

(Souce principale : l’enregistrement de l’opéra de Zurich de 2007.)

Mes opéras préférés

ARMIDE, de GLUCK (1777)

Armide de GLUCK est un remake du dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il s’agissait pour Gluck de relever le défi de remettre sur le métier un ouvrage qui était considéré comme la référence de l’opéra français. Le livret de Quinault est tiré de la Jérusalem délivrée (la Gerusalemme liberata) du TASSE. Concomitamment, un autre compositeur, l’Italien PICCINNI était invité à remettre en musique Alceste du même Lully.

Dans la reprise de Gluck, le prologue, écrit pour flatter le souverain Loulou XIV, a été supprimé.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Les enfers ont prédit cent fois « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Gluck Armide Les Enfers ont prédit cent foisCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir. (Air : « Plus j’observe ces lieux ».)

Gluck Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphyrs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour. (Air : « enfin il est en ma puissance ».)

Gluck Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur l’image

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Elle sait bien que ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque.

Gluck Armide Venz, venez, haine implacableCliquez sur l’image

La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide.

Gluck Armide Amour, sors pour jamaisCliquez sur la Haine

Mais au dernier moment Armide, préférant les charmes de l’amour, renvoie la Haine en Enfer. La Haine condamne Armide à aimer Renaud pour toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraît. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, à son tour, cède à son charme. Le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud pendant son absence.

Renaud congédie les Plaisirs : comment pourrait-il être heureux quand il est loin d’Armide ! Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Ils l’informent que Godefroid le rappelle dans son armée. Alors qu’il est sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide restée seule convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Gluck Armide Le perfide Renaud me fuitCliquez sur l’image

(Sources principales : les représentations de l’Opéra Comique en 2022, et le programme associé.)

Et si vous voulez comparer avec l’Armide de Lully, cliquez ICI.

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA SONNAMBULA (LA SOMNAMBULE), de BELLINI (1831)

La Somnambule est un des opéras majeurs de BELLINI, créé en 1831 à Naples, et très vite joué partout en Europe. Le livret est tiré d’un vaudeville de SCRIBE datant de 1819.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut lui appliquer la formule (S+T/A), puisqu’une soprano et un ténor s’aiment, alors qu’une alto les en empêche.

Le pitch : Alvino et Amina vont se marier. Jalouse, Lisa profite d’une crise de somnambulisme d’Amina pour la faire accuser. Le comte Rodolfo la sauve.

Acte I : Sur la place d’un village de Suisse, on prépare les noces d’Elvino et Amina. L’aubergiste Lisa est jalouse d’Amina. Amina paraît et exprime son bonheur et sa gratitude envers les villageois, et spécialement à Teresa qui l’a élevée lorsqu’elle est devenue orpheline (Air : « Come per me sereno »). Le notaire apparaît, suivi d’Elvino. Elvino donne à Amina une bague qu’il tenait de sa mère (Duo : « Prendi, l’anel ti dono »).

Bellini la Sonnambula Prendi l'anel ti donoCliquez sur Amina et Elvino

Un étranger paraît, qui semble connaître bien le village. En apercevant Amina, il est frappé par sa ressemblance avec un grand amour qu’il a eu dans sa jeunesse. Il commence à faire des avances à Amina, ce qui rend jaloux Elvino. À l’approche de la nuit, Teresa explique à l’étranger qu’un fantôme hante le village (Ensemble & chœur : « A fosco cielo »). L’étranger se retire, et Elvino jaloux fait une scène à Amina, avant de se réconcilier (Duo : « Son geloso del zefiro errante »).

Bellini la Sonnambula Son geloso del zeffiro erranteCliquez sur Elvino et Amina

Lisa reconnaît l’étranger, qui la trouve à son goût : c’est Rodolfo, l’héritier de l’ancien comte du pays. Du bruit se fait entendre : Lisa se cache dans un placard mais laisse tomber son mouchoir. Amina entre en marchant dans son sommeil. Elle se demande si Elvino est toujours jaloux, et prend le comte pour son fiancé. Ému, Rodolfo la laisse se coucher innocemment sur son lit, mais c’est le moment où les villageois décident de rendre hommage au comte. Lisa est allée chercher Elvino pour qu’il surprenne Amina et le comte. Tout le monde est choqué de trouver Amina couchée sur le lit de celui-ci. Réveillée par le bruit, Amina clame son innocence, mais emporté par sa colère, Elvino annule son mariage avec Amina. (Quintette : « D’un pensiero e d’un accento »)

Bellini la Sonnambula D'un pensiero e d'un accentoCliquez sur Amina

Acte II : Les villageois se rendent au château du comte Rodolfo afin de lui demander de défendre Amina. Amina qui se souvient des bons moments passés avec Elvino demande à Teresa de la défendre. Elles entendent Elvino se lamenter, mais quand Elvino entend que le comte vient rejoindre Amina, sa colère le reprend et il lui arrache sa bague de fiançailles. Les villageois reviennent du château, en confirmant l’innocence d’Amina, mais Elvino refuse de se confronter à celui qu’il prend pour son rival (Air : « Ah, perché non posso odiarti »).

