Mes opéras préférés

L’ENFANT ET LES SORTILÈGES, de RAVEL (1925)

L’enfant et les sortilèges  est un conte pour enfants écrit sur un livret de COLETTE entre 1919 et 1924, et créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1925.

Il ne s’agit pas ici d’un opéra au découpage traditionnel en actes et scènes, mais plutôt d’une suite de tableaux où RAVEL déploie toute sa fantaisie et sa science de l’orchestration, y intégrant même des éléments de jazz.

Écrit pour les enfants, ce bref opéra (moins d’un heure) a tout pour faire découvrir et aimer ce genre de musique aux plus jeunes.

Argument : L’enfant (âgé de 6 ou 7 ans) n’a pas envie de faire son travail. Maman arrive et le gronde, puis le laisse seul. L’enfant se met alors en colère et s’en prend à tout ce qui lui tombe sous la main. Il casse la théière, blesse l’écureuil dans sa cage et tire la queue du chat. Il casse l’horloge, attise le feu avant de verser le contenu de la bouilloire dedans. Quand, fatigué, il veut s’asseoir dans le fauteuil, celui-ci se retire et la révolte des objets et des animaux martyrisés par l’enfant commence.

Ravel l'Enfant et les Sortilèges débutCliquez sur l’enfant

Le fauteuil commence une discussion avec une bergère Louis XV, puis c’est l’horloge qui, ayant perdu son balancier, se met à sonner sans fin (Ding, ding, ding, et encore ding). C’est ensuite la théière anglaise (black and costaud) et la tasse chinoise (keng-ça-fout) qui discutent. Comme le soleil décline, l’enfant se rapproche du feu pour se rapprocher qui lui crache au visage (je réchauffe les bons, je brûle les méchants). L’enfant a de plus en plus peur. Des lambeaux du papier peint déchiré, les personnages s’animent et commencent une pastorale (adieu pastourelles, pastoureaux adieu). Puis vient la princesse du conte de fées, mais l’enfant a déchiré son livre de contes, c’en est fini de la belle princesse. Puis sortent des livres de cours un petit vieillard (un robinet coule dans un réservoir) et les chiffres (Mon dieu, c’est l’arithmétique !)

Ravel l'enfant et les sortilèges l'arithmétiqueCliquez sur l’arithmétique

Maintenant la nuit est tombée, le chat noir sort de sous le fauteuil, bientôt rejoint par la chatte blanche à la porte du jardin (duo des chats). L’enfant sort. On entend le bruit des insectes et des rainettes. L’enfant veut s’appuyer sur l’arbre, mais celui-ci se plaint de la blessure que l’enfant lui a faite plus tôt avec son couteau, bientôt suivi par le chœur des arbres (nos blessures).

Ravel l'enfant et les sortilèges les insecetesCliquez sur l’image

Une rainette sort de l’étang et s’approche de l’enfant, mais l’écureuil la prévient de se méfier (sauve-toi, sotte). L’enfant se sent de plus en plus seul et appelle sa maman, mais les animaux veulent le punir avec leurs griffes, avec leurs ailes, avec leurs dents. Mais l’enfant voit un écureuil blessé et se penche sur lui pour panser la plaie. Les animaux changent le regard qu’ils portaient sur lui (il a pansé la plaie, épanché le sang). Ils font une ronde autour de lui, émus, et chantent (il est bon l’enfant, il est sage). Ils appellent sa mère en cherchant à prononcer le mot si doux qu’il vient de dire (Ma – man). Enfin, la porte s’ouvre et Maman apparaît. L’enfant se jette dans ses bras.

Ravel l'enfant et les sortilèges finalCliquez sur le final

Mes opéras préférés, opéra russe

Eugène ONÉGUINE, de TCHAÏKOVSKI (1877)

Parmi la dizaine d’opéras écrits par TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine est certainement un des plus populaires. Écrit en 1877 d’après une nouvelle de POUCHKINE, il a été créé à Moscou en 1879. Sixième opéra écrit par Tchaïkovski, c’est le premier à avoir rencontré un vrai succès.

Je l’ai vu l’année dernière à l’Opéra de Paris à Bastille, dans une distribution qui devait comporter la (très) grande soprano Anna Netrebko. Avant le lever de rideau, il y a eu une annonce informant qu’Anna ne serait pas présente ce soir-là. Bronca dans la salle, les gens étant venus du monde entier pour entendre la Netrebko. Une petite jeune a chanté/joué le rôle « au pied levé » : Elena Stikihina.  Et à la fin, la bronca est devenue une ovation comme j’en ai rarement entendu.

Acte I : Un soir d’été à la campagne, madame Larine et la nourrice évoquent le passé sur le thème : l’habitude finit par l’emporter sur l’amour. Les deux filles de la maison entrent, Tatiana la rêveuse et Olga la pragmatique. Lenski, le fiancé d’Olga arrive accompagné de son voisin Onéguine. Onéguine demande à Tatiana ce qu’elle trouve à faire dans cette campagne reculée. Tatiana répond qu’elle lit et rêve.

Le soir venu, Tatiana troublée par sa rencontre avec Onéguine n’arrive pas à dormir. Elle décide de lui écrire une lettre dans laquelle elle lui révèle son amour (extraordinaire Air de la lettre !) qu’au matin elle lui fait porter. Onéguine arrive et répond qu’il ne peut pas s’engager.

renée fleming air de la lettreCliquez sur l’image

Acte II : Il y a bal ce soir chez les Larine en ce jour de la fête de Tatiana (Chœur Vot tak Syurpriz). Tatiana et Onéguine dansent, mais très vite les cancans des vieilles l’exaspèrent. Il décide de rendre Lenski jaloux en dansant avec Olga. Lenski en fait le reproche à Olga qui lui répond qu’elle trouve Onéguine charmant. Un invité français (et ridicule), monsieur Triquet chante des couplets qu’il a écrits pour Tatiana. Onéguine propose une autre danse à Olga, mais c’en est trop pour Lenski qui s’énerve et provoque Onéguine.

