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Mes opéras préférés, Mythologie

FREITAG AUS LICHT, de STOCKHAUSEN (1991-1994)

Cinquième journée de l’heptalogie Licht, de Karl Heinz Stockausen, Freitag a été écrit entre 1991 et 1994, et créé à Leipzig le 12 septembre 1996.

Freitag (vendredi) est le jour de la tentation d’Eva (Ève) par Luzifer (Lucifer).

L’articulation musicale et dramatique se fait selon douze « scènes de son » et dix « scènes réelles ».

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Freitag-Gruss (Salut de vendredi) : Le public entre dans l’Opéra alors que se joue déjà « Weltraum », musique électronique qui l’accompagnera pendant toute la durée de l’opéra.

Acte I : Scène de son 1 – entrée du couple Femme / Homme.

Scène de son 2 – entrée du couple Chatte / Chien.

Scène réelle 1 – 1ère rencontre entre Eva et Ludon. Ludon propose à Eva de céder à son fils, Kaïno, et de procréer avec lui. Ils décident de se revoir et de se présenter leurs enfants respectifs.

Scène de son 3 – entrée du couple Photocopieuse / Machine à écrire.

Scène réelle 2 – Orchestre d’enfants. Eva arrive avec ses enfants, accompagnés par Elu (Cor de basset) et Lufa (Flûte). Ludon arrive avec ses enfants. Eva dirige son orchestre d’enfants qui entonne joyeusement des voyelles pour les enfants de Ludon, qui s’en amusent.

Scène réelle 3 – Chœur d’enfants. Les enfants de Ludon répondent en faisant de la musique à leur tour, accompagnés par Synthibird. Chaque enfant joue un solo gestuel et vocal. À la fin, Ludon propose que tous les enfants se produisent ensemble.

Scène réelle 4 – Tutti d’enfants. Eva et Ludon chantent ensemble, accompagnés par Elu, Lufa et Synthibird. Ils tentent de diriger l’orchestre d’enfants, mais rien ne se passe. Ludon propose à Eva de diriger seule, ce qu’elle fait.

Scène de son 4 – entrée du couple Voiture de course / Pilote de course.

Scène de son 5 – entrée du couple Flipper / Joueur de flipper.

Scène de son 6 – entrée du couple Ballon de football / Jambe avec chaussure de football.

Scène réelle 5 – Consentement. Ludon attend Eva, qui apparaît mystérieusement. Ludon lui présente un talisman et lui propose de s’unir à son fils, pour contribuer à l’amélioration de l’humanité. Eva accepte et lui rend son talisman. Ils se séparent.

Scène de son 7 – entrée du couple Lune avec un petit hibou / Fusée.

Acte II :

Scène réelle 6 – Chute. Kaïno, au bord d’un lac, attend Eva. Celle-ci arrive sur une barque, en descend, et s’approche de lui. Ils s’étreignent en chantant doucement, accompagnés par le cor de basset et la flûte. Puis Eva repart, et on entend la voix de Michaël qui cire « Eva, nos enfants ! »

Scène de son 8 – entrée du couple Bras nu / Main tenant une seringue. À partir de cette scène, qui suit la fracture du couple Eva / Adam, les couples voisins changent de partenaires

Scène de son 9 – entrée du couple Taille-crayon électrique / Crayon.

Scène réelle 7 – Guerre des enfants. Les enfants d’Eva et de Ludon se battent dans une guerre atroce. Un rhinocéros ailé, chevauché par quatre garçons, attaque les enfants d’Eva. Eva, en lévitation, tente de les protéger, mais les enfants de Ludon remportent le combat.

Scène de son 10 – entrée du couple Bouche de femme / Cornet de glace.

Scène de son 11 – entrée du couple Violon / Archet.

Scène réelle 8 – Repentir. Eva, Elu et Lufa sortent du lac. Eva s’agenouille à l’endroit où elle s’est accouplée avec Kaïno et chante une prière. Son maître Michaël et son mari apparaissent, avant que les trois ne disparaissent.

Scène de son 12 – entrée du couple Nid / corbeau.

Scène réelle 9 – Elufa. Elu et Lufa jouent de leurs instruments devant les douze couples, fascinés. Lufa leur demande : « Vous repentez-vous tous ? » ce à quoi ils répondent « Oui, nous nous repentons ». La lumière s’éteint.