Bellini la Sonnambula Tutto è sciolto... Ah Perché non posso odiartiCliquez sur Elvino

Elvino a décidé d’épouser Lisa. Comme il la conduit à l’église, Rodolfo paraît et répète qu’Amina est innocente, en expliquant ce qu’est le somnambulisme. On ne le croit pas, mais Teresa surgit et explique la situation. Lisa joue les Saintes-Nitouches, mais Térésa sort le mouchoir que Lisa a fait tomber chez Rodolfo en se cachant, et demande au comte de confirmer. Elvino constate que Lisa a menti.

Soudain, Amina fait une apparition, en pleine crise de somnambulisme, elle marche sur une corniche en haut d’une tour. Les villageois n’osent pas la réveiller. Dans son sommeil, Amina pleure d’avoir perdu Elvino, et cherche son anneau perdu (Air : « Ah, non credea mirarti »).

Bellini la Sonnambula Ah non credea mirartiCliquez sur Amina

Alors convaincu de son innocence, Elvino lui glisse à nouveau son anneau au doigt. Amina se réveille et se réjouit quand elle voit que son rêve de retrouver Elvino s’est réalisé. Tout le monde se réjouit, le mariage peut avoir lieu (Air & chœur : « Ah ! non giunge uman pensiero ».)

Bellini la Sonnambula Ah non giunge uman pensieroCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, Mythologie

SÉMÉLÉ, de HAENDEL (1743-1744)

Sémélé de HAENDEL est un objet hybride, un opéra déguisé en oratorio, datant de 1743. En 1743, Haendel avait arrêté d’écrire des opéras pour se tourner vers l’oratorio, qui traite de sujets plus religieux, ne pouvant être montrés au théâtre. Dès 1741, il avait écrit son fameux Messie (Messiah). Pourtant, en 1743, quand on lui propose le sujet de Sémélé, tiré des Métamorphoses d’OVIDE, il en tire un opéra qui, joué pendant le carême de 1744, c’est-à-dire à une époque de l’année où les théâtres étaient fermés aux œuvres profanes, sera présenté comme un oratorio.

Le texte de Sémélé est écrit en anglais, et non en italien comme pour la plupart des livrets de Haendel. Et surtout, nous disposons d’un véritable chœur d’oratorio, plus fourni que les chœurs classiques d’opéra, chœurs qui étaient souvent chantés en coulisse par les artistes qui n’étaient pas sur scène à ce moment-là.

Le pitch : Sémélé, fille de Cadmus et sœur d’Ino, aime Jupiter. Cadmus veut la marier à Athamas, qu’aime Ino. Junon jalouse se débarrasse de Sémélé avec l’aide de Somnus. Ino peut alors se marier avec Athamas tandis que Jupiter extrait du corps calciné de Sémélé le fruit de leur amour : Bacchus.

Acte I : Sémélé, sur ordre de son père, doit se préparer à son mariage avec le prince Athamas. Elle cache difficilement son désespoir, car elle aime secrètement Jupiter, le roi des dieux. Elle implore Jupiter de lui donner un signe pour savoir quelle conduite tenir. (Air : « O Jove, in pity teach me which to choose ».)

Haendel Sémélé O jove I, pity teach me which to chooseCliquez sur l’image

Athanas la trouvant seule espère que c’est son amour pour lui qui la met dans cet état. Il demande à Hymen de favoriser leur union. (Air : « Hymen, haste, thy torch prepare ».)

Haendel Sémélé Hymen, haste, thy torch prepareCliquez sur l’image

Ino, la sœur de Sémélé est elle aussi désespérée, car elle aime secrètement Athamas.

Cadmos vient annoncer que Jupiter a enlevé Sémélé et l’a emportée dans les cieux. Sémélé est au pinacle du bonheur.

Haendel Sémélé Endless pleasure, endless loveCliquez sur Sémélé

Junon, la femme de Jupiter est jalouse de la nouvelle incartade de son mari. Sémélé aime Jupiter, mais elle souffre de la barrière qu’il y a entre son dieu de mari et elle, simple mortelle.

Haendel Sémélé Where'er you walkCliquez sur Jupiter et Sémélé

Acte II : Junon demande à Iris, sa messagère, où se trouve Sémélé. Iris lui répond qu’elle est dans un palais que Jupiter a fait construire pour elle, palais gardé par deux féroces dragons. Junon invoque Somnus, le dieu du sommeil, pour qu’il l’aide à endormir les dragons et à tromper Sémélé. Somnus commence par refuser, préférant le repos à l’action.

haendel Sémélé Duo Junon SomnusCliquez sur Junon et Somnus

Sémélé s’ennuie pendant les absences du Jupiter et elle prie le sommeil de revenir et lui faire voir en rêve son amant.

Haendel Sémélé O sleep, why dost thou leave meCliquez sur Sémélé

Jupiter revient, et promet à Sémélé un heureux séjour (Air : Where’er you walk).