Lenski arrivé sur le lieu du duel pense à sa mort prochaine et se rappelle sa jeunesse (air de Lenski). Onéguine arrive et pense à leur amitié passée (Duo), mais le duel a lieu et Onéguine tue Lenski.

duel onéguine
Duo Onéguine Lenski

Acte III : Plusieurs années plus tard, Onéguine est de retour d’exil. La scène se passe chez le prince Grémine, qui est accompagné d’une ravissante jeune femme qui attire l’attention d’Onéguine. Le prince chante son amour pour sa femme (air de Grémine) avant de la présenter à Onéguine : c’est Tatiana. À sa vue, Onéguine sent renaître les jours passés de sa jeunesse et l’amour qu’il a laissé échapper.

air de grémineCliquez sur l’image

Quelques jours plus tard, dans la demeure des Grémine, Tatiana est troublée : elle a reçu une lettre d’Onéguine, qui demande à la voir. Quand Onéguine paraît, il se jette à ses pieds et lui déclare son amour. Elle lui rappelle la lettre qu’elle lui avait écrite plusieurs années auparavant, et le mépris avec lequel il lui avait répondu. Elle l’accuse de ne s’intéresser à elle que parce qu’elle est devenue riche et célèbre. Onéguine s’obstine. Tatiana finit par lui avouer qu’elle aussi l’aime, mais qu’elle restera fidèle à son mari. Elle se lève et s’en va, laissant Onéguine à sa douleur.

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TRISTAN UND ISOLDE, de WAGNER (1859)

Tristan und Isolde est le premier opéra que j’ai eu la chance de voir à Bayreuth, en 1986. La photo ci-dessus est une carte postale de cette représentation, qui reste pour moi un de ces moments magiques que l’on a parfois l’occasion de vivre dans une vie.

En 1854 WAGNER, qui vit en exil à Zurich après avoir fait le coup de poing sur les barricades avec BAKOUNINE en 1849, fait la connaissance du riche couple WESENDONCK. Très vite, une attirance mutuelle naîtra entre Richard Wagner et Mathilde Wesendonck, et Wagner devra s’éloigner de Zurich en 1858. De leur rencontre naîtront deux chefs d’œuvre, les Wesendonck Lieder (1857 – 1858), une mise en musique de poèmes de Mathilde par Richard, et Tristan und Isolde (1858 – 1859). Certains thèmes musicaux de la première œuvre se retrouvent dans la deuxième.

Il est difficile d’isoler tel ou tel air de la partition, l’opéra figurant un long poème musical continu, écrit par Wagner d’après une légende celtique bien connue. Citons toutefois les deux extrêmes de la partition: le prélude et la « mort d’Isolde ».

Wagner Tristan und Isolde préludeCliquez sur le prélude

L’opéra a été créé en 1865 à Munich, sous les auspices de Louis II de Bavière.

Acte I : La scène se passe sur le pont d’un navire qui conduit Isolde en Cornouailles où l’attend son fiancé le roi Marke. Entendant une chanson de marins qui lui rappelle sa destinée, elle veut mourir. Sa servante Brangäne ne réussit pas à la calmer. Isolde voit Tristan tenir le gouvernail du bateau et elle demande à Brangäne d’aller le chercher. Tristan refuse, son devoir étant de gouverner le bateau. Kurwenal, l’écuyer de Tristan chante une chanson cornouaillaise rappelant le combat où Tristan a tué Morold, le fiancé d’Isolde. En entendant ce chant, le désespoir d’Isolde éclate et elle raconte à Brangäne comment peu après la mort de Morold, elle  a soigné un chevalier blessé qui s’est avéré être l’assassin de son fiancé. Elle a voulu le tuer, mais quand leurs regards se sont croisés, elle n’a pu achever son geste. Cet homme qu’elle a soigné et guéri a arrangé pour elle un mariage avec son maître, le roi Marke. Isolde demande à Brangäne un filtre de mort pour elle et Tristan. Quand le bateau arrive, Tristan se présente à Isolde pour la mener auprès du roi. Isolde lui tend la coupe de la réconciliation, mais Brangäne a substitué au philtre de mort un philtre d’amour. Quand Tristan commence à boire, Isolde lui arrache la coupe, pour mourir avec lui. Les deux héros se regardent, éperdus, ils ont changé de monde !

Le chœur des matelots chante son salut au roi Marke.

Acte II : Dans son jardin, Isolde attend la nuit. On entend au loin des trompes de chasse qui s’éloignent. Isolde demande à Brangäne d’éteindre la torche qui les éclaire. C’est un signal pour Tristan. Commence alors un (très) long duo d’amour, d’abord sur le thème du jour maudit et de la nuit bénie. Ils entonnent l’hymne « Descends sur nous, nuit de l’amour »  (« Sink hernieder, Nacht der Liebe ») où les deux voix se mêlent.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan und Isolde

Du haut d’une tour, Brangäne qui surveille leur lance un avertissement. Le duo continue, évolue et l’amour de passion devient mystique. Maintenant, les deux amants veulent s’unir dans la mort. Brangäne lance un autre avertissement, le jour se lève, il faut finir, mais les deux amants continuent leur duo extatique. Soudain, la scène est envahie par des chasseurs conduits par Melot. Marke est avec eux. Il chante une longue plainte sur la trahison de Tristan. Tristan se tourne vers Isolde, le suivra-t-elle vers le pays obscur ? Isolde est prête à le suivre n’importe où. Tristan et Melot se battent en duel, et Tristan s’effondre au sol. Isolde se précipite sur lui. La nuit cède la place au jour.