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Scène réelle 10 – Spirale de chœur. Après le départ d’Elu et Lufa, les couples s’unissent en une déclinaison de lumière, comme la flamme d’une bougie. Cette flamme s’élève dans un mouvement en spirale, jusqu’à disparaître dans l’au-delà.

Adieu de Vendredi. La musique électronique est diffusée dans la salle et le foyer de l’opéra pendant que le public sort.

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Lille en 2022 et le programme associé.)

Compositeurs, Compositrices, Mythologie

Darius MILHAUD (1892-1974)

Darius Milhaud est né à Marseille le 4 septembre 1892. Ses parents sont musiciens amateurs et Darius montre vite des dispositions pour la musique. En 1909, il étudie au Conservatoire de musique de Paris, où il a comme professeur Charles-Marie Widor et Paul Dukas. Il se lie d’amitié avec Georges Auric et Arthur Honegger

En 1912, il rencontre le poète Francis Jammes et le dramaturge Paul Claudel, écrivains qu’il mettra en musique. Il compose notamment des musiques de scène pour la traduction par Claudel de l’Orestie d’Eschyle.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

Quand Claudel est nommé diplomate à Rio de Janeiro, en 1917, il propose à Milhaud de le suivre en tant que secrétaire. C’est l’occasion pour Darius de découvrir les rythmes sud-américains, qu’il intègre à ses ballets l’Homme et son désir (1917), sur un argument de Claudel, et le Bœuf sur le toit.

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À son retour à Paris en 1918, on l’intègre au Groupe des Six, aux côtés de Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey et Arthur Honnegger. En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe sur un texte de Cocteau.

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En 1920, le même Cocteau avait détourné Le bœuf sur le toit de Darius Milhaud, souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors étaient de Raoul Dufy et la chorégraphie de Massine.

La dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes est le Train bleu (1924), toujours avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleu
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En 1925, Darius se marie avec une de ses cousines, Madeleine Milhaud. Ils auront un fils, Daniel.

En 1930, Milhaud compose l’opéra Christophe Colomb, sur un texte de Claudel.

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En 1933, Milhaud écrit deux chansons pour Madame Bovary, de Flaubert.

En 1939, il s’empare du mythe de Médée dans un opéra qui porte ce nom.

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En 1940, Milhaud doit fuir la France occupée, sous le double titre de Juif et de compositeur de musique dégénérée. Il part donc aux États-Unis où il enseigne la musique à l’université d’Oakland en Californie. Parmi ses élèves, on trouve Burt Bacharach, ou les minimalistes Steve Reich et Philip Glass.

En 1947, à son retour en France, Milhaud est nommé professeur au Conservatoire de musique de Paris, tout en gardant son activité d’enseignant aux États-Unis. À Paris, il aura comme élève notamment Betsy Jolas.

En 1958, Boris Vian écrit Fiesta une comédie-musicale avec une musique de Darius Milhaud.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville de Beaumarchais, est adaptée à l’opéra en 1966 par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupable
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Darius Milhaud meurt à Genève le 22 juin 1974, à l’âge de 81 ans.

histoire

NAPOLÉON BONAPARTE (1769-1821)

Sous-produit de la Révolution française, Napoléon a inspiré quelques compositeurs d’opéras, et plus généralement quelques compositeurs du XIXe siècle.

En 1800, Bonaparte commande à Méhul un Chant du 14 juillet 1800, après le succès du Chant du départ. Méhul a écrit une trentaine d’opéras, dont l’Irato (1801), une réponse au premier consul qui prétendait que l’opéra bouffe était réservé à l’Italie. Méhul écrira donc un faux opéra italien, et ne dévoilera qu’il en était l’auteur qu’après que celui-ci eut remporté le succès.

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Pour le couronnement de l’empereur en 1804, c’est Lesueur qui écrira une messe solennelle.

Cliquez sur la marche du Sacre

L’action de La Fille du régiment de Donizetti (1840) se passe dans le Tyrol occupé par les armées napoléoniennes en 1805.

Cliquez sur Tonio

Un autre opéra très célèbre, Tosca de Puccini, se passe à Rome pendant la République romaine instaurée par Napoléon, à l’époque de la bataille de Marengo.

Cliquez sur Scarpia

Le plus napoléonien des opéras est probablement La Guerre et la Paix (1941-1943) de Prokofiev, écrit d’après le roman de Tolstoï. Cette œuvre gigantesque est rarement représentée sur scène à cause de l’effectif pléthorique requis pour le monter (une trentaine de solistes !).