Haendel Sémélé where'er you walk, cool gales shall fan the gladeCliquez sur Sémélé et Jupiter

Acte III : Junon et Iris essaient de réveiller Somnus qui préfère dormir, mais Junon lui fait miroiter que s’il l’aide, elle obtiendra pour lui l’amour de Pasithéa, son aimée. (Duo Somnus Junon.)

Haendel Sémélé More sweet is that nameCliquez sur l’image

Junon prend l’apparence d’Ino et lui indique que si elle réussit à voir Jupiter sous son apparence divine, elle accédera elle aussi à l’immortalité. Quand Sémélé retrouve Jupiter, elle lui fait promettre sur le Styx, le plus puissant serment qu’un dieu puisse prononcer, qu’elle lui accordera ses faveurs. Fou d’amour, Jupiter promet, et Sémélé lui demande alors de le voir sous son apparence divine. Jupiter la met en garde, mais Sémélé insiste (Air : No, no, I’ll take no less »).

Haendel Sémélé No, no I'll take no less (Battle)Cliquez sur Sémélé qui veut tout faire dans l’excès

Bien entendu, c’est plus que ce qu’une humaine peut supporter, et Sémélé se trouve brûlée par la vision du dieu.

Jupiter se saisit du fruit de leurs amours, et le garde bien au chaud dans sa cuisse jusqu’à la naissance. Cet enfant, c’est Bacchus, le dieu du vin dont le pouvoir est plus grand que celui de l’amour (sic !) Pendant ce temps sur Terre, on célèbre les noces d’Athamas et d’Ino.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Lille en octobre 2022.)

Mes opéras préférés

L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL, de MOZART (1782)

LEnlèvement au sérail (Die Entführung aus dem Serail) est une commande de l’empereur d’Autriche, Joseph II. Créé à Vienne en 1782, l’opéra connut un grand succès, et est resté l’opéra le plus populaire de Mozart jusqu’à sa mort. C’est un Singspiel, c’est-à-dire un opéra chanté en allemand.

C’est à son propos que l’empereur aurait eu le célèbre mot : « Trop de notes ».

Le pitch : Belmonte vient chercher sa femme Constance qui, capturée par des pirates, a été vendue au pacha Selim avec sa femme de chambre Blondchen et le valet Pedrillo. Osmin le méchant gardien du harem va leur faire obstacle. Selim est amoureux de Constance, mais les héros vont finir par s’échapper.

Ouverture :

Mozart l'Enlèvement au sérail OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Belmonte entre chez le pacha Selim, à la recherche de sa fiancée Constance. Celle-ci, tombée aux mains des pirates avec sa servante Blondchen, a été vendue au pacha Selim. Osmin, le gardien du sérail, arrive à son tour et Belmonte le presse de questions sur le sort des deux femmes, et de son serviteur Pedrillo. Osmin l’insulte et Belmonte sort, vexé.

Pedrillo arrive et Osmin, qui déteste ses manières supérieures, le menace de mille morts, puis sort. Belmonte revient et retrouve Pedrillo. Ce dernier l’informe que Constance est en vie, mais qu’elle est chez le pacha Selim qui est amoureux d’elle. Pedrillo rassure Belmonte, le pacha est un homme honnête et il n’a pas porté la main sur Constance. Il sera difficile de la faire sortir du palais, car Osmin veille. Pedrillo, qui a obtenu les faveurs de Selim en tant que jardinier, propose de faire passer Belmonte pour un architecte afin de le faire entrer dans le palais.

Le pacha Selim apparaît avec Constance. Il s’efforce en vain d’obtenir son amour, mais Constance lui répond qu’elle a déjà donné son cœur à un autre. Pedrillo veut entrer pour présenter l’architecte à Selim, mais Osmin ne les laisse pas entrer. (Trio « Marsh, marsh, marsh »)

Mozart l'Enlèvement au sérail Marsch Marsh MarshCliquez sur Pedrillo, Belmonte et Osmin

Acte II : Blondchen repousse les tentatives brutales d’Osmin. Elle dit que la force ne sert à rien, que c’est par la cajolerie et la douceur que l’on conquiert le cœur des femmes. Osmin sort, Constance entre, pleine de tristesse d’être séparée de Belmonte (Air de Constance : « Traurigkeit war mir zum Lose »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Traurigkeit ward mir zum LoseCliquez sur Constance

Selim approche et déclare à Constance que sa patience est à bout. Il menace d’utiliser la force si elle ne lui cède pas d’ici le lendemain. Constance répond qu’elle préfère mourir plutôt que céder.

Pedrillo annonce à Blondchen, sa bien-aimée, que Belmonte est arrivé. Il explique qu’il mettra un somnifère dans le vin d’Osmin pour l’endormir. Elle sort pour en informer Constance. Quand Osmin arrive, Pedrillo le fait boire et il s’endort. Les deux couples se réunissent. Les deux hommes testent les réactions de leurs fiancées pour savoir si elles ont été fidèles. Derrière leur indignation, ils se rassurent et se réjouissent (Quatuor : « Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben ! »).