Acte III : Tristan est étendu, blessé, dans son château. Kurwenal veille sur lui. On entend la plainte du chalumeau (un instrument à vent) d’un pâtre, qui veille avec Kurwenal. Ils guettent une voile sur l’océan, celle du bateau qui doit conduire Isolde auprès de Tristan. Tristan se réveille et délire. Soudain le chalumeau se fait joyeux, un navire arrive. Tristan se lève et va à la rencontre d’Isolde. Elle se précipite vers lui, mais il meurt dans ses bras. Un deuxième bateau arrive. C’est celui du roi Marke, à qui Brangäne  a expliqué l’interversion des philtres, et qui vient unir les deux amants. Kurwenal et Melot se battent et meurent. Le silence se fait quand soudain Isolde ouvre les yeux. Son chant s’élève, c’est la célèbre mort d’Isolde qui git sur le corps de Tristan, morte d’extase, morte d’amour, morte de fidélité.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Isolde

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut ranger Tristan un Isolde dans la catégorie (T+S)/B.

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KING ARTHUR, de PURCELL (1691)

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, les œuvres de PURCELL occupent un rameau à part. En effet, King Arthur est un semi-opéra, un genre qui dérive du masque de cour élisabéthain, qui consistait à donner des représentations chantées et dansées par les nobles de la cour de la reine Élisabeth 1re, environ un siècle avant Purcell. Les héros ne chantent pas eux-mêmes, ce sont plutôt des génies ou des divinités qui chantent, soutenus par un chœur omniprésent.

Pour avoir chanté King Arthur il n’y a guère, et dans de très bonnes conditions artistiques, je peux affirmer que c’est un vrai bonheur pour un choriste que de chanter cette œuvre (voir l’affiche du concert en tête de ce billet).

King Arthur, donc, a été créé en 1691, deux ans après Didon et Enée et ressort de l’épopée arthurienne.

Acte I : L’armée saxonne offre à ses dieux, Wotan et Freïa, un sacrifice avant la bataille. Mais alors que les saxons se livrent à une beuverie, les bretons les provoquent avec un Come if you dare (Viens si tu l’oses en français).

purcell king arthur come if you dareCliquez sur l’image

Acte II : Le roi Arthur et ses troupes poursuivent les saxons. À une croisée de chemins, ils doivent choisir entre les indications de Philidel, qui les mèneraient en lieu sûr, et celles de Grimbold, qui les perdraient dans les marécages. Ils font le bon choix, et la musique s’adoucit (We brethren of air).

Les villageois donnent une fête pour distraire Emmeline, la fiancée d’Arthur (ensemble et chœur : How blest are shepherds).

Acte III : Le génie du froid veut geler les hommes (célébrissime Cold Song: What power art thou), mais Cupidon fait de la résistance et réclame que son empire règne sur tous les cœurs.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur Klaus NOMI

Acte IV : Un duo de sirènes cherche à vamper Arthur, suivi d’un magnifique air célébrant les délices suprêmes de l’amour (How happy the lover). Alors qu’aucun mortel ne peut résister au chant des sirènes, Arthur résiste.

Purcell King Arthur How happy the loversCliquez sur l’image

Acte V : L’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée tandis qu’une île surgit des flots, où trône Britannia.

Un chœur exalte la pêche et l’agriculture, sources de richesses dans un pays enfin pacifié (Round thy coasts).

Enfin, Vénus arrive qui personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre (Fairest Isle).

Purcell King Arthue Fairest IsleCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

THE TURN OF THE SCREW, de BRITTEN (1954)

The Turn of the screw (Le Tour d’écrou en français) est un opéra de chambre écrit en 1954 par Benjamin BRITTEN, d’après une nouvelle de Henry JAMES. Il a été créé à La Fenice de Venise par les musiciens de l’English Opera Group, un ensemble fondé quelques années plus tôt par Britten pour redonner des lettres de noblesse à l’opéra anglais.

Dans ce huis clos à six voix, Britten a parfaitement su traduire l’atmosphère fantastique de la nouvelle de James, qui raconte une histoire de fantôme revenant hanter deux enfants,  et on sent l’angoisse monter au fur et à mesure que le drame se noue. A titre très personnel, quand j’ai découvert cette œuvre à Favart dans les années 1980, j’ai été tellement enthousiasmé que je suis retourné la voir le lendemain !

Prologue: Le prologue est écrit pour ténor solo et piano. Le narrateur évoque l’arrivée d’une nouvelle gouvernante chez le tuteur des enfants Miles et Flora.

Acte I : Dans la propriété de Bly où ils vivent, les enfants accueillent leur nouvelle gouvernante, et lui font visiter la propriété.

Le lendemain, on apprend que Miles est renvoyé de l’école à cause de sa mauvaise influence sur ses camarades. Se pourrait-il qu’il soit méchant?

Quelques temps plus tard, alors que les enfants jouent, la gouvernante croit voir une silhouette en haut de la tour de la maison. Interrogée, l’intendante Mrs Grose lui dit qu’il s’agit de Peter Quint. Elle lui apprend alors un pan inquiétant du passé de cette maison. L’ancien majordome prenait des libertés avec Miles et a séduit Miss Jessel, l’ancienne gouvernante, avant de la faire mourir. Lui-même est mort en glissant sur la glace. La gouvernante comprend alors que sa mission est de protéger les enfants.