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Une parodie de ce roman a été réalisée par Woody Allen dans son Guerre et Amour. Et quand on regarde bien, on peut y voir Napoléon et son double se battre à l’arrière du cadre.

Dans la famille Napoléon, je demande le fils. Une adaptation musicale de l’Aiglon de Rostand a été réalisée par Honegger. (L’aiglon était le surnom donné au fils de Napoléon, en référence aux aigles impériales du père.)

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En dehors du chant de l’opéra (oups, pardon du champ de l’opéra), Napoléon et son épopée ont inspiré bien des compositeurs du XXe siècle.

Parmi eux Beethoven, qui admirait le révolutionnaire, avait initialement dédié sa Symphonie n° 3 à Bonaparte, avant de retirer cette dédicace quand Napoléon s’est fait couronner empereur. Il a alors baptisé cette symphonie Héroïque.

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Il a plus tard composé la Bataille de Vittoria (1813), célébrant la victoire du duc de Wellington sur les armées françaises à Vittoria.

Cliquez sur la Bataille de Vittoria

Robert Schumann a mis en musique le poème d’Heinrich Heine les deux Grenadiers, qui raconte la retraite peu glorieuse de deux grognards. Cette pièce se termine par une citation ironique de la Marseillaise.

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Berlioz a écrit une cantate, le 5 mai, sur la mort de l’empereur, survenue le 5 mai 1821. Elle est rarement jouée.

Cliquez sur le 5 mai

Tchaïkovski, lui, a mis en musique la déroute napoléonienne de la campagne de Russie dans sa tonitruante Ouverture 1812.

Cliquez sur l’ouverture 1812

Agenda Ironique, littérature, Oulipo, Poésie

UN RIEN DE POÉSIE

Ce(s) mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui nous suggère l’Agenda Ironique de l’été 2025.

Le thème principal en est… Rien !

Voici donc ce qu’il nous demande, Carnets Paresseux :

Récapitulons : rien, le sujet ; les mots imposés haricot, asymptote, ragondin et billevesée ; des mots à éviter : activité, programme, obligation, aristotélicien, gouvernement. Et la forme que vous voulez.

Et puis du mystère, du calendrier, du suspense, des jours et des dates de juillet et d’août ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mots : de la tenue, du style, et pourquoi pas, une morale.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué chez lui.

On définit généralement un expert comme étant quelqu’un qui connaît un maximum de choses sur un sujet très restreint. Si on pousse ce raisonnement asymptotiquement, on infère que le climax de l’expertise est donc de connaître Tout sur rien !

Mine de rien, la référence musicale évidente sur le rien en musique doit être le fameux Air de rien de John Cage, plus connu sous son titre 4 mn 33 s.

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Jean Tardieu nous propose, dans la Môme néant, un bel exemple de rien en poésie :

Quoi qu’a dit ? A dit rin.

Quoi qu’a fait ? A fait rin.

À quoi qu’ a pense ? A pense a rin.

Pourquoi qu’a dit rien ? pourquoi qu’a fait rin ? Pourquoi qu’a pense a rin ?

A’ xiste pas.

Le plus beau discours que je connaisse sur le rien est dû à Raymond Devos, avec son sketch Parler pour ne rien dire.

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Mais trève de billevesées, revenons à un univers qui m’est cher, celui de l’opéra (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’univers de l’opéra m’est cher). Comme le rappelle Vladimir Jankelevitch dans ses ouvrages de musicologie, c’est avec la mort de Mélisande qu’on s’approche le plus près du mystère du passage de la vie à la mort : « Elle est partie sans rien dire, je n’ai rien entendu ».

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Les historiens de la musique nous le disent, Hector Berlioz jouait du flageolet dans sa jeunesse. Il ne s’agit évidemment pas du haricot, mais bel et bien d’une petite flûte. Mais ce vaurien n’a pas suvi les conseils de son père, qui voulait faire de lui un médecin. Passant plus de temps dans les théâtres que dans les amphihéâtres, il finira compositeur. Dans sa Symphonie fantastique (1830), il mettra en scène de façon spectaculaire l’ancien thème grégorien du Dies Irae.

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Un rien plus tard, en 1836, Meyerbeer s’est servi d’un hymne non pas grégorien, mais luthérien, pour l’ouverture de son Grand opéra à la française, les Huguenots.