Mozart l'Enlèvement au sérail Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben !Cliquez sur Belmonte, Constance, Blondchen et Belmonte

Acte III : Après un grand air de Belmonte, Pedrillo arrive avec une échelle pour sortir les deux femmes du sérail. Osmin se réveille et triomphe : il les tient ! (Air d’Osmin « O, wie will ich triumphieren »).

Mozart l'Elèvement au sérail O, wie will ich triumphieren (Osmin)Cliquez sur Osmin

Selim arrive avec ses janissaires. Constance implore la pitié du pacha et Belmonte raconte que son père est un grand d’Espagne, gouverneur d’Oran, et qu’il paiera une forte rançon. Malheureusement, Selim et le père de Belmonte sont ennemis, et le pacha est heureux de pouvoir se venger et tuer le fils de son ennemi. Ils laissent les amoureux seuls le temps de réfléchir à ce qu’il va faire (Duo d’amour face à la mort : « Welch ein Geschick »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Welch ein GeschickCliquez sur Constance et Belmonte

Quand il revient, il décide d’être généreux et de leur laisser la vie sauve. Tous sont remis en liberté. Belmonte, Constance, Pedrillo et Blondchen chantent les louanges et la bonté de Selim. (Final : « Bassa Selim lebe lange ».)

Mozart l'Enlèvement au sérail Bassa Selim lebe langeCliquez sur le final

Cinéma, Mes opéras préférés

THE WALL, by PINK FLOYD (1979)

The Wall (le Mur) est le onzième album du groupe inclassable PINK FLOYD. Il a été composé en 1979 et fera l’objet de nombreux concerts, avec une mise en scène et des décors grandioses (un peu comme pouvait l’être l’opéra au XVIIe siècle, ou le GOF au XIXe siècle.) Après l’album et ces concerts, the Wall fera l’objet d’une version filmée par Alan PARKER.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, une version scénique particulièrement impressionnante a été jouée (et filmée) en 1990 (The Wall live in Berlin.)

Il existe même une version lyrique écrite pour l’opéra.

Le pitch : L’histoire est assez proche de celle de Tommy des WHO. Un petit garçon qui a perdu son père à la guerre et, victime d’une mère castratrice, se renferme en lui-même.

Pink est une star du rock qui revoit sa vie. Son père est mort pendant la Seconde Guerre mondiale et il a été élevé par sa mère. (« The thin Ice »). Pour combler l’absence de son père, il commence à se construire un mur mental le protégeant du monde cruel. (« Another Brick in the Wall part I »).

Pink Floyd The Wall Thin IceCliquez sur l’album culte

Il se souvient de ses années au collège, avec les professeurs sadiques qui tourmentaient les enfants (« We don’t need no education »).

Pink Floyd The Wall We don't no educationCliquez sur l’image (et mangez vos haricots si vous voulez avoir du pudding, car comment voudriez-vous avoir du pudding si vous ne mangez pas vos haricots ?)

Devenu adulte, il se souvient de sa mère abusive (« Mother ») et de ses années d’enfance pendant le blitz (Goodbye Blue Sky).

Pink Floyd The Wall MotherCliquez sur l’image

Pink se marie, mais lors d’une tournée en Amérique, il se laisse séduire par une groupie (Young Lust). Dans sa chambre d’hôtel, il est pris d’un accès de rage dévastatrice et il casse tout dans sa chambre. Puis, déprimé, il pense à sa femme, qui le trompe et qu’il a laissée à Londres, et qui ne répond pas au téléphone (« Don’t leave me now »). Son mur symbolique est désormais achevé et Pink se sent coupé du monde humain (« Goodbye Cruel World »). Il repense à sa jeunesse (« Vera ») avant de revenir à la Seconde Guerre mondiale (« Bring the Boys back home »).

Le manager et son équipe trouvent Pink affalé dans sa chambre d’hôtel, complètement shooté. Ils le droguent pour qu’il puisse remonter sur scène et l’emmènent sur les lieux où il doit donner son concert (« Confortably numb »).

Pink Floyd The Wall Confortably numbCliquez sur ce pauvre Pink complètement shooté dans sa chambre d’hôtel

Complètement camé, Pink s’imagine en dictateur fasciste ordonnant des ratonnades (« Run like Hell »).

Pink Floyd The Wall Run like HellCliquez sur l’image

Son hallucination cesse et il hurle pour que tout s’arrête (« Stop »). Il se remet en question, et son moi profond lui ordonne de casser ce mur qu’il a construit pour se protéger (« Outside the Wall »).

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus pour avoir une chouette version alternative d’un des titres phares

(Sources principales : The Wall l’album de 1979, The Wall le film de 1982, The Wall live in Berlin de 1990.)

Mes opéras préférés

HAMLET, d’Ambroise THOMAS (1868)

Hamlet, d’Ambroise THOMAS, date de 1868. Il a été créé à l’Opéra de Paris, deux ans après Mignon, autre grand succès de Thomas, créé à l’Opéra-comique. Le livret en est du duo BARBIER / CARRÉ, déjà connus pour être auteurs du livret du Faust de GOUNOD en 1858.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence d’un étonnant (B+S+M) où le héros, Hamlet chanté par un baryton et non pas par un ténor, aime Ophélie la soprano, alors que la mezzo Gertrude favorise cet amour.

