Animation 1, Cinéma, Mes opéras préférés, Mythologie

LA WALKYRIE (DIE WALKÜRE), de WAGNER (1855 – 1870)

The Valkyrie is one of the most popular Wagner’s opera.

Premier opéra de la trilogie avec prologue L’anneau du Nibelung (on dit aussi tétralogie), la Walkyrie a été composée en 1855 alors que WAGNER était en exil à Zürich, mais il faudra attendre 1870 pour la création de l’œuvre à Munich. Souhaitée par Louis II de Bavière, alors mécène de WAGNER, cette création se fera contre la volonté de l’auteur. La première version « autorisée » sera celle de 1876, à l’occasion de l’ouverture du théâtre d’opéra que WAGNER a fait construire à Bayreuth pour la représentation de ses œuvres, avec la représentation intégrale de l’Anneau du Nibelung.

L’ouverture du troisième acte, la célébrissime Chevauchée des Walkyries doit être une des musiques les plus utilisées au cinéma, de Apocalypse now à Mon nom est personne, en passant par Blues Brothers. Signalons aussi sa référence dans l’anime Ponyo sur la falaise, du génial Miyazaki.

Suivant la classification proposée dans l’opéra selon Georges Bernard SHAW, nous sommes ici en présence du schéma [(S+T)/(B+A)], où les amours de la soprano (Sieglinde) et du ténor (Siegmund) sont contrariées par le baryton (Wotan) et l’alto (Fricka).

Acte I: Après une brève introduction figurant l’orage qui gronde au dehors, Siegmund entre dans la maison de Hunding et Sieglinde et demande l’hospitalité.

Wagner la Walkyrie prélude du 1er acteCliquez sur l’image

Sieglinde montre à Hunding une épée fichée dans l’arbre sacré de la maison par un inconnu, une épée qui attend son héros. La porte de la maison s’ouvre, laissant entrer le souffle du printemps. Des souvenirs communs se réveillent, et Siegmund et Sieglinde se rendent compte qu’ils sont frères et sœurs jumeaux. Siegmund tire alors l’épée de l’arbre et lui donne le nom de Nothung (Détresse). Les jumeaux tombent dans les bras l’un de l’autre.

Wagner Walkyrie NothungCliquez sur l’image

Acte II: Le dieu en chef Wotan ordonne à sa fille la walkyrie Brünnhilde de se porter au secours de Siegmund dans son combat contre Hunding. Sa femme Fricka arrive, furieuse. Elle veut que l’on punisse les jumeaux incestueux Siegmund et Sieglinde, qui sont les enfants de Wotan et d’une mortelle. Wotan essaye de la convaincre qu’il faut un être libre pour libérer les dieux de la malédiction de l’anneau, mais Fricka lui rétorque qu’on ne peut pas être réellement libre en étant aidé des dieux.

Wotan change ses ordres à Brünnhilde concernant Siegmund. Il lui explique que les walkyries sont les filles qu’il a eues avec la déesse mère Erda. Leur rôle est de ramasser les corps des héros morts sur les champs de bataille, pour constituer une armée contre Albérich le Nibelung, afin de l’empêcher de récupérer son anneau. Seul un héros libre pourra récupérer cet anneau sur lequel veille le géant Fafner, métamorphosé en dragon. Ce héros, Wotan l’avait choisi (et presque même créé), ce devait être Siegmund, armé avec l’épée invincible qu’il lui avait léguée.

Siegmund et Sieglinde sont en fuite et Sieglinde, épuisée, s’évanouit. Brünnhilde arrive et annonce à Siegmund qu’il doit mourir, et qu’elle le conduira au Walhalla. Siegmund refuse de quitter Sieglinde et renonce au Walhalla. Il menace de tuer Sieglinde mais Brünnhilde lui apprend qu’elle porte en elle le fruit de ses amours. Devant la force de son amour, Brünnhilde décide de s’opposer à la volonté de Wotan et de sauver le couple. Hunding arrive et le combat commence. Wotan s’interpose et de sa lance sacrée brise Nothung. Hunding tue alors Siegmund et Wotan, méprisant, le tue à son tour pendant que Brünnhilde s’enfuit avec Sieglinde.

Acte III: La célèbre Chevauchée des Walkyries constitue le prologue de cet acte. Les walkyries arrivent, chacune avec son mort cueilli sur les champs de bataille.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur l’image

Brünnhilde arrive à son tour, mais avec une femme vivante à la place d’un héros mort. Elle explique la situation à ses sœurs et leur demande de les cacher. Devant leur refus, elle donne son cheval à Sieglinde et lui demande de partir vers l’est. Elle lui confie les débris de Nothung, prédisant qu’un jour le fils de Siegmund saura reforger l’épée.

Wotan arrive, furieux contre sa fille préférée qui lui a désobéi. Il veut la dégrader de son statut de demi-déesse en en faisant une simple mortelle. Brünnhilde explique à son père qu’en agissant comme elle a fait, elle a accompli sa volonté puisque c’est bien la victoire de Siegmund qu’il souhaitait secrètement, même si cela était contraire aux lois divines dont Wotan est le garant. Le dieu se laisse partiellement fléchir. Il endormira Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra franchir. Il fait des adieux bouleversés à sa fille, elle qui a su se montrer plus libre que lui, le dieu (« Du, freier als mir, der Gott ») puis  il convoque Loge, le dieu du feu pour former le cercle de feu qui la protégera.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan et Brünnhilde

Et pour avoir la suite de l’histoire, c’est dans Siegfried.