Cliquez sur le vieil hymne luthérien

Et si, arrivé là, vous en voulez encore, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère
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LA MUSIQUE CLASSIQUE DANS LA PUB (13e série)

Après l’utilisation de la musique de Grieg par les réclamiers, voici une nouvelle série de réclames se servant de musique classique pour vendre des produits.

En 1993, CNP Assurances faisait découvrir au grand public la valse n°2 de Chostakovitch.

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La sarabande de Haendel a servi à faire vendre des jeans.

Haendel Sarabande pub pour Levy-StraussCliquez sur la pub

Kia a fait très fort dans sa pub diffusée pour le Superbowl de 2014 avec cette version de « Nessun dorma » du Turandot de Puccini, interprétée par Morpheus de la série Matrix.

Puccini Turandot Nessun Dorma (pub Kia)Cliquez sur la belle ouature

Crème d’Or a diffusé cette pub coquine (interdite dans plusieurs pays) sur la Valse des patineurs de WALDTEUFEL.

xxx valse pub pour crème d'OrNe cliquez sur cette pub que si vous n’habitez pas dans un pays où elle est censurée

Cette Valse des patineurs Pub a aussi servi à Sun pour son produit pour lave-vaisselle.

Waldteufel Valse des patineurs pub pour Sun nettoyant lave vaisselleCliquez sur l’image

Mozart et l’air de la reine de la nuit de la Flûte enchantée pour Eat Pray Love (spaghettis)

Mozart Zauberflôte air de la reine de la nuit pub pour des spaghettisCliquez sur la Reine de la nuit

Lapeyre et le beau Danube bleu de Johann Strauss

Strauss Johann le beau Danube bleu pub pour LapeyreCliquez sur la réclame

En 2022, Afflelou s’est servi d’une danse hongroise de Brahms pour son produit Magic clip :

Brahms Danse hongroise pub pour Afflelou (2022)Cliquez sur la réclame

Smetana la Moldau Pub pour Finish Powerball

Smetana la Moldau Pub pour Finiss Powerball quantum ultimateCliquez sur la pub

Richard Strauss Also spracht Zarathustra pub pour Coca-Cola

Strauss Also spracht Zaratustra Pub pour Coca ColaCliquez sur la pub

La musique de Satie plaît bien aux réclamiers, par exemple avec Pro Plan nourriture pour chiens.

Weber le Freischütz (Chœur des chasseurs) Pub pour Red Bull

Cliquez sur la pub

Et retrouvez une nouvelle série de ubs en cliquant sur le lien suivant : quatorzième série.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES FONTAINES NE CHANTENT PLUS », de QUENEAU

Après avoir brittenisé le poème La musique, de Baudelaire, je vous propose ce mois-ci un retour à Raymond Queneau, avec « les Fontaines ne chantent plus », extrait du recueil Courir les rues (éditions Gallimard, 1967).

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Je meurs d’ennui hauprès de la fontaine

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le vent se tasse il va bientôt noircir

le jour décroît peut-être il va mourir

peut-être il va couler avec l’eau de la Seine

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peut-être il va doucement s’endormir

en ne laissant que trace de silence

Les oiseaux sont muets

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un commerçant ferme les volets de sa

boutique

quelqu’un passe il vient d’acheter

du pain

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Je meurs d’ennui hauprès de la fontaine

Citations musicales :

hauprès de la fontaine : Debussy Pelléas et Mélisande « Scène de la fontaine ».

couler avec l’eau de la Seine : Poulenc / Apollinaire Sept chansons « Marie ».

Les oiseaux sont muets : Satie Daphénéo.

du pain : Wagner Parsifal « l’enchantement du vendredi saint ».

Divers, Histoire de l'opéra

IL ÉTAIT UNE FOIS AUX AMÉRIQUES

Peut-être vous souvenez-vous de cet article écrit il y a deux ans, après le festival de musique baroque de Monflanquin (47), consacré à la musique baroque des Amériques. Ces musiques ont été composées par des aborigènes évangélisés par les jésuites. Après le départ de ceux-ci, la tradition est restée, et un des premiers opéras écrits sur le continent américain est San Ignacio de Loyola, de Zipoli.

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(Cette année, le programme du festival sera consacré à Vivaldi et Haendel. Ne le ratez pas si vous passez à Villereal le 31 juillet ou à Monflanquin le 1er août).