On peut noter que c’est dans Hamlet qu’on trouve pour la première fois l’utilisation du saxophone, récemment inventé, dans un opéra.

Le pitch : On a tué le roi du Danemark, le père d’Hamlet. Le père d’Ophélie, la fiancée d’Hamlet, ayant participé au complot, Hamlet demande à Ophélie de partir au couvent. Devenue folle, elle se suicide. Le spectre du père demande à Hamlet de le venger, ce que celui-ci fait.

Acte I : À Elseneur, au Danemark, la foule se réjouit du mariage entre le roi Claudius et Gertrude, la femme de son frère assassiné deux mois plus tôt.

Hamlet, le fils de Gertrude et de l’ancien roi, voyant sa mère se remarier après seulement deux mois de deuil, médite sur l’infidélité des femmes. Ophélie, sa fiancée, le rejoint et le presse de lui faire dire son amour. La scène se termine par un beau duo (« Doute de la lumière ».)

Thomas Hamlet Doute de la lumièreCliquez sur Ophélie et Hamlet

Ils sont interrompus par Laërte, le frère d’Ophélie, qui vient leur annoncer qu’il est envoyé en Norvège et qu’il confie sa sœur à Hamlet (un peu comme Valentin, le frère de Marguerite, dans le Faust de Gounod.) (Air : « Pour mon pays ».)

Une fanfare annonce le début des festivités du mariage. Hamlet choisit de s’éloigner. Horatio, un ami d’Hamlet, cherche celui-ci pour lui dire qu’on a vu le spectre de son père la nuit précédente sur les remparts.

Sur l’esplanade du château, la nuit, Horatio et Marcellus attendent, se demandant s’ils verront à nouveau le fantôme du roi. Hamlet arrive et apprend la nouvelle. Alors que minuit sonne, le spectre fait son apparition. Il s’adresse à Hamlet et lui apprend qu’il a été assassiné par son frère Claudius. Il demande à Hamlet de le venger.

Thomas Hamlet Scène de l'esplanadeCliquez sur l’image

Acte II : Ophélie est seule dans les jardins du palais. Elle est inquiète, car Hamlet semble l’ignorer.

Thomas Hamlet Sa main depuis hier...Cliquez sur Ophélie

Elle confie son trouble à Gertrude qui prend peur : se pourrait-il que son fils ait découvert la vérité ? Le roi essaye de la calmer.

Thomas Hamlet l'âme de votre filsCliquez sur Claudius et Gertrude

Au cours d’une fête, après une chanson bachique (Ô vin, dissipe la tristesse), Hamlet fait jouer une pièce relatant l’assassinat d’un roi par son frère.

Thomas HAmlet Ô vin dissipe la tristesseCliquez sur Hamlet

Devant le trouble de Claudius, Hamlet l’accuse publiquement et lui arrache sa couronne.

Acte III : Hamlet se demande pourquoi il n’a pas frappé le roi quand il le pouvait. (Air : « Être ou ne pas être ».)

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Quand Claudius arrive, Hamlet se cache derrière une tenture, prêt à le frapper, mais le roi est pris de remords, et demande à son frère de prier pour lui.

Thomas Hamlet Je t'implore, ô mon frèreCliquez sur Claudius

Hamlet ne veut pas le frapper quand il prie, il veut le tuer sur le trône usurpé. Polonius, le père d’Ophélie, arrive. De l’échange qu’ils ont avec le roi, Hamlet comprend que Polonius est complice du meurtre de son père.

Gertrude arrive avec Ophélie, demandant à Hamlet de se marier avec la pauvre fille. Hamlet feint la froideur vis-à-vis de la fille d’un des meurtriers de son père, lui recommandant de partir au couvent et provoquant le désarroi d’Ophélie.

Se tournant vers sa mère, Hamlet l’accuse d’avoir versé le poison dans l’oreille de son mari. Elle titube, s’effondre, mais le spectre apparaît à Hamlet, lui demandant d’épargner sa mère.

Acte IV : Ophélie, désemparée, erre dans la campagne quand elle voit une fête campagnarde. Elle se joint aux jeunes filles, avant de sombrer dans la folie. Elle se penche au-dessus du fleuve, glisse et se noie.

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Acte V : Au cimetière, les fossoyeurs préparent une tombe. Hamlet, qui fuit les assassins de son père à ses trousses, médite sur la vanité de la vie. Laërte arrive, et l’accuse de n’avoir pas veillé sur sa sœur. Quand le cortège funéraire arrive, Hamlet comprend tout : Ophélie est morte. Il veut mourir avec elle quand Claudius et Gertrude arrivent. Le spectre rappelle Hamlet à son serment. Hamlet tue le roi et la reine et, à la demande du spectre de son père, devient roi du Danemark.

(Sources principales : La production de l’Opéra-Comique de 2018, et le livret associé, ainsi que le DVD enregistré au Gran Teatre del Liceu de 2003.)