Cinéma, Mes opéras préférés

LE TROUVÈRE, de VERDI (1853)

Écrit d’après un drame espagnol datant de 1836, Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) est le deuxième volet de la trilogie verdienne. En effet, en trois ans, Verdi écrira Rigoletto (1851) et La Traviata (1853). Créée donc à Rome début 1853, l’œuvre connut un succès retentissant, même si on a critiqué certaines faiblesses du livret. Elle a servi de référence aux Marx Brothers dans le film A night at the operaa night at the opera

Acte I: Dans une salle de garde, le capitaine Ferrando raconte que le comte de Luna passe ses nuits sous le balcon de Leonora pour y surprendre un trouvère qui courtise sa bien-aimée. Il raconte aussi l’histoire du père du comte qui découvrit un matin une bohémienne penchée sur le berceau d’un de ses deux garçons. L’enfant étant tombé malade, la gitane fut condamnée au bûcher. Azucena, la fille de la gitane, a alors enlevé le frère cadet du comte pour le brûler vif à son tour.

Dans les jardins du palais, Leonora avoue à sa confidente qu’elle est amoureuse d’un trouvère qui vient lui faire la cour toutes les nuits (Air: Tacea la notte placida). Le comte de Luna arrive au moment où le trouvère commence sa sérénade (Air: Deserto sulla terra). Dans l’obscurité, Leonora veut se jeter dans les bras du trouvère, mais tombe dans ceux du comte. Cette méprise provoque un duel entre les deux rivaux.

Acte II: Au matin, les gitans s’activent dans leur camp (Chœur des enclumes: Vedi! Le fosche notturno spoglie).

Verdi Le Trouvère choeur des enclumesCliquez sur l’image

Azucena raconte à son fils Manrico, blessé, qu’elle a voulu venger sa mère, brûlée par le père du comte, en enlevant le fils de celui-ci, mais dans un accès de folie, c’est son propre fils qu’elle a jeté au feu (Air: Condotta ell’era in ceppi). Manrico veut alors savoir de qui il est le fils, mais Azucena évitant de répondre, rappelle qu’elle a toujours été une mère pour lui, le relevant et le soignant après le combat contre les soldats du comte.

Il dit que avant ce combat, pendant son duel avec le comte et alors qu’il pouvait le tuer, une force mystérieuse l’en a empêché. Azucena lui fait jurer de la venger en poignardant le comte.

Un messager vient annoncer à Manrico qu’il doit prendre le commandement de la forteresse. Azucena veut retenir son fils, mais il part (Duo: Perigliarti ancor languete).

Léonora qui croyait Manrico mort veut se retirer au couvent. Dans le cloître où elle doit prononcer ses vœux, Luna et Ferrando guettent son arrivée pour l’enlever (Air: Il balen del suo sorriso). Manrico les devance et enlève Léonora, ravie qu’il soit toujours vivant (ensemble: E deggio, e posso crederlo).

Acte III: Alors que les soldats du comte se préparent à l’assaut de la forteresse (Chœur: Squilli, echeggi la tromba guerriera), Luna se consume de jalousie à savoir Léonora dans les bras de son rival. Ferrando arrive: on a capturé une vieille gitane qui rôdait. Ferrando l’interroge et il finit par la reconnaitre comme étant la ravisseuse du frère du comte. Elle laisse échapper qu’elle est la mère de Manrico (Giorni poveri vivea). Luna la condamne au bûcher dans le but de faire venir Manrico et ainsi récupérer Léonora.

Face à l’imminence de l’assaut, Manrico rassure Léonora pendant qu’on prépare leur mariage (Ah si, ben mio). Un soldat arrive qui annonce que Luna a capturé Azucena. Manrico révèle qu’Azucena est sa mère, et abandonne Léonora pour aller la délivrer (Di quella pira l’orrendo).

Acte IV: Après l’assaut, Manrico et Azucena sont prisonniers de Luna. Léonora s’approche, comptant obtenir leur libération (D’amor sull’ali rosee). On entend le chœur prier pour une âme qui va mourir (Miserere d’un alma). Manrico répond au chœur et Léonora se reprend à espérer. Luna ordonne que les prisonniers soient exécutés à l’aube. Léonora se promet à lui s’il libère Manrico (Duo: Mira, di acerbe lagrima). Le comte accepte alors que Léonora avale discrètement un poison.

Dans son cachot, Azucena a eu une vision de sa mort sur le bûcher et demande à Manrico de la défendre. Il cherche à la calmer (Duo: Si la stanchezza l’opprime). Léonora arrive avec la promesse de libération qu’elle a obtenue de Luna, et lui demande de s’enfuir sans elle, mais Manrico l’accuse d’avoir vendu leur amour. Léonora, sentant la fin venir, lui avoue qu’elle a préféré mourir plutôt que d’appartenir à un autre homme (quatuor: Prima che d’altri vivere). En voyant Léonora mourir dans les bras de Manrico, Luna furieux ordonne son exécution immédiate. La gitane révèle alors au comte que c’est son propre frère qu’il vient de faire mourir. Azucena est enfin vengée.

littérature, Mes opéras préférés

LA DAMNATION DE FAUST, de BERLIOZ (1829 puis 1846)

On l’a vu dans le mythe de Faust à l’opéra, de nombreux compositeurs ont mis Faust en musique, et parmi eux Hector BERLIOZ (1803 – 1869).

La Damnation de FAUST de Berlioz a eu une genèse compliquée. Enthousiasmé par la traduction de l’œuvre du grand GOETHE par Gérard de NERVAL, Berlioz entreprend de mettre en musique Huit scènes de Faust en 1829, et il envoie sa partition à Goethe, qui ne l’apprécie pas. Berlioz retire alors sa partition.

Il la reprendra en la complétant en 1845 – 1846, pour en faire un « opéra de concert », qui n’aura aucun succès en France du vivant de Berlioz, mais sera pourtant joué dans toute l’Europe. Ce n’est qu’en 1893 que la Damnation de Faust acquerra son statut d’opéra à part entière, dans une production scénique à l’opéra de Monte-Carlo.