À peu près à la même époque, en France, on fantasmait sur les sauvages d’Amérique, comme nous le montre Rameau dans ses Indes galantes.

Cliquez sur les sauvages d’Amérique

Bien plus tard, un des plus européens des compositeurs, le tchèque Dvorak, accepte un poste de professeur du conservatoire de New York. Les rythmes américains nourriront son Quatuor américain et sa Symphonie du Nouveau Monde.

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Puccini, qui a situé ses opéras en France (la Bohème), en Italie (Tosca), au Japon (Madame Butterfly), en Chine (Turandot), en a également situé un aux États-Unis, avec La Fanciulla del West (La fiancée du Far West).

Cliquez sur le saloon typiquement américain

Aux États-Unis, Scott Joplin a créé l’opéra-jazz avec Treemonisha.

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Il sera suivi par Gershwin et son Porgy and Bess.

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Alors qu’au Brésil, Villa-Lobos nous livre ses Bachianas Brasileiras.

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Retour aux États-Unis avec Bernstein et son emblématique West Side Story.

Cliquez sur le rêve américain

Après lui, deux compositeurs, John Adams et Philip Glass (et même trois avec Steve Reich), créeront le minimalisme et la musique répétitive, comme dans A Perfect American (qui raconte les dernières années de Walt Disney),

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Doctor Atomic (sur la vie du physicien Robert Oppenheimer) ou encore la visite du président Nixon en Chine (Nixon in china).

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Agenda Ironique

JOINDRE LES DEBOUTS (A.I. de Juin 2025)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Tiniak. Et qu’est-ce qui nous est demandé par Tiniak ? Voici :

Alors, puisque le climat comprime ses demi-saisons, tel un député réprimant sa demi-mesure, et que nous basculons subito de l’hiver en été (et rincés proprement), je vous propose, pour thème générique de l’Agenda Ironique : “Joindre les deux bouts”.

Don't U fall!; acrobatic vnitage image

Alors…
Il s’agira de produire un texte (récit, poésie, brèves de comptoir… faites-vous plaisir) dans lequel vous ferez le lien entre deux opposés – NB : au-delà de 2, toujours fonctionner par paires, hein ?
Subséquemment, vous devrez trancher (à l’os) – tels les O’Hara et les O’Timmins (ou alors les Capulet et les Montaigu – ‘nzbâ, JL ?), entre le parti-pris des ABS ou celui des GPS, lesquels tiennent fermement sur leurs lignes de liste, sachant…

Mots imposés chez les ABS (au moins 1 par initiale) :

  • Abscons / Ajoignement / Ajoppé(e)
  • Boudiche / Barbarella / Bangalore 
  • Salsa du démon / Saucisse-frites / Sapajou

Mots imposés chez les GPS (au moins 1 par initiale) :

  • Gluer / Gabeler / Goo goo g’joob!
  • Pétrir / Ploion / Peccadille
  • Sauf-conduit / Samaritaine / Sous-fifre
Lucky Luke - Painful Gulch

Alors, vous pouvez soit, opter pour ne traiter que l’une ou l’autre de ces catégories, soit les opposer l’une à l’autre dans un même texte.

Enfin, merci d’employer (au moins) l’une de ces expressions en sus : “Ne pas être contre un tour de moulin ; Briller dans les ruelles ou alors Ne pas s’asseoir sur le compte-gouttes.

Bonus ludique : je vous propose d’utiliser, à l’envi mais sans en abuser, cette possibilité d’écrire à l’envers en suivant ce lien : SᴚƎΛNƎ,Ꞁ ∀ ƎᴚᴉᴚϽƎ – https://www.dcode.fr/ecriture-a-l-envers

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur le blog poLétique et tocs :

Or donc, Tiniak nous propose de produire des textes faisant des liens entre deux concepts opposés, i.e. de produire des oxymores (ou oxymorons). Le plus célèbre des oxymores se trouve dans Le Cid, de Corneille, avec « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Le Cid a été porté à l’opéra par Massenet.

Cliquez sur Roberto el Cid

Je pourrais rester un instant avec Massenet et son Don Quichotte, qui n’a jamais été contre un tour de moulin à vent, mais des différentes versions musicales du Quichotte, je préfère la version comédie musicale de Jacques Brel, avec sa Quête.