Animation 1, Cinéma, Mes opéras préférés

GUILLAUME TELL, de ROSSINI (1829)

Dernier opéra de Rossini, écrit sur un livret d’Étienne de Jouy d’après la pièce de Schiller et créé à l’Opéra de Paris en 1829. La longueur de cette œuvre (presque 4 heures) en a empêché un succès pareil à ceux auxquels Rossini était accoutumé. Son Ouverture est un des morceaux les plus utilisés au cinéma, de Walt Disney à Stanley Kubrick.

Rossini Guillaume Tell Ouverture par DisneyPlease, click on the Overture from Willima Tell

Le pitch : Arnold, le fils du pasteur, aime Mathilde, la fille du bailli Gessner, l’occupant autrichien. Un soldat de Gessner ayant été tué par un pâtre, le bailli veut se venger. Il demande aux villageois de se prosterner devant son chapeau, ce que Guillaume Tell refuse de faire. Dès lors, Gessler voudra faire mourir Guillaume qui prend la fuite avec Arnold.

Ouverture : La célèbre ouverture de Guillaume Tell est composée de quatre parties évoquant une scène bucolique suivie d’un orage, le ranz des vaches et enfin la bataille contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Regardant un pêcheur qui songe à sa belle, Guillaume Tell pense à sa patrie, occupée par l’Autriche, ce qui inquiète sa femme Hedwige et son fils Jemmy. Le chœur des paysans annonce la fin du jour.

Rossini Guillaume Quel jour serein le ciel présageCliquez sur l’image

Le vieux Melchtal descend de la montagne, avec son fils Arnold. Hedwige, la femme de Guillaume, lui demande de célébrer trois mariages à l’occasion de la fête des pasteurs. Guillaume offre l’hospitalité à Melchtal et Arnold. Melchtal demande à Arnold quand il va se décider à se marier. Resté seul, Arnold chante son amour pour Mathilde, la fille du bailli Gessner, c’est-à-dire de l’ennemi. Guillaume demande à Arnold ce qui l’agite. S’en suit un duo entre Guillaume et Arnold où ce dernier est déchiré entre son amour pour Mathilde et son amour pour sa patrie.

Rossini Guillaume Tell Où vas-tu, quel transport t'agiteCliquez sur Arnold et Guillaume

Arrivent Melchtal, Hedwige et le chœur venu chercher les trois fiancées. Pendant que Melchtal bénit les trois couples, on entend Gessler arriver. Arnold s’enfuit, suivi de Guillaume. Le chœur se réjouit et honore Jemmy, le fils de Guillaume, qui a remporté le prix de tir à l’arc. Mais un pâtre arrive, qui explique que pour défendre sa fille de la soldatesque gesslerienne, il a tué un soldat et qu’il est poursuivi. Il veut traverser le lac pour trouver refuge de l’autre côté. Le pécheur refuse. Guillaume revient, sans Arnold. Le pâtre quémande son secours et Guillaume lui fait traverser le lac. Les soldats de Gessler arrivent, conduits par le capitaine de la garde, Rodolphe. Celui-ci demande qui a aidé le pâtre, mais le peuple refuse de répondre. Melchtal déclare que cette terre ne connaît pas de délateur. Rodolphe ordonne qu’on l’arrête.

Acte II : Dans la montagne, à un chœur de chasseurs répond un chœur de pâtres. Mathilde, qui s’est isolée du groupe, sent qu’Arnold n’est pas loin. Dans le fond de son cœur, c’est lui qu’elle aime (Air : Sombre forêt…).

Rossini Guillaume Tell Sombre forêtCliquez sur Mathilde

Arnold paraît, et lui avoue son amour, auquel elle répond (Duo : Oui vous l’arrachez à mon âme).

Rossini Guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âmeCliquez sur Arnold

Mais on vient, il faut se séparer. C’est Guillaume accompagné d’un de ses compagnons, Walter. Guillaume et Walter rappellent à Arnold que Mathilde est leur ennemie, et lui apprennent que Gessler a fait mourir son père (Trio : « Quand l’Helvétie est un champ de supplices ».)

Rossini guillaume Tell trioCliquez sur le trio

Il l’appelle à prendre la tête de la révolte contre le bailli. Les délégués des trois cantons arrivent. Arnold fédère leur révolte.

Acte III : Alors que Mathilde attend un doux adieu d’Arnold, celui-ci révèle qu’il doit venger son père. Elle lui dit de fuir.

Rossini Guillaume Pour notre amour plus d'espéranceCliquez sur l’image

Sur la place du village, on dresse une estrade. Gessler paraît et ordonne que l’on se prosterne en passant devant son chapeau accroché à un poteau. Sous la contrainte des soldats, tout le monde se prosterne devant le chapeau. Guillaume arrive avec Jemmy. Rodolphe lui ordonne de s’incliner. Guillaume refuse. Gessler le fait arrêter. Guillaume demande à Jemmy d’aller prévenir sa mère afin qu’elle lance le signal de la révolte, un feu allumé, mais Gessler ordonne que l’on place une pomme sur la tête de Jemmy, et demande à Guillaume de l’atteindre d’une flèche. Guillaume résiste, puis cachant une flèche sous son habit, il tire et atteint la pomme, ne cachant pas que s’il avait raté, la deuxième flèche aurait été pour Gessler. Celui-ci demande qu’on arrête Guillaume et son fils. Mathilde les prend sous sa protection, mais déjà Gessler a une autre idée pour faire disparaître Guillaume et l’entraîne sur le lac pour le mener en prison.