Bizarrement, malgré (ou à cause de) sa musique géniale de bout en bout, la Damnation de Faust est une des œuvres les plus massacrées par les metteurs en scène, ce qui peut faire penser qu’il faut vraiment la donner en version de concert, sans avoir à subir les fantasmes de tel ou tel petit génie autoproclamé de la mise en scène.

Au début de l’œuvre, Faust médite seul dans son cabinet. Il a fait le tour du savoir livresque et se demande à quoi tout cela sert. Par sa fenêtre, il voit le peuple se réjouir dans une kermesse, éveillant sa jalousie. Des soldats passent. Cette scène qui n’est pas dans l’œuvre de Goethe est rajoutée par Berlioz pour le simple plaisir d’écrire sa « marche hongroise ».

Berlioz la Damnation de Faust Marche hongroiseCliquez sur l’image

Faust veut mettre fin à ses jours, mais au moment où il s’apprête à boire le poison, des chants de Pâques se font entendre au dehors. Il arrête son geste et Méphistophélès apparaît. Il propose à Faust de découvrir les plaisirs qu’il a ignorés pendant sa vie d’études. Il l’emmène d’abord dans une taverne où on chante des chants grossiers (chanson de la puce). Faust dégoûté demande autre chose.

Méphisto endort Faust (Air : Voici des roses) et convoque ses créatures pour charmer Faust dans son sommeil. Marguerite lui apparaît en rêve. À son réveil, il veut la voir.

voici des rosesCliquez sur l’image

À la tombée de la nuit, un double chœur de soldats et d’étudiants se croisent devant la maison de Marguerite. Quand la place est vide, Faust entre dans la maison puis se cache au jardin. Marguerite arrive. Elle dit qu’elle a vu son futur amant en rêve et chante la « Chanson du roi de Thulé ».

berlioz damnation de Faust roi de ThuléCliquez sur l’image

Puis Faust et Marguerite se rencontrent enfin, ils se reconnaissent sans s’être jamais vus, mais Méphisto interrompt leur duo car les voisins, entendant du bruit chez Marguerite, sont partis prévenir sa mère.

Berlioz la Damnation de faust Ange adoréCliquez sur Marguerite et Faust se reconnaissant sans s’être jamais vus

Quelques mois plus tard, Marguerite attend Faust, qui ne vient pas.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme normanCliquez sur l’image

De son côté, Faust lance une invocation à la nature (Nature immense), lorsque Méphisto vient lui annoncer le danger que court Marguerite. En effet, Méphisto avait donné à Faust un somnifère pour endormir la mère de Marguerite pendant leurs nocturnes amours, mais il en a tant usé que la vieille en est morte (sic !). Les villageois arrivent pour arrêter Marguerite. Méphisto est prêt à sauver Marguerite si Faust lui livre son âme. Faust accepte. Méphisto emmène Faust dans une chevauchée fantastique, qui se termine par l’enfer pour Faust alors que l’âme de Marguerite monte au ciel.

Berlioz Damnation de Faust Course à l'abîmeCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, opéra russe

Boris GODOUNOV, de MOUSSORGSKI

Boris Godounov est un des plus puissants opéras russes.

Chef-d’œuvre de la musique, la genèse de Boris Godounov ne fut pas facile. Adaptée de POUCHKINE, une première version datant de 1869 fut refusée par la censure impériale. MOUSSORGSKI reprend alors sa partition en 1872, ajoute un acte dit « acte polonais » et surtout un personnage féminin, pour se rapprocher des canons de l’opéra qui voulaient qu’il y ait une héroïne.

Outre le rôle-titre, le personnage principal de Boris Godounov est le peuple, Moussorgski retrouvant l’idéal de l’opéra, hérité du théâtre antique où le chœur est partie prenante au drame.

L’orchestration brute de Moussorgski, musicien quasi autodidacte, a heurté les oreilles de ses contemporains, notamment TCHAÏKOVSKY, qui ne comprenait rien à cette partition. RIMSKI-KORSAKOV a cru bon de réorchestrer Boris en 1896, pour le rendre plus audible. Il ira même plus loin en 1906 en faisant une « adaptation » de l’œuvre.

À titre de curiosité, DVORAK a écrit un opéra, Dimitri (1881), qui reprend l’action là où celle de Boris Godounov se termine.

Toutes ces transformations font qu’il est difficile de résumer la trame de l’histoire, selon que l’on prend la version originale de 1869, la version complétée en 1872 ou la version améliorée de 1896, voire l’adaptation de 1906.

Prologue: Dans la cour d’un couvent, le peuple, rudoyé par un policier, se lamente et demande à Boris d’accepter la couronne de tsar. Un boyard annonce que Boris refuse la couronne. Des pèlerins demandent au peuple de se rendre à la rencontre de leur tsar et le boyard leur ordonne de se rendre au Kremlin le lendemain.

À Moscou, devant le Kremlin, le prince Chouïski souhaite longue vie au tsar Boris. Le peuple chante en son honneur (Réjouis-toi, peuple de Russie), mais Boris est sombre, agité de pressentiments.

Boris peupleCliquez sur l’image

Acte I : Dans sa cellule, le moine Pimenn rédige la chronique des faits passés. Grigori, un jeune moine, se réveille. Pimenn lui parle de sa jeunesse, du tsar Ivan le Terrible et de son fils Féodor. Il révèle que le tsar actuel est un régicide et que le tsarévitch assassiné aurait le même âge que Grigori, qui imagine alors de se faire passer pour lui.

Dans une auberge à la frontière, deux moines, Varlaam et Missaïl, font la quête. Ils sont suivis par Grigori, déguisé, qui est en fuite. Varlaam chante les combats contre les Tatars quand des policiers entrent à la recherche de Grigori. Celui-ci détourne l’attention sur un des moines, mais les policiers finissent par se rendre compte que c’est bien lui qu’il recherchent. Grigori prend la fuite.

  varlaamCliquez sur l’image

Acte II : Xénia, la fille de Boris et fiancée du tsarévitch assassiné pleure celui-ci. Féodor, le fils de Boris, arrive et chante une chanson à sa nourrice. Boris arrive, très fier de l’intelligence de son fils, mais il est toujours hanté par le remords. Le peuple l’accuse de tous les maux qui frappent la Russie. Chouïski entre, porteur de mauvaises nouvelles, un imposteur venu de l’étranger se fait passer pour Dimitri, le tsarévitch assassiné.

Boris méditationCliquez sur l’image

Acte III : Dans une clairière, des gamins entourent un innocent et lui volent un kopeck. L’innocent demande alors à Boris qu’on égorge ces gamins, comme lui a égorgé le Tsarévitch. Il appelle à pleurer sur les malheurs de la Russie.

Au Kremlin, des boyards statuent sur le sort qu’ils réserveront à Dimitri quand ils le captureront. Boris arrive, très troublé, mais Chouïski lui dit qu’un vieillard, Pimenn, veut lui parler. Pimenn entre et lui raconte l’histoire d’un homme qui a vu le tsarévitch lui apparaître en songe et lui a demandé d’aller prier sur sa tombe. Il l’a fait, et sa cécité a été guérie. Boris s’évanouit. Quand il revient à lui, il dit à son fils Féodor qu’il va mourir et lui recommande de prendre soin de sa sœur. Il demande la clémence de Dieu et meurt (mort de Boris) alors que dehors, le peuple se lamente.

Boris mort de BorisCliquez sur l’image

Moussorgski Boris Godounov la mort de Boris (2 sur 2)Cliquez sur l’image pour avoir la suite

Mes opéras préférés

LA FLÛTE ENCHANTÉE, de MOZART (1791)

La Flûte enchantée (Zauberflöte) est le dernier des opéras écrits par MOZART. Il s’agit d’un Singspiel, c’est-à-dire d’un opéra écrit en allemand, avec des parties parlées et des parties chantées.

(The magic flute is the last opera written by Mozart, in 1791).

Le livret, particulièrement complexe et passablement misogyne, est de SCHIKANEDER, un frère en maçonnerie de Mozart, et comporte de nombreuses références à la maçonnerie (trois dames, trois enfants, trois gardes, trois temples, trois épreuves…)

On retrouvera Schikaneder un peu plus tard dans l’histoire de la musique puisqu’en tant que directeur du théâtre An der Wien, il commande en 1803 un opéra à BEETHOVEN. Heureusement, la faiblesse du livret proposé empêchera Beethoven d’aller jusqu’au bout, et il choisira finalement une pièce française vantant la liberté pour écrire son opéra Fidelio.

Acte I : Le prince Tamino entre en scène en courant, poursuivi par un gigantesque serpent. Il s’évanouit. Trois dames entrent, tuent le serpent et repartent. Tamino se réveille et trouve le serpent mort à ses pieds. L’oiseleur Papageno apparaît. Il se vante d’avoir tué le serpent, mais les trois dames réapparaissent, menaçantes, et lui fixent un cadenas sur la bouche, pour avoir menti. Les trois dames offrent un médaillon avec le portrait de la fille de la reine de la nuit, et Tamino en tombe amoureux. Elles lui apprennent qu’elle a été enlevée par un démon qui la retient dans son château. Trois coups de tonnerre se font entendre, annonciateurs de la reine de la nuit.

Flûte enchantée TaminoCliquez sur l’image

La reine de la nuit entre, désespérée. Elle dit que si Tamino délivre sa fille Pamina, celle-ci sera à lui pour toujours. (1er air de la reine : O zittre nicht, mein lieber Sohn). Papageno réapparaît. Les trois dames lui enlèvent son cadenas et donnent à Tamino une flûte et à Papageno un carillon (un glockenspiel), instruments qui les aideront dans leur quête de Pamina. Trois jeunes garçons leur montreront le chemin vers le palais de Zarastro, le ravisseur de la princesse.

Dans le palais de Zarastro, Pamina doit échapper aux avances de Monostatos, le Maure chargé de la garder. Papageno arrive, et ils se font peur mutuellement, chacun croyant avoir affaire à un démon. Papageno apprend à Pamina qu’il est venu la délivrer avec le prince Tamino, qui est amoureux d’elle.

Dans un bois sacré se trouvent trois temples. Tamino arrive, conduit par les trois garçons. Il veut entrer dans le temple de la Nature, puis dans le temple de la Raison, mais à chaque fois une voix lui commande : Arrière ! Il s’avance alors vers le temple de la Sagesse, dont la porte s’ouvre. Un prêtre lui révèle la véritable nature de Zarastro et que Pamina vit encore. Il joue de sa flûte, et Papageno lui répond. Tamino sort alors que Papageno et Pamina entrent en scène, poursuivis par Monostatos et ses esclaves. Papageno joue de son carillon, et Monostatos et ses esclaves se mettent à danser. Zarastro entre avec sa suite. Pamina implore sa pitié, mais Zarastro lui dit qu’il ne lui veut pas de mal. Tamino entre enfin et trouve Pamina. Ils se reconnaissent et s’embrassent. Des prêtres bandent les yeux de Pamina, Tamino et Papageno pour les conduire au temple des épreuves.

Acte II : Zarastro demande à ses prêtres d’initier Tamino à la sagesse. Il leur apprend que Pamina est destinée à Tamino, et que c’est pour la soustraire à l’influence néfaste de sa mère qu’il l’a enlevée. Zarastro et ses prêtres invoquent Isis et Osiris pour qu’ils accompagnent les deux humains dans leur parcours vers la sagesse. (O Isis und Osiris).

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

 

Tamino et Papageno entrent. L’orateur leur demande s’ils sont prêts, Tamino répond que oui, mais Papageno hésite. Le prêtre lui annonce qu’au bout de l’épreuve, il y aura une Papagena pour lui. L’oiseleur accepte donc. La première épreuve sera de garder le silence. Les trois dames entrent et leur prédisent la mort. Papageno, effrayé, commence à répondre mais Tamino lui rappelle qu’il doit se taire.

Monostatos veut voler un baiser à Pamina, endormie. La reine de la nuit apparaît et Pamina se jette dans ses bras. La reine lui apprend alors que son père était un ancien grand prêtre d’Isis et qu’à sa mort il leur avait légué tous ses biens, sauf le cercle solaire d’Isis qu’il avait réservé aux initiés, le laissant à la garde de Zarastro, son successeur. La reine de la nuit tend un poignard à sa fille pour qu’elle tue Zarastro. Si elle ne le fait pas, elle la maudira à jamais (2e grand air de la reine de la nuit : Der Hölle Rache).

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur l’image

Tamino et Papageno entrent. Papageno, qui a du mal à garder le silence, se plaint de la soif. Une vieille femme entre porteuse d’eau. Elle prétend que son amoureux s’appelle Papageno, mais part sans dire son nom. Les trois enfants viennent porter au prince et à l’oiseleur la flûte et le carillon. Tamino joue de la flûte et Pamina accourt, enchantée. Mais le prince doit garder le silence. Pamina s’éloigne tristement.

Il reste deux épreuves à Tamino. Quant à Papageno, il a échoué et ne pourra être initié. Il se met à chanter, en s’accompagnant de son carillon. La vieille femme arrive et promet de s’occuper de lui. Papageno résiste, mais quand elle dit qu’elle peut le libérer, il accepte. La vieille femme se transforme alors en une jeune oiseleuse, habillée de plumes comme lui. C’est Papagena.

Les trois jeunes garçons entrent au moment où Pamina, désespérée tente de se suicider avec le poignard. Ils l’en empêchent.

Tamino doit affronter ses dernières épreuves: traverser l’eau et le feu. Pamina revient. Ils peuvent enfin se parler. La princesse apprend au prince que sa flûte a été taillée par son père dans le bois d’un chêne millénaire. Avec cette flûte enchantée, ils peuvent passer l’épreuve de l’eau et le feu.

Papageno menace de se pendre, les trois jeunes garçons l’en empêchent et lui conseillent de jouer de son carillon. Papagena arrive (Duo: Pa pa papageno(na)).

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur l’image

La reine de la nuit et Monostatos entrent dans le temple pour se venger, mais ils se font rejeter à jamais dans la nuit.

Zarastro sur son trône accueille Tamino et Pamina parmi les initiés d’Isis.

 

Mozart Zuberflöte la Flûte enchantée finalCliquez sur la lumière de la Connaissance !

littérature, Mes opéras préférés

CARMEN de BIZET (1874 – 1875)

Carmen (1874) est certainement un des opéras les plus connus et les plus joués (et les plus adaptés). Techniquement, il s’agit d’un opéra-comique, c’est-à-dire un opéra qui alterne  des passages parlés et des passages chantés.

L’œuvre provient d’une commande de l’Opéra-Comique (le théâtre) à Georges BIZET. Le livret est dû aux fameux duettistes MEILHAC et HALÉVY et est tiré d’une nouvelle de Prosper MÉRIMÉE. Elle est créée en 1875, mais connaît des débuts difficiles en raison de son sujet jugé scabreux, et Bizet, qui meurt trois mois après la première représentation, ne connaîtra pas le succès triomphal que rencontrera son œuvre.

Acte I : À Séville, les soldats regardent passer les gens pour tuer le temps. Arrive la relève de la garde, accompagnée d’une troupe d’enfants (Choeur : « Avec la garde montante »).

Bizet Carmen La garde montanteCliquez sur les nenfants

La cloche de la fabrique de cigarettes sonne, tout le monde attend la sortie des cigarières, et surtout de l’une d’elles, Carmen. Celle-ci chante une chanson sur l’amour (Habanera).

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

Carmen lance une fleur à don José, un brigadier, avant de rentrer à la fabrique. Une jeune femme, Micaëla, vient voir don José. Elle lui apporte une lettre de sa mère, accompagnée d’un baiser. Des cris se font entendre, une bagarre a éclaté dans la manufacture, et Carmen est accusée d’avoir agressée une de ses petites camarades. Les soldats interviennent et le capitaine ordonne à don José d’arrêter Carmen. Carmen use de son charme pour que don José la laisse fuir et lui donne rendez-vous dans une taverne près de Séville (Séguedille : « Près des remparts de Séville »). Don José laisse Carmen s’enfuir.

près des remparts de SévilleCliquez sur l’image

Acte II : Dans la taverne, Carmen est occupée avec ses amies Mercedes et Frasquita (Air : « Les tringles et les sistres… ») Elle attend Don José qui doit sortir de prison après y avoir passé deux mois pour l’avoir laissé s’enfuir. Arrive Escamillo, célèbre torero des arènes de Grenade. Il tombe immédiatement amoureux de Carmen (Air : « Toréador, en garde »).

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur Escamillo

Les contrebandiers arrivent et demandent à Carmen de partir avec eux dans la montagne. Carmen refuse, avouant qu’elle est amoureuse. Don José arrive enfin, mais entendant l’appel du soir qui sonne à la caserne, il déclare qu’il est temps pour lui de rentrer. Carmen se moque de son prétendu amour, et don José proteste de sa fidélité.

Bizet Carmen la fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José

Les soldats viennent faire fermer l’auberge car c’est l’heure, mais trouvant don José hors de ses quartiers, ils veulent l’arrêter. Don José se bat contre son officier avant de prendre la fuite avec Carmen, devenant ainsi déserteur.

Acte III : Au campement des contrebandiers, Carmen, Mercedes et Frasquita se tirent les cartes (Trio: « Mêlons, coupons »). Quand arrive le tour de Carmen, elle n’a qu’un seul destin: la mort! (Air : « Carreau, pique, la mort »).

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur les Bohémiennes

Don José fait  le guet. Micaëla arrive, porteuse d’un message de la mère de Don José (Je dis que rien ne m’épouvante). Elle se cache quand Escamillo arrive pour inviter Carmen à sa prochaine corrida. Don José le défie en duel et ils commencent à se battre quand les contrebandiers reviennent et les séparent. Micaëla sort de sa cachette et dit à Don José que sa mère l’attend au village. Carmen conseille à don José de partir, mais celui-ci refuse. Micaëla ajoute alors que sa mère est mourante. Don José accepte de partir mais prévient Carmen qu’ils se reverront.

Acte IV : Devant les arènes, la foule attend la corrida (Chœur: « A dos cuartos »). Carmen apparaît au bras d’Escamillo (« Si tu m’aimes, Carmen »), mais Frasquita et Mercedes viennent la prévenir de la présence de don José caché dans la foule. Comme Carmen s’apprête à suivre Escamillo dans l’arène, don José lui barre le passage et la supplie de rester avec lui (Air : « Carmen, il est temps encore »). Carmen refuse, et lui jette une bague qu’il lui avait donnée. Après une dernière supplication (Air : « Mais moi, Carmen, je t’aime encore »), il sort son couteau et la tue. On entend dans l’arène la foule acclamer Escamillo.

Bizet Carmen Mais moi je t'aime encore

Carmen meurt à la fin, mais elle a laissé une nombreuse postérité. Surtout, ne manquez pas la suite dans Carmen, le retour… prochainement sur ce blog.

Et pour découvrir d’autres opéras, cliquez ici « Mes opéras préférés ».

histoire, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie

DIDON ET ÉNÉE, de PURCELL (1689)

L’opéra baroque Didon et Enée (1689) est un des derniers opéras écrits en langue anglaise avant une éclipse de près de deux siècles, où l’italien régnera sur les scènes anglaises.

Écrit par Henry PURCELL (1659 – 1695) sur un argument tiré de l’Enéide de Virgile, ce bref opéra (environ une heure) est, sans jeu de mots, un semi-opéra, c’est-à-dire un mélange de théâtre et d’opéra (rappelons qu’à l’origine, l’opéra est du théâtre mis en musique, ou du théâtre chanté).

L’histoire est celle de Didon, la reine de Carthage qui aime en secret Enée, le prince de Troie. Belinda sa confidente lui propose d’épouser le prince, ce qui rapprocherait les deux royaumes. Didon accepte et le premier acte se termine dans la joie.

Purcell Didon et Enée Pursue thy conquest

Cliquez sur Belinda

Les choses se gâtent au deuxième acte, car dans leur caverne des sorcières complotent pour faire tomber Didon et Carthage. La sorcière en chef va faire passer un de ses elfes pour Mercure afin de convaincre Enée de quitter Didon et d’accomplir son destin, qui est de partir fonder une nouvelle cité en Italie. Elles vont déclencher un orage pour séparer Didon et Enée.

Purcell didon et Enée But ere we this perform

Alors que Didon vante les beautés de la nature, les sorcières font éclater leur orage. Tous vont se mettre à l’abri dans le château. Enée resté seul voit apparaître le faux Mercure qui lui ordonne de quitter Carthage et de prendre la mer pour l’Italie. Déchiré entre son amour et cet ordre divin, il décide d’aller vers son destin.

À l’acte III, les marins préparent le départ d’Enée, qui annonce à Didon qu’il la quitte.

Purcell Didon et Enée Come away, fellow sailors

Cliquez sur le marin

Devant le courroux de Didon, il décide de rester et de braver la colère de Jupiter mais Didon, outrée qu’il ait seulement songé à la quitter, le rejette encore. Enée parti, elle se donne la mort dans un des plus bouleversants airs d’opéra (When I am laid in earth).

Purcell Didon Norman

Bande dessinée, Cinéma, littérature, Mes opéras préférés

LA TRAVIATA, de VERDI (1853)

Avant que d’être un album d’Astérix  (Astérix et la Traviata – 2001), la Traviata est un opéra de VERDI, un de ses chefs d’œuvre, et même un chef-d’œuvre tout court.

Cet opéra fait partie de ceux qui ont un équilibre parfait, qui fait que quand le rideau se lève, on est conduit inéluctablement de la première mesure du premier acte jusqu’à la fin, dans une progression dramatique continue.

Verdi en a eu l’idée en 1852 à Paris, en assistant à une représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas. Cette pièce lui a rappelé sa propre situation, car il souffrait de ce que sa liaison amoureuse ne soit pas acceptée par sa famille et ses amis. Il a confié la rédaction du livret à son librettiste habituel, Francesco Piave.

L’histoire est celle de Violetta, une courtisane atteinte de tuberculose, qui vivra un dernier  amour, évidemment impossible, avec un jeune homme de bonne famille.

Créé au théâtre de La Fenice à Venise en 1853, le sujet scabreux fait scandale, et il faudra attendre une reprise pour que l’œuvre s’impose comme un chef-d’œuvre du genre.

Acte I : Lors d’une réception chez Violetta, son amie Flora lui présente Alfredo. Douphol, l’amant de Violetta s’en  agace alors qu’Alfredo porte un toast  (air, duo et chœur : Libiamo).

Verdi traviata Brindisi

Violetta invite ses amis à la danse mais, restée seule, elle est prise d’un malaise. Alfredo vient lui déclarer son amour. Violetta lui remet la fleur qu’elle porte et lui demande de revenir la lui rapporter le lendemain. Restée seule, elle découvre qu’elle est amoureuse (air : E strano).

dessay traviata.pngcliquez sur l’image

Acte II : Trois mois plus tard, Violetta et Alfredo vivent ensemble à la campagne. Anina, la femme de chambre de Violetta apprend à Alfredo que sa maîtresse est partie à Paris vendre ses bijoux. Alfredo part à Paris chercher de l’argent.

Violetta voit arriver Germond, le père d’Alfredo. Il vient lui demander de renoncer à son fils, pour le bien de sa fille, qui songe à se marier alors que la liaison de Violetta et Alfredo fait tâche. Violetta finit par accepter et écrit une lettre d’adieu à Alfredo.

Lors d’une fête chez Flora, les deux amies attendent le baron Douphol (chœur des gitanes : Noi siamo zingarelle), Alfredo vient se venger de son ancienne maîtresse. Il joue aux cartes avec le baron et gagne. Violetta aimerait s’expliquer, mais elle a promis à Germond de garder secrète leur rencontre. Elle dit à Alfredo qu’elle aime le baron et fou de rage, Alfredo appelle les invités et jette l’argent qu’il vient de gagner au visage de Violetta, qui s’évanouit. Le baron défie Alfredo en duel.

Acte III : Violetta est chez elle, malade et abandonnée de tous. Son médecin vient la voir et confie à Anina qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre. Violetta relit une lettre de Germond, où il écrit qu’il a fini par dire la vérité à son fils après le duel (air : Adio del passato). Dehors, on entend le bruit du carnaval dans les rues de Paris.

Verdi Traviata adio del passato Dessay

Alfredo arrive et ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Alfredo promet à Violetta qu’il l’amènera en Provence, où elle se refera une santé. Elle offre son portrait à Alfredo en lui recommandant de refaire sa vie sans elle (air : Prendi quest’e l’immagine), mais alors qu’elle semble reprendre des forces, elle s’écroule, morte.

Verdi Traviata Prendi, quest'é l'immagineCliquez sur Alfredo et Violetta

Enfin, pour les cinéphiles, il ne faut pas rater la très belle version filmée par ZEFIRELLI en 1983.

Bande dessinée, Contes et légendes, littérature, Mes opéras préférés, Valse

FAUST, de GOUNOD (1859)

Cet opéra de GOUNOD comporte un des airs les plus connus du répertoire grâce à… HERGÉ, qui a fait de l’Air des bijoux le morceau favori de sa cantatrice Bianca Castafiore, alias le rossignol milanais.

castafiore

Gounod, qui connaissait l’œuvre de GOETHE depuis sa jeunesse, a composé son opéra sur un livret des duettistes Barbier et Carré. Le Faust de Gounod est un des opéras les plus joués au monde.

L’argument en est celui de Faust qui, au début du premier acte, s’interroge sur l’inanité de sa vie passée à la recherche de la connaissance. Méphistophélès qu’il invoque lui promet tout ce qu’il veut. Faust demande la jeunesse, et Méphisto la lui promet en échange de son âme.

Au début du second acte, lors d’une kermesse villageoise, Valentin qui s’apprête à partir à l’armée confie sa sœur Marguerite à Dieu.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur l’image

Méphistophélès apparaît et entonne son air Le veau d’or est toujours debout, rappelant que c’est toujours le diable qui mène la danse. Faust entre, cherchant Marguerite que Méphisto lui avait fait voir. Une valse commence sur la place du village.

Le veau dor est toujours deboutCliquez sur l’image

Au troisième acte, Faust salue la demeure de Marguerite (Salut, demeure chaste et pure). Méphisto se moque de son idéalisme et dépose sur le seuil de Marguerite un coffret rempli de bijoux. Marguerite arrive en chantant sa ballade du roi de Thulé. Découvrant  le coffret, elle l’ouvre et chante son fameux air des bijoux.

il était un roi de thuléCliquez sur l’image

Au début du quatrième acte, nous retrouvons Marguerite qui a donné naissance à l’enfant qu’elle a eu avec Faust, qui depuis l’a quittée. Valentin revient de la guerre (chœur : Gloire immortelle de nos aïeux). Il veut voir sa sœur et entre dans la maison. Faust arrive alors avec Méphisto qui chante une sérénade à Marguerite (Vous qui faites l’endormie). Valentin sort et se bat en duel avec Faust, mais c’est Faust qui l’emporte. Valentin maudit sa sœur avant de mourir.

Au cinquième acte, Marguerite veut aller prier à l’église, mais elle en est empêchée par Méphisto et ses diables, condamnée qu’elle est à l’enfer. Méphisto transplane Faust à la prison où se trouve Marguerite pour avoir tué son enfant. Quand elle apprend que Faust a signé un pacte avec le diable, elle demande le pardon divin et meurt (Anges purs, anges radieux). Son âme est accueillie au ciel par un chœur d’anges.

anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

LES NOCES DE FIGARO, de MOZART (1786)

Parmi mes opéras préférés, Les Noces de Figaro (Le Nozze di Figaro) (1786) est l’une des plus parfaites réussites du genre, tant l’osmose entre le livret de DA PONTE et la musique de MOZART est parfaite. Il n’y a aucun temps de mort, et de la première note de l’ouverture au chœur final, nous sommes entrainés par une mécanique de précision signée Mozart / Da Ponte.

Composé d’après Le Mariage de Figaro (1776) de BEAUMARCHAIS, l’action se passe chez le comte Almaviva, alors que Figaro, au service du comte, s’apprête à se marier avec Suzanne, qui elle est au service de la comtesse.

Acte I : Figaro, valet du comte Almaviva et Suzanne, femme de chambre de la comtesse, aménagent la pièce que le comte a mise à leur disposition et qu’ils habiteront après leurs noces. Cette pièce est proche des appartements de leurs maîtres pour qu’ils puissent répondre rapidement à leurs appels, mais Suzanne voit le mauvais côté des choses, elle sera également plus proche du comte, qui pourrait bien faire valoir son droit de cuissage. Bartholo et Marceline arrivent. Marceline dit à Bartholo que Figaro lui doit de l’argent, et qu’il ne pourra pas se marier tant qu’il ne l’aura pas remboursé. Chérubin, un jeune page qui découvre les joies de l’amour, arrive à son tour, déclarant qu’il est amoureux de toutes les femmes. Le comte l’a surpris en compagnie de Barberine, la fille du jardinier, et l’a congédié. Chérubin demande à Suzanne d’intercéder en sa faveur auprès de la comtesse.

Mozart Les Noces de Figaro Non so piuCliquez sur l’image

Le comte arrive, Chérubin essaie de se cacher, mais quand il est découvert, Suzanne essaie de le disculper. Enfin, un groupe de paysans arrive et chante au comte une chanson où ils le remercient d’avoir aboli le droit de cuissage. Le comte signe le billet qui envoie Chérubin à l’armée. Figaro lui chante les « joies » du service militaire.

Mozart Les Noces de Figaro Non piu andraiCliquez sur l’image

Acte II : Dans ses appartements, la comtesse se lamente, car elle sent que l’amour du comte a disparu. Suzanne fait entrer Chérubin et lui fait chanter l’air qu’il a composé pour la comtesse (dont il est amoureux) (Air : « Voi che s’appete ».)

Mozart Figaro Voi che sapete

Le comte arrive porteur d’une lettre anonyme le prévenant d’un rendez-vous de la comtesse le soir dans le jardin. Il s’agit d’un faux de Figaro destiné à rendre le comte jaloux, et ainsi le détourner de Suzanne. Alors que la comtesse et Suzanne travestissent Chérubin, pour lui permettre de rester au château jusqu’au mariage, le comte frappe à la porte. On cache Chérubin dans un cabinet avant de laisser entrer le comte. Mais entendant du bruit, le comte accuse la comtesse de cacher un amant. La comtesse refuse d’ouvrir la porte. Le comte va chercher des outils pour forcer la porte. Chérubin sort vite et saute par la fenêtre, pendant que Suzanne prend sa place dans le cabinet. À l’ouverture de la porte, découvrant Suzanne, le comte doit présenter ses excuses à sa femme. Survient le jardinier, qui dit qu’il a vu quelqu’un sauter par la fenêtre et écraser ses fleurs. Figaro s’accuse. Entrent alors Bartholo et Marceline, porteurs du document qui prouve que Figaro doit de l’argent à Marceline et qu’il doit l’épouser. Le comte déclare qu’il va régler cette affaire.

Acte III : Suzanne vient dire au comte qu’elle est prête à le retrouver le soir même dans le jardin (Duo : « Crudel, perché finora »), et lui demande l’argent promis pour sa dot, qui lui permettra de rembourser la dette de Figaro envers Marceline.

Mozart Les Noces de Figaro Crudel perché finora

Marceline vient réclamer son dû. Figaro interrogé nous apprend qu’il est né de parents inconnus, ayant été enlevé à la naissance. À un signe qu’il a sur le bras, Marceline reconnaît son propre fils, fruit de ses amours passées avec Bartholo. Arrive Suzanne qui découvre Figaro dans les bras de Marceline, sa mère. Se croyant trompée, elle est furieuse, avant qu’on lui explique l’histoire (sextuor). Une fois le malentendu levé, Marceline et Bartholo annoncent leur mariage.

Le jardinier montrant le chapeau de Chérubin qu’il a trouvé dans ses plates-bandes révèle au comte que Chérubin n’a pas rejoint son régiment.

La comtesse mélancolique chante l’amertume de voir sa jeunesse s’effacer (Air : Dove sono) quand Suzanne arrive. Elles décident de confondre le comte, en écrivant une lettre lui donnant rendez-vous le soir même au jardin, où la comtesse se rendra dans les habits de Suzanne. (Duo : « Canzonetta sull’aria ».) Elles ferment la lettre avec une épingle de la comtesse.

Mozart Les Noces de Figaro Sull ariaCliquez sur Suzanne et la comtesse

À l’occasion des mariages qui se préparent, les jeunes filles du village viennent chanter un compliment au comte, où elles le remercient d’avoir abandonné le droit de cuissage. Chérubin se trouve parmi elles, déguisé, mais le jardinier le reconnaît. Le comte veut punir Chérubin, mais Barberine demande au comte la permission de se marier avec le page, en échange des baisers et des caresses qu’il lui a prodigués en cachette. Embarrassé, le comte accepte. Suzanne lui donne discrètement la lettre fixant le rendez-vous du soir.

Acte IV : À la tombée de la nuit, Barberine cherche l’épingle qui fermait le billet à destination du comte, épingle qu’elle devait rapporter à Suzanne.

Mozart Les Noces de Figaro l'ho perdutaCliquez sur Barberine

Dans le jardin, Figaro comprend que c’est Suzanne qui va retrouver le comte ce soir. La comtesse et Suzanne, qui ont échangé leurs vêtements, arrivent. Quand le comte arrive, il s’adresse à sa femme en pensant s’adresser à Suzanne. Figaro, pour le rendre jaloux, flirte avec la comtesse. Suzanne lui donne un soufflet avant que le malentendu ne soit dissipé et qu’ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre. Le comte appelle ses gens, qui arrivent avec des torches. Suzanne demande pardon au comte, qui refuse, mais quand la comtesse arrive, c’est le comte qui est ridiculisé, et doit demander pardon pour son attitude. Celle-ci accorde son pardon, et tout le monde part, joyeux, pour le banquet de la noce.

Et Mozart nous a pondu au début du IVe acte un de ses petits airs dont il avait le secret avec le « L’ho perduta » de Barberine, écrit spécialement pour une de ses élèves.

Richard STRAUSS rendra un bel hommage à cette œuvre plus d’un siècle plus tard avec Le Chevalier à la rose (1909), qui retrouvera musicalement le charme crépusculaire de la jeunesse qui s’enfuit (pour la comtesse chez Mozart, pour la maréchale chez Strauss).