Cliquez sur Jacques Brel

On peut trouver un autre occis maure à la fin d’Otello de Verdi, quand le général maure Otello, qui a tué sa femme Desdemona par jalousie, se donne la mort sur le corps de celle-ci.

Cliquez sur Placido Otello

À la fin du second acte de Tosca, de Puccini, Floria Tosca exige de Scarpia, le fourbe et cruel chef de la police, un sauf-conduit pour délivrer son amant Cavaradossi.

Cliquez sur Floria Callas

Puisque Tiniak m’y invite (discrètement), je peux aussi vous parler du mythe de Roméo et Juliette, ces rejetons de deux familles que tout oppose, les Montaigu et les Capulet, et pourtant tombés amoureux au premier regard. Bien entendu, la pression sociale exercée par les familles empêchera leur ajoignement.

Cliquez sur Mark Montaigu et Emilou Capulet en duo

Un autre oxymoron, à la croisée de la bande dessinée, de la science-fiction et de la musique, est la rencontre entre le personnage (érotique) de Jean-Claude Forest, Barbarella, et de l’Ange. Et croyez-moi, cette rencontre n’est pas une peccadille ! Barbarella a fait l’objet en 1968 d’une version filmique où le personnage principal était incarné par Jane Fonda. Barbarella a également fait l’objet d’un spectacle musical de David Stewart en 2004.

Cliquez sur l’image

Arrivés là de mon délire, vous pouvez vous demander le pourquoi du titre « Joindre les debouts ». Eh bien, dans l’Hymne des nations, de Verdi, on trouve une surprenante citation de l’Internationale, « Debout les damnés de la Terre », coincée entre une citation du God Save the King et une de la Marseillaise.

Cliquez sur Arturo
Contes et légendes, Mes opéras préférés

DOKTOR FAUST, de BUSONI (1916-1924)

Doktor Faust est un opéra en trois tableaux, deux prologues et un intermezzo de Ferrucio Busoni. Busoni a écrit lui-même son livret. Doktor Faust a été créé à Dresde le 21 mai 1925. C’est une des nombreuses adaptations musicales du mythe de Faust.

Avant de porter son choix sur le docteur Faust, Busoni avait songé à Léonard de Vinci, le « Faust italien », ou Don Juan. Pour son « opera ultima », il a réutilisé des matériaux musicaux préexistants au livret, comme le Nocturne symphonique ou la Sonatina seconda. Busoni travaillera à son Doktor Faust de 1916 à 1924, et le laissera inachevé à sa mort, le 27 juillet 1924.

Premier tableau : Alors que Faust travaille dans son bureau quand Wagner lui annonce que trois étudiants de Cracovie viennent le trouver. Faust ne veut recevoir personne, mais à l’évocation d’un livre, le Clavis Astartis Magica, il se ravise et les fait entrer. Les étudiants remettent à Faust une clef, une lettre et un livre.

À minuit, Faust commence les incantations et six démons apparaissent. Faust veut connaître leurs pouvoirs, mais les réponses de cinq premiers ne le satisfont pas. Sa peur cède la place à l’arrogance : tout ça pour ça ? Il veut se remettre au travail quand le sixième démon se manifeste : « Faust, je suis rapide comme la pensée ». C’est Méphistophélès qui promet à Faust d’exaucer tous ses vœux s’il promet, après sa mort, de le servir. Faust commence par refuser, mais Méphistophélès le met face à sa réalité : les créanciers menacent, le frère de Marguerite, que Faust a déshonorée, le poursuit pour la venger, et le bûcher le menace. Faust finit par accepter le pacte avec le diable.

Scène principale : Dans une cathédrale, le frère de Marguerite veut se venger de celui qui a souillé sa sœur. Méphistophélès dit à Faust de se débarrasser de lui, mais Faust refuse de se salir les mains. Méphistophélès fait tuer le frère par des soldats, et porte cette mort au compte de Faust.

À la cour du duc de Parme, les fêtes battent leur plein quand le maître de cérémonie annonce l’arrivée d’un étranger peu rassurant, le docteur Faust. La duchesse de Parme demande qu’on le fasse entrer. La duchesse est ravie, le duc moins. Faust exerce sa magie diabolique pour séduire la duchesse, faisant apparaître successivement le roi Salomon, et la reine de Saba, Samson et Dalila, et Salomé et Saint-Jean-Baptiste. Le duc fait cesser le jeu mais il est trop tard, la duchesse est sous l’emprise de Faust.