Acte IV : Arnold pleure la perte de son père quand les confédérés arrivent, cherchant des armes pour secourir Guillaume. Arnold leur dit où trouver les armes que son père et Guillaume avaient cachées en vue de la révolte. De son côté, Edwige décide de tuer Gessler. Mathilde se présente et lui rend Jemmy (Trio : « Je rends à votre amour ».)

Rossini Guillaume Tell Je rends à votre amourCliquez sur le trio

Malgré la tempête, Guillaume réussit à regagner le rivage. Il demande à sa femme pourquoi sa maison brûle. Elle répond qu’elle y a mis le feu pour donner le signal de la révolte. Poursuivi par les soldats, Guillaume tue Gessler.

Arnold arrive après avoir libéré le château de l’occupant autrichien. Il peut retrouver Mathilde !

Rossini Guillaume Tell FinalCliquez sur Arnold, Guillaume et Mathilde

Mes opéras préférés

GUSTAVE III OU LE BAL MASQUÉ, de AUBER (1833)

Gustave III, ou le Bal masqué est un opéra de D.F.E. AUBER datant de 1833 et écrit sur un livret de SCRIBE. Le livret est emprunté à l’histoire récente puisque le roi de Suède Gustave III a réellement été tué lors d’un Bal masqué en 1792. Ce même livret resservira à VERDI pour Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué). Gustave III, qui a fondé le genre Grand opéra à la Française (GoF), a eu un grand succès dans toute l’Europe. On l’a encore donné à Vienne en 1871, sous le nom d’Un Bal Masqué. À la création, le ballet du cinquième acte était dansé par plus de cent danseurs avec un luxe jamais vu dans les décors.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence de la formule (T+S/B), puisqu’un ténor (Gustave) aime une soprano (Amélie) alors que la basse (Ankastrom) ne veut pas.

Ouverture :

Auber Gustave III OuvertureCliquez sur l’ouverure

Acte I : Alors que le peuple chante les louanges du roi Gustave III de Suède, Ribbing et Dehorn, deux conjurés, appellent à la vengeance contre le tyran, que son goût pour les arts détourne des affaires de l’État. Le roi entre, et commence par saluer les artistes de sa cour (Air : « Oh, vous par qui ma vie… »)

Auber Gustave III Oh, vous par qui ma vieCliquez sur l’image

Ses ministres viennent lui parler de ses devoirs, la guerre, la justice, mais il ne s’occupe que des préparatifs du bal du lendemain. Un page lui tend la liste des invités au bal. Au nom de la comtesse Ankastrom, il se trouble et se ravit à l’idée de voir la comtesse. Il demande à être seul, mais son ministre et meilleur ami, Ankastrom, arrive pour lui parler. (Duo : « Un amour qui l’offense ») le roi croit qu’Ankastrom sait qu’il aime sa femme alors qu’Ankastrom est venu lui parler d’un complot qui se trame contre lui. Une fois le quiproquo levé, ils se mettent d’accord pour marcher sur les Moscovites qui veulent envahir la Suède. Oscar annonce l’arrivée du surintendant du bal masqué, et du maître de ballet. Après la répétition des ballets du lendemain, on tend au roi des papiers à signer. Parmi eux figure un ordre d’exil. Ankastrom explique qu’il s’agit de celui d’une devineresse nommée Arvedson. Oscar, en homme du peuple, défend la devineresse, car elle prédit l’avenir et chez elle tout le monde se presse. Il faut lui faire grâce (Air : « Allons chez la devineresse »). Gustave hésite. Pour savoir la vérité, il a l’idée de se rendre déguisé chez la sibylle. Tout le monde approuve, y compris Dehorn et Ribbing qui voient là une occasion de se débarrasser du roi. Tout le monde se donne rendez-vous, masqués, chez la sibylle (Air et ensemble : « D’honneur, c’est charmant »).

Acte II : Le roi Gustave arrive le premier chez Arvedson. Il se cache pour observer. Arvedson invoque Belzébuth (Chœur : « Silence amis, il faut nous taire ».) Arrive Christian, un matelot, qui veut savoir s’il sera un jour récompensé pour son dévouement au service du roi. Arvedson voit pour lui un beau grade et une forte somme. Ému, Gustave glisse discrètement dans la poche de Christian un rouleau d’or sur lequel il griffonne quelques mots. Quand Christian met la main à la poche pour payer Arvedson, il découvre l’or et lit le billet, où il voit qu’il obtient le grade d’officier. Vient ensuite Amélie, la femme d’Ankastrom. La sibylle devine qu’elle vient à cause d’un chagrin d’amour. Le roi est intéressé par ce qui va se dire. Arvedson donne rendez-vous à Amélie à minuit au pied du gibet, pour y cueillir une plante maléfique, qui lui permettra de se défaire de son amour coupable. Gustave se promet d’y être aussi.