Alors que la gouvernante fait réciter leurs leçons aux enfants, Miles se met à chanter une chanson inquiétante (Malo, malo,…). Plus tard, la gouvernante et Flora sont au bord du lac quand Flora déclare: « Ce lac, c’est la mer morte » avant de se remettre à jouer à la poupée (« Go to sleep »).

Britten The Turn of the Screw The LakeCliquez sur la gouvernante et Flora

Le fantôme de Miss Jessel apparaît de l’autre côté du lac.

Britten The Turn of the Screw Acte I scènes 6 à 8Cliquez sur l’image

Dans la nuit, la voix de Quint appelle Miles, qui lui répond. La voix de Miss Jessel se joint à eux et Flora lui répond (quatuor). Les cris de la gouvernante et de l’intendante interrompent cette fantastique scène de possession.

Acte II: Quint et Miss Jessel apparaissent dans une atmosphère fantomatique. Dans leur duo, la tension entre eux croît (Duo : « The ceremony of innocence is drowned »).

Britten The Turn of the Screw Ceremony of innocenceCliquez sur l’image

Dans sa chambre, la gouvernante sent la présence de Miss Jessel en train d’écrire à sa table. Quand Miss Jessel prend la parole, menaçant les enfants, la gouvernante qui avait songé à fuir Bly comprend qu’elle ne peut pas les abandonner. Elle se décide à écrire à leur tuteur pour l’informer de ce qui se passe (Air: « Sir, dear Sir »).

Dans la nuit, la voix de Quint ordonne à Miles de voler la lettre de la gouvernante, ce qu’il fait.

Le lendemain, pendant que Miles joue tranquillement du piano, Flora quitte discrètement la pièce et se rend vers le lac. La gouvernante la suit et sent la présence de Miss Jessel. Elle demande à Flora si elle la sent aussi, mais Flora lui répond qu’elle la déteste. La gouvernante comprend qu’elle a perdu, que Miss Jessel lui a appris à la haïr.

Mrs Grose apprend à la gouvernante que sa lettre a été volée et n’est jamais partie. La gouvernante supplie Miles de lui dire si c’est lui qui a volé la lettre. Quint essaie de l’empêcher d’avouer. La gouvernante demande à Miles qui se tient devant lui. Miles pousse un dernier cri « Peter Quint, toi, démon » et la gouvernante reste seule avec le cadavre de Miles. Elle reprend le chant funèbre « Malo ».

Britten The Turn of the Screw Acte II scène 8Cliquez sur l’image

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LA WALKYRIE (DIE WALKÜRE), de WAGNER (1855 – 1870)

The Valkyrie is one of the most popular Wagner’s opera.

Premier opéra de la trilogie avec prologue L’anneau du Nibelung (on dit aussi tétralogie), la Walkyrie a été composée en 1855 alors que WAGNER était en exil à Zürich, mais il faudra attendre 1870 pour la création de l’œuvre à Munich. Souhaitée par Louis II de Bavière, alors mécène de WAGNER, cette création se fera contre la volonté de l’auteur. La première version « autorisée » sera celle de 1876, à l’occasion de l’ouverture du théâtre d’opéra que WAGNER a fait construire à Bayreuth pour la représentation de ses œuvres, avec la représentation intégrale de l’Anneau du Nibelung.

L’ouverture du troisième acte, la célébrissime Chevauchée des Walkyries doit être une des musiques les plus utilisées au cinéma, de Apocalypse now à Mon nom est personne, en passant par Blues Brothers. Signalons aussi sa référence dans l’anime Ponyo sur la falaise, du génial Miyazaki.

Suivant la classification proposée dans l’opéra selon Georges Bernard SHAW, nous sommes ici en présence du schéma [(S+T)/(B+A)], où les amours de la soprano (Sieglinde) et du ténor (Siegmund) sont contrariées par le baryton (Wotan) et l’alto (Fricka).

Acte I: Après une brève introduction figurant l’orage qui gronde au dehors, Siegmund entre dans la maison de Hunding et Sieglinde et demande l’hospitalité.

Wagner la Walkyrie prélude du 1er acteCliquez sur l’image

Sieglinde montre à Hunding une épée fichée dans l’arbre sacré de la maison par un inconnu, une épée qui attend son héros. La porte de la maison s’ouvre, laissant entrer le souffle du printemps. Des souvenirs communs se réveillent, et Siegmund et Sieglinde se rendent compte qu’ils sont frères et sœurs jumeaux. Siegmund tire alors l’épée de l’arbre et lui donne le nom de Nothung (Détresse). Les jumeaux tombent dans les bras l’un de l’autre.

Wagner Walkyrie NothungCliquez sur l’image

Acte II: Le dieu en chef Wotan ordonne à sa fille la walkyrie Brünnhilde de se porter au secours de Siegmund dans son combat contre Hunding. Sa femme Fricka arrive, furieuse. Elle veut que l’on punisse les jumeaux incestueux Siegmund et Sieglinde, qui sont les enfants de Wotan et d’une mortelle. Wotan essaye de la convaincre qu’il faut un être libre pour libérer les dieux de la malédiction de l’anneau, mais Fricka lui rétorque qu’on ne peut pas être réellement libre en étant aidé des dieux.

Wotan change ses ordres à Brünnhilde concernant Siegmund. Il lui explique que les walkyries sont les filles qu’il a eues avec la déesse mère Erda. Leur rôle est de ramasser les corps des héros morts sur les champs de bataille, pour constituer une armée contre Albérich le Nibelung, afin de l’empêcher de récupérer son anneau. Seul un héros libre pourra récupérer cet anneau sur lequel veille le géant Fafner, métamorphosé en dragon. Ce héros, Wotan l’avait choisi (et presque même créé), ce devait être Siegmund, armé avec l’épée invincible qu’il lui avait léguée.

Siegmund et Sieglinde sont en fuite et Sieglinde, épuisée, s’évanouit. Brünnhilde arrive et annonce à Siegmund qu’il doit mourir, et qu’elle le conduira au Walhalla. Siegmund refuse de quitter Sieglinde et renonce au Walhalla. Il menace de tuer Sieglinde mais Brünnhilde lui apprend qu’elle porte en elle le fruit de ses amours. Devant la force de son amour, Brünnhilde décide de s’opposer à la volonté de Wotan et de sauver le couple. Hunding arrive et le combat commence. Wotan s’interpose et de sa lance sacrée brise Nothung. Hunding tue alors Siegmund et Wotan, méprisant, le tue à son tour pendant que Brünnhilde s’enfuit avec Sieglinde.

Acte III: La célèbre Chevauchée des Walkyries constitue le prologue de cet acte. Les walkyries arrivent, chacune avec son mort cueilli sur les champs de bataille.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur l’image

Brünnhilde arrive à son tour, mais avec une femme vivante à la place d’un héros mort. Elle explique la situation à ses sœurs et leur demande de les cacher. Devant leur refus, elle donne son cheval à Sieglinde et lui demande de partir vers l’est. Elle lui confie les débris de Nothung, prédisant qu’un jour le fils de Siegmund saura reforger l’épée.

Wotan arrive, furieux contre sa fille préférée qui lui a désobéi. Il veut la dégrader de son statut de demi-déesse en en faisant une simple mortelle. Brünnhilde explique à son père qu’en agissant comme elle a fait, elle a accompli sa volonté puisque c’est bien la victoire de Siegmund qu’il souhaitait secrètement, même si cela était contraire aux lois divines dont Wotan est le garant. Le dieu se laisse partiellement fléchir. Il endormira Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra franchir. Il fait des adieux bouleversés à sa fille, elle qui a su se montrer plus libre que lui, le dieu (« Du, freier als mir, der Gott ») puis  il convoque Loge, le dieu du feu pour former le cercle de feu qui la protégera.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan et Brünnhilde

Et pour avoir la suite de l’histoire, c’est dans Siegfried.

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LE TROUVÈRE, de VERDI (1853)

Écrit d’après un drame espagnol datant de 1836, Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) est le deuxième volet de la trilogie verdienne. En effet, en trois ans, Verdi écrira Rigoletto (1851) et La Traviata (1853). Créée donc à Rome début 1853, l’œuvre connut un succès retentissant, même si on a critiqué certaines faiblesses du livret. Elle a servi de référence aux Marx Brothers dans le film A night at the opera.  a night at the opera

Acte I: Dans une salle de garde, le capitaine Ferrando raconte que le comte de Luna passe ses nuits sous le balcon de Leonora pour y surprendre un trouvère qui courtise sa bien-aimée. Il raconte aussi l’histoire du père du comte qui découvrit un matin une bohémienne penchée sur le berceau d’un de ses deux garçons. L’enfant étant tombé malade, la gitane fut condamnée au bûcher. Azucena, la fille de la gitane, a alors enlevé le frère cadet du comte pour le brûler vif à son tour.

Dans les jardins du palais, Leonora avoue à sa confidente qu’elle est amoureuse d’un trouvère qui vient lui faire la cour toutes les nuits (Air: Tacea la notte placida). Le comte de Luna arrive au moment où le trouvère commence sa sérénade (Air: Deserto sulla terra). Dans l’obscurité, Leonora veut se jeter dans les bras du trouvère, mais tombe dans ceux du comte. Cette méprise provoque un duel entre les deux rivaux.

Acte II: Au matin, les gitans s’activent dans leur camp (Chœur des enclumes: Vedi! Le fosche notturno spoglie).

Verdi Le Trouvère choeur des enclumesCliquez sur l’image

Azucena raconte à son fils Manrico, blessé, qu’elle a voulu venger sa mère, brûlée par le père du comte, en enlevant le fils de celui-ci, mais dans un accès de folie, c’est son propre fils qu’elle a jeté au feu (Air: Condotta ell’era in ceppi). Manrico veut alors savoir de qui il est le fils, mais Azucena évitant de répondre, rappelle qu’elle a toujours été une mère pour lui, le relevant et le soignant après le combat contre les soldats du comte.

Il dit que avant ce combat, pendant son duel avec le comte et alors qu’il pouvait le tuer, une force mystérieuse l’en a empêché. Azucena lui fait jurer de la venger en poignardant le comte.

Un messager vient annoncer à Manrico qu’il doit prendre le commandement de la forteresse. Azucena veut retenir son fils, mais il part (Duo: Perigliarti ancor languete).

Léonora qui croyait Manrico mort veut se retirer au couvent. Dans le cloître où elle doit prononcer ses vœux, Luna et Ferrando guettent son arrivée pour l’enlever (Air: Il balen del suo sorriso). Manrico les devance et enlève Léonora, ravie qu’il soit toujours vivant (ensemble: E deggio, e posso crederlo).

Acte III: Alors que les soldats du comte se préparent à l’assaut de la forteresse (Chœur: Squilli, echeggi la tromba guerriera), Luna se consume de jalousie à savoir Léonora dans les bras de son rival. Ferrando arrive: on a capturé une vieille gitane qui rôdait. Ferrando l’interroge et il finit par la reconnaitre comme étant la ravisseuse du frère du comte. Elle laisse échapper qu’elle est la mère de Manrico (Giorni poveri vivea). Luna la condamne au bûcher dans le but de faire venir Manrico et ainsi récupérer Léonora.

Face à l’imminence de l’assaut, Manrico rassure Léonora pendant qu’on prépare leur mariage (Ah si, ben mio). Un soldat arrive qui annonce que Luna a capturé Azucena. Manrico révèle qu’Azucena est sa mère, et abandonne Léonora pour aller la délivrer (Di quella pira l’orrendo).

Acte IV: Après l’assaut, Manrico et Azucena sont prisonniers de Luna. Léonora s’approche, comptant obtenir leur libération (D’amor sull’ali rosee). On entend le chœur prier pour une âme qui va mourir (Miserere d’un alma). Manrico répond au chœur et Léonora se reprend à espérer. Luna ordonne que les prisonniers soient exécutés à l’aube. Léonora se promet à lui s’il libère Manrico (Duo: Mira, di acerbe lagrima). Le comte accepte alors que Léonora avale discrètement un poison.

Dans son cachot, Azucena a eu une vision de sa mort sur le bûcher et demande à Manrico de la défendre. Il cherche à la calmer (Duo: Si la stanchezza l’opprime). Léonora arrive avec la promesse de libération qu’elle a obtenue de Luna, et lui demande de s’enfuir sans elle, mais Manrico l’accuse d’avoir vendu leur amour. Léonora, sentant la fin venir, lui avoue qu’elle a préféré mourir plutôt que d’appartenir à un autre homme (quatuor: Prima che d’altri vivere). En voyant Léonora mourir dans les bras de Manrico, Luna furieux ordonne son exécution immédiate. La gitane révèle alors au comte que c’est son propre frère qu’il vient de faire mourir. Azucena est enfin vengée.

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LA DAMNATION DE FAUST, de BERLIOZ (1829 puis 1846)

On l’a vu dans le mythe de Faust à l’opéra, de nombreux compositeurs ont mis Faust en musique, et parmi eux Hector BERLIOZ (1803 – 1869).

La Damnation de FAUST de Berlioz a eu une genèse compliquée. Enthousiasmé par la traduction de l’œuvre du grand GOETHE par Gérard de NERVAL, Berlioz entreprend de mettre en musique Huit scènes de Faust en 1829, et il envoie sa partition à Goethe, qui ne l’apprécie pas. Berlioz retire alors sa partition.

Il la reprendra en la complétant en 1845 – 1846, pour en faire un « opéra de concert », qui n’aura aucun succès en France du vivant de Berlioz, mais sera pourtant joué dans toute l’Europe. Ce n’est qu’en 1893 que la Damnation de Faust acquerra son statut d’opéra à part entière, dans une production scénique à l’opéra de Monte-Carlo.

Bizarrement, malgré (ou à cause de) sa musique géniale de bout en bout, la Damnation de Faust est une des œuvres les plus massacrées par les metteurs en scène, ce qui peut faire penser qu’il faut vraiment la donner en version de concert, sans avoir à subir les fantasmes de tel ou tel petit génie autoproclamé de la mise en scène.

Au début de l’œuvre, Faust médite seul dans son cabinet. Il a fait le tour du savoir livresque et se demande à quoi tout cela sert. Par sa fenêtre, il voit le peuple se réjouir dans une kermesse, éveillant sa jalousie. Des soldats passent. Cette scène qui n’est pas dans l’œuvre de Goethe est rajoutée par Berlioz pour le simple plaisir d’écrire sa « marche hongroise ».

Berlioz la Damnation de Faust Marche hongroiseCliquez sur l’image

Faust veut mettre fin à ses jours, mais au moment où il s’apprête à boire le poison, des chants de Pâques se font entendre au dehors. Il arrête son geste et Méphistophélès apparaît. Il propose à Faust de découvrir les plaisirs qu’il a ignorés pendant sa vie d’études. Il l’emmène d’abord dans une taverne où on chante des chants grossiers (chanson de la puce). Faust dégoûté demande autre chose.

Méphisto endort Faust (Air : Voici des roses) et convoque ses créatures pour charmer Faust dans son sommeil. Marguerite lui apparaît en rêve. À son réveil, il veut la voir.

voici des rosesCliquez sur l’image

À la tombée de la nuit, un double chœur de soldats et d’étudiants se croisent devant la maison de Marguerite. Quand la place est vide, Faust entre dans la maison puis se cache au jardin. Marguerite arrive. Elle dit qu’elle a vu son futur amant en rêve et chante la « Chanson du roi de Thulé ».

berlioz damnation de Faust roi de ThuléCliquez sur l’image

Puis Faust et Marguerite se rencontrent enfin, ils se reconnaissent sans s’être jamais vus, mais Méphisto interrompt leur duo car les voisins, entendant du bruit chez Marguerite, sont partis prévenir sa mère.

Berlioz la Damnation de faust Ange adoréCliquez sur Marguerite et Faust se reconnaissant sans s’être jamais vus

Quelques mois plus tard, Marguerite attend Faust, qui ne vient pas.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme normanCliquez sur l’image

De son côté, Faust lance une invocation à la nature (Nature immense), lorsque Méphisto vient lui annoncer le danger que court Marguerite. En effet, Méphisto avait donné à Faust un somnifère pour endormir la mère de Marguerite pendant leurs nocturnes amours, mais il en a tant usé que la vieille en est morte (sic !). Les villageois arrivent pour arrêter Marguerite. Méphisto est prêt à sauver Marguerite si Faust lui livre son âme. Faust accepte. Méphisto emmène Faust dans une chevauchée fantastique, qui se termine par l’enfer pour Faust alors que l’âme de Marguerite monte au ciel.

Berlioz Damnation de Faust Course à l'abîmeCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, opéra russe

Boris GODOUNOV, de MOUSSORGSKI

Boris Godounov est un des plus puissants opéras russes.

Chef-d’œuvre de la musique, la genèse de Boris Godounov ne fut pas facile. Adaptée de POUCHKINE, une première version datant de 1869 fut refusée par la censure impériale. MOUSSORGSKI reprend alors sa partition en 1872, ajoute un acte dit « acte polonais » et surtout un personnage féminin, pour se rapprocher des canons de l’opéra qui voulaient qu’il y ait une héroïne.

Outre le rôle-titre, le personnage principal de Boris Godounov est le peuple, Moussorgski retrouvant l’idéal de l’opéra, hérité du théâtre antique où le chœur est partie prenante au drame.

L’orchestration brute de Moussorgski, musicien quasi autodidacte, a heurté les oreilles de ses contemporains, notamment TCHAÏKOVSKY, qui ne comprenait rien à cette partition. RIMSKI-KORSAKOV a cru bon de réorchestrer Boris en 1896, pour le rendre plus audible. Il ira même plus loin en 1906 en faisant une « adaptation » de l’œuvre.

À titre de curiosité, DVORAK a écrit un opéra, Dimitri (1881), qui reprend l’action là où celle de Boris Godounov se termine.

Toutes ces transformations font qu’il est difficile de résumer la trame de l’histoire, selon que l’on prend la version originale de 1869, la version complétée en 1872 ou la version améliorée de 1896, voire l’adaptation de 1906.

Prologue: Dans la cour d’un couvent, le peuple, rudoyé par un policier, se lamente et demande à Boris d’accepter la couronne de tsar. Un boyard annonce que Boris refuse la couronne. Des pèlerins demandent au peuple de se rendre à la rencontre de leur tsar et le boyard leur ordonne de se rendre au Kremlin le lendemain.

À Moscou, devant le Kremlin, le prince Chouïski souhaite longue vie au tsar Boris. Le peuple chante en son honneur (Réjouis-toi, peuple de Russie), mais Boris est sombre, agité de pressentiments.

Boris peupleCliquez sur l’image

Acte I : Dans sa cellule, le moine Pimenn rédige la chronique des faits passés. Grigori, un jeune moine, se réveille. Pimenn lui parle de sa jeunesse, du tsar Ivan le Terrible et de son fils Féodor. Il révèle que le tsar actuel est un régicide et que le tsarévitch assassiné aurait le même âge que Grigori, qui imagine alors de se faire passer pour lui.

Dans une auberge à la frontière, deux moines, Varlaam et Missaïl, font la quête. Ils sont suivis par Grigori, déguisé, qui est en fuite. Varlaam chante les combats contre les Tatars quand des policiers entrent à la recherche de Grigori. Celui-ci détourne l’attention sur un des moines, mais les policiers finissent par se rendre compte que c’est bien lui qu’il recherchent. Grigori prend la fuite.

  varlaamCliquez sur l’image

Acte II : Xénia, la fille de Boris et fiancée du tsarévitch assassiné pleure celui-ci. Féodor, le fils de Boris, arrive et chante une chanson à sa nourrice. Boris arrive, très fier de l’intelligence de son fils, mais il est toujours hanté par le remords. Le peuple l’accuse de tous les maux qui frappent la Russie. Chouïski entre, porteur de mauvaises nouvelles, un imposteur venu de l’étranger se fait passer pour Dimitri, le tsarévitch assassiné.

Boris méditationCliquez sur l’image

Acte III : Dans une clairière, des gamins entourent un innocent et lui volent un kopeck. L’innocent demande alors à Boris qu’on égorge ces gamins, comme lui a égorgé le Tsarévitch. Il appelle à pleurer sur les malheurs de la Russie.

Au Kremlin, des boyards statuent sur le sort qu’ils réserveront à Dimitri quand ils le captureront. Boris arrive, très troublé, mais Chouïski lui dit qu’un vieillard, Pimenn, veut lui parler. Pimenn entre et lui raconte l’histoire d’un homme qui a vu le tsarévitch lui apparaître en songe et lui a demandé d’aller prier sur sa tombe. Il l’a fait, et sa cécité a été guérie. Boris s’évanouit. Quand il revient à lui, il dit à son fils Féodor qu’il va mourir et lui recommande de prendre soin de sa sœur. Il demande la clémence de Dieu et meurt (mort de Boris) alors que dehors, le peuple se lamente.

Boris mort de BorisCliquez sur l’image

Moussorgski Boris Godounov la mort de Boris (2 sur 2)Cliquez sur l’image pour avoir la suite

Mes opéras préférés

LA FLÛTE ENCHANTÉE, de MOZART (1791)

La Flûte enchantée (Zauberflöte) est le dernier des opéras écrits par MOZART. Il s’agit d’un Singspiel, c’est-à-dire d’un opéra écrit en allemand, avec des parties parlées et des parties chantées.

(The magic flute is the last opera written by Mozart, in 1791).

Le livret, particulièrement complexe et passablement misogyne, est de SCHIKANEDER, un frère en maçonnerie de Mozart, et comporte de nombreuses références à la maçonnerie (trois dames, trois enfants, trois gardes, trois temples, trois épreuves…)

On retrouvera Schikaneder un peu plus tard dans l’histoire de la musique puisqu’en tant que directeur du théâtre An der Wien, il commande en 1803 un opéra à BEETHOVEN. Heureusement, la faiblesse du livret proposé empêchera Beethoven d’aller jusqu’au bout, et il choisira finalement une pièce française vantant la liberté pour écrire son opéra Fidelio.

Acte I : Le prince Tamino entre en scène en courant, poursuivi par un gigantesque serpent. Il s’évanouit. Trois dames entrent, tuent le serpent et repartent. Tamino se réveille et trouve le serpent mort à ses pieds. L’oiseleur Papageno apparaît. Il se vante d’avoir tué le serpent, mais les trois dames réapparaissent, menaçantes, et lui fixent un cadenas sur la bouche, pour avoir menti. Les trois dames offrent un médaillon avec le portrait de la fille de la reine de la nuit, et Tamino en tombe amoureux. Elles lui apprennent qu’elle a été enlevée par un démon qui la retient dans son château. Trois coups de tonnerre se font entendre, annonciateurs de la reine de la nuit.

Flûte enchantée TaminoCliquez sur l’image

La reine de la nuit entre, désespérée. Elle dit que si Tamino délivre sa fille Pamina, celle-ci sera à lui pour toujours. (1er air de la reine : O zittre nicht, mein lieber Sohn). Papageno réapparaît. Les trois dames lui enlèvent son cadenas et donnent à Tamino une flûte et à Papageno un carillon (un glockenspiel), instruments qui les aideront dans leur quête de Pamina. Trois jeunes garçons leur montreront le chemin vers le palais de Zarastro, le ravisseur de la princesse.

Dans le palais de Zarastro, Pamina doit échapper aux avances de Monostatos, le Maure chargé de la garder. Papageno arrive, et ils se font peur mutuellement, chacun croyant avoir affaire à un démon. Papageno apprend à Pamina qu’il est venu la délivrer avec le prince Tamino, qui est amoureux d’elle.

Dans un bois sacré se trouvent trois temples. Tamino arrive, conduit par les trois garçons. Il veut entrer dans le temple de la Nature, puis dans le temple de la Raison, mais à chaque fois une voix lui commande : Arrière ! Il s’avance alors vers le temple de la Sagesse, dont la porte s’ouvre. Un prêtre lui révèle la véritable nature de Zarastro et que Pamina vit encore. Il joue de sa flûte, et Papageno lui répond. Tamino sort alors que Papageno et Pamina entrent en scène, poursuivis par Monostatos et ses esclaves. Papageno joue de son carillon, et Monostatos et ses esclaves se mettent à danser. Zarastro entre avec sa suite. Pamina implore sa pitié, mais Zarastro lui dit qu’il ne lui veut pas de mal. Tamino entre enfin et trouve Pamina. Ils se reconnaissent et s’embrassent. Des prêtres bandent les yeux de Pamina, Tamino et Papageno pour les conduire au temple des épreuves.

Acte II : Zarastro demande à ses prêtres d’initier Tamino à la sagesse. Il leur apprend que Pamina est destinée à Tamino, et que c’est pour la soustraire à l’influence néfaste de sa mère qu’il l’a enlevée. Zarastro et ses prêtres invoquent Isis et Osiris pour qu’ils accompagnent les deux humains dans leur parcours vers la sagesse. (O Isis und Osiris).

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

 

Tamino et Papageno entrent. L’orateur leur demande s’ils sont prêts, Tamino répond que oui, mais Papageno hésite. Le prêtre lui annonce qu’au bout de l’épreuve, il y aura une Papagena pour lui. L’oiseleur accepte donc. La première épreuve sera de garder le silence. Les trois dames entrent et leur prédisent la mort. Papageno, effrayé, commence à répondre mais Tamino lui rappelle qu’il doit se taire.

Monostatos veut voler un baiser à Pamina, endormie. La reine de la nuit apparaît et Pamina se jette dans ses bras. La reine lui apprend alors que son père était un ancien grand prêtre d’Isis et qu’à sa mort il leur avait légué tous ses biens, sauf le cercle solaire d’Isis qu’il avait réservé aux initiés, le laissant à la garde de Zarastro, son successeur. La reine de la nuit tend un poignard à sa fille pour qu’elle tue Zarastro. Si elle ne le fait pas, elle la maudira à jamais (2e grand air de la reine de la nuit : Der Hölle Rache).

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur l’image

Tamino et Papageno entrent. Papageno, qui a du mal à garder le silence, se plaint de la soif. Une vieille femme entre porteuse d’eau. Elle prétend que son amoureux s’appelle Papageno, mais part sans dire son nom. Les trois enfants viennent porter au prince et à l’oiseleur la flûte et le carillon. Tamino joue de la flûte et Pamina accourt, enchantée. Mais le prince doit garder le silence. Pamina s’éloigne tristement.

Il reste deux épreuves à Tamino. Quant à Papageno, il a échoué et ne pourra être initié. Il se met à chanter, en s’accompagnant de son carillon. La vieille femme arrive et promet de s’occuper de lui. Papageno résiste, mais quand elle dit qu’elle peut le libérer, il accepte. La vieille femme se transforme alors en une jeune oiseleuse, habillée de plumes comme lui. C’est Papagena.

Les trois jeunes garçons entrent au moment où Pamina, désespérée tente de se suicider avec le poignard. Ils l’en empêchent.

Tamino doit affronter ses dernières épreuves: traverser l’eau et le feu. Pamina revient. Ils peuvent enfin se parler. La princesse apprend au prince que sa flûte a été taillée par son père dans le bois d’un chêne millénaire. Avec cette flûte enchantée, ils peuvent passer l’épreuve de l’eau et le feu.

Papageno menace de se pendre, les trois jeunes garçons l’en empêchent et lui conseillent de jouer de son carillon. Papagena arrive (Duo: Pa pa papageno(na)).

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur l’image

La reine de la nuit et Monostatos entrent dans le temple pour se venger, mais ils se font rejeter à jamais dans la nuit.

Zarastro sur son trône accueille Tamino et Pamina parmi les initiés d’Isis.

 

Mozart Zuberflöte la Flûte enchantée finalCliquez sur la lumière de la Connaissance !