Intermezzo et deuxième tableau :

Cliquez sur l’intermezzo

Dans une taverne, les étudiants mènent une joyeuse vie quand une dispute éclate entre les étudiants catholiques et les étudiants protestants. Faust essaie de concilier leurs points de vue.

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Aux étudiants qui l’interrogent sur sa vie amoureuse, il raconte qu’il a séduit une duchesse avant de l’abandonner. Méphistophélès intervient alors, tendant à Faust le cadavre d’un nourrisson, fruit de ses amours avec la duchesse. Méphistophélès met le feu à ce qui se révèle n’être qu’une poupée de paille, faisant apparaître Hélène, symbole de la beauté féminine. Faust veut l’étreindre, mais l’apparition Hélène s’évanouit, le laissant seul.

Les trois étudiants de Cracovie reviennent pour récupérer la clef, le livre et la lettre. Faust leur dit qu’il ne les a plus, qu’il les a brûlés. Les étudiants sortent, en prédisant à Faust sa mort prochaine.

Dernier tableau : Faust se retrouve à son point de départ. Wagner a pris sa place à l’université. Faust veut accomplir une dernière bonne action. Il s’approche d’une mendiante, qui n’est autre que la duchesse, qui lui remet son enfant. Revivant son passé, il reconnaît que ni Dieu ni diable ne peuvent l’absoudre de ses responsabilités. Il parle à l’enfant : « Tu redresseras ce que j’ai édifié de travers et tu réaliseras ce que j’ai omis de faire ». Faust meurt.

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(Source principale : la création en France à l’Opéra de Paris d’avril 1989, et le programme associé.)

Et si vous voulez plus de Doktor Faust, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez encore plus de Doktor Faust
Divers

ELLES S’APPELAIENT ELISABETH

Fait-il bon s’appeler Elisabeth quand on fréquente le monde de l’opéra ? Cet article est une tentative de réponse à cette question existentielle.

Dans la tradition chrétienne, Sainte-Elisabeth était la mère de Saint-Jean-Baptiste, qui avait annoncé l’arrivée de Jésus, et la cousine de Marie, la mère de Jésus. Sainte-Elizabeth est la patronne de la Hongrie et, en 1862, Franz Liszt écrit l’oratorio la Légende de Sainte-Elizabeth, reine de Hongrie. Elizabeth était la femme de Louis IV de Thuringe. Elle portait du pain aux pauvres, ce que sa belle-famille ne goûtait guère. Un jour qu’elle se rendait ainsi dans les bas quartiers d’Eisenach, on lui demanda ce qu’elle portait sous son manteau. Elle répondit que c’était des roses, avant d’avouer que c’était du pain. Mais quand on la força à ouvrir son manteau, ô miracle, ce sont bien des roses qui s’y trouvaient !

Statue de Sainte-ElizabethStatue de Sainte-Elizabeth à Bratislava

Liszt la Légende de Sainte ElizabethCliquez sur l’image

Pour les Britanniques, Elisabeth est le nom de deux grandes reines. Elisabeth Ière a laissé son nom au théâtre élisabéthain, connu aujourd’hui essentiellement par celui de Shakespeare. Dans Le Songe, d’Ambroise Thomas, on apprend qu’il y aurait eu une histoire d’amour entre Élisabeth 1ère et Shakespeare.

Cliquez sur le songe d’Elisabeth

Parmi les compositrices baroques particulièrement intéressantes figure Élisabeth Jacquet de la Guerre.

Cliquez sur l’image

Dans Don Carlos, de Verdi, une des héroïnes est Elisabeth de Valois.

Cliquez sur Elisabeth de Valois

Et dans Tannhäuser de Wagner, le héros est tiraillé entre son amour (courtois) pour Elisabeth et son amour (charnel) pour Vénus.

Cliquez sur Elisabeth

Revenons aux reines d’Angleterre et à Gloriana de Britten, un opéra qui nous raconte l’histoire d’Elisabeth la première, écrit à l’occasion du couronnement d’Elisabeth la seconde.

Cliquez sur Elisabeth II à la première de Gloriana
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Et puis, pour interpréter l’opéra, il faut des chanteuses et des chanteurs. Une des plus grandes du milieu du siècle dernier était Elisabeth Schwarzkopf. Écoutons-la dans un de ses enregistrements de légende, les Quatre derniers lieder de Richard Strauss.

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