Auber Gustave III trio de l'acte IICliquez sur l’image

La troupe des courtisans arrive alors qu’Amélie sort. Gustave se présente à son tour, déguisé en matelot. Il veut savoir si ses amours seront bonnes. Prenant sa main, Arvedson lui annonce qu’il va bientôt mourir assassiné. Le roi demande par qui, et la sibylle précise que ce sera par la première personne à qui il serrera la main. Ankastrom arrive, en retard, et Gustave se précipite pour lui serrer la main, persuadé que la sibylle est dans l’erreur. Alors que tous s’apprêtent à partir, Dehorn et Ribbing veulent en profiter pour frapper le roi, mais le peuple, acclamant son souverain, les en empêche. Gustave dit à Ankastrom, qui cherche à le protéger, que sa meilleure protection, c’est ce peuple qu’il rend heureux (ensemble et chœur : Ah, quand mon peuple heureux ».)

auber gustave IIICliquez sur l’image

Acte III : À minuit, Amélie vient à son rendez-vous, les traits cachés. Elle hésite, mais au moment de cueillir la plante maudite (Air : « C’est l’heure où ma main tremblante ».) Gustave intervient.

Auber Gustave III minuitCliquez sur le minuit lugubre

Il est prêt à tout abandonner pour l’amour d’Amélie. Amélie résiste. Survient Ankastrom, veillant toujours sur le roi, et qui a appris que celui-ci est sorti seul de Stockholm, alors que des conspirateurs sont sur sa trace. Ankastrom lui propose un déguisement pour quitter les lieux. Gustave veut bien partir avec Amélie. Pour le convaincre de partir seul, Amélie menace d’ôter son voile, révélant ainsi à Ankastrom qui est la femme qui était en compagnie du roi cette nuit. Gustave finit par accepter, mais il fait promettre à Ankastrom de raccompagner la dame à Stockholm, sans chercher à savoir qui elle est. Les conjurés arrivent, mais au lieu du roi, c’est Ankastrom qu’ils trouvent en compagnie d’une femme. Ils veulent savoir qui se cache sous le voile, et celui-ci tombant, ils découvrent qu’il s’agit d’Amélie. Les conjurés trouvent l’affaire très drôle (Chœur : « Ah, ah, ah » !), Ankastrom beaucoup moins. Se croyant trahi il décide de se joindre au complot, et donne rendez-vous à Dehorn et Ribbing le lendemain chez lui.

Acte IV : Amélie et Ankastrom sont chez eux. Ankastrom projette de se venger de l’adultère en tuant sa femme. Puis, il accepte de l’épargner si elle avoue sa faute. Mais Amélie n’avoue pas, et pour cause. Avant de mourir, Amélie demande à voir une dernière fois ses enfants (Air : « Oui, je vous implore »). Ému par sa prière, Ankastrom laisse la vie sauve à sa femme. C’est un autre qui périra sous ses coups. Dehorn et Ribbing entrent. Ankastrom leur annonce qu’il est au courant de leur complot, et qu’il veut se joindre à eux. Ils se disputent l’honneur de tuer le roi. Pour se départager, ils tireront le nom au sort. Amélie entre : un page a apporté un écrit du roi. On demande à Amélie de tirer le nom de l’assassin dans un chapeau. C’est celui d’Ankastrom qui sort. Amélie devine leur sinistre projet. Oscar, le maître de cérémonie, arrive alors pour inviter les Ankastrom au bal, qui sera un bal masqué. La scène se termine par un très beau quintette, où Amélie exprime sa crainte, Oscar sa joie à l’idée des fastes du bal, et le trio des conjurés leur serment de faire mourir le roi.

Auber Gustave III Acye IV quintetteCliquez sur le très beau quintette

Acte V : Le lendemain, le roi, revenant à la raison, décide de nommer Ankastrom gouverneur de Finlande, pour éloigner Amélie de sa cour. (Air : « Sainte amitié, que j’offense »).

Auber Gustave III Acte V Sainte amitié que j'offenseCliquez sur l’image

Un chambellan arrive porteur d’un petit mot de billet qu’une dame inconnue lui a remis. On l’y avertit de ne pas aller au bal, que sa vie est menacée. On ouvre le bal (Chœur : « Plaisir, amour, ivresse »). Ankastrom rejoint Dehorn et Ribbing. Oscar paraît et finit par révéler aux conjurés le déguisement du roi. La danse reprend. Amélie et le roi se retrouvent face à face. Amélie supplie Gustave de partir. Gustave apprend à Amélie qu’elle quittera la Suède le lendemain avec son époux, mais Ankastrom arrive et Gustave meurt sous ses coups.

Auber Gustave III finalCliquez sur le final

(Source principale : le livret et les représentations au Théâtre impérial de Compiègne de 1991, production dans laquelle j’ai eu le bonheur de chanter.